Ecologie funéraire : jusqu’à quand l’Etat français interdira-t-il les cercueils tressés en osier ?

Bonjour

C’est, chaque année à la même date, un petit concours entre médias : à qui offrira le plus beau marronnier pour la fête des morts. Décernons pour notre part la prime 2019 à  La Nouvelle République du Centre Ouest (Julien Coquet) : «  Indre-et-Loire : des cercueils en osier confectionnés par des vanniers ».

On nous parle ici d’un petit paradis : Villaines-les-Rochers, près du Saché de Balzac, l’une des capitales mondiales du tressage de l’osier . Depuis trois automnes, la fête des morts coïncide avec certaines commandes. « La première nous est venue d’une cliente fortunée, qui souhaitait être inhumée dans de l’osier, raconte Etienne Métézeau, vannier de père en fils à Villaines. Lorsqu’elle est décédée, son mari s’en est souvenu. » La demande a surpris, la tendance était lancée.

« Quatre ‘’cercueils’’ tressés ont été livrés depuis 2016, rapporte le quotidien régional. Un produit entièrement fait main et sur mesure. Le dernier contact est parvenu début octobre. Ce qui était d’abord le reflet d’une passion de collectionneurs semble en passe d’exploser. ‘’L’osier est complètement biodégradable et ne laisse aucune empreinte carbone, on surfe sur la vague écoresponsable’’, sourit le Villainois. Un dernier geste écolo anticipé avant d’expirer. ‘’Ce serait mon désir afin d’y piquer des fleurs et être enterrée à l’endroit que j’ai choisi, face au soleil près d’une petite église au pays basque’’, détaille la dernière sollicitation. »

Mais voilà : la législation française sur les cercueils interdit d’être mis en bière dans de l’osier. Seule tolérance : les tiges peuvent servir d’habillage à un cercueil traditionnel. En attendant que les textes changent ?  « La Belgique vient de donner son accord, en Pologne on en parlait déjà beaucoup il y a dix ans », observe Aurélien Métézeau, comme autant d’exemples avant-gardistes. L’idée de cercueils en osier fera-t-elle son chemin, demande La Nouvelle République. Il faut compter avecs ses sous : compter 1.500 € en moyenne pour une dizaine de kilos d’osier tressés. « Le prix d’une trentaine d’heures de travail, abattues (sic) jour et nuit, à deux, souvent dans l’urgence » ajoute le quotidien. Pourquoi dans l’urgence ?  

A demain @jynau

Vaccins, ondes, wifi et homéopathie: est-il encore possible de débattre avec Michèle Rivasi ?

Bonjour

A verser au dossier Rivasi Michèle. C’est un exercice original que vient de réaliser Le Point (Thomas Mahler et Géraldine Woessner) : organiser un entretien avec une eurodéputée Europe Écologie-Les Verts, une élue qui s’estime victime d’une « campagne de déstabilisation » de la part … du Point. Et ce depuis le mois de juin et un dossier de l’hebdomadaire : « Écologie : vérités et fariboles »  qui présentait les positions de Michèle Rivasi – numéro deux de la liste Europe Écologie-Les Verts (EELV) aux élections européennes et agrégée de sciences naturelles – « contre les vaccins, pour l’homéopathie et contre les ondes électromagnétiques ».  soit trois oppositions à des consensus scientifiques. Dans son éditorial, le directeur du Point Étienne Gernelle écrivait, à propos de l’eurodéputée, que «  certaines positions semblent tenir plus du champignon hallucinogène que de la science. Sa posture complotiste contre les vaccins, derrière lesquels elle voit la main des laboratoires, et ses convictions sur la nocivité des ondes, qui vont bien au-delà des faits pour l’instant établis, sont ahurissantes ».

Réplique. Sur le site de Politis Michèle Rivasi évoqua une « campagne calomnieuse » en raison de « son combat contre les lobbys ». « Alors qu’elle nous réclamait, par avocats interposés, un droit de réponse, nous lui avons proposé à la place un grand entretien, estimant que le débat était toujours plus fécond, précise l’hebdomadaire. La rencontre s’est faite dans l’antenne parisienne du Parlement européen. De notre point de vue, ce fut courtois, pour ne pas dire sympathique sur le plan humain, mais scientifiquement totalement surréaliste. Michèle Rivasi a présenté sa position sur les vaccins et, après un semblant de mea culpa, a défendu les ‘’travaux’’ d’Andrew Wakefield, chef de file des anti-vaccins mis au ban de la communauté scientifique. Elle a aussi maintenu ses positions sur l’homéopathie, ravivant la fumeuse mémoire de l’eau de Jacques Benveniste. » Extraits.

