Vincent Lambert : le Dr Michel Aupetit, archevêque de Paris, cite Michaël Schumacher

Bonjour

Jamais une affaire médicale avait, en aussi peu de temps, suscité autant de voix dans les sphères du pouvoir. A peine le président de la République s’était-il exprimé via son compte facebook que La Croix (Clémence Houdaille) révélait les propos de Mgr Michel Aupetit, archevêque de Paris – qui fut médecin dans une autre vie.  « Alors que l’arrêt des soins de Vincent Lambert, patient en état pauci-relationnel, a débuté lundi 20 mai au CHU de Reims, Mgr Michel Aupetit, archevêque de Paris, a publié, le même jour dans la soirée, un communiqué titré ’Sommes-nous devenus de simples déchets ? ‘’ au sujet de ce ‘’cas si particulier est emblématique de la société dans laquelle nous voulons vivre’’ » résume le quotidien catholique.

« Mon cœur de prêtre me porte à prier pour lui, soumis à tant de pressions, et dont la vie ne peut dépendre que de décisions qui lui échappent », écrit l’archevêque de Paris, rappelant qu’il « y a quelques années, il a déjà subi un arrêt de l’alimentation et de l’hydratation auquel il a survécu de manière étonnante ».

Le cas de cet homme de 42 ans, « traumatisé crânien lors d’un accident de la route est actuellement lourdement handicapé, tétraplégique et dépendant dans un lit au CHU de Reims » est « tout proche de celui de Michaël Schumacher, traumatisé crânien avec de lourdes lésions cérébrales et, lui aussi, en état pauci relationnel ». « Malgré la célébrité de ce champion de Formule 1, les médias ne se sont pas emparés de son cas médical et il peut jouir de soins spécialisés très attentifs en milieu privé », souligne Mgr Aupetit.

« Dans le cas précis de M. Vincent Lambert, on constate qu’il a les yeux ouverts, qu’il respire normalement, qu’il est dans un état stable, pas du tout en fin de vie », ajoute l’archevêque de Paris, ancien médecin, qui énumère les « soins de confort et de nutrition de base » nécessaires à Vincent Lambert

Le pape François prend la parole depuis Rome

La décision d’interrompre ces soins chez un patient handicapé s’oppose à la loi Claeys-Leonetti, selon Mgr Aupetit.

« Il n’est pas mentionné qu’il présente de souffrance insupportable qui nécessite une sédation profonde sauf évidemment dans le cas où l’arrêt de l’hydratation par les médecins entraînerait la douleur cruelle de mourir de soifIl ne s’agit pas d’une’obstination thérapeutique’puisque ce ne sont pas des soins curatifs d’une maladie incurable, mais simplement les soins corporels et nutritionnels de base que l’on doit aussi aux personnes âgées dépendantes, hémiplégiques, et aux bébés qui ne sont pas encore autonomes »

Mgr Aupetit évoque encore la Belgique ou les Pays-Bas, pays « moins-disant éthiques », où « il y a une anesthésie totale de la conscience » et où l’on « entend des enfants parler de manière naturelle de l’euthanasie de leurs parents comme s’il s’agissait d’une éventualité normale ». « Un membre du gouvernement belge, assise en face de moi lors d’une rencontre chez M. le président de la République, était très fière que son pays soit’en avance’, comme elle disait, raconte l’archevêque de Paris. Pourquoi ne cite-t-on jamais les pays qui ont une plus haute conscience éthique, comme l’Allemagne ou l’Italie ? »

Pour Mgr Aupetit, nous sommes aujourd’hui face à « un choix de civilisation très clair » :

«  Soit nous considérons les êtres humains comme des robots fonctionnels qui peuvent être éliminés ou envoyés à la casse lorsqu’ils ne servent plus à rien, soit nous considérons que le propre de l’humanité se fonde, non sur l’utilité d’une vie, mais sur la qualité des relations entre les personnes qui révèlent l’amour ». « N’est-ce pas ainsi que cela se passe lorsqu’une maman se penche de manière élective vers celui de ses enfants qui souffre ou qui est plus fragile ? C’est le choix devant lequel nous nous trouvons. Une fois de plus nous sommes confrontés à un choix décisif : la civilisation du déchet ou la civilisation de l’amour. »

Ce n’est pas tout. Paris est ici en résonance étroite avec Rome. « Prions pour ceux qui vivent dans un état de grave handicap. Protégeons toujours la vie, don de Dieu, du début à la fin naturelle. Ne cédons pas à la culture du déchet », a écrit ce même jour le pape François dans un message publié sur tous ses comptes Twitter de différentes langues. Le directeur de la salle de presse du Saint-Siège, Alessandro Gisotti, a été plus explicite en retweetant le message avec la mention en français : « Prions pour Vincent Lambert ».

