Greffe d’utérus ou mère porteuse : que veut nous dire l’Académie nationale de médecine ?

Bonjour

C’est un communiqué mandé depuis la rue Bonaparte, dans un Paris meurtri après l’incendie de sa cathédrale. : « Transplantation utérine ou GPA : l’Académie nationale de médecine s’interroge ». Après lecture, nous nous interrogeons.

L’Académie rappelle que dans sa séance du 23 juin 2015 elle avait traité de la transplantation utérine. Et abordé les aspects législatifs, cliniques – notamment le risque chirurgical pour la donneuse et la receveuse, le caractère à risque de la grossesse, les risques du traitement immunosuppresseur pour la mère et l’enfant. Sans oublier « les aspects éthiques de  concernant le choix entre donneuses vivantes ou décédées et l’avenir de l’enfant ». Et au terme de sa réflexion l’Académie « avait donné un avis favorable à la poursuite de ces expérimentations ».

Marchandisation du corps humain

 Quatre ans plus tard l’Académie nationale de médecine se félicite de la réussite de la première transplantation à partir d’une donneuse vivante réalisée en France par l’équipe animée par Jean-Marc Ayoubi à l’hôpital Foch en collaboration avec l’équipe du pionnier de la technique, le Pr Mats Brannström. Transplantation qui vient de faire l’objet d’un communication quelque peu précipitée. Puis la rue Bonaparte ajoute :

« Cependant l’Académie tient à préciser que la transplantation utérine, qui constitue néanmoins un grand espoir pour les femmes sans utérus et qui apparaît comme une alternative à la gestation pour autrui, ne sera pas une chirurgie classique avant de nombreuses années et demeure un processus expérimental. »

Mais encore ? Devons-nous comprendre que l’Académie nationale ouvre grande la porte aux mères porteuses, à la « Grossesse Pour Autrui » et à la marchandisation du corps humain ?

A demain

@jynau

 

 

Greffe d’utérus en France : mais pourquoi tant de précipitation dans la communication ?

Bonjour

Mail classé « Important » adressé, en fin de matinée, aux journalistes spécialisés: « Bonjour, Pour toute demande concernant la greffe de l’utérus réalisée au sein de l’hôpital Foch, merci de contacter l’agence presse Dentsu Consulting  (‘’Il faut vingt ans pour construire une réputation et cinq minutes pour la détruire’’)». Et peu auparavant une dépêche sur le fil de l’AFP  – le tout avant les premières reprises dans les journaux de la mi-journée.

Résumons l’événement. Pour la première fois en France une greffe d’utérus a été pratiquée (le 31 mars dernier) chez une femme de 34 ans. Greffe pratiquée à l’hôpital Foch de Suresnes (Hauts-de-Seine) par l’équipe du Pr Jean-Marc Ayoubi, chef de service de gynécologie obstétrique et médecine de la reproduction. La donneuse, 57 ans, est la mère de la patiente greffée.

Cette dernière est atteinte du syndrome  de Mayer-Rokitansky-Küster-Hauser : aplasie congénitale de l’utérus et de la partie supérieure (les 2/3) du vagin, chez des femmes ayant un développement normal des caractères sexuels secondaires et un caryotype 46,XX normal. Ce syndrome affecte au moins une femme sur 4500.

Alternative à la mère porteuse

Ce type de greffe est loin d’être une première. Une naissance avait pu être ainsi obtenue après en Suède, un an après la transplantation, en 2014, pratiquée par  l’équipe du Pr Mats Brännström (Université de Göteborg), grand pionnier dans ce domaine. La donneuse vivante avait 61 ans. Le Pr Brännström a expliqué à l’AFP que quinze naissances ont d’ores et déjà été obtenues dans le monde après greffe utérine : « neuf en Suède dont la dernière il y a quatre jours, deux aux Etats-Unis, une au Brésil, en Serbie, en Chine et en Inde ».

Parmi les treize pays (avant la France) ont pratiqué cette greffe figurent aussi selon cet expert le Mexique, le Liban, l’Arabie saoudite, l’Allemagne, la République tchèque et la Belgique. Et en décembre dernier on apprenait la première naissance obtenue (au Brésil) après greffe d’un utérus prélevé chez une donneuse décédée. Annonce alors faite dans les colonnes du Lancet.

