Face à la paralysie des antibiotiques, que penser des phages thérapeutiques de Géorgie ?

Bonjour

16 novembre 2018. « Se soigner sans antibiotiques c’est possible ! » clame la manchette du Parisien (Elsa Mari). Qui ajoute : « Un traitement étonnant : la phagothérapie » Et Aujourd’hui en France de vanter les possibles mérites d’une thérapeutique « très répandue en Géorgie » et qui « apparaît comme une solution crédible ». Tout en mentionnant l’existence d’un circuit actif de tourisme médical (« Se soigner en Géorgie » 1).

Le cadre promotionnel est parfait avec la « Semaine mondiale pour le bon usage des antibiotiques » et les innombrables interventions médiatiques expliquant l’épuisement progressif de ces médicaments et la gabegie dont il font l’objet. Le Parisien :

 « Alors, dans ce tableau si noir, des patients se chuchotent un traitement de la dernière chance, miracle pour certains, la phagothérapie. De quoi parle-t-on ? De la médecine des phages, des virus naturels que l’on trouve partout, dans les sols, les eaux des lacs, des égouts et capables de manger les bactéries mêmes les plus coriaces, responsables d’infections des os ou des poumons. »

Médecine abandonnée

C’est aussi, un siècle plus tard, la redécouverte d’une approche pasteurienne. Et le quotidien de citer le Dr Alain Dublanchet, médecin microbiologiste :  « Avant d’être enterrée définitivement, en France, dans les années 1980, face au succès des antibios, elle avait guéri des milliers de patients. On avait des collections de phages dans les labos de Pasteur, tout a été jeté. On a abandonné cette médecine ». « En 2016, une société française est parvenue à fabriquer des phages de bonne qualité, testés, chez quelques malades graves principalement à l’hôpital de la Croix-Rousse, à Lyon, en complément des antibiotiques, ajoute Le Parisien. La plupart souffraient d’infections très sévères. ‘’Sur les 5 traités, 4 n’ont plus de signe d’infection, se réjouit Tristan Ferry, chef du service adjoint adjoint au département des maladies infectieuses. C’est un énorme succès, on est dans un tournant de l’histoire de la phagothérapie’’. ».

Pourquoi ne pas importer les phages thérapeutiques de Géorgie ? Le Dr Caroline Semaille (Agence nationale de sécurité du médicament) explique n’avoir  « aucun moyen de connaître leur qualité ». « Si cette thérapie suscite encore beaucoup d’interrogations, elle est pleine d’espoir. Dès qu’il y aura une production plus importante, on délivrera des autorisations temporaires d’utilisation ».

 A demain

1 Site où l’on peut lire ceci :

« Puis-je être soigné par phagothérapie ? Contactez-nous, communiquez nous de quelle infection (bactérie) vous êtes atteint, et fournissez nous le plus d’informations possibles sur vos antécédents médicaux. Nous vous répondrons dans un premier temps pour vous dire si vous êtes a priori éligible à ce traitement. Si la réponse est favorable, nous vous ferons passer des tests pour trouver le phage virulent contre votre infection et vous soigner.

 « La phagothérapie est interdite en France, Parce qu’en dépit des recherches en cours qui lui sont toutes favorables (lisez les nombreux exemples, et visionnez les vidéos), cela ne rentre pas dans les cases administratives de nos pays occidentaux. La phagothérapie n’est pas un médicament, il n’y a qu’à se baisser pour trouver des phages, sa validation, non brevetable, couterait très cher sans rien rapporter!  »

Microbiote : il nous faut désormais compter avec le charme discret, mais sans fin, de l’intestin 

Bonjour

Ce fut une thèse de médecine. Puis une anomalie éditoriale allemande. Puis un titre génial (en français). Puis un best-seller mondial. Puis une nouvelle édition augmentée. Et désormais, au rayon infini des déclinaisons, voici l’exposition.

Du 4 décembre 2018 au 4 août 2019, la Cité des sciences et de l’industrie présente à Paris l’exposition Microbiote, d’après Le charme discret de l’intestin de Giulia et Jill Enders (Actes Sud, 2015) vendu à 1 200 000 exemplaires en quarante langues.