A demain

@jynau

Vincent Lambert : Emmanuel Macron dit pourquoi il ne suspendra pas la décision de fin de vie

Bonjour

Après-midi du 20 mai 2019. Tout se précipite. Pressé d’accorder une forme de grâce présidentielle à Vincent Lambert Emmanuel Macron vient, enfin, de prendre la parole. Il le fait huit heures après l’annonce de « l’initiation de « l’arrêt des traitements» et de la mise en place d’une « sédation profonde et continue» par le Dr Vincent Sanchez, chef de service des soins palliatifs de l’hôpital Sébastopol (CHU de Reims). Il le fait alors que l’affaire Vincent Lambert (qui alimente depuis quelques jours à flux continu les colonnes et les ondes) fait l’objet de multiples déclarations dans le champ politicien.

Que nous dit Emmanuel Macron via son compte facebook ? D’abord son émotion, puis ses interrogations.  

« Comme chacun d’entre vous, je suis profondément touché par la situation de Vincent Lambert. Comme citoyen, j’ai suivi son accident en 2008, et sa situation depuis plus de dix ans. Comme homme, comme tous les Français, je me suis interrogé pour moi, pour mes proches. Sur cette question, qui touche à la part intime de chacun, il n’y a aucune réponse simple ou univoque. Seulement des incertitudes et des déchirements, qui ont traversé la famille de Vincent Lambert et traversent tant de familles de France. Et la volonté de respecter la dignité de toute vie humaine. »

Que nous dit le président de la République ?

« Aujourd’hui, comme Président de la République, il ne m’appartient pas de suspendre une décision qui relève de l’appréciation de ses médecins et qui est en conformité avec nos lois. »
Le président Macron pourrait s’arrêter ici. Mais non, il reprend et poursuit :

« Mais il m’appartient d’entendre l’émotion suscitée, et de vous répondre. Vincent Lambert a été victime d’un accident de la route le 29 septembre 2008, il y a plus de dix ans. Toutes les expertises médicales ont conclu au caractère irréversible de son état. La décision d’arrêter les soins a été prise au terme d’un dialogue permanent entre ses médecins et sa femme, qui est sa tutrice légale. Elle l’a été, en application de notre législation qui permet de suspendre les soins en cas d’obstination déraisonnable – ce qui, selon les différentes équipes médicales, est le cas de Vincent Lambert.

Puis il élargit son propos :

« Derrière les déchirements, j’entends une angoisse : celle qu’en France, on puisse décider de manière arbitraire de la mort d’un citoyen. C’est précisément parce que ce n’est pas le cas, parce qu’il n’y a pas, dans notre pays, de place pour l’arbitraire, que je n’ai pas à m’immiscer dans la décision de soin et de droit qui a été prise dans le cas de Vincent Lambert. Juste à réaffirmer les principes fondamentaux qui tiennent notre Nation et prévalent sur toute autre considération : le combat pour la vie, le respect de la mort, la protection de chacun. »

Et le président de la République française de conclure :

« Nous devons aujourd’hui une chose à Vincent Lambert et à sa famille : le respect de leur intimité et de leur douleur. »

Le citoyen aurait pu espérer que le chef de l’Etat traite, ici, des rapports de la France avec le comité de l’ONU en charge des droits des personnes handicapées. Qu’il s’engage solennellement en faveur du développement des soins palliatifs. Qu’il incite chacun à réfléchir à la rédaction de ses « directives anticipées ». Il ne l’a pas fait. Une grande occasion manquée. Le citoyen ne pourra que le regretter.

A demain

@jynau

Vincent Lambert et sa mort programmée : comment la France pourrait-elle laisser faire ?

