Glyphosate :  OK pour cinq ans sur le Vieux Continent – une claque pour le gouvernement

 

Bonjour

« Les plus accommodants, ce sont les plus habiles : on hasarde de perdre à vouloir trop gagner ».

C’est fait. En dépit d’une campagne médiatique sans vrai précédent la Commission européenne vient d’autoriser l’utilisation du glyphosate jusqu’en 2022 – soit jusqu’à la fin du quinquennat Macron. Après deux ans de négociations, les Etats membres de l’UE, réunis au sein d’un comité d’appel, ont voté lundi 27 novembre en faveur d’une nouvelle autorisation pour cinq ans du glyphosate, l’herbicide le plus utilisé/controversé au monde via le Roundup, du groupe Monsanto.

Dix-huit pays ont voté en faveur de la proposition de l’exécutif européen, neuf s’y sont opposés et un pays s’est abstenu, permettant d’atteindre la majorité qualifiée requise, contrairement à un premier vote, le 9 novembre. Le gouvernement français, finalement favorable à un renouvellement de trois ans, a voté contre la proposition de la Commission européenne. En revanche l’Allemagne aurait in fine voté pour, alors qu’elle s’était abstenue lors du dernier vote – et que tout laissait à penser qu’elle s’abstiendrait à nouveau aujourd’hui.

Perfide Allemagne

Comment la diplomatie française n’a-t-elle pas prévu un tel retournement ? Où l’on revoit déjà apparaître, de ce côté-ci du Rhin, l’ombre des anticorps anti-allemands.

 « Le vote d’aujourd’hui montre que quand nous voulons, nous pouvons partager et accepter notre responsabilité collective dans la prise de décision », a réagi le commissaire européen à la santé, Vytenis Andriukaitis, cité dans un communiqué. Qui comprend quoi à de tels propos ?

L’herbicide controversé a été classé en 2015 « cancérogène probable » pour l’homme par le Centre international de recherche sur le cancer, agence de l’Organisation mondiale de la santé. Un classement finalement médiatiquement inopérant.

« Un jour sur ses deux pieds, allait je ne sais où, le Héron au long bec emmanché d’un long cou. »

A demain

L’intolérable affaire du carfilzomib, médicament refusé aux malades atteints de myélome multiple

Bonjour

Un communiqué de presse comme une bouteille à la mer, comme une accusation politique, comme un procès éthique : les membres de l’Association Française des Malades du Myélome Multiple (AF3M) « se mobilisent pour réclamer leur droit à vivre alors que les difficultés d’accès aux traitements innovants pèsent sur les chances de survie des malades ».

Cancer de la moelle osseuse, le myélome multiple (maladie de Kahler) est une affection peu connue du grand public. Elle touche chaque année près de 5 000 nouvelles personnes et on estime que 30 000 personnes sont aujourd’hui affectées en France.

« Parmi ces patients, certains pourraient voir leur vie prolongée dans de bonnes conditions grâce à de nouveaux traitements, innovants et efficaces, expliquent les responsables de l’association. Pourtant ces médicaments ne leur sont pas accessibles, en raison d’incompréhensibles et inquiétantes lenteurs administratives. »

Service médical rendu important

Le dossier le plus emblématique est celui du carfilzomib, un médicament autorisé depuis 2012 par la Food and Drug Administration américaine et commercialisé sous le nom de Kyprolis®

Le carfilzomib est un médicament qui a reçu son AMM pour être prescrit en association avec deux autres médicaments, le lénalidomide et la dexaméthasone dans le traitement du myélome multiple chez les adultes ayant reçu au moins un traitement antérieur. Le 25 mai 2016, le « Comité de transparence » de la Haute Autorité de Santé a classé ce médicament comme assurant un « service médical rendu important » et une « amélioration du service rendu » de niveau IV (mineur) – voir ici le document de la Haute Autorité de Santé.

