Les pharmaciens français n’ont jamais été aussi prêts de pouvoir faire des ordonnances

Bonjour

14 mars 2019. Réunis en commission des Affaires sociales les députés viennent de décider d’autoriser les pharmaciens à prescrire et délivrer des médicaments qui ne pouvaient jusqu’ici être obtenus qu’avec une ordonnance médicale. C’est la suite d’un feuilleton politique centré sur des « pathologies bénignes » comme des « cystites aiguës » ou des « angines ». Un affaire, celle du « pharmacien-prescripteur »  qui commence à échapper à celui qui l’a voulue : le Dr Thomas Mesnier, urgentiste puis député (LREM, Charente).

« Ce texte vise à permettre aux pharmaciens de délivrer selon un protocole mis en place par la Haute Autorité de Santé des médicaments dont la liste serait fixée par arrêté dans le cadre de pathologies bénignes du quotidien, a-t-il plaidé  devant la commission des Affaires sociales. Cela se ferait dans le cadre d’un exercice coordonné, qu’il s’agisse d’équipes de soins primaires, de maisons de santé pluri-professionnelles, de centres de santé ou de communautés professionnelles territoriales de santé » et « sous réserve d’une formation ad hoc des pharmaciens sur ces dits protocoles et d’un lien obligatoire réalisé auprès du médecin traitant. »

Où l’on comprend, sans même être urgentiste ou député que l’on touche là à de puissants symboles. Et que ce contact ne peut que déclencher de violentes réactions. Agnès Buzyn semble l’avoir compris qui n’a pas caché un certain embarras devant les velléités de son jeune confrère.  Elle aimerait « trouver une voie de sortie par le haut » :

« Il me semble important de réussir à avancer sur ce sujet, soit par le biais d’une expérimentation, d’un article 51, soit de travailler aujourd’hui avec les professions médicales pour aboutir à une forme d’accord. Le passage en force peut nous mettre en difficulté et je souhaiterais avoir la semaine qui vient pour trouver une voie de passage avec les syndicats médicaux ? »

« Simplifier le quotidien »

Le Dr Olivier Véran neurologue hospitalier avant d’être député (LREM, Isère) a appuyé l’initiative de son collègue tout en cherchant à rassurer ses confrères. « On ne va pas demain « shunter » le médecin au profit du pharmacien. Il s’agit de simplifier le quotidien d’un certain nombre de Français et de normaliser certaines pratiques qui ont déjà lieu ». Ininiative sans grand succès.  MG France est exaspéré par ce grand remplacement qui aurait pour effet de  »shunter » l’examen clinique et la quête du diagnostic.

«  La sécurité des patients est aussi en jeu, et ce n’est pas acceptable ! On ne peut pas résumer une réponse à un symptôme par un médicament, pour diagnostiquer une cystite il faut d’abord une démarche clinique et ensuite, on oriente le patient vers un spécialiste, vers les urgences ou on fait une prescription. »

Le Syndicat des médecins libéraux dénonce cette obstination politique à vouloir doter les pharmaciens d’officine de compétences diagnostiques qu’ils n’ont pas. Et de s’élever contre « la dissémination du droit de prescription » et « le double discours » de la ministre. Même refus frontal pour la FMF : elle refuse que les pharmaciens puissent cumuler les fonctions de diagnostic, de délivrance, et de vente des médicaments.

On pourrait presque, ici, parler de conflits d’intérêts et de politique d’augmentation potentielle des risques. Et de syndicats jouant, étrangement, le rôle de lanceurs d’alerte.

A demain

@jynau

 

Transhumanisme: le vrai-faux moratoire contre les futurs humains génétiquement modifiés

Bonjour

C’est une bien étrange tribune à lire dans Nature : « Adopt a moratorium on heritable genome editing » Auteurs : Eric Lander, Françoise Baylis, Feng Zhang, Emmanuelle Charpentier, Paul Berg « and specialists from seven countries call for an international governance framework » – un goupe de dix-huit biologistes et éthiciens de sept pays (Etats-Unis et Chine pour l’essentiel) 1.