Bonjour

Revenir sur l’affaire, sans commentaires personnels, mais en élargissant la focale. Et le faire en reprenant un communiqué de presse de l’ « Union nationale des associations de familles de traumatisés crâniens et de cérébrolésés » (UNAFTC). Extrait :

« L’affaire Lambert, au delà du débat médiatique qui agite l’opinion et déchire la famille, est le constat d’un échec médical, en raison d’une procédure collégiale initiale mal conduite et jugée non conforme aux règles du code de la santé publique, qui a clivé irrémédiablement une famille. Pourtant, la France s’est dotée d’une législation qui permet de gérer la plupart de ces situations, dans le respect de la déontologie médicale, et sans recourir à l’euthanasie active. Elle repose sur le respect de la volonté exprimée du patient. S’il ne peut plus s’exprimer, on s’appuie sur ses directives anticipées ou sur l’avis de la personne de confiance qu’il a explicitement désignée. »

Dépositaire d’une volonté

Pour autant il reste un angle mort : les personnes qui ne peuvent plus s’exprimer, et n’ont pas rédigé de directives anticipées, ni désigné une personne de confiance. Vincent Lambert est précisément dans ce cas, et nul ne peut se prévaloir d’avoir été mandaté par lui comme dépositaire de sa volonté. Le législateur a considéré que, dans ces cas, la sagesse du médecin suffisait, et qu’il devait être le seul décideur.

« L’affaire Lambert démontre que ce n’est pas suffisant, étant rappelé que ce malade n’est pas en fin de vie. L’UNAFTC défend que dans ces cas, rares mais douloureux et complexes, la décision ne peut émerger que d’un consensus associant tous les proches, et ne peut pas être imposée par le médecin. Cette position est également celle adoptée par le comité consultatif national d’éthique (CCNE) qui, dans son avis en 2014 devant le Conseil d’Etat indiquait : ‘’l’arrêt des traitements ne devrait pouvoir résulter que d’une décision collective, impliquant à part entière les soignants, la famille et les proches’’. Le CCNE a ainsi préconisé de rééquilibrer le rapport entre la famille et le médecin en passant d’une «consultation» collégiale, telle que prévue dans la loi Leonetti-Claeys , à une ‘’décision’’ collective, alors qu’il est impératif que le point de vue médical ne soit pas le seul prisme légitime des critères de décision. »

Rejet symbolique

On rappellera que le Comité international des droits des personnes handicapées (CIDPH) vient de demander à la France de continuer d’alimenter et d’hydrater le patient, le temps d’étudier le dossier sur le fond. Cet organe de l’ONU est composé d’experts indépendants. Il est compétent pour étudier les demandes émanant de citoyens issus des pays signataires de la Convention des droits des personnes handicapées dont La France fait partie.

« Cette mesure conservatoire est prévue dans le protocole que la France a signé, et s’applique afin de prévenir un dommage irréparable que la personne handicapée pourrait subir. Ne pas respecter l’autorité juridique et morale du CIDPH revient à dénier à M. Lambert la protection que lui confère le droit international, à laisser croire qu’il y a urgence à mettre fin à sa vie au terme d’un parcours judiciaire de plusieurs années, ce qui constitue une violation du droit au recours, une violation du droit à la vie et enfin un rejet symbolique de la légitimité de cette instance onusienne protectrice des droits fondamentaux que la France a pourtant reconnue. »

A demain

@jynau

Sur ce thème : « Ces 1.500 Vincent Lambert dont personne ne parle » Slate.fr, 24 juin 2014  et « Fin de vie et états végétatifs chroniques: la supplique à François  Hollande de famille de traumatisés crâniens » Slate.fr, 2 janvier 2015

Voltarène® (diplofénac) : comment justifier que l’on puisse encore en prescrire tant ?

Bonjour

Question : le diclofénac (Voltarène® ou autre) devrait-il avoir vécu ? « Cet anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS) bien connu  est utilisé par habitude, malgré un surcroît de risque avéré d’effets indésirables cardiovasculaires – et alors qu’il n’a aucun avantage par rapport à d’autres AINS comme l’ibuprofène et le naproxène »  peut-on lire dans le dernier éditorial de Prescrire.

Rappel : l’exposition à un AINS augmente les risques d’effets indésirables cardiovasculaires. Parmi les AINS, le diclofénac a été considéré pendant de nombreuses années, comme un bon choix et l’utiliser est devenu une habitude. Puis des interrogations sont apparues, comme nous le rapportions il y a six ans sur ce blog 1.

