Le ministre Olivier Véran va-t-il laisser souffrir les victimes françaises de la cystite interstitielle ?

Bonjour

Il y a un mois, nous recevions un mail lancé comme, jadis, une bouteille à la mer. Un mail « pour dénoncer la situation scandaleuse dans laquelle vont bientôt se trouver environ trois cents malades français atteints d’une maladie orpheline chronique, très invalidante et très douloureuse, le syndrome douloureux vésical ou cystite interstitielle ».

Le seul médicament disposant d’une autorisation de mise sur le marché pour cette maladie ne sera  plus disponible en France à compter du 16 mars prochain. 300 malades qui bénéficient aujourd’hui de ce médicament, certains depuis plusieurs années,  vont se retrouver du jour au lendemain sans alternative thérapeutique. « Le 16 mars, leur vie va basculer de nouveau dans l’enfer de cette maladie » nous expliquait Françoise Watel, présidente de l’Association française de la cystite interstitielle (AFCI) – qui avait déajà alerté Agnès Buzyn, ministre de la Santé et des Solidarités pour lui  demander le maintien de la disponibilité de ce médicament en France. Un médicament fabriqué en Allemagne, disponible dans plusieurs pays européens, totalement remboursé au Royaume-Uni. De nombreux malades, désespérés à l’idée de perdre le traitement qui leur permet de mener une vie normale, ont adressé leur témoignage à l’association, engagé des actions, mis en ligne une pétition : https://www.change.org/p/minist%C3%A8re-de-la-sant%C3%A9-contre-le-d%C3%A9remboursement-de-l-elmiron

Silence d’Agnès Buzyn et de ses services. Nous avons alors interrogé la présidente de l’AFCI :

Avez-vous contacté l’ANSM ? Si oui, quelle réponse ?

  • Nous n’avons pas contacté l’ANSM. Le médicament a reçu une autorisation de mise sur le marché européenne. C’est donc l’EMA qui l’a délivré, en 2017 (https://www.ema.europa.eu/en/medicines/human/EPAR/elmiron). Cette décision rend le médicament automatiquement commercialisable en France. Le comité de la transparence de la HAS a ensuite rendu un avis, le 31 janvier 2018, pour évaluer le service médical rendu (SMR), et l’amélioration du service médical rendu (ASMR) : https://www.has-sante.fr/upload/docs/evamed/CT-16342_ELMIRON_PIC_INS_Avis3_CT16342.pdf. La HAS a rendu un avis favorable à la prise en charge. Le dossier est donc passé au CEPS (Comité économique des produits de santé) de façon a négocier le prix du médicament avec le laboratoire, comme cela se fait pour les médicaments remboursés. Malheureusement, les négociations n’ont pas abouti, le CEPS estimant les prétentions tarifaires du laboratoire trop élevées. En effet, le prix d’un médicament à ASMR faible ou nul (ce qui est le cas d’elmiron) est comparé au prix d’un comparateur (médicament rendant le même service médical). Le comparateur choisi par le CEPS, l’hydroxyzine, un anti-histaminique de vieille génération qui coûte quelques euros.
  • Or la HAS avait considéré, à juste titre, qu’il n’existe pas de comparateur pertinent. Par ailleurs, la HAS avait demandé que des études complémentaires lui soient fournies lors de la prochaine évaluation quinquennale. Les études existantes sont, de fait, insuffisantes. L’AFCI demande que l’accès à ce médicament soit maintenu pour les malades qui en bénéficient et qui sont soulagés, en attendant des études complémentaires. La HAS estime à un peu plus de 10 000 le nombre de malades en France. Actuellement, d’après les informations fournies par le labo, 300 malades sont sous traitement. Il s’agit des malades qui n’ont pas pu être soulagés par un autre moyen : s’ils arrêtent ce traitement, ils n’auront pas de solution.
  • A noter que l’organisme britannique NICE, avec les mêmes données médicales, a accepté la prise en charge intégrale du médicament, au prix de 450 livres (environ 500€).

