Notre président Jupitérien va-t-il foudroyer les nouveaux vandales du génome humain ?

Bonjour

Ceux qui, dans les médias, font de la science un spectacle présentent Marina Cavazzana comme une star. A son corps défendant. Née à Venise, d’un père cheminot et d’une mère institutrice, fait sa médecine à Padoue avant de rejoindre l’équipe du Pr Alain Fischer à l’Hôpital Necker-Enfants malades. Elle participe aux premiers développements, spectaculaires, de la thérapie génique permettant de traiter des enfants atteints du déficit immunitaire combiné sévère lié à l’X (« bébés-bulles »). Trente ans plus tard elle coordonne le Centre d’Investigation Clinique en biothérapie de cet établissement et vient de participer à un travail prometteur de traitement de la drépanocytose. On peut la voir ici dans une conférence TED datant de 2010. C’est, pour résumer, une forte personnalité et l’une des meilleures spécialistes mondiales de la thérapie génique.

Forte personnalité : Marina Cavazzana signe aujourd’hui l’éditorial de la dernière livraison du toujours remarquable Médecine/Sciences. Où l’on voit cette experte traiter des questions éthiques soulevées par le développement de sa discipline. Quelles règles respecter, par exemple, pour inclure des patients (adultes ou enfants) dans des essais cliniques de phase I/II ? Quel statut doivent avoir ces futurs patients face au système de protection sociale ? Où est la fameuse Union européenne quand il ne s’agit d’un peu plus que de faire librement circuler des objets et des personnes ?

« Si l’Agence Européenne des Médicaments a homogénéisé les règles encadrant les qualités auxquelles la production des cellules génétiquement modifiées doivent obéir, aucune recommandation européenne ne régit l’inclusion des patients dans des protocoles de phase I/II, et chaque pays européen suit ses propres lois. En France, la loi à ce sujet est très précise : « interdiction de traiter des patients qui n’appartiennent pas au système de sécurité sociale nationale ou qui n’appartiennent pas à un pays de l’UE dans le plus grand souci de protection des patients ». Cela n’est pas vrai par exemple en Allemagne ou en Italie. »

Entre-Soi

Tout aussi difficile, mais plus lourd d’enjeux et de menaces est le débat éthique autour de ce qu’il est convenu d’appeler « l’édition du génome ». Pour Marina Cavazzana aucun doute n’est plus permis : « la technologie CRISPR est la plus importante avancée biotechnologique de ce siècle ». Résumons : CRISPR est la dernière en date et la plus spectaculaire des techniques « d’édition du génome ». Soit un ensemble de techniques de manipulations du génome via la « réécriture du matériel génétique », qui peut être appliqué aux mondes végétal et animal – et que certains commencent aussi à appliquer au génome humain 1.

C’est là un sujet majeur que la plupart des élites du monde scientifique entendent bien conserver dans leur Entre-Soi. Tel n’est pas le point de vue de Marina Cavazzana :

« Pour reprendre une phrase du généticien George Church, un pionnier de l’édition du génome : « most of what we call genome editing is really genome vandalism » [La plupart de ce que nous appelons édition du génome n’est en fait que du vandalisme du génome] ».

« Si beaucoup de défis technologiques vont trouver une solution dans les années à venir, il nous faut, très vite, donner vie à un profond débat éthique et social, afin de définir les obligations que les chercheurs doivent respecter pour éviter une utilisation erronée et dangereuse de cette technologie révolutionnaire. »

Comment « donner vie » à un « profond débat éthique et social » sur le thème de la réécriture du génome humain ? Dans la France de cet été 2017 un homme (et un seul) détient la clef. Percevant la politique comme un équivalent du mystique il a été élu président de la République. Et depuis ce matin les gazettes explique qu’il détient « tous les pouvoirs ». Lui-même entend incarner un « président jupitérien ». La génétique et l’éthique sont pleinement compatibles avec le mythologique. Est-ce trop demander à notre Jupiter élyséen que de foudroyer les nouveaux Vandales, ceux du génome humain ?

A demain

1 Sur ce thème, lire dans le même numéro de Médecine/Sciences : « CRISPR sur embryons humains : une nouvelle étape », la dernière en date des indispensables « Chroniques génomiques » de  Bertrand Jordan

 

Les triomphes d’Emmanuel Macron coïncident avec une augmentation des cas d’exorcisme

Bonjour

L’étrange est partout. Nous sommes au surlendemain du (nouveau) triomphe d’Emmanuel Macron Et voici que le malicieux Figaro nous apprend que chacun des cent diocèses de France dispose désormais d’un prêtre exorciste 1. Comment ne pas faire le rapprochement quand on se souvient de la confession (à un journal dominical) du candidat Macron pour qui « la politique c’est mystique » ? Et ne vivons-nous pas aujourd’hui une forme d’exorcisme collectif sous couvert de pâmoison contagieuse et d’incitation au dégagisme ?

