Coronavirus : Pékin sous la pression, l’épidémie progresse, l’OMS en perte de vitesse

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4 février 2020. Le bilan actualisé dépasse le 20 000 cas et les 400 décès. Rien au regard de l’histoire des maladies infectieuses, mais une comme une bombe à retardement dans le monde hyperconnecté que nous avons créé.

Que se passe-t-il aujourd’hui sur les hauteurs de la vieille ville de Genève ? Que fait-on au siège aseptisé de l’OMS ? Comment le Dr  Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’institution onusienne interprète-t-il l’évolution des événements internationaux face à la progression de l’épidémie du nouveau coronarovirus ? Quel bilan tire-t-il de ses efforts diplomatiques vis-à-vis de la grande Chine, un pays et ses gouvernants aux prises avec une crise sanitaire, économique et politique sans précédent ? Songe-t-il déjà aux conséquences des ces événements pour l’institution planétaire qu’il dirige ?

 Il avait, le 30 janvier,  déclaré «l’urgence de santé publique de portée internationale» (USPPI). Pour autant il ne s’était limité à cette seule annonce. «Cette déclaration n’est pas due à ce qui se passe en Chine, mais à ce qui se passe dans les autres pays», commentait le directeur général de l’OMS. «Notre plus grande préoccupation est la possibilité que le virus se propage dans des pays dont les systèmes de santé sont plus faibles. Il ne s’agit là pas d’un vote de défiance à l’égard de la Chine dans laquelle nous continuons à avoir confiance.»

Et le Dr Ghebreyesus d’ajouter qu’il n’y avait pas lieu de limiter les voyages et les échanges commerciaux avec la Chine: «L’OMS ne recommande pas de restreindre les voyages, les échanges commerciaux et les mouvements de population, et s’oppose même à toute restriction aux voyages.» C’était compter sans la dynamique internationale déjà à l’œuvre et qui voyait un nombre croissant de pays annoncer la prise de mesures restrictives bilatérales.

Et maintenant, alors que le monde se claquemure et que la pression monte comme jamais en Chine et sur les dirigeants de Pékin ? A quoi songe-t-on, que va-t-on dire aujourd’hui au monde depuis les hauteurs de la vieille ville de Genève ?

Lire : Coronavirus: l’épidémie progresse, l’OMS en perte de vitesse Slate.fr 4 février 2020

A demain @jynau

Coronavirus, communisme et capitalisme : affolement des bourses et du pétrole mondial

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3 février 2020. Injecter pour rassurer. La Banque Centrale de Chine (PBOC) injectera aujourd’hui 1,2 trillion de yuans (soit 150 milliards d’euros) d’argent frais. Les autorités chinoises ainsi tentent de rassurer et jurent que l’impact de la crise due au « 2019-nCoV » sera de « courte durée ». Pour l’heure c’est raté : les bourses chinoises, tétanisées par l’épidémie plongent. Celle de Shanghai a chuté de 8,1% à l’ouverture. L’indice de Shenzhen dégringolait lui de 8,6% – un symptôme de l’anxiété des investisseurs face aux répercussions économiques de la crise sanitaire, qui menace de mettre durablement à l’arrêt la seconde économie mondiale.

« Ces chiffres augurent une journée de baisse sans précédent depuis le krach de 2015 qui avait donné des sueurs froides au régime communiste, explique Sébastien Falletti, correspondant du Figaro à Pékin. C’est un premier test délicat pour les argentiers de Pékin, à l’heure où le monde ferme ses portes au géant asiatique, première puissance commerciale de la planète. » Plus généralement les économistes redoutent un déflagration majeure menaçant la croissance mondiale.

Aux chiffres des bourses s’ajoutent les chiffres épidémiques : cette première journée de marché (après la pause du Nouvel An chinois) est aussi celle qui voit le bila dépasser celui du SRAS : plus de 17 000 cas en dépit de gigantesques et drastiques mesures de protection-prévention.

