Coronavirus : un premier chat infecté par un malade a été identifié. Qu’en penser ?

Bonjour

28/03/2020. En d’autres temps le sujet serait passé inaperçu. Tel ne peut plus être le cas aujourd’hui.  « Pour la première fois depuis le début de la pandémie de Covid-19, un chat a été infecté par le nouveau coronavirus en Belgique, ont indiqué vendredi les autorités sanitaires belges. L’animal a été contaminé par son maître qui était malade. résume Le Figaro (Yohan Blavignat) Selon les chercheurs, le chat a eu des symptômes respiratoires et digestifs transitoires. Grâce à une méthode de séquençage, les chercheurs ont détecté le génome du virus. Depuis, l’animal a récupéré et se sent mieux. »

S’inquiéter ? Les spécialistes sont ici rassurants, excluant tout risque de contamination de l’animal à l’homme. Le Sars-CoV-2 peut se transmettre de l’homme vers l’animal mais «il n’y a pas de raison de penser que les animaux peuvent être vecteurs de l’épidémie dans notre société», assure le Dr Emmanuel André, un des porte-parole des autorités belges sur cette pandémie.

Contacté par Le Figaro, Gilles Salvat, directeur délégué à la recherche à l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) et auteur d’un récent avis fort documenté sur cette question,  explique que le risque pour l’homme d’infecter son animal de compagnie est «assez faible». L’inverse, une contamination de l’homme par l’animal, est «encore plus faible, voire négligeable». Selon lui, les animaux comme les chats ou les chiens sont des «culs-de-sac épidémiologiques». En d’autres termes ils peuvent très rarement être contaminés et malades ; pour autant ils ne vont pas transmettre le virus à l’homme ou à un autre animal.

En outre les cas de contamination d’animaux domestiques sont extrêmement rares. À Hong Kong, les autorités avaient fait état de deux cas, deux chiens, lors d’une campagne de dépistage menée sur dix-sept chiens et huit chats vivant au contact de personnes porteuses du virus.  Une autre étude réalisée en Corée du Sud et aux États-Unis portant sur quatre mille chiens et chats dans des régions où sévit le Covid-19 n’a pas permis de retrouver de cas positifs. «L’infection de ce chat en Belgique est donc exceptionnelle», conclut Gilles Salvat.

« L’animal de compagnie est bien plus un ami qu’un danger ».

Pour autant l’Académie nationale française de médecine estime qu’il est désormais indispensable de formuler de nouvelles recommandations et précautions. Il s’agit notamment de renforcer les mesures habituelles de biosécurité vis-à-vis des nombreux agents pathogènes pouvant être transmis (aérosols, salive, déjections) par les animaux de compagnie (chien, chat, furet, rongeurs notamment) – une réalité souvent ignorée des propriétaires. « Il importe de se laver fréquemment les mains lorsque l’on s’occupe de l’animal (litière, promenade, alimentation, etc.), surtout s’il a été caressé, et il ne faut pas le laisser lécher le visage » souligne l’Académie.

Il importerait aussi, selon elle, de « séparer le propriétaire ayant le Covid-19 de son animal de compagnie pendant la période où le malade peut être excréteur du virus ». « Autant que possible, il faudrait instaurer une quarantaine permettant de limiter tout contact rapproché de l’animal avec les autres membres de la famille (animal dans la chambre, par exemple) » expliquent les académiciens, médecins et vétérinaires.

Ils ajoutent toutefois : « ces  recommandations ne doivent pas faire oublier que dans un foyer où une personne malade a le Covid-19, le risque pour les personnes vivant sous le même toit est bien plus lié aux contacts avec ce malade qu’avec l’animal de compagnie » Et ajoute que, tout particulièrement en période de confinement, « l’animal de compagnie est bien plus un ami qu’un danger ».

A demain @jynau

1 Cellule de veille scientifique Covid-19 de l’Académie nationale de Médecine – composée de Patrick Berche, Jeanne Brugère-Picoux, Yves Buisson, Anne-Claude Crémieux, Gérard Dubois, Didier Houssin, Dominique Kerouédan et Christine Rouzioux, avec la contribution de Jean-Luc Angot et Eric Leroy

Coronavirus: peut-on officiellement innocenter les animaux domestiques et les aliments ?

