Vapotage : Olivier Véran a bien autorisé la vente des e-cigarettes dans les magasins spécialisés

Bonjour

18/03/2020. L’annonce, disons-nous, ne devait pas tarder. C’est fait : « Arrêté du 17 mars 2020 complétant l’arrêté du 14 mars 2020 portant diverses mesures relatives à la lutte contre la propagation du virus covid-19 ».

Olivier Véran, ministre de la Santé vient d’autoriser la poursuite de commercialisation des cigarettes électroniques et du matériel de vapotage dans les boutiques spécialisées. Une mesure salutaire car s’inscrivant pleinement dans une politique des réduction des risques – étant donné que les buralistes étaient autorisés, durant l’actuelle période de confinement contre un virus pathogène à fort tropisme pulmonaire, à poursuivre la commercialisation de tous les produits du tabac.

A demain @jynau

Olivier Véran devrait autoriser la réouverture des boutiques de cigarettes électroniques

Bonjour

17/03/2020. Dans le contexte de guerre sanitaire et de confinement c’est, aussi, une mesure de santé publique et de réduction des risques. Les arrêtés pris par le gouvernement concernant l’ouverture des commerces de détail autorisent la vente des produits du tabac chez les buralistes. Mais rien n’était dit quant aux commerces concernant les cigarettes électroniques et les produits de vapotage – une activité qui concerne plusieurs centaines de milliers de personnes et qui leur permet de ne pas consommer du tabac.

Chacun, ces derniers jours, a pu constater  que les boutiques de vape ne pouvaient plus recevoir de public, même si elles pouvaient, éventuellement prendre des commandes et livrer des clients. En d’autres termes elles étaient fermées – contrairement aux bureaux de tabac et à  nombreux autres commerces de détail : vendeurs de téléphones, vélos, blanchisseries…

Une décision ministérielle salutaire

Comment comprendre une telle situation, préjudiciable à la santé publique, alors même qu’Olivier Véran avait, peu avant d’être nommé ministre de la Santé, publiquement et courageusement a soutenu la pratique du vapotage au nom de la réduction des risques ? Comment comprendre que son ministère laisse se fermer toutes les boutiques spécialisées et laisser les consommateurs dans des situations critiques puisqu’actuellement 8% du marché de la vape se trouve chez les buralistes et 15% sur les sites de vente en ligne (qui risquent de souffrir rapidement des problèmes de livraison à domicile). Comment, en d’autres termes laisser plus de 75% des vapoteurs, habitués à aller vers les « boutiques physiques », rencontrer des difficultés croissante pour s’approvisionner.

Un exemple peut être suivi par le gouvernement français : en Italie, l’exécutif qui avait également décidé de telles fermetures, vient de les ré-autoriser suite à l’intervention de professionnels de santé. On nous indique aujourd’hui, de bonne source, que le ministre français de la Santé prendra, sous peu, la même mesure – et ce afin d’aider à les vapoteurs à ne pas céder à la tentation de reprise du tabagisme. On ne pourra, ici, que saluer la décision du ministre de la Santé.

A demain @jynau

Contre le fléau du tabagisme Olivier Véran se rangera-t-il du côté des militants intégristes?

Bonjour

La vie serait sans doute plus simple en noir et blanc, les gentils contre les méchants. Pour l’heure c’est fait : aujourd’hui 1er mars le paquet de Marlboro Red® (marque de cigarettes toujours la plus vendue en France) atteint les dix euros (augmentation de 70 centimes). Publié au Journal officiel mardi 11 février, un arrêté ministériel daté du 31 janvier avai fixé les nouveaux prix. Les Winston® passent à 9,60 euros. Chez Japan Tobacco International, le prix des Camel® sans filtre passe à 9,80 euros contre 9,10 euros.

