Guerre des tranchées entre les «bons vivants» et ceux qui entendent bien le rester (1)

Bonjour

Terribles ambivalences de l’alcool. Ambivalences sans cesse amplifiées avec le vin. C’est un texte dont on pourrait rire. Un texte que l’on pourrait maudire. Un texte que l’on dénoncera. Un texte que nous aurions sans doute pu (avec quelques coupes et compléments) signer.

On le trouvera dans Le Figaro sons un titre trop éloquent :  «Arrêtez de culpabiliser les amateurs de vin ! ». Signés par un groupe fort hétérogène de personnalités embrassant un vaste horizon – dont le journalisme 1. C’est aussi une tribune de mauvaise foi puisque ces personnalités s’opposent aux associations qui militent pour un ‘’mois sans alcool’’ en janvier prochain » – une opération qu’elles dénoncent pour ce qu’elle n’est pas… 2

Voilà bien le début (ou plus exactement la résurgence) d’une guerre. Une guerre médiatique des tranchées. Un conflit entre les « bons vivants » autoproclamés et ceux désignés comme étant leur profil inversés. Une guerre et des impasses. Comment avancer ?

Pour commencer voici ce texte, porté par le talentueux Philippe Claudel. Il vaut d’être lu (nous soulignons), relu et débattu:

« À quoi reconnaît-on qu’une civilisation s’effondre? Peut-être au désintérêt dont certains font montre à l’égard de son patrimoine et de sa culture, ouvrant ainsi le chemin à un piétinement général de ses valeurs et de son histoire, et au rétrécissement de son champ d’existence et de liberté.

« Certaines voix autorisées – par qui? – s’élèvent aujourd’hui pour stigmatiser la consommation d’alcool et culpabiliser le buveur à chaque fois qu’il s’apprête à caresser les flancs d’un verre avant de le porter à ses lèvres. On évoque même la possibilité d’un «mois sans alcool» dès janvier prochain, suivant en cela, comme les moutons que nous sommes souvent, la toquade anglo-saxonne et puritaine du «dry january».

« Cette initiative me consterne. Et je ne sais si la placer de plus en janvier, mois de Saint-Vincent, patron des vignerons, relève de la simple bêtise ou de la provocation.

« On dit une partie et on oublie un tout, comme si on évoquait seulement les notes et pas la musique, les couleurs et non la peinture, les lettres de l’alphabet et jamais la littérature.

« On parle d’alcool pour accuser. On dit une partie et on oublie un tout, comme si on évoquait seulement les notes et pas la musique, les couleurs et non la peinture, les lettres de l’alphabet et jamais la littérature.

« Certes, la molécule d’éthanol est présente dans un armagnac ou un vieux calvados, dans un chassagne-montrachet, un flacon de la Coulée de Serrant, un pauillac, un côte-rôtie, un champagne, un grand vin du Languedoc, mais à la façon de l’armature interne d’une sculpture, qui soutient un ensemble mais n’en constitue pas la beauté. Reprochera-t-on à celui qui contemple le travail de Bourdelle ou de Maillol d’être un pervers adorateur du grillage à poulets sur lequel la glaise ou le plâtre s’appuient et la grâce s’élève?

« Le pays de France est un faible territoire, en superficie, mais je ne connais au monde nul autre endroit qui offre une marqueterie de paysages aussi divers, posés les uns au côté des autres, et, reliées à ces paysages, enracinées en eux, y tirant leur sève et leur vérité, autant de cultures qui s’incarnent dans l’architecture, la gastronomie, les savoirs, les arts et le vin.

« Je m’inquiète de l’inquiétude dont les politiques font preuve à mon égard »

« Certes il existe quantité de vignobles sur terre, et des vins remarquables. Mais les plus grands vins naissent dans les terroirs de France, grâce à une géographie unique et un savoir séculaire transmis de génération en génération. Sur cela chacun s’accorde. Faudrait-il commencer à en avoir honte?

« Au même titre que les châteaux de la Loire, les Pensées de Pascal, la peinture de Poussin, la poésie de Rimbaud, la musique de Pierre Boulez, le vin est un haut fait culturel français, sur lequel se portent les regards et les désirs du monde. Nous sommes les dépositaires de cette richesse. Nous en sommes les heureux bénéficiaires, les gardiens et les garants.

« Notre responsabilité est considérable. Bien sûr, on peut vivre sans vin, et nul n’est contraint d’en boire. Les censeurs nous diront qu’on peut alors espérer vivre plus longtemps, ce qui reste encore à prouver. Mais qu’on ne contraigne pas non plus quiconque à s’en priver. Et puis vivre sans plaisir et sans joie, sans lumière et sans fête, sans soleil et sans feu, sans mémoire et sans histoire, est-ce vivre?

 « Depuis quelques décennies, je m’inquiète de l’inquiétude dont les politiques font preuve à mon égard. Ils se soucient sans cesse de ma santé et de mon intégrité physique, et paraissent conspirer, en dignes successeurs des grotesques médecins de Molière, à m’amener jusqu’à ma mort en parfaite santé.