« A ce titre, le carfilzomib remplit toutes les conditions pour être inscrit sur la liste dite ‘’en sus’’, permettant un remboursement aux hôpitaux par l’assurance maladie, soulignent les responsables de l’AF3M. Il est disponible et pris en charge dans plusieurs pays européens dont la Belgique, l’Espagne, l’Italie et l’Allemagne. Pourtant, alors que le ministère de la Santé aurait dû procéder à cette inscription de manière quasiment automatique avant le début de l’année, les discussions sont toujours en cours. »

Ils ajoutent, pudiquement, que ce retard est d’autant plus déplorable que les données présentées par le laboratoire Amgen dans les études Aspire et Endeavor ont montré une amélioration de la survie globale moyenne de 8 mois pour les patients traités par carfilzomib. « Cela signifie que depuis près d’un an, des patients actuellement privés de ce traitement auraient pu voir leur vie prolongée » ajoutent-ils.

Réponses laconiques

Que dire de plus ? Qu’il s’agit d’une affaire financière ? Que le prix demandé par la firme Amgen est trop important ? Que, devant cette situation pour elle intolérable, l’AF3M a rédigé en mars 2017 une lettre ouverte à l’adresse de Marisol Touraine, alors ministre de la Santé (« Myélome : Autoriser des médicaments est une question de survie pour les patients ») ? Qu’à la suite des élections présidentielles, l’association a adressé plusieurs courriers à Madame Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé – sans plus de succès ?

Qu’au cours de l’été, les adhérents de l’AF3M ont sensibilisé par le biais de courriers et de rendezvous de nombreux députés qui ont directement saisi de leurs inquiétudes Mme Byzyn, spécialiste de cancérologie hématologique, en posant une trentaine de questions écrites ? Qu’un rendez-vous auprès de Mme Buzyn a de nouveau été sollicité en urgence en amont de la Journée d’information nationale sur le myélome multiple, organisée par l’AF3M, qui a eu lieu le 14 octobre dans vingt- cinq villes en France ?

« Résultat de ces actions : rien. Aucune rencontre, aucun relais de nos revendications, aucune avancée, si ce n’est une réponse laconique du ministère de la Santé aux questions écrites signalant que le processus est en cours, sans nulle précision d’une échéance d’aboutissement. Du côté de nos dirigeants, personne ne semble s’émouvoir du fait qu’en refusant aux malades l’accès à ces nouveaux médicaments, les autorités cautionnent de fait une perte de chances pour des patients qui pourtant pourraient être traités »

« Au total, la population cible incidente de Kyprolis® serait de l’ordre de 2 350 à 2 500 patients » estimaient, en mai 2016, les membres du Comité de transparence de la Haute Autorité de Santé. Un communiqué de presse comme une bouteille à la mer.

A demain

 

Vaccin contre le cancer du col de l’utérus : lourdes ambiguïtés de la Haute Autorité de Santé

Bonjour

Sous le langage officiel, parfois, quelques éclairs. C’est un communiqué symptomatique. Il est signé de la Haute Autorité de Santé (HAS) : « Cancer du col de l’utérus : une meilleure couverture vaccinale et un dépistage renforcé restent la priorité ».

Le contexte. Chaque année en France, on diagnostique environ 3 000 nouveaux cas de cancer du col de l’utérus, 500 cancers de la vulve, 300 cancers du vagin et 1 100 cancers de l’anus – et dans le même temps plus de 1 000 décès prématurés. Le cancer du col de l’utérus est l’un des seuls cancers dont le taux de survie à 5 ans est en diminution. Dans presque tous les cas nous sommes là face à la conséquence d’une infection persistante causée par un ou plusieurs papillomavirus humains (HPV), agents pathogènes sexuellement transmissibles.

La nouveauté. Il existe aujourd’hui en France deux vaccins (disponibles et remboursés) contre les infections dues aux HPV : le Cervarix (GSK) et le Gardasil (MSD). Arrive un troisième : le vaccin Gardasil 9. Il est présenté comme protégeant contre cinq génotypes supplémentaires – par rapport au Gardasil précédent. Et, nouveauté, il vient d’être évalué par la HAS. Cette dernière « reconnaît son efficacité importante et sa bonne tolérance, proche de celle de Gardasil ». Elle le « propose donc au remboursement en lui attribuant un service médical rendu’’ important ‘’ ».

L’incohérence. Mais dans son évaluation du « progrès » représenté par Gardasil 9, la HAS constate que les génotypes 16 et 18, responsables des cancers du col de l’utérus les plus graves et les plus nombreux, sont déjà couverts par le Gardasil précédent. « En conséquence, Gardasil 9 n’aura qu’un impact supplémentaire faible en vie réelle » dit la HAS – qui lui attribue de ce fait  une amélioration de  service médical rendu V (traduction : amélioration « inexistante » – « absence de progrès thérapeutique »).

