L’exploitation politique de la baisse des quantités de cigarettes livrées aux buralistes

Bonjour

Comme un gentil parfum de « village Potemkine » – construction factice dans laquelle l’imminent « Mois sans tabac » aurait remplacé la visite de l’impératrice Catherine II dans la Crimée de 1787.  Avec, en lieu et place du ministre russe Grigori Potemkine, la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (MILDECA). Extraits du dernier message de cette mission qui ne parvient toujours pas à ficeler le Plan qui justifie et conditionne son existence :

« Au cours du 3ème trimestre 2018, à nombre de jours de livraison constants et par rapport au 3ème trimestre 2017, les quantités de cigarettes livrées aux buralistes sont marquées par un net recul (à l’instar des deux précédents) : – 10 % pour les cigarettes et – 8 % pour le tabac à rouler. Cette diminution des ventes dans le réseau buraliste français s’explique toujours par la hausse de prix intervenue le 1er mars 2018. 

« À l’inverse, suivant là encore la tendance du début d’année, les ventes de traitements pour l’arrêt du tabac progressent de presque 25 % à jours constants, toujours portées par le marché des timbres transdermiques et du Champix® (respectivement + 73 % et + 52 %). Cette évolution résulte très probablement du meilleur remboursement des prescriptions de substituts nicotiniques (forfait de 150 euros par an et passage progressif en 2018 au remboursement à 65 % par la Sécurité sociale). Concernant le forfait, près de 125 000 personnes en ont bénéficié au 2ème trimestre 2018, soit moitié plus qu’à la même période en 2017. Enfin, les appels gérés par les tabacologues de Tabac info service ont augmenté de 17 %.

« En cumul sur les neuf premiers mois de l’année et à jours constants par rapport à la même période en 2017, les ventes de cigarettes et de tabac à rouler ont baissé dans les mêmes proportions (- 10 %) alors que les traitements pour l’arrêt sont en hausse de 22 %. Par ailleurs, les appels à la ligne téléphonique Tabac info service ont augmenté, autant en premier niveau (information : + 7 %) qu’en deuxième niveau (tabacologues : + 11 %). »

Maquillage de la vérité

A la veille de la Révolution française, accompagnant l’impératrice russe, on trouvait le prince Charles-Joseph de Ligne. Ce dernier, dans sa correspondance avec la marquise de Coigny, rapporta ce qu’il en était, en Crimée, du maquillage de la vérité. Aujourd’hui Patrick Favrel, spécialiste référent réputé dans le champ de la « réduction des risques» :

« Le ‘’Mois Sans Tabac’’ est parfaitement marketé et orchestré par le ‘’Tableau de bord Tabac’’ de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT). Les clés du succès sont dues exclusivement à la Politique du Ministère : Augmentation des prix & Remboursements des substituts nicotiniques, associés aux bons & loyaux services de Tabac Info Service.

« Au plan institutionnel il est hors de question d’accepter de quelque façon que ce soit la contribution de la vape à la diminution du tabagisme. C’est une ligne de conduite qui est alignée sur la position qu’avait eu Marisol Touraine de 2012 à 2017. La lutte contre le tabagisme et ses succès ne concernent que le Ministère & ses services : Santé Publique France, Tabac Info Service.

« La vape, quand elle parvient à s’exprimer et à revendiquer sa contribution ne sera jamais qu’un épiphénomène. Et si l’on en voulait encore une preuve, il suffit de se reporter à la subvention magnanime accordée aux associations Aiduce & Sovape. On est ici dans une posture parfaitement macronienne. Une conduite psychorigide qui masque une méconnaissance du sujet.

« Hors du corps médical & pharmaceutique en France, point de salut & le lobby de Big Pharma est omniprésent. Si l’on devait être plus trivial ou mercantile, mieux vaut 150 € remboursés pour les substituts nicotiniques que 150€ dépensés par un fumeur en e-liquide et vaporisateur. Pour l’institution toute comparaison avec le Stoptober britannique est à écarter. Circulez, il n’y a rien à voir, rien à apprendre de cette pragmatique expérience. Quel sera le journaliste & le média qui interpellera Agnès Buzyn sur le sujet ? ».