« Commencer à interdire, c’est interdire tout court, et à jamais. On commence par un mois, mais un mois, c’est le début de l’éternité. Et tant qu’à faire, pourquoi ne pas imaginer aussi un mois sans sexe, un mois sans sport, un mois sans paroles, un mois sans pensées, un mois sans imagination, tant on sait combien ces différentes activités peuvent se révéler parfois dangereuses et toxiques pour qui les pratique?

« Plutôt que sur l’interdiction, c’est sur l’éducation qu’il faut mettre l’accent. Apprendre à discerner. Apprendre à connaître. Apprendre à aimer. Apprendre à apprécier le vin, et l’apprécier non pas en fonction de la quantité à boire mais de sa qualité même, car si l’ivresse est à rechercher, c’est bien celle qui naît de l’admiration devant ce qui est singulier, et non celle qui brouille les sens et la raison.

« Le vin est un secret fragile 3. Sa célébration l’est aussi, qui scelle des moments heureux d’amitié et de fête, et des noces mystiques avec des puissances terrestres, géologiques et climatiques, qui nous dépassent. Il n’est pas inutile de rappeler que dans bien des religions polythéistes et monothéistes, le vin se regarde comme un don des dieux, leur boisson aimée, voire leur sang. Tout cela nous dit que le vin n’est en rien banal, qu’il n’est en rien commun, mais qu’il est l’incarnation d’un supplément d’âme dont on voudrait aujourd’hui peu à peu nous priver. »

A suivre : la contre-attaque

A demain @jynau

1 Ce texte a été cosigné par Philippe Claudel, Cyril Lignac, Guy Savoy, Pierre Arditi, Katherine Pancol, Christophe Alévêque, humoriste ; Yannick Alléno, chef restaurateur ; Laurent Batsch, universitaire ; Éric Beaumard, vice-meilleur sommelier du monde (1998) ; Serge Blanco, ancien international de rugby ; Philippe Bourguignon, chef d’entreprise ; Pascal Bruckner, écrivain ; Éric Carrière, footballeur ; Philippe Caubère, comédien ; Antoine de Clermont-Tonnerre, producteur ; Vincent Duluc, journaliste sportif ; Guy Forget, joueur de tennis ; Jean Gachassin, ancien président de la Fédération française de tennis ; Jean-Philippe Girard, PDG d’Eurogerm ; Gérard Idoux, chef cuisinier ; Gaspard Koenig, essayiste ; Emmanuel Krivine, chef d’orchestre ; Jean-Marie Laclavetine, éditeur et romancier ; Christian Le Squer, chef cuisinier ; Dominique Loiseau, présidente du groupe Bernard Loiseau ; Michel Maffesoli, sociologue ; Carole Martinez, écrivain ; Éric Matton, éditeur ; Mathieu Pacaud, chef cuisinier ; Emmanuel Petit, ancien footballeur ; Jean-Pierre Pernaut, journaliste ; Hervé Pierre, sociétaire de la Comédie-Française ; Éric Pras, chef cuisinier ; Denis Robert, journaliste et écrivain ; Jean Sévillia, journaliste et écrivain ;Laurent Stocker, sociétaire de la Comédie-Française ; Anne Sylvestre, chanteuse ;et Michel Troisgros, chef cuisinier.

2  Voir « ‘’Dry January’’ français: une affaire politico-sanitaire en cinq actes »  Slate.fr  4 décembre 2019

3 NDLR : « La vie mystérieuse du vin » de Bruno Quenioux, Editions du Cherche-midi

Vous souhaitez vous enivrer avec un gaz hilarant ? Il vous en coûtera bientôt 3750 euros

Bonjour

La France est triste et rira moins. Le Sénat français a adopté à l’unanimité, mercredi 11 décembre et en première lecture, une proposition de loi transpartisane visant à interdire la vente aux mineurs du protoxyde d’azote, gaz utilisé dans les siphons de cuisine, détourné de son usage culinaire pour ses effets euphorisants. Très facilement accessible dans le commerce, le protoxyde d’azote, ou «gaz hilarant», se vend sous forme de cartouches destinées notamment aux célèbres « siphons à chantilly ».

« Le protoxyde d’azote, aussi connu sous le nom de gaz hilarant, est un gaz d’usage courant stocké dans des cartouches pour siphon à chantilly, des aérosols d’air sec ou des bonbonnes utilisées en médecine et dans l’industrie. Détourné de son usage initial pour ses propriétés euphorisantes, il est transféré dans des ballons de baudruche afin d’être inhalé. Lorsqu’il est expulsé de son conteneur, le protoxyde d’azote devient un gaz très froid, incolore à l’odeur douceâtre. »

Les usagers et les observateurs précisent que quelques inhalations provoquent une euphorie comparable à une ivresse, accompagnée d’un fou rire irrépressible.