Où l’on voit qu’officiellement  les signataires appellent à un « moratoire » sur l’utilisation clinique des nouvelles méthode d’édition/réédition  du génome sur des cellules germinales ou des embryons humains «pour produire des enfants génétiquement modifiés». On saisit d’emblée que cet appel fait suite à la récente et spectaculaire annonce, en novembre dernier, par le chercheur chinois He Jiankui, de la naissance de jumelles dont pù aurait modifié le génome afin de les rendre « protégées contre le VIH ». « Dans ce document de quatre pages, accompagné d’un éditorial, les experts exposent les raisons de leur demande et le cadre dans lequel CRISPR-cas9 devrait être utilisé, résume la Revue Médicale Suisse. Ils soulignent ne pas exclure pas définitivement l’utilisation de cette technique d’édition de génomes humains mais insistent sur le fait que toute transformation des cellules germinales exige que les conséquences à long terme aient été comprises, tant pour l’individu que pour l’espèce humaine. »

Un moratoire, en somme, pour mieux « ne pas exclure définitivement ». Orwell et sa novlangue rôdent et l’on ne peut pas ne pas songer à la conférence d’Asilomar organisée en 1975, déjà, par Paul Berg.

Il est désormais pleinement établi que le Chinois He Jiankui a transgressé toutes les recommandations en matière de modification du génome humain. «Non seulement il n’était pas en mesure de prouver qu’il pouvait maîtriser les conséquences de ces modifications sur la santé de ces enfants ni que celles-ci ne seront pas délétères par la suite, mais il n’avait en plus aucune autorisation pour le faire, souligne Catherine Bourgain (Cermes 3 – Génétique humaine et statistiques, recherche participative) membre du comité d’éthique de l’Inserm (elle a signé la tribune de Nature). En l’occurrence, la modification qu’il a réalisée n’est pas celle qu’il avait prévue à l’origine, il y a eu beaucoup d’incertitudes. Sans compter que l’intérêt d’un tel acte n’est pas du tout prouvé.»

« A moins que certaines conditions ne soient remplies »

Où l’on voit que si l’intérêt de l’acte devait être prouvé les condamnations de son auteur pourraient être aussitôt effacées. Une trentaine de pays, dont la France, interdisent déjà ce type de pratiques. «Ce n’est pas le cas aux États-Unis et en Chine, explique Catherine Bourgain au Figaro (Cécile Thibert). Par “moratoire mondial”, nous ne voulons pas dire interdiction permanente, précisent les signataires. Cela signifie plutôt que nous demandons la mise en place d’un cadre international dans lequel chaque pays, tout en conservant le droit de prendre ses propres décisions, s’engagerait volontairement à interdire l’utilisation de cellules germinales génétiquement modifiées à moins que certaines conditions ne soient remplies.»

Où l’on voit, enfin, que le moratoire ne vise pas les manipulations génétiques faites dans le cadre de recherches « tant qu’elles n’aboutissent pas à une naissance ». Et loin d’un interdiction définitive des humains génétiquement modifiés les auteurs réclament l’interdiction « temporaire » (cinq ans, par exemple) de ces modifications génétiques – sans oublier la mise en place d’une « institution internationale » dont l’objectif serait de vérifier la pertinence des décisions prises par les pays. «On touche à la création d’êtres humains, à la notion même d’humanité, fait valoir Catherine Bourgain. Cela pose des questions qui concernent tout le monde. Le débat doit avoir lieu de façon large et ouverte, pas seulement au sein de la communauté scientifique.»

« Les conséquences d’un acte sont incluses dans l’acte lui-même ». George Orwell est bel est bien parmi nous.

A demain

@jynau

1 Eric S. Lander is president and founding director of the Broad Institute of MIT and Harvard in Cambridge, Massachusetts, USA. Françoise Baylis is a university research professor, Dalhousie University, Halifax, Canada. Feng Zhang is a core member of the Broad Institute of MIT and Harvard. Emmanuelle Charpentier is founding and acting head of the Max Planck Unit for the Science of Pathogens in Berlin, Germany. Paul Berg is Robert W. and Vivian K. Cahill Emeritus Professor in the biochemistry department at Stanford University, Stanford, California, USA. Catherine Bourgain, Bärbel Friedrich, J. Keith Joung, Jinsong Li, David Liu, Luigi Naldini, Jing-Bao Nie, Renzong Qiu, Bettina Schoene-Seifert, Feng Shao, Sharon Terry,Wensheng Wei, Ernst-Ludwig Winnacker

«Grève des IVG» : la désolante vérité du syndicat des gynécologues-obstétriciens français

Bonjour

Hier les responsables du Syndicat national des gynécologues et obstétriciens de France (Syngof) annoncaient, dans une « newletter », qu’ils étaient prêts à « donner l’ordre » à leurs adhérents « d’arrêter la pratique de l’IVG » si Agnès Buzyn persistait dans son refus de les recevoir. Une obscure affaire de « Fonds de garantie des dommages consécutifs à des Actes de Prévention, de Diagnostic ou de Soins dispensés par des professionnels de santé ». Une affaire qui, si l’on comprend bien, ne concerne que quelques praticiens.