Cet incroyable succès de librairie est aussi le reflet d’une série d’avancées et de nouveaux regards sur le corps : l’accélération de l’exploration du  microbiote  cette galaxie de micro-organismes (bactériesmicrochampignonsprotistesvirus) vivant dans le  microbiome . Et, pour ce qui nous concerne, dans un tube digestif, un ventre, devenu soudain une « deuxième cerveau ». La dernière en date de nos révolutions coperniciennes. L’espoir, peut-être, d’une « nouvelle médecine ». La garantie d’un nouveau regard sur le corps.

En attendant le film

Comment mettre en exposition un bouleversement microscopique ? Giulia et Jill Enders ont relevé le défi au sein de la Cité des sciences et de l’industrie. « Exposition originale qui bénéficie d’une scénographie expressive, nous assure-t-on. Comme un voyage au cœur de notre corps, pour découvrir l’une de ses régions les plus secrètes, ce “second cerveau” est d’une importance capitale pour notre santé. 600 m2. » Explications à l’entrée de l’exposition :

« Chacun possède son propre microbiote, véritable marqueur personnel en constante évolution à l’instar des empreintes digitales. Il faut ainsi se faire à l’idée que le corps humain est non seulement constitué de chair, de sang, d’os et de muscles, mais aussi de tout un monde de bactéries, de virus et de champignons hébergé en quasi-totalité par l’intestin, véritable écosystème! Le système digestif est en effet doté de son propre système nerveux et interagit avec l’organisme au cours de la digestion. Coach du système immunitaire, il entretient donc des relations étroites et déterminantes avec le cerveau. »

Une exposition conçue en partenariat avec l’Inra, Heureka (Helsinki) et le Pavillon de la connaissance (Lisbonne), avec la participation de l’afa Crohn RCH et le soutien du Biocodex Microbiota Institute, de Danone Research et de la Fondation Roquette pour la santé.

Du 4 décembre 2018 au 4 août 2019. En attendant le film.

A demain

@jynau

 

Journalisme et vérité : faut-il exécuter celles et ceux qui créent de l’anxiété généralisée ?

Bonjour

Le premier qui ne dira pas la vérité vraie devra être exécuté. Didier Raoult, 66 ans, est un biologiste, professeur de microbiologie, spécialiste des maladies infectieuses et des virus atypiques. C’est aussi un invité régulier de l’hebdomadaire généraliste Le Point – il y signe des chroniques acidulées tendant généralement à bousculer les priorités médiatiques sur des sujets aux frontières de ses compétences scientifiques.

Aujourd’hui la chronique du Pr Raoult est intitulée «  Et si on lançait un délit de création d’anxiété ». C’est une mise en abyme qui ne cite pas clairement sa cible prioritaire : une petite catégorie de journalistes, ceux qui jouent (ou relaient) les lanceurs d’alerte – des lanceurs systématiques ne hiérarchisant jamais ou presque leurs lancements. Face à eux, et au vu de leurs méfaits, le Pr Raoult juge que le moment est venu de créer un nouveau délit en France, « pays qui doute de lui-même et qui consomme énormément d’anxiolytiques ». Ecoutons un instant ce biologiste se piquant de journalisme et de justice.

« L’angoisse et l’anxiété tuent. Dans les pays développés, les causes de mortalité qui augmentent, et plus particulièrement aux Etats-Unis dans la population d’origine européenne, ce sont les suicides et la consommation excessive de dérivés d’opium pour calmer les douleurs et les inquiétudes. La France est l’un des pays qui consomment le plus d’anxiolytiques. L’alcool est partiellement utilisé aussi pour calmer les angoisses. Notre société est terriblement anxiogène. Les peurs maniées par les puritains et par une certaine presse (sic) ajoutent à l’angoisse généralisée. Certains ont tellement été marqués par ces peurs et par les notions de l’absence de seuil à l’exposition, comme pour l’amiante, qu’ils ont porté plainte maintenant pour délit de création d’anxiété. Pourtant le risque de contracter un cancer en passant dans une pièce où il y a de l’amiante à cause de cette exposition est nul. Je pense que ce délit, pour être nouveau, devrait effectivement faire l’objet d’une loi. »