Avez-vous contacté le laboratoire pharmaceutique concerné ? Le ministère de la Santé ?

  • Nous avons alerté le ministère de la Santé dès juillet 2019. A l’époque, le ministère nous a indiqué que le traitement resterait accessible aux malades en post-ATU tant que les négociations du remboursement n’auraient pas abouti (prise en charge par rétrocession hospitalière). Notre comité médical nous ayant informé, en décembre, d’une première décision ministérielle de cessation de la rétrocession, nous avons fait part de notre très grande inquiétude à la DSS (direction de la Sécurité sociale). La décision a été repoussée d’un mois seulement, ce qui porte la fin de la disponibilité d’elmiron en France, tous délais écoulés, au 16 mars prochain. Nous sommes également en lien avec le laboratoire Inresa qui commercialise le produit en France, et le laboratoire allemand Bene qui assure sa fabrication.

Quel est le prix de ce médicament ?

  • Le prix de ce médicament a été négocié pour chaque pays.Nous n’interférons pas dans les négociations menées en France par le CEPS mais nous croyons savoir que le prix proposé par le laboratoire est l‘un des plus bas, sinon le plus bas, d’Europe.Il varie de 482€ (Suède) à 522€ (Danemark) et tourne en  moyenne autour de 500€. Le blocage semble bien être, en effet, un désaccord sur le prix, ce qui économiquement est un non-sens car les 300 malades qui vont bien avec ce médicament coûteront bien plus cher à l’Assurance Maladie et à la société en général s’ils doivent rechercher d’autres traitements (beaucoup en hôpital de jour, en instillations vésicales), consulter en centres anti-douleur, renoncer à travailler…

Agnès Buzyn a quitté son ministère pour conquérir la mairie de Paris. L’arrêté du 20 décembre 2019 qui met fin à la rétrocession hospitalière du médicament n’a pas été annulé. Sliance de l’ANSM. Olivier Véran, spécialiste de neurologie, a pris la succession d’Agnès Buzyn. Le dossier reste à régler. Nous ferons bien évidemment écho à la décision que prendra, ou pas, le nouveau ministre de la Santé.

A demain @jynau

PS : 24/02/2020. L’Association française d’urologie vient, sur ce thème, de s’adresser directement à Olivier Véran.« (…) Devant l’évidence scientifique mais d’abord et avant tout l’impact du syndrome de la vessie douloureuse au quotidien et tout au long de la vie, le Comité d’Urologie et de Pelvipérinéologie de la Femme (CUROPF) de l’Association Française d’Urologie, ainsi que l’AFU dans son ensemble, sont opposés à cette décision concernant le non-remboursement et l’arrêt de distribution de la spécialité ELMIRON dans l’indication suscitée. Il est encore temps pour l’ANSM de revenir sur sa position en apportant un regard plus humain sur cette pathologie et ce, notamment, en s’appuyant sur les travaux du NICE, l’avis des urologues français réunis au sein du CUROPF de l’AFU et sur la parole des patients portée par les associations. Nous ne doutons pas qu’en tant que Ministre et plus encore en tant que médecin à l’écoute des patients, vous saurez écouter nos arguments, ceux des associations de patients, et relayer ceux-ci vers l’ANSM. Nous sommes totalement mobilisés et disponibles pour vous apporter des informations complémentaires (…). »

Fin de vie: l’Hypnovel® -midazolam sera bientôt dans toutes les pharmacies (Agnès Buzyn)

Bonjour

10 février 2020. Tout été donc bien anticipé, préparé, ficelé. Et le journaliste fut dépassé. Après les recommandations publiées ce matin par la Haute Autorité de Santé (HAS) sur la fin de vie à domicile, l’annonce cet après-midi de la ministre des Solidarités et de la Santé : elle « permettra d’ici quatre mois la dispensation en ville du midazolam injectable aux médecins qui prennent en charge des patients en fin de vie à leur domicile ».