Une autre équipe française, du CHU de Limoges, avait reçu en 2015 l’autorisation de l’Agence de la biomédecine et de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) de conduire un essai clinique à partir de donneuses en état de mort cérébrale. Finalement c’est donc Foch, avec donneuse vivante, qui obtient le premier résultat et qui choisit de l’annoncer en extrême urgence.

On rappellera que cette greffe pourra aussi être une  alternative expérimentale à la gestation pour autrui, interdite en France. Voire à l’adoption. Prochaine étape : la première naissance mondiale obtenue à partir d’un utérus artificiel.

A demain

@jynau

 

Médecine et narcissisme : le Dr Jérôme Cahuzac pourra-t-il exercer avec un bracelet électronique ?

Bonjour

Où l’on retrouve celui que Marie-France Hirigoyen qualifie, dans son dernier et remarquable ouvrage 1, de « Narcisse grandiose ». La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Bastia a, mercredi 10 avril, confirmé l’acceptation d’un aménagement de peine (sous forme de bracelet électronique) du Dr Jérôme Cahuzac, 66 ans. L’ancien ministre doit désormais être « convoqué pour la pose de son bracelet  » et devra « respecter des heures de sortie ».

On se souvient que ce chirurgien passé au politique, personnalité flamboyante, avait été condamné pour fraude fiscale le 15 mai 2018 : quatre ans de prison dont deux avec sursis. Après différents voyages à connotation médicale le Dr Cahuzac (qui a déclaré sa résidence principale en Corse-du-Sud) attendait depuis les modalités de l’application de sa peine. Il faut savoir que la loi française permet (pour toute peine allant jusqu’à deux ans d’emprisonnement, et en l’absence de récidive) la possibilité d’un aménagement immédiat.

En février dernier un juge d’Ajaccio avait accepté cet aménagement « sous surveillance électronique » pour l’ex-ministre. Parmi les arguments retenus, figuraient l’avis favorable du représentant de l’administration pénitentiaire, « les regrets manifestes du condamné », le fait que « le risque de récidive est écarté », « l’implication durable dans différents projets, notamment professionnels » et le fait qu’il avait bel et bien payé son amende de 300 000 euros.

Reprendre le cours de sa vie à l’hôpital de Bonifacio

Mais la haine étatique peut être tenace et le parquet d’Ajaccio avait déposé un appel suspensif, suivi par le parquet général. Ce dernier avait « considéré que le projet avancé par M. Cahuzac au soutien de sa demande (…) ne répondait pas aux efforts sérieux de réadaptation sociale communément exigés pour bénéficier d’une telle mesure ». Et d’assurer que « cette position, au vu des éléments du dossier, aurait été prise à l’identique pour tout autre condamné. »

A l’audience en appel le 19 mars, Me Antoine Vey, avocat de l’ancien chirurgien-ministre avait jugé « regrettable que le parquet s’acharne de la sorte (…) en faisant croire que Jérôme Cahuzac solliciterait une mesure exceptionnelle, ce qui n’est pas le cas ». « Il est normal que Jérôme Cahuzac puisse effectuer sa peine dans le cadre d’un placement sous surveillance électronique », a-t-il réagi, ce 10 avril, l’avocat jugeant que ce n’est là « ni une faveur ni une exception ». « La cour n’a pas cédé à la démagogie », s’est-il félicité, ajoutant que son client de 66 ans « aura droit, une fois cette peine purgée, à reprendre le cours de sa vie ».

Le cours de sa vie ? On attend désormais la décision d’une autre justice, ordinale. Pour d’obscures raisons il doit être prochainement entendu par le Conseil national de l’Ordre des médecins qui décidera de son aptitude à exerxer en tant que médecin généraliste.  Retraité depuis l’an dernier l’ancien ministre n’a plus besoin de travailler pour gagner sa vie . Il aimerait toutefois exercer à l’hôpital de Bonifacio « où les candidats font défaut ».