Elargir aux majeurs l’esprit de la loi

Mesure phare de la proposition de loi : interdiction de sa vente aux mineurs – y compris sur les sites de commerce en ligne. Non respect de cette interdiction : amende de 3750 euros. Les industriels auraient en outre l’obligation d’indiquer sur l’emballage la dangerosité du produit. Le texte propose aussi de pénaliser l’incitation d’un mineur à faire un usage détourné d’un produit de consommation courante pour en obtenir des effets psychoactifs. Il prévoit encore d’accompagner la politique de prévention menée à l’école.

L’exécutif applaudit des deux mains le législatif sénatorial transpartisan. Adrien Taquet , secrétaire d’Etat auprès d’Agnès Buzyn :  «Nous saluons l’initiative de cette proposition, et nous souhaitons poursuivre le travail pour parfaire collectivement le dispositif proposé. Pour autant, nous devons être lucides, l’interdiction de vente aux mineurs ne permettra pas à elle seule de mettre fin aux pratiques de détournement d’usage de produits de consommation courante».

Valérie Létard, sénatrice (Nord, centre-droit) et auteure de la proposition de loi cosignée par une centaine de ses collègues sur tous les bancs, au premier rang desquels des élus du Nord, département particulièrement touché par le phénomène :  «Nous assistons depuis deux ans à une banalisation de la consommation». Et il y a une quinzaine de jours, les autorités sanitaires se sont alarmées d’une  augmentation des cas de troubles neurologiques graves liés à un usage «récréatif» du gaz hilarant. Depuis le début de l’année près d’une trentaine d’effets sanitaires ont été notifiés, dont des cas graves avec de véritables séquelles.

Reste que la proposition de loi n’atteint pas la cible principale : les «jeunes majeurs ». Adrien Taquet s’est engagé, dans le cadre de la navette parlementaire, à « élargir aux majeurs l’esprit de la proposition de loi » (sic). Fin du récréatif. Interdit à tous et toutes de rire de manière mécanique.

A demain @jynau

Alcoolisme: Agnès Buzyn va-t-elle, royalement, rembourser le baclofène à hauteur de … 15% ?

Bonjour

Pas homéopathique, mais presque. Et, quoi qu’on pense par ailleurs, une forme de mépris des malades de l’alcool. On attend ici le couperet d’Agnès Buzyn.  L’information est tombée aujourd’hui, transmise par les vigies du Flyer (Mustapha Benslimane). Où l’on apprend que le Baclocur® (baclofène) a obtenu de la HAS un Service Médical Rendu (SMR) faible, ouvrant droit au remboursement à… 15% : « Baclofène BACLOCUR, comprimé pelliculé sécable Première évaluation » (nous soulignons):

« Avis favorable au remboursement pour réduire la consommation d’alcool, après échec des autres traitements médicamenteux disponibles, chez les patients adultes ayant une dépendance à l’alcool et une consommation d’alcool à risque élevé (> 60 g/jour pour les hommes ou > 40 g/jour pour les femmes). Cet avis est conditionné à la collecte de données d’efficacité et de tolérance dans un délai maximal de 3 ans en vue d’une réévaluation.

« La prise en charge de l’alcoolodépendance a fait l’objet de recommandations nationales par la Société française d’Alcoologie. Le baclofène, constitue, en association à un suivi psychosocial axé sur l’observance thérapeutique et la réduction de la consommation d’alcool, une option thérapeutique de dernier recours pour réduire la consommation d’alcool chez les patients adultes ayant une dépendance à l’alcool avec consommation d’alcool à risque élevé (> 60 g/jour pour les hommes ou > 40 g/jour pour les femmes), ne présentant pas de symptômes physiques de sevrage et ne nécessitant pas un sevrage immédiatement. Le bénéfice potentiel du traitement est conditionné par l’observance du patient. Conformément au RCP, son utilisation doit s’accompagner d’un suivi médical rapproché en particulier pendant la phase de titration. La dose journalière maximale de baclofène est de 80 mg par jour. Le RCP précise par ailleurs qu’en l’absence d’efficacité après 3 mois de traitement, celui-ci doit être arrêté de façon progressive et qu’il n’existe pas de données issues d’études au-delà de 12 mois. »

Aotal®, Esperal® Revia® Selincro® et … Baclocur®. 

Comment comprendre, quand on sait que le contesté Selincro® (46 euros la boîte de 14) est pris en charge à hauteur de 30% depuis plusieurs années. « On peut noter au passage une baisse continu du taux de remboursement des médicaments pour les troubles liés à l’usage d’alcool, observe Le Flyer. De 65% pour Aotal®, Esperal® et Revia® à 30% pour Selincro®, pour arriver à 15% pour Baclocur®. Le prochain candidat au remboursement risque de ne pas être remboursé du tout s’il peine à démontrer a priori une utilité plus grande que l’existant. Un peu comme si les médicaments pour les troubles liés à l’usage d’alcool servaient de moins en moins l’intérêt des patients et de la collectivité et un peu comme si l’alcool posaient de moins en moins un problème de Santé Publique. »

