PSG et psychiatrie : un homme armé et criant «Allah Akbar» arrêté au pied de la Tour Eiffel

Bonjour

Où vont se nicher les délires parisiens contemporains ? Qui décrypte, aujourd’hui, les nouveaux symptômes psychiatriques ? Où sont les Jean Oury d’aujourd’hui ? Hier 5 août 2017 peu avant minuit, Paris. La tour Eiffel y « arborait les couleurs du PSG ». Paris, Rome, le pain, les monuments, les jeux triomphants. « Coup de frayeur » : un homme porteur d’une « arme blanche » est interpellé par la police. Il tentait de forcer l’un des points de contrôle de sécurité de la « Dame de fer » vient de faire savoir la Société d’exploitation de la tour Eiffel à la presse.

L’homme était apparemment seul et a été « très rapidement maîtrisé et arrêté » par les forces de police présentes. La piste terroriste est pour l’instant écartée. « Le parquet de Paris  a ouvert une enquête de flagrance confiée au 3e district de police judiciaire, pour apologie du terrorisme et tentative d’homicide volontaire », a précisé une source judiciaire.

« Un homme a franchi un premier portique en bousculant un agent de sécurité d’un coup d’épaule. Il a ensuite sorti un couteau en criant ‘’Allah Akbar’’, confie la source habituelle dite ‘’proche de l’enquête’’. Des militaires de l’opération Sentinelle lui ont alors ordonné de poser son couteau à terre. Il l’a posé sans opposer de résistance et a été immédiatement interpellé. Il s’agit du « profil de quelqu’un qui a des antécédents psychiatriques » (sic) et qui est sorti d’une antenne de psychiatrie fin juillet. » Pourquoi « antenne » ?

Selon les premiers éléments, il s’agit d’un Français, né en août 1998 en Mauritanie. On ajoutera que la tour Eiffel, arborait (pour Neymar) les couleurs du PSG jusqu’à 1 heure du matin, qu’elle accueille ses derniers visiteurs jusqu’à minuit tous les jours de l’année et ferme ses portes à 00 h 45. Quant à l’immense PSG il avait, sans le génie brésilien, disposé du minuscule Amiens.

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L’affaire des onze vaccins : Agnès Buzyn déjà accusée de «faire un cadeau aux laboratoires»

 

Bonjour

Mêmes causes, mêmes effets. En évoquant la possibilité de rendre obligatoires onze vaccinations pédiatriques Agnès Buzyn, ministre de la Santé (et des Solidarités) a relancé une polémique d’un particulière virulence. On retrouve ainsi, montant aux créneaux médiatiques, les leaders de la néo-contestation vaccinale. C’est un groupe hétérogène qui utilise, sans mal, les profondes incohérences de la situation actuelle ; un groupe où le raisonnable côtoie la pire mauvaise foi. Et c’est ainsi que l’on peut, à nouveau, observer l’émergence de nouveaux courants dénonçant (comme jadis) le pouvoir de l’Etat sanitaire sur le corps des citoyens.

Michèle Rivasi est l’une des personnalités les plus engagées dans ce combat. On la retrouve aujourd’hui dans les colonnes du Journal du Dimanche qui lui offre une tribune où elle fait, une nouvelle fois, feu de tout bois. Elle convoque notamment « les professeurs Philippe Even et Jacques Testart » pour fonder une nouvelle politique vaccinale des enfants. A la différence de l’actuelle, l’action publique immunisante serait alors basée :

« Sur des données épidémiologiques nationales évaluant objectivement les besoins de chaque vaccination ; sur l’évaluation de l’efficacité des vaccins non sur les seules réponses anticorps immédiates, mais sur les réponses cliniques et les résultats épidémiologiques ; sur l’analyse objective recensée et démontrée des risques neurologiques, psychiatriques, articulaires et musculaires éventuellement associés, qui pourraient être liés, comme le montrent certaines études scientifiques, aux différents types d’adjuvants utilisés ; sur l’analyse de la présence de nanoparticules métalliques non déclarées, et en particulier de mercure, dans les vaccins ; sur l’étude des réponses immunitaires générales et cérébrales des nourrissons soumis de façon croissante à plusieurs vaccinations simultanées alors que les réponses de leur système immunitaire ne sont peut-être pas matures et sont encore mal connues à cet âge. »

