Coronavirus – scandale: le Diamond Princess transformé en un «incubateur expérimental»

Bonjour

23/02/20. Rien ne va décidément plus au Japon. Au point que l’on en vient à s’interroger sur la tenue des Jeux Olympiques d’été (24 juillet-9 août) 2020.  

Un troisième passager est mort à bord du paquebot Diamond Princess, placé en quarantaine dans le port de Yokohama – annonce le ministère japonais de la santé. L’octogénaire japonais est mort d’une pneumonie précise un communiqué. Le Diamond Princess reste le plus important foyer de contagion hors de Chine. Sur 3711 personnes se trouvant initialement à bord, plus de 630 ont contracté le coronavirus.

Tokyo a aussi confirmé que le virus avait, finalement, été diagnostiqué chez une ex-passagère du Diamond Princess, rentrée chez elle par le train il y a quelques jours après avoir été considérée comme un cas négatif. Plus généralementTokyo vient de reconnnaître que vinf-trois passagers du Diamond Princess avaient pu quitter ce navire de croisière « mis en quarantaine » sans passer tous les examens médicaux requis pour déceler le nouveau coronavirus. «Nous regrettons profondément l’erreur opérationnelle de notre part qui a causé cette situation», a déclaré le ministre japonais de la Santé  lors d’une conférence de presse, affirmant que les passagers concernés seraient testés à nouveau pour le coronavirus.

Les autorités sanitaires japonaises ont autorisé cette semaine quelque 970 personnes à débarquer du navire après des tests apparemment négatifs au coronavirus. Or parmi ces personnes lâchées dans la nature, deux Australiens et une Israélienne ont été déclarés porteurs du virus à leur retour dans leur pays.

Passagers et membres d’équipage du bateau de croisière ont également été rapatriés dans leurs pays: trente-deux au Royaume-Uni, six en Roumanie et deux en Grèce. Tous les passagers japonais ont désormais quitté la navire mais des passagers étrangers attendent toujours à bord l’arrivée d’avions affrétés par leurs pays d’origine pour les rapatrier.

« Un des scandales sanitaires de notre nouveau siècle » 

Plus d’un millier de membres d’équipage du Diamond Princess devraient ensuite être placés en quarantaine pour quatorze jours. Beaucoup d’entre eux n’étaient pas placés à l’isolement car ils devaient assurer la marche du navire et le service à bord.Ils servaient notamment les repas aux passagers confinés dans leurs cabines, ce qui a suscité des critiques sur les risques de propager ainsi le virus à bord.

Des « critiques » ? Résumons. Partir en croisière en parfaite santé. Etre gardé prisonnier en compagnie de personnes infectées par un nouveau virus dont on ne connaît pas l’exacte virulence mais que l’on sait potentiellement mortel. Etre maintenu dans des conditions non conformes aux standards actuels de protection des personnes contre les agents pathogènes dangereux. Aucune chambre à pression négative pour isoler les personnes infectés, pas de désinfection à bord. Puis une multiplication des personnes infectées à un rythme et un taux d’attaque bien supérieur à celui observé dans la population générale (y compris à Wuhan). Et, pour l’heure, trois morts. Découvrir, en somme, que le confinement dans le bateau a été un sorte d’ « incubateur expérimental ».

Augmenter les risques au lieu de les réduire. « Il y a là, selon moi, un des scandales sanitaires de notre nouveau siècle » estime le Pr Antoine Flahault, directeur de l’Institut de Santé Globale (Faculté de Médecine, Université de Genève).

Les autorités sanitaires de Tokyo s’efforcent de justifier la procédure de quarantaine à bord choisie par le Japon, affirmant qu’il n’existait pas de structure médicale capable d’accueillir plus de 3000 personnes à la fois. Et d’ajouter qu’un hôpital japonais vient d’utiliser un médicament antigrippal, l’Avigan® ou favipiravir 1, pour traiter un patient infecté par le coronavirus. Le gouvernement japonais envisage de promouvoir un tel traitement s’il s’avérait efficace. On observera que le favipavir est produit par la société japonaise Toyama Chemical.

A demain

1 Voir, sur ce blog, le passé japonais, africain et français du favipiravir utilisé contre Ebola

Coronavirus-19 : le président chinois Xi Jinping sur le point de faire son premier mea culpa ?

Bonjour

23/02/2020. Un virus peut-il conduire l’un des maîtres du monde à faire son autocritique ? C’est ce qui semble en passe de se produire en Chine où le président Xi Jinping, né en 1953, vient d’annoncer que l’épidémie du nouveau coronavirus constitue la plus grave urgence sanitaire à frapper la Chine depuis la fondation du régime communiste en 1949. Rappelons que l’actuel président de la république populaire de Chine.

C’est le 1er octobre 1949, Mao Zedong proclame sur la place Tian’anmen, la fondation de la république populaire de Chine. Le nouveau pouvoir veut mettre en place un nouvel ordre économique et social à la fois inspiré de l’exemple soviétique  et adapté aux réalités chinoises. Dans un premier temps, cherchant d’abord à reconstruire un pays ravagé, il se contente de réformes relativement modérées, inspirées de celles déjà mises en place dans ses anciens bastions du temps de la guerre civile. Le rythme des réformes s’accélère pourtant rapidement, et de nombreuses personnes, soupçonnées de ne pas collaborer avec le régime, sont exécutées. On connaît la suite.