Voilà qui est fait.

A demain

@jynau

 

Cigarette électronique : l’OMS sera bientôt accusée d’entrave à la réduction des risques

Bonjour

 Pour la première fois, plusieurs associations et dirigeants de l’industrie du vapotage 1, issus d’Europe, d’Amérique du Nord, d’Asie et d’Australie s’unissent pour faire entendre leur voix et rappeler le rôle du vapotage dans la réduction du nombre de fumeurs. À cette occasion, elles lancent un appel à̀ l’OMS et lui demandent de clarifier sa position sur le vapotage. Voici leur communiqué de presse :

« Le groupe de lutte antitabac de l’OMS se réunira pour la 8ème session de la Conférence des parties (COP8) à Genève (1-6 octobre) dans le but de formuler des recommandations en matière de règlementation des produits du vapotage. Or à ce jour, la position de l’OMS apparaît contradictoire : d’un côté́, elle reconnaît le potentiel du vapotage pour faire reculer le nombre de fumeurs, mais d’un autre côté́ elle a estimé́ en 2016 qu’il était légitime pour les États d’interdire la commercialisation de produits de vapotage dans le cadre de plans de lutte contre le tabagisme.

 « Plusieurs États signataires de la Convention, notamment le Royaume-Uni et la Nouvelle-Zélande, encouragent activement les fumeurs à passer à la cigarette électronique dans une optique de réduction des risques. D’autres, comme l’Australie, les Émirats Arabes Unis ou les Philippines envisagent de lever l’interdiction du vapotage.

Les treize organismes représentatifs du vapotage craignent qu’une position floue voire négative de l’OMS encourage de nouveaux interdits, compromettant ainsi les avancées réalisées dans ces différents pays, au risque de porter préjudice aux efforts conduits en matière de santé publique.

Les treize associations signataires 2 appellent le groupe de lutte antitabac de l’OMS :  à reconnaître le rôle du vapotage dans les politiques de réduction des risques ; à s’abstenir d’encourager les gouvernements à interdire le vapotage ;  à tirer pleinement partie du potentiel du vapotage en matière de santé publique, en séparant clairement dans les discours comme dans la réglementation les produits du tabac et le vapotage. »

Pour l’heure il semble impossible de savoir qui représentera la France à Genève…

Tout cela n’a que trop duré. Si, comme on peut le craindre, rien ne change, l’OMS sera bientôt accusée d’entrave à la réduction des risques tabagiques. Les preuves s’accumulent. Et l’on peut d’ores et déjà commencer à dresser le bilan, catastrophique,  de cette inaction planétaire. Certains s’y emploient.

 A demain

 1 Certaines ont aussi (et surtout) des marchands de tabac (à commencer par France Vapotage) ce qui complique notablement la lecture de cette démarche.

2 ANAFE / Confindustria (Italie) ; Asian Vape Association / AVA (Asie) ; Australian Taxpayers’ Alliance / ATA (Australie) ; Australian Vaping Advocacy, Trade and Research / AVATAR (Australie) ; Canadian Vaping Association (Canada) ; Global Vaping Standards Association / GVSA (États-Unis) ; France Vapotage (France) ; Koora Elektronické Kouřeni / KELK) (République Tchèque) ; Malaysia E-Vaporizers and Tobacco Alternatives / MEVTA (Malaisie) ; Philippine E-Cigarette Industry Association / PECIA (Philippines) ; Udruga Korisnika Osobnih Isparivača / CROHM (Croatie) ; Vape Business Ireland / VBI (Irlande) ; Vaping Trade Association of New Zealand / VTANZ (Nouvelle-Zélande) ; Verband des eZigarettenhandels / VdeH (Allemagne)

Politique :  le paquebot Tobacco  se lance à l’abordage des esquifs français du vapotage

Bonjour

Cinq ans après la Révolution des volutes est-elle en grand danger ? La création de « France Vapotage » pourrait le faire craindre. Il s’agit ici, nous dit le site des buralistes, d’une « fédération professionnelle » créée par « des fabricants de produits du vapotage opérant en France ». Objectif : « défendre leurs intérêts et faire la promotion de la cigarette électronique comme ‘’outil de sortie du tabac’’ ».