Et Prescrire de rapporter aujourd’hui les résultats d’une vaste étude danoise 2 qui confirment à nouveau les données déjà disponibles : la prise de diclofénac expose dans les trente jours suivants à davantage d’événements cardiovasculaires tels que des accidents vasculaires cérébraux ischémiques, des insuffisances cardiaques, des infarctus du myocarde, que l’ibuprofène ou le naproxène, sans la moindre contrepartie ni de meilleure efficacité, ni de moindres autres effets indésirables notamment les saignements gastriques.

Lever le pied

C’est là un constat scientifique largement partagé, par exemple par l’Agence européenne du médicament. Mais aussi un constat qui n’est pas suivi par un changement des pratiques médicales et pharmaceutiques. Ainsi, en 2018, l’assurance maladie française a remboursé environ 5,5 millions de boîtes de diclofénac pour prise orale. Prescrire :

« L’inertie des décideurs institutionnels devant le constat qu’un médicament banal est devenu plus dangereux qu’utile est une habitude qui va à l’encontre de la qualité des soins. Les patients et les professionnels qui les soignent peuvent s’affranchir de cette inertie sans attendre les institutions, en remettant en question et en supprimant l’habitude de prescrire et de prendre du diclofénac : il existe des alternatives aussi efficaces et moins risquées. Il n’y a pas de traitement « à vie » : les choix thérapeutiques sont à réviser en fonction de l’évolution des données. »

 On aimerait, ici, connaître les réponses du géant suisse Novartis et, en France, celles des responsables de notre assurance maladie.

 A demain

@jynau

1 « Les rhumatologues demandent de lever le pied sur le diclofénac (Voltarène®) » Journalisme et santé publique, 3 avril 2013

2 « Diclofénac : risque cardiovasculaire plus grand qu’avec l’ibuprofène ou le naproxène » Rev Prescrire 2019 ; 39 (427) : 353. (pdf, réservé aux abonnés)

Tweeter ou ne pas tweeter pour qualifier l’inqualifiable série d’attentats au Sri Lanka ?

Bonjour

Tweeter ? Dimanche de Pâques. Au moins 158 personnes ont été tuées et plus de 400 ont été blessées, aujourd’hui, au Sri Lanka, dans une série d’attentats. Visés : trois hôtels de luxe et trois églises où les fidèles assistaient à la messe pascale. Aucune revendication n’a encore été faite pour cette vague d’attaques d’une violence que l’île n’avait pas connue depuis la fin de la guerre civile, il y a une décennie. Le bilan, communiqué par différentes sources policières, est provisoire et devrait encore évoluer – on dénombre des dizaines de blessés dans un état critique dans tous les lieux touchés.

Comment, aujourd’hui, les grands de ce monde pourraient-ils en parler en urgence sans tweeter ? Au Vatican, après sa bénédiction urbi et orbi au Vatican, le pape François s’est exprimé à l’ancienne :

« J’ai appris avec tristesse la nouvelle des graves attentats, qui précisément aujourd’hui, jour de Pâques, ont porté deuil et douleur dans plusieurs églises et autres lieux de réunion au Sri Lanka. Je désire exprimer ma proximité affectueuse à la communauté chrétienne, touchée pendant qu’elle était recueillie et en prière, et à toutes les victimes d’une si cruelle violence. Je confie au Seigneur ceux qui ont tragiquement disparu et je prie pour les blessés et tous ceux qui souffrent à cause de cet événement dramatique. »

En France le président Emmanuel Macron, a quant à lui fait part de sa « profonde tristesse ». « Nous condamnons fermement ces actes odieux, a écrit le chef de l’Etat sur Twitter.Toute notre solidarité avec le peuple sri lankais et nos pensées pour tous les proches des victimes en ce jour de Pâques. »

« Odieux » : qui suscite la haine, l’indignation, le dégoût.

Tweeter et la haine. Vaste sujet.

En plus d’un couvre-feu illimité sur l’ensemble de l’île, le gouvernement du Sri Lanka a aussitôt décrété le blocage temporaire « les plateformes de réseaux sociaux ». Officiellement, il s’agit « d’empêcher la propagation d’informations incorrectes et fausses. Ceci est seulement une mesure temporaire »a dit la présidence dans un communiqué.

Quelques heures après les attentats, Facebook et Whatsapp, tout comme Twitter, étaient bloqués ou ralentis. Ce n’est pas la première fois que le gouvernement sri-lankais décide de bloquer l’accès à Facebook.  En mars 2018 des militants de ce pays ravagé par près de trois décennies de guerre civile avaient, en vain, alerté Facebook au sujet de plusieurs messages haineux contre la minorité musulmane, en vain.