« Le midazolam injectable, est selon la HAS, le médicament de première intention pour la sédation profonde et continue maintenue jusqu’au décès, souligne Agnès Buzyn. Sa dispensation en ville permettra aux professionnels de santé de répondre à la demande des patients et de leurs familles de pouvoir choisir de finir leurs jours à domicile.  Pour permettre sa dispensation, l’ANSM procédera à une modification de son AMM. »

Humaniser notre collectivité

Puis le ministère des Solidarités et de la Santé « définira un parcours sécurisé ». Ce parcours prévoiera notamment, pour les situations nécessitant une démarche collégiale, l’obligation pour le prescripteur de passer convention avec une équipe mobile ou un service hospitalier de soins palliatifs afin de garantir la collégialité de la décision ainsi que l’accompagnement et le suivi des patients.

Et Agnès Buzyn de reconnaître que « l’accès aux médicaments dans les situations de fin de vie à domicile constitue un des leviers d’un meilleur accompagnement de la fin de vie ».  Rappel : près de quatre français sur dix décèdent à domicile ou en EHPAD.  Et la ministre d’euphémiser : « il existe encore de nombreuses situations où les soins palliatifs ne sont pas mis en oeuvre,ou trop tardivement constituant une perte de chance pour la personne et son entourage ».

10 février 2020. Où l’on voit que, quand il le veut, le pouvoir exécutif peu parfois (à moindre coût) humaniser notre collectivité.

A demain @jynau

Pourquoi cette injure faite aux alcooliques par le Premier Secrétaire du Parti socialiste ?

Bonjour

Qui connaît Olivier Faure ? Passionné de bandes dessinées, né au lendemain de la révolution française de 1968, il est aujourd’hui à la tête du Parti socialiste. Père français agent des impôts, mère vietnamienne qui exerce la profession d’infirmière. Après une enfance débutée sur l’île de la Réunion (sic), il grandit en métropole où il poursuit ses études. Ancien élève du lycée Pothier d’Orléans, titulaire d’un DEA en droit économique et d’un autre en sciences politiques.

Parcours classique d’apparatchik entamé à l’âge de 16 ans. Adhère au PS, milite à l’UNEF, colocataire estudiantin avec Benoît Hamon. A 23 ans, devient secrétaire général des jeunes rocardiens succédant à Manuel Valls. Successivement conseiller de Martine Aubry au ministère de l’Emploi, directeur adjoint du cabinet de François Hollande, rejoint Jean-Marc Ayrault et devient secrétaire général du groupe socialiste à l’Assemblée nationale. On imagine alors la suite. Vint la déroute que l’on sait.

2 février 2020. Olivier Faure est l’invité de France Inter (Questions politiques). La voix n’est pas désagrable. Le propos politicien est raisonnable dans les limites de la social-démocratie. Détestation de l’extrême-droite. Possibles ententes avec l’extrême-gauche de Jean-Luc. Regrets des trahisons de ceux qui se cachaient dans son camp avant de faite leur « outing libéral » en marchant derrière un Emmanuel Macron bientôt triomphant.

Les traîtres, précisément. On parle désormais d’une « aile gauche de la majorité intitulée ‘’Territoire de Progrès’’». N’est-il pas toujours proche d’un Jean-Yves Le Drian en dépit de sa trahison ? C’est alors que le Premier Secrétaire ne se retient plus : « alcooliques anonymes ! ». Les journalistes (Ali Baddou et Yaël Goosz, France Inter, Françoise Fressoz, Le Monde, Nathalie Saint-Cricq, France Télévisions) flairent les reprises sur les réseaux sociaux, ils veulent, mordicus, la confirmation :

« Alcooliques anonymes, vraiment ? 

Et bien oui, quand je vois ce groupe se réunir après la gueule de bois, oui cela me donne le sentiment d’alcooliques anonymes …

Il y a deux ministres et vous dites alcooliques anonymes … ?