 Pour un peu on applaudirait à la naissance de ce lobby. Mais la vérité, comme souvent, est un peu plus compliquée. Surtout quand on découvre que parmi les six membres fondateurs on retrouve  les géants cigarettiers  British American Tobacco, Imperial Brands et Landewyck – accompagnés de deux fabricants de produits pour cigarettes électroniques et d’une boutique spécialisée.

C’est là un symptôme : les crocodiles ont saisi que le vent commençait sérieusement à tourner.  Aujourd’hui, plus de deux millions de Français vapotent – un  chiffre est en constante progression. « Forts de ce constat, des fabricants de produits du vapotage opérant en France ont souhaité́ s’unir pour organiser et structurer leur secteur d’activité » expliquent, ouvertement, France Vapotage. Et de se donner une mission : « instaurer, auprès de l’ensemble des parties prenantes, publiques et privées, françaises et européennes, tout échange constructif propre à̀ servir les intérêts du vapotage ». Voilà qui est clair. Et pour la France ?

« Les objectifs sont de permettre le développement responsable de la filière, de promouvoir le vapotage comme outil de sortie du tabac, d’informer et défendre les consommateurs actuels et futurs. Notre Fédération a vocation à̀ rassembler et organiser la filière en France car nous sommes pleinement conscients des enjeux économiques et sanitaires majeurs portés par notre secteur d’activité́. Avec cette structure, nous voulons créer les conditions optimales du dialogue entre nos membres comme auprès de toutes les autres parties prenantes : entreprises, pouvoirs publics, communauté́ scientifique et consommateurs.»

Un siège unique pour fumer et vapoter

On peut le dire autrement : France Vapotage entend faire entendre ses intérêts auprès des pouvoirs publics français qui ont toujours fermé leur porte aux militants novateurs et financièrement désintéressés de la Révolution des volutes. C’est bel et bien à cette aune qu’il faut décrypter le discours de France Vapotage qui s’attachera à « créer les conditions du dialogue entre la filière et les pouvoirs publics », à « développer une campagne de sensibilisation avec les pouvoirs publics » ou à « simplifier les règles relatives au vapotage dans les espaces à usage collectif ».

Un France Vapotage muet, par définition, sur la lutte contre la consommation de tabac. Depuis leur Celtique les buralistes observent que les boutiques indépendantes de cigarettes électroniques se sont regroupées au sein du Syndicat interprofessionnel des indépendants de la Vape (Si2V). Il faut aussi compter avec la Fivape (Fédération Interprofessionnelle de la Vape) l’Aiduce  (Association Indépendante Des Utilisateurs de Cigarette Électronique) et l’historique et irremplaçable association Sovape.

Courageuse Sovape « qui  a pour but de développer, défendre et promouvoir une culture de réduction des risques et des dommages associés aux usages des produits fumés en général et du tabagisme en particulier ». « France Vapotage (dont le siège se trouve à la même adresse que British American Tobacco France) aura-t-elle de meilleures chances que nous d’obtenir des rendez-vous avec le gouvernement, en particulier avec Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la santé qui reçoit régulièrement les buralistes » interroge, amer, Sebatien Béziau, vice-président de Sovape.

M. Béziau, comme nombre des spécialistes de la réduction des risques (et donc, par définition, indépendants de l’industrie du tabac), dénonce une nouvelle fois la disparition, de fait, du « Groupe de travail vapotage » qu’était parvenu à mettre en place le Pr Benoît Vallet, ancien Directeur général de la Santé – et ce en dépit des allergies de Marisol Touraine vis-à-vis de la cigarette électronique. Agnès Buzyn n’a pas souhaité prolonger la survie de cette une structure originale entre deux mondes étrangers. Et le successeur de Benoît Vallet ne semble nullement intéressé par ce levier – un levier politique qui aiderait à la réduction de la première cause évitable de mortalité prématurée.