Pourquoi, dès lors, proposer au remboursement par la collectivité une totale absence de service médical ? Et ce d’autant  que la HAS préconise dans le même temps « que la dépense publique soit prioritairement consacrée à renforcer la couverture vaccinale et le recours au dépistage ». De quoi (et de qui) parle-t-on ?

La question sans réponse : En France la stratégie de prévention des cancers liés aux HPV repose notamment « sur la vaccination chez les filles de 11 à 14 ans avec un rattrapage jusqu’à 19 ans révolus ». «  A ce jour, en France, la prévention des infections à HPV est insuffisante, souligne la HAS. Le taux de couverture vaccinale est l’un d’un des plus bas en Europe : moins de 20% de la population cible est vaccinée alors que le Plan Cancer 2014-2019 fixe un objectif de 60%. »

A qui la faute ?  A quand le procès ? Pourquoi ne pas rendre, lui aussi, ce vaccins obligatoire ? Ici, la HAS se tait.

A demain

 

 

« Tuer le cancer pour 486 euros » : quand une découverte n’est pas suivie de faux espoirs

Bonjour

Contre-exemple édifiant. C’est une information à situer dans le contexte de l’étrange affaire française du test ISET « de dépistage du cancer » commercialisé 486 euros 1. Un groupe de chercheurs californien vient d’annoncer avoir mis au point un test qui pourrait permettre de fournir des éléments originaux quant au potentiel de progression d’un processus cancéreux. Ce travail vient d’être évoqué par la BBC : « Cell ‘stickiness’ could indicate cancer spread » qui reprend une publication du Biophysical Journal : « Metastatic State of Cancer Cells May Be Indicated by Adhesion Strength ».

Ce travail est signé d’un groupe de chercheurs dirigés par Adam J. Engler, (Department of Bioengineering, University of California, San Diego, La Jolla, Californie). Le test mis au point se fonde sur les caractéristiques spécifiques d’adhésivité qui signeraient le caractère cancéreux de certaines cellules potentiellement métastatiques. Il y a là, expliquent-ils, une piste qui pourrait un jour aider à identifier les patients atteints de lésions cancéreuses qui justifieraient un traitement agressif à un stade précoce. Pour autant ils avertissent que leurs travaux sont à un stade très précoce et que, si l’espérance est bien là, on est encore loin d’une possible commercialisation.

« Il n’existe aujourd’hui aucun marqueur biologique commun qui indique qu’une tumeur est plus susceptible qu’une autre de se propager. Mais, notre dispositif montre qu’il peut exister un marqueur physique prédictif de la probabilité de propagation de la lésion, explique Adam J. Engler. Les patients doivent comprendre qu’il faudra encore plusieurs années avant que nos résultats atteignent le stade des premiers essais cliniques. »

A demain

1 « ‘’Tuer le cancer’’ pour 486 euros : sur France Inter, l’affaire du Pr Paterlini-Bréchot » Journalisme et santé publique, 19 janvier 2017

« Peut-on « tuer le cancer pour 486 euros » ? Interrogé l’INCA ne répond pas. Pourquoi ? » Journalisme et santé publique, 5 février 2017

« ‘’Tuer le cancer pour 486 euros’’ ? Le bon sens médical selon Patrizia Paterlini-Bréchot » Journalisme et santé publique, 18  février 2017

« ’Tuer le cancer pour 486 euros ‘’ : l’Académie de médecine se saisira-t-elle de l’affaire ? » Journalisme et santé publique, 18  février 2017

«  ‘’Tuer le cancer® pour 486 euros’’ : la surprise, le malaise et les questions d’un oncologue » Journalisme et santé publique, 19  février 2017

 

Lutter contre le cancer réclame-t-il de dépenser l’argent public en «création publicitaire» ?