Tétanos du nourrisson

Ce n’est pas tout. Mme Rivasi estime que l’âge de la nécessité vaccinale doit aussi être revu. « Le tétanos du nourrisson reste à prouver et la vaccination contre l’hépatite B n’est peut-être pas nécessaire à cet âge, puisqu’il s’agit d’une maladie sexuellement transmissible, dit-elle (sans rire). Il faut enfin analyser l’opportunité d’associer chez le nourrisson des vaccins multivalents, les uns utiles (DTP) et d’autres qui le sont moins (oreillons, rubéole) ou d’efficacité mal démontrée et qui ne sauraient donc être rendus obligatoires ».

Mais rien n’est simple ici. Car, dans le même temps Mme Rivasi dit « savoir ce que les vaccins ont apporté en termes de progrès sanitaires au XXe siècle et de lutte contre la mortalité infantile ». « Je n’ai jamais remis en cause leur utilité » assure-t-elle.

Passons au chapitre politique. L’entretien donné par Agnès Buzyn au Parisien ? Mme Rivasi est sidérée. Elle y voit « un passage en force, accompagné de propos fermant la porte à tout débat sur le sujet ». Des propos tenus « alors que s’accentue la défiance de nos concitoyens envers les vaccins (suite aux divers scandales sanitaires et à la multiplication des conflits d’intérêts dans ce domaine) ». « La restauration de la confiance ne passe pas par l’infantilisation et le mépris des parents » ajoute-t-elle. Et d’expliquer que seules la pédagogie, la transparence et l’argumentation permettra de ramener la confiance et de sortir de « l’épidémie de conflits d’intérêt ».

Jackpot de Big Pharma

Cette épidémie est l’autre levier de l’argumentaire de Mme Rivasi. Elle voit dans la pré-annonce d’Agnès Buzyn « l’effet d’aubaine des vaccins pour l’industrie pharmaceutique ».

« Il faut savoir que le chiffre d’affaires de la « Big Pharma » dans cette catégorie d’activité est passé de 6 milliards d’euros en 2006 à 20 milliards en 2012 et à 42 milliards prévus fin 2016. Il ne faut pas que les vaccins deviennent le nouveau jackpot des laboratoires. On peut d’ailleurs s’interroger sur le cadeau fait aux laboratoires par une ministre qui a toujours été proche de l’industrie pharmaceutique et qui a même légitimé les conflits d’intérêts. »

Mme Rivasi n’est pas la première à laisser entendre que la nouvelle ministre de la Santé pourrait être plus ou moins concernée par des situations de conflits d’intérêts. Agnès Buzyn, a dans Le Parisien, répondu à ces allégations : « Je refuse qu’on me colle cette étiquette. Oui, les industriels gagnent de l’argent, mais on ne peut pas réduire la question de la vaccination à l’intérêt des laboratoires ». Il est fort possible que la ministre soit bientôt interrogée sur le même sujet. Mêmes causes, mêmes effets.

A demain

 

 

Les triomphes d’Emmanuel Macron coïncident avec une augmentation des cas d’exorcisme

Bonjour

L’étrange est partout. Nous sommes au surlendemain du (nouveau) triomphe d’Emmanuel Macron Et voici que le malicieux Figaro nous apprend que chacun des cent diocèses de France dispose désormais d’un prêtre exorciste 1. Comment ne pas faire le rapprochement quand on se souvient de la confession (à un journal dominical) du candidat Macron pour qui « la politique c’est mystique » ? Et ne vivons-nous pas aujourd’hui une forme d’exorcisme collectif sous couvert de pâmoison contagieuse et d’incitation au dégagisme ?