Découvrira-t-on, grâce à France Vapotage, les causes véritables de l’étrange désintérêt pour la e-cigarette du pouvoir exécutif français ?

A demain

Vape et cigarette électronique : Agnès Buzyn piégée par le prosélytisme des buralistes

 

Bonjour

Que restera-t-il, demain, de la « Révolution des Volutes » ? Pour l’heure télécrans et novlangue fonctionnent. Ainsi, aujourd’hui, la déclaration de Philippe Coy, président de la Confédération des buralistes : « La baisse conséquente du nombre de fumeurs qui vient d’être annoncée est une bonne nouvelle pour tous. Il faut aller plus loin, à partir des expériences reconnues, pour accompagner les fumeurs qui souhaitent arrêter ou réduire leur consommation vers le vapotage, c’est l’un des engagements forts des buralistes ». Une déclaration du patron des vendeurs de tabac faite à la veille de la Journée mondiale sans tabac 2018.

Ce n’est pas tout. Ainsi :

« La Confédération des buralistes est engagée aux côtés de l’État dans les politiques de santé publique. Elle a encouragé les buralistes à renforcer la qualité de leur gamme de produits de vapotage pour ceux qui souhaitent réduire, voire arrêter, leur consommation de tabac. Le vapotage est une des alternatives les plus efficaces au tabac et la première solution utilisée par des fumeurs ayant tenté d’arrêter de fumer lors du dernier ‘’Mois sans Tabac’’ ».

Où l’on apprend que la profession (de buraliste) se mobilise via son programme «Buraliste de la Vape» pour les aider à accompagner leurs clients vers le vapotage (conseils, coaching, formations) et, d’autre part, en s’associant au « Mois Sans Tabac », en novembre prochain, « conformément au protocole signé avec l’État ».  Ainsi les buralistes travailleraient-ils désormais au futur « Mois de la Vape ». Et ce, « pour sensibiliser leurs clients fumeurs à des alternatives moins nocives » (sic).

Toujours tentés par la victimisation, les mêmes buralistes s’affichent aussi, aujourd’hui, comme des « entrepreneurs responsables ». Ils rappellent avoir conclu, en début d’année, un « protocole d’accord avec l’État pour accompagner la transition de leur métier vers un nouveau modèle économique de commerce de proximité́ ». Où l’on découvre que, grâce aux buralistes, la cigarette électronique entre de plain-pied dans le paysage officiel, politique et économique – là, précisément, où les pionniers de la « Révolution des Volutes » avaient jusqu’ici toujours échoué. Un échec dû, pour l’essentiel, à l’invraisemblable déni de Marisol Touraine ministre en charge des affaires sanitaires (2012-2017) – déni suivi de celui 1, d’Agnès Buzyn (2017-….).

A demain

 1 Agnès Buzyn : « Un dispositif comme la cigarette électronique, qui n’induit pas forcément un arrêt complet du tabac, ne joue pas le rôle que l’on souhaite. Parce que nous souhaitons (…) faire en sorte que les gens ne fument plus du tout (…) ».

Où l’on confirme que la ministre demeure dramatiquement allergique au concept, médical et politique, de « réduction des risques ».

«Baisse historique du tabagisme» : à quand le mea culpa politique sur la cigarette électronique ?

Bonjour

Ainsi donc ce serait une « baisse historique ». Un baisse qui laisse toutefois la France dans le peloton de tête des pays européens consommateurs de tabac. Une baisse affichée par Santé publique France (SpF) et dont se félicite le pouvoir exécutif. Pourquoi ? L’AFP rapporte ici les explications de François Bourdillon, directeur de SpF

« Grâce à un ensemble de mesures : outre la hausse de la taxation, le paquet de cigarettes neutre imposé depuis janvier 2017, et le remboursement des traitements antitabac comme n’importe quel médicament, progressivement mis en place avec la stratégie santé du gouvernement annoncée fin mars. Les bons résultats sont liés à l’ensemble du plan. C’est très difficile de dire quelle est la part du paquet neutre, quelle est la part du mois sans tabac, du remboursement des substituts nicotiniques. »,

Et puis, enfin, cet extrait : « Ce que nous constatons très clairement (…) c’est que la première méthode [de sevrage] utilisée est clairement la cigarette électronique. » Selon  Santé publique France, le vapotage quotidien serait stable : un peu moins de 3% chez les 18-75 ans.

