E-cigarette au pilori : où sont les coupables de l’augmentation des risques tabagiques ?

Bonjour

Les sondages peuvent parfois nous rapprocher d’une vérité encore difficile à chiffrer. Ainsi celui réalisé par BVA pour l’association SOVAPE et présenté au « Sommet de la vape » organisé le 14 octobre à Paris. Thème : « Vapoter versus Fumer » – assorti d’une question sur la nicotine. Un travail mené alors même que l’on découvrait l’existence, aux Etats-Unis, de la « maladie sans nom » que l’on sait désormais associée à l’usage de produits frelatés et illicites en provenance du marché noir (huiles pour THC).

Contexte : selon le baromètre annuel publié par Santé publique France, un Français sur deux (51%) considérait le vapotage autant, voire plus nocif que la cigarette, un sentiment qui a augmenté de 10% entre 2014 et 2017. Cette évolution de la perception des risques va à l’inverse de nombre d’études médicales et scientifiques plutôt rassurantes.

D’après le sondage réalisé en septembre 2019 par BVA : seuls 7% des français savent que vapoter est beaucoup moins risqué que fumer ; ils ne sont que 25% à penser que c’est peu ou beaucoup moins risqué ; 59% pensent que vapoter est autant voire plus risqué que fumer ; 15% avouent ne pas savoir. Globalement 75% des Français se trompent sur les risques du vapotage comparé à ceux du tabagisme.

Mutisme des responsables politiques de la santé publique

Ce n’est pas tout : 80% pensent que la nicotine est cancérigène. « Il est pourtant établi scientifiquement et de longue date que ce n’est pas le cas, souligne SOVAPE. C’est un message que délivre régulièrement l’INCa afin d’inciter les fumeurs à se servir de la nicotine pour sortir du tabagisme (sic). La diabolisation de la nicotine, à tort, renforce le climat anxiogène sur le vapotage.

« Les administrateurs de la FIVAPE indiquent qu’en sept ans d’observation, jamais une séquence médiatique n’a provoqué un impact aussi important et généralisé. Même les vapoteurs plus anciens se montrent inquiets et posent de nombreuses questions. Ils rapportent aussi une défiance très forte de leur entourage vis-à-vis de leur pratique du vapotage et de leur consommation de nicotine. »

Constat identique chez les animateurs de groupes auto-support tels que VAPE INFO SERVICE ou JE NE FUME PLUS : les aides à l’arrêt sont remises en cause et les candidats à la « défume » semblent repousser leur projet. Les tentatives « d’arrêt franc » pourraient redevenir la norme, malgré le taux d’échec et malgré les efforts récents des pouvoirs publics pour inciter les fumeurs à se faire aider (Mois Sans Tabac).

Conclusion : peu avant le démarrage de l’opération annuelle « Mois Sans Tabac », la défiance vis-à-vis du vapotage et de la nicotine pourrait avoir de lourdes conséquences sur la dynamique positive engagée depuis plusieurs années en France. Question : qui est coupable de cette augmentation des risques tabagiques ? Pourquoi, toujours, ce mutisme des responsables politiques actuels de la santé publique ?

A demain @jynau

Cigarette électronique et réduction des risques : où est passé le Directeur général de la Santé ?

Bonjour

Aujourd’hui troisième édition du Sommet de la Vape. Et un entretien à encadrer. On le trouvera dans Libération (Eric Favereau). Un entretien sur un dossier majeur de santé publique accordé non pas par l’actuel Directeur général de la Santé (le Dr Jérôme Salomon, muet sur le sujet) mais par son prédécesseur (le Pr Benoît Vallet, qui occupa le poste de 2013 à 2018. On se souvient que ce dernier avait, en dépit de l’aveuglement coupable de Marisol Touraine, osé prendre quelques risques personnels, noué des contacts avec les chevau-légers de la vape et entrouvert les portes à la Révolution des Volutes.