« En 2012, Facebook avait déjà servi de véhicule à la propagation de la haine sur l’île, contribuant à des émeutes entre bouddhistes et musulmans qui avaient causé la mort, officiellement, de plus de deux cents personnes, rappelle l’AFP. La page Facebook du moine bouddhiste islamophobe (sic) Ashin Wirathua a été supprimée en février 2018 mais un certain nombre d’associations pointaient encore récemment l’instrumentalisation répétée du réseau social. Tweeter ?

A demain

@jynau

 

Gilets Jaunes et «ignominie»: les auteurs seront-ils poursuivis pour provocation au suicide ?

Bonjour

Pâques 2019. Comprendre comment et pourquoi ? En rester au constat ?   Ignoble, honteuxabject : Après l’ignominie de Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur, les mots manquent aux représentants de la classe politique pour dire leur indignation après les « Suicidez-vous ! Suicidez-vous ! » lancés aux forces de l’ordre samedi 20 avril à Paris durant de l’acte XXIII des Gilets Jaunes.

Dans le désordre :

François-Xavier Bellamy, jeune tête de liste LR pour les élections européennes :  « Ils crient : “suicidez-vous”. Depuis janvier, 28 policiers se sont suicidés. Deux fois plus que l’an dernier. Autant de familles détruites, auxquelles ce cri inhumain doit retourner le cœur… Aucun de ceux qui ont crié cela ne doit rester impuni. Aucun ».

Christian Estrosi, maire LR de Nice : « Ignoble et abject ».

Eric Ciotti :  « Honteux et indigne ».

Nathalie Loiseau, tête de liste LRM et ancienne ministre des Affaires européennes : « Comment tenir de tels propos là où si souvent les Français se sont rassemblés dans la dignité et en hommage à la République ? Cette foule n’est pas le peuple. Condamnons ensemble ces paroles révoltantes ».

Marine Le Pen, dirigeante du Rassemblement national : « Comment peut-on scander suicidez-vous aux forces de l’ordre ? ! C’est honteux enfin ! Cette haine de la police est idéologique et hélas systématique dans les rangs des anarchistes ».

Emmanuel Grégoire, premier adjoint de la maire PS de Paris Anne Hidalgo : « Il n’est pas acceptable que des gens crient suicidez-vous à la police place de la République ».

Pâques 2019. L’incitation au suicide ?  Dans le code pénal français on peut lire ceci :

Section 6 : De la provocation au suicide.

Article 223-13 : Le fait de provoquer au suicide d’autrui est puni de trois ans d’emprisonnement et de 45000 euros d’amende lorsque la provocation a été suivie du suicide ou d’une tentative de suicide. Les peines sont portées à cinq ans d’emprisonnement et à 75000 euros d’amende lorsque la victime de l’infraction définie à l’alinéa précédent est un mineur de quinze ans.

Article 223-14 modifié par Ordonnance n°2000-916 du 19 septembre 2000 – art. 3 (V) JORF 22 septembre 2000 en vigueur le 1er janvier 2002 : La propagande ou la publicité, quel qu’en soit le mode, en faveur de produits, d’objets ou de méthodes préconisés comme moyens de se donner la mort est punie de trois ans d’emprisonnement et de 45 000 euros d’amende.

Article 223-15 : Lorsque les délits prévus par les articles 223-13 et 223-14 sont commis par la voie de la presse écrite ou audiovisuelle, les dispositions particulières des lois qui régissent ces matières sont applicables en ce qui concerne la détermination des personnes responsables. »

Pâques 2019. Au moins 52 personnes ont été tuées dimanche 21 avril au Sri Lanka dans une série d’explosions dans des hôtels et des églises où était célébrée la messe de Pâques. 280 personnes ont été blessées dans ces explosions, a par ailleurs annoncé le directeur de l’hôpital national de Colombo. Deux déflagrations se sont notamment produites dans l’église Saint-Anthony de Colombo et l’église Saint-Sébastien de Negombo, une localité au nord de la capitale. Au moins 160 personnes blessées dans l’explosion de l’église Saint-Anthony ont été admises à l’hôpital national de Colombo, a déclaré à l’AFP un de ses responsables.

A demain

 

 

 

 

« Fête du cannabis thérapeutique » : y en aura-il une avant la fin du quinquennat Macron ?