Car exorciser c’est, pour l’essentiel, purifier. On chasse le mal de l’endroit où il se trouve (sans trop s’inquiéter, d’ailleurs, de son prochain refuge). C’est chasser Satan du corps d’un possédé. C’est le délivrer de l’esprit malfaisant qui l’ensorcelle ce qui n’est pas, on le sait, sans lien avec la pratique de la psychiatrie et de l’addictologie (les « démons » de l’alcoolisme).

Ou avec celle de l’écriture – comme l’explique Paul Valéry soutenant que Gustave Flaubert fut toujours hanté par le démon de la connaissance encyclopédique, dont il a essayé de s’exorciser en écrivant « Bouvard et Pécuchet ». Sans oublier, avant Louis-Ferdinand Céline, Marcel Proust : « Je ne saurais trop recommander aux écrivains la vertu purgative, exorcisante, du pastiche ».

Bureau national des exorcismes

Le Figaro, lui, a eu accès aux chiffres officiels : il y a dix ans, et pour la seule Île-de-France, le nombre d’exorcismes pratiqués par des prêtres catholiques avoisinait une quinzaine de cas par an. Une cinquantaine d’exorcismes sont désormais accomplis annuellement. Et de citer le père Emmanuel Coquet, secrétaire général adjoint de l’épiscopat qui accompagne le bureau national des exorcistes :

« Il y a un accroissement très net. Les exorcistes sont frappés de voir que le phénomène prend de plus en plus d’ampleur. En réalité c’est l’évêque qui est l’exorciste du diocèse mais il confie cette tâche par une délégation formelle à un ou deux prêtres qui sont assistés par une équipe de laïcs et de religieux pour cette mission ».

Imagine-t-on ce que peut être, aux frontières du sourcier et du passeur de feu, le pouvoir d’exorciser ? La première difficulté, confesse le père Emmanuel Coquet, est de trier les dossiers. Près de 2500 demandes environ arrivent chaque année dans les diocèses d’Île-de-France. Le temps passe et Satan réclame plus de discernement que dans le passé. Le diabolique n’a plus les pieds fourchus, il fait de plus en plus dans le symbolique. Il faut savoir trier avant que d’exorciser.

Expertises psychiatriques

C’est bien pourquoi l’Église catholique « fait appel à des expertises psychiatriques pour évaluer si la personne aurait plutôt besoin de soins médicaux ». Ce n’est que si l’exorcisme est opportun qu’il est pratiqué –  encadré en termes liturgiques. Précision : le rituel contenant les prières de l’exorcisme n’est pas public. Seul l’évêque le reçoit et le transmet au prêtre pour sa mission d’exorciste. Rien n’est dit sur les tarifs.

Le psychanalyste, l’addictologue, la psychologue ne sont jamais très loin : un exorcisme majeur n’est, tout bien pesé, rien d’autre qu’une liturgie de la parole : lectures de textes de la Bible, prières de litanies, profession de foi, imposition des mains et formule de l’exorcisme. Une différence : le thérapeute n’est jamais seul qui œuvre toujours accompagné de plusieurs personnes en prières. Père Emmanuel Coquet :

« Il peut arriver que les forces de la personne soient soudain décuplées, explique le père Coquet. On laisse la personne exprimer la violence qu’elle porte en elle mais il faut se protéger en cas de difficultés. D’autres ne supporteront pas la vue d’un crucifix ou l’évocation de tel ou tel saint. D’autres encore se mettent à parler une langue qu’ils n’ont jamais apprise… Nous assistons après l’exorcisme à d’authentiques apaisements, libérations et guérisons intérieures. Tout cela est bien réel cela ne s’invente pas. »

Qui, père Emmanuel, pourrait raisonnablement penser que tout cela est inventé ? Reste toutefois, pendante, la grande question : Satan existe-t-il réellement (comme le soutient le Pape François) ou n’est-il qu’un symbole (comme le soutienne les Jésuites). L’affaire, nous dit Le Figaro, agite aujourd’hui les hautes sphères de la hiérarchie catholique. Elle n’est pas non plus étrangère à la politique française puisque l’on sait, désormais, que le nouveau président de la fille aînée de l’Eglise a été formé par les pères jésuites. Au célèbre collège de La Providence. Ce qui ne s’invente pas.

A demain

1 « En France, le nombre d’exorcismes en nette augmentation » Le Figaro (Jean-Marie Guénois) 12 juin 2016.

Les nouvelles drogues psychédéliques mortelles : tout ce qu’il est bon de savoir sur les NBOMe.