Cette menace avait aussitôt alerté les associations féministes qui en appellaient, précisément, à Agnès Buzyn (sans oublier Marlène Schiappa). Mais elle avait aussi, fort heureusement suscité une condamnation sans appel du Conseil national de l’Ordre des médecins : « Menacer de priver des femmes de l’accès à l’IVG serait en contravention claire avec les obligations déontologiques. Cela serait un acte inexplicable et injustifiable, aux conséquences potentiellement dramatiques. »

Pour sa part Agnès Buzyn a réagi en dénonçant  le « caractère inadmissible (…) d’une telle prise en otage des femmes ». Et la ministre de regretter « l’image faussée des médecins gynécologues et obstétriciens de France que renvoient ces nouvelles déclarations inacceptables de la part d’un syndicat qui entend les représenter ».

 Que cherche le Syngof demandions-nous ? Il nous donne aujourd’hui la réponse :

«  Les gynécologues du Syngof soutiennent sans réserve le droit à l’IVG. Il est malheureux de constater dans notre démocratie qu’après tout les démarches officielles entreprises par le syndicat pour informer le ministère des problèmes d’assurance et d’indemnisation, le seul moyen aujourd’hui de se faire entendre est de générer une fausse polémique sur les réseaux sociaux dont on n’ignore pas l’impact négatif sur l’image des gynécologues obstétriciens et du Syngof. »

Le seul moyen de se faire entendre serait donc de manier la duplicité au point de devenir inaudible ? Combien sont-ils, les gynécologues-obstétriciens français, à soutenir cette triste, désolante et injustifiable initiative ?

A demain

@jynau

Agnès Buzyn, quitter le ministère de la Santé ? Une « mousse médiatique » confie l’Elysée

Bonjour

Que restera-t-il, demain, de cette agitation du microcosme autour d’Agnès Buzyn  « tête de liste macroniste aux élections européennes » ? Hier encore tous les médias l’évoquaient, la tenaient pour certaine. Aujourd’hui motus. On laisse entendre que c’est fini, qu’elle aurait « jeté l’éponge », que le président regarderait ailleurs. D’autres noms circulent à la cour et le maître des horloges est actuellement en Afrique. Versailles n’a jamais été si proche du Palais de l’Elysée.

« Pressentie pour prendre la tête de liste LREM aux européennes, la ministre de la Santé semble avoir tourné la page, résume Le Figaro (Marcelo Wesfreid). Il y a peu la ministre de la Santé parlait de l’Europe, cette «cathédrale» des temps modernes, avec lyrisme. Son envie de défendre le projet européen sautait aux yeux. Et puis, plus rien. Le scénario semble subitement caduc. »

Que s’est-il passé ? Le Figaro a enquêté. « La ministre n’avait pas envisagé cette possibilité au début. Elle s’est prise au jeu à force de caresser l’idée, croit savoir un conseiller gouvernemental. Mais elle s’est vite rendu compte qu’avoir des convictions profondes et une histoire familiale était une chose. Mener une campagne sans doute violente, une autre.»

Champ de compétences

Dans l’entourage du président de la République, on évoque «une mousse médiatique autour de cette possible candidature, qu’il fallait faire retomber». Et puis un signe qui ne trompe pas dans le monde du spectacle politique et carnassier :  l’ex-belle fille de Simone Veil a (pourquoi ?) refusé de croiser le fer contre Marine Le Pen, le 14 mars, dans «L’Émission politique» de France 2 –  et ce alors qu’elle avait été sollicitée pour l’exercice. A sa place, Nathalie Loiseau, pour l’heure donnée favorite comme « tête de liste ». «Cet épisode montre qu’Agnès Buzyn n’est peut-être pas assez solide pour mener ce combat», cingle un conseiller important. Tout, ou presque, est dit.