 Ravages médiatiques écologiques

Il explique encore que tous les jours, de « fausses alertes », propagées par des « scientifiques approximatifs », des angoisses écologiques, ou des peurs d’épidémies, ont leur lot d’inquiétudes propagées à la vitesse d’Internet, sans jamais recevoir de vérification. « Dans mon monde, qui est celui des maladies infectieuses, les différentes ‘’crises’’ concernant le bioterrorisme, la maladie de la vache folle, les deux grippes aviaires, le chikungunya et Ebola ont fait, dans notre pays, moins de dix morts en l’espace de vingt ans » précise-t-il.

« Tous les jours, nous lisons comme étant des certitudes que l’ensemble des pesticides ou herbicides qui nous sont proposés constituent des dangers reconnus par tout le monde, mais cela est faux, ceci représente une partie de l’opinion, et certainement pas celle des scientifiques les plus rigoureux (…) qui, pour l’instant, ne considère pas le bisphénol comme étant toxique ni le glyphosate comme étant cancérigène, et l’influence des lobbys chimiques dans ce domaine semble bien moins forte que celle de la peur écologique. »

Le Pr Raoult connaît bien les corrélations entre la peur et les audiences médiatiques. En 2015 ce microbiologiste atypique avait publié un livre sur ce thème :  « Votre Santé Tous les mensonges qu’on vous raconte », Michel Lafon). C’était à l’époque de la sortie d’un ouvrage de deux de ses collègues, les Prs François Bricaire et Jean-Philippe Derenne, « Pandémie : la grande menace de la grippe aviaire » (Editions Fayard)

Aujourd’hui, nouvelle étape dans ce chemin de croix : « créer une loi pour poursuivre ceux qui ont suscité une angoisse caractérisée sans avoir les éléments pour pouvoir le faire ». Qui le suivra ?

A demain

 

L’inquiétante résistance planétaire de Staphylococcus epidermitis aux antibiotiques

Bonjour

Ce pourrait être le pitch d’un série catastrophe. Pour l’heure c’est une information de Nature Microbiology 1 relayée par l’AFP et Le Quotidien du Médecin (Damien Coulomb). Une équipe de scientifiques australiens nous apprend qu’une bactérie devenue multirésistante se répand dans les hôpitaux de nombreux pays du monde.

Focus sur Staphylococcus epidermidis bactérie commensale de l’homme et naturellement présente au sein de la flore cutanée. C’est aussi, de ce fait, une source majeure de contaminations dans les laboratoires. Bien qu’elle soit le plus souvent non pathogène, elle peut être responsable d’infections cutanées, nasales ou urinaire. C’est aussi une cause importante d’infections chez les patients exposés à un risque (cathéters, prothèses) ou dont le système immunitaire est affaibli.

C’est dire, avec un tel spectre, le danger que représenterait ce staphylocoque s’il parvenait à augmenter son pouvoir pathogène. Or, précisément, les Pr Benjamin Howden et Timothy Stinear (Department of Microbiology and Immunology, The University of Melbourne at The Doherty Institute for Infection and Immunity) expliquent aujourd’hui que cette bactérie « a évolué pour devenir un formidable pathogène responsable d’infections nosocomiales ». Ils ont ainsi découvert que trois lignées multirésistantes ont émergé au cours des dernières décennies et se sont répandues dans près d’une centaine d’hôpitaux de vingt-quatre pays.

Potentiellement incurable

« Nous avons commencé par des échantillons en Australie, puis avec d’autres prélèvements, nous avons obtenu un aperçu global et constaté que la bactérie est présente dans de nombreux pays et de nombreuses institutions à travers le monde », a expliqué à l’AFP le Pr Howden. Ces lignées sont devenues résistantes à la rifampicine, via l’acquisition de mutations du gène rpoB. Une analyse d’isolats provenant de 96 hôpitaux montre que les deux mutations D471E et I527M sont les plus communes (86,6 % des mutations).