Et bien oui, cela donne ce sentiment d’être confronté à un club d’alcooliques anonymes qui, au petit matin se retrouve après la gueuele de bois et se disent ‘’Bonjour le m’appelle Jean …et volà j’ai découvert que j’ai trahi la Gauche … et c’est pas facile (…) .»

Que répondra le breton Le Drian au jeune cacique ? On peut cerets raisonnablement comprendre la colère d’Olivier Faure devant cette tentative de recaptage d’héritage 1. Pour autant comment lui pardonner l’usage qu’il fait d’un mouvement auquel, à l’évidence, il ne comprend rien pas plus qu’à la pathologie qu’il évoque 2. Un mouvement qui vient depuis des décennies en aide à celles et ceux qui souffrent d’une addiction aux boissons alcooliques. Un mouvement – les Alcooliques anonymes – souvent moqué pour mille et une raisons – à commencer par la peur de l’alcoolisme et de ses enfers 2. Un mouvement importé en France par le grand Joseph Kessel.

Un mouvement dont les responsables peuvent désormais, de même que tous les soignants œuvrant dans le champ de l’addiction alcoolique, demander des comptes associés à des excuses au Premier Secrétaire du Parti Socialiste. Faudrait-il rappeler à ce dernier que l’on ne peut pas rire de tout, ni dire n’importe quoi ?

A demain @jynau

1 Deux ministres macroniens, Jean-Yves Le Drian et Olivier Dussopt, ont lancé samedi 1er février 2020 à Pantin (Seine-Saint-Denis) avec d’autres ex-socialistes « Territoires de progrès », un mouvement à l’aile gauche de la majorité, en soutien au chef de l’Etat Emmanuel Macron.

Le manifeste affirme que « l’électorat de gauche qui a voté Emmanuel Macron à la présidentielle doit se retrouver pour ne pas laisser le champ libre au seul centre droit au sein de la majorité présidentielle ». « Nous sommes un peuple en jachère qui ne se reconnaît pas dans LREM et qui a envie de soutenir Emmanuel Macron », résume l’ex-député Gilles Savary cité par l’Agence France Presse.

Le mouvement n’accueille pas d’élus LREM et a constaté que « la gauche est la famille politique qui a constitué les deux tiers de l’électorat de Macron », explique encore Gilles Savary, qui ajoute que « dans les années à venir, la base politique LREM de Macron pourrait ne pas être suffisante ». Il ne s’agit pas, précise-t-il, d’être « béni-oui-oui, pour reprendre une expression de Jean-Yves Le Drian, mais de soutenir par conviction et de peser sur les réformes ». 

2 Lire le récent et redoutable « Un détour par l’enfer » d’Erwan Gramand, préface du Dr Laurent Karila, porte parole de SOS Addictions.  erwangramand@gmail.com

Deuil d’un enfant : Emmanuel Macron en vient à dénoncer l’«inhumanité» de son gouvernement

Bonjour

Chaque année en France, 4 500 enfants meurent avant d’avoir atteint la majorité. Et, en France, la majorité des députés a osé rejeter une proposition de loi visant à porter de cinq à douze jours le congé accordé aux parents après le décès d’un de leur enfant.Comment le politique peut-il en arriver à une telle extrémité ? Comment une majorité tenue pour éclairée, en marche, peut-elle ainsi se discréditer – au point que le président de la République en personne fasse savoir, via son Palais de l’Elysée, qu’il avait demandé à ses godillots et à son gouvernement de « faire preuve d’humanité » ?

Résumons. La proposition de loi émanait de l’Union des démocrates et indépendants (UDI)-Agir. Lors du vote, jeudi 30 janvier, son rapporteur, Guy Bricout  (UDI-Agir, Nord) avait expliqué que les cinq jours donnés actuellement ne sont « pas à la hauteur » pour « reprendre pied suite à la mort d’un enfant ». On use des mots que l’on peut pour exprimer les douleurs indicibles.