Bonjour

L’annonce de la mort, survenue il y a quelques jours à Paris, d’une jeune femme anglaise ayant consommé ce qu’elle pensait être de la cocaïne vient de mettre en lumière les dangers inhérents aux NBOMe, nouvelle catégorie de drogues de synthèse. Réunis sous l’égide de l’Agence nationale de sécurité du médicament les responsables sanitaires en charge de ce sujet ne découvrent pas le sujet. En témoigne le compte rendu de la séance du Comité technique des Centres d’Evaluation et d’Information sur la Pharmacodépendance (CT022015043, séance du 17 septembre 2015). Nous en donnons ici les principaux éléments.

Les composés NBOMe sont de nouvelles substances psychoactives de synthèse, de type phénéthylamines. Ils sont décrits comme de puissants hallucinogènes sérotoninergiques (récepteurs 5-HT2A). Vingt dérivés de type NBOMe ont déjà été identifiés au niveau européen.

Ces nouvelles drogues psychédéliques se présentent sous des formes galéniques variées : buvard, liquide, poudre, comprimé, gomme gélifiée. « Ils sont encore difficiles à détecter et à caractériser du fait de l’absence de tests de dépistage courant dédiés et l’absence de réaction croisée avec ceux existants, écrivaient alors les spécialistes. Leur identification nécessite des techniques chromatographiques avec une sensibilité élevée en raison de concentrations sanguines ou urinaires faibles : de l’ordre du ng/mL voire inférieures. »

Impressions de mort imminente

Ces spécialistes ajoutaient que dans les cas humains publiés, les voies d’administrations décrites sont les voies sublinguale/buccale, orale (controversée) et nasale ; les voies injectable, rectale ou vaginale sont décrites dans des « forums d’usagers ». Les doses annoncées sont très faibles, inférieures au milligramme, avec une marge étroite entre effets recherchés et surdosage. Les données relatives au délai d’apparition des signes cliniques ou à leur durée sont empiriques. A titre indicatif, le site Erowid mentionne les données suivantes : les effets hallucinogènes apparaîtraient dans les 15 minutes à 2 heures suivant une prise par voie sublinguale/buccale et durent 6 à 10 heures. Ils apparaîtraient dans les 5 à 20 minutes après une consommation par voie nasale pour une durée d’action de 4 à 10 heures.

A l’automne 2015 aucune étude chez l’animal, ni chez l’homme n’avait été publiée évaluant la toxicité aiguë ou chronique, ni le potentiel d’abus et de dépendance des NBOMe. Il était toutefois établi que les personnes intoxiquées présentent un toxidrome sympathomimétique et sérotoninergique avec un tableau associant des signes neuropsychiques (agitation, hallucinations, confusion, accès psychotique, convulsions…), neurovégétatifs (tachycardie et hypertension, mydriase, hyperthermie, hypersudation…) et musculaires (hyperréflexie/rigidité, clonies, tremblements…). Dans les cas sévères, on peut craindre un risque d’évolution vers une atteinte polyviscérale, voire le décès.

Des témoignages de patients alléguant la consommation de 25D-NBOMe, de 25E-NBOMe, de 25N-NBOMe ou encore de RH-34 sont disponibles sur des forums Internet et rapportent des effets négatifs à type de palpitations cardiaques, d’agitation, de tension musculaire ou encore de sensation de panique avec malaise et impression de mort imminente. Fin 2015 la littérature médicale rapportait cinq décès impliquant le 25I-NBOMe et sept décès liés aux 25B-NBOMe, 25C-NBOMe et 25H-NBOMe. Deux autres décès étaient rapportés par les centres antipoison nord-américains. Le compte rendu de la séance ajoutait toutefois :

« D’après les médias (presse locale/Internet) de langue anglaise, 45 décès impliquant un dérivé NBOMe (35 aux Etats-Unis, 6 au Royaume Uni et 4 en Australie) ont été rapportés entre 2012 et juin 2015. »

Confusion avec le LSD, la mescaline ou l’ecstasy

Depuis 2010, différents NBOMe ont été détectés dans quarante-huit pays (Amérique, Asie, Europe et Océanie).  Une enquête en ligne (Global Drug Survey) menée en 2012 rapporte plus de 22 200 réponses, la majorité des participants (68,6 %) est de sexe masculin pour un âge moyen de 31,4 ans. 2,6 % ont déclaré avoir déjà consommé un NBOMe, contre 39,4 % du LSD et 43,1 % des champignons hallucinogènes. Le mode d’approvisionnement est Internet dans près de la moitié des cas. Le conditionnement et/ou la revente sur place peut ensuite être assuré par des tiers. Les NBOMe peuvent être proposés comme tels (avec toutefois possibilité de confusion entre les différents dérivés) ou encore annoncés comme d’autres produits d’abus, principalement le LSD ou la mescaline, mais également comme un dérivé 2C ou encore de l’ecstasy.

En France, six échantillons contenant un NBOMe ont été analysés par le dispositif SINTES (Système d’Identification National des Toxiques et Substances) en 2013 et 2014. Les douanes et la police ont déclaré en France cinq saisies de composés NBOMe en 2012, douze en 2013 et quinze en 2014.