Attention : ces mutations ne se contentent pas de procurer une résistance à la rifampicine. Elles réduisent aussi la susceptibilité de la bactérie aux antibiotiques de « dernière ligne » : vancomycine et teicoplanine. Une découverte qui ne va pas sans surprendre les microbiologistes australiens.

Comment comprendre une telle évolution et une telle expansion ?  Il est possible, disent-ils, que les pratiques hospitalières, telles que la monothérapie antibiotique utilisant des dispositifs médicaux imprégnés de rifampicine, a conduit cet organisme à évoluer de telle manière qu’il pourrait, demain, provoquer des infections potentiellement incurables.

Une série catastrophe ?

A demain

1 Lee J. H. Lee, Monk I. R., Gonçalves da Silva. Global spread of three multidrug-resistant lineages of Staphylococcus epidermidis Nature Microbiology (2018)

L’anthrax tue dans les Hautes-Alpes mais la France n’a pas assez de vaccins pour protéger

Bonjour

Qu’en diront les néo-antivaccinaux et les amis des bêtes ? On parlera, au choix, de maladie du charbon, d’anthrax ou de fièvre charbonneuse. Une zoonose due à la bactérie sporulée Bacillus anthracis : escarres noirâtres qui se forment au milieu des lésions cutanées chez les individus atteints. Les spores pathogène peuvent rester inactives pendant des dizaines d’années dans le sol – d’où les « champs maudits ».

La maladie est présente sur tous les continents et provoque une mortalité élevée chez les ruminants La bactérie produit des toxines extrêmement pathogènes, responsables des symptômes de la maladie et qui entraînent un taux de mortalité élevé. « La plupart des mammifères sont sensibles, mais la fièvre charbonneuse affecte surtout les ruminants et les humains » précise l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE).

« Plus de cinquante animaux morts dans vingt-huit exploitations, bovins, ovins ou équidés: le département des Hautes-Alpes est confronté depuis le mois de juin à la plus importante épidémie animale de fièvre charbonneuse survenue en France depuis près de vingt ans, rapporte l’AFP. Les premiers cas chez l’animal ont été observés à Montgardin, à une quinzaine de kilomètres à l’est de Gap, où six vaches ont été retrouvées mortes le 28 juin. En deux mois, la maladie s’est étendue à treize communes, sur lesquelles les autorités sanitaires recensent vingt-trois foyers distincts. »

Dès qu’un foyer est confirmé, la préfecture « prescrit la vaccination de tous les animaux concernés » indiquent les autorités sanitaires. Et des « mesures de blocage de l’exploitation » d’au moins 21 jours sont prises, « le temps d’acquisition de l’immunité vaccinale et de la réalisation des opérations de nettoyage et de désinfection ». Le lait collecté doit être pasteurisé et détruit.

Pasteur, Roux et Chamberland

Les cas de transmission à  l’espèce humaine sont rares. Pour l’heure aucun malade n’a été recensé dans les Hautes-Alpes. Pour autant 103 personnes entrées « potentiellement en contact » avec le germe pathogène ont été recensées – notamment du personnel d’une entreprise d’équarrissage, des éleveurs ou des vétérinaires. La moitié bénéficie d’un traitement antibiotique préventif allant de 10 à 35 jours – en fonction du type d’exposition.

Le vaccin est le moyen le plus efficace pour limiter la propagation. « Mais les vétérinaires font face à une pénurie temporaire, le laboratoire espagnol qui les produit étant fermé au mois d’août, et traitent en priorité les troupeaux infectés et les exploitations limitrophes » précise l’AFP. Agnès Chavanon, secrétaire générale de la préfecture des Hautes-Alpe : « l’État a entamé des discussions avec ses partenaires européens pour évoquer la disponibilité et le rachat des vaccins ».

Où l’on découvre, alors même que la maladie n’est en rien exceptionnelle (plus d’une centaine de foyers enregistré en vingt ans), que la France ne dispose pas d’un stock minimal de vaccins. On se souvient peuy-être que l’efficacité de la vaccination contre la fièvre charbonneuse a été démontrée pour la première fois au monde par Louis Pasteur (avec la collaboration de Charles Chamberland et Emile Roux). C’était le 5 mai 1881 lors de la célèbre expérience de Pouilly-le-Fort (Seine-et-Marne). Bien avant les antibiotiques.