A demain

@jynau

1 Hirigoyen M-F « Les Narcisse » Editions La Découverte

Implants mammaires et anxiété : ils sont retirés du marché mais ne sont pas à explanter

Bonjour

Le scoop était presque parfait. Comme révélé depuis la veille, l‘Agence nationale du médicament et des produits de santé (ANSM) a décidé, jeudi 4 avril, de retirer du marché des implants mammaires macrotexturés et des implants mammaires à surface recouverte de polyuréthane. Explication officielle :

« Depuis l’apparition en 2011 des premiers cas de lymphomes anaplasiques à grandes cellules associés aux implants mammaires (LAGC-AIM), l’ANSM a mené de nombreuses investigations afin d’étudier le lien entre la survenue de cas de LAGC et la texture des implants mammaires.Au regard de l’ensemble des informations dont elle dispose, dont des avis d’experts indépendants, l’ANSM considère que la texturation de certains implants macrotexturés et implants à surface recouverte de polyuréthane constitue un facteur de risque dans l’apparition de LAGC-AIM.

 « Ainsi, l’ANSM prend la décision, par mesure de précaution, de retirer du marché ces implants afin de réduire l’exposition des femmes au risque de LAGC qui reste un risque rare mais grave.Compte tenu de la rareté de ce risque, l’ANSM ne recommande pas d’explantation préventive pour les femmes porteuses de ces implants. L’ANSM met en place le numéro vert 0.800.71.02.35 pour répondre aux interrogations des patientes. Celles-ci sont également invitées à consulter un professionnel de santé en cas de questions complémentaires. » 

 La plus grande prudence

Depuis 2011, 59 cas de lymphomes anaplasiques à grandes cellules associés aux implants mammaires (LAGC-AIM) ont été déclarés en France. En 2017, le nombre de femmes portant des implants mammaires en France est estimé à 400 000.

Pour autant la même ANSM ne recommande pas d’explantation préventive pour les femmes porteuses de ces implants. Cette agence suit en cela les conclusions de son groupe d’experts (CSST) qui a auditionné les 7 et 8 février 2019 des patientes, des professionnels de santé, des autorités sanitaires européennes et internationales et des fabricants, afin d’émettre un avis sur la place des implants mammaires texturés en chirurgie esthétique et reconstructrice. Extrait de cet avis :

« Dans le contexte de la recommandation faite par l’ANSM d’utiliser préférentiellement des implants lisses et compte tenu des doutes émis par les professionnels de santé, il convient d’interdire le recours à la texture Biocell d’Allergan. La plus grande prudence doit être réservée aux implants mammaires de textures équivalentes et aux implants polyuréthane. Le comité ne recommande toutefois pas d’explantation préventive de ces implants texturés. »

Dès le 5 avril la décision de l’ANSM entrera en vigueur : par mesure de précaution, retirer du marché certains implants macrotexturés de texture équivalente à l’enveloppe Biocell d’Allergan et en polyuréthane afin de réduire l’exposition des femmes au risque de LAGC-AIM qui reste un risque rare mais grave. Pour autant :

« Compte tenu de la rareté du risque de survenue de LAGC-AIM et de l’avis du CSST, l’ANSM ne recommande pas d’explantation préventive des implants macrotexturés et des implants à surface recouverte de polyuréthane. »

Résumons. D’une part on interdit par précaution un implant potentiellement dangereux. De l’autre on ne recommande pas l’explantation de ce même implant chez les milliers de femmes qui en sont porteuses. Une ambivalence largement médiatisée. Le rationnel des experts et des dirigeants de l’ANSM mériterait, ici de faire preuve d’une plus grande pédagogie – ne serait-ce que pour ne pas être poursuivi, ultérieurement, pour non assistance à personne en danger et/ou préjudice caractérisé d’anxiété.

Aucune statistique fiable

Cette observation est d’autant plus justifiée que la décision de l’ANSM vient d’être dénoncée par  Société Française des Chirurgiens Esthétiques Plasticiens (SOFCEP) 1:

« La SOFCEP rappelle qu’à ce jour aucune statistique fiable ne peut être exploitée de manière scientifique prouvant la sur – représentation des autres textures dans la survenue de cette pathologie très rare soit un cas pour plus de 20 000 patientes, comparé par exemple au risque de cancer du sein de 1/9. Cette annonce est inutilement anxiogène pour les 85% de patientes porteuses d’implants texturés.

« Nous tenons à les rassurer, à ce jour, aucune explantation n’est justifiée et une simple surveillance par son chirurgien suffit. Depuis 2011, les plasticiens, informés de cette nouvelle pathologie, ont tous été formés à la diagnostiquer et à s’appuyer sur le réseau lymphopath pour la confirmer. Pris dans sa phase initiale, le simple retrait de l’implant et sa capsule permet de traiter la pathologie.