Fin 2015, en Europe, plusieurs messages d’alerte précoce avaient été diffusés aux professionnels du secteur socio-sanitaire à propos de la circulation de buvards de 25I-NBOMe ou 25B-NBOMe (notamment en Belgique en 2013, 2014 et 2015). En France, des mises en garde sur la circulation et la dangerosité des dérivés NBOMe ont été relayées par des associations d’usagers. A la suite d’une évaluation des risques par l’OEDT, le Conseil de l’Union européenne avait décidé le 25 septembre 2014, de soumettre le 25I-NBOMe à des mesures de contrôle dans toute l’Union européenne.

En France, le 25I-NBOMe est inscrit sur la liste des stupéfiants depuis le 29 septembre 2015.

A demain

 

Bébés et post-vérité : le trop d’écrans responsable de graves troubles du développement

Bonjour

Qui, dans le nouveau gouvernement « Edouard Philippe I » aura lu l’enquête fort intéressante publiée dans Le Figaro (Agnès Leclair). Qui aura vu la vidéo essentielle qui l’accompagne ? C’est l’une de ces enquêtes qui font encore parfois le sel de la presse écrite, imprimée sur papier ou sur écran. C’est aussi un sujet majeur pratiquement absent de la sphère politique et sanitaire : un sujet qui aurait passionné Aldous Huxley : « l’explosion des troubles chez les tout-petits surexposés aux écrans ».

« La plupart des enfants qui me sont adressés passent au moins six heures par jour devant des écrans. Certains n’arrivent pas à parler, à encastrer trois cubes ou à tenir leur crayon » explique au Figaro le Dr Anne-Lise Ducanda, médecin de la PMI de l’Essonne. Elle parle aussi d’« enfant-écran », de retards de développement, de troubles de la relation, du langage et du comportement. Le Dr Ducanda lance, calmement, pédagogiquement, une alerte essentielle. Elle vient, à l’attention des pouvoirs publics et des parents de réaliser une vidéo essentielle et alarmante – une vidéo à partager, à diffuser dans laquelle cette spécialiste fait le lien avec les « troubles du spectre autistique » et les « troubles envahissant du développement ». Voici cette vidéo : « Les écrans : un danger pour les enfants de 0 à 4 ans ».

Ecoutons encore le Dr Ducanda :

« En 2003, 35 enfants en difficulté m’étaient signalés par les écoles sur 1.000 élèves de maternelle en petite et moyenne section de l’Essonne. Depuis un an et demi, on m’en a déjà signalé 210 en grande difficulté. Toutes les semaines, je suis sollicitée pour de nouveaux cas. À force d’en voir, j’ai fini par faire le lien avec leur consommation d’écrans. Et je ne parle pas d’enfants qui regardent la télévision une heure par jour ! La plupart de ceux qui me sont adressés passent au moins six heures par jour devant des écrans. Les troubles sont plus graves qu’il y a 15 ans et disparaissent dans la majorité des cas quand les parents arrivent à “déconnecter” leurs enfants.»

Enfants sauvages

Que penser de l’avenir de ces bébés qui grandissent à l’ombre des chaînes d’info en continu dans des foyers où la télévision reste allumée toute la journée ?  De ces nourrissons biberonnés à la comptine sur smartphone, des bambins qui ont appris à télécharger une vidéo avant de savoir faire une phrase ? Y aurait-il un biais de recrutement dans la région de Viry-Châtillon ? « La PMI est fréquentée par des enfants « issus de familles lambda, mais aussi de milieux plus défavorisés » précise le Dr Ducanda. Et encore :

 « L’écran , c’est la tétine d’aujourd’hui. Pourquoi les parents se passeraient des écrans pour “calmer” leur enfant alors que personne ne les a mis en garde ? Ils sont rassurés, car leurs enfants ne regardent que des programmes qui leur sont destinés ou des petites applications dites “éducatives” pour apprendre les couleurs ou l’anglais. Ils s’émerveillent de leur habileté et pensent que plus tôt on initie les bébés aux outils numériques, mieux ils seront armés pour le futur. »

Le Figaro explique que, déjà, de nombreux professionnels de la petite enfance ont contacté ce médecin pour évoquer leurs propres observations. Comme l’orthophoniste Carole Vanhoutte (Villejuif, Val-de-Marne) :

« Depuis quelques années, je vois des enfants dès l’âge de 3 ans avec moins d’une dizaine de mots à leur vocabulaire, raconte cette orthophoniste, cofondatrice de l’association Joue, pense, parle. Récemment, il y a eu un nouveau glissement avec l’arrivée de petits dès l’âge de 2 ans et demi qui ne sont pas du tout dans la communication. Ils se comportent comme des enfants un peu “sauvages”, dans leur bulle, comme s’ils n’avaient pas eu l’habitude d’être en relation avec une autre personne ».