Sans surprise l’Alliance contre le tabac « se réjouit de la poursuite de l’augmentation de la taxation du tabac ». Selon elle cette augmentation « démontre depuis trois ans qu’elle est un outil très efficace de santé publique pour réduire les ventes et la consommation de ces produits » – et ce  « aussi bien chez les plus précaires que pour le reste de la population » (sic). Et d’ajouter : « ces hausses successives des prix depuis 2017 constituent une réelle victoire pour poursuivre une baisse continue de la prévalence tabagique en France, celle-ci ayant déjà diminué de 2,5 points entre 2016 et 2018 passant de 29,4% en 2016 à 26,9% en 2017, soit un million de fumeurs quotidiens de moins en un an. » Des chiffres et des liens de causalité qui, on le sait, restent à démontrer.

Politique l’Alliance contre le tabac souhaite que le Dr. Olivier Véran, nouveau ministre de la Santé s’engage, dans la continuité des mesures prises ces dernières années : « poursuivre l’augmentation des prix du tabac au-delà de novembre 2020 à raison d’1€ par an pour parvenir en 2025 au prix symbolique de 15€ par paquet de 20 cigarettes. »

Comptable, l’Alliance contre le tabac tient par ailleurs à rappeler que les droits d’accise du tabac, générant des recettes de l’ordre de 13 à 15 milliards d’euros, sont versés en totalité à l’Assurance maladie. Une Assurance maladie qui,  elle, « supporte chaque année un coût exorbitant de plus de 29 milliards d’euros au titre de la prise en charge des effets délétères du tabac sur la santé des français ; une bien mauvaise affaire pour l’Etat ! ».

Entre l’idéal rêvé et le possible souhaitable

Un monde en noir et blanc : l’Alliance entend « contrer les manœuvres d’une industrie du tabac agissant en dehors de toute éthique au prix de la vie d’un fumeur sur deux et qui contourne les interdictions en utilisant notamment les nouveaux moyens de communications pour attirer de nouveaux jeunes consommateurs ». On pourrait ajouter les ventes aux mineurs par la majorité des buralistes français. Que fait la police ? Que fait le gouvernement ? Que fera Olivier Véran ?

Depuis peu écologique l’Alliance contre le tabac observe que le tabac n’est pas seulement un enjeu de santé publique causant plus de deux cents décès prématurés par jour ; pas seulement un facteur aggravant de déficit public trop rarement désigné – engendrant un coût social annuel estimé à plus de 120 milliards d’euros. Mais que c’est aussi une source majeure de pollution de l’air, des sols et des eaux des rivières et des mers – « les mégots représentant en effet 40% des déchets présents dans la mer Méditerranée ».

Tout cela est très largement vrai. De même que le sont les impasses d’une politique se bornant à une augmentation constante et sans fin des prix du tabac. Une politique conduisant au développement de commerces illégaux et à l’enrichissement de réseaux mafieux – sans oublier  qu’elle pénalise les fumeurs les plus défavorisés sans nullement les aider à sortir de leur esclavage. Au risque d’attiser les colères 1. Ajoutons, corollaire, que les discours anti-tabac radicalisés sont dans le déni constant des vertus de la cigarette électronique en terme de réduction des risques tabagiques.

Où l’on voit se dessiner er une opposition politique, idéologique, philosophique : entre l’idéal rêvé et le possible souhaitable, entre le ciel enfin pur et le plafond des volutes. A ce titre il sera intéressant d’observer, après Marisol Touraine et Agnès Buzyn, quel camp choisira Olivier Véran.

A demain @jynau

1 Jérôme Fourquet, politologue, directeur du département Opinion et Stratégies d’entreprise de l’Ifop : « 80 km/h, hausse du prix du diesel et des cigarettes: le terreau des ‘’gilets jaunes’’» (Le Figaro).

E-cigarette au pilori : où sont les coupables de l’augmentation des risques tabagiques ?

Bonjour

Les sondages peuvent parfois nous rapprocher d’une vérité encore difficile à chiffrer. Ainsi celui réalisé par BVA pour l’association SOVAPE et présenté au « Sommet de la vape » organisé le 14 octobre à Paris. Thème : « Vapoter versus Fumer » – assorti d’une question sur la nicotine. Un travail mené alors même que l’on découvrait l’existence, aux Etats-Unis, de la « maladie sans nom » que l’on sait désormais associée à l’usage de produits frelatés et illicites en provenance du marché noir (huiles pour THC).