On retrouve donc aujourd’hui le Pr Vallet, magistrat à la Cour des comptes, dans les colonnes du quotidien fondé par Jean-Paul Sartre. Extraits :

« Le vapotage est aujourd’hui la meilleure façon de sortir du tabagisme. C’est une méthode fortement utilisée car elle repose sur une dynamique comportementale proche du fait de fumer. Et les dernières études de l’agence Santé publique France font état de chiffres pointant une forte baisse de la consommation du tabac. Il y a plusieurs raisons. Le faible coût du vapotage a indéniablement créé un engouement pour cette solution face au tabac. Remarquons néanmoins que les substituts (patchs, pastilles…), eux, sont pris en charge par l’assurance maladie. Et les chiffres parlent d’eux-mêmes : on a dénombré une baisse de plus de 100 000 fumeurs grâce au vapotage. Ce n’est pas rien.

« L’autre élément intéressant est l’étude publiée dans The New England Journal of Medicine en 2019, qui montre que le vapotage est plus efficace dans l’arrêt du tabac que les produits nicotiniques. Dans deux groupes de près de 800 personnes, on arrive, au bout d’un an, à des taux d’abstinence de plus du double avec la cigarette électronique. Certains pointent qu’une part des vapoteurs continuent de vapoter après l’arrêt du tabac. Certes, mais quel est l’objectif ? La priorité est bien l’arrêt du tabac. »

Le vapotage,  une entrée dans le tabac pour les jeunes ?

« Récemment, des chiffres publiés par le Pr David Levy, spécialiste de l’évaluation modélisée des consommations de tabac et de vape à l’université de Georgetown, montrent que s’il y a plus de jeunes intéressés par le vapotage, le nombre de jeunes fumeurs a, lui, diminué. Ces études ne montrent pas que le vapotage facilite l’entrée dans le tabagisme. »

L’industrie du vapotage et son éventuel lobbying ?

« Le commerce du vapotage est devenu important, il a beaucoup augmenté, et il est sain de garder une certaine prudence vis-à-vis de ce nouveau lobby industriel. Le vapotage pèse en effet plus de 25 milliards de dollars dans le monde, et dans quelques années, il pèsera plus d’un milliard en France, qui se situe au troisième rang derrière les Etats-Unis et les Britanniques. Autre élément : le nouveau dispositif de vapotage – Juul – a été racheté récemment par le groupe de Marlboro. Donc il y a des liens, on doit être vigilant.

« Pour autant, on a des certitudes, les données sont là. En matière de santé publique, il vaut mieux favoriser le vapotage que le tabac. L’objectif principal étant bien la suppression du tabagisme. Pour ceux qui souhaitent arrêter de fumer, vapoter est la meilleure solution. Et enfin, via le vapotage, comme on le voit avec le Sommet de la vape, nous avons des militants antitabac. C’est nouveau, c’est essentiel. Et cela donne une visibilité inédite au regard de la santé publique. »

14 octobre 2019. Le Directeur général de la Santé ne sera pas à la troisième édition du Sommet de la vape. Nul ne sait pourquoi.

A demain @jynau

E-Cigarette: comment instiller, dans les médias, qu’elle est plus dangereuse que le tabac

Bonjour

30 mai 2019. Jour de l’Ascension. France et médias au ralenti. Tout est permis. On trouve ceci sur le site du Point : « Cigarettes électroniques : plus dangereuses que le tabac classique ? Une étude scientifique, relayée par SciencePost.fr, met en lumière l’augmentation des risques cardiovasculaires chez les vapoteurs ». Cela donne cela :

 « (…) Sur les terrasses des cafés, les cigarettes électroniques sont devenues de plus en plus communes et les fameuses pauses clope s’enveloppent désormais d’un épais nuage blanc. La France compterait en 2018 quelque trois millions de vapoteurs, ce qui représente un marché évalué à plus de un milliard d’euros par la Fédération interprofessionnelle de la vape (Fivape). Un remède miracle au tabagisme ? Rien n’est moins sûr. Une étude récente relayée par SciencePost.fr pointe la dangerosité de la cigarette électronique. En cause, les arômes justement, qui endommageraient nos cellules et augmenteraient les risques de maladies cardiovasculaires (…)

Science-Post.fr ? Brice Louvet, rédacteur scientifique :

« Les cigarettes électroniques sont souvent considérées comme “plus saines” que les cigarettes, mais le sont-elles réellement ? Le sujet est encore très nouveau, mais les études se succèdent. De récentes analyses 1 ont, par exemple, révélé il y a quelques semaines que les fumeurs de cigarettes électroniques étaient 29 % plus susceptibles de présenter des accidents vasculaires cérébraux que les fumeurs “classiques”. Ils étaient également 25 % plus sujets aux crises cardiaques et 18 % plus sensibles aux maladies coronariennes. Une nouvelle étude s’attaque aujourd’hui aux arômes de ces e-cigarettes. Et encore une fois, les résultats ne sont pas très bons. Les détails de ces travaux sont publiés dans le Journal de l’American College of Cardiology.

