Canicule, seize ans après : huit ministres sont sur le pont. On attend Emmanuel Macron

Bonjour

Il y a seize ans un ministre de la Santé affirmait, dans la fraîcheur, que tout était sous contrôle. Plus de dix mille morts prématurées. 25 juillet 2019, ce message gouvernemental adressés en urgence aux médias de France Pour toute accréditation se rapprocher du cabinet des ministres concernés).

 :« ÉPISODE CANICULE Jeudi 25 juillet 2019

La France connaît un nouvel épisode caniculaire de grande intensité avec 20 départements du Nord et de l’Est du pays placés en vigilance rouge par Météo France pour la journée de jeudi. Le Gouvernement se mobilise largement auprès des différents secteurs et acteurs touchés par la canicule, pour porter les messages de prévention à l’attention de tous les publics susceptibles de souffrir des fortes chaleurs.

08h00 Elisabeth BORNE, Ministre de la Transition écologique et solidaire:transports en commun en Île-de-France- Présentation du dispositif canicule à la gare Saint-Lazare (Paris)

09h30 Agnès BUZYN, Ministre des Solidarités et de la Santé et Adrien TAQUET, Secrétaire d’Etat auprès de la Ministre des Solidarités et de la Santé: visite d’un centre de loisirs à Fontainebleau pour rappeler les messages de prévention pour les sorties groupées d’enfants (Seine-et-Marne)

10h15  Brune POIRSON, Secrétaire d’Etat auprès de la Ministre de la Transition écologique et solidaire : sensibilisation aux bons gestes en période de canicule sur le marché de Soual (Tarn)

10h30 Sophie CLUZEL, Secrétaire d’Etat auprès du Premier Ministre, chargée des personnes handicapées : visite du centre de loisirs Joëlle Prudhomme, qui accueille des enfants handicapés de 6 à 10 ans à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine)

11h00  Elisabeth BORNE, Ministre de la Transition écologique et solidaire et Emmanuelle WARGON, Secrétaire d’Etat auprès de la Ministre de la Transition écologique et solidaire : visite du centre de contrôle d’eau de Paris pour un point sur l’impact de la sécheresse et de la canicule sur la gestion quotidienne de l’alimentation en eau (Paris)

12h0 Christophe CASTANER, Ministre de l’Intérieur : visite d’une plateforme d’appels de secours à Corbeil-Essonnes (Essonne)

12h30  Roxana MARACINEANU, Ministre des Sports et Adrien TAQUET, Secrétaire d’Etat auprès de la Ministre des Solidarités et de la Santé: visite de la base de loisirs de Cergy-Pontoise sur la prévention anti-noyade (Val d’Oise)

14h15  Jean-Michel BLANQUER, Ministre de l’Education nationale et de la Jeunesse et Gabriel ATTAL, Secrétaire d’Etat auprès du Ministre de l’Education nationale et de la Jeunesse : visite du centre de secours d’Espalion pour participer à des activités de sensibilisation aux missions des pompiers en période estivale et notamment en période de canicule à destination d’enfants d’une base de loisirs (Aveyron)

14h30  Agnès BUZYN, Ministre des Solidarités et de la Santé et Christophe CASTANER, Ministre de l’Intérieur : visioconférence entre le centre de veille du ministère des Solidarités et de la Santé (présence Agnès BUZYN – Paris), le Centre Opérationnel Départemental de la préfecture de l’Essonne (présence Christophe CASTANER – Essonne) et les préfets de zones concernés par la vigilance rouge pour un point sur la canicule à la mi-journée

15h00  Brune POIRSON, Secrétaire d’Etat auprès de la Ministre de la Transition écologique et solidaire : sensibilisation des vacanciers dans un camping écolabel sur les gestes de prévention en période de canicule (Hérault)

15h30  Emmanuelle WARGON, Secrétaire d’Etat auprès de la Ministre de la Transition écologique et solidaire : échange à Rennes avec des agriculteurs et des élus locaux sur les arrêtés de restriction d’eau en raison de la sècheresse. (Ille-et-Vilaine)

16h45 Christelle DUBOS, Secrétaire d’Etat auprès de la Ministre des Solidarités et de la Santé: visite du centre d’accueil et de soin hospitalier de Nanterre qui accueille notamment des personnes sans-abris (Hauts-de-Seine) »

Débauche gouvernementale d’énergie, convocation des médias. Quelle lecture le Pr Jean-François Mattei fait-il, seize après, de tout ceci ?