En réponse, la députée Sereine Mauborgne (La République en marche, Sarthe), ancienne infirmière libérale, avait défendu la « possibilité pour l’employeur de créer un compte de don » de RTT par les collègues du salarié endeuillé. Il fallut aussi entendre Muriel Pénicaud, ministre macronienne du Travail , ancienne dirigeante d’entreprise, expliquer que le texte tel qu’il était rédigé ne reposait pas sur la solidarité nationale, mais sur un congé « payé à 100 % par l’entreprise ». Entendre qu’il ne revenait pas à l’entreprise de supporter cette nouvelle charge. Proposition de loi retoquée.

Faute majeure de la ministre Pénicaud : dès le lendemain le président du Medef lui-même, Geoffroy Roux de Bézieux, demandait un nouveau vote en faveur des douze jours. « C’est une évidence et c’est lancé », a-t-il répondu dans un tweet à l’ancienne présidente de l’organisation patronale Laurence Parisot, qui avait estimé un peu plus tôt que « le Medef s’honorerait à demander un nouveau vote de cette proposition ».

« En coulisses, les ‘’échanges ont été houleux’’ avec Muriel Pénicaud »

Dans l’intervalle les propos minstériels avaient soulevé l’indignation dans l’hémicycle. « On parle de la tragédie des tragédies », lança François Ruffin, dénonçant une majorité « mesquine ».Un  député (apparenté LR) des Ardennes dénonçait une « honte ». Et depuis le Sénat Bruno Retailleau, patron des LR annoçait qu’il proposerait « à l’ensemble des groupes politiques du Sénat de déposer en commun et de voter cette proposition de loi ». « Une question d’humanité » 

Il fallut finalement attendre le samedi 1er février, deux jours après le vote, pour que le président de la République Emmanuel Macron se manifeste sur le thème de l’humanité face à ces morts prématurées. Le même jour la ministre du Travail Muriel Pénicaud reconaissait que le gouvernement avait fait « une erreur » en s’opposant à cette proposition. « Face au deuil, il faut du soutien psychologique et nous allons le renforcer. Mais il faut aussi un temps de répit », a-t-elle ajouté, s’engageant « à trouver dans les prochains jours les solutions pour un passage à douze jours ».

 Manquait la voix de Marlène Schiappa. « Plus que choquée, j’ai trouvé que certains débats n’étaient pas dignes. Répondre avec des arguments financiers à un deuil d’enfant n’est pas audible », a confié la secrétaire d’Etat chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes. Selon Le Parisien  « elle aurait même mis sa démission dans la balance ».

« Dès jeudi soir et tout au long de la journée de vendredi, les boucles WhatsApp du gouvernement chauffent, raconte Le Parisien (David Doukhan et Alexandre Sulzer). Une autre ministre envoie un message directement au président de la République et au Premier ministre. « On a un problème… », alerte-t-elle directement. Les deux exigent aussitôt de le « traiter ».  Voyant la polémique monter, un membre du gouvernement alerte en parallèle le secrétaire général de l’Elysée, Alexis Kohler et Brigitte Macron, souvent confrontée, par sa position de première dame, à des enfants gravement malades. En coulisses, les « échanges ont été houleux » avec Muriel Pénicaud, témoigne une source interne. »

Muriel Pénicaud ? Sur BFMTV  elle s’est dit « blessée » par les critiques sur le manque d’humanité du gouvernement. Les citoyens électeurs apprécieront. Chaque année en France, 4 500 enfants meurent avant d’avoir atteint la majorité.

A demain @jynau

Cannabis non récréatif : cherche volontaires pour formation accélérée (3h30 en e-leaning)

Bonjour

Très très lentement mais sûrement : le cannabis thérapeutique verra le jour en France. En témoignent les travaux des experts d’un Comité scientifique temporaire (CST). Un comité intitulé « mise en œuvre de l’expérimentation du cannabis médical en France ». Ils oeuvrent sous l’égide de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). Et ils viennent « de déterminer les conditions nécessaires à la mise en pratique de cette expérimentation ». Il s’agit ici des « spécifications des produits qui seront utilisés » et de « la formation des professionnels de santé qui les prescriront et les délivreront ». Sans oublier les « conditions du suivi des patients ».