« Pour cette étude, une équipe de l’Université de Stanford (États-Unis) s’est penchée sur l’influence des e-liquides sur les cellules endothéliales humaines. Ce sont ces cellules qui tapissent l’intérieur de nos vaisseaux sanguins. Elles jouent donc un rôle très important dans le maintien d’une bonne santé cardiovasculaire. Pour cette recherche, six arômes ont été testés, avec différents niveaux de nicotine. Les résultats ont alors révélé que tous les arômes étaient potentiellement nocifs, qu’il y ait de la nicotine ou non. Et c’est celui à la cannelle qui semblait le plus toxique.

« Jusqu’à présent, nous n’avions aucune donnée de la manière dont ces e-liquides affectent les cellules endothéliales humaines, explique Joesph Wu, principal auteur de l’étude. Lorsque nous avons exposé les cellules à six arômes différents d’e-liquide avec différents niveaux de nicotine, nous avons constaté des dommages importants. Les cellules étaient moins viables en culture et ont commencé à présenter de multiples symptômes de dysfonctionnement ».

Notons que ces tests ont été menés sur des cellules élevées en laboratoire Malgré tout, les chercheurs relèvent que les changements observés au niveau cellulaire durant l’étude ressemblent à ceux observés chez l’Homme développant des problèmes cardiovasculaires. Des recherches supplémentaires sont donc nécessaires, certes, mais nous pouvons raisonnablement penser que les arômes d’e-cigarettes sont potentiellement nocif pour le corps humain. »

Et Science-Post.fr de citer le Comité de lutte contre le tabagisme de la Société européenne de pneumologie qui, il y a peu,  publiait une déclaration notant que les cigarettes électroniques ne devraient pas être largement recommandées dans les stratégies de sevrage tabagique. Les experts soulignent en effet le manque de preuves attestant ces affirmations.

« Bien que l’exposition à des ingrédients potentiellement nocifs provenant de cigarettes électroniques puisse être inférieure à celle des cigarettes, cela ne signifie pas pour autant qu’elles sont inoffensives, a notamment déclaré Tobias Welte, président de la European Respiratory Society. Jusqu’à ce que nous en sachions plus sur les effets à long terme de leur utilisation sur la santé humaine, il est irresponsable de recommander leur utilisation dans les stratégies de lutte antitabac à l’échelle de la population ».

Où se situent, ici, les principaux irresponsables ? Jour de l’Ascension, 30 mai 2019

A demain

@jynau

1 « Cigarette électronique : AVC, coronaires bouchées, dépression, anxiété et … malhonnêteté » Journalisme et santé publique du 27 mars 2019

Cigarette électronique : dix ans après, l’Inserm n’est pas loin de découvrir qu’elle existe

Bonjour

« Inserm » : Institut national de la santé et de la recherche médicale. Absent du tabac, première cause de mort prématurée. Ne craint pas de s’auto-féliciter.

C’est, nous dit-il aujourd’hui,  un « record inégalé ». Comprendre qu’il a atteint l’objectif qu’il s’était lui-même fixé : « 200 000, c’est le nombre de personnes vivant en France qui ont rejoint la cohorte Constances depuis 2012. » « Un record inégalé qui fait de Constances le plus important projet de recherche d’épidémiologie et de santé publique en France, qui n’a que peu d’équivalents au niveau international. »

« Constances » ? Une entreprise qui réunit l’Inserm, la Caisse nationale d’assurance maladie, la Caisse nationale d’assurance vieillesse les universités de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines et de Paris Descartes. Sans oublier des entreprises pharmaceutiques et le géant L’Oréal :

« Comme nous vous l’avons annoncé à diverses reprises, nous avons déjà des conventions avec plusieurs entreprises du médicament. Depuis début 2019 un nouveau partenariat, géré de façon transparente par Inserm Transfert (filiale de l’Inserm), a été établi avec L’Oréal Recherche & Innovation dont l’une des missions de ses chercheurs est de mieux comprendre la physiologie de la peau et des cheveux.