« Produit de luxe » (sic)

Pour autant la cigarette électronique restera dédaignée par l’exécutif. Agnès Buzyn :

« Un dispositif comme la cigarette électronique, qui n’induit pas forcément un arrêt complet du tabac, ne joue pas le rôle que l’on souhaite. Parce que nous souhaitons (…) faire en sorte que les gens ne fument plus du tout (…) J’étais en Australie il y a un mois : là-bas le paquet de tabac est à 27 euros, donc c’est vraiment un produit de luxe. Et ils sont à 13 % de fumeurs ».

La France, aux antipodes de l’Australie, est encore loin de faire du tabac un produit de luxe (sic). Et « baisse historique » ou pas, on attendra avant que les autorités sanitaires fassent leur mea culpa.

Une autre lecture des chiffres et de cette prose est possible. Le site des buralistes publie ainsi  une réaction du porte parole, de fait, de Big Tobacco : Éric Sensi-Minautier, Directeur des affaires publiques, juridiques et de la communication de British American Tobacco Europe de l’Ouest) :

 « Les chiffres avancés par le Gouvernement comportent des incohérences qui interpellent. Il y a deux mois, les chiffres officiels publiés par les Douanes montraient une quasi stabilité des ventes totales de tabac (-2,2 %) et, subitement, on nous parle de 10 %. Surprenant n’est-ce pas ? Par ailleurs, comment un matraquage fiscal engagé en 2018 peut-il faire baisser un nombre de consommateurs … en 2017 ? C’est magique !

 « Ensuite, je note deux grands sujets savamment ignorés dans ce discours :  l’llicite, où vont les 500 000 fumeurs qui ont quitté la cigarette traditionnelle ? Nous le savons, ils s’orientent vers les cigarettes issues de la contrebande ou du commerce transfrontalier ou encore vers des substances illégales. »

  Volutes d’avenir

 « La Ministre s’attribue les lauriers de la victoire : le vapotage, l’alternative la plus efficace qui, pourtant, n’a pas été encouragée par le Gouvernement et qui n’a rien coûté à la Sécurité Sociale, rappelle M. Sensi-Minautier. En effet, il ressort des chiffres évoqués dans le rapport de la Ministre, que la moitié des fumeurs qui ont arrêté de fumer l’ont fait grâce au vapotage. C’est un incroyable succès, une vraie révolution et l’État est totalement passé à côté ! »

Et c’est ainsi que l’on entend, aujourd’hui, Big Tobacco parler comme une ministre en charge de la santé publique : « Aujourd’hui, si nous souhaitons accompagner les fumeurs, donnons-nous les moyens de notre ambition en nous inspirant des méthoqdes éprouvées et pragmatiques engagées au Royaume-Uni  soutenons le vapotage plutôt qu’une nouvelle solution médicamenteuse. Le vapotage c’est l’avenir ! ».

Comment s’y retrouver dans ce déni politique et ces nouveaux appétits capitalistes ? En lisant, sur le site sovape.fr : « Débat : quels effets des réglementations de la vape sur le tabagisme ? (Réglementer la vape a-t-il des effets sur l’arrêt du tabagisme ? Le bon sens l’anticipe, pour autant, les experts addictologues, tabacologues ou usagers, n’appréhendent pas tous de la même manière ses différents impacts, comme en témoignent leurs contributions. Où l’on retrouve Bertrand DAUTZENBERGJean-Félix SAVARYJean-Pierre COUTERONOlivier THÉRAULAZ). Une lecture saine – en attendant que la raison advienne.

A demain

Cigarette électronique : Mme Buzyn laissera-t-elle les buralistes ruiner la réduction des risques ?