A demain @jynau

Canicule et vertébrés : vous y aviez peut-être songé, notre ministre de l’Agriculture l’a fait

Bonjour

L’actualité, entre crustacés et vertébrés. Où l’on prend la mesure de la plasticité de l’exécutif en réaction aux variations annoncées de température. Voici ce que nous n’avions jamais lu durant l’été 2003 : un arrêté publié ce 23 juillet au Journal officiel et qui ordonne de suspendre les transports routiers d’animaux vivants en période de canicule – du moins « aux heures les plus chaudes de la journée ». Et mieux encore, en urgence, le décret n° 2019-754 du 22 juillet 2019 relatif à l’entrée en vigueur immédiate de cet arrêté. Publics concernés : détenteurs, donneurs d’ordre et transporteurs d’animaux vertébrés terrestres vivants. 

« Dans les départements français placés en vigilance orange ou en vigilance rouge par Météo-France en raison d’un risque de canicule, les transports routiers d’animaux vertébrés terrestres vivants réalisés entièrement sur le territoire national (lieux de départ et de destination finale situés en France), dans le cadre d’une activité économique, sont interdits de 13 heures à 18 heures. L’organisation d’un transport donné devra être basée sur la dernière carte météo publiée la veille. »

Bien évidemment, cette suspension ne s’applique pas aux véhicules équipés de dispositifs de régulation de température (climatisation, etc) ainsi qu’aux transports de trois animaux ou moins. Des dérogations sont également prévues en cas de transport rendu nécessaire pour des raisons vétérinaires ou de protection animale.

 Pour les transports de longue durée, de plus de huit heures, Didier Guillaume, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, rappelle que « seuls les transports garantissant des conditions de températures inférieures à 30°C sont autorisés ». Et que les ontrôles du respect de ces dispositions sont renforcés.

 On peut le dire autrement et plus généralement : « tout détenteur d’animal domestique, d’élevage ou de compagnie, doit maintenir ses animaux dans des conditions climatiques supportables, et répondant aux besoins de son espèce ». Il est notamment rappelé aux particuliers « de veiller à préserver leurs animaux de la chaleur et ne pas les laisser dans les véhicules en pleine canicule ».

Et tout non-respect de ces dispositions, souligne le ministre, expose les propriétaires d’animaux (particuliers ou professionnels), à des sanctions pénales.

A demain @jynau

Canicule annoncée et mise en scène médiatique de l’action politique. Seize années de recul

Bonjour

Du journalisme, de la politique et de la santé publique. C’était il y a seize ans précisément. Un journaliste du Monde souhaitait faire un papier sur la réaction des responsables sanitaires face à la montée du mercure -envolée alors pleinement constatée dans les locaux (nullement climatisés) du quotidien vespéral. Appellant (téléphone fixe) la Direction Générale de la Santé le journaliste se vit aussitôt éconduit. La DGS ? Mais elle ne gère pas les questions relative à la chaleur ! « Qui ? Voyez peut-être du côté de l’InVS [Institut national de Veille Sanitaire]. »

Contacté l’InVS conseilla aussitôt au curieux de contacter … la DGS. Puis les Drs Patrick Pelloux et Jean-François Mattei parlèrent dans les médias. On connaît la suite, tragique.