Que sait-on de plus ? Que la ministre des Solidarités et de la Santé a été reçue le 6 mars « dans l’après-midi », par Emmanuel Macron en personne. Et que le même jour, Nathalie Loiseau était elle aussi elle « conviée à un entretien au Château ». Dans la majorité, la piste Agnès Buzyn ne serait plus portée que par François Bayrou, patron du MoDem et maire de Pau. « Il a passé son temps à lui dire qu’elle était la meilleure, qu’elle était faite pour cette compétition », grince un partisan de Nathalie Loiseau. Mais qui écoute encore, aujourd’hui à Paris, François Bayrou ?

Qui, donc ? Le mystère demeure. « Ceux qui savent ne parlent pas et ceux qui ne savent pas parlent », déclare, pour sa part,  Agnès Buzyn qui disait il y a peu sa lassitude de devoir parler, chaque jour ou presque de la grippe et des urgences. Elle voulait « dépasser son champ de compétences ». La voilà aujourd’hui confrontée à la rougeaole, à l’endométriose, à la fin du numerus clausus et à la mort des petites maternités. Le quotidien banal et national, en somme, d’une ministre des Solidarités et de la Santé, numéro six du gouvernement.

Sans parler de l’invraisemblable menace « anti-IVG » du Syndicat national des gynécologues obstétriciens de France (Syngof).  Où l’ex-belle fille de Simone Veil découvre, près d’un demi siècle plus tard, que les mêmes combats restent parfois à mener.

A demain

@jynau

Invraisemblable : les gynécologues-obstétriciens français menacent de faire la grève des IVG.

Bonjour

Agnès Buzyn est toujours ministre des Solidarités et de la Santé. Et voici que les responsables du Syndicat national des gynécologues et obstétriciens de France (Syngof) annoncent, dans une « newletter », qu’ils sont prêts à « donner l’ordre » à leurs adhérents « d’arrêter la pratique de l’IVG » si elle persistait dans son refus de les recevoir.

Une obscure affaire de « Fonds de garantie des dommages consécutifs à des Actes de Prévention, de Diagnostic ou de Soins dispensés par des professionnels de santé ». Une affaire qui, si l’on comprend bien, ne concerne que quelques praticiens.

Injustifiable

Cette menace a aussitôt alerté les associations féministes qui en appellent, précisément, à Agnès Buzyn (sans oublier Marlène Schiappa). Mais elle a aussi, fort heureusement suscité une condamnation sans appel du Conseil national de l’Ordre des médecins :

« Menacer de priver des femmes de l’accès à l’IVG est totalement contraire à la déontologie médicale Le Conseil national de l’Ordre des médecins condamne fermement la menace du Syngof de demander à ses adhérents d’arrêter la pratique des IVG. L’Ordre des médecins a été alerté via les réseaux sociaux au sujet d’une newsletter du Syndicat national des Gynécologues et Obstétriciens de France, dans laquelle ce syndicat se dit prêt à « donner l’ordre » à ses adhérents « d’arrêter la pratique de l’IVG » si la ministre des Solidarités et de la Santé refusait de les recevoir.

« Le Conseil national de l’Ordre des médecins condamne fermement, au nom de la déontologie, l’expression d’une telle menace mettant en cause les droits des femmes et portant atteinte à l’indépendance des professionnels, qu’aucun conflit avec les autorités ne saurait justifier. Quelles que soient les revendications des médecins adhérents au Syngof quant à leur couverture assurantielle, ils ne sauraient à ce seul motif mettre en difficulté des femmes, en se retirant de soins auxquels la loi leur donne accès.

« Menaçant de priver des femmes de l’accès à l’IVG, une telle attitude serait en contravention claire avec les obligations déontologiques. Cela serait un acte inexplicable et injustifiable, aux conséquences potentiellement dramatiques. »

Pour sa part Agnès Buzyn a réagi en dénonçant  le « caractère inadmissible (…) d’une telle prise en otage des femmes ». Et la ministre de regretter « l’image faussée des médecins gynécologues et obstétriciens de France que renvoient ces nouvelles déclarations inacceptables de la part d’un syndicat qui entend les représenter ».