Bonjour

Guerre ouverte dans les Civettes. Le buraliste de demain ne sera plus jamais celui du passé. Après un siècle ou presque de monopole tranquille la Confédération des marchands de tabac « met les feux»  pour que les buralistes «renforcent et approfondissent leur offre ‘’produits de vapotage’’ ». « Dans un contexte de transformation du métier, la première étape tend à outiller le réseau pour prendre le marché du vapotage » est-il indiqué dans une communication interne révélée sur lemondedutabac.com.

 C’est ainsi que vient d’être créé le site buralistedelavape.fr  (réservé aux marchands). On y trouve « des conseils, un lexique, des arguments de vente, des tutos, des vidéos et divers outils ». « Plus qu’un site c’est un programme d’accompagnement » dit la publicité. On peut y dialoguer entre buralistes, échanger des conseils concrets et pratiques entre collègues, télécharger des affiches, affichettes, des logos pour les pages Facebook, des vidéos pour les clients. « Montrer à vos clients que vous êtes un buraliste de la vape ».

Trois linéaires : le « classique », le « chauffé » et l’ « électronique »

L’affaire est martelée, en province, par Philippe Coy, président de la Confédération des buralistes lors de ses « visites de terrain » : les professionnels doivent s’adapter aux évolutions et investir, notamment, le marché du vapotage. « Les clients sont là. À nous d’être les meilleurs, à nous de nous donner les moyens de reprendre le marché avec des produits de qualité et du conseil, explique-t-il de Civette en Celtic. Le tabacc’est l’ADN de notre profession. On doit continuer mais élargir l’offre. » Avec cet objectif : « en 2021 les professionnels devront avoir trois linéaires : les produits classiques, la cigarette électronique et le tabac chauffé ».

 C’est là un épineux dossier. Il soulève avant tout la question, politique, de la pérennité de l’entreprise de réduction du risque tabagique – entreprise révolutionnaire initiée et portée par le maillage du monde de la vape contre le ministère de la Santé. Une question médicale aussi à laquelle devront s’atteler les plus affûtés des addictologues. Une interrogation macronienne en diable : peut-on, en un même lieu, vendre monopolistiquement le poison et, en même temps, son antidote ? L’affaire vient, pour l’heure, d’être remarquablement exposée par Sébastien Béziau sur www.vapyou.com : « Quand les buralistes veulent ‘’reprendre’’ le marché de la vape ».

« J’ai longuement hésité avant d’écrire cet article sur la vape et les buralistes et m’exposer aux quolibets, confie l’auteur. L’objectif n’est donc pas de leur « taper » dessus aveuglément, mais de mettre un peu en ordre mes idées et en m’appuyant sur tout ce que je peux lire ici ou là, avis de vapoteurs, pro de la vape, buralistes, et autres ressources. » Extraits :

 « Il y a actuellement ‘’ bataille ‘’ sur la légitimité à vendre de la vape. Les commerçants spécialisés d’un côté. Ils sont là depuis de nombreuses années, ils ont défriché le marché, éduqué les consommateurs, ils ont essuyé les plâtres face aux réglementations. Et finalement, avec 2 à 3000 boutiques qui maillent le territoire, ils ont créé le plus grand réseau français de réduction des risques, toutes substances confondues. Pas moins !

 Lécher les bottes

 « Et tout cela avec des moyens ridicules, sans aucune aide, plutôt que des bâtons dans les roues. Commerçants, fabricants, consommateurs ont construit le marché, des normes sont en place et se développent, la qualité générale des produits, matériels et liquides ne cesse de progresser grâce aux acteurs de la vape. De même sur les « bonnes pratiques » pour faire démarrer des débutants, que ce soit dans boutiques ou dans les réseaux sociaux. Tout cela relève de l’implication, de l’engagement et du travail du ‘’monde de la vape’’. Ils ont fait le job avec abnégation, persévérance et endurance malgré toutes les embûches semées par tous les « adversaires », y compris les anti-tabac, ce qui relève de l’irréel…

 « De l’autre côté, il y a les buralistes. Une corporation qui ronronne depuis des années sur un monopole insensé et une prévalence tabagique dans le pays qui bat des records. Avec 34%, la France est n°2  en Europe. Du délire ! La situation de monopole a créé un rapport de force intolérable avec l’Etat. Même les anti-tabac leur lèchent les bottes. Comment ne pas penser que ce monopole est directement responsable du nombre incroyable de fumeurs en France et des dizaines de milliers de morts prématurées qui s’en suivent ? »

 Que deviendra la Révolution des Volutes ?