 Nicolas Hulot, Agnes Buzyn et Mounir Mahjoubi

Le parallèle avec l’autisme n’a pas manqué de susciter de vives réactions. « Ces constats n’ont pas la même valeur que des études épidémiologiques. Ce médecin de PMI est en contact avec une fraction de la population qui n’est pas forcément représentative et en tire des conclusions générales, a déclaré au Figaro Franck Ramus, directeur de recherches au CNRS au sein du laboratoire de sciences cognitives et psycholinguistiques. Il ne faut pas oublier qu’une très forte exposition aux écrans est corrélée au niveau socio-économique des familles. Il faut aussi prendre en compte les conditions de vie, la manière dont parents et enfants interagissent. Quel est l’impact spécifique des écrans sur le développement ? C’est une question à laquelle il n’est pas si facile de répondre. »

Certes. Qui y répondra ? Le Dr Ducanda souhaite le lancement de nouvelles études scientifiques qui pourraient valider sa piste d’un lien entre l’augmentation du nombre d’enfants diagnostiqués victimes de troubles du spectre autistique et l’omniprésence des écrans. Voilà un bien beau sujet politique et écologique. Pour Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé,  Mounir Mahjoubi jeune secrétaire d’État chargé du numérique dans le gouvernement Édouard Philippe. Nicolas Hulot, ministre d’Etat, ministre de la Transition écologique et solidaire. Sans oublier le président de la République.

A demain

Neuroéthique : demain les ordinateurs et les neurones humains ne feront-ils plus qu’un ?

Bonjour

Elon Musk est un cas. PDG de multiples sociétés futuristes (dont SpaceX) il nourrit aussi une passion compliquée pour l’intelligence artificielle. Aujourd’hui il lance la société Neuralink  pour développer une technologie mariant cerveaux humains aux ordinateurs. Applications à venir : « amélioration du développement de l’intelligence artificielle, possibilité d’accéder à des performances intellectuelles plus importantes, faculté de contrôler des objets par la pensée, sauvegarde de sa mémoire etc. ».

The Wall Street Journal vient de s’en faire l’écho.  Et Elon Musk a publié un message sur Twitter, affirmant qu’un long article sur Neuralink allait être mis en ligne sur le site de vulgarisation Waitbutwhy.

Dans un premier temps, comme souvent, des perspectives thérapeutiques sont avancées : certaines formes d’épilepsies ou de dépressions sévères. Ensuite il s’agira de passer de la correction du pathologique à l’amélioration du normal existant.

Machines et fusion

« Un peu selon le même schéma que le développement de SpaceX, qui a commencé par réaliser des vols commerciaux rentables (envoi de satellite ou de vivres pour l’ISS), pour ensuite mettre en place des plans pour coloniser Mars » résume The Huffington Post (Gregory Rozieres) . Une démarche d’autant plus surprenante qu’Elon Musk  met en garde contre l’émergence d’une hypothétique intelligence artificielle qui pourrait dépasser l’humain. Pour lui, la seule réponse possible à cela est de permettre à l’homme de fusionner avec la machine, grâce à des « lacis neuraux » – une technologie qui permettrait de relier le cerveau à un ordinateur de manière bien moins invasive que les implants actuels.

« Lacis neuraux » ?  L’équivalent de filets minuscules qui se connecteraient aux neurones cérébraux. D’abord imaginés par l’auteur de science-fiction Iain Banks, ceux-ci sont devenus bien réels quand des chercheurs ont annoncé avoir réussi à créer quelque chose de similaire en 2015. Le dispositif est si petit et souple qu’il pourrait être injecté à l’aide d’une simple aiguille. Un vrai sujet de neuroéthique et de chirurgie de l’âme.

Transhumanisme et intégrisme

Mathieu Terence a le même âge qu’Elon Musk. Ecrivain, poète et essayiste – auteur du précieux « Le transhumanisme est un intégrisme », il dénonce avec force (dans Le Figaro) l’idéologie d’un mouvement « scientiste, matérialiste et ultralibéral ». Une utopie qui instaure « un nouveau monde en fonction des valeurs dominantes du précédent : jeunesse, efficacité, rentabilité ».