Bonjour

11/03/2020. On l’attendait. Interrogée sur la transmission potentielle de la maladie Covid-19 par l’intermédiaire d’animaux domestiques ou d’aliments contaminés, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) vient, en France, de fournir sa réponse ; un rapport de 23 pages rédigé après avoir réuni en urgence un groupe de sept experts spécialisés 1. Conclusion :

« Sur la base de leur rapport, l’Anses conclut qu’à la lumière des connaissances scientifiques disponibles, il n’existe aucune preuve que les animaux de compagnie et d’élevage jouent un rôle dans la propagation du virus SARS-CoV-2 à l’origine de cette maladie. En conséquence, une éventuelle transmission par un aliment implique nécessairement la contamination de cet aliment par un malade ou une personne infectée par le virus, lors de sa manipulation ou de la préparation du repas. 

« Dans ce contexte, tout type d’aliment peut être concerné (produits animaux, produits végétaux). Par ailleurs, si aucun élément ne laisse penser que la consommation d’aliments contaminés puisse conduire à une infection par voie digestive, la possibilité d’infection des voies respiratoires lors de la mastication ne peut être totalement exclue. L’Agence rappelle que la cuisson et les bonnes pratiques d’hygiène, lors de la manipulation et la préparation des denrées alimentaires, préviennent efficacement la contamination des aliments par le virus SARS-CoV-2. »

Que dire, depuis son émergence en décembre 2019 en Chine, des connaissances acquises sur le coronavirus SARS CoV-2, responsable de la maladie Covid-19 ? Que la voie principale de transmission du virus est interhumaine, par contact entre les personnes ou à travers l’inhalation de gouttelettes infectieuses émises par les patients lors d’éternuements ou de toux. Et puis on lit ceci, surligné par l’Agence :

« Néanmoins, comme la structure génétique du virus indique une source originelle animale probable, l’Anses a été interrogée et a ainsi mobilisé un groupe d’expertise collective d’urgence sur le rôle potentiel des animaux domestiques et des aliments dans la transmission du virus.

Concernant une éventuelle transmission du virus par des animaux d’élevage et des animaux domestiques, les conclusions du groupe d’experts indiquent que :

  • Par sa structure génétique, le virus SARS-CoV-2 semble effectivement avoir pour source initiale un animal. Il provient probablement d’une espèce de chauve-souris avec ou sans intervention d’un hôte intermédiaire. Cependant, dans le contexte actuel et au vu des informations disponibles publiées, le passage du SARS-CoV-2 de l’être humain vers une autre espèce animale semble actuellement peu probable.
  • Le virus SARS-CoV-2 se lie à un récepteur cellulaire spécifique, qui constitue sa porte d’entrée dans les cellules. Même si ce récepteur est identifié chez des espèces animales domestiques et semble capable d’interagir avec le virus humain, et que les études à ce sujet doivent être approfondies, les experts rappellent que la présence du récepteur n’est pas une condition suffisante pour permettre l’infection de ces animaux. En effet, le virus n’utilise pas seulement le récepteur mais aussi d’autres éléments de la cellule qui lui permettent de se répliquer.
  • Si le génome du virus a été détecté dans les cavités nasales et orales d’un chien au contact d’un patient infecté à Hong Kong, la détection du génome n’est pas une preuve suffisante pour conclure à une infection de l’animal. Une contamination passive n’est pas à exclure, notamment du fait de la survie possible du virus sur une muqueuse humide sans nécessairement s’y répliquer. Au vu de ces éléments, les experts soulignent la nécessité d’investiguer de façon plus approfondie ce cas en réalisant des analyses supplémentaires, et de poursuivre la communication des résultats au fur et à mesure de leur réalisation.

Et ceci, au chapitre de la transmission potentielle du virus via les aliments :

La contamination d’un animal étant peu probable, la possibilité de transmission directe du virus par un aliment issu d’un animal contaminé a été exclue par les experts. Seule l’hypothèse de la contamination de l’aliment par un humain malade, ou porteur asymptomatique du virus SARS-CoV-2, a été investiguée. La contamination pourrait avoir lieu par le bais de gouttelettes respiratoires issues d’un patient contaminé. Toutefois la question de la voie féco-orale se pose, des particules virales ayant été détectées dans les selles de certains patients.