Car exorciser c’est, pour l’essentiel, purifier. On chasse le mal de l’endroit où il se trouve (sans trop s’inquiéter, d’ailleurs, de son prochain refuge). C’est chasser Satan du corps d’un possédé. C’est le délivrer de l’esprit malfaisant qui l’ensorcelle ce qui n’est pas, on le sait, sans lien avec la pratique de la psychiatrie et de l’addictologie (les « démons » de l’alcoolisme).

Ou avec celle de l’écriture – comme l’explique Paul Valéry soutenant que Gustave Flaubert fut toujours hanté par le démon de la connaissance encyclopédique, dont il a essayé de s’exorciser en écrivant « Bouvard et Pécuchet ». Sans oublier, avant Louis-Ferdinand Céline, Marcel Proust : « Je ne saurais trop recommander aux écrivains la vertu purgative, exorcisante, du pastiche ».

Bureau national des exorcismes

Le Figaro, lui, a eu accès aux chiffres officiels : il y a dix ans, et pour la seule Île-de-France, le nombre d’exorcismes pratiqués par des prêtres catholiques avoisinait une quinzaine de cas par an. Une cinquantaine d’exorcismes sont désormais accomplis annuellement. Et de citer le père Emmanuel Coquet, secrétaire général adjoint de l’épiscopat qui accompagne le bureau national des exorcistes :

« Il y a un accroissement très net. Les exorcistes sont frappés de voir que le phénomène prend de plus en plus d’ampleur. En réalité c’est l’évêque qui est l’exorciste du diocèse mais il confie cette tâche par une délégation formelle à un ou deux prêtres qui sont assistés par une équipe de laïcs et de religieux pour cette mission ».

Imagine-t-on ce que peut être, aux frontières du sourcier et du passeur de feu, le pouvoir d’exorciser ? La première difficulté, confesse le père Emmanuel Coquet, est de trier les dossiers. Près de 2500 demandes environ arrivent chaque année dans les diocèses d’Île-de-France. Le temps passe et Satan réclame plus de discernement que dans le passé. Le diabolique n’a plus les pieds fourchus, il fait de plus en plus dans le symbolique. Il faut savoir trier avant que d’exorciser.

Expertises psychiatriques

C’est bien pourquoi l’Église catholique « fait appel à des expertises psychiatriques pour évaluer si la personne aurait plutôt besoin de soins médicaux ». Ce n’est que si l’exorcisme est opportun qu’il est pratiqué –  encadré en termes liturgiques. Précision : le rituel contenant les prières de l’exorcisme n’est pas public. Seul l’évêque le reçoit et le transmet au prêtre pour sa mission d’exorciste. Rien n’est dit sur les tarifs.

Le psychanalyste, l’addictologue, la psychologue ne sont jamais très loin : un exorcisme majeur n’est, tout bien pesé, rien d’autre qu’une liturgie de la parole : lectures de textes de la Bible, prières de litanies, profession de foi, imposition des mains et formule de l’exorcisme. Une différence : le thérapeute n’est jamais seul qui œuvre toujours accompagné de plusieurs personnes en prières. Père Emmanuel Coquet :

« Il peut arriver que les forces de la personne soient soudain décuplées, explique le père Coquet. On laisse la personne exprimer la violence qu’elle porte en elle mais il faut se protéger en cas de difficultés. D’autres ne supporteront pas la vue d’un crucifix ou l’évocation de tel ou tel saint. D’autres encore se mettent à parler une langue qu’ils n’ont jamais apprise… Nous assistons après l’exorcisme à d’authentiques apaisements, libérations et guérisons intérieures. Tout cela est bien réel cela ne s’invente pas. »

Qui, père Emmanuel, pourrait raisonnablement penser que tout cela est inventé ? Reste toutefois, pendante, la grande question : Satan existe-t-il réellement (comme le soutient le Pape François) ou n’est-il qu’un symbole (comme le soutienne les Jésuites). L’affaire, nous dit Le Figaro, agite aujourd’hui les hautes sphères de la hiérarchie catholique. Elle n’est pas non plus étrangère à la politique française puisque l’on sait, désormais, que le nouveau président de la fille aînée de l’Eglise a été formé par les pères jésuites. Au célèbre collège de La Providence. Ce qui ne s’invente pas.