I Vaccins.

Michèle Rivasi est-elle ou non « antivaccins » quand elle déclare : « Aujourd’hui, les vaccins créent plus de problèmes qu’ils n’en résolvent » ? Que répond-elle à Agnès Buzyn qui l’accuse de diffuser des « fake news » ?

« C’est une phrase sortie de son contexte. Je rencontrais une délégation des pays d’Afrique, Caraïbes et Pacifique (ACP). On me disait que pour résoudre les problèmes de santé en Afrique, il faut des vaccins. J’ai répondu que, parfois, la vaccination ne résout pas tous les problèmes ; qu’il faut plutôt réfléchir à des dispensaires, à assainir la qualité de l’eau… Cette phrase ne doit ainsi pas être généralisée.

« Il y a deux ans, Mme Buzyn m’avait convoquée au ministère de la Santé, à propos de l’obligation vaccinale. Je lui ai dit que je préférais des recommandations à l’obligation, comme ce qui se fait dans beaucoup de pays européens. Je l’avais avertie que l’obligation vaccinale allait faire monter le nombre des antivaccins… Mon objectif en matière de politique vaccinale, ce n’est pas de contraindre, mais de convaincre en restaurant la confiance (…) La perte de confiance est pour moi liée aux scandales, comme la campagne vaccinale contre l’hépatite B et la grippe H1N1 et les 90 millions de doses commandées. Il y a aussi une épidémie de conflits d’intérêts. Les experts ne doivent pas être payés par les laboratoires. Il faut aussi qu’on évalue le rapport bénéfices-risques pour chaque vaccin et que l’on fasse plus de pédagogie plutôt que de l’imposer en infantilisant l’usager. Pour retrouver la confiance, je réclame également une meilleure vaccinovigilance, des études indépendantes sur les adjuvants en aluminium et la multivaccination chez le nourrisson de moins de 18 mois. Ne risque-t-on pas, en vaccinant trop tôt, de fragiliser le système immunitaire des enfants ? En Allemagne, suite à une étude épidémiologique, l’hexavalent a été retiré du marché. En quoi mon discours est-il alarmiste ? »

Pourquoi a-t-elle déclaré qu’il existait un lien de causalité entre le vaccin contre l’hépatite B et la sclérose en plaques ?

« Non ! Sous le gouvernement de Lionel Jospin  j’étais députée à l’Assemblée nationale. Bernard Kouchner avait demandé qu’on ne vaccine plus les adolescents au niveau du collège, suite à la campagne vaccinale menée par Philippe Douste-Blazy au milieu des années 1990. Le directeur général de la Santé, Lucien Abenhaïm, m’a dit en 1999 qu’il n’y a à l’heure actuelle pas d’élément de preuves entre le vaccin contre l’hépatite B et la sclérose en plaques, mais qu’il avait deux infirmières qui, après vaccination et rappel, ont déclaré une sclérose en plaques. Il m’a confié être menacé si jamais il évoquait ce lien de causalité…

« Certes, établir un lien de causalité direct est très difficile à faire. En l’espèce, il n’y a que des présomptions de preuves. Saisie en 2015, la Cour de cassation décide alors de surseoir à statuer et de renvoyer une série de questions préjudicielles à la Cour de justice de l’Union européenne. Celle-ci a ouvert la voie en 2017 à des indemnisations dans des procédures entre malades et fabricants de vaccins. L’affaire peut être résumée ainsi : en l’absence de consensus scientifique quant à une relation de causalité, la «  proximité temporelle » entre l’administration d’un vaccin et la survenance d’une maladie et «  l’absence d’antécédents médicaux personnels et familiaux (ainsi que l’existence d’un nombre significatif de cas répertoriés de survenance de cette maladie à la suite de telles administrations) peuvent constituer des indices suffisants pour justifier une indemnisation. »

« Agnès Buzyn, elle-même, m’a dit qu’on s’est aperçu qu’il y a plus de risques à vacciner des ados que des bébés. Voilà ce que m’a déclaré la ministre ! Sur le fond, le lien de causalité est un principe juridique et non scientifique. De même, pour votre gouverne, la justice s’appuie sur des expertises scientifiques. Il faut reconnaître, en l’espèce, qu’il n’y a pas de consensus scientifique, mais vous ne pouvez pas dire que « toutes les études disent le contraire ». Ce serait un déni. » 

II Homéopathie

Pourquoi être contre le déremboursement de l’homéopathie alors que son efficacité n’a pas été scientifiquement prouvée ?