« Elon Musk est, avec Mark Zuckerberg, l’un des principaux argentiers du transhumanisme. Rien d’étonnant à cela. La Silicon Valley a repris le flambeau, en Californie, du millénarisme que prônaient il y a quarante ans les tenants du New Age à San Francisco. Simplement leur idéal est aux antipodes de celui, mystique, spirituel et anti-consumériste de ces oncles spirituels. Il est scientiste, matérialiste, et ultra-libéral. »

« Au fond, rien là que de très logique: le self made man absolu, tel que Musk l’incarne de façon relative et triomphante, est bel et bien le transhumain, écrit encore Terence. Cet IGM (individu génétiquement modifié) fait de sa personne sa propre petite entreprise dont l’unique but consiste à être le plus rentable possible dans le monde dans lequel il doit s’intégrer. L’ ‘’homme augmenté’’, que les neurosciences et le génie génétique rendent plausible aujourd’hui , est le fantasme d’un monde qui, au lieu de savoir donner à vivre une vie vraie, complète, libre, choisie, ou même simplement digne, à l’ensemble du genre humain, a pour but d’abolir la mort de quelques ressortissants, privilégiés. »

Et la France ? Selon Terence le scientisme 2.0 du transhumanisme à la Elon Musk y est incarné par Laurent Alexandre voire par Luc Ferry. Le nouvel ouvrage de Mathieu Terence («  De l’avantage d’être en vie ») paraîtra dans quelques jours chez Gallimard. Il est attendu.

A demain

 

Drogue politique : demain, des champs de cannabis au pays des tulipes et de Maastricht

Bonjour

Fumer du cannabis modifie les états de conscience. Certains citoyens goûtent ces modifications, en deviennent bientôt friands, puis dépendants, estiment qu’ils y ont droit, deviennent violents parfois. L’Etat peut-il leur interdire l’accès à cette substance ? Si oui à quel titre, avec quels arguments autres que sanitaires ? Est-ce à lui d’en organiser le commerce et – le cas échéant – d’en tirer profit ?

Cette équation vaut pour toutes les substances psychotropes, à commencer par le tabac et l’alcool, ces éternelles gabelles. On la retrouve, déclinée, dans d’innombrables faits divers et joutes politiques. Elle est aujourd’hui d’actualité aux Pays-Bas où une courte majorité parlementaire vient de se prononcer pour la dépénalisation de la culture de cette plante. « C’est là une manière de sortir d’une zone grise, estime Euronews. Aujourd’hui, la vente est tolérée mais sa production est interdite sauf dans des cas bien particuliers. Résultat, les fameux coffee-shop hollandais doivent souvent faire appel à des sources illégales. »

Les partisans voient dans cette dépénalisation des futurs lopins un bon moyen de lutter contre les mafias (plus ou moins) criminelles. Les opposants estiment (notamment) que cultiver du cannabis au pays de Maastricht va à l’encontre des traités européens signés par les Pays-Bas. Et ce alors même que la production nationale pourra aisément partir vers l‘étranger – comme c’est le cas avec le florissant commerce des fleurs séchées.

500 grammes de drogues douces

L’affaire est racontée avec un délicieux pointillisme dans Le Monde par notre excellent confrère Jean-Pierre Stroobants :

« Le texte, finalement approuvé à une courte majorité (77 contre 72), représente un tournant dans la politique à l’égard des drogues douces pratiquée par les Pays-Bas depuis 1976. La détention de cannabis ou de haschisch pour la consommation personnelle (moins de 5 grammes) était autorisée, comme la vente dans les célèbres coffee-shops. La culture et le transport étaient, en revanche, prohibés ce qui a permis le développement de filières criminelles qui ont pris en charge l’approvisionnement des points de vente.

Ces réseaux mafieux ont prospéré grâce, notamment, au fait que de nombreux étrangers venaient faire leur marché dans les quelque 600 coffee-shops du pays. Selon les estimations, le chiffre d’affaires annuel de ce business dépasserait 1 milliard d’euros. Sous la pression des pays voisins, la vente à ces consommateurs a, depuis, quelques années, été réglementée et limitée : chaque commerce ne peut, en théorie, avoir en stock plus de 500 grammes de drogues douces. »

Cette « courte majorité » est le fruit de divisions et d’alliances contre nature qui ne sont pas sans faire songer à celle que l’on voit aujourd’hui en France entre François Bayrou l’aguerri et le phosphorescent Emmanuel Macron.  Et, comme en France, il reste à savoir si l’alliance de circonstance apportera ses fruits. « Les partis qui l’ont adopté à la Deuxième Chambre doivent encore décrocher un vote favorable à la Première Chambre (le Sénat), nous explique Stroobants. Dans cette assemblée, le parti du premier ministre ne s’oppose pas par principe à une révision des dispositions actuelles mais trouve que le projet voté à la chambre manque de cohérence et ne permet pas une régulation intelligente ».

Affaires criminelles

L’intelligence régulatrice voilà bien, avec la politique-mystique, la question du moment.