De se point de vue on se régalera, ici, à la lecture des échanges des membres de la Commission de Transparence du 6 novembre dernier.  « Dans les faits, cela ne changera pas grand-chose, souligne Le Flyer. Les mutuelles prendront en charge le remboursement complémentaire dans la plupart des cas et beaucoup de patients ont déjà une ALD 30 leur ouvrant un droit au remboursement à 100%. Mais, en termes de symbole …. on propose par cet avis que la solidarité nationale intervienne à hauteur de 15% dans la prise en charge d’un traitement dont les cliniciens ont jugé depuis 10 ans son utilité pour des patients, souvent en échec avec d’autres thérapeutiques. »

Et maintenant ? Il reste à Agnès Buzyn de décider. Aura-t-elle la lucidité pour ne pas dire le courage, d’octroyer un taux de remboursement digne d’un médicament qui aide ; jui aussi, à lutter contre le fléau de l’alcool. Le baclofène n’est pas un remède miracle. Mais, Mme Buzyn le sait, les miracles sont assez rares dans le champ de la lutte contre les addictions.

A demain @jynau

Le cri d'amour-larmes lancé depuis Sainte-Périne Au-delà des «retraites», les «fins de vie»

Bonjour

11 décembre 2019. Le Premier ministre va lever le voile politique sur « la réforme des retraites ». Et ensuite ? Pour l’heure les médias généralistes ne veulent pas s’emparer du vrai sujet – un sujet explosif que le pouvoir exécutif se garde bien d’aborder : derrière les angoisses de la « retraite », celles inhérentes à la « dépendance », autrement dit à la « fin de vie » (« soins palliatifs » versus « euthanasie »). Le tout sur fond de collapsologie – jeune néologisme qui pour désigne non pas la « Fin des temps » mais bien l’étude de l’effondrement de la civilisation industrielle (sans oublier ce qui pourrait lui succéder/lui succédera).

11 décembre 2019. C’est, nous dit Le Point, « un texte poignant, bouleversant, qui tirera les larmes même aux plus insensibles d’entre nous ». Ce sont des lignes que Michèle Bernard-Requin nous mande depuis l’hôpital Sainte-Perine de Paris. où elle se trouve, selon ses mots, « en fin de vie ». Michèle Bernard-Requin : l’une des grandes figures du monde judiciaire français. En retraite depuis une décennie.

Aujourd’hui, nous dit Le Point, c’est un cri d’alarme qu’elle pousse dans un « petit et ultime texte pour aider les « unités de soins palliatifs » ». A ce titre c’est un texte hautement politique que se devraient de lire le président de la République et le Premier ministre. Lire et méditer. Un texte que Le Point publie tel quel en respectant sa ponctuation, ses sauts de ligne et son titre. Voici ce document :

« Une île

Vous voyez d’abord, des sourires et quelques feuilles dorées qui tombent, volent à côté, dans le parc Sainte-Perrine qui jouxte le bâtiment. La justice, ici, n’a pas eu son mot à dire pour moi.
La loi Leonetti est plus claire en effet que l’on se l’imagine et ma volonté s’exprime aujourd’hui sans ambiguïté.
Je ne souhaite pas le moindre acharnement thérapeutique.
Il ne s’agit pas d’euthanasie bien sûr mais d’acharnement, si le cœur, si les reins, si l’hydratation, si tout cela se bloque, je ne veux pas d’acharnement.
Ici, c’est la paix.
Ça s’appelle une « unité de soins palliatifs », paix, passage… Encore une fois, tous mes visiteurs me parlent immédiatement des sourires croisés ici.
« Là tout n’est qu’ordre et beauté, luxe calme et volupté ».
C’est une île, un îlet, quelques arbres.
C’est : « Mon enfant, ma sœur, Songe à la douceur d’aller, là-bas, vivre ensemble ». C’est « J’ai plus de souvenirs que si j’avais mille ans » (« Spleen ») Baudelaire.
Voilà, je touche, en effet, aujourd’hui aux rivages, voilà le sable, voilà la mer.
Autour de nous, à Paris et ailleurs, c’est la tempête : la protestation, les colères, les grèves, les immobilisations, les feux de palettes.

Maintenant, je comprends, enfin, le rapport des soignants avec les patients, je comprends qu’ils n’en puissent plus aller, je comprends, que, du grand professeur de médecine, qui vient d’avoir l’humanité de me téléphoner de Beaujon, jusqu’à l’aide-soignant et l’élève infirmier qui débute, tous, tous, ce sont d’abord des sourires, des mots, pour une sollicitude immense. À tel point que, avec un salaire insuffisant et des horaires épouvantables, certains disent : « je préfère m’arrêter, que de travailler mal » ou « je préfère changer de profession ».