« Ce n’est pas parce qu’on ne comprend pas le mode d’action que cela signifie qu’il n’y a pas d’effets ! Ceux de l’homéopathie s’expliqueraient par une vibration. La molécule laisse une trace, en quelque sorte, dans le liquide de dilution… Par ailleurs, je ne comprends pas pourquoi on s’acharne à vouloir dérembourser l’homéopathie, qui ne coûte pas beaucoup à la Sécu, quand on sait que notre pharmacopée contient sur le marché un quart de médicaments coûteux pour la Sécu et dangereux pour la santé comme l’ont dit les professeurs Bernard Debré et Philippe Even. Peut-être faudrait-il commencer par dérembourser ceux-ci !

« Il existe aujourd’hui six ou sept modèles théoriques différents tentant d’expliquer pourquoi l’homéopathie marche (…)

On sait que la science avance et progresse au fil du temps. Il faut bien se garder d’avoir des avis définitifs sur les choses, parce qu’on a d’abord des phénomènes, et après des théories ou des modèles explicatifs pour décrire les choses. Il existe aujourd’hui six ou sept modèles théoriques différents tentant d’expliquer pourquoi l’homéopathie marche : la mémoire de l’eau en est un, l’approche quantique en est un deuxième, des Italiens travaillent sur la notion de nanopharmacologie… Il y a aussi d’autres recherches en cours sur l’homéopathie appliquée aux plantes.

« Mon argumentaire est simple : on utilise l’homéopathie depuis environ deux cents ans. Et cela fonctionne ! L’homéopathie a un effet chez certains patients et sur certaines maladies, sinon on n’aurait pas autant de patients qui se soignent à l’homéopathie. Les gens observent que lorsqu’ils donnent des granules à leurs enfants atteints d’otites ou de maladies ORL, les symptômes disparaissent. Je me dis : c’est très bien ! J’ai aussi rencontré des vétérinaires qui ont montré l’effet positif des granules dans des élevages de poules. Cela interroge sur le seul effet placebo de l’homéopathie. (…)

« Je suis pour la sécurité du patient bien entendu. Supprimer la formation d’homéopathie à l’université me pose d’ailleurs un problème : il faut qu’un médecin puisse dire à quel instant l’homéopathie ne suffit plus, et qu’il faut passer aux antibiotiques. Si on supprime cette formation, on laisse la porte ouverte aux charlatans, aux « guérisseurs » d’antan qui n’auront pas fait d’études de médecine pour administrer l’homéopathie. Pour moi, la sécurité du patient passe par un médecin.

« Et pour tout vous dire, je pense que dans l’homéopathie, il y a un effet placebo. Comme dans tout médicament. Mais si les gens préfèrent recourir à de l’homéopathie plutôt que de consommer d’autres médicaments chimiques, c’est leur droit, quand même ! On a soigné des gens à l’homéopathie, et des études le prouvent, même s’il n’y a pas assez d’études cliniques. »

II Ondes, Linky, wifi

Dénoncer les effets nocifs des ondes électromagnétiques ? Croire en une réalité biologique de l’électrosensibilité ?

« Je suis pour qu’on établisse une liste des symptômes qui ont été autorapportés par ceux qui en souffrent : perte de mémoire, problèmes cognitifs, problèmes cardiaques, problèmes de peau, dépression… Quand bien même l’origine de la maladie n’est pas établie, on est confronté à cette réalité : à l’heure actuelle, des milliers de personnes souffrent en présence des émissions électromagnétiques rayonnées par nos appareils sans fil et le réseau électrique. Essentiellement des femmes parfois jeunes. En tant que politique, vous vous demandez comment aider ces personnes-là. Et c’est mon éthique : je dois aider les plus démunis, les personnes qui se disent victimes de facteurs environnementaux émergents. En ce moment, j’essaie de trouver une zone blanche dans laquelle reloger ces gens. Dans cette zone sera mis en place un suivi médico-social, et une recherche européenne, pour identifier des bio-indicateurs spécifiques pour cette maladie.

