Covid-19 et risque pandémique. Le jour où le virus aura atteint le vaste continent africain

Bonjour

19 février 2020. Bulletin quotidien : 75 200 cas, 2012 morts.Un jour prochain il faudra traiter du continent africain. Et pourquoi pas dès aujourd’hui, comme nous y incite The Lancet avec une publication originale : « Preparedness and vulnerability of African countries against importations of COVID-19: a modelling study » 1 Published Online February 19, 2020 https://doi.org/10.1016/ S0140-6736(20)30411-6

Où il apparaît que l’Egypte, l’Algérie et l’Afrique du Sud sont les pays a priori les plus exposés au risque d’apparition de l’épidémie due au nouveau coronavirus chinois. Mais ce sont aussi les pays qui disposent des systèmes de santé les plus préparés du continent et qui, à ce titre sont les moins vulnérables. Les pays à risque modéré (Nigéria, Éthiopie, Soudan, Angola, Tanzanie, Ghana et Kenya) sont quant à eux moins préparés et plus vulnérables. A ce titre il auraient impérativement ont d’un soutien pour les aider à détecter et à gérer les cas importés de Covid-19.

Ces résultats proviennent d’une étude de modélisation qui estime la préparation (la capacité du système de santé) et la vulnérabilité (les conditions démographiques, environnementales, socioéconomiques et politiques qui pourraient avoir une incidence sur la capacité d’un pays à réagir) des pays africains. Sans oublier leur probabilité d’importer des cas de Covid-19 de Chine. Le risque global d’importation de cas en Afrique est plus faible qu’en Europe mais que la capacité de réponse et de réaction est plus limitée en Afrique.

Il faut ici savoir que la Chine est le premier partenaire commercial de l’Afrique et que l’Algérie, l’Éthiopie, l’Afrique du Sud et le Nigéria ont été inclus dans les treize pays prioritaires identifiés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), sur la base de leurs liens directs et du volume de leurs voyages en Chine. Un premier cas africain officiel de Covid-19  a été confirmé en Egypte le 14 février 2020.

« Plusieurs mesures visant à empêcher l’importation de cas en provenance de Chine ont déjà été mises en œuvre dans de nombreux pays africains, résume The Lancet.  Cependant, la limitation et le contrôle de la transmission après l’importation nécessitent des mesures supplémentaires : surveillance accrue, identification rapide des cas suspects, transfert et l’isolement des patients, diagnostic rapide, recherche des contacts e suivi des contacts potentiels. Ces mesures nécessitent une expertise et des ressources techniques et opérationnelles, qui dépendent fortement des systèmes de santé.

 «Les pays africains ont récemment renforcé leur état de préparation pour gérer les importations de cas de Covid-19, y compris la surveillance des aéroports, le contrôle de la température aux points d’entrée, les recommandations pour éviter les voyages en Chine et l’amélioration des informations sanitaires fournies aux professionnels de la santé et au grand public. Publique. Cependant, certains pays restent mal équipés », explique le Dr Vittoria Colizza (Inserm, Université de la Sorbonne, France) qui a dirigé ce travail.

Elle ajoute :

«Alors que près des trois quarts de tous les pays africains ont un plan de préparation à une pandémie de grippe, la plupart sont dépassés et jugés insuffisants pour faire face à une pandémie mondiale. En outre, malgré les efforts déployés par l’OMS pour améliorer la capacité de diagnostic, certains pays ne disposent pas des ressources nécessaires pour tester rapidement le virus, ce qui signifie que des tests devront être effectués dans d’autres pays.

« Il est essentiel de former, d’équiper et de renforcer les capacités de diagnostic des laboratoires hospitaliers proches des maladies infectieuses et des services d’urgence afin de réduire le délai de livraison des résultats, de gérer plus rapidement les cas confirmés et les contacts, et de préserver des mesures strictes de contrôle des infections. De même, l’augmentation du nombre de lits et de fournitures disponibles dans les pays à ressources limitées est cruciale pour préparer une éventuelle transmission locale après l’importation.»

On peut le dire autrement : nous sommes d’ores et déjà ici confronté à un possible problème de santé publique majeur.