A demain

Nous, ministre de la Santé, politiserons l’action contre les principales addictions du pays

 

Bonjour

Souvenons-nous. C’était le 2 mai 2012. Bientôt un quinquennat. Ce jour-là, grâce à François Hollande, une fraction non négligeable de la population française découvrait l’anaphore. Et depuis cinq ans le célébrissime « Moi, président de la République… » n’a pas quitté la scène. On retrouvait, ces derniers temps, cette figure de style dans toutes gazettes. Mille et un citoyens ont ainsi pu, l’espace d’un instant, exprimer leurs souhaits républicains.

On peut aussi décliner l’exercice. Et passer au rang du ministre. C’est ce qu’a fait la rédaction du site Pourquoidocteur qui a proposé à différentes personnalités du « monde de la santé » de livrer leur programme pour le prochain quinquennat. Un exercice à la veille du départ de Marisol Touraine qui aura été, durant un quinquennat entier, l’unique titulaire du portefeuille des Affaires sociales et de la Santé. Pour quel résultat ?

Nous nous sommes attachés, ici et là, à mettre en lumière certaines des limites de son action politique – notamment dans le champ de la politique de réduction des risques. Désavouée par sa majorité sur le front de la publicité alcoolique, inopérante vis-à-vis de la cigarette électronique, absente sur le front du cannabis.

Et demain ? Pourquoidocteur a mis à la question le Dr William Lowenstein, addictologue et président de SOS Addictions. Il y expose et développe la politique qu’il mènerait si les astres devaient le conduire à devenir ministre. On peut raisonnablement imaginer que les grands axes de sa politique seraient approuvés par toutes celles et ceux qui, à des degrés divers, sont confrontés aux innombrables difficultés soulevées par les addictions. les mesures qu’il estime nécessaires. Extraits :

« Moi, ministre de la Santé (…) je ferai évoluer la législation sur le cannabis. La politique de prohibition a totalement échoué. (…)Afin de fortifier des politiques de préventions et de réduction des risques sur ce sujet et « couper l’herbe sous le pied » des réseaux mafieux, je réunirai un « groupe de travail-commando » sous la direction du Premier ministre pour livrer, en six mois, un projet structuré de nouvelle législation adossée à un programme sanitaire correctement budgétisé (par les taxes sur la production et la vente de cannabis) et des mesures sécuritaires pour protéger et informer les mineurs.

Peser sur la réalité

 « Le second objectif est de créer une génération sans tabac. Nous connaissons la « trilogie efficace pour faire baisser un tabagisme parmi les plus importants d’Europe et responsable de 79 000 morts par an. Elle associe paquet neutre (c’est fait), augmentation brutale du prix du paquet de cigarettes et un soutien à la meilleure arme antitabac : le vapotage ou usage de la e-cigarette sur le modèle du Royaume-Uni.

« Enfin, concernant l’alcool, il faut diminuer les abus et dépendances, responsables de 50 000 morts par an. Pour cela il convient de « dénormaliser » la consommation régulière et intensive d’alcool dans notre pays, « retricoter » la loi Evin, détricotée durant ce quinquennat, et surtout, soutenir le repérage précoce. L’accès aux médicaments régulateurs de la consommation d’alcool doit être facilité, par l’engagement des médecins généralistes et pas seulement des addictologues. »

Suivent des mesures de restructuration visant à en finir avec l’éparpillement actuel des actions et institutions (MILDECA, ministères de l’Intérieur, de l’Economie, de la Santé, Direction Générale de la Santé, etc.) qui explique (en partie) l’insuffisance des résultats sanitaires. Le fil conducteur est clair. Il s’agit de faire en sorte que l’action politique puisse peser sur la réalité afin de la modifier au bénéfice de la collectivité. Agir et évaluer. En l’espèce, c’est un assez beau projet.

A demain