« Si une personne électrosensible me dit : je ne peux pas vivre avec Linky, je dois l’écouter. Ce sont des « ondes sales » : vous avez des micro-sautes de tension qui correspondent à des interférences que l’on injecte dans le réseau électrique et qui se « surajoutent » au courant domestique. Et la justice a condamné Énédis à poser un filtre protecteur chez treize personnes électrosensibles ou à laisser le compteur initial. La justice se doit de faire respecter nos droits fondamentaux dont le principe de précaution, inscrit dans notre bloc de constitutionnalité. Il existe de nombreux scientifiques différents. On ne peut considérer la science comme un bloc monolithique. De surcroît, la justice est fondée sur un principe important : celui du contradictoire qui permet dans la transparence entre les parties de faire vivre des controverses scientifiques. »

Pour finir Le Point demande à Michèle Rivasi si elle « éteint son wifi le soir. « Je n’en ai pas chez moi, répond-elle. Je suis câblée. Attention, j’ai aidé le département de la Drôme à avoir la fibre optique. Je suis à fond pour Internet, mais sans ondes ! Le principe de précaution doit guider nos choix politiques et techno-scientifiques. Il y va de la protection de la santé de nos concitoyens. »

Question journalistique et citoyenne, au terme de ce long entretien : est-il encore utile (nécessaire, possible) de débattre avec la députée écologiste Michèle Rivasi ? Que répondrait, ici, Sisyphe ?

A demain @jynau

Alerte sanitaire : vous êtes invités à placer votre portable à bonne distance de votre corps !

Bonjour

C’est un avis qui pourrait réveiller certaines peurs et faire quelque bruit, dans les médias comme sur les réseaux : « Expositions aux téléphones mobiles portés près du corps ». Rendu public ce 21 octobre 2019, il émane de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses). Extraits de ce document :

« Rappel : Le contrôle de l’exposition aux ondes émises par les téléphones mobiles a été modifié en 2016, afin de tenir compte de l’évolution des modèles et des usages. Depuis, les fabricants sont tenus d’évaluer l’exposition dans des conditions réalistes d’utilisation, à savoir lorsque le téléphone est placé très près du corps, au maximum à 5 mm de distance. Or, un nombre important de téléphones conformes à la précédente réglementation encore utilisés présentent des niveaux d’exposition élevés lorsqu’ils sont placés près du corps. L’Anses a ainsi été sollicitée afin d’évaluer les éventuels effets sur la santé liés à ces conditions d’expositions. Suite à son expertise, l’Anses recommande que des mesures soient prises afin que les utilisateurs ne soient plus exposés à des niveaux élevés lorsque les téléphones sont portés près du corps.

Le DAS, ou débit d’absorption spécifique, est l’indicateur utilisé pour évaluer la quantité d’énergie absorbée par le corps exposé à des ondes électromagnétiques radiofréquences. La valeur limite réglementaire du DAS en France est établie à 2 W/kg, que le téléphone soit placé au niveau de la tête ou du tronc. Avant leur mise sur le marché, la conformité des téléphones à cette valeur limite de DAS est vérifiée par des mesures en laboratoire. Jusqu’en 2016, la réglementation prévoyait que, lors de la réalisation de cette mesure de DAS, les fabricants puissent choisir la distance d’éloignement entre l’appareil et le corps, comprise entre 0 et 25 mm. La majorité des téléphones mis sur le marché étaient conformes pour une utilisation à une distance de 15 mm.

 L’évolution des technologies et de l’usage des téléphones mobiles, souvent portés très proches du tronc, comme par exemple dans une veste, a amené l’Agence nationale des fréquences (ANFR) à effectuer des mesures du DAS dans des conditions d’utilisation plus réalistes. Des tests sur près de 300 téléphones positionnés à proximité du tronc, au contact et à 5 mm de distance, ont ainsi été réalisés entre 2012 et 2016. Les résultats avaient révélé qu’une grande proportion des téléphones testés présentait des valeurs de DAS supérieures à la valeur de 2 W/kg, certaines dépassant 7 W/kg au contact.