Bien entendu les projets soumis par L’Oréal Recherche & Innovation se dérouleront avec les mêmes exigences de qualité scientifique et de transparence que ceux provenant d’équipes d’organismes publics (…) les volontaires auront toujours la possibilité de refuser que leurs données soient utilisées pour un projet bénéficiant de financements privés. »

Objectifs de Constances : « suivre la santé des 200 000 volontaires sur le long terme afin de mieux comprendre les facteurs qui l’influencent comme l’alimentation, l’environnement, les conditions de travail, etc.

Un exemple : « association entre symptômes dépressifs et régimes végétariens » :

« Chez un peu de plus de 90 000 sujets de la cohorte Constances, les chercheurs ont retrouvé cette association pour les régimes pesco-végétariens (excluant la consommation des mammifères et des oiseaux) et lacto-ovo-végétariens (excluant également la consommation des poissons), même en tenant compte de facteurs socio-démographiques ou liés à la santé. Toutefois, cette association n’était pas présente chez les personnes consommant fréquemment des légumineuses (lentilles, pois chiches, soja, etc.) ni chez celles suivant un tel régime « pour leur santé ». Surtout, cette association avec la dépression n’était pas spécifique de l’exclusion des produits animaux mais observée avec n’importe quel groupe alimentaire. Par exemple, un régime pauvre en légumes était associé avec une augmentation de la probabilité de dépression deux fois plus importante qu’un régime pauvre en viande. »

Attention : « Ces résultats ne peuvent affirmer une relation de cause à effet. Tout au plus suggèrent-ils que la dépression est associée à une tendance à restreindre la variété des aliments consommés, quels que soient ces aliments ».

Benzodiazépines : consommation chronique et stress au travail

Les benzodiazépines sont les médicaments les plus prescrits au monde en raison de leurs effets anxiolytiques. Pourtant leurs indications sont limitées et il n’est pas recommandé de les utiliser de façon prolongée à cause du risque de dépendance et de nombreux effets indésirables. Les chercheurs ont étudié les associations entre le stress au travail, mesuré à l’aide d’une échelle validée internationalement, et le risque d’usage chronique de benzodiazépines. A partir d’un échantillon de plus de 30 000 actifs inclus dans la cohorte Constances entre 2012 et 2014, et n’ayant pas d’antécédent récent d’usage chronique de benzodiazépines, les chercheurs ont calculé le risque d’apparition d’usage chronique au cours d’un suivi de deux ans. Et ils ont trouvé que le stress au travail était associé à un risque accru d’usage chronique de benzodiazépines et que ce risque augmentait en fonction de l’intensité du stress au travail. Le risque d’usage chronique de benzodiazépines était au moins multiplié par 2 pour les sujets les plus stressés. »

 Cigarette électronique efficace pour réduire le tabagisme à long terme ?

Pas de publication scientifique ici. Mais on apprend qu’à l’occasion de la 6e journée scientifique « Constances et Gazel » organise le 23 mai à Paris, les chercheurs ont présenté les derniers résultats …. parmi les quatre-vingt projets en cours. Cette étude porte sur 5400 fumeurs et 2025 ex-fumeurs de Constances (2012-2016 ; arrêt du tabac à partir de 2010, année de mise en vente de la cigarette électronique en France).

« Au total, 15% des fumeurs et environ 9% des ex-fumeurs déclaraient vapoter au moment où ils étaient interrogés. Au cours d’une période moyenne de suivi  de deux ans, les fumeurs utilisant la cigarette électronique ont plus réduit leur niveau de tabagisme que les non-utilisateurs (réduction de 4,4 cigarettes/j à. 2,7 cigarettes/j). De plus, 40% se sont arrêté de fumer pendant le suivi, contre 25% des fumeurs qui n’utilisaient pas la cigarette électronique. Cependant, les ex-fumeurs utilisant la cigarette électronique avaient une plus forte probabilité de refumer que les non-vapoteurs (31 vs. 16%). »

Conclusion : « la cigarette électronique permet aux fumeurs de réduire leur niveau de tabagisme ou d’arrêter de fumer, mais cet arrêt ne semble pas toujours durable, il est donc nécessaire de surveiller de près les personnes qui vapotent et conseiller l’arrêt complet du tabac pour limiter le risque de rechute. »

Nous sommes dix ans après. Nous en restons bouche bée.