Il faut, pour comprendre, rappeler que la « politique de tolérance » vis-à-vis du cannabis initialement instaurée aux Pays-Bas (et qui fit longtemps rêver en France) ne devait être qu’une première étape vers une régularisation complète. « Mais le processus s’est arrêté, avec toutes les conséquences qui en découlent. Le problème principal est que la vente par les coffee-shops est certes autorisée, mais que leur approvisionnement est illégal, résume Stroobants. La culture professionnelle est elle aussi interdite. Il y a donc tolérance d’une gestion d’entreprise qui dépend en partie de processus de production et d’achats illicites. Les entrepreneurs de coffee-shops sont par conséquent obligés de faire des affaires avec des criminels. » Imaginez des buralistes français fricoter avec des contrebandiers…

Pour l’heure la solution trouvée au pays de Vermeer (actuellement exposé à Paris) prévoit de maintenir l’interdiction de la culture de cannabis. En revanche, si elle est contrôlée par les pouvoirs publics et soumise à l’impôt, cette même culture ne fera plus l’objet de poursuites. Les cultivateurs devront obtenir une autorisation du ministère de la santé et soumettre leurs produits à des enquêtes de qualité. Les coffee-shops ne pourraient plus acheter des produits qu’aux personnes officiellement agréées, qui leur livreraient des paquets préemballés de 5 grammes.

C’est, au pays de Delft et de la crise des tulipes,  une assez belle peinture de l’emprise croissante de l’Etat sur la modification des états de conscience du citoyen.

A demain

Obstination ou déraison ? Une variante de l’affaire Vincent Lambert bientôt devant le Conseil d’Etat

 

Bonjour

Soigner encore ou laisser faire la mort ? S’obstiner au risque de la déraison 1 ? Deux questions au cœur de « l’affaire Marwa ». L’Assistance publique-Hôpitaux de Marseille (AP-HM) a, jeudi 9 février, annoncé qu’elle saisissait le Conseil d’État. Elle conteste la décision du tribunal administratif de Marseille l’enjoignant de poursuivre les soins de Marwa, bébé d’un an plongé dans un coma artificiel et atteint d’un déficit moteur irréversible. La veille ce tribunal avait ordonné (comme le demandaient ses parents) la poursuite des soins de cet enfant qui souffre d’une atteinte neurologique irréversible et qui a été placée sous assistance respiratoire. Les médecins de l’hôpital de La Timone avaient en revanche plaidé pour un arrêt des soins.

Point n’est besoin d’être spécialiste pour comprendre la nature du drame. « L’AH-HM partage la douleur de la famille et tient à soutenir l’équipe médicale et le personnel soignant dans cette situation difficile et inédite », écrit l’AP-HM dans un communiqué. C’est « compte-tenu des conséquences et de la portée générale de la décision du tribunal administratif » que l’AP-HM a décidé de saisir le Conseil d’État.

Arrêt des soins prématurés

L’AFP précise qu’après une expertise diligentée dans le cadre de la procédure judiciaire, le tribunal avait jugé que la décision d’arrêt des soins était « prématurée car prise au terme d’un délai qui n’était pas suffisamment long pour évaluer, de manière certaine, l’inefficacité des thérapeutiques en cours et la consolidation de l’état de santé de l’enfant ». Cette expertise n’avait pas véritablement tranché la question éthique mais avait toutefois qualifié le pronostic « d’extrêmement péjoratif » tout en décrivant « quelques éléments d’amélioration constatés ». Pour sa part le tribunal avait mis en avant « l’avis des parents qui revêt une importance toute particulière ».

Marwa avait été admise à l’hôpital de la Timone le 25 septembre dernier pour une infection virale d’une particulière gravité. Selon les parents les médecins marseillais décident, le 4 novembre, d’arrêter les thérapeutiques mises en œuvre et de débrancher l’assistance respiratoire. La famille s’y oppose, saisit la justice. En référé, le tribunal administratif ordonne à la Timone la poursuite des soins, et diligente une expertise confiée à deux neurologues, et un neuropédiatre.

Incertitudes nombreuses

 Le Quotidien du Médecin précise que ce tribunal considère alors que « de nombreuses incertitudes demeurent sur la pathologie initiale de l’enfant, sur les séquelles dont elle est atteinte, sur les examens pratiqués et sur son état actuel ». « La fiche de traçabilité des décisions prises de façon collégiale comporte une motivation très lacunaire », souligne-t-il, et des « indications divergentes » ont été données par l’hôpital.

Selon le rapport des experts, relayé par l’AFP, l’évolution de la maladie de Marwa « va conduire à un handicap majeur ». Elle « est consciente mais atteinte d’un déficit moteur majeur et irréversible », écrivent ces médecins, qui confirment « une atteinte neurologique sévère et définitive ». Partageant le « pronostic clinique extrêmement négatif » des médecins de l’hôpital de la Timone, les experts estiment que Marwa sera « incapable de faire des gestes de la vie courante et de pouvoir se déplacer, même en fauteuil électrique, restera dépendante d’une suppléance respiratoire, d’une alimentation artificielle et d’un nursing intensif ». Selon eux « l’évolution va conduire à un handicap majeur chez une enfant grabataire ».

Point notable, les experts ont rencontré les parents de Marwa. Ils témoignent que ces derniers « disent accepter tous les deux le handicap de leur enfant en pleine connaissance de cause et accepter qu’elle puisse mourir de façon naturelle et par suite à l’arrêt des traitements de suppléance ».