A demain @jynau

1 Marius Gilbert, Giulia Pullano, Francesco Pinotti, Eugenio Valdano, Chiara Poletto, Pierre-Yves Boëlle, Eric D’Ortenzio, Yazdan Yazdanpanah, Serge Paul Eholie, Mathias Altmann, Bernardo Gutierrez, Moritz U G Kraemer, Vittoria Colizza. This study was funded by the EU Framework Programme for Research and Innovation Horizon 2020, Agence Nationale de la Recherche. It was conducted by researchers from Université Libre de Bruxelles, Fonds National de la Recherche Scientifiques, INSERM, Sorbonne Université, Institut Pierre Louis d’Epidémiologie et de Santé Publique, Networks and Services Laboratory at Orange Experience Design Laboratory Chatillion, The Semel Institute for Neuroscience and Human Behavior, David Geffen School of Medicine, University of California Los Angeles, Université de Paris, Bichat Claude Bernard Hospital, Assistance publique–Hôpitaux de Paris, Centre Hospitalier Universitaire de Treichville, Université Félix Houphouet-Boigny, Maladies Infectieuses Dans Les Pays à Ressources Limitées, INSERM U1219, University of Bordeaux, University of Oxford, Harvard Medical School, Harvard University, Boston Children’s Hospital.

Covid-19 et croisières : l'OMS, dépassée par les événements, navigue désormais à courte vue

Bonjour

19 février 2020. Bulletin quotidien : 75 200 cas, 2012 morts. A Genève, citant une étude du Centre chinois de contrôle et de prévention des maladies portant sur plus de 72 000 cas, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a précisé que plus de 80 % des patients souffraient d’une forme bénigne de la maladie. Toujours selon ce travail, jusqu’à 39 ans, le taux de mortalité du Covid-19 reste très bas avant 40 ans 0,2 %), puis s’élève progressivement avec l’âge. Que deviennent les 20% souffrant d’une forme « non-bénigne » ? Le patron de l’OMS ne le dit pas.

Jusqu’à présent le principal foyer de contamination hors de Chine demeurait le désormais célèbre paquebot de croisière Diamond-Princess, dont l’évacuation vient de commencer. On se souvient qu’il avait été été placé en quarantaine début février dans le port de Yokohama, près de Tokyo, avec plus de 3 700 personnes à son bord – 2 666 croisiéristes et 1 045 membres d’équipage. Selon le dernier bilan 542 personnes étaient désormais contaminées à bord – soit 88 cas de plus que la veille. A bord, les passagers étaient confinés dans leurs cabines mais pouvaient sortir pour de brèves promenades sur un pont du navire avec l’obligation de porter un masque, des gants et rester à distance des autres croisiéristes. On attend, ici, les témoiganges « vécus ».

La période de quarantaine étant théoriquement terminée aujourd’hui (rappelons que la période maximale d’incubation supposée de la maladie Covid-19 est de quatorze jours) cinq cents passagers ne présentant pas de symptômes (dont les tests se sont révélés négatifs, qui n’ont pas eu de contact avec des personnes porteuses du virus) ont commencé à débarquer mercredi. Une fois libérées, elles ne subiront « aucune restriction à leurs mouvements ». Le débarquement des milliers d’autres passagers devrait se poursuivre durant plusieurs jours, les personnes étant testées négatives au coronavirus pouvant progressivement être évacuées.

« Gestion totalement cahotique de la crise »

Les personnes à bord sont originaires de cinquante-six pays et territoires, dont la moitié du Japon, selon l’opérateur américain Princess Cruises, qui décompte également des centaines d’employés philippins et des centaines de croisiéristes américains. 

Monté à bord du bâtiment, le Pr Kentaro Iwata, spécialiste japonais des maladies infectieuses à l’université de Kobe, a fait grand bruit en qualifiant de « totalement chaotique » la gestion de la crise du coronavirus par Tokyo dans des vidéos vues des centaines de milliers de fois. « Ce navire est totalement inapproprié au contrôle de propagation des infections. Il n’y a pas de distinction entre les zones vertes (saines) et rouges (celles potentiellement infectées) » et « le personnel peut circuler d’un endroit à l’autre, manger, téléphoner », raconte-t-il. « J’ai été en Afrique pour traiter l’épidémie d’Ebola. J’ai été dans d’autres pays pour le choléra, en Chine en 2003 pour m’occuper du SRAS (…). Jamais je n’ai eu peur d’être moi-même infecté, dit-il dans la vidéo en anglais. Mais à l’intérieur du Diamond-Princess, j’ai eu peur (…) car il n’y avait aucun moyen de dire où se trouvait le virus. » Il s’est déclaré si inquiet qu’il s’est placé en quarantaine pour quatorze jours afin de ne pas risquer de contaminer sa famille.