C’est là un travail nécessaire, un travail d’orfèvres du sanitaire occupés à sculpter les précautions  prises pour un usage encadré du cannabis des fins nullement récréatives. Un travail mené en parallèle des marchés mafieux d’une substance illicites. Leurs premières conclusions sont d’ores et déjà consultables . Morceaux choisis :

« I Sécurisation de la qualité des produits

Le cannabis qui sera utilisé pour l’expérimentation et destiné aux patients, se présentera sous forme de produits finis, qui ne nécessiteront pas de préparation ou de transformation. Ces produits  devront répondre à des critères de qualité, définis dans un cahier des charges qui précisera les spécifications techniques, la qualité attendue et les contrôles nécessaires. Le contenu technique de ce cahier des charges vient d’être finalisé et validé par le comité d’experts de l’ANSM et sera publié sur le site Internet de l’ANSM.

Ainsi, les dossiers remis par les fournisseurs qui postuleront devront présenter des spécifications concernant : la plante (mode de culture, mode de sélection, conformité aux bonnes pratiques agricole, teneurs en THC/CBD, terpènes…) et les produits finis qui seront utilisés par les patients. Les procédures analytiques des méthodes de contrôle et les résultats de ces contrôles devront notamment être fournis (…)

Les produits retenus devront être fabriqués selon les Bonnes pratiques de fabrication (BPF). Pour les pays tiers à l’UE, ce statut BPF ou équivalent des sites de production pourra être vérifié par la Direction de l’Inspection de l’ANSM en s’appuyant sur des accords de reconnaissance mutuelle que la France a avec les différents pays qui hébergent les sites de production. L’ANSM pourra également diligenter des inspections sur site si besoin, après information de l’autorité locale. 

« II Sécurisation de la distribution 

Le cannabis est un stupéfiant qui pour chaque opération d’importation, nécessite un permis (licence) d’importation par le pays qui importe et un permis d’exportation par le pays qui exporte, avec des procédures de présentation en douanes. Les permis d’importation de stupéfiants et de psychotropes sont délivrés par l’ANSM, autorité nationale désignée par l’ONU. L’approvisionnement des pharmacies françaises au cours de l’expérimentation inclura les démarches administratives obligatoires pour les stupéfiants.

Il a été retenu l’option de faire appel à des distributeurs en nombre restreint, situés en France, autorisés pour le stockage et la distribution de stupéfiants. Ils centraliseront l’importation du cannabis et le distribueront aux pharmacies. Ces distributeurs devront également répondre à un cahier des charges..

« III Sécurisation et évaluation du suivi des patients

Afin de faire un suivi exhaustif des patients inclus dans l’expérimentation, un registre électronique permettra d’enregistrer et de suivre la totalité de ces patients. Il comportera différents modules permettant d’évaluer la faisabilité du circuit et son acceptabilité par les patients (ex : délai d’obtention d’un rendez-vous, délai de dispensation après présentation de l’ordonnance, facilité à trouver une pharmacie….). Le registre permettra également de recueillir des données sur les posologies dispensées, l’efficacité, les effets indésirables et le retentissement sur la qualité de vie par exemple (…)

« III Formation des professionnels de santé

Pour prescrire et dispenser le cannabis médical lors de la phase expérimentale, les professionnels de santé devront avoir suivi au préalable une formation dédiée obligatoire. La validation de cette formation sera une condition obligatoire pour que les médecins et les pharmaciens puissent être inscrits dans le registre de suivi des patients de l’expérimentation.