« Cette mobilisation illustre la nervosité du pouvoir face à une crise sans précédent depuis l’arrivée au pouvoir du président Xi Jinping, en 2013, ajoute Le Figaro. Elle survient en plein ralentissement structurel de la croissance chinoise, nourrissant les craintes. Avant même l’éruption de la crise, la production manufacturière en janvier était à son niveau le plus bas depuis cinq mois, selon l’indice PMI calculé par Caixin/Markit. Les inquiétudes pèsent sur la reprise de la production industrielle dans l’usine du monde. La consommation et les services s’annoncent au plus bas alors que la population est sommée de s’enfermer chez soi et que la plupart des commerces sont fermés. »

Château de cartes en péril

Il est d ‘ores et déjà acquis que les conséquences dépasseront celles de l’épidémie de SRAS de 2003. « Désormais le services, et consommation sont un moteur de croissance clé pour la Chine. De plus, la confiance des investisseurs a été durablement érodée par la guerre commerciale et l’économie est entrée dans une décélération structurelle » explique au Figaro Alicia Garcia Herrero, chef économiste chez Natixis. En 2003, l’économie chinoise était en plein décollage, encore peu endettée et avait enregistré un une croissance annuelle de 10% malgré l’épidémie. Désormais Pékin espère atteindre environs 6% de croissance, et nombre d’économistes jugent que cet objectif devra être revu à la baisse. »

Il faut aussi anticiper et tenter de prévoir les conséquences sur ce château de cartes qu’est le capitalisme mondialisé. En Chine, nombre d’entreprises étrangères réduisent leurs activités et d’évacuer leur personnel expatriés paniqué par la mise en quarantaine du pays. Apple a annoncé la fermeture de ses boutiques en Chine jusqu’au 9 février tout comme de nombreuses multinationales. En dépit des recommandations de l’OMS de nombreuses compagnies aériennes (comme Air France, British Airways, United Airlines ou Lufthansa) ont suspendu leur vols vers la Chine « pour une durée indéterminée » – mesure rare qui isole de facto un peu plus la deuxième économie mondiale (près de 18% du PIB mondial).

La porte, la vache et son étable

L’impact sur le château de cartes touche aussi, dès aujourd’hui, le pétrole qui le nourrit. La consommation, brutalement, baisse et les prix chutent : 52 dollars le baril. Cette baisse est désastreuse pour les producteurs texans d’hydrocarbures, soutiens électoraux de Donald Trump. Les actions des majors du pétrole, Exxon, Mobil et Chevron ont perdu environ 4 %. L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et son allié russe vont tenir une réunion technique les 4 et 5 février à Vienne. « Il s’agit  pour analyser la baisse des cours du brut en lien avec l’épidémie du nouveau coronavirus, a indiqué à l’AFP une source proche de l’organisation. »

« Les Américains sont particulièrement inquiets des conséquences économiques de l’épidémie née en Chine, observe Le Monde (Arnaud Leparmentier). Le secrétaire au commerce américain, Wilbur Ross, a suscité une polémique en prédisant jeudi sur la chaîne conservatrice Fox News que le coronavirus allait ‘’aider à accélérer le retour d’emplois en Amérique du Nord’’. Les propos de l’administration ont ensuite été plus apaisants. ‘’Le président Trump veut tout faire pour aider le président Xi’’, a déclaré le conseiller pour la sécurité nationale, Robert O’Brien. La Maison Blanche a proposé d’envoyer à Pékin une assistance médicale. »

Quant aux mesures de prophylaxie ont suscité le commentaire dubitatif du Dr Michael Osterholm, directeur du Centre de recherche sur les maladies infectieuses à l’université de Minnesota. « La vache est déjà en dehors de l’étable, et on parle d’en fermer la porte », a-t-il déclaré au New York Times. Seuls les cow-boys saisiront.

A demain @jynau

Coronavirus diplomatique : l’OMS déclare un ersatz d’«urgence publique internationale»

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30 janvier 2020. Tempête sur les hauteurs aseptisées de Genève. Un mois après avoir été informée par la Chine de l’existence d’une nouvelle épidémie, l’OMS a officiellement déclaré « l’urgence de santé publique de portée internationale » (USPPI). L’OMS estime qu’il est toujours possible d’interrompre la propagation du virus, à condition que tous les pays mettent en place des mesures énergiques pour détecter précocement la maladie, isoler et traiter les cas, rechercher les contacts et « promouvoir des mesures de distanciation sociale proportionnées au risque ».