Contexte : selon le baromètre annuel publié par Santé publique France, un Français sur deux (51%) considérait le vapotage autant, voire plus nocif que la cigarette, un sentiment qui a augmenté de 10% entre 2014 et 2017. Cette évolution de la perception des risques va à l’inverse de nombre d’études médicales et scientifiques plutôt rassurantes.

D’après le sondage réalisé en septembre 2019 par BVA : seuls 7% des français savent que vapoter est beaucoup moins risqué que fumer ; ils ne sont que 25% à penser que c’est peu ou beaucoup moins risqué ; 59% pensent que vapoter est autant voire plus risqué que fumer ; 15% avouent ne pas savoir. Globalement 75% des Français se trompent sur les risques du vapotage comparé à ceux du tabagisme.

Mutisme des responsables politiques de la santé publique

Ce n’est pas tout : 80% pensent que la nicotine est cancérigène. « Il est pourtant établi scientifiquement et de longue date que ce n’est pas le cas, souligne SOVAPE. C’est un message que délivre régulièrement l’INCa afin d’inciter les fumeurs à se servir de la nicotine pour sortir du tabagisme (sic). La diabolisation de la nicotine, à tort, renforce le climat anxiogène sur le vapotage.

« Les administrateurs de la FIVAPE indiquent qu’en sept ans d’observation, jamais une séquence médiatique n’a provoqué un impact aussi important et généralisé. Même les vapoteurs plus anciens se montrent inquiets et posent de nombreuses questions. Ils rapportent aussi une défiance très forte de leur entourage vis-à-vis de leur pratique du vapotage et de leur consommation de nicotine. »

Constat identique chez les animateurs de groupes auto-support tels que VAPE INFO SERVICE ou JE NE FUME PLUS : les aides à l’arrêt sont remises en cause et les candidats à la « défume » semblent repousser leur projet. Les tentatives « d’arrêt franc » pourraient redevenir la norme, malgré le taux d’échec et malgré les efforts récents des pouvoirs publics pour inciter les fumeurs à se faire aider (Mois Sans Tabac).

Conclusion : peu avant le démarrage de l’opération annuelle « Mois Sans Tabac », la défiance vis-à-vis du vapotage et de la nicotine pourrait avoir de lourdes conséquences sur la dynamique positive engagée depuis plusieurs années en France. Question : qui est coupable de cette augmentation des risques tabagiques ? Pourquoi, toujours, ce mutisme des responsables politiques actuels de la santé publique ?

A demain @jynau

Cigarette électronique et réduction des risques : où est passé le Directeur général de la Santé ?

Bonjour

Aujourd’hui troisième édition du Sommet de la Vape. Et un entretien à encadrer. On le trouvera dans Libération (Eric Favereau). Un entretien sur un dossier majeur de santé publique accordé non pas par l’actuel Directeur général de la Santé (le Dr Jérôme Salomon, muet sur le sujet) mais par son prédécesseur (le Pr Benoît Vallet, qui occupa le poste de 2013 à 2018. On se souvient que ce dernier avait, en dépit de l’aveuglement coupable de Marisol Touraine, osé prendre quelques risques personnels, noué des contacts avec les chevau-légers de la vape et entrouvert les portes à la Révolution des Volutes.

On retrouve donc aujourd’hui le Pr Vallet, magistrat à la Cour des comptes, dans les colonnes du quotidien fondé par Jean-Paul Sartre. Extraits :

« Le vapotage est aujourd’hui la meilleure façon de sortir du tabagisme. C’est une méthode fortement utilisée car elle repose sur une dynamique comportementale proche du fait de fumer. Et les dernières études de l’agence Santé publique France font état de chiffres pointant une forte baisse de la consommation du tabac. Il y a plusieurs raisons. Le faible coût du vapotage a indéniablement créé un engouement pour cette solution face au tabac. Remarquons néanmoins que les substituts (patchs, pastilles…), eux, sont pris en charge par l’assurance maladie. Et les chiffres parlent d’eux-mêmes : on a dénombré une baisse de plus de 100 000 fumeurs grâce au vapotage. Ce n’est pas rien.