Il faut comprendre que le rapport à l’humain est tout ce qui nous reste, que notre pays, c’était sa richesse, hospitalière, c’était extraordinaire, un regard croisé, à l’heure où tout se déshumanise, à l’heure où la justice et ses juges ne parlent plus aux avocats qu’à travers des procédures dématérialisées, à l’heure où le médecin n’examine parfois son patient qu’à travers des analyses de laboratoire, il reste des soignants, encore une fois et à tous les échelons, exceptionnels.
Le soignant qui échange le regard.
Eh oui, ici, c’est un îlot et je tiens à ce que, non pas, les soins n’aboutissent à une phrase négative comme : « Il faut que ça cesse, abolition des privilèges, il faut que tout le monde tombe dans l’escarcelle commune. » Il ne faut pas bloquer des horaires, il faut conserver ces sourires, ce bras pour étirer le cou du malade et pour éviter la douleur de la métastase qui frotte contre l’épaule.

Conservons cela, je ne sais pas comment le dire, il faut que ce qui est le privilège de quelques-uns, les soins palliatifs, devienne en réalité l’ordinaire de tous.
C’est cela, vers quoi nous devons tendre et non pas le contraire.
Donc, foin des économies, il faut impérativement maintenir ce qui reste de notre système de santé qui est exceptionnel et qui s’enlise dramatiquement.
J’apprends que la structure de Sainte-Perrine, soins palliatifs, a été dans l’obligation il y a quelques semaines de fermer quelques lits faute de personnel adéquat, en nombre suffisant et que d’autres sont dans le même cas et encore une fois que les arrêts de travail du personnel soignant augmentent pour les mêmes raisons, en raison de surcharges.
Maintenez, je vous en conjure, ce qui va bien, au lieu d’essayer de réduire à ce qui est devenu le lot commun et beaucoup moins satisfaisant.

Le pavillon de soins palliatifs de Sainte-Perrine, ici, il s’appelle le pavillon Rossini, cela va en faire sourire certains, ils ne devraient pas : une jeune femme est venue jouer Schubert dans ma chambre, il y a quelques jours, elle est restée quelques minutes, c’était un émerveillement. Vous vous rendez compte, quelques minutes, un violoncelle, un patient, et la fin de la vie, le passage, passé, palier, est plus doux, c’est extraordinaire.
J’ai oublié l’essentiel, c’est l’amour, l’amour des proches, l’amour des autres, l’amour de ceux que l’on croyait beaucoup plus loin de vous, l’amour des soignants, l’amour des visiteurs et des sourires.

Faites que cette humanité persiste ! C’est notre humanité, la plus précieuse. Absolument.
La France et ses tumultes, nous en avons assez.
Nous savons tous parfaitement qu’il faut penser aux plus démunis. Les violences meurtrières de quelques excités contre les policiers ou sur les chantiers ou encore une façade de banque ne devront plus dénaturer l’essentiel du mouvement : l’amour. 

Michèle Bernard-Requin. »

11 décembre 2019. Le Premier ministre parlera ce soir à ce qui reste de la grande messe du journal télévisé. Sur une chaîne privée. Il est peu probable qu’il parle de l’hôpital Sainte-Périne (Assistance-Publique Hôpitaux de Paris). Combien faudrait-il, en France de Sainte-Périne, à l’heure où tout se déshumanise ?

A demain @jynau

NB. Situé dans le 16ème arrondissement de Paris, l’hôpital Sainte-Périne est spécialisé dans la prise en charge des patients ayant des pathologies liées au grand âge, depuis la gériatrie aiguë et l’hospitalisation de jour jusqu’aux soins de longue durée. Hôpital ouvert sur la ville, il propose également des consultations externes pluridisciplinaires, des consultations de mémoire labellisées.

Sainte Périne est un personnage bien réel qui vécut aux premiers temps de la chrétienté. C’est une déformation de son nom véritable Pétronille. Au 1er siècle Aurélia Pétronilla était une grande dame de la société romaine qui appartenait à la famille des empereurs Flaviens. Les circonstances de sa vie ne sont pas connues ; on sait seulement qu’elle fut inhumée dans une catacombe vouée aux membres de la famille impériale convertis comme elle au christianisme.

Tabac : en France, l’augmentation constante des prix alimente filières criminelles et mafias

Bonjour

10 décembre 2019. Impasses, galères et colères. Omniprésence étouffante, dans les médias, de l’impossible « réforme des retraites » et des angoisses qu’elle alimente. Et puis, en marge, un édifiant papier « société » du Parisien (Florian Loisy et Carole Sterlé) : « Comment le trafic de cigarettes inonde l’Ile-de-France ». Où l’on apprend qu’en dépit des milliers de paquets saisis, des arrestations de revendeurs, des condamnations en justice, le trafic de cigarettes est florissant en Ile-de-France et attire des filières criminelles. Extraits :

« Marlboro, Marlboro! Cigarettes, cigarettes! » A Barbès, dans le quartier de la Chapelle (Paris), mais aussi à la sortie des gares, à Châtillon-Montrouge (Hauts-de-Seine), Garges, Sarcelles (Val-d’Oise), sur le marché du Val-Fourré ou au rond-point de la Vigne-Blanche aux Mureaux (Yvelines), des paquets clandestins sont proposés aux clients de la main à la main. A 5 euros en moyenne (contre 9 euros en moyenne chez un débitant), les clients ne manquent pas. Ils sont parfois plus d’une vingtaine de vendeurs à jouer des coudes sur un seul trottoir. Prêts à allumer une clope pour faire tester la marchandise.