L’institution onusienne a pris de multiples gants diplomatiques pour ne pas froisser Pékin. «Cette déclaration n’est pas due à ce qui se passe en Chine, mais à ce qui se passe dans les autres pays. Notre plus grande préoccupation est la possibilité que le virus se propage dans des pays dont les systèmes de santé sont plus faibles», a ainsi précisé le directeur-général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, à l’issue d’une réunion à Genève du comité d’urgence de l’organisation.«Il ne s’agit pas d’un vote de défiance à l’égard de la Chine. Nous continuons à avoir confiance en la Chine», a-t-il également tenu à ajouter. 

Le bilan de l’épidémie de coronavirus 2019-nCov, est de 170 morts.Le nombre de personnes contaminées a grimpé à environ 7 700 en Chine continentale (hors Hongkong), dépassant désormais largement celui (5 327) de personnes infectées par le SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère) en 2002-2003.

« Notre plus grande préoccupation est la possibilité que le virus se propage dans des pays dont les systèmes de santé sont plus faibles», a encore déclaré le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus. Pour autant le directeur général a estimé qu’il n’y avait pas lieu de limiter les voyages et les échanges commerciaux avec la Chine : « L’OMS ne recommande pas de restreindre les voyages, les échanges commerciaux et les mouvements de population, et s’oppose même à toute restriction aux voyages ».

Comprendra, demain, qui pourra.

A demain @jynau

12 septembre 2019: justice, politique, bioéthique.

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Le verdict est tombé dans la nuit de mercredi 11 à jeudi 12 septembre : le président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand, a été mis en examen pour « prise illégale d’intérêts » dans l’affaire dite « des Mutuelles de Bretagne », révélée en mai 2017 par Le Canard enchaîné – affaire dans laquelle il est accusé d’avoir favorisé sa femme lors d’une transaction immobilière.

Quatrième personnage de l’Etat le président de l’Assemblée nationale aussitôt annoncé, dans un communiqué, être « déterminé à poursuivre [sa] mission » à la tête de l’Assemblée.  « Il n’est pas question d’une démission car une instruction n’est en aucun cas une condamnation », a indiqué son entourage. M. Ferrand a reçu le soutien du président de la République dont il est un proche.

Jeudi 12 septembre les discussions de la « loi mobilité » se poursuivaient dans l’hémicycle – ainsi que celles, en commission, de la révision de la loi de bioéthique, cette bioéthique parfois définie comme la « morale en marche ».

A demain @jynau

Ecstasy : combien de temps avant qu’on l’utilise pour lutter contre la dépendance à l’alcool ?

Bonjour

Rien de tel qu’un bon verre pour aguicher les médias. Ainsi Le Monde (Raphaëlle Bacqué), depuis Biarritz et Espelette : C’est « à la demande de l’équipe de communication de la Maison Blanche », assure l’Elysée, que la First Lady américaine a goûté, chez un caviste basque, un verre d’irouléguy, alors même que son mari menace de surtaxer les vins français. Irouléguy : un goûteux timbre poste sur le chemin des pèlerins de Saint-Jacques ; deux cents hectares sur quinze commune ; classé AOC depuis 1970 ; rouge et rosés à base des cépages  tannatcabernet franc et cabernet sauvignon ; vins blancs issus de courbu blanc, du petit courbu B, de petit manseng et gros manseng.

Dans le même temps ou presque, à l’autre bout de la chaîne, The Guardian (Helena Blackstone) : « MDMA treatment for alcoholism could reduce relapse, study suggests. Researchers say drug is safe and appears more effective than conventional treatments ». Des informations glanées lors de l’International Conference on Psychedelic Consciousness (Londres, 16-18 août) – reprises et développées par Medscape France (Stéphanie Lavaud) : « Résultats prometteurs pour la 1re étude à tester la MDMA (ecstasy) dans l’alcoolisme ».