Aujourd’hui 24 juin 2019, ce message adressé (par mail) aux milliers de journalistes français plus ou moins en charge du sujet :

« Agnès BUZYN, Ministre des Solidarité et de la Santé, Christelle DUBOS et Adrien TAQUET, secrétaires d’Etat

Se rendront au CORRUSS, centre de gestion de crise du ministère des Solidarités et de la Santé Lundi 24 juin 2019 A 10 h 30 En présence de Jérôme SALOMON, Directeur général de la Santé Cette visite sera l’occasion d’un point sur la mise en place du plan canicule et la préparation des pouvoirs publics. Les ministres pourront rappeler les conseils de prévention pour la population et les personnes les plus sensibles, ainsi que l’importance de la mobilisation de tous. »

A demain @jynau

PS 1 : Madame Agnès BUZYN Ministre des Solidarités et de la Santé Visitera l’EHPAD – Résidence de l’Abbaye 3 Impasse de l’Abbaye, 94100 Saint-Maur-des-Fossés lundi 24 juin 2019 12h00 Déroulé prévisionnel : 12h00 Arrivée à l’EHPAD l’Abbaye de Saint-Maur-des-Fossés et visite des espaces climatisés (Presse accréditée) Passage dans la crèche intergénérationnelle intégrée à l’EHPAD (Presse accreditéé) Echanges avec les personnes âgées et les enfants de la crèche dans le restaurant collectif (Presse accréditée) Visite du service d’aide à domicile rattaché à l’EHPAD, temps d’échange avec les personnel (Presse accréditée) 13h00 Micro-tendu

PS 2 : Episode caniculaire Mme Agnès BUZYN, ministre des Solidarités et de la Santé Visite l’espace Saint – Michel 35 Avenue Courteline, 75012 Paris Lundi 24 juin 2019 14h00 L’espace Courteline, est un espace qui regroupe à la fois un accueil de jour, environ 100 personnes par jour, et 33 lits haltes soins santé. Déroulé provisoire : 14h00 Visite de la structure Temps d’échange avec les équipes Micro – tendu

SOS Addiction : le gouvernement sommé de lutter contre la dépendance des Français aux carburants

Bonjour

Extension du domaine de la lutte. On connaît les liens entre le pouvoir politique et les addictions – que ces dernières soient légales et fiscalisées ou mafieuses et combattues. Et on connaît le prix considérable des ambiguïtés, jamais levées, dans ce domaine. Il faut désormais compter avec un nouveau chapitre addictif et esclavagiste : celui de la dépendance à une énergie désormais considérée comme mortifère. Une affaire qui se cristallise, en France, sous l’appellation « carburants ».

12 novembre 2018. Dans une tribune qui vient d’être publiée sur Franceinfo, le Réseau Action Climat et ses vingt-deux associations membres – parmi lesquelles Greenpeace, WWF ou Oxfam 1 – appellent le gouvernement à « sortir les citoyens de leur dépendance au diesel et à l’essence ». Un propos centré sur la « fiscalité écologique » qui ne va pas vraiment dans le sens du vent. Un propos qui sifflera aux oreilles de bien des responsables politiques.

« Depuis plusieurs jours, les prises de parole de plusieurs responsables politiques de tous bords alimentent les tensions autour de la hausse des prix des carburants, dénonçant à tout va la fiscalité écologique. Et ce, alors que ces mêmes responsables placent l’urgence climatique et la lutte contre la pollution de l’air parmi leurs priorités. Pour le Réseau Action Climat et ses associations membres, ces responsables devraient commencer par rappeler que la fiscalité écologique est un outil indispensable, en soi, pour répondre à la crise climatique que nous connaissons, et qu’il convient à tout prix de préserver les dispositifs mis en place via l’adoption de solutions concrètes additionnelles.