« Près de la gare RER de Grigny, dans l’Essonne, comme ailleurs, le trafic est en constante augmentation. A la fin novembre, après plusieurs semaines d’enquête, les policiers ont interpellé quatre Guinéens, ainsi que le semi-grossiste qui les approvisionnait. Cet homme de 27 ans, qui vit dans le quartier de Grigny 2, avait caché 50 000 cigarettes (250 cartouches) dans un appartement de la cité et dans le coffre d’une voiture épave. Il a écopé de 600 euros d’amende avec sursis. Dès le lendemain, le parquet d’Evry faisait appel de cette décision. A Châtillon-Montrouge (Hauts-de-Seine), entre le terminus de la ligne 13 du métro et celui du tramway T6, une dizaine de vendeurs à la sauvette ont pris position depuis septembre 2018. Jean-Pierre Schosteck, le maire (LR) de Châtillon se dit « scandalisé ». Car malgré les rondes régulières de la police municipale, le trafic perdure. »

Incontestables vertus de la cigarette électronique (réduction des risques)

L’exécutif n’est certes pas inactif. Une brigade spécialisée dans la vente à la sauvette a été créée dans le XVIIIe arronissement en 2017. Composée de vingt-quatre fonctionnaires, elle a saisi, entre le 1er janvier 2019 et le 31 octobre, plus de 19 000 paquets dans ce seul arrondissement. 140 personnes ont été interpellées dans le cadre de ce trafic. «  Elles ont majoritairement fait l’objet d’une « procédure simplifiée » qui permet de ne pas encombrer les tribunaux, et de confisquer puis mettre à la benne la marchandise illégale » précise Le Parisien. Pas inactif, certes, mais quel rapport coût-bébéfice ?

Le sujet est bien évidemment repris par le site des buralistes français. Qui rappelle que l’Ile-de-France est approvisionnée par deux filières principales : celle d’Algérie (cigarettes de contrebande, achetées euro localement et revendues aux grossistes aux environs de 3 euros ; paquets avec des inscriptions en arabe) et celle d’Europe de l’Est (contrefaçon). Dans des entrepôts en Ukraine, Slovaquie, Pologne, les cigarettes sont confectionnées pour 70 à 80 centimes le paquet et seront revendues à 3 euros en France au premier maillon de la chaîne.

Selon une étude du cabinet d’audit KPMG, financée par l’industrie du tabac, estime que près de 8 milliards de cigarettes de contrefaçon et de contrebande et 8 autres milliards de produits rapportés légalement de voyage ont été consommés en France en 2018. En d’autres termes 16 milliards de cigarettes qui échapperaient aux taxes françaises – soit près de 29 % de ce qui est fumé dans l’Hexagone.

Où l’on mesure les étroites limites de la politique d’augmentation des prix dont se félicite pourtant régulièrement le gouvernement. Où l’on regrette, aussi, cette politique d’augmentation des risques inhérente à la sous-estimation chronique, par ce même gouvernement, des incontestables vertus de la cigarette électronique.

A demain @jynau

Ordre des médecins: le commandant du paquebot torpillé rassurera-t-il l'ensemble des marins ?

Bonjour

C’est un message confraternel. Il est adressé par mail à tous les médecins de France cotisant à leur Ordre. Une missive signée du Dr Patrick Bouet, président du Conseil national. Une réplique à la cannonade officielle déclenchée par la Cour des comptes sur cette institution créée en 1945.

« Au lendemain de la publication du rapport de la Cour des comptes sur l’Ordre des médecins, je tenais à vous écrire pour partager avec chacun d’entre vous la réaction du Conseil national de l’Ordre à ce rapport, dont nous mesurons pleinement les interrogations qu’il peut susciter au sein de notre profession » souligne, d’emblée, le président du paquebot blessé. Sachez que le Conseil national de l’Ordre des médecins en conteste de nombreux points, tant sur la forme que le fond. Dans ce contexte, nous faisons le choix de la transparence, en publiant en ligne l’ensemble de nos réponses, précises et argumentées, et celles de la chambre disciplinaire nationale pour permettre à chacun de mesurer les imprécisions, les erreurs d’analyse, et les constats erronés que contient le rapport. » 

Et le Dr Bouet d’affirmer (non sans solides arguments) : « l’Ordre est devenu, par la volonté des pouvoirs publics et du législateur, et par une crédibilité retrouvée grâce à un important travail de fond, un partenaire central consulté sur le système de santé, ses dysfonctionnements, et ses évolutions souhaitables ».