« MDMA » cette reine de la nuit 1 ? « Un ‘’revival’’ thérapeutique, rappelle Medscape. Ce produit qui a été largement utilisé de façon thérapeutique entre les années 70 et 1985. La molécule synthétique provoque des effets euphorisants et créé une vision positive et empathique des choses et des gens, ce qui lui a valu le surnom de ‘’pilule de l’amour’’. Si on ne sait pas exactement par quels mécanismes elle agit dans le cerveau, elle doit son action à un dérivé d’un produit actif tiré de la mescaline (la methylenedioxy-amphetamine or MDA). Moins hallucinogène et moins toxique que la MDA, la MDMA a connu son heure de gloire au sein du « Boston group ». A partir de 1976, ce cercle influant comprenant un chimiste, des personnes intéressées par la spiritualité et des chercheurs en intelligence artificiel du MIT (Boston), a répandu l’usage du MDMA à visée thérapeutique auprès de psychiatres et  de thérapeutes. Comme avec le LSD, l’usage a par la suite débordé le champ de la psychiatrie. Devenue très en vogue dans les clubs newyorkais en 1983, la MDMA a fini par être classée sur la liste des molécules « Schedule 1 » et interdite en 1985 par le gouvernement américain, même à titre médical. »

Aujourd’hui, donc, focus sur la maladie alcoolique. L’étude présentée à Londres portait sur huit semaines et comprenait deux sessions avec de la MDMA. Les auteurs rapportent une bonne tolérance du traitement, sans conséquences néfastes physiques ou psychiques chez les premiers participants à avoir terminé l’étude. Et The Guardian rapporte les résultats, non encore publiés, onze patients avec un suivi de neuf mois.

Zéro black Monday/blue Tuesday

« Nous avons une personne qui a totalement rechuté, revenant à sa consommation d’alcool d’origine, 5 personnes qui ne boivent plus une goutte d’alcool, et 4 ou 5 personnes qui boivent encore 1 ou 2 verres mais pour lesquelles ne s’applique plus le diagnostic de trouble alcoolique » a rapporté le Dr Ben Sessa, psychiatre, chercheur en neuropsychopharmacologie (Imperial College London) et premier auteur de l’étude. En utilisant ce que la médecine propose de mieux, 80% des gens boivent dans les trois ans qui suivent leur cure de sevrage. Et pas de black Monday ou de blue Tuesday, peu importe comment les ravers l ’appellent. De mon point de vue, [la descente que décrivent les ravers au lendemain et sur-lendemain de la prise] est un artefact du raving, mais ce n’est pas dû à la MDMA. »

Pour le Dr Ben Sessa, la MDMA n’a rien de dangereux, qui a été prescrite aux Etats-Unis (entre 1970 et 1985) et en Suisse (jusqu’en 1993) pour augmenter l’efficacité de certaines psychothérapies et qui est parfois utilisées dans le traitement du syndrome de stress post-traumatique. «Il reste désormais à étudier la possibilité de mener un essai clinique randomisé versus placebo, pour véritablement s’assurer de l’efficacité du traitement » souligne, sagement, Medscape. Peut-on raisonnablement espérer, manseng ou pas, que ces travaux puissent, aussi, être menés en France ?

A demain @jynau

1 Merlo S, Jamme S, Gatner B et al Drogues festives : quand « récréation » rime avec « consultation » Rev Med Suisse 2019; volume 15.1394-1396

Marine nationale (héroïne), Douanes françaises (diazépam) : que deviennent leurs prises ?

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Ascension 2019. Un stock de 415 695 de comprimés de diazépam a été saisi par les douanes à Calais, à l’entrée du tunnel sous la Manche. L’information vient d’être donnée par Gérald Darmanin, ministre de l’Action et des Comptes publics. Extrait du communiqué scénarisé :

« La valeur de ces médicaments transportés en contrebande est estimée à 470 000 euros. Les douaniers du tunnel ont procédé jeudi au contrôle d’un camion immatriculé en Lituanie et s’apprêtant à partir pour la Grande-Bretagne via le tunnel sous la Manche. Les documents présentés par le chauffeur couvraient un groupage de colis en provenance d’Allemagne.

« Lors de l’inspection du chargement, les douaniers ont découvert plusieurs cartons emballés d’un film noir contenant des bidons en plastique scellés supposés contenir des protéines pour la nutrition. A l’ouverture de l’un des pots, ce sont toutefois des tablettes de médicaments en vrac, sans notice ni emballage, qui ont été découvertes. Au total, 44 bidons ont été extraits du chargement pour un total de 415 695 comprimés.