A demain

@jynau

Cigarette électronique contre Champix® : voici nos réponses à quelques méchantes critiques

Bonjour

Nous traitions ici même, il y a quelques heures de l’étude ECSMOKE ; étude lancée en octobre dernier financée par des deniers publics (un million d’euros) ayant pour objectif d’évaluer l’efficacité de la cigarette électronique (avec ou sans nicotine) par rapport à un médicament « aidant au sevrage tabagique » (varénicline, Champix®). Et nous nous interrogions sur les difficultés rencontrée par ses promoteurs pour recruter un minimum de 650 personnes volontaires « fumant au moins dix cigarettes par jour, âgées de 18 à 70 ans et souhaitant arrêter de fumer ». Et ce en dépit de la publicité faite sur le sujet par l’AP-HP.

Deux critiques n’ont guère tardé. Tout d’abord celle, courtoisement formulée sous forme de commentaire, d’Ivan Berlin (Pitié-Salpêtrière, AP-HP) coordinateur de cette étude :

« Cher Jean-Yves Nau,
Comme je vous ai déjà écrit, je veux bien présenter cette étude et ses enjeux à tous ceux qui s’y intéressent. Je refuse toute critique de la part des personnes qui ne connaissent pas ses détails méthodologiques.
Vous écrivez votre blog mais vous ne répondez jamais à ma demande de discussion ouverte.
C’est facile d’être négatif, faire des critiques sans connaitre les détails. Ça fait lire votre blog.
Par ailleurs, notre recrutement est excellent, nous souhaitons finir l’étude le plus tôt possible pour rendre public les résultats le plus tôt possible – d’où la nouvelle campagne de recrutement.
Ivan Berlin »

Ensuite celle postée sur Twitter, de Bertrand Dautzenberg (Pitié-Salpêtrière, AP-HP): « Contrairement à ce qu’affirme JY Naux [sic] sans vérifie [re-sic] les faits, le recrutement de l’étude ecsmoke fonctionne bien (recrutement plus rapide qu’anticipé). JY Nau insinue qu’il y a des conflits d’intérêts, c’est faux, merci à lui de préciser ou de se rétracter. »

Nos réponses

1 Le recrutement. Nous écrivions, en citant nos sources, qu’il manquait encore à cette étude lancée en octobre dernier  plus de 500 personnes sur les 650 nécessaires. Ivan Berlin et Bertrand Dautzenberg affirment l’un que le « recrutement est excellent », l’autre que ce recrutement « fonctionne bien »  et mieux : qu’il est « plus rapide qu’anticipé ». Dont acte.

Questions : Quel était le plan initial de recrutement ? Où en est-il précisément ? Quelles sont les modalités de la « nouvelle campagne de recrutement ? Quand cette étude sera-t-elle terminée ? Quand les résultats seront-ils rendus publics ?

Précisons qu’en octobre nous avions, sur ce blog, donné toutes les précisions pour aider les personnes intéressées à s’informer et, le cas échéant, à participer à cette étude.

2 Le conflit d’intérêt. Nous n’ « affirmons » ni n’ « insinuons ». Nous parlons d’une étude « potentiellement grevée de conflits d’intérêts » ; et ce en renvoyant à deux papiers publiés sur ce blog (l’un le 14 octobre 2018, l’autre le 17 octobre 2018) comportant des éléments permettant de soulever la question au regard de la promotion faire pour le Champix® de la multinationale pharmaceutique Pfizer. Ivan Berlin nous avait alors répondu fort courtoisement :

« Cher M. JY Nau, Je suis très content qu’un journaliste de renom comme vous s’intéresse à l’épidémie tabagique et au sevrage tabagique. Toutefois, il me semble que vous n’étiez pas présent à cette conférence de presse, en tout cas je ne vous ai pas vu. C’aurait été enfin une occasion de se parler et d’aborder plusieurs sujets dont vous écrivez. A votre disposition. »

A quel titre devrions-nous, dès lors, nous « rétracter » ?