« A tort, l’ANSM considère, avec cette décision, protéger les patientes contre la pathologie rarissime que représente le LAGC-AIM. Elle prive cependant ces mêmes patientes de prothèses qui ont permis ces dernières années une avancée significative en chirurgie mammaire (…) Cette décision hâtive basée sur des statistiques non significatives représente une perte de chance pour les patientes. La SOFCEP estime que cette décision n’est pas une réponse de sécurité sanitaire adaptée aux problèmes posés par le LAGC-AIM. »

A demain

@jynau

1 La Société Française des Chirurgiens Esthétiques Plasticiens se présente comme une société savante créée il y a 31 ans, qui regroupe exclusivement des chirurgiens plasticiens français, diplômés en Chirurgie Plastique, Reconstructrice et Esthétique, et dont l’activité principale est la chirurgie esthétique. Ses 300 membres représentent aujourd’hui un groupe de praticiens très présents au sein de la société internationale des chirurgiens esthétiques plasticiens (ISAPS) les situant au 3ème rang derrière les Etats-Unis et le Brésil.

«Scoop sur les implants mammaires siliconés». L’Agence du médicament a été doublée

Bonjour

« La décision est historique. D’après les informations du Monde (Emeline Cazi et Stéphane Horel) et du Consortium international des journalistes d’investigation, l’Agence nationale française de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) doit annoncer, jeudi 4 avril, l’interdiction des implants mammaires macrotexturés en silicone et des implants en polyuréthane.»

De fait les journalistes sont invités, demain 4 avril, par le Dr Dominique Martin, Directeur général de l’ANSM, et le Dr Christelle Ratignier-Carbonneil, Directrice générale adjointe de l’ANSM pour partager un « petit déjeuner presse ». Thème abordé :  « Implants mammaires et risque de lymphomes anaplasiques à grandes cellules ».

L’ANSM n’avait pas pensé aux possibles fuites. Dans une lettre adressée aux fabricants le 2 avril, révélée par Le Monde, l’agence explique que cette décision de police sanitaire a été prise « au vu du danger rare mais grave » que posent ces implants, soit « l’augmentation significative » des cas de lymphomes anaplasiques à grandes cellules (LAGC) depuis 2011. Le LAGC, écrit l’ANSM, « est une pathologie cancéreuse rare mais susceptible de conduire au décès des patientes ».

« Si les mécanismes biologiques de la maladie sont encore inconnus, précise le quotidien vespéral, il est désormais établi que le port de ces implants dits macrotexturés en est la cause. Conçus pour leur « effet velcro », qui permet à la prothèse de mieux adhérer aux tissus, ces implants pourraient créer une inflammation chronique qui déclencherait la maladie. A ce jour, 688 cas de LAGC ont été répertoriés dans le monde. On en comptait 58 en France, en février dernier, dont trois mortels.

Tout va très vite désormais, dans ce domaine. « L’ANSM annoncera demain l’interdiction des implants mammaires macrotexturés en silicone et des implants en polyuréthane, prévient une attachée de presse quelques minutes après le scoop du Monde.  Nous vous proposons la réaction du Dr Jacques Saboye, président de la Société française de chirurgie plastique, reconstructrice et esthétique ». On n’ose imaginer, demain, l’ambiance du petit déjeuner de presse.

A demain

@jynau

 

Médecine et Gilets Jaunes : pourquoi ne pas interdire aux personnes âgées de manifester ?

Bonjour

Geneviève Legay, 73 ans, est une militante d’Attac. Une enquête vient d’être  ouverte à Nice sur les circonstances dans lesquelles cette femme a été grièvement blessée, samedi 23 mars, lors d’une charge de la police contre une manifestation de « Gilets Jaunes ». Voici les faits, tels qu’ils sont rapportés par Attac :

« Geneviève Legay, 74 ans, porte-parole d’Attac 06 et militante infatigable pour la paix, a été grièvement blessée par une charge policière, lors de l’acte XIX des Gilets Jaunes le samedi 23 mars à Nice.  Samedi vers 11 h, les CRS ont procédé à une violente charge au cours de laquelle Geneviève est tombée au sol, sa tête heurtant un poteau métallique. De multiples images montrent Geneviève, gilet jaune sur le dos et drapeau arc-en-ciel ‘’Pace’’ dans les mains, avec une attitude totalement non violente, scander ‘’Liberté de manifester’’ peu avant la charge policière.