Hypermédiatisée l’affaire du Diamond Princess (comme celle d’autres paquebots de croisière « contaminés ») a bouleversé ce secteur de l’économie touristique. Le nombre et la concentration-promiscuité des passagers associés aux contraintes des mises en quarantaine changent brutalement la donne. Au point que l’OMS elle-même s’interroge.

«  Si nous devons interrompre toutes les croisières du monde au cas où il y aurait un contact potentiel avec un possible agent pathogène, où nous arrêterons-nous ? », vient ainsi de déclarer  le Dr Michael Ryan, directeur des urgences de l’OMS. On se souvient que l’organisation onusienne s’était déjà prononcée contre la restriction brutale des voyages – et que son message avait alors été superbement ignoré. Aujourd’hui les Etats-Unis, l’Australie et la Nouvelle-Zélande ont, entre autres,  interdit l’entrée sur leur territoire aux étrangers s’étant récemment rendus en Chine. Jusqu’à la Russie qui vient d’annoncer qu’elle fermait ses frontières aux ressortissants chinois – prenant le risque de réveiller les mânes marxistes-léninistes.  

Des raisons d’espérer ? Face à l’épidémie, Pékin vient d’annonder une exemption des « droits de douane punitifs » qu’il imposait dans le cadre de sa guerre commerciale avec Washington sur certains produits médicaux américains. Des équipements utilisés pour la transfusion de patients ou pour mesurer la pression artérielle seront ainsi exemptés à partir du 2 mars.

A Macao, les célèbres casinos rouvriront sous peu, après la décision des autorités sanitaires de mettre fin à deux semaines de fermeture.

A demain @jynau

Résurgence de l’étrange : un bateau fantôme vient de s’échouer sur les côtes de l’Irlande

Bonjour

Rien à voir, certes, avec le Diamond Princess contaminé par le Covid-19. Quoique. C’est l’une des conséquences de la tempête Dennis qui, mi-février, a affolé le nord-ouest de l’Europe. Nous parlons ici de l’inhumaine odyssée solitaire du MV Alta. Le « bateau fantôme apparemment destiné à ne jamais faire escale », résume le quotidien britannique The Guardian. Un fantôme finalement échoué, dimanche 16 février, sur les côtes rocailleuses aux abords du petit village de pêcheurs de Ballycotton, dans le sud-est de l’Irlande. Une pépite pour les méta-journalistes spécialisés dans les revues de presse.

Il s’agit ici d’un cargo tanzanien de 77 mètres abandonné par son équipage. Il aurait dérivé dans l’Atlantique pendant près de dix-huit mois, longeant le continent américain, l’Afrique et l’Europe, « rouillé mais à flot ». Les autorités irlandaises s’interrogent désormais sur le devenir de l’épave, ainsi que sur un éventuel risque de pollution. Les médias, eux, se sont penchés sur son mystérieux périple qui s’est achevé en mer Celtique.

Monstres et Fantômes

Parti de Grèce le cargo cinglait vers Haïti quand il a souffert d’une avarie, raconte The Irish Times. « Il dérivait déjà depuis près de vingt jours lorsque l’équipage a demandé de l’aide, après que ses réserves de nourriture et d’eau ont commencé à manquer. » Les dix hommes à bord ont été secourus par les garde-côtes américains, à environ 2 220 kilomètres au sud-est des Bermudes, puis emmenés à Porto Rico. Nous étions alors en …. octobre 2018.