Et le Dr Bouet de souligner que le rapport de la Cour n’a pas voulu reconnaître qu’il a engagé l’Ordre dans une transformation profonde avec un objectif de modernisation de l’institution sur une période de neuf ans : 2013-2022. « Nous continuerons d’approfondir cette modernisation, ajoute-t-il. C’est pourquoi nous mettrons pleinement en œuvre, lorsqu’elles sont fondées, les recommandations de la Cour des comptes. Nous connaissons votre attente ; nous devons être, à tous les échelons de l’Ordre, à sa hauteur. Elus par vous, nous poursuivrons sans relâche notre travail en ce sens pour renforcer votre confiance dans la seule institution qui représente les médecins dans leur ensemble, quels que soient leurs spécialités et leurs modes d’exercice. »

Insinuations selon lesquelles les plaintes seraient enterrées

Et le Dr Bouet de s’étonner que plusieurs missions essentielles assurées par notre institution en toute indépendance (« indépendance rendue possible par le fait que l’Ordre soit uniquement financé par vos cotisations »), aient été passées sous silence dans ce rapport. Et l’Ordre, « garant de la déontologie médicale », « s’insurge également contre les insinuations du rapport selon lesquelles les plaintes visant des médecins seraient enterrées ». Dr Bouet (nous soulignons):

« Contrairement à ce que soutient la Cour, en se fondant sur des chiffres dont elle admet elle-même le peu de fiabilité, l’ensemble des plaintes et doléances qualifiables de plaintes sont instruites et, lorsque la conciliation échoue, sont transmises aux chambres disciplinaires. Il ne s’agit pas de nier qu’il puisse encore y avoir, comme dans tous les pans de la société, des comportements individuels condamnables de quelques élus ordinaux, qui doivent être fermement dénoncés. Mais ces cas ne doivent pas cacher la réalité profonde qui est la très grande vigilance des conseils départementaux à assumer pleinement leur mission. « 

On lira, au calme, la suite de la réplique quant aux observations sur la gestion administrative et financière. Savoir qu’au sujet des indemnités l’indemnisation de base est fondée sur le principe d’une indemnité journalière de 483 euros brut, de laquelle sont déduites la CSG et la CRDS, ne donnant lieu à aucun avantage social (maladie, retraite) et soumis à imposition. Et qu’au sujet des « comportements individuels relevés par la Cour »le Conseil national a diligenté des procédures disciplinaires et pénales à l’encontre des élus mis en cause. Il a également porté plainte à l’encontre des salariés impliqués. Quant au montant de la cotisation payée par 300 000 médecins, la Cour omet de préciser que le taux moyen annuel d’évolution, sur la période auditée, est de +1,2% et qu’il a été décidé pour 2019 de ne pas faire d’augmentation.

Rien n’est dit quant au montant de la cotisation 2020. On attend.

A demain @jynau

Le paquebot de l’Ordre des médecins, 75 ans, torpillé par les magistrats de la Cour des comptes

Bonjour

Imagine-t-on une vie médicale sans un Ordre des médecins ? Sans payer sa cotisation annuelle ? Rappel : créé en 1945, l’Ordre des médecins est un organisme privé chargé d’une mission de service public. Son rôle est de veiller au respect, par les praticiens, des règles de déontologie et de défendre l’indépendance et l’honneur de la profession. Il dispose pour cela de ressources annuelles d’environ 85 M€, provenant des cotisations obligatoires (335 euros, tarif plein) de 300 000 médecins, de réserves de 152 M€ et d’un patrimoine évalué à 110 M€.

Or voici que nous apprenons, via la Cour des comptes, que cet Ordre « n’a que marginalement tenu compte des recommandations formulées par la Cour en 2012 à l’issue de son précédent contrôle ». Cette institution reste grevée « par des problèmes de gouvernance, de sérieuses défaillances de gestion, des insuffisances persistantes dans l’exercice de ses missions et un manque de rigueur dans le traitement des plaintes des patients ». Extraits du communiqué que viennent de publier les magistrats de la rue Cambon :
 « Comme d’autres ordres des professions de santé contrôlés par la Cour, l’ordre des médecins est traversé par des problèmes de gouvernance qui rejaillissent sur la qualité de sa gestion. La surreprésentation d’hommes (91 %) âgés et retraités (40 %) au sein du CNOM, ainsi que la longévité des mandats exercés, ne favorisent pas la prise de
conscience d’un changement nécessaire. Des conflits internes ont abouti, dans certains départements, à des tensions et à une désorganisation préjudiciables à la bonne exécution des missions de l’Ordre
.