3 La méthodologie. Ivan Berlin n’ignore pas qu’ECSMOKE fait l’objet de nombreuses critiques de spécialistes – non du Champix® mais de la réduction des risques et du vapotage.Une partie de ces critiques a été formulées sur ce blog le 31 octobre 2018 (par Sébastien Béziau, Jacques Le Houezec, Patrick Favrel, Jean-Pierre Couteron, William Lowenstein).

Aujourd’hui Ivan Berlin dit « refuser toute critique de la part des personnes qui ne connaissent pas les détails méthodologiques » de cette étude. Tout laisse penser que ces cinq spécialistes sont pleinement au fait de ces détails qui n’ont par aielleurs (et fort heureusement) rien de secret. Pourquoi se refuse-t-il, dès lors, à répondre à leurs critiques ?

4 L’absence de réponse. « Vous écrivez votre blog mais vous ne répondez jamais à ma demande de discussion ouverte » nous écrit Ivan Berlin. Nous prenons bonne note ce cette demande – la première après le commentaire du 17 octobre dans lequel M. Berlin expliquait être à notre disposition. Il sait, depuis, que notre blog lui est ouvert. Comme il l’est à Bertrand Dautzenberg.

5 L’audience de notre blog. « C’est facile d’être négatif, faire des critiques sans connaître les détails. Ça fait lire votre blog ». Le propos nous semble quelque peu excessif. S’il est, de fait, aisé d’être dans la négativité il nous semble connaître assez bien les détails du sujet.

Quant à l’audience de notre blog, elle est effectivement très nettement en pointe dès lors que nous traitons des questions médicales et politiques relatives à la cigarette électronique et à la réduction des risques. Faudrait-il se flageller ? Où se féliciter de voir là un symptôme de l’intérêt général pour ces questions – une donnée qui ne peut que nous inciter à persévérer. En cherchant, merci Sénèque, à éviter les erreurs et sans jamais diaboliser.

Bien cordialement

A demain

@jyanu

80 km/h et e-cigarette : Edouard Philippe va-t-il sauver des vies ou remplir des caisses ?

Bonjour

Les a -t-il lui-même écrites, ces lignes qui disent tant du politique et de la santé publique ? Edouard Philippe, Premier ministre rendait ce lundi 8 avril les premières conclusions du Grand Débat National. Il est revenu à cette occasion sur sa mesur-polémique : « l’abaissement de la limitation de la vitesse sur les routes ». À cette occasion, le chef du gouvernement a publiquement regretté la « défiance » qui a accompagné l’instauration des 80 km/h sur les routes secondaires.

On peut voir et entendre Edouard Philippe ici.

« Parfois la bonne fois ne suffit pas. La bonne foi, c’est celle qui m’a par exemple conduit à instaurer les 80 km/h, parce que je ne pouvais pas accepter l’hécatombe quotidienne qui brise des vies, des familles, des existences … Je voulais sauver des vies, on m’a accusé de vouloir remplir des caisses…

« Je ne me résigne pas à abandonner cette ambition en matière de sécurité routière. C’est une grande politique publique au service de nos concitoyens, elle est indispensable

« Mais je dois apprendre à composer avec l’incompréhension ou le rejet de certains de nos concitoyens. Renouer avec une forme de confiance c’est le grand défi de notre génération politique. »

Où l’on redoute de comprendre : que signifie « ne pas se résigner à abandonner » mais aussi, en même temps,  « apprendre à composer » ? C’est poser, simplement l’équation générale de la politique de réduction des risques. Elle vaut tout particulièrement pour les 80 000 morts prématurées annuelles du tabagisme . Oublions Agnès Buzyn. Quand Edouard Philippe s’emparera-t-il, enfin, de la promotion de la cigarette électronique ?

A demain

@jynau

 

Tabagisme : combien de temps encore le buraliste sera-t-il «fier de sa carotte rouge» ?

Bonjour

Dernières nouvelles du front tabagique : les prix montent, les ventes officielles diminuent légèrement tandis que la contrebande augmente. Un grand classique du commerce des produits addictifs qui ne sont pas illicites. Dans ce contexte les chiffres du « nombre de fumeurs » avancés par les autorités sanitaires n’ont guère de signification – sinon celle d’afficher l’efficacité de la politique mise en œuvre visant à « un paquet à 10 euros en 2020 ».