Le groupe d’experts conclut que :

  • Dans l’état des connaissances à ce jour, la transmission du virus SARS-CoV-2 par voie digestive directe est écartée. Toutefois, la possibilité d’infection des voies respiratoires lors de la mastication ne peut être totalement exclue.
  • Par analogie avec d’autres coronavirus connus, ce virus est sensible aux températures de cuisson. Ainsi, un traitement thermique à 63°C pendant 4 min (température utilisée en liaison chaude en restauration collective) permet de diviser par 10 000 la contamination d’un produit alimentaire.
  • Une personne infectée peut contaminer les aliments en les préparant ou en les manipulant avec des mains souillées, ou en les exposant à des gouttelettes infectieuses lors de toux et d’éternuements. Appliquées correctement, les bonnes pratiques d’hygiène sont une manière efficace de prévenir la contamination des denrées alimentaires par le virus SARS-CoV-2.

Ces conclusions, rédigées en urgence, seront régulièrement actualisées.

A demain @jynau

1 Présidente du groupe – Mme Sophie LE PODER – Professeur, Ecole Nationale Vétérinaire d’Alfort – virologie, immunologie, vaccinologie
Membres
M. Paul BROWN – Responsable de la recherche sur les métapneumovirus et les coronavirus aviaires, Anses Ploufragan – Virologie, métapneumovirus et coronavirus aviaires
M. Meriadeg LEGOUIL – Assistant Hospitalier Universitaire, CHU de Caen-Virologie -Ecologie et évolution des micro-organismes, virus zoonotiques et émergeants circulant chez les chauves-souris.
Mme Sandra MARTIN-LATIL – Chargée de projets scientifiques, Laboratoire de sécurité des aliments, Anses Maisons-Alfort – Virologie alimentaire, culture cellulaire, outils de diagnostic et de détection, hygiène des aliments
Mme Elodie MONCHATRE-LEROY– Directrice du Laboratoire de la rage et de la faune sauvage, Anses Nancy – Virologie, épidémiologie, évaluation de risques, faune sauvage.
Mme Nicole PAVIO – Directrice de recherche – Laboratoire de santé animale, Anses Maisons-Alfort – Virologie alimentaire, culture cellulaire, outils de diagnostic et de détection, hygiène des aliments
Mme Astrid VABRET – Professeur des Universités – Praticien Hospitalier, CHU de Caen – Médecine humaine, virologie, zoonoses.

Des «vers» retrouvés dans le lait infantile Gallia. Le géant alimentaire Danone ne comprend pas

Bonjour

C’est une « information RTL » de nature à faire frémir nombre de parents. Aujourd’hui en France cinq familles ont découvert des larves ou des vers dans des boîtes de lait infantile de la marque Gallia. Deux d’entre elles ont d’ores et déjà porté plainte.Après la Bretagne, le Puy-de-Dôme et les Landes, c’est dans le Var et les Bouches-du-Rhône que deux autres familles ont trouvé des vers dans leurs boîtes de lait de la marque Gallia Galliagest 0-6 mois. RTL :

« Dans le Var, Sarah a fait cette horrible découverte le 4 janvier dernier alors qu’elle s’apprête à faire le biberon de son fils d’un mois. « Je vois comme une toile d’araignée dans la boite, donc je secoue un peu la boite et dans le fond il y avait un ver, une larve d’un centimètre et demi. Du coup j’ai attendu que mon conjoint arrive, j’ai mis la larve dans la cuillère doseuse et je l’ai renvoyée à la pharmacie. On a prévenu toutes les pharmacies aux alentours pour donner le numéro de série parce que ce lait, le Galliagest, ne se trouve pas dans les supermarchés mais dans les pharmacies », raconte-t-elle. »

Sarah a décidé de porter plainte, comme les familles de Bretagne et du Puy-de-Dôme. Plainte pour intoxication alimentaire comme cette femme dont la fille de 3 mois et demi a régurgité un ver de 6 cm de long après avoir été malade pendant 3 semaines sans que les médecins trouvent l’origine de ses symptômes.

« On ne porte pas plainte pour avoir des dédommagements mais pour que Gallia réponde à nos questions, que ça ne reste pas comme ça en interne sans réponse. C’est une démarche pour leur dire : attention, il se passe quelque chose, ce n’est pas normal qu’il ait tous ces cas en si peu de temps qui ressortent. Peut-être que ça ne vient pas de l’usine mais si ça vient de l’entrepôt de stockage ou de l’acheminement, ce n’est pas de notre responsabilité mais de la leur. »

Et Gallia (propriété du groupe Danone) ? Sa réponse :

« En l’état des informations à date transmises et sans que les boîtes de lait ne nous aient été retournées pour analyse, plusieurs hypothèses peuvent expliquer la présence d’un insecte : les conditions de transport, de stockage en entrepôt, de conservation, etc. En ce qui concerne, la chaîne de production, nous rappelons que la poudre de lait ne transite pas à l’air libre. Elle chemine dans des tuyaux fermés et est conditionnée sous atmosphère protectrice avec moins de 2% d’oxygène, rendant de fait impossible la survie d’un organisme vivant dans ces conditions. »

Etrange, donc. Le géant explique aussi avoir besoin de « faire des analyses plus poussée »s sur ses boîtes de lait. Il mis en place un « numéro vert » (0800 202 202) pour rassurer celles et ceux qui redoutent, désormais, des laits contaminés.