Budget hospitalier marseillais

Selon eux, « la volonté des parents de maintenir Marwa en vie à tout prix » et leur opposition à un arrêt de l’assistance respiratoire « introduit un débat éthique » avec « l’idée que l’équipe soignante se fait de l’intérêt de l’enfant ». Volonté des parents vs intérêt de leur enfant. Mais les experts se gardent de trancher ce dilemme éthique. Ils rappellent néanmoins que dans ce type de situation, les médecins « ne procèdent pas à un arrêt des soins contre l’avis des parents ». Dans le cas où les traitements seraient poursuivis, ils mettent en garde sur « l’importance et la difficulté d’évaluer au mieux la douleur et l’inconfort de Marwa qui devra être suivie sans ‘’réaugmenter’’ le niveau de soins ».

Mohamed Bouchenafa, le père de Marwa a mis en ligne sur Facebook une vidéo de sa fille, qu’il légende ainsi : « Ma petite fille va mieux, elle reprend des forces ». Les experts, eux, voient là des « mouvements réflexes, non volontaires ». A l’audience, le père a demandé qu’on laisse à sa fille « une chance de vivre ». Face à lui, inversant étrangement les termes et la charge de la preuve, l’avocat de l’Assistance publique-Hôpitaux de Marseille, Me Olivier Grimaldi, a mis en avant « une obstination déraisonnable des parents ».

La famille a également lancé une pétition en ligne sur la plateforme change.org « Jamais sans Marwa » où des raisons budgétaires hospitalières sont, pour la première fois dans une affaire de ce type, évoquées 2. A l’heure où nous écrivons ces lignes (le vendredi 10 février) cette pétition avait réuni plus de 168 000 signatures.

Que nous dira, cette fois, le Conseil d’Etat ?

A demain

1 La loi du 2 février 2016 « Leonetti-Claeys », définit ainsi l’obstination déraisonnable :

« [Les soins et traitements actifs] ne doivent être ni mis en œuvre, ni poursuivis au titre du refus d’une obstination déraisonnable lorsqu’ils apparaissent inutiles ou disproportionnés. Dans ce cadre, lorsque les traitements n’ont d’autre effet que le seul maintien artificiel de la vie, alors et sous réserve de la prise en compte de la volonté du patient, et selon la procédure collégiale définie par le code de déontologie médicale, ils sont suspendus ou ne sont pas entrepris. Dans ce cas, le médecin sauvegarde la dignité du mourant et assure la qualité de sa vie en dispensant les soins palliatifs. »

2 Voici le texte de cette pétition :

 « Mon petit bébé, ma fille Marwa est la jumelle de Safa, un an. Marwa est actuellement admise à l’hôpital La Timone à Marseille sous assistance respiratoire et risque d’être débranchée et perdre la vie, malgré les progrès et les améliorations visibles depuis son admission : elle est consciente, bouge, nous reconnaît. Elle a besoin de temps pour réussir à respirer par elle-même, car elle a subi des traitements lourds qui n’ont pas porté leurs fruits notamment huit séances de plasmaphérèse consécutives, ce qui l’a visiblement épuisée. Elle s’est accrochée pour aller de mieux en mieux aujourd’hui grâce à dieu. Seulement les médecins pensent qu’elle n’arrivera jamais à respirer seule et estiment que c’est une raison suffisante pour la débrancher sous une semaine.

On demande à lui laisser plus de temps au moins un mois de plus, et voir si son état continue de s’améliorer..qu’elle reste sous assistance respiratoire jusqu’à ce quelle réussisse un jour à respirer seule. Sa jumelle Safa, sa maman ses frères et soeurs ont besoin d’elle.

On ne débranche pas un bébé vivant et complètement conscient tout de même. D’autant plus que c’est le premier cas d’enterovirus grave que l’hôpital rencontre, donc si on ne sait pas comment soigner un patient, comment peut-on affirmer qu’il faut le laisser partir !!

La Timone compte parmi les meilleurs médecins et personnels qualifiés de la région, si ce n’est le meilleur de l’Europe entière.  Seulement, l’hôpital victime de sa renommée et de son succès est saturé par les cas les plus graves envoyés par les autres villes, comme le cas de ma fille qui a été transférée par l’hôpital Lenval de Nice.

De ce fait, Il est clair que l’hôpital la Timone rencontre de sérieux problèmes budgétaires, lui imposant de travailler dans l’urgence et le plus rapidement possible afin de libérer des places. Seulement Marwa nous redonne espoir chaque jour en allant de mieux en mieux..elle a juste besoin de temps.. Aidez nous a préserver ce petit ange svp ! Aussi, si quelqu’un a plus d’informations concernant l’enterovirus qu’il nous contacte au plus vite. Je vous remercie tous pour votre soutien. »