Bonjour

Nous n’avions pas compris : l’Institut National du Cancer (INCA) ne répond pas aux questions qu’on lui pose. C’est lui qui parle et dispose. Interrogé il y a plusieurs semaines sur le plus que controversé test ISET de dépistage du cancer (486 euros, non pris en charge) l’INCA n’a toujours pas répondu.  Aujourd’hui il annonce urbi et orbi lancer (avec le ministère de la Santé) une nouvelle campagne publicitaire. On appréciera le style du communiqué de presse :

« La campagne, prévue le 27 février en presse (sic) et le 12 mars en télévision (re-sic) , porte le message suivant : «le cancer colorectal, le dépister à temps peut vous sauver la vie ». Elle concentre son message sur le caractère meurtrier de ce cancer, qui se développe souvent sans symptôme et reste méconnu. La campagne rappelle que détecté tôt, un cancer se guérit dans 9 cas sur 10. La création publicitaire utilise un ton direct et informatif autour de l’enjeu (re-re-sic) et rappelle l’importance de se faire dépister dès 50 ans. 

« Le spot TV, programmé à partir du 12 mars sur les chaînes nationales et thématiques, évoquera à la fois la dangerosité de ce cancer et l’intérêt du dépistage. A découvrir bientôt. »

Facture de 483 euros

Autre message publicitaire à venir avec les  prochains Colon Days (pilotés par le Conseil national professionnel d’hépatogastroentérologie avec le soutien de nombreuses entreprises privées) : « Attention, vous êtes peut-être assis sur un cancer ! ».  Aucun commentaire.

On connaît l’argumentaire et la proposition faite à dix-sept millions de femmes et d’hommes, âgés de 50 à 74 ans, à parler tous les deux ans du dépistage du cancer colorectal avec leur médecin. « Celui-ci vérifie si son patient ne présente pas de risque particulier nécessitant un suivi adapté, puis lui remet le test de dépistage à faire chez soi, explique l’INCA. Le dépistage permet en effet de détecter un éventuel cancer colorectal à un stade précoce : les traitements pour le soigner seront alors moins lourds, les chances de guérison meilleures et les éventuelles séquelles moins invalidantes. Grâce au dépistage, il est aussi possible de repérer un polype et de le retirer avant qu’il n’évolue en cancer.

On sait aussi que certains développent des arguments circonstanciés pour conclure à l’inutilité voire à la dangerosité de telles campagnes de dépistage systématiques. N’entrons pas dans cette polémique et restons sur l’entreprise financée sur deniers publics. Pour résumer l’INCA fait appel à la créativité publicitaire pour, via ses supports « presse » et « télévision », inciter les plus de 50 ans à « parler dépistage du cancer colorectal » avec leur médecin. Où l’on voit que la publicité vient contrecarrer la logique soignante la plus élémentaire. Sans même parler du rapport coût-bénéfices des opérations publicitaires récurrentes.

Mais il faut aujourd’hui ajouter un autre élément, conséquence d’une autre forme, gratuite, de publicité-promotion médiatique. Que répondra l’INCA à celles et ceux qui, ayant appris qu’il existe un test ISET effectué à partir d’une simple prise de sang croiront pouvoir le préférer à celui, officiel, d’un maniement plus complexe ? On rappellera que le premier est facturé (hors consultation médicale) 486 euros tandis que le second est pris en charge par la collectivité solidaire.

A demain

Qui abonnera à la «Revue du Praticien» le président du Comité économique du médicament ?

Bonjour

Nous évoquions il y a peu l’opacité antidémocratique du Comité économique du médicament – et la nécessité d’offrir une attachée de presse à son président. Complétons notre suggestion avec un abonnement à l’excellente Revue du Praticien. Dans sa dernière livraison (février 2017) elle consacre à la colère des professionnels de la cancérologie une tribune qui vaut d’être lue. Tribune signée de trois voix fédératrices 1. Au chapitre de la transparence on y lit ceci concernant la fixation des nouvelles et insupportablement coûteuses molécules anticancéreuses :

« L’élément notable de ce processus complexe est que l’étape pratique et ultime de fixation du prix se fait dans un face-à-face entre l’administration publique et l’industriel sous le sceau de l’opacité la plus totale : opacité sur les coûts de R&D du médicament candidat, opacité sur les termes de la négociation, et en l’absence de tout représentant des médecins et des patients.

« L’un des éléments clefs de toute réforme à venir est donc l’obtention de la part des industriels de la transparence sur les coûts de R&D des médicaments. Cette information permettrait de prendre en compte les investissements réels dans ce domaine, mais aussi la contribution d’un financement public lorsque celui-ci a participé à la recherche ou à des étapes du développement thérapeutique, et donc d’aboutir à la définition d’un prix juste et équitable.