« Instrumentaliser la fiscalité écologique est irresponsable. Irresponsable alors même que le GIEC rappelait le mois dernier que sans efforts supplémentaires sans précédent pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre, nous ne pourrons nous mettre à l’abri des pires impacts du dérèglement climatique et que la pollution de l’air continue chaque année d’occasionner 48 000 morts prématurées dans notre pays. »

Incurie chronique

Pour les signataires de cette tribune le gouvernement français est également responsable de la crise en cours, « puisqu’il tarde à mettre en place des mesures rapides et suffisamment ambitieuses pour financer les alternatives à la voiture et aider ceux qui n’ont pas les moyens de se déplacer autrement ». Responsable aussi « parce que cette fiscalité qui touche les Français épargne les secteurs les plus polluants et émetteurs de gaz à effet de serre, comme le secteur aérien ou le transport routier de marchandises ».

On peut le dire autrement : à l’instar des précédents, le gouvernement actuel mène une politique des transports qui, à ce jour, n’est ni cohérente avec l’urgence climatique ni juste socialement.

On lira, dans cette tribune, les réponses proposées par les signataires et qui visent à permettre à terme de sortir les citoyens français de leur dépendance au diesel et à l’essence : transports en commun et vélo … développement de véhicules véritablement moins émetteurs et moins polluants … désenclavement des territoires via un réseau ferré opérationnel modernisé et accessible à tous les portefeuilles … lutte contre l’étalement urbain en rapprochant les lieux de vie des lieux de travail et de loisirs.

Soit un chapelet de réductions des risques qui doivent être actées et financièrement soutenues par le gouvernement dans une prochaine loi. Sans oublier toutefois ceux qui ne peuvent, pour l’heure se sevrer, ceux qui ne peuvent pas faire autrement : parce qu’ils ont peu de moyens mais qu’en plus, du fait de leur implantation géographique, ils ne peuvent se déplacer autrement qu’en prenant leur voiture. C’est à ces citoyens que le gouvernement doit apporter de manière urgente un soutien financier, pour leur permettre de faire face à la hausse du prix des carburants.

Issue constructive

Reste l’essentiel : libérer notre pays de son addiction au pétrole – une addiction qui trouve ses racines dans une politique des transports axée depuis des décennies sur le recours à la voiture et un aménagement du territoire qui a allongé les distances à parcourir. Une politique courageuse de réduction des risques existe, ici aussi. Comme les  solutions que le Réseau Action Climat a développées et porte depuis plusieurs années.

« Les recettes tirées de la fiscalité écologique devraient justement servir à les développer. Nous appelons les responsables politiques de tous bords à les défendre, et le gouvernement à les entendre. Ce sont elles qui permettront d’apporter une issue constructive à la crise en cours et d’éviter, comme cela a déjà été le cas par le passé, que la transition écologique ne se retrouve encore sacrifiée pour de mauvaises raisons. »

 Des raisons d’espérer ? On ne peut, ici, que rappeler l’embarras croissant du gouvernement concernant son propre plan, sans cesse annoncé, sans cesse reporté, de lutte contre toutes les addictions qui ne sont pas des carburants. Le prochain Houellebecq est annoncé.

A demain

@jynau

1 Le Réseau Action Climat et ses associations membres (350.org ; Agir pour l’environnement ; Alofa Tuvalu ; Alternatiba ; CLER – Réseau pour la transition énergétique ; CCFD-Terre solidaire ; 4D ; FUB ; Fnaut ; Fondation pour la Nature et l’Homme ; France Nature Environnement ; Greenpeace France ; Hespul ; Les Amis de la Terre ; Ligue de protection des oiseaux ; Oxfam France ; REFEDD ; Réseau Sortir du nucléaire ; Secours catholique-Caritas France ; WECF ; WWF France ; Zero Waste France).