En août 2019, le MV Alta  est repéré par un navire de patrouille de la Royal Navy dans l’Atlantique, au large de l’Afrique, apparemment sans équipage. « Nous nous sommes rapprochés du navire pour prendre contact et offrir notre aide, mais personne n’a répondu ! Tant que l’enquête se poursuit, nous ne pouvons pas vous donner plus de détails sur cet étrange événement », écrivent alors aux équipes à terre les membres du HMS Protector  – aujourd’hui cités par The Irish Examiner. Et le MV Alta aurait continué à dériver de l’Afrique vers l’Irlande, en passant par l’Espagne.

Comment, ici, ne pas rêver à la légende du bateau qui continue de voguer sans fin débarrassé de son équipage humain ? A commencer par  Le Hollandais volant  ? Ou le célébrissime Mary Celeste. Sans oublier le pétrolier Jian Seng retrouvé en 2006 au large du Queensland, en Australie. Nous sommes là aux antipodes des paquebots croisières, comme le Diamond Princess, ces monstres qui croisent, sans jamais les voir, les fantômes des mers.

A demain @jynau

Covid-19 et dictature : pendant l’épidémie, Pékin n'oublie pas de museler ses « dissidents »

Bonjour

18 février 2020. Dernier décompte officiel : 73 336 cas- 1874 morts. Et toujours cette loupe grossissante qu’offre l’épidémie. Xu Zhiyong, un militant anticorruption qui avait déjà purgé quatre ans de prison entre 2013 et 2017, a été arrêté le samedi 15 février – information donnée par Amnesty International. « China: Detention of activist shows unrelenting assault on freedom of expression ».

 L’homme était en fuite depuis décembre, après avoir participé à une réunion d’opposants dans la ville de Xiamen. Il n’en continuait pas moins à diffuser sur les réseaux sociaux des articles dénonçant le régime communiste. C’est ainsi, par exemple, que le 4 février, il avait appelé à la démission du président Xi, critiquant sa gestion de la guerre commerciale avec les Etats-Unis, des manifestations à Hong Kong et de l’épidémie de Covid-19.. «Les fournitures médicales manquent, les hôpitaux sont débordés et beaucoup de personnes contaminées ne sont pas dépistées, avait-il dénoncé. C’est la pagaille. » Pagaille ?

Longtemps attablés au Flore

Hua Ze, une amie de longue date du dissident qui vit aux Etats-Unis, a confirmé être sans nouvelles de lui depuis samedi. «Le simple fait qu’il ait été en cavale depuis si longtemps tout en continuant à s’exprimer était en soi (…) une sorte de défi» aux autorités, a-t-elle commenté. Le cas n’est pas unique.

Où l’on voit que les conséquences de cette épidémie alimentent une fronde inhabituelle contre le pouvoir, accusé d’avoir tardé à réagir et d’entraver la liberté d’expression. «La guerre du gouvernement chinois contre le coronavirus ne l’a en aucun cas détourné de son offensive généralisée contre les voix dissidentes», observe Amnesty. Xu Zhiyong a été arrêté alors qu’il se trouvait à Canton, a déclaré à l’AFP une source qui a requis l’anonymat. Interrogée, la police cantonaise n’a pas répondu aux questions de l’AFP.

Effet de loupe. Au risque de choquer ceux qui, attablés au Flore, se sont réveillés un peu tard, on peut rappeler que l’affaire n’est pas nouvelle. Depuis bientôt un demi-siècle on peut lire, de Simon Leys : Les Habits neufs du président Mao : chronique de la « Révolution culturelle », préfacé par René Viénet, Paris, Champ libre, 1971, 314 p. (1er titre de la collection « Bibliothèque asiatique », dirigée par le sinologue situationniste René Viénet) ; éd. poche, Paris, Livre de Poche, 1989)

A demain @jynau

Covid-19-transfusion: Pékin incite les personnes guéries à donner leur sang aux malades

Bonjour

Plasmaphérèse ? Comment traiter une maladie due à un virus émergent ? En Chine les autorités sanitaires viennent de « demander aux personnes guéries de donner leur sang ». Objectif schématique : « en extraire le plasma pour soigner les malades qui sont encore dans un état grave ». Ce n’est là que l’un des essais cliniques plus ou moins contrôlés mis en œuvre en Chine comme nous l’apprend Nature : « More than 80 clinical trials launch to  test  coronavirus  treatments » .