A demain @jynau

Pourquoi quatre millions de Français vivent-ils aujourd’hui dans des déserts médicaux ?

Bonjour

Quand les statisticiens officiels s’attaquent aux politiques en place. C’est un travail édifiant que vient de publier 1 la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees). Une visite chiffrée dans ce qu’il est convenu, depuis une à deux décennies, d’appeler les « déserts médicaux ». Pour les spécialistes de la recherche statistique cela se traduit par des phrases comme celles-ci :

« En raison d’un décalage croissant entre l’offre et la demande de soins, l’accessibilité géographique aux médecins généralistes a baissé de 3,3 % entre 2015 et 2018. En 2018, les Français ont accès en moyenne à 3,93 consultations par an et par habitant, contre 4,06 consultations en 2015. Les inégalités s’accentuent entre les communes les moins bien dotées et celles qui le sont le plus. »

Ou comme celles-là :

« Cette moindre accessibilité s’explique principalement par la baisse du temps médical disponible, du fait de la diminution globale du nombre de médecins en activité sous l’effet de nombreux départs à la retraite, que les nouvelles installations ne compensent pas quantitativement, en raison de l’effet prolongé des numerus clausus appliqués au cours de ces dernières décennies. Les stratégies visant la libération de temps médical utile (nouvelles organisations territoriales, protocoles de coopérations interprofessionnelles, recours au numérique, etc.) peuvent constituer un levier pour freiner cette tendance structurelle. »

Mesurée à l’échelle du « territoire de vie-santé », la part de la population française vivant « en zone sous-dotée en médecins généralistes » est passée, en quatre ans, de 3,8 % à 5,7 %. La baisse de l’accessibilité est plus marquée dans le centre de la France. De nouveaux territoires sont concernés par cette sous-densité, notamment du centre de la France vers le nord-ouest. C’est si vrai que l’on en vient à se demander, dans le Jardin de la France, si Tours ne va pas, bientôt souffrir cruellement de généralistes 2.  Tours, où trente chefs de service du CHU viennent de démissionner de leurs fonctions administratives.

Les territoires les mieux dotés en médecins généralistes sont aussi les plus attractifs, tant du point de vue de la croissance démographique que des équipements (sportifs, culturels, commerciaux et scolaires). L’accessibilité aux médecins généralistes s’inscrit ainsi dans une problématique plus globale d’aménagement du territoire.

Repousser les déserts loin du périphérique parisien

Il y a un an Agnès Buzyn publiait le communiqué suivant :

« Alors que le nombre de médecins baisse fortement, l’accès aux soins pour tous et partout sur le territoire est plus que jamais au cœur des préoccupations des Français. Beaucoup de praticiens arrivent aujourd’hui à l’âge de la retraite et les nouvelles générations ne sont pas assez nombreuses pour compenser ces départs. Ce phénomène est notamment dû au niveau insuffisant du numerus clausus – c’est-à-dire le nombre d’étudiants en médecine accédant à la 2ème année – pendant les années 1990. Pour les patients, ceci se traduit par des difficultés croissantes à trouver un médecin traitant. Ceux qui en disposent voient les délais d’attente s’allonger pour obtenir un rendez-vous et les consultations sans rendez-vous sont parfois difficiles à obtenir.

Pour remédier à cette situation, une réforme globale des soins de proximité a été prévue. Le plan d’accès aux soins, présenté en octobre 2017 par le Premier ministre et la ministre des solidarités et de la santé, en posait les premiers jalons. La stratégie Ma Santé 2022 vient maintenant donner un nouvel élan à cette dynamique et la doter de nouveaux outils. Cette politique s’appuie sur la mobilisation des acteurs de terrain, à qui elle propose une palette d’outils variés qu’ils peuvent utiliser en fonction des spécificités de leurs territoires. »

Depuis, selon la Drees et la presse, les déserts progressent. Jusqu’où et jusqu’à quand ? Et Paris ? On apprend aujourd’hui que Benjamin Griveaux, candidat de LREM (La République en marche) aux élections municipales entend « mettre fin aux problèmes d’accès aux soins de premier recours dans la capitale ». Sa recette ? « Développer un réseau de maisons de santé, ouverts 7 jours sur 7, de 7 heures du matin à minuit ». Soixante-dix de ces structures seraient ainsi créées à Paris d’ici à 2026, selon les propos de l’équipe du candidat, recueillis par France Info. Objectif : que chaque parisien soit à dix minutes maximum en transport en commun de ces cabinets.