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1 « En France, le nombre d’exorcismes en nette augmentation » Le Figaro (Jean-Marie Guénois) 12 juin 2016.

Lézardes : Marisol Touraine sera-t-elle la responsable d’une fracture vaccinale nationale ?

 

Bonjour

En matière de politique vaccinale l’autruche est rarement un modèle à suivre. Combien de temps Marisol Touraine pourra-t-elle faire semblant de croire que rien ne presse ? La décision du Conseil d’Etat sur la vaccination constitue un séisme aux effets multiples dont la ministre de la Santé ne pourra pas longtemps faire l’économie. Un nouvel événement témoigne de l’urgence de la situation et de l’absolue nécessité d’une prise de parole ministérielle : une vingtaine de société savantes, institutions et syndicats viennent de prendre la parole d’une même voix.

Ils rappellent et résument l’essentiel : 1 le Conseil d’Etat constate qu’il existe sur le plan juridique une inadéquation entre une obligation vaccinale concernant trois vaccins (diphtérie, tétanos et poliomyélite – DTP) et l’absence de présentation disponible pour chacun d’entre eux isolément ; 2 le Conseil d’Etat écarte cependant l’argumentation des requérants sur les risques allégués des vaccinations non obligatoires associées aux trois vaccinations obligatoires ; le Conseil d’Etat relève aussi que ces vaccinations complémentaires sont d’autre part recommandées.

Aucun vaccin DTP disponible

Or il existe, parmi les recommandations celle associant les trois vaccins obligatoires (DTP) et trois autres recommandés (Haemophilus influenza de type B, coqueluche, hépatite B). « Pour la communauté scientifique, ces six vaccins sont tous également indispensables » expliquent-ils. Et chacun doit tenir son rôle.  Le Conseil d’Etat est dans le sien en demandant à la ministre d’appliquer la loi. Sa demande concernant la mise à disposition de vaccins correspondant aux obligations en vigueur implique de choisir entre trois solutions, un choix que Marisol Touraine doit faire : soit la mise à disposition d’un vaccin DTP dans les six mois, soit la levée des obligations vaccinales, soit l’extension des obligations à l’ensemble des six vaccins contenus dans les vaccins actuellement utilisés.

Or chacun sait (à commencer par les signataires) qu’il n’existe aujourd’hui aucun vaccin DTP disponible permettant de répondre à cette demande. Chacun sait (ou pressent) que la « levée des obligations vaccinales » n’irait pas sans effets nocifs. Selon les signataires (qui ne donnent pas leurs sources) « elle pourrait induire une baisse d’environ 20% de la couverture vaccinale vis-à-vis de maladies graves exposant la population à un risque infectieux élevé ».

Reste à relire les magistrats du Conseil d’Etat qui suggèrent que l’extension des obligations vaccinales « permettrait de mettre en adéquation la loi avec les besoins de santé et de répondre aux contraintes actuelles ». Or cette mesure figure déjà, précisément, dans les recommandations du « comité d’orientation de la concertation citoyenne sur la vaccination » mise en place par Marisol Touraine. Sans surprise les sociétés signataires estiment que c’’est la seule mesure actuellement envisageable pour protéger la population.