« Le plasma des anciens patients qui avaient été infectés par le virus provoquant l’épidémie de Covid-19 contient des anticorps qui pourraient permettre de diminuer la charge virale chez les malades sévèrement atteints, a indiqué lors d’un point de presse un responsable de la Commission nationale de santé cité par l’AFP. ‘’Je voudrais demander à ceux qui ont guéri de donner leur plasma. Ce faisant ils redonneraient espoir aux malades encore gravement atteints’’, a déclaré Guo Yanhong. »

D’ores et déjà onze patients hospitalisés à Wuhan ont reçu des transfusions a précisé Sun Yanrong, du Centre biologique du ministère des Sciences et Technologies ajoutant :  »L’un d’entre eux est déjà rentré chez lui, un autre a été capable de se lever et de marcher et les autres sont en voie de guérison » ».

Transmettre d’autres maladies

L’affaire va prendre de l’ampleur en Chine : cet appel intervient au lendemain de l’annonce par un laboratoire d’Etat de résultats positifs lors d’essais cliniques effectués dans un hôpital de Wuhan. Le China National Biotec Group a affirmé sur le réseau WeChat que des malades qui avaient reçu des transfusions de plasma avaient vu leur état «s’améliorer dans les 24 heures». «Des essais cliniques ont montré les transfusions de plasma (de malades guéris) sont sans danger et efficaces», a ajouté Mme Sun. Précaution : les donneurs seront testés pour vérifier qu’ils ne peuvent transmettre le virus, a précisé Wang Guiqiang, chef de service au Peking University First Hospital : «Seul le plasma sera prélevé. Les autres composants du sang, dont les globules rouges et les plaquettes, seront restitués aux donneurs».

Et l’affaire va prendre de l’ampleur en dehors de Chine. À Genève, le directeur des programmes d’urgence de l’OMS, Michael Ryan, a expliqué que l’utilisation du plasma d’anciens patients «s’est avérée efficace» pour certaines maladies. Prudent, il ajoute  que cette pratique « n’est pas toujours couronnée de succès ». «Nous allons devoir examiner comment il est utilisé, quels sont les patients les plus susceptible de bénéficier de son utilisation, (et) à quel moment de la maladie cette pratique apporte un bénéfice», a-t-il expliqué lors d’une conférence de presse. À ses côtés, la Dr Sylvie Briand, directrice du département Préparation mondiale aux risques infectieux à l’OMS, a jeté le trouble en rappelant :  car «avec les produits sanguins vous pouvez transmettre d’autres maladies».

18 février 2020. A Paris, déjà présent sur les ondes de France Inter le nouveau ministre de la Santé, Olivier Véran, ne s’est pas exprimé sur le sujet.

A demain @jynau

Covid-19 : en France les ministres changent, dans le monde l’épidémie continue à progresser

Bonjour

Les présents l’affirment : elle a quitté « son » ministère en pleurant… Puis elle est partie conquérir Paris. Sur ordre du président Macron la nouvelle ex-ministre de la santé a cédé sa place à Olivier Véran. Lors de la passation, le nouveau titulaire de l’épais maroquin a assuré que l’épidémie de coronavirus restait «la priorité numéro 1» de « son » ministère. Devant les colères hospitalières et la réforme des retraites. La gestion de l’épidémie «nous mobilise pleinement» et «il s’agit encore de la priorité numéro 1 de ce ministère» a déclaré Olivier Véran –  ajoutant « avoir échangé sur cette situation avec Agnès Buzyn avant leurs prises de parole ».

Le nouveau ministre a également ajouté qu’il partagerait «avec les Français l’ensemble des informations dont je disposerai, (…) je continuerai de faire des compte-rendus réguliers sur la situation», comme l’avait fait celle dont il rêvait de prendre la place. Comment Olivier Véran aurait-il pu imaginer que nous aurions pu penser qu’il pourrait en être autrement ?