Repousser, en somme, les déserts médicaux loin du périphérique.

A demain @jynau

1 Blandine Legendre. « En 2018, les territoires sous-dotés en médecins généralistes concernent près de 6 % de la population » Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees)

2 Mariella Esvant, « Tours deviendra-t-elle un désert médical ? » La Nouvelle République du 12 février.

Coronavirus débaptisé : ne l’appelez plus jamais «2019-nCoV», c’était trop dur à prononcer !

Bonjour

Cela couvait, c’est éclos :  le nouveau coronavirus chinois s’appellera officiellement «Covid-19». L’annonce en a été faite mardi 11 février 2020 à Genève par le Dr Tedros

« I’ll spell it: C-O-V-I-D hyphen one nine – COVID-19″ @DrTedros #COVID19 »

Cette dénomination remplace celle de 2019-nCoV, décidée à titre provisoire après l’apparition de la maladie et l’identification du nouvel agent pathogène. La nouvelle dénomination a été choisie de manière à être «facile à prononcer», tout en restant sans référence «stigmatisante» à un pays ou une population particulière, a souligné Tedros Adhanom Ghebreyesus.

Comprendra qui pourra. Pour l’heure on saisit, une nouvelle fois, le souci premier du patron de l’OMS : ne pas, surtout pas, irriter Pékin.

A demain @jynau

Coronavirus en croisière : sur le richissime Diamond Princess®, l’agent pathogène prospère

Bonjour

Ubuesque. C’est aussi une situation qui dit beaucoup des impasses de la mise en quarantaine. Soit l’affaire du Diamond Princess®, luxueux autant que monstrueux navire de croisière (découvez-le ici en 3’54’’) transformé en prison flottante. Le « huis-clos de l’angoisse ».

« La croisière ne s’amuse plus, se moquait il y a quelques jours Le Figaro (Régis Arnaud). Partis pour un voyage de rêve, les 3700 passagers à bord du navire Diamond Princess vivent l’enfer depuis que les services d’immigration japonais les ont placés en quarantaine, au large de Yokohama, le 5 février, après qu’un des passagers descendus à Hong Kong, l’escale précédente du navire, avait été diagnostiqué porteur du coronavirus. Les malheureux demeurés à bord et ne présentant pas les symptômes du coronavirus sont confinés dans leur cabine pour la durée maximale d’incubation du virus, soit ‘’au moins quatorze jours’’, ont averti les autorités. »

Fin des innombrables délices des croisiéristes : séances de Tai chi, d’origami, karaoké, casino flottant, bars, restaurants, cocktails, sommeliers, digestifs etc. etc. Nouveau programme : plateaux-repas d’hôpital servis par du personnel médical le visage couvert d’un masque et les mains de gants. Sorties quotidienne sur le pont (90 minutes) en présence d’officiers de quarantaine, en rang d’oignon, à un mètre de distance les uns des autres. Prises itératives de température et usage intensif d’écouvillons nasaux.

De huit cas à cent-trente en une semaine.

Aujourd’hui 10 février les tests régulièrement pratiqués sur le paquebot ont révélé soixante-six nouveaux cas confirmés de contamination au 2019-nCoV : quarante-cinq personnes originaires du Japon, onze des États-Unis, quatre d’Australie, trois des Philippines, une du Royaume-Uni, une du Canada et une dernière d’Ukraine, précise la compagnie qui relaie les informations fournies par les autorités sanitaires nippones. Ces cas portent à cent-trente le nombre de personnes désormais contaminées à bord (décompte des chaînes de télévision TBS et NHK). On est ainsi passé de huit cas à cent-trente en une semaine.

Précision : parti de Yokohama le 20 janvier le Diamond Princess® avait fait escale, après Hongkong, au Vietnam, à Taïwan et Okinawa. Question : combien cette croisière de rêve aura-t-elle provoqué de contaminations ? Et que dire aux passagers qui estiment aujourd’hui que la mise en quarantaine dont il font l’objet les met, précisément, en situation d’être plus aisément contaminés ?