Une lettre de Marisol Touraine de 2012

Aux antipodes du spectre on trouve l’association E3M qui milite notamment « pour des vaccins sans aluminium ». Elle estime quant à elle que les « actions médiatique » actuelles n’ont pour but que d’inciter les responsables politiques à élargir l’obligation vaccinale à onze pathologies, au lieu de trois jusqu’à présent, « ce qui ferait correspondre l’obligation vaccinale aux vaccins commercialisés par l’industrie ». Elle rappelle avoir démontré (rapport, pages 48-52) que les données sur l’« augmentation des effets indésirables » ayant conduit au retrait en 2008 du vaccin DTPolio® sans aluminium « avaient été falsifiées par le fabricant ». Elle ressort aussi une lettre signée de Marisol Touraine datant d’avril 2012, peu avant sa nomination au ministère de la Santé. 2 Et encore:

« Tout est bon pour cacher l’escroquerie à l’origine de la disparition du DTPolio® en 2008, pour faire croire à l’innocuité de l’aluminium et à l’absence d’alternative, pour faire peur aux Français avec le risque « d’une baisse de la couverture vaccinale » dont découlerait « beaucoup de morts ». Cet élargissement de l’obligation vaccinale aurait l’apparence d’une action de bon sens : la vaccination est un acte de prévention !

« Mais en réalité, cette décision aurait pour conséquence d’aggraver l’état de santé de nombreux français par l’injection de doses supplémentaires d’aluminium, un produit neurotoxique et perturbateur endocrinien, alors que le DTPolio® était, lui, sans aucun adjuvant. Il était par ailleurs largement utilisé et plébiscité tant par les citoyens que par les professionnels de santé. »

Confusion

Dénonçant « une volonté de manipuler les esprits des auditeurs et des téléspectateurs » elle annonce saisir le Conseil National de l’Ordre des Médecins pour non-respect du code de santé publique par certains experts qui ne font pas état de leurs liens d’intérêts avec l’industrie ». « Une lettre sera aussi transmise au CSA pour lui demander de faire respecter la loi » ajoute cette association.

« Nous sommes actuellement dans une période de confusion totale. Essayons d’y voir un peu plus clair, conclut-elle. Face à cette cacophonie, on attend d’un responsable politique qu’il prenne ses responsabilités. »

C’est bien le seul point, républicain, sur lequel s’accorde les deux parties.Et les deux parties attendent.

A demain

1 Académie nationale de Pharmacie, SPILF; Société de Pathologie Infectieuse de Langue Française SNFMI; Société Nationale Française de Médecine Interne SMV; Société de Médecine des Voyages ; SFSA; Société Française pour la Santé de l’Adolescent (SFSA) ; Société Française d’Hématologie (SFH); Société Française d’Hygiène Hospitalière (SF2H); Société Française de Néonatologie (SFN) ; Société Française de Pédiatrie ; société française de Gériatrie et Gérontologie (SFGG) ; Pédiatres du Monde(PDM) ; Groupe de Pathologie Infectieuse Pédiatrique (GPIP) ; Fédération Nationale des Collèges de Gynécologie Médicale (FNCGM); Conseil National Professionnel de Pédiatrie ( CNPP) ; Collège National des Sages-Femmes de France (CNSF); Association Nationale des Puéricultrices Diplômés et des Etudiants (ANDPE); Association Française de Pédiatrie Ambulatoire (AFPA) ; Confédération des syndicats médicaux français Syndicat National des médecins de PMI (CSMF); Syndicat National des Pédiatres Français (SNPF)

2 Alors députée d’Indre-et-Loire et co-responsable de l’équipe « François Hollande 2012 » Marisol Touraine écrit à l’association E3M : « Dans le contexte de perte de confiance de nos concitoyens envers les institutions sanitaires, en particulier depuis la gestion catastrophique de l’épidémie de grippe A et la dénonciation de graves conflits d’intérêts ayant provoqué de trop nombreux scandales sanitaires, il faut donner les meilleures assurances de sécurité pour effectuer les vaccinations obligatoires dans l’intérêt de la santé de notre population. La nature des adjuvants utilisés dans leur fabrication doit faire l’objet d’une attention particulière et doit être communiquée aux familles afin qu’elles soient pleinement informées. Elles doivent également avoir le choix de faire procéder aux vaccinations obligatoires par des vaccins sans sel d’aluminium, d’autant plus que cela était le cas jusqu’en 2008. «

 

 

 

Autisme, vaccins et croyances : Luc Montagnier, ou l’étrange « revenant qui a mal tourné »

 