Depuis 2016, une nouvelle directive européenne, dite « RED », impose de mesurer le DAS en positionnant le téléphone mobile à 5 mm du tronc au maximum, correspondant à des conditions d’utilisation « prévisibles ». Or, des téléphones conformes à la précédente réglementation, mais présentant des valeurs de DAS élevées lorsqu’ils sont placés près du corps, sont encore mis sur le marché. De plus, un grand nombre de ces téléphones sont toujours utilisés.

Nouveau : L’Anses a examiné les études récentes portant sur les effets éventuels liés à de tels niveaux d’exposition. Les publications analysées dans les expertises précédentes de l’Anses sur les risques liés aux radiofréquences ont également été prises en compte. Les données disponibles dans la littérature portent exclusivement sur des études expérimentales réalisées chez l’animal ou sur cultures cellulaires. La méthodologie d’évaluation du niveau de preuve a donc été adaptée, en l’absence d’étude chez l’humain. Les résultats de l’expertise mettent en évidence, avec des éléments de preuve limités, des effets biologiques sur l’activité cérébrale liés à des expositions supérieures à 2 W/kg, mais ne permettent pas de conclure à l’existence ou non d’effets sur d’autres fonctions biologiques spécifiquement associées à de telles expositions au niveau du tronc.

Conclusion : Au regard, d’une part des expositions potentiellement élevées lorsque les téléphones sont placés très près du corps et, d’autre part, des incertitudes qui subsistent sur les éventuels effets sanitaires à long terme en lien avec les ondes émises par les téléphones, l’Anses recommande que des mesures soient prises afin que les utilisateurs ne soient plus exposés à des DAS supérieurs à 2 W/kg (par exemple par le biais de mises à jour des logiciels des téléphones, le rappel de téléphones). L’Agence recommande également de faire évoluer les dispositions normatives afin que les mesures de vérification de conformité du « DAS tronc » des téléphones mobiles soient effectuées au contact du corps.

A retenir : Dans l’attente, l’Agence invite les utilisateurs de ces téléphones, lorsqu’ils sont portés près du corps , à se conformer aux modalités d’utilisation notamment les distances d’éloignement mentionnées dans les notices des téléphones. »

A demain @jynau

Big Tobacco : faut-il vraiment s’attaquer à la cigarette par le petit bout de la lorgnette ?

Bonjour

Biaiser. C’est une information du Journal du Dimanche (Anne-Laure Barret) : « Tabac : un député veut interdire la commercialisation des cigarettes dotées de filtres non recyclables ». Il se nomme François-Michel Lambert (ex-EELV, aujourd’hui membre du groupe Libertés et territoires, Bouches-du-Rhône).

François-Michel Lambert ? Natif de La Havane (Cuba), 53 ans,  après seize années chez Pernod-Ricard (responsable packaging, logisticien) entreprend des études en management logistique pour faire du conseil en prospective, notamment auprès des collectivités territoriales en aménagement du territoire. Député depuis 2012. En 2013, il fonde l’Institut de l’économie circulaire dont il assure la présidence (composé de 200 membres, entreprises, collectivités, ONG, écoles, cet institut a pour objectif de définir et mettre en œuvre une transformation du modèle économique pour sortir d’une société de gaspillage).

Aujourd’hui M. Lambert entend faire interdire par la loi les cigarettes dont les filtres ne seraient pas compostables. « Les mégots constituent la première source de pollution des rivières et des océans » argue-t-il.  Les mégots constituent la première source de pollution des rivières et des océans. Chaque petit bout de cigarette contient une cinquantaine de substances chimiques toxiques et met douze ans pour disparaître ! ».

Libéber les fumeurs de leur esclavage

M. Lambert n’est pas le premier à s’intéresser aux mégots. Brune Poirson, secrétaire d’État auprès du ministre d’État, ministre de la Transition écologique et solidaire s’était déjà, il y a un an, vantée de rencontrer, sur le sujet, Big Tobacco.  (et en charge des mégots) a rencontré les ambassadeurs de Big Tobacco. On estime à trente milliards le nombre de mégots jetés chaque année en France. Depuis un an Mme Poirson tente de convaincre les cigarettiers de prendre en charge la collecte et le recyclage. Ecoutée elle n’est guère entendue.