« Le conditionnement de ce médicament, transporté en contrebande depuis la Slovaquie, laisse supposer un usage détourné de sa vocation thérapeutique (sic). Cette molécule est en effet fréquemment utilisée en substitut des opiacés ou de l’alcool. En association avec ce dernier, elle permet de modifier le comportement. Le chauffeur du camion de nationalité biélorusse, mis hors de cause, a été laissé libre. Les médicaments ont été saisis et un échantillon est en cours d’analyse au Service commun des laboratoires douane/DGCCRF de Lille. Le Parquet de Boulogne a été saisi du dossier. »

Que vont devenir les 415 695 de comprimés de diazépam ? Les retrouvera-t-on sur quel marché ? Dans quelles pharmacies ? Rien ne nous est dit à ce sujet.

Et puis ce communiqué de presse scénarisé du ministère des Armées :

« Dans son incessante lutte contre le trafic de drogue en Océan indien, la Marine nationale vient de réaliser une nouvelle saisie de stupéfiants. La ministre des Armées, Florence Parly, félicite l’équipage du Floréal : ‘’leur action réussie permet de continuer un travail de fond dans une zone stratégique pour la France. Les trafics sont des vecteurs de financement d’activités terroristes, les armées remplissent ainsi leur mission de protection de nos ressortissants et nos intérêts’’.  

Le 28 mai, la frégate de surveillance Floréal a de nouveau réalisé une belle performance en saisissant 520 kg d’héroïne. Après la saisie de près de 7,5 tonnes de drogues diverses au début du mois de mai, la frégate de surveillance Floréal avait continué ses patrouilles de lutte contre les trafics liés au terrorisme dans la zone nord de l’Océan Indien.

Lors d’une surveillance maritime de nuit, le Panther, hélicoptère embarqué de la frégate, a détecté un boutre présentant différents critères de suspicion et naviguant dans une zone connue pour être fréquentée par les trafiquants. Après avoir élaboré une route d’interception, dite « route de chasse », le Floréal a détecté à son tour, au moyen de son radar, le boutre suspect et s’en est rapproché dans la nuit ; de nombreuses incohérences dans les propos du capitaine ont confirmé le caractère suspect du boutre. 

Le Floréal a obtenu alors l’autorisation d’effectuer une enquête de pavillon, c’est-à-dire de monter à bord pour lever le doute sur la nationalité du navire inspecté. Une fois la sécurisation du boutre effectuée par l’équipe de visite du Floréal, les documents du bord ne permettant toujours pas d’établir sa nationalité, le navire a été déclaré « sans pavillon ».

Au milieu d’une cargaison de ciment, une première cache d’héroïne a été découverte. Les investigations supplémentaires ont permis de découvrir deux nouvelles caches portant à 434 le nombre de ballots détenus. »

Que vont devenir les « plus de 520 kg d’héroïne qui ont été saisis » ? Au nom du  « principe de dissociation administrative » ils ont été détruits par la frégate de surveillance « Floréal » nous assure-t-on. « Autant de produits stupéfiants qui n’alimenteront pas le financement des activités terroristes » nous dit la ministre Parly. Ni, donc, celui des activités anti-terroristes.

A demain

@jynau

Coup de théâtre : la justice ordonne la reprise de l’alimentation/hydratation de Vincent Lambert

Bonjour

20 mai 2019, fin de soirée. Et ce coup de théâtre dans l’affaire Vincent Lambert. Le matin on commençait de cesser de le nourrir, mesure provoquant une serie sans précédent de réactions et de commentaires définitifs. Le soir même la cour d’appel de Paris ordonnait la fin de cette pratique conduisant à la mort du malade.

La cour « ordonne à l’Etat français (…) de prendre toutes mesures aux fins de faire respecter les mesures provisoires demandées par le Comité international des droits des personnes handicapées le 3 mai 2019 tendant au maintien de l’alimentation et l’hydratation » de Vincent Lambert, selon la décision consultée par l’Agence France Presse.