« L’autre élément intéressant est l’étude publiée dans The New England Journal of Medicine en 2019, qui montre que le vapotage est plus efficace dans l’arrêt du tabac que les produits nicotiniques. Dans deux groupes de près de 800 personnes, on arrive, au bout d’un an, à des taux d’abstinence de plus du double avec la cigarette électronique. Certains pointent qu’une part des vapoteurs continuent de vapoter après l’arrêt du tabac. Certes, mais quel est l’objectif ? La priorité est bien l’arrêt du tabac. »

Le vapotage,  une entrée dans le tabac pour les jeunes ?

« Récemment, des chiffres publiés par le Pr David Levy, spécialiste de l’évaluation modélisée des consommations de tabac et de vape à l’université de Georgetown, montrent que s’il y a plus de jeunes intéressés par le vapotage, le nombre de jeunes fumeurs a, lui, diminué. Ces études ne montrent pas que le vapotage facilite l’entrée dans le tabagisme. »

L’industrie du vapotage et son éventuel lobbying ?

« Le commerce du vapotage est devenu important, il a beaucoup augmenté, et il est sain de garder une certaine prudence vis-à-vis de ce nouveau lobby industriel. Le vapotage pèse en effet plus de 25 milliards de dollars dans le monde, et dans quelques années, il pèsera plus d’un milliard en France, qui se situe au troisième rang derrière les Etats-Unis et les Britanniques. Autre élément : le nouveau dispositif de vapotage – Juul – a été racheté récemment par le groupe de Marlboro. Donc il y a des liens, on doit être vigilant.

« Pour autant, on a des certitudes, les données sont là. En matière de santé publique, il vaut mieux favoriser le vapotage que le tabac. L’objectif principal étant bien la suppression du tabagisme. Pour ceux qui souhaitent arrêter de fumer, vapoter est la meilleure solution. Et enfin, via le vapotage, comme on le voit avec le Sommet de la vape, nous avons des militants antitabac. C’est nouveau, c’est essentiel. Et cela donne une visibilité inédite au regard de la santé publique. »

14 octobre 2019. Le Directeur général de la Santé ne sera pas à la troisième édition du Sommet de la vape. Nul ne sait pourquoi.

A demain @jynau

E-Cigarette: comment instiller, dans les médias, qu’elle est plus dangereuse que le tabac

Bonjour

30 mai 2019. Jour de l’Ascension. France et médias au ralenti. Tout est permis. On trouve ceci sur le site du Point : « Cigarettes électroniques : plus dangereuses que le tabac classique ? Une étude scientifique, relayée par SciencePost.fr, met en lumière l’augmentation des risques cardiovasculaires chez les vapoteurs ». Cela donne cela :

 « (…) Sur les terrasses des cafés, les cigarettes électroniques sont devenues de plus en plus communes et les fameuses pauses clope s’enveloppent désormais d’un épais nuage blanc. La France compterait en 2018 quelque trois millions de vapoteurs, ce qui représente un marché évalué à plus de un milliard d’euros par la Fédération interprofessionnelle de la vape (Fivape). Un remède miracle au tabagisme ? Rien n’est moins sûr. Une étude récente relayée par SciencePost.fr pointe la dangerosité de la cigarette électronique. En cause, les arômes justement, qui endommageraient nos cellules et augmenteraient les risques de maladies cardiovasculaires (…)

Science-Post.fr ? Brice Louvet, rédacteur scientifique :

« Les cigarettes électroniques sont souvent considérées comme “plus saines” que les cigarettes, mais le sont-elles réellement ? Le sujet est encore très nouveau, mais les études se succèdent. De récentes analyses 1 ont, par exemple, révélé il y a quelques semaines que les fumeurs de cigarettes électroniques étaient 29 % plus susceptibles de présenter des accidents vasculaires cérébraux que les fumeurs “classiques”. Ils étaient également 25 % plus sujets aux crises cardiaques et 18 % plus sensibles aux maladies coronariennes. Une nouvelle étude s’attaque aujourd’hui aux arômes de ces e-cigarettes. Et encore une fois, les résultats ne sont pas très bons. Les détails de ces travaux sont publiés dans le Journal de l’American College of Cardiology.