 

Mégots et cendriers : les épineuses interrogations des buralistes français sur les feux de forêts

Bonjour

« La question peut paraître saugrenue, mais quand même » peut-on lire sur le site des buralistes français. Saugrenue ? A coup sûr : une étude Ipsos menée pour Vinci Autoroutes (2 192 personnes du 14 au 18 juillet) révèle que plus d’un Français sur six avoue jeter des mégots par la fenêtre de son véhicule automobile. Et plus d’un sur trois avoue sans honte qu’il lui arrive d’envoyer (par cette même fenêtre) des déchets divers : papiers, emballages, mouchoirs, restes alimentaires, etc.

Pour ce qui est du « tabac au volant » près d’un Français sur cinq est radicalement inconscient : jeter un mégot par la fenêtre en conduisant est, pour cette fraction de nos compatriotes, un geste qui ne saurait avoir de graves conséquences environnementales. « Manifestement, la ‘’pédagogie’’ par les impressionnantes images de récents incendies ne suffisent pas, écrit le rédacteur estival du site des buralistes. Comme quoi, la prévention est un combat long, ingrat et obstiné. »

Et ce rédacteur de citer un commentaire pêché dans Le Parisien / Aujourd’hui en France : « Ce type de comportement est difficilement justifiable mais il est vrai qu’il peut être incité par la décision de la quasi-totalité des constructeurs de ne plus proposer de cendrier, ou alors de le faire en option ». C’est là, nous dit-on, un commentaire signé d’un journaliste « essayeur de la presse automobile ». Où il est démontré que toutes les sous-rubriques journalistiques n’ont pas disparu. Et que reste entière, sous les addictions, la question voisine de la boîte à gants. Celle de l’avenir d’un autre très noble et très vieil accessoire :  l’allume-cigare.

A demain

Les premiers canards français porteurs du H5N8 ont été abattus à proximité de Calais

 

Bonjour

L’infection était dans l’air. Début novembre le ministre français de l’Agriculture nous avait demandé de signaler tous les oiseaux morts que nous serions susceptibles de rencontrer. Des cas d’influenza aviaire hautement pathogène H5N8 avaient alors été détectés chez des oiseaux sauvages en Hongrie, en Pologne, en Allemagne, en Croatie, aux Pays-Bas, au Danemark – mais aussi également autour du lac de Constance, à la frontière entre la Suisse, l’Allemagne et l’AutricheStatistiquement il y a avait peu de chances que la France soit épargnée. Elle ne l’aura pas été.

Un premier cas d’influenza aviaire hautement pathogène H5N8 a été confirmé le 26 novembre sur la commune de Marck (Pas-de-Calais), sur vingt canards sauvages – des canards utilisés comme appelants pour la chasse au gibier d’eau. Précisions à celles et ceux qui ne sont pas familier de la chasse qu’un « appelant vivant » est un animal vivant destiné à attirer un animal –  pour le tuer ou pour le capturer.

Appelants abattus

A la frontière avec la Belgique les mesures de gestion ont été immédiatement mises en place par la Direction départementale de la protection des populations.

« La Direction a procédé à l’abattage de l’ensemble des appelants du site et également des appelants d’un autre site se trouvant à 4 km de Boulogne, qui avaient été en contact. Deux secteurs de surveillance renforcée dans les communes aux alentours ont été mis en place : dans ces secteurs, des visites  systématiques de vétérinaires vérifient l’application stricte des mesures de confinement et de biosécurité des élevages. »

« Le lieu de détention des oiseaux trouvés morts est situé au sein d’une zone dont le niveau de risque avait été réévalué et considéré comme élevé par arrêté ministériel du 16 novembre dernier, suite aux nombreux cas détectés en Europe tant au sein des populations d’oiseaux sauvages que d’élevages. La période de migration de certaines espèces joue certainement un rôle majeur dans la diffusion de ce virus. »

Enfin, et pour protéger autant que faire se peut le territoire national, le ministre de l’Agriculture rappelle à tout un chacun  l’importance de signaler toute mortalité d’oiseaux sauvages.