Rien n’était simple, alors, pour Pasteur et ses collaborateurs. Certains leurs reprochèrent d’avoir induit le public scientifique en erreur sur la nature exacte du vaccin utilisé (voir le « Secret de Pouilly-le-Fort »). Un siècle et demi plus tard, ou presque, la France est en quête de vaccins. Qui en détient ?

A demain

Lyme : nouvelle, étrange et violente polémique dans la forêt de la maladie des tiques

Bonjour

Canicule sur la France – et redécouverte que la Mère Nature n’est décidément pas toujours bonne pour l’homme. A dire vrai elle l’est encore moins lorsque nous ne la comprenons pas. C’est tout particulièrement vrai en médecine, quand une physiopathologie incomplète laisse grandes ouvertes les portes aux errances diagnostiques et thérapeutiques. Et alimente soudain d’étranges et violentes polémiques.

La maladie de  Lyme, les tiques et leurs bactéries pathogènes constituent, de ce point de vue, un parfait cas d’école. C’est aussi, pour l’été, une affaire à méditer, armé d’un pied-de-biche portatif, au retour d’une balade en forêt.

Lire  sur Slate.fr : « Maladie de Lyme: la HAS remet une pièce dans la machine à controverses »

A demain

 

Un gonocoque totalement résistant aux antibiotiques identifié en Grande Bretagne

Bonjour

C’est un symptôme. C’est aussi une nouvelle et inquiétante étape dans la montée des résistances bactériennes aux antibiotiques : « First case of super-resistant gonorrhea reported » (CNN) ; « Man has ‘world’s worst’ super-gonorrhoea » (BBC). Tout est résumé à la perfection sur le site de Public Health England qui analyse le premier cas connu au monde d’infection par une  souche multirésistante de gonocoque (Neisseria gonorrhoeae) bactérie responsable de la blennoragie (ou « chaude pisse »).

Cette première concerne un homme hétérosexuel ayant une partenaire régulière en Grande Bretagne. Il  a contracté cette infection lors d’une relation sexuelle en Asie du Sud-Est, un mois avant l’apparition des premiers (et douloureux) symptômes. Il est alors rapidement apparu que la souche avait développé de fortes résistances contre les deux puissants antibiotiques habituellement utilisés avec succès contre elle (azithromycine et ceftriaxone),

« C’est la première fois qu’un cas présente une résistance aussi élevée à ces deux médicaments et à la plupart des autres antibiotiques couramment utilisés » a déclaré le Dr Gwenda Hughes, chef de la section des infections sexuellement transmissibles à Public Health England. Faute de solution disponible le malade est actuellement traité par voie intraveineuse avec l’antibiotique Ertapénem. Un premier bilan sera fait en avril.

Notre plus grande peur

« Nous suivons ce cas pour s’assurer que l’infection a été traitée efficacement avec d’autres options et le risque de transmission ultérieure est minimisé, souligne la Dr Hughes qui rappelle l’importance d’avoir recours à des préservatifs « régulièrement et correctement avec tous les nouveaux partenaires occasionnels ».

La siffusion de souches résistantes de Neisseria gonorrhoeae est une préoccupation de plus en plus vive chez les bactériologistes comme chez les spécialistes de la lutte contre les infections sexuellement transmissibles (IST).

L’OMS estime que 78 millions de personnes dans le monde sont chaque année infectées par la gonorrhée.  Aux États-Unis, les Centers for Disease Control et Prevention estiment qu’il y a 820 000 nouvelles infections à la gonorrhée chaque année. Le Royaume Uni semble tout particulièrement concerné par le phénomène de résistance, notamment chez des homosexuels masculins.

« Ce cas est une confirmation de plus de notre plus grande peur: la gonorrhée pharmacorésistante qui se propage dans le monde entier, a déclaré David C. Harvey, directeur exécutif de la Coalition nationale américaine des directeurs de STD. Ici aux États-Unis et ailleurs dans le monde, nous devons prendre au sérieux la gonorrhée pharmacorésistante et investir dans la recherche de nouveaux remèdes et la prévention des IST.»