« Alors que les précédentes mobilisations des Gilets Jaunes à Nice n’avaient pas entraîné de dégradations, Christian Estrosi, maire de la ville, avait demandé et obtenu une interdiction de manifester dans une grande partie de la ville. L’interdiction par le préfet des manifestations et rassemblements dans une grande partie de Nice est illégitime et ne peut justifier d’utiliser la force contre des citoyenˑneˑs qui se rassemblent pacifiquement pour exprimer leurs opinions.

« Attac France condamne la répression des rassemblements pacifiques qui ont eu lieu ce samedi et s’indigne de la grave restriction des libertés publiques actuellement en cours en France. Ce n’est pas par la répression et les violences policières qu’Emmanuel Macron répondra à la légitime demande de justice sociale qui s’exprime partout dans le pays. Attac France exige que toute la lumière soit faite et que les responsabilités de ces actes de violence à l’encontre de Geneviève Legay soient clairement établies. »

Flaque de sang

On a vu ce qu’a fait la police. Et ensuite ? Le procureur de Nice, Jean-Michel Prêtre, a déclaré qu’il avait ouvert « une enquête classique en recherche des causes des blessures ». « J’ai ordonné la saisie des images vidéo, par ailleurs d’excellente qualité, et fait des réquisitions auprès de l’hôpital Pasteur, a ajouté M. Prêtre qui a aussi fait ausculter Geneviève Legay. Elle a été prise en charge par les pompiers avec une qualification d’urgence relative et, à son arrivée à l’hôpital, elle s’est retrouvée avec une appréciation médicale montée d’un cran, qualifiée de pronostic réservé. Quand on se maintient dans une manifestation après les sommations réglementaires pour dire que les gens doivent se disperser, c’est un délit. Pour elle, ce n’est pas si net : là où ça s’est passé, c’était presque en dehors de la place, dans un mouvement confus des forces de l’ordre et des manifestants. »

Ce sont les pompiers qui avaient évacué la blessée. Une flaque de sang restait visible au sol provenant d’une blessure au niveau de la tête, avaient pu constater des journalistes de l’AFP. Elle souffrirait, selon l’une de ses filles, de plusieurs fractures au crâne et d’hématomes sous-duraux.

Et puis ces propos, que l’on peut trouver curieux, tenus par la ministre de la justice, Nicole Belloubet :

« Je trouve tout de même curieux que lorsqu’une manifestation est interdite, comme c’était le cas à Nice, quelqu’un aille absolument avec la volonté de manifester à cet endroit-là. Il y avait quelques périmètres, dans certaines villes, où les manifestations étaient interdites. A la suite de sommations, une personne qui y reste est susceptible de commettre un délit et c’est dans ce cadre là que les événements se sont passés ».

La famille de Geneviève Legay annonce, par le biais de son avocat Me Arié Alimi, vouloir porter plainte « pour violences volontaires en réunion avec arme par personnes dépositaires de l’autorité publique et sur personne vulnérable » Où l’on en vient, en écoutant Mme Belloubet et en songeant à la vulnérabilité de la victime, à se demander si on en viendra, sous peu, à interdire de manifester aux citoyen.ne.s trop âgé.e.s.

A demain

@jyau

 

 

Brutale accélération de la fermeture de toutes les «petites maternités de proximité» : et après ?

Bonjour

« Le nombre de femmes qui vivent à plus de 45 minutes d’une maternité a doublé en 20 ans » titre Le Monde (François Béguin, Véronique Malécot, Mathilde Costil, Eugénie Dumas, Eric Dedier et Xemartin Laborde). Une information opportunément publiée à la veille des « Etats généraux des maternités de proximité » qui se tiendront les 22 et 23 mars au Blanc (Indre), l’une des petites cités directement concernée par un processus jacobin déjà ancien de fermeture programmée.