Une formation propre à l’expérimentation française sera développée avec des enseignants, des cliniciens et des patients experts concernés. Ceci garantira l’indépendance des professionnels de santé vis-à-vis des laboratoires fournisseurs de produits et la maitrise des messages délivrés. La France disposerait ainsi au décours de l’expérimentation d’un support de formation, indépendant d’un fournisseur de cannabis à usage médical, adapté à l’organisation des soins en France, évolutif selon les connaissances scientifiques et médicales sur le sujet, et donc pérenne.

Le comité a estimé qu’une formation de 3h30 en e-leaning, avec des modules de validation serait le plus adapté.

« IV Sécurisation de la prescription

Le traitement ne pourra être initié que par des médecins exerçant dans des structures de référence volontaires, prenant en charge les indications retenues par le CST et approuvées par l’ANSM. Il a été demandé aux sociétés savantes concernées d’organiser la pré-sélection de ces structures. La validation de cette liste par l’ANSM est en cours. Tout le territoire national devra être couvert. Une fois le patient stabilisé, le renouvellement des prescriptions pourra être réalisé par tout médecin en ville.

Les médecins prescripteurs de cannabis médical exerçant dans ces structures ou en médecine libérale seront volontaires et devront obligatoirement et préalablement avoir été formés. Enfin, les prescriptions pourront être suivies grâce à la mise en place d‘un registre national exhaustif qui sera renseigné obligatoirement par les prescripteurs à chaque prescription.

A demain @jynau

Promesse ministérielle : un jour prochain les porcelets français ne seront plus castrés «à vif»

Bonjour

Nous avions entendu sa promesse concernant la fin du broyage-destruction des millions de poussins mâles.  Mardi 28 janvier Didier Guillaume tenait une conférence de presse consacrée aux mesures gouvernementales en faveur du bien-être animal. Le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation est revenu sur le sujet : « l’objectif, c’est de forcer les entreprises, la recherche, à faire cela fin 2021 (…) trouver la technique qui marche à grande échelle ».Parmi les voisins de la France, la Suisse a mis en place cette interdiction depuis le 1er janvier. Le mode d’abattage « au moyen du CO2 » y reste autorisé.

Outre les poussins mâles détruits-broyés le ministre a traité de la douloureuse question des porcelets. Promis-juré : « fin 2021, il n’y aura plus de castration des porcelets à vif », a-t-il assuré, en ajoutant que son ministère allait « publier des textes réglementaires dans les toutes prochaines semaines pour aller vers l’interdiction des pratiques douloureuses dans l’élevage ».

Pourquoi castrer « à vif » des porcelets ? La castration, explique-t-on, ermet d’obtenir des porcs plus gras, tout en évitant l’odeur nauséabonde de verrat que peut dégager à la cuisson le gras de certains mâles « entiers ». « Nous avons travaillé avec les vétérinaires prêts à élaborer un protocole pour une prise en charge complète de la douleur », a expliqué M. Guillaume.

Le bien-être de l’éleveur réclame-t-il les souffrances de ses bêtes ?

 Les défenseurs des animaux en général, des porcelets en particulier, ne sont pas satisfaits. « La véritable annonce serait de fixer une échéance pour l’arrêt de la castration et n’autoriser que les alternatives sauf exceptions pour certaines productions », a réagi l’association de protection des animaux CIWF. Selon elle « la prise en charge de la douleur est une fausse bonne solution ». Elle a également déploré l’absence d’annonce pour l’interdiction de vente des œufs de poules élevées en cage, comme s’y était engagé Emmanuel Macron lors de la campagne présidentielle.

Pour sa part l’association Welfarm, qui milite pour la protection des animaux de fermes, « la seule alternative viable, aussi bien pour les animaux que pour les éleveurs, est l’arrêt pur et simple de la castration, autrement dit l’élevage de mâles entiers ou l’immunocastration ».