 « La cour de Paris a ordonné des mesures conservatoires, à savoir que l’alimentation et l’hydratation de Vincent doivent être reprises sans délai. C’est donc une extraordinaire victoire (…) », a commenté Me Jean Paillot, l’un des avocats des parents du patient qui commençait, depuis le matin, à être « sédaté » par l’équipe du Dr Vincent Sanchez (hôpital Sébastopol, CHU de Reims).

On se souvient qu’Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé avait déclaré que la décision du Comité international des droits des personnes handicapées ne s’imposait pas à la France. C’était le 4 mai, sur RMC-BFMTV :

« Aujourd’hui, juridiquement parlant, tous les recours » dans cette affaire « sont arrivés au bout, et toutes les instances juridictionnelles, qu’elles soient nationales ou européennes, confirment le fait que l’équipe médicale en charge de ce dossier est en droit d’arrêter les soins.

« Les parents de Vincent Lambert se sont retournés vers ce comité qui s’occupe des personnes handicapées, et non des personnes en état végétatif comme Vincent Lambert [et cet organisme a demandé de surseoir à un arrêt des soins] parce qu’ils n’ont que la version des parents. Nous ne sommes pas tenus par ce comité légalement, mais bien entendu nous prenons en compte ce que dit l’ONU et nous allons leur répondre ».

Séparation des pouvoirs

Toujours le 20 mai, la Cour européenne des droits de l’homme avait rejeté une requête des parents. Peu après Emmanuel Macron avait pris la parole :

« Aujourd’hui, comme Président de la République, il ne m’appartient pas de suspendre une décision qui relève de l’appréciation de ses médecins et qui est en conformité avec nos lois.  La décision d’arrêter les soins a été prise au terme d’un dialogue permanent entre ses médecins et sa femme, qui est sa tutrice légale. Elle l’a été, en application de notre législation qui permet de suspendre les soins en cas d’obstination déraisonnable – ce qui, selon les différentes équipes médicales, est le cas de Vincent Lambert. »

« Le citoyen aurait pu espérer que le chef de l’Etat traite, ici, des rapports de la France avec le comité de l’ONU en charge des droits des personnes handicapées » observions-nous alors. Et donc, in fine, ce coup de théâtre qui, grâce à la séparation des pouvoirs, voit la justice s’opposer aux conclusions de la ministre des Solidarités et de la Santé comme à celles du président de la République.

A demain

@jynau

Vincent Lambert : Emmanuel Macron dit pourquoi il ne suspendra pas la décision de fin de vie

Bonjour

Après-midi du 20 mai 2019. Tout se précipite. Pressé d’accorder une forme de grâce présidentielle à Vincent Lambert Emmanuel Macron vient, enfin, de prendre la parole. Il le fait huit heures après l’annonce de « l’initiation de « l’arrêt des traitements» et de la mise en place d’une « sédation profonde et continue» par le Dr Vincent Sanchez, chef de service des soins palliatifs de l’hôpital Sébastopol (CHU de Reims). Il le fait alors que l’affaire Vincent Lambert (qui alimente depuis quelques jours à flux continu les colonnes et les ondes) fait l’objet de multiples déclarations dans le champ politicien.

Que nous dit Emmanuel Macron via son compte facebook ? D’abord son émotion, puis ses interrogations.  

« Comme chacun d’entre vous, je suis profondément touché par la situation de Vincent Lambert. Comme citoyen, j’ai suivi son accident en 2008, et sa situation depuis plus de dix ans. Comme homme, comme tous les Français, je me suis interrogé pour moi, pour mes proches. Sur cette question, qui touche à la part intime de chacun, il n’y a aucune réponse simple ou univoque. Seulement des incertitudes et des déchirements, qui ont traversé la famille de Vincent Lambert et traversent tant de familles de France. Et la volonté de respecter la dignité de toute vie humaine. »

Que nous dit le président de la République ?

« Aujourd’hui, comme Président de la République, il ne m’appartient pas de suspendre une décision qui relève de l’appréciation de ses médecins et qui est en conformité avec nos lois. »
Le président Macron pourrait s’arrêter ici. Mais non, il reprend et poursuit :

« Mais il m’appartient d’entendre l’émotion suscitée, et de vous répondre. Vincent Lambert a été victime d’un accident de la route le 29 septembre 2008, il y a plus de dix ans. Toutes les expertises médicales ont conclu au caractère irréversible de son état. La décision d’arrêter les soins a été prise au terme d’un dialogue permanent entre ses médecins et sa femme, qui est sa tutrice légale. Elle l’a été, en application de notre législation qui permet de suspendre les soins en cas d’obstination déraisonnable – ce qui, selon les différentes équipes médicales, est le cas de Vincent Lambert.