Prise d’otages

Que cherche le Syngof ? Il y a quelques mois le Dr Bertrand de Rochambeau, président de ce syndicat, avait lancé une vive polémique en parlant publiquement parlé d’ « homicide » à l’endroit de l’IVG. (« Homicide: action de tuer un autre être humain. ») Il avait aussitôt été promis au pilori par les ministres Agnès Buzyn et Marlène Schiappa. Et tancé par son Ordre lui rappelant que « la clause de conscience ne saurait être un moyen de se soustraire à la loi et aux dispositions de la déontologie médicale ».

A l’évidence ce rappel ordinal n’a pas été suffisant pour faire la part entre syndicalisme et déontologie – pour respecter la séparation des pouvoirs. Où l’on voit à quel point la confusion des esprits peut être dommageable dans les espaces médicaux et démocratiques.

A demain

@jynau

Officiel : abstention de relations sexuelles entre le médecin et les membres de sa patientèle

Bonjour

L’Ordre a une sainte horreur du vide. Aussi le Conseil National de l’Ordre des Médecins (CNOM) a-t-il mis fin à un vide juridique qui n’avait que trop duré dans le vaste champ de la sexualité. Car, comme le dit si bien Le Quotidien du Médecin (Elsa Bellanger), si le serment d’Hippocrate évoque l’interdit sexuel dans la relation médecin-patient, le code de déontologie médicale n’en faisait jusque-là pas spécifiquement mention. Tel n’est plus, enfin, le cas.

Tout avait commencé il y a un ans avec une pétition adressée à la ministre de la Santé Agnès Buzyn lancée sur le blog « Atoute.org ». Objectif : obtenir l’ajout dans le code de déontologie médicale d’un article interdisant explicitement aux médecins toute relation sexuelle avec les patients – ceux dont ils assurent le suivi. Une initiative du Dr Dominique Dupagne, généraliste à Paris, fondateur de « Atoute.org » et chroniqueur sur France Inter. Sollicité par des femmes victimes d’abus, il coordonnait la campagne #OperationHippocrate.

Au vu de nombreux témoignages de patientes se disant victimes de médecins, le CNOM s’est attaché à compléter les commentaires de l’article 2 du code portant sur le respect de la personne et de sa dignité.

« Le médecin, au service de l’individu et de la santé publique, exerce sa mission dans le respect de la vie humaine, de la personne et de sa dignité. Le respect dû à la personne ne cesse pas de s’imposer après la mort »

Si nécessaire, dénoncer les confères

Il s’agissait notamment d’y ajouter la jurisprudence de la chambre disciplinaire nationale :

« Le médecin doit s’abstenir de tout comportement ambigu en particulier à connotation sexuelle (relation intime, parole, geste, attitude, familiarité inadaptée) ». « Le médecin doit s’interdire à l’égard de ses patients toutes relations intimes ».  « Dans le cas de patients en état de fragilité psychologique, les relations intimes s’apparentent à un abus de faiblesse ».

« Tous les médecins connaissaient cette limite, assure le Dr Jean-Marie Faroudja, président de la commission éthique et déontologie du CNOM. Les commentaires du Code énoncent la nécessité de s’abstenir de tous comportements ambigus, mais cela ne suffisait pas. Cet ajout permet de faire de la prévention, de rappeler les règles. Tout comme il est nécessaire de rappeler qu’un problème de cette nature doit donner lieu à une plainte auprès de la police et auprès de l’Ordre. Les médecins fautifs seront sanctionnés ».

Ce n’est pas tout : les médecins ont par ailleurs l’obligation de signaler les faits concernant leurs confrères portés à leur connaissance. Le Quotidien du Médecin précise qu’en 2017, trente-six affaires de relations sexuelles entre médecin et patient (consenties ou non) ont été traitées par les chambres disciplinaires de première instance.

« Ces affaires représentent 3,5 % des griefs », indique pour sa part François-Patrice Battais, greffier en chef de la chambre disciplinaire nationale. Sur ces affaires, dix-sept ont débouché sur un rejet de plainte, deux ont donné lieu à des « avertissements », un « blâme » a été prononcé, treize ont abouti à « des interdictions temporaires d’exercice » (de 3 mois à 3 ans). Et trois radiations ont été prononcées.

On ne dispose pas encore des chiffres de 2018.