« La pratique de la castration chirurgicale des porcelets est de plus en plus remise en cause en raison de la douleur que l’opération entraîne pour l’animal, nous expliquent des spécialistes. Cette pratique est motivée par le fait que les viandes de certains porcs mâles entiers présentent, aux stades usuels d’abattage, des odeurs désagréables qualifiées d’odeurs sexuelles. Outre la douleur infligée à l’animal pendant et après l’opération, la castration se traduit aussi par une baisse sensible des performances en termes d’efficacité alimentaire et de teneur en muscles de la carcasse. Une première alternative consiste à pratiquer une anesthésie et/ou une analgésie pour atténuer la douleur pendant et après l’opération. L’immunocastration (un vaccin spécifique inhibant le développement sexuel) est une deuxième alternative envisageable. Enfin, il est également possible de ne rien faire et d’élever les animaux entiers (non castrés). »

Pourquoi faire quelque chose plutôt que rien ? « Aujourd’hui, le bien-être animal, ce n’est pas la fin de l’élevage, c’est mieux d’élevage, a expliqué le ministre Guillaume aux journalistes. Il y a le bien-être animal, mais je suis aussi attaché au bien-être de l’éleveur, c’est très important. » On aurait aimé poser une question au ministre : le bien-être de l’homme réclame-t-il les souffrances de ses bêtes ?

A demain @jynau

Cannabis-Urgent : recherche un bon producteur français (s’adresser à l’Agence du médicament)

Bonjour

Pour un peu on en rirait. Résumons. Régulièrement annoncée l’expérimentation (officielle) du cannabis thérapeutique en France devrait débuter en septembre. Cette fois l’annonce en a été faite, le 22 janvier 2020, par Christelle Ratignier-Carbonneil, depuis trois ans directrice générale adjointe de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). C’était sous les ors de l’Assemblée nationale, lors des premières auditions de la « mission d’information commune sur la réglementation et l’impact des différents usages du cannabis ».

« Septembre, c’est demain, c’est très proche », a fait observer la directrice générale adjointe, citée par l’AFP. Compte tenu de ce délai, l’ANSM envisage donc « plutôt d’avoir recours à des producteurs étrangers » pour fournir le cannabis nécessaire. Faut-il ici rappeler que la législation française interdit (actuellement) la culture des plants contenant des taux supérieurs à 0,2 % de THC ?

In ViVo et la Creuse bigrement intéressés

Pour autant la directrice générale adjointe ne néglige pas un certain pragmatisme surréaliste . « Si un producteur national est en capacité de répondre aux critères (…) , il pourra être retenu », a osé préciser Mme Ratignier-Carbonneil. Elle a même ajouré que « des réflexions sont actuellement en cours » entre, d’une part, le ministère des Solidarités et de la Santé et, de l’autre celui de l’Agriculture et de l’Alimentation pour permettre une production française. On attend ici, plus que celles d’Agnès Buzyn, les réflexions de Didier Guillaume toujours prolixe quand il s’agit de lutter contre les addictions et l’addictologie.

« Notre seul objectif reste la qualité des produits qui doivent être mis à la disposition des patients » a encore souligné la directrice générale adjointe. Et l’AFP de préciser que « malgré l’interdiction actuelle, InVivo, l’un des premiers groupes agricoles coopératifs français, a déposé une demande auprès de l’ANSM pour se « positionner sur le marché ». On sait aussi que le département de la Creuse est intéressé et qu’à Guéret le Premier ministre n’avait pas dit non. .

Pour un peu, on en rirait ? Ce serait oublier que l’expérimentation du cannabis « à usage médical » doit concerner trois mille personnes qui souffrent de maladies graves – certaines formes d’épilepsie, de douleurs neuropathiques, d’effets secondaires de chimiothérapie, de soins palliatifs ou de scléroses en plaques. Oublier que le cannabis sera consommé sous forme d’huile ou de fleurs séchées (« la voie fumée a été écartée à cause des effets nocifs de la combustion sur la santé »). Oublier que ce cannabis sera prescrit « en dernière intention » (a rappelé Mme Ratignier-Carbonneil). Oublier, enfin, que les patients concernés « pourront bénéficier du cannabis gratuitement ».

A demain @jynau