A demain

 

 

 

Rififi climatique : M. Huet, ex-journaliste de Libé, dit de M. Postel-Vinay que c’est un «menteur»

 

Bonjour

Les lecteurs n’imaginent pas la violence qui peut sévir dans les coulisses du journalisme scientifique. Sur les questions de climat elle peut atteindre d’invraisemblables sommets. Une guerre de tranchées. Des anathèmes comme s’il en pleuvait. Du sang sur les claviers. Un exemple nous en est donné aujourd’hui : c’est un billet de Sylvestre Huet accusant méchamment Olivier Postel-Vinay. Un symptôme éclairant l’arrière-plan.

Sylvestre Huet né en 1958, est un journaliste français spécialisé dans les sujets scientifiques. Journaliste à Libération à partir de 1995, il anime dès 2008 le blog {sciences²} hébergé par ce journal – et ce jusqu’à son départ du quotidien en janvier 2016. En mai de la même année, l’activité du blog reprend sur la plateforme du Monde. C’est un professionnel dont la compétence est amplement reconnue et qui (ce qui n’est guère courant) affiche ses convictions. Il combat notamment ouvertement et avec constance les opinions des scientifiques qualifiés (par leurs ennemis) de « climatosceptiques ».

Négationnisme climatique

Olivier Postel-Vinay né en 1948 est un journaliste et essayiste français fondateur et directeur du célèbre magazine Books. Sa biographie témoigne d’une carrière mouvementée et d’une forte personnalité. Il signe fréquemment des tribunes dans Libération.

Le dernier billet de son blog montre que Sylvestre Huet n’a pas (du tout) goûté la dernière (en date) de ces tribunes « Toujours plus de cyclones ? » (Libération du 18 octobre). Il s’en explique mais, et c’est nouveau, nous fait aussi entrer dans les coulisses :

« Lorsque Olivier Postel-Vinay est entré à Libération comme chroniqueur régulier, il n’a pas tardé à jouer le négationniste climatique. Devant l’impossibilité de discuter avec la direction de la rédaction de ce choix étrange – mais en phase avec d’anciennes positions de Laurent Joffrin lorsqu’il soutenait le livre mensonger et truffé de graphiques truqués de Claude Allègre – je n’avais pu que tweeter ceci, en septembre 2015 :

Huet Sylvestre‏@HuetSylvestre @sfoucart @LiseBarneoud Qui a décidé d’offrir une chronique régulière dans Libération à Postel-Vinay ? Allègre sors de ce corps…

« Dans sa chronique, Olivier Postel-Vinay prétend faire oeuvre de journaliste spécialisé, capable de lire non seulement les rapports du Giec mais aussi les articles de Nature. Bon. En tous cas, s’il lit vraiment les rapports du Giec et les articles des revues scientifiques sur le climat, Postel-Vinay n’est pas un ignorant, c’est donc un menteur. »

Le réplique du bretteur

Sylvestre Huet estime qu’Olivier Postel-Vinay « pour tenter de se fabriquer une crédibilité de journaliste spécialisé en science »  tente de se pencher sur le dossier des cyclones et de leurs relations avec le changement climatique. « Ce n’est pas idiot » dit-il, mais réclame quelques compétences. Il ajoute :

« Cher Olivier, si tu veux renouveler l’exercice consistant à tromper tes lecteurs, voici quelques pistes : l’évolution future de la mousson africaine, celle de la calotte antarctique, celle du niveau marin, celle des puits terrestres et océanique du CO2, la réaction du plancton à l’acidification des océans… sur tous ce sujets tu trouveras facilement des articles et des résultats qui se contredisent permettant ainsi de poursuivre tes efforts en duperie ».

Pour finir il pose cette question : « Pourquoi Libération ouvre t-il ses colonnes à des textes aussi mensongers sur l’état de la science du climat ? C’est une question pour mes anciens collègues auxquels je souhaite bien du courage. »

Ce duel ouvert (fort inhabituel dans la profession journalistique) ne manque pas de panache. On attend la réplique du bretteur. Sans oublier celle de Libé.

A demain