 Ce que l’exécutif peine à obtenir peut-il être imposé via le législatif ? L’application du principe « pollueur-payeur » à l’industrie du tabac, prévue pour le 1er janvier 2021, est d’ailleurs inscrite dans le projet de loi sur l’économie circulaire  qui devrait être examiné à l’Assemblée nationale avant la fin de l’année.

« Mais pour le député Lambert, la mesure est encore trop timide. « Ça équivaut à donner un permis de polluer, explique-t‑il au JDD.  Les fabricants vont verser une écotaxe, mais elle sera reportée sur le prix du paquet. Ce sera du greenwashing, et au final la société continuera de financer les dégâts écologiques. » » D’où son idée d’imposer le « mégot recyclable ». Une idée formulée en un unique et bref article de loi : « Interdire la commercialisation de toute cigarette utilisant un filtre non compostable à partir du 1er janvier 2022. » »

Il suffisait d’y penser. Et on voit mal qui pourrait s’opposer à cette nouvelle tentative de moins dégrader notre environnement. Pour autant on voit mal en quoi la fin des filtres non compostables constituerait une mesure de nature à libérer les fumeurs de leur esclavage. Serait-ce un progrès que de continuer à fumer dans un environnement moins pollué ? Mme Poirson et Mr Lambert sont certes sur le bon chemin, il ne leur reste plus qu’à regarder la cigarette par l’autre bout, sanitaire et politique, de la lorgnette.

A demain @jynau

Lubrizol : que faut-il penser des transaminases élevées retrouvées chez certains pompiers ?

Bonjour

Rouen. Trois semaines après l’incendie massif qui a ravagé l’usine chimique Lubrizol et les entrepôts de Normandie Logistique certains des pompiers intervenus sur ce site Seveso sont inquiets Selon des informations publiées par Le Monde (Stéphane Mandard) des analyses biologiques réalisées après l’intervention ont donné des résultats anormaux. .

« Pour au moins une dizaine d’entre eux, dont une majorité appartient au service départemental d’incendie et de secours de Seine-Maritime (SDIS 76), les bilans sanguins font apparaître des résultats anormaux pour le foie, avec des niveaux de transaminases trois fois supérieurs à la normale ainsi que des perturbations au niveau de la fonction rénale. »

Deux sources internes ont confirmé au quotidien vespéral (sous couvert d’anonymat) que de « cinq à sept agents » du SDIS de Seine-Maritime seraient concernés. Contacté par Le Monde, le commandant Chris Chislard, porte-parole du SDIS 76, indique que « ces résultats d’analyses, faites avant le 21e jour après l’incendie, sont considérés comme T zéro. Il faudra attendre le deuxième prélèvement à J+31 pour pouvoir les interpréter et confirmer s’ils sont liés ou non à l’événement ». Les pompiers concernés par des résultats anormaux devront  faire des bilans tous les quinze jours pendant six mois. Concernant les transaminases, aucune donnée chiffrée n’a pour l’heure été publiée dans les médias.

« Ces résultats ne sont pas bons, commente le toxicochimiste André Picot, directeur honoraire au CNRS. Le foie, comme les reins, c’est notre centre antipoison. Si les transaminases sont élevées, c’est que le foie a subi une agression. Parmi les nombreux produits partis en fumée, il y a très vraisemblablement des produits hépatotoxiques » Il relève « le risque de développer une hépatite ou à long terme des cancers. »

 Certains pompiers dont les analyses sanguines sont anormales envisagent d’ores et déjà de porter plainte contre X – pour mise en danger d’autrui.

A demain @jynau

Cancer du sein et pesticides : voici, en résumé, pourquoi il ne faut plus écouter Ségolène Royal

Bonjour

S’autoriser à tout dire sur les sujets les plus graves – et ne pas être capable de reconnaître ses erreurs. Serait-ce le propre des hommes et des femmes de pouvoir ? Aujourd’hui le cas de Ségolène Royal est, de ce point de vue, tristement édifiant.