Puis il élargit son propos :

« Derrière les déchirements, j’entends une angoisse : celle qu’en France, on puisse décider de manière arbitraire de la mort d’un citoyen. C’est précisément parce que ce n’est pas le cas, parce qu’il n’y a pas, dans notre pays, de place pour l’arbitraire, que je n’ai pas à m’immiscer dans la décision de soin et de droit qui a été prise dans le cas de Vincent Lambert. Juste à réaffirmer les principes fondamentaux qui tiennent notre Nation et prévalent sur toute autre considération : le combat pour la vie, le respect de la mort, la protection de chacun. »

Et le président de la République française de conclure :

« Nous devons aujourd’hui une chose à Vincent Lambert et à sa famille : le respect de leur intimité et de leur douleur. »

Le citoyen aurait pu espérer que le chef de l’Etat traite, ici, des rapports de la France avec le comité de l’ONU en charge des droits des personnes handicapées. Qu’il s’engage solennellement en faveur du développement des soins palliatifs. Qu’il incite chacun à réfléchir à la rédaction de ses « directives anticipées ». Il ne l’a pas fait. Une grande occasion manquée. Le citoyen ne pourra que le regretter.

A demain

@jynau

Tweeter ou ne pas tweeter pour qualifier l’inqualifiable série d’attentats au Sri Lanka ?

Bonjour

Tweeter ? Dimanche de Pâques. Au moins 158 personnes ont été tuées et plus de 400 ont été blessées, aujourd’hui, au Sri Lanka, dans une série d’attentats. Visés : trois hôtels de luxe et trois églises où les fidèles assistaient à la messe pascale. Aucune revendication n’a encore été faite pour cette vague d’attaques d’une violence que l’île n’avait pas connue depuis la fin de la guerre civile, il y a une décennie. Le bilan, communiqué par différentes sources policières, est provisoire et devrait encore évoluer – on dénombre des dizaines de blessés dans un état critique dans tous les lieux touchés.

Comment, aujourd’hui, les grands de ce monde pourraient-ils en parler en urgence sans tweeter ? Au Vatican, après sa bénédiction urbi et orbi au Vatican, le pape François s’est exprimé à l’ancienne :

« J’ai appris avec tristesse la nouvelle des graves attentats, qui précisément aujourd’hui, jour de Pâques, ont porté deuil et douleur dans plusieurs églises et autres lieux de réunion au Sri Lanka. Je désire exprimer ma proximité affectueuse à la communauté chrétienne, touchée pendant qu’elle était recueillie et en prière, et à toutes les victimes d’une si cruelle violence. Je confie au Seigneur ceux qui ont tragiquement disparu et je prie pour les blessés et tous ceux qui souffrent à cause de cet événement dramatique. »

En France le président Emmanuel Macron, a quant à lui fait part de sa « profonde tristesse ». « Nous condamnons fermement ces actes odieux, a écrit le chef de l’Etat sur Twitter.Toute notre solidarité avec le peuple sri lankais et nos pensées pour tous les proches des victimes en ce jour de Pâques. »

« Odieux » : qui suscite la haine, l’indignation, le dégoût.

Tweeter et la haine. Vaste sujet.

En plus d’un couvre-feu illimité sur l’ensemble de l’île, le gouvernement du Sri Lanka a aussitôt décrété le blocage temporaire « les plateformes de réseaux sociaux ». Officiellement, il s’agit « d’empêcher la propagation d’informations incorrectes et fausses. Ceci est seulement une mesure temporaire »a dit la présidence dans un communiqué.

Quelques heures après les attentats, Facebook et Whatsapp, tout comme Twitter, étaient bloqués ou ralentis. Ce n’est pas la première fois que le gouvernement sri-lankais décide de bloquer l’accès à Facebook.  En mars 2018 des militants de ce pays ravagé par près de trois décennies de guerre civile avaient, en vain, alerté Facebook au sujet de plusieurs messages haineux contre la minorité musulmane, en vain.