Colère montante

« Il faut noter qu’une telle approche, loin d’être maximaliste, est actuellement sérieusement considérée par de nombreux États des États-Unis, certains proposant même de rendre publics les profits effectivement réalisés par les compagnies pharmaceutiques, pour rendre l’évaluation encore plus transparente. La transparence doit également concerner la procédure permettant de définir les prix en y associant des représentants des médecins et des patients. La tenue récente d’un débat public autour de cette question, le 28 janvier 2016 à l’institut Paoli-Calmettes de Marseille, a permis de constater l’intérêt d’une confrontation démocratique sur le sujet. »

On rappellera que plusieurs spécialistes en onco-hématologie ont, ces dernières années, collectivement exprimé leur crainte que les prix exorbitants des nouveaux anticancéreux puissent menacer l’accès universel aux progrès thérapeutiques émergents. En France, un appel de 110 professeurs des universités, cancérologues et hématologues, a été suivi par plusieurs pétitions et campagnes d’interpellation publique portées par la Ligue contre le cancer ou plus récemment (et de manière spectaculaire) Médecins du Monde.

La colère monte. Elle a, ici, de nobles raisons médicales et éthiques. Il serait bon qu’on le sache au sein bunker du Comité économique des produits de santé .  Il est grand temps d’offrir un abonnement à la Revue du Praticien à son président,  Maurice-Pierre Planel. Demain il sera trop tard.

A demain

1 « Médicaments du cancer : les raisons de la colère » Anthony Gonçalves, Dominique Maraninchi (Département d’oncologie médicale et centre de recherche sur le cancer, institut Paoli-Calmettes, Inserm U1068, CNRS 7258, Aix-Marseille Université, Marseille) Jean-Paul Vernant (Service d’hématologie clinique, hôpital Pitié-Salpêtrière, université Pierre-et-Marie-Curie, Paris –  jean-paul.vernant @aphp.fr). Revue du Praticien, février 2017.

L’auteur de ces lignes tient une chronique dans La Revue du Praticien Médecine Générale.

Cancer du sein : l’ANSM se résout finalement à recommander « d’éviter le Docétaxel »

Bonjour

Que d’atermoiements pour en arriver là où elle aurait dû commencer…L’Agence du médicament (ANSM) vient de changer de position. Désormais elle « recommande à titre de précaution  d’éviter temporairement l’utilisation du Docetaxel ». Comment ses responsables n’ont-ils pas compris d’emblée qu’ils n’avaient pas d’autres choix ?

« Dans le prolongement du courrier qui a été adressé aux oncologues le 15 février 2017 et compte tenu de l’existence d’une alternative thérapeutique en situation adjuvante dans cette indication (paclitaxel), l’Institut National du Cancer (INCa) en lien avec l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé (ANSM) recommande à titre de précaution, après consultation de professionnels de santé, d’éviter temporairement l’utilisation du docetaxel dans les cancers du sein localisés, opérables. »

Plus grande vigilance

Corollaire : l’ANSM « veille à garantir l’approvisionnement du territoire national en paclitaxel ». Cette recommandation ne concerne pas l’utilisation du docétaxel dans ses autres indications thérapeutiques. Du moins à ce stade. « La plus grande vigilance reste néanmoins nécessaire et chaque indication doit être individuellement évaluée avec information des patients sur les différentes options thérapeutiques » ajoute l’ANSM.

Informer les patients sur les différentes options thérapeutiques ? On aimerait voir l’Agence à l’œuvre dans le contexte actuel, contexte auquel elle n’est pas étrangère après la relative confusion de ces derniers jours après l’annonce de cinq décès survenus entre l’été 2016 et février 2017. Cinq morts de femmes atteintes de cancer du sein, mais « de bon pronostic », traitées par docétaxel en chimiothérapie adjuvante ou néoadjuvante.

Et ensuite ? L’INCa et l’ANSM reviendront, fin mars, vers les professionnels de santé « pour partager les résultats des différentes investigations actuellement menées ». On attend avec le plus grand intérêt les résultats, notamment ceux concernant la forme générique du Docétaxel commercialisée par la firme indienne Accord (Intas Pharmaceuticals).

A demain