A demain

@jynau

Le trop maigre mea culpa de Michèle Rivasi, écologiste qui est «pour la vaccination»

Bonjour

Méchamment taclée il y a peu par Agnès Buzyn (Le Parisien), défendue ce matin par Yannick Jadot (RTL) la controversée Michèle Rivasi a finalement choisi de répondre via un communiqué de presse. « Depuis quelques semaines je suis caricaturée en militante anti vaccins, dit-elle. Ce qui s’apparente à une campagne calomnieuse, vise à disqualifier mon combat politique. Je ne peux laisser passer de telles attaques sans mot dire. »

C’est une profession de foi doublée d’un petit mea culpa. Mais d’abord une auto-présentation :

« Scientifique de formation, diplômée de l’Ecole Normale Supérieure et agrégée en biologie, fondatrice du premier laboratoire indépendant sur la radioactivité en France (la CRIIRAD), je rejette depuis toujours l’obscurantisme. J’avance sous le double drapeau de l’intérêt général et de la santé publique. Amiante, levothyrox, prothèses mammaires je me suis battue toute ma vie pour faire respecter la santé des gens et contre les mensonges des lobbies. Mon combat depuis toujours a été pour la transparence et l’information des citoyens. »

Ceci posé, sa réponse d’aujourd’hui « vise à rétablir la vérité et à rassurer celles et ceux qui ont pu être troublés ».

« J’écris pour terrasser l’hydre de la rumeur et du soupçon. Que les choses soient claires : je ne remets pas en cause l’utilité de la vaccination, et je sais ce que les vaccins ont apporté en termes de progrès sanitaires au 20ème siècle, de lutte contre la mortalité infantile… »

Et le mea culpa :

« J’ai malheureusement commis une erreur regrettable en invitant il y a deux  ans dans un débat M. Wakefield. Si c’était à refaire, je ne le referais pas : son étude dépubliée [sic] par The Lancet et son film ne m’ont pas convaincue. L’indigence des arguments avancés suffit à discréditer la thèse et l’auteur. »

Précisons. Mme Rivasi parle ici d’Andrew Wakefield, tristement connu à l’échelon international pour avoir volontairement commis une succession de fraudes majeures ayant eu pour conséquences de laisser croire à une relation de cause à effet entre le vaccin rougeole-oreillons-rubéole (vaccin ROR) et une invraisemblable « entérocolite autistique » (autistic enterocolitis).

Invitation malheureuse et inappropriée

Les « travaux » d’Andrew Wakefield furent publiés en 1998 dans The Lancet avant d’être contestés, décryptés, dénoncés. Puis une enquête d’un reporter du Sunday Times (Brian Deer) établit l’existence de conflits d’intérêts d’ordre financier. D’autres investigations furent menées qui conduisirent à la rétractation de la publication du Lancet en février 2010. Et à la mise au ban de la communauté médicale internationale de l’auteur.

Il reste donc à comprendre comment, sept ans plus tard (en février 2017), Mme Rivasi a jugé nécessaire d’inviter Andrew Wakefield à participer à un débat officiel au sein du Parlement européen. Violemment critiquée elle n’avait, alors, visiblement pas pris la mesure de l’ampleur de son erreur.  De ce point de vue les trois lignes de son communiqué de presse de ce jour ne sont pas, loin s’en faut, suffisantes pour lever les doutes qu’elle entretenait depuis deux ans sur ce sujet

« Cette invitation malheureuse et inappropriée a donné une occasion en or aux lobbies de la santé de m’attaquer directement ou indirectement ajoute-t-elle. Qu’ils sachent pour autant que je ne les crains pas et qu’on ne me fera pas taire. »

Il faudra, pour cela, qu’elle revienne avec tous les détails sur cette bien malheureuse invitation qui ruine toujours sa profession de foi :

« Je l’affirme donc haut et fort : je suis pour la vaccination ; pour la protection de la santé. C’est pour cette raison que je réclame depuis des années, et en ai parlé directement avec la ministre de la Santé, des études indépendantes sur les adjuvants (aluminiques notamment) utilisés dans les vaccins, sur l’effet cocktail des onze vaccins sur les nourrissons de moins de 18 mois) et une amélioration de la pharmacovigilance concernant les produits de santé. »

« Chacun doit comprendre que l’opacité crée le doute, conclut-elle. Chacun doit se convaincre que qui veut rétablir la confiance demande la clarté. » En est-elle pleinement convaincue ? Et quand fera-t-elle, concernant Wakefield, la pleine lumière ?

A demain

@jynau