A demain @jynau

1 « Mis à l’eau en 2004, le Diamond Princess est l’un des dix-neuf navires de croisières d’une vaste flotte appartenant à l’opérateur américain Princess Cruises. Ce géant des mers peut accueillir jusqu’à 3.770 personnes, dont 2.670 passagers. Sa zone de navigation est circonscrite à l’Asie et il propose notamment des séjours de plusieurs jours voire plusieurs semaines au cours desquels de nombreuses excursions sont prévues (Shangai, Hong Kong, Taipei et même en Russie). Dans le cas présent, le navire était parti le 31 décembre de Hong Kong, direction le Vietnam, Singapour avant un retour à Hong Kong pour ensuite rallier Taïwan et le Japon. » (CNews)

Coronavirus animalier : faudra-t-il, demain éradiquer ou sauver les derniers pangolins ?

Bonjour  

La quête du « réservoir-hôte-intermédiaire » de l’épi-pandémie ! C’est l’un des sous-ensemble les plus prisés des médias. On y retrouve le frisson des bestiaires, l’appel de la forêt et la démonstration que tout n’est finalement pas bon dans la diversité biologique de la planète. Nouveau coronavirus : on avait initialement parlé de la chauve-souris, incidemment du serpent. Cap aujourd’hui sur le pangolin (du malais pengguling : « enrouleur ») ce membre (généralement inconnu sous nos latitudes) d’une famille de « mammifères insectivores édentés dont le corps allongé est en grande partie recouvert d’écailles ». Vivent dans les régions tropicales et équatoriales d’Afrique et d’Asie. Particulièrement ciblé par les braconniers (viande très appréciée, réservoir médicamenteux). Voit sa population s’effondrer – classé comme espèce en danger critique d’extinction.   Dans son Dictionnaire superflu à l’usage de l’élite et des bien nantis, le regretté Pierre Desproges évoque « un artichaut à l’envers avec des pattes, prolongé d’une queue à la vue de laquelle on se prend à penser qu’en effet, le ridicule ne tue plus ».

Or c’est bien ce pangolin est aujourd’hui soupçonné d’être le réservoir intermédiaire du nouveau coronavirus 2019-nCoV – et ce en facilitant son passage de la chauve-souris à l’homme. C’est du moins l’hypothèse avancée par des chercheurs de l’Université d’agriculture de Chine du Sud. Après avoir testé plus d’un millier d’échantillons d’animaux sauvages, les scientifiques de l’université ont découvert que les séquences du génome des virus trouvés sur les pangolins étaient identiques à 99 % à celles des coronavirus. Information rapporté », vendredi 7 février, par l’agence de presse officielle Xinhua.

« Pour l’heure, les détails de ces travaux n’ont pas été rendus publics, et cette hypothèse doit être prise avec prudence : au début de l’épidémie, une équipe avait estimé que le serpent avait pu servir d’hôte intermédiaire, avant d’être démentie par d’autres analyses génétiques » nous prévient Le Monde (Hervé Morin). Et le dernier vespéral de la capitale de nos apprendre qu’une étude parue en 2019 dans la revue Viruses donne un certain crédit à l’accusation du pangolin.

Cité par Le Monde, Edward Holmes (Université de Sydney), spécialiste de l’évolution des virus à ARN (dont font partie les coronavirus), l’hypothèse du pangolin-intermédiaire est « extrêmement intéressante » – alors qu’il avait rejeté celle du serpent. « Nous avons besoin de plus de données », a-t-il indiqué sur son compte Twitter. Mais selon lui, « cela pourrait être analogue à la situation de la chauve-souris et du dromadaire avec le MERS ». Ce coronavirus avait infecté 2 500 personnes et tué 858 d’entre elles entre février 2012 et décembre 2019, principalement en Arabie saoudite. Dans ce cas, c’est le camélidé qui a constitué l’hôte intermédiaire entre la chauve-souris et l’homme

Accuser la chauve-souris, les dromadaires et les pangolins ? Nullement nous assure Neil D’Cruze, un responsable de l’organisation Protection mondiale des animaux (WAP). Condamner l’homme, au contraire, responsable du commerce d’espèces sauvages. « Un commerce responsable de terribles souffrances pour les animaux et qui met en danger la santé des humains, assure-t-il. Si nous voulons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour prévenir les épidémies de maladies mortelles telles que le coronavirus, alors une interdiction permanente du commerce des espèces sauvages, en Chine et dans le monde, est la seule solution. »

A demain @jynau