Bonjour

Les gazettes généralistes ne se sont guère intéressées au lièvre levé par l’Association Française pour l’Information Scientifique. Le 3 février dernier, l’AFIS diffusait le communiqué suivant : « Opération anti-vaccination au Parlement Européen : une députée européenne invite un ex-médecin radié pour fraude »:

« Le 9 février prochain, une initiative publique du mouvement anti-vaccination, accueillie par le groupe écologiste, est organisée au Parlement Européen et plus particulièrement par la députée française Michèle Rivasi. Ce n’est pas certes la première fois que cette élue ou d’autres utilisent ce lieu et cette tribune pour faire avancer des idées rejetées par la communauté scientifique concernée, on peut penser notamment aux initiatives de promotion des travaux de Gilles-Eric Séralini sur les OGM ou sur le glyphosate. Mais, c’est un nouveau cap qui vient d’être franchi sur une question majeure de santé publique : en effet, l’invité d’honneur sera Andrew Wakefield, un ex-chirurgien radié pour avoir été convaincu de fraude scientifique. Il viendra présenter son film « Vaxxed : from cover-up to catastrophe » (vaccination : de la dissimulation à la catastrophe). (…) ».

Confrère blogueur

Ce lièvre est repris aujourd’hui par Hervé Maisonneuve sur son blog « Rédaction médicale et scientifique ». Délicieusement pointilliste notre confrère blogueur connaît à merveille le sujet. Il a évoqué plusieurs fois l’affaire Wakefield et les morts dues à des infection rougeoleuse au Royaume-Uni. Il a résumé cette affaire dans un article de La Presse Médicale en 2012. Le BMJ a décrit cette fraude en trois articles et c’est un journaliste, Brian Deer, qui avait fait réagir la communauté scientifique. Autant d’éléments que ne peut pas connaître la scientifique devenue politique Michèle Rivasi. Hervé Maisonneuve :

« En bref, un chirurgien anglais, Andrew Wakefield, a été subventionné par un cabinet d’avocats (argent venant de lobbies anti-vaccins). Il a publié en 1988 dans The Lancet une série de 12 cas d’enfants faisant évoquer un lien entre vaccination ROR (MMR) et autisme. L’article a été rétracté en 2010, et A Wakefield a perdu son diplôme de médecin. Il est allé vivre au Texas (USA) où il donne des conférences. Cette fraude a eu des conséquences majeures : résurgence de cas de maladies infantiles, quelques décès et des centaines de millions d’euros gaspillés… »

Forêt des blogs

Michèle Rivasi n’est pas non plus sans regarder la télévision : l’arrivée au pouvoir de Donald Trump et ses croyances dans les vérités d’Andrew Wakefield, puis l’émergence de ce dernier dans le cortège présidentiel. Michèle Rivasi n’est pas non plus sans lire ce qu’on écrit à son endroit sur Mediapart (Yann Kindo) : « Michèle Rivasi en croisade contre la science et la santé publique ». Il semble qu’au final les portes du Parlement soient restées fermées à Andrew Wakefield. Reste que les canons sont là et les boulets aussi.

Hervé Maisonneuve souligne aussi que Michèle Rivasi avait annoncé la participation, à cette séance du Pr Luc Montagnier, pastorien définitivement émérite. Et notre confrère de qualifier le prix Nobel de médecine 2008 de « revenant qui a mal tourné ». Existe-t-il des revenants tournant bien ? Et comment comprendre la lente, longue et étrange dérive de celui qui découvrit le virus du sida ? Trente-quatre ans déjà. On regrettera que les gazettes citadines ne s’intéressent guère aux plus beaux des lièvres levés dans la forêt des blogs.