« En 2012, Facebook avait déjà servi de véhicule à la propagation de la haine sur l’île, contribuant à des émeutes entre bouddhistes et musulmans qui avaient causé la mort, officiellement, de plus de deux cents personnes, rappelle l’AFP. La page Facebook du moine bouddhiste islamophobe (sic) Ashin Wirathua a été supprimée en février 2018 mais un certain nombre d’associations pointaient encore récemment l’instrumentalisation répétée du réseau social. Tweeter ?

A demain

@jynau

 

Cher confrère médecin : oseras-tu, toi aussi, faire entendre ta voix dans le Grand Débat ?

Bonjour

Une fois n’est pas coutume. Nous reproduisons ci-dessous le courrier à nous adressé par le Dr Patrick Bouet, président du Conseil national de l’Ordre des Médecins. Ce sera notre contribution, confraternelle, au Grand Débat dont ne cessent de parler, plus moutonniers que jamais, l’ensemble des médias généralistes. Une initiative pour laquelle, métaphorise Le Monde (Virginie Malingre) « le gouvernement cherche des pistes d’aterrissage ».

Où l’on croit, déjà, entendre « Mayday, Mayday, Mayday » – qui, comme chacun sait est la transposition phonétique du « M’aider ! » français. Inventée un siècle avant le Brexit. Mais, pour l’heure, parole à l’Ordre.

« Chère consœur, Cher confrère,

 « L’année 2019 est une année cruciale, pour notre pays comme pour notre système de santé. Au moment où l’accès aux soins est au cœur des inquiétudes de nos concitoyens, qui l’expriment avec force dans le cadre du Grand débat national, le Gouvernement a présenté le 13 février en Conseil des ministres son projet de loi « Ma Santé 2022 ».

 « Tous les jours, dans nos cabinets, nos services, aux urgences, dans le colloque singulier avec nos patients, nous sommes les témoins de leurs craintes, voire de leur colère, face aux difficultés dans l’accès aux soins. Tous les jours l’engagement qui est le nôtre, la passion pour notre métier, sont confrontés à un exercice rendu difficile par les pesanteurs d’un système de santé sclérosé. Tous les jours, malgré ce contexte épuisant, nous continuons à le porter à bout de bras. C’est aujourd’hui grâce à nous qu’il répond aux attentes des Français ; mais combien de temps encore pourrons-nous remplir ce rôle, si une véritable réforme de notre système de santé n’intervient pas ?

 « Conscient des difficultés auxquelles nous faisons face, conscient de l’importance du rôle des médecins auprès des patients, je veux vous inviter dans ce moment charnière à prendre pleinement part au Grand débat initié par le Gouvernement, en participant aux réunions organisées dans vos territoires pour y parler des médecins et du système de santé dans les valeurs éthiques et de dévouement qui nous rassemblent. Portons, ensemble, la voix des médecins au cœur des débats !

 « Le Conseil national de l’Ordre est pleinement mobilisé à cette fin. Nous avons organisé, le 12 février, un débat intitulé « Ma santé 2022 : des paroles aux actes ». Celui-ci a réuni les acteurs du monde de la santé. Une synthèse des échanges sera versée au Grand débat national, pour qu’émergent les propositions des acteurs de terrain à quelques semaines de l’examen du projet de loi à l’Assemblée nationale. Nous souhaitons que tous les médecins puissent aussi s’exprimer librement sur l’avenir du système de santé. Nous avons pour ce faire créé un espace d’expression en ligne, accessible à tous les médecins, à l’adresse suivante : « https://www.conseil-national.medecin.fr/vos-propositions

 Je vous encourage à utiliser cet outil pour faire entendre votre voix. Comme en 2015, vos contributions viendront enrichir le travail du Conseil national de l’Ordre auprès du Gouvernement et de nos parlementaires dans les mois à venir. Médecins élus par nos pairs, dans l’indépendance nous porterons haut et fort la voix de la profession devant les pouvoirs publics.

 « Veuillez agréer, chère consœur, cher confrère, l’expression de mes sentiments confraternels les meilleurs. »

 A demain

@jynau