« La décentralisation du processus de recouvrement des cotisations et de la tenue des comptes, abandonnés sans contrôle aux conseils départementaux de l’ordre, a favorisé l’apparition de nombreux désordres, surtout au niveau des échelons territoriaux : écritures comptables irrégulières, incomplètes, voire délibérément faussées ; ressources incomplètement retracées au compte de résultat ; patrimoine sous-évalué ; débordements multiples dans la gestion. »

Manque de diligence dans le traitement des plaintes pour des faits à caractère sexuel

Au moins aussi grave, le contrôle du respect par les médecins de leurs obligations de développement professionnel continu ou des règles déontologiques de la profession (au regard des relations avec l’industrie pharmaceutique notamment) souffre de graves lacunes. De même l’accès aux soins n’apparaît pas ; non plus, comme une priorité et certains  errements de gestion pourront donner lieu à une saisine des autorités judiciaires par l’intermédiaire du Parquet général près la Cour. Sans oublier que « le traitement des plaintes des patients n’est pas (toujours) assuré avec suffisamment de rigueur » et que « l’impartialité de la formation de jugement n’est pas toujours garantie. »  Extrait :

« Dans un certain nombre de cas, l’absence de poursuites disciplinaires pose question. Ainsi, l’analyse d’une cinquantaine de décisions rendues entre 2016 et 2017 (parmi une liste de 90 décisions transmises par l’ordre à la Cour) révèle l’existence d’irrégularités de procédure ou un manque de diligence dans le traitement des plaintes pour des faits à
caractère sexuel. »

Conséquence : priorité devrait être donnée à « une remise en ordre urgente » (sic) :  replacer la sécurité des patients au cœur des préoccupations de l’ordre, ouvrir sa gouvernance à des non médecins et achever la mutation de la justice ordinale.

« ‘’Désordres comptables’’,  immobilier « somptuaire », contrôles inopérants : la Cour des comptes se paye l’Ordre des médecins » ironise Le Quotidien du Médecin (Anne Bayle-Iniguez) pour qui la rue Cambon torpille la vénérable institution. Extraits :

« L’Ordre, c’est « des fonctions bénévoles généralement indemnisées », cingle la Cour des comptes. Selon les textes réglementaires, les ordinaux peuvent être rémunérés pour leurs services afin de compenser une perte d’activité et dans la limite de trois fois le plafond annuel de la Sécurité sociale (121 572 euros en 2019) et 337 euros la demi-journée (10 % du plafond mensuel).

« Mais sur le terrain, notamment parisien, « l’esprit de bénévolat réputé animer les fonctions ordinales est inégalement présent », lit-on. En 2017, les indemnités (10 millions d’euros) et les frais (4,1 millions d’euros) représentaient 17 % du budget annuel de l’Ordre dans son ensemble. Ces dépenses sont en augmentation de 33 % depuis 2011. Parmi les conseils comptant plus de 6 000 médecins inscrits, il existe un rapport d’un à cinq entre Paris (446 000 euros pour l’indemnisation de ses 26 élus) et l’Hérault, qui consacre 81 000 euros à celle de ses 21 élus.

Au CNOM (national), les seize membres du bureau ont perçu au total plus d’un million d’euros d’indemnités en 2017 (68 000 euros par personne). Pour les 40 % d’élus retraités du CNOM, « ces montants élevés ne constituent pas une compensation de perte d’activité professionnelle mais bien un revenu complémentaire ».

Autre incongruité : entre 2007 et 2013, le Dr Michel Legmann, président du CNOM, « s’est fait verser irrégulièrement, avec l’accord du secrétaire général, des indemnités d’un montant supérieur de près de 9 000 euros au plafond annuel, en considérant abusivement que le calcul du plafond de la Sécurité sociale devait s’entendre net de cotisations CSG-CRDS », s’agace la Cour. Son successeur, le Dr Patrick Bouet, « a mis fin à cette pratique ».  

En matière de remboursement de frais, « des pratiques abusives ont eu cours pendant des années » au plus haut niveau ordinal jusqu’en 2015, où le CNOM a remis de l’ordre. Selon la Cour, le Dr Legmann a perçu entre 2010 et 2012 des forfaits sans nuitée de 78 000 euros au-dessus du seuil autorisé. D’autres conseillers nationaux ont fait de même. » 

Cloué au pilori médiatique

Que va bien pouvoir l’accusé ainsi cloué au pilori médiatique ? Il avait déjà réagi en février dernier quand Le Canard enchaîné avait révélé quelques éléments du pré-rapport de la Cour – document qui fait suite à un contrôle de plusieurs mois de l’ensemble des échelons territoriaux de l’Ordre. Il réagit à nouveau comme on pourra le lire ici (temps de lecture 16 minutes : « L’Ordre conteste le rapport de la Cour des comptes ». Résumé :

« Si l’Ordre conteste une grande partie de l’analyse portée sur sa gestion, il reste soucieux de poursuivre la modernisation de l’institution d’ores et déjà engagée depuis six ans. Il accéléra, sur ce point, la mise en œuvre de certaines mesures correctives dans le cadre des recommandations de la Cour. »

Bien enregistré. Tout indique qu’il y a urgence. Sinon il faudra commencer à imaginer une vie où d’autres que des médecins veilleront au respect des règles de déontologie et à la défense de l’indépendance et de l’honneur de cette profession. Ce qui se révélerait bientôt invivable.

A demain @jynau