Bonjour

Il est des dépêches qui nous aident à élargir notre horizon, sortir d’un espace médiatique circonscrit à Notre-Dame-de-Paris, aux Gilets Jaunes et aux atermoiements horlogers d’un président de la République. Ainsi ces quelques lignes glanées sur le fil de l’AFP et mandées depuis le royaume de Thaïlande.

Précisons que nous sommes aujourd’hui le 20 avril – soit le 420, 4:20 ou 4/20 (four-twenty), expression référence de la consommation de cannabis et, par extension, une manière de s’identifier à la contre-culture entourant le cannabis. Le 4/20 désigne aussi le moment de la journée où il est 16:20 (4:20 pm), moment propice, dit-on, pour fumer un joint.

Par extension le 4/20 est aussi l’appellation des divers rassemblements spontanés qui ont lieu en plusieurs endroits dans le monde, à 16:20 le 20 avril (à 4 h 20 le 20 du 4e mois) – regroupements où les participants militent pour la remise en cause de la législation sur le cannabis, et pour promouvoir la recherche et le développement le concernant. Et aujourd’hui, nous dit l’AFP, le 20 avril a une saveur spéciale en Thaïlande.

« Certaines scènes ont lieu alors qu’elles étaient inimaginables il y a encore quelques mois dans ce royaume très conservateur. Un festival dévolu à la marijuana se tient par exemple jusqu’à dimanche dans la province rurale du Buriram, à quelques centaines de kilomètres au nord-est de Bangkok. Plusieurs milliers de Thaïlandais assistent à cette première Fête du cannabis organisée dans le royaume après la légalisation de la marijuana à usage médical. Parmi eux, des jeunes, des malades, des scientifiques, mais aussi des moines et des hommes politiques.

« De nombreux drapeaux multicolores, tipis blancs et chapiteaux ont été dressés pour l’occasion. Des stands proposent des feuilles à rouler ou des pipes alors que résonnent des chansons du pape du reggae, Bob Marley. D’autres exposent du matériel de serre et des éclairages nécessaires à la culture, tandis que plusieurs conférenciers devisent sur les différentes variétés de cannabis ou le contrôle de sa qualité. »

En France, des responsables politiques tétanisés

Précisons encore qu’en décembre dernier la Thaïlande est devenue le premier pays d’Asie du Sud-Est à légaliser la culture du cannabis à usage médical –  marché dominé jusqu’ici par le Canada, l’Australie, Israël et plusieurs Etats des Etats-Unis. « La vente de la marijuana sous forme d’herbe ou d’huile pourrait engendrer des bénéfices de quelque 2,7 milliards d’euros par an, selon des estimations fournies en décembre à l’AFP par Prapat Panyachartrak, président du Conseil national des fermiers. La légalisation à usage médical devrait aussi permettre aux paysans de se diversifier dans un pays où l’agriculture est focalisée sur le riz et les hévéas pour produire du caoutchouc. »

« Cette potentielle manne financière a permis à un petit parti politique de prendre son envol lors des élections législatives de mars, les premières depuis le coup d’Etat de 2014 qui a porté au pouvoir une junte militaire. Le Bhumjaithai (« fierté thaïe ») a fait campagne pour la légalisation du cannabis mais aussi pour permettre à chaque ménage de cultiver quelques plants chez eux.

« Un pari gagnant puisqu’il est devenu à l’issue du scrutin une force politique non négligeable. Il se retrouve en position d’arbitre, courtisé par les deux principales factions (pro-junte et pro-démocratie) pour espérer remporter une majorité à la Chambre des représentants. Les résultats officiels seront connus d’ici le 9 mai.

En France rien de nouveau sous le soleil thérapeutique si l’on excepte la volonté de la pauvre Creuse de développer cette activité – et les propos d’Edouard Philippe sur le sujet. Les experts ont amplement travaillé le sujet mais le pouvoir politique exécutif est encore et toujours tétanisé – insensible aux demandes des prescripteurs et des malades concernés.

Pour sa part  Thaïlande reste stricte vis-à-vis les personnes arrêtées en possession de marijuana « sans y être autorisées » : cinq ans de prison pour toute personne interpellée avec moins de 10 kg, et jusqu’à quinze ans de prison au-delà de 10 kg. En France ce sera une « amende forfaitaire délictuelle » de 200 euros. Et toujours aucune perspective pour un usage à des fins thérapeutiques. Jusqu’à quand ?

A demain

@jynau