Invitée de BFM-TV vendredi 4 octobre, l’ancienne ministre de l’environnement a présenté les pesticides comme une cause majeure du cancer du sein : « Aujourd’hui, plus d’une femme sur dix est touchée par le cancer du sein, est-ce que vous vous rendez compte de ça ? C’est dû à quoi, cela ? C’est dû aux pesticides. »

Tollé immédiat dans les cénacles spécialisés. Le sujet est d’importance. Près de 60 000 nouveaux cas par an. Plus de onze mille décès prématurés dans le même temps. De nombreux facteurs de risques ont été identifiés parmi lesquels des antécédents familiaux et, corollaire, des prédispositions génétiques. L’alcool, le tabac et le surpoids font aussi partie des facteurs de risques parfaitement établis. Avec, en pointillé, les perturbateurs endocriniens. Pour ce qui est des « pesticides » aucune mis en évidence scientifique de possibles effets sur l’apparition du cancer du sein dans la population générale. Rien ne permet certes d’être définitif mais rien ne permet d’affirmer comme le fait l’ancienne ministre socialiste

Précaution et confusion

C’est ce qu’a aussitôt relevé le jeune président de la Ligue nationale contre le cancer, Axel Kahn, qui s’est étonné de ces déclarations sur Twitter

Hasard ou fatalité, Ségolène Royal (aujourd’hui ambassadrice  chargée de la négociation internationale pour les pôles arctique et antarctique) était de nouveau interrogée sur le sujet sur France Inter lundi 7 octobre. Allait-elle faire son mea-culpa radiophonique? « Est-ce que vous êtes allée trop vite en disant cela ? Est-ce que vous voulez rectifier ? », lui a demandé la journaliste, Léa Salamé. 

« C’était un peu résumé », a répondu l’intéressée, nullement gênée. Avant de dénoncer  l’existence d’une « loi du silence pendant des années sur les effets de la dégradation environnementale et notamment sur tous les produits chimiques qu’il y a dans l’air, dans les sols, dans l’alimentation ».

Selon Ségolène Royal, « dans l’aléa et dans le principe de précaution, si on attend que tout soit démontré, il n’y a plus de principe de précaution ». Une formulation qui témoigne à merveille d’une méconnaissance, voulue ou non, du concept du principe de précaution. On attend, sur ce sujet, les commentaires des journalistes militants écologistes.

Il y a un an, le cas Jadot

Ségolène Royale n’est pas la seule à commettre de telles fautes jamais reconnues. Il y a un an Yannick Jadot, sur RTL,  faisait de même, accusant les pesticides d’être responsables du phénomène, toujours inexpliqué, des « bébés sans bras »:

 « Je suis absolument scandalisé par cette affaire, comme tous vos auditeurs, en tant que père de famille, on a tous été très touché, de voir ces enfants sans bras, sans main. On a des associations qui fonctionnent avec quasiment aucun moyen, et à qui on enlève les moyens, des associations qui font le registre des malformations. (…) On veut casser le thermomètre. »

 « Ce que l’on veut ne pas voir, c’est que il est très probable que ces malformations soient liées aux pesticides. Toutes les familles qui ont été touchées par ces malformations vivent à côté des champs de maïs et des champs de tournesols. On n’a jamais voulu savoir en France, on veut pas faire les études épidémiologiques autour des incinérateurs, autour des centrales nucléaires, on veut pas le faire sur les pesticides parce qu’on ne veut pas savoir. »

 M. Jadot n’avait aucune preuve quant à l’origine de ces malformations. Mais M. Jadot a des convictions politiques. Comme Mme Royal. Des convictions qui ajoutent ici gravement à la confusion générale et ajoute au discrédit du scientifique. C’est, aussi, une forme de populisme.

A demain @jynau

L’affaire Lubrizol: un formidable cas d’école de la décrédibilisation de la parole du pouvoir exécutif

Bonjour

Yvon Robert, maire (PS) de Rouen, l’a affirmé le 1er octobre sur RTL: l’eau de sa ville est bel et bien «potable». Dans le même temps, il faut faire avec les odeurs, «difficiles à supporter à certains moments». En déplacement dans la ville normande, le Premier ministre Édouard Philippe a assuré que ces odeurs «ne sont pas nocives». Mais comment peut-on boire de l’eau du robinet quand l’air est insupportable à respirer?

«Je ne suis ni physicien, ni chimiste, nul ne peut tout savoir, dans ces domaines-là»a reconnu Yvon Robert, par ailleurs président de la métropole Rouen Normandie, avant de dire sa confiance «dans les techniciens, les scientifiques, les ingénieurs». (…)

A lire, sur Slate.fr : « Dans l’affaire Lubrizol, le gouvernement fait tout son possible pour ne pas être cru »

A demain @jynau