 Reste une certitude : les conséquences de la baisse des ventes officielles sur les 24 500 débits de tabac de l’Hexagone.   Peut-on d’ores et déjà comparer l’avenir des buralistes à celui des sidérurgistes ? Les prix augmentent et les médias interrogent Philippe Coy, dynamique président de la Confédération des buralistes. Lemondedu tabac.com a repris ses dernières déclarations sur France Info. Propos édifiants quant à l’écartèlement de ces débitants :

France Info  : L’objectif annoncé est le paquet de cigarettes à 10 euros en 2020. Cela vous inquiète ?

Philippe Coy : Cela fait du tort au réseau (des buralistes) : les volumes (des ventes de paquets de cigarettes( se retrouvent impactés, la fréquentation de nos magasins aussi. On peut être totalement favorable au plan de santé mis en place par le gouvernement, mais aujourd’hui, un paquet à un prix aussi élevé reste pour nous un souci puisque nous avons le prix le plus élevé de l’Europe occidentale. L’année dernière, le volume a été impacté de 9,3 % : c’est toujours des fréquentations de clients en moins et si on peut comprendre cette politique, il est important pour nous que le dispositif européen soit plus performant, puisque la santé de tous les Européens doit compter et l’Europe n’est pas protectionniste dans ce domaine-là.

Accompagner la santé publique grâce à la cigarette électronique

F. I. : Vous comprenez cet objectif de santé publique ?

P.C.: Personne n’est contre la santé publique. La hausse de la fiscalité ne doit pas être le seul outil pour lutter contre le tabagisme: il devrait y avoir plus d’éducation, plus de prévention. Aujourd’hui, il y a 24 500 entrepreneurs qui peuvent être inquiets. Nous avons lancé un grand plan de transformation, nous accompagnons la santé publique à travers le dispositif de vapotage, mais le prix ne doit pas être le seul argument.

F.I.  : Vous faites une croix sur le tabac ?

P.C. : Non, je suis très fier de ma carotte rouge 1 devant mon établissement. Je m’adapte aussi aux usages des consommateurs parce que quand on fait du commerce, c’est bien pour répondre aux besoins des consommateurs.

Il est évident que notre métier principal, notre ADN, est autour de la vente du tabac, des produits de vapotage, des produits de services. Je suis commerçant et quand un réseau accueille chaque jour 10 millions de Français, il est nécessaire de s’adapter aux comportements de nos clients. Pour demain, il faut que nous proposions plus de services, plus de proximité, plus d’offres pour que le Français puisse nous fréquenter toujours aussi régulièrement.

 A demain

@jynau

1 La « carotte », c’est d’abord le nom donné à cette enseigne rouge que l’on trouve à l’entrée de tous les bureaux de tabac. C’est une obligation légale : tous les buralistes sont obligés d’arborer cette signalétique depuis 1906 , pour indiquer qu’ils vendent du tabac. Elle a d’ailleurs beaucoup évolué : elle n’était pas nécessairement rouge à l’origine, parfois marron. « Aujourd’hui, elle doit être obligatoirement lumineuse » affirme France Bleu. Pourquoi ?

L’une des explications souvent entendues au sujet de l’origine de ce symbole est que la carotte permet une meilleure conservation du tabac. Mettre un morceau de carotte dans un pot à tabac permet de le maintenir frais, c’est vrai… Mais ce n’est pas la véritable explication. Mais alors, d’où vient la forme et le nom de cette enseigne ? C’est une évocation de la vente du tabac telle qu’elle se faisait au XVIe siècle : à l’époque, le tabac était vendu en feuilles, que l’on mâchait ou que l’on fumait .

Or ces feuilles n’étaient pas rassemblées en paquets, mais en petits rouleaux ficelés… ressemblant à des carottes ! De plus, pour consommer ces rouleaux de tabac, le fumeur (ou le mâcheur) devait le râper, comme une carotte ! Depuis, l’usage du tabac, désormais tassé dans des cigares ou des cigarettes, a changé, mais le symbole de la carotte est resté.  Pour France Bleu, cette carotte « enseigne culte » fait partie du patrimoine français.