A demain

Mystique et politique: Emmanuel Macron, le candidat d’«En marche!» assume sa verticalité

 

Bonjour

On lit des choses étranges, parfois, dans Le Journal du Dimanche. Ainsi, aujourd’hui les « confidences sacrées » d’Emmanuel Macron. Des confidences ferroviaires faites, qui plus est, peu après le départ en TGV du vieux bastion communiste de Saint-Pierre-des-Corps. La France est un pays riche qui sait dépasser ses apparentes contradictions. Un séjour un petit nuage en Touraine et le candidat d’ « En Marche! » s’est confié au JDD sur son charisme, sur la nature du lien qu’il veut établir avec les électeurs et sur sa propre mystique… Extraits :

« La politique, c’est mystique. » […] « C’est tout mon combat. C’est une erreur de penser que le programme est le cœur d’une campagne. Les médias passent du commentaire d’un point de détail mineur du programme aux pires polémiques, et ainsi de suite. »

« Comment se construit le pouvoir charismatique? C’est un mélange de choses sensibles et de choses intellectuelles. J’ai toujours assumé la dimension de verticalité, de transcendance, mais en même temps elle doit s’ancrer dans de l’immanence complète, de la matérialité. Je ne crois pas à la transcendance éthérée. Il faut tresser les deux, l’intelligence et la spiritualité. Sinon l’intelligence est toujours malheureuse. Sinon les gens n’éprouvent de sensations que vers les passions tristes, le ressentiment, la jalousie, etc. Il faut donner une intensité aux passions heureuses. »

« La dimension christique, je ne la renie pas ; je ne la revendique pas. Je ne cherche pas à être un prédicateur christique. »

Transcendance-immanence

Où l’on comprend que ne pas chercher à être un prédicateur christique ne signifie pas que l’on ne sait pas que l’on en est un. Où l’on comprend, aussi, que (même « sans programme ») l’homme sait comment on échafaude un pouvoir charismatique -et comment on peut avoir conscience d’assumer la « dimension de verticalité » (entendre de transcendance). Où l’on s’interroge, enfin, sur la nature de l’ancrage transcendance-immanence, sur le malheur de l’intelligence, sur cette marche entreprise entre les éthers infinis et la lourdeur de la matérialité. C’est là, tout simplement, pour le commun des mortels, une marche ascensionnelle.

« La politique, c’est mystique » confie-t-il à Anna Cabana qui n’attendait sans doute pas cette manne tombée à Saint-Pierre-des-Corps. Plus tard, vers Vendôme, Orléans, Beaugency, Notre-Dame-de-Cléry (et le Dauphin si gentil…),  Emmanuel ajoutera : « La politique, c’est comme la littérature, c’est un style. » Est-ce dire que le mystique l’est aussi ? Puis le TGV arriva à Montparanasse. Dans le lointain, des cloches….

Un style ? « Quand il les eut mises en branle ; quand il sentit cette grappe de cloches remuer sous sa main ; quand il vit – car il ne l’entendait pas – l’octave palpitante monter et descendre sur cette échelle sonore comme un oiseau qui saute de branche en branche ; quand le diable musique, ce démon, se fut emparé du pauvre sourd, alors il redevint heureux, il oublia tout, et son cœur qui se dilatait fit épanouir son visage. »

C’était Quasimodo qui sonnait les cloches de Notre-Dame. Et c’était Victor Hugo.

A demain

 

 

Dr Frédéric Saldmann (AP-HP): un nouveau cas aigu de poussée médiatique dithyrambique

 

Bonjour

Faute de l’acheter (4,50 euros) on pourra, chez son dentiste, feuilleter demain la dernière livraison (n°3423) de L’Express. On y retrouvera, en majesté photographiée, le Dr Frédéric Saldmann. Sans surprise, un nouveau livre sur un créneau en or massif et sans danger :

« Dans  »Votre santé sans risque », le Dr Frédéric Saldmann, cardiologue nutritionniste et spécialiste de l’hygiène, nous livre ses conseils pour rester jeune plus longtemps. « La force qui est en chacun de nous est notre plus grand médecin. » Sans forcément le savoir, les Français ont adopté cette maxime d’Hippocrate en prenant leur santé en main. Il faut dire qu’une succession vertigineuse de scandales sanitaires –amiante, Mediator, etc.- (sic) a attisé la défiance et que le développement d’Internet a démocratisé le savoir médical. « Chacun devient auto entrepreneur de sa santé », proclame Frédéric Saldmann, jamais avare d’une analogie à la mode. » 