« Pour cette étude, une équipe de l’Université de Stanford (États-Unis) s’est penchée sur l’influence des e-liquides sur les cellules endothéliales humaines. Ce sont ces cellules qui tapissent l’intérieur de nos vaisseaux sanguins. Elles jouent donc un rôle très important dans le maintien d’une bonne santé cardiovasculaire. Pour cette recherche, six arômes ont été testés, avec différents niveaux de nicotine. Les résultats ont alors révélé que tous les arômes étaient potentiellement nocifs, qu’il y ait de la nicotine ou non. Et c’est celui à la cannelle qui semblait le plus toxique.

« Jusqu’à présent, nous n’avions aucune donnée de la manière dont ces e-liquides affectent les cellules endothéliales humaines, explique Joesph Wu, principal auteur de l’étude. Lorsque nous avons exposé les cellules à six arômes différents d’e-liquide avec différents niveaux de nicotine, nous avons constaté des dommages importants. Les cellules étaient moins viables en culture et ont commencé à présenter de multiples symptômes de dysfonctionnement ».

Notons que ces tests ont été menés sur des cellules élevées en laboratoire Malgré tout, les chercheurs relèvent que les changements observés au niveau cellulaire durant l’étude ressemblent à ceux observés chez l’Homme développant des problèmes cardiovasculaires. Des recherches supplémentaires sont donc nécessaires, certes, mais nous pouvons raisonnablement penser que les arômes d’e-cigarettes sont potentiellement nocif pour le corps humain. »

Et Science-Post.fr de citer le Comité de lutte contre le tabagisme de la Société européenne de pneumologie qui, il y a peu,  publiait une déclaration notant que les cigarettes électroniques ne devraient pas être largement recommandées dans les stratégies de sevrage tabagique. Les experts soulignent en effet le manque de preuves attestant ces affirmations.

« Bien que l’exposition à des ingrédients potentiellement nocifs provenant de cigarettes électroniques puisse être inférieure à celle des cigarettes, cela ne signifie pas pour autant qu’elles sont inoffensives, a notamment déclaré Tobias Welte, président de la European Respiratory Society. Jusqu’à ce que nous en sachions plus sur les effets à long terme de leur utilisation sur la santé humaine, il est irresponsable de recommander leur utilisation dans les stratégies de lutte antitabac à l’échelle de la population ».

Où se situent, ici, les principaux irresponsables ? Jour de l’Ascension, 30 mai 2019

A demain

@jynau

1 « Cigarette électronique : AVC, coronaires bouchées, dépression, anxiété et … malhonnêteté » Journalisme et santé publique du 27 mars 2019

Cigarette électronique : dix ans après, l’Inserm n’est pas loin de découvrir qu’elle existe

Bonjour

« Inserm » : Institut national de la santé et de la recherche médicale. Absent du tabac, première cause de mort prématurée. Ne craint pas de s’auto-féliciter.

C’est, nous dit-il aujourd’hui,  un « record inégalé ». Comprendre qu’il a atteint l’objectif qu’il s’était lui-même fixé : « 200 000, c’est le nombre de personnes vivant en France qui ont rejoint la cohorte Constances depuis 2012. » « Un record inégalé qui fait de Constances le plus important projet de recherche d’épidémiologie et de santé publique en France, qui n’a que peu d’équivalents au niveau international. »

« Constances » ? Une entreprise qui réunit l’Inserm, la Caisse nationale d’assurance maladie, la Caisse nationale d’assurance vieillesse les universités de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines et de Paris Descartes. Sans oublier des entreprises pharmaceutiques et le géant L’Oréal :

« Comme nous vous l’avons annoncé à diverses reprises, nous avons déjà des conventions avec plusieurs entreprises du médicament. Depuis début 2019 un nouveau partenariat, géré de façon transparente par Inserm Transfert (filiale de l’Inserm), a été établi avec L’Oréal Recherche & Innovation dont l’une des missions de ses chercheurs est de mieux comprendre la physiologie de la peau et des cheveux.