Puis ce message : le ministre des Solidarités et de la Santé fera « un point de situation et répondra aux questions » le lundi 17 février 2020 à 19h30 à l’hôpital Bichat (AP-HP)46 rue Henri-Huchard, 75018 Paris. Et ces informations, données par l’AFP : le nouveau ministre a indiqué que dans l’Hexagone, sur les douze cas confirmés, six personnes restaient hospitalisées . Un deuxième cas positif a en revanche été diagnostiqué parmi les quatre ressortissants français à bord du Diamond Princess, en quarantaine au Japon, a précisé Jérôme Salomon, « numéro deux du ministère » (sic).  Un passager français de 80 ans avait déjà été diagnostiqué et est actuellement hospitalisé au Japon. M. Salomon a ajouté : « Ils sont pris en charge par les autorités médicales japonaises. Il n’y a pas de demande à ce jour de rapatriement médical (…). S’il y avait une demande on l’instruirait, dans l’intérêt de ces malades. »

Sur le territoire français, « il reste à ce jour six patients hospitalisés » après la sortie d’un enfant qui a pu quitter le CHU de Grenoble « guéri », a souligné pour sa part Olivier Véran. Il s’agit de l’un des six Britanniques – dont cinq restent hospitalisés dans la région lyonnaise – contaminés fin janvier par un compatriote de retour de Singapour à l’occasion d’un séjour dans un chalet aux Contamines-Montjoie, dans les Alpes. La sixième personne encore à l’hôpital Bichat, est une Chinoise de 50 ans, fille d’un touriste chinois de 80 ans, mort vendredi soir. « Elle va bien aujourd’hui, elle est guérie, les tests montrent qu’elle n’est plus contagieuse. On peut tout à fait envisager sa sortie très prochaine », a assuré le ministre – après l’avoir rencontrée.

Dans le vaste monde : plus de 70 000 contaminations – le nombre de morts dépasse désormais les 1 700

A demain @jynau

Hystérie et Covid-19 : les journalistes doivent-ils désormais « travailler » avec l’OMS ?

Bonjour

17 février 2020, après bien des atermoiements l’OMS) estime que la propagation du Covid-19 est désormais «impossible à prévoir». Dernier décompte officiel : plus de 71 000 cas – 1775 décès.

Et, pour la première fois dans ce dossier, une question ouvertement dérangeante : face à une épidémie quelle est, quel doit être le rôle de la presse, celui des journalistes ? Pour le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS les choses sont claires. « Nous demandons à tous les gouvernements, toutes les sociétés et tous les organismes de presse de travailler avec nous pour déclencher le niveau d’alarme idoine sans souffler sur les braises de l’hystérie », vient-il de déclarer lors de la « Conférence de sécurité » de Munich.

Il s’agit ici une enceinte créée en 1962 par Ewald von Kliest un ancien officier allemand et l’un des comploteurs contre Hitler en 1944. Idée-pivot de cette conférence : promouvoir la paix par le dialogue.

Médias ayant pignon sur rue et sur écran.

« Déclencher le niveau d’alarme idoine sans souffler sur les braises de l’hystérie ». On peut le dire autrement. Les journalistes doivent-ils se limiter à diffuser les bulletins de l’OMS ? Répercuter les propos tenus sur les estrades des conférences de presse ? S’interdire de commenter, de critiquer, d’éditorialiser ? Soutenir les pouvoirs exécutifs en place ?

Un exemple : fallait-il ou non s’interroger publiquement sur les atermoiements du Dr Tedros Adhanom quant à la nécessité de déclencher une alerte de niveau mondial ? Se museler face à une OMS en perte de vitesse 1 ? Où sont aujourd’hui les journalistes qui « soufflent sur les braises de l’hystérie » ? Et comment ne pas voir que si souffle et braises il y a, on le trouvera sur ces « réseaux sociaux » que l’on ne saurait confondre avec le travail des journalistes oeuvrant dans des médias ayant pignon sur rue et sur écran.

Depuis le Dr Théophraste Renaudot, inventeur du journalisme, l’appel à l’aide de la presse par le pouvoir en situation de crise est un grand classique 1. C’est, pourrait-on, dire une expression inversée de la tentation de censure. On ne peut, ici, que souhaiter que le pouvoir se limite à lancer cet appel – et que les journalistes puissent continuer à exercer leur passionnant métier. Avec souffle – mais sans braises.

A demain @jynau

1 Nau J-Y « Informations à caractère médical dans la presse écrite d’audience nationale. Education sanitaire ou journalisme. Thèse de médecine. Université François-Rabelais. Faculté de médecine de Tours. 1984.