Nous nous sommes déjà intéressés à ce cas atypique dans paysage hyper-normé de l’AP-HP. Le Dr Saldmann qui aurait soigné François Hollande. Le Dr Saldmann  qui n’exerce pas à l’Américain mais au cœur même de l’AP-HP. Le Dr Saldmann nouveau gourou des stars dans Vanity Fair. Le Dr Saldmann briseur de glaces pour le médecin préféré des Français.

Bernard-Henri Levy

Dans Vanity Fair la journaliste Sophie des Déserts brossait le portrait de l’auteur (best-seller mondial – traduit en 22 langues) de « Le meilleur médicament c’est vous – Votre santé est entre vos mains » (Albin Michel). La partie la plus originale concernait les détails sur la consultation assez atypique donnée par ce médecin à l’Hôpital européen Georges-Pompidou. On pouvait lire : « Avec ces bilans, jusqu’alors inédits à l’AP-HP, le tandem [le Dr Frédéric Saldmann et le Pr Gérard Friedlander] concurrence les fameux check-up de l’Hôpital Américain, qui drainaient naguère la plupart des beautiful people. ‘’Je suis en quelque sorte le médecin des pauvres pour les riches’’ plaisante Saldmann. »

C’était il y a deux ans. Où en sont les fameux check-up ? On ne le saura pas à la lecture de L’Express. En revanche nous avons droit à une consultation gratuite et hospitalo-universitaire (Bruno D. Cot) avec ce toubib qui essaie d’être « le plus cash possible » (re-sic). Etrange consultation obtenue à on ne sait quel prix avec ce médecin qui a (potentiellement) « trois millions de patients dans sa salle d’attente ». Quelle salle d’attente puisque cette célébrité (on peut le voir « jusqu’à la terrasse du Flore (de Jean-Paul Sartre) ») n’a pas bureau, pas de plaque vissée, comme en partance. Il consulte « anonymement » (mais quotidiennement) « dans un bureau qu’il partage avec un confrère ». On peut, dans le plus grand secret y croiser des célébrités : Claude Lelouch, Bernard-Henri Levy, Jacques-Antoine Granjon et le multi-étoilé Joël Robuchon.

Louis Jouvet

Compter deux ans d’attente en moyenne pour être reçu. Dans l’attente lisez L’Express. Vous y apprendrez comment (avec un assistant) il met le doigt sur les « points de vulnérabilité ». Comment il ose lever les voiles de l’intimité que ses confrères laissent tirés. Comment (ce n’est qu’un exemple à proximité du périnée) « nettoyer son sillon interfessier. Comment (autre exemple) bien uriner. Comment relarguer avec aisance ses gaz intestinaux plus ou moins odoriférants. Il « vend du bonheur » résume la gazette qui le promeut dans les grandes largeurs.Et sans médicaments.  A quel prix ? Tiers payant hospitalier généralisé ? CMU acceptés ? Mystères.

Comme ce mystère qui interdit d’en savoir plus sur le site de l’AP-HP : « accès refusé » alors même que « lemedecin.fr » reste très discret.

Toujours dans L’Express un psychiatre libéral et médiatisé (le Dr Gérard Apfeldorfer) décrypte et tacle son confrère. Il y vante notamment les charcuteries et les pâtisseries. Il doute aussi de la valeur des « hugs » [câlins]  dont fait grand cas l’atypique de l’AP-HP.  Qui croire, dans quel étage errer ? On peut résumer. Il y a, chez le Dr Saldmann comme quelque chose d’un Knock inversé ? Le malade est un bien portant qui s’est égaré. Mais sur le fond c’est bien, sous les fards, la même emprise. Un siècle plus tard c’est bien Knock, sans les paroles de Jules Romains, sans la grandeur mystifiante et libératrice de Louis Jouvet.

A demain