Bien entendu les projets soumis par L’Oréal Recherche & Innovation se dérouleront avec les mêmes exigences de qualité scientifique et de transparence que ceux provenant d’équipes d’organismes publics (…) les volontaires auront toujours la possibilité de refuser que leurs données soient utilisées pour un projet bénéficiant de financements privés. »

Objectifs de Constances : « suivre la santé des 200 000 volontaires sur le long terme afin de mieux comprendre les facteurs qui l’influencent comme l’alimentation, l’environnement, les conditions de travail, etc.

Un exemple : « association entre symptômes dépressifs et régimes végétariens » :

« Chez un peu de plus de 90 000 sujets de la cohorte Constances, les chercheurs ont retrouvé cette association pour les régimes pesco-végétariens (excluant la consommation des mammifères et des oiseaux) et lacto-ovo-végétariens (excluant également la consommation des poissons), même en tenant compte de facteurs socio-démographiques ou liés à la santé. Toutefois, cette association n’était pas présente chez les personnes consommant fréquemment des légumineuses (lentilles, pois chiches, soja, etc.) ni chez celles suivant un tel régime « pour leur santé ». Surtout, cette association avec la dépression n’était pas spécifique de l’exclusion des produits animaux mais observée avec n’importe quel groupe alimentaire. Par exemple, un régime pauvre en légumes était associé avec une augmentation de la probabilité de dépression deux fois plus importante qu’un régime pauvre en viande. »

Attention : « Ces résultats ne peuvent affirmer une relation de cause à effet. Tout au plus suggèrent-ils que la dépression est associée à une tendance à restreindre la variété des aliments consommés, quels que soient ces aliments ».

Benzodiazépines : consommation chronique et stress au travail

Les benzodiazépines sont les médicaments les plus prescrits au monde en raison de leurs effets anxiolytiques. Pourtant leurs indications sont limitées et il n’est pas recommandé de les utiliser de façon prolongée à cause du risque de dépendance et de nombreux effets indésirables. Les chercheurs ont étudié les associations entre le stress au travail, mesuré à l’aide d’une échelle validée internationalement, et le risque d’usage chronique de benzodiazépines. A partir d’un échantillon de plus de 30 000 actifs inclus dans la cohorte Constances entre 2012 et 2014, et n’ayant pas d’antécédent récent d’usage chronique de benzodiazépines, les chercheurs ont calculé le risque d’apparition d’usage chronique au cours d’un suivi de deux ans. Et ils ont trouvé que le stress au travail était associé à un risque accru d’usage chronique de benzodiazépines et que ce risque augmentait en fonction de l’intensité du stress au travail. Le risque d’usage chronique de benzodiazépines était au moins multiplié par 2 pour les sujets les plus stressés. »

 Cigarette électronique efficace pour réduire le tabagisme à long terme ?

Pas de publication scientifique ici. Mais on apprend qu’à l’occasion de la 6e journée scientifique « Constances et Gazel » organise le 23 mai à Paris, les chercheurs ont présenté les derniers résultats …. parmi les quatre-vingt projets en cours. Cette étude porte sur 5400 fumeurs et 2025 ex-fumeurs de Constances (2012-2016 ; arrêt du tabac à partir de 2010, année de mise en vente de la cigarette électronique en France).

« Au total, 15% des fumeurs et environ 9% des ex-fumeurs déclaraient vapoter au moment où ils étaient interrogés. Au cours d’une période moyenne de suivi  de deux ans, les fumeurs utilisant la cigarette électronique ont plus réduit leur niveau de tabagisme que les non-utilisateurs (réduction de 4,4 cigarettes/j à. 2,7 cigarettes/j). De plus, 40% se sont arrêté de fumer pendant le suivi, contre 25% des fumeurs qui n’utilisaient pas la cigarette électronique. Cependant, les ex-fumeurs utilisant la cigarette électronique avaient une plus forte probabilité de refumer que les non-vapoteurs (31 vs. 16%). »

Conclusion : « la cigarette électronique permet aux fumeurs de réduire leur niveau de tabagisme ou d’arrêter de fumer, mais cet arrêt ne semble pas toujours durable, il est donc nécessaire de surveiller de près les personnes qui vapotent et conseiller l’arrêt complet du tabac pour limiter le risque de rechute. »

Nous sommes dix ans après. Nous en restons bouche bée.

A demain

@jynau