« En un peu plus de vingt ans, entre le 1er janvier 1997 et le 11 mars 2019, la France a perdu 338 maternités (413 fermetures et 73 ouvertures) sur 835, précise Le Monde qui a demandé à un ‘’géographe de la santé’’ un travail original sur le sujet. A l’issue de cette colossale refonte de la carte sanitaire, le nombre de femmes en âge de procréer se trouvant à plus de quarante-cinq minutes d’une maternité a plus que doublé, passant de 290 000 à 716 000, soit 430 000 de plus. Le nombre de celles se trouvant à plus de trente minutes a, lui, augmenté de près de deux millions, passant de 1,9 million en 1997 à 3,7 millions en 2019.

Au milieu du gué

Ces chiffres jusqu’ici inédits sont différents des données produites par le service statistiques du ministère de la santé. Et au vu du contenu du projet de loi « santé » défendu par Agnès Buzyn et dont l’examen est en cours devant l’Assemblée nationale de nouvelles fermetures sont à prévoir dans les prochaines années. « On continue à fermer et à concentrer, on a l’impression que ça ne finira jamais », déplore Rosine Leverrier, vice-présidente des comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité. Une angoisse qui vient s’ajouter à toutes celles que nourrissent ceux qui estiment vivre aujourd’hui « en périphérie ».

Un paradoxe d’autant plus étonnant que les autorités sanitaires arguent de la sécurité des femmes pour justifier les fermetures de maternités où les médecins spécialistes font défaut. Une politique qui a récemment reçu le soutien affiché d’un vaste aréopage représentant les anesthésistes-réanimateurs, les gynécologues médicaux et les gynécologues-obstétriciens, les pédiatres et des médecins généralistes 1.

« L’évolution est urgente et inéluctable du fait de la démographie médicale, expliquent-ils. Elle est nécessaire pour la sécurité des patientes. Nous comprenons les craintes des patientes mais rester crispé au milieu du gué est particulièrement dangereux. Refusons la démagogie et construisons l’avenir avec les patients, les soignants et les élus responsables. »

Comment décrisper ceux qui au Blanc (Indre) et ailleurs, à la fois en périphérie et au milieu du gué, voient monter les eaux, tremblent et n’osent plus avancer ?

A demain

@jynau

1 Laurent Heyer, président du CNP-AR (Conseil National Professionnel d’Anesthésie-Réanimation) ; Benoît Plaud, président du CNEAR (Collège National des Enseignants d’Anesthésie-Réanimation) ; Xavier Capdevila, président de la SFAR (Société Française d’Anesthésie et de Réanimation) ; Christian-Michel ARNAUD, président du SNARF (Syndicat National des Anesthésistes-Réanimateurs de France) ; Denis Cazaban, président du SMARNU (Syndicat des Médecins Anesthésistes-Réanimateurs Non Universitaires) ; Anne Wernet, présidente du SNPHAR-e (Syndicat National des Praticiens Hospitaliers Anesthésistes-Réanimateurs) ; Élie SALIBA, président de la SFN (Société Française de Néonatologie) ; Olivier Claris, Chef de service de néonatologie et de réanimation néonatale au CHU de Lyon ; Blandine Mulin, présidente de la FFRSP (Fédération Française des Réseaux de Santé Périnatale) ; Thierry Debillon, président de la SFMP (Société Française de Médecine Périnatale) ; Jean-Christophe Rozé, professeur de Pédiatrie à l’Université de Nantes ; Israël Nisand, président du CNGOF (Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français) ; Michèle Scheffler, présidente du CNPGO (Conseil National Professionnel de Gynécologie et Obstétrique) ; Vincent Zerr, président de la FECEGOCH (Fédération des Cercles d’étude des Gynécologues Obstétriciens des Centres Hospitaliers) ; Bertrand de Rochambeau, président du SYNGOF (Syndicat National des Gynécologues Obstétriciens de France) ; Pascale Le Pors, vice-présidente du SYNGOF, pôle Praticiens  Hospitaliers ; Jacques Trévidic, président de la CPH (Confédération des Praticiens des Hôpitaux) et de APH (Action Praticiens Hôpital) ; Renaud Péquignot, président Avenir Hospitalier ; Emmanuel Loeb, président de Jeunes Médecins ; Jeremy Do Cao, président de l’AJP (Association des Juniors en Pédiatrie) ; Gabriel Saiydoun, président du CNJC (Conseil national des Jeunes Chirurgiens) ; Franck Verdonk, président du SNJAR (Syndicat des Jeunes Anesthésistes-Réanimateur) ; François BRAUN, président de Samu-Urgences de France