Soixante-dix ans plus tard l’épidémie de COVID-19 «est une crise, une grande épreuve pour nous», déclare Xi Jinping, selon des propos rapportés par la télévision nationale. Il a également reconnu «des lacunes» dans la réponse au coronavirus. Une grande première qui laisse imaginer des sanctions. Comparée à celle du SRAS en 2002 l’épidémie d’aujourd’hui s’avère « très difficile à prévenir et à maîtriser », a déclaré le numéro un chinois lors d’une réunion rassemblant les plus hauts dirigeants du pays. 

Comment dit-on, en chinois, mea culpa ?

A demain @jynau

Coronavirus politique : non, Olivier Véran n’appelle pas à une « restriction des libertés »

Bonjour

23/02/20. Bulletin officiel quotidien 78 767 cas, 2461 morts. Dans le train qui le conduisait à Saint-Etienne (Loire) le nouveau ministre de la Santé, surbooké,  s’est confié au Parisien (Florence Méréo). «Nous nous préparons à une épidémie», prévient-il. Cela donne ceci :

Craindre de nouveaux cas en France ?« D’autres cas, c’est très probable. Une épidémie? Nous nous y préparons. Aujourd’hui, il ne reste plus qu’un seul malade en France, hospitalisé à Lyon. Son état de santé n’est pas préoccupant. Tous les autres, mis à part un homme de 80 ans qui est décédé, sont sortis, guéris et ne sont pas contagieux. J’ai fait  le choix de mettre en quarantainetous les Français rapatriés vendredi 21 février en provenance d’une zone rouge en Chine, c’est-à-dire où le risque de transmission virale est important. Ils seront placés en confinement pendant quatorze jours dans un centre de vacances du Calvados. A ce stade, rien n’indique que l’un d’eux est infecté. Nous restons en alerte maximale. »

« Se préparer » ? « Nous multiplions le nombre de laboratoires équipés en tests de diagnostic pour atteindre une capacité de plusieurs milliers d’analyses par jour et sur tout le territoire, contre 400 aujourd’hui. Nous poursuivons également l’équipement en masques. Santé publique France travaille avec les entreprises françaises qui en fabriquent, en plus des commandes déjà passées à l’étranger. J’ai réuni mardi une soixantaine de décideurs en matière de santé car le partage d’informations et le retour d’expérience sont essentiels. »

« Cela semble donc très sérieux… » « Bien sûr que c’est sérieux, et nous nous mettons en situation. Si l’épidémie atteint l’Europe, je veux que nous soyons pleinement opérationnels. Je suis particulièrement attentif à la situation en Iran, en Corée du Sud où le nombre de cas augmente, ou encore au Japon, et plus près de nous en Italie, où un malade est décédé sans avoir été en Chine ni en contact connu avec un autre malade. »

Le ministre n’appelle pas à une restriction des libertés

Notre consœur va plus loin en rappellant au ministre qu’il y a quelques jours, sur France Inter il n’a pas craint de saluer la « réactivité » de la Chine communiste, précisant qu’il serait impossible de « réaliser cela dans un pays dans lequel les réseaux sociaux seraient ouverts ». Est-ce dire qu’il estime, lui ancien socialiste, que la censure peut constituer une arme efficace face à un fléau épidémique ?

« Certainement pas, répond-il. Et je regrette ce procès intenté sur un sujet aussi grave dans la période que nous connaissons. J’ai fait deux constats. Le premier est que la Chine dispose d’un système sanitaire réactif et de qualité. Le second, est que les Chinois n’ont pas le même degré de liberté que nous. En aucun cas je ne plaide aujourd’hui pour des mesures de confinement à grande échelle en France. Et je n’appelle à aucune forme de restriction des libertés. »

Le citoyen respire. C’est donc que les auditeurs de France Inter n’avaient rien compris. Ou que le jeune ministre ne maîtrise pas encore pleinement sa communication. Comme ce fut le cas, il y a quelques années Roselyne Bachelot, pharmacienne gaulliste devenue ministre – aujourd’hui humoriste sur RTL. Roselyne Bachelot elle aussi confrontée (2009-2010) à une vague pandémique grippale – vague suivie en France d’innombrables remous politiques.

S’inquiéter ?  Se rassurer ? Rester au milieu du gué ? On conseillera la lecture, sur thinkglobalhealth.org  de « What’s Next for COVID-19 ? Containment of the coronavirus would make an enormous difference to health around the world. Is it still possible? » (Tom Frieden). Le citoyen (non ministre) y découvre au moins douze raisons de nourrir un pessimisme raisonnable. Et au moins six de garder, malgré tout, espoir.

Rappelons qu’il n’est pas nécessaire de réussir pour persévérer à vouloir protéger les libertés.

A demain @jynau

Covid-19 et nouvelles questions : s'angoisser quant à la durée maximale d’incubation ?

Bonjour

Quelques lignes de l’agences Reuters relayées par Le Figaro. Où l’on apprend qu’un septuagénaire chinois du Hubei a contracté le nouveau coronarivus mais n’a développé les symptômes de la maladie que 27 jours plus tard – annonce faite le samedi 22 février les autorités locales. L’homme avait été en contact avec sa soeur, malade, le 24 janvier. Il a été pris de fièvre le 20 février et la présence du virus dans son organisme a été détectée le lendemain.

La communauté scientifique estimait jusqu’à présent que la période d’incubation maximale du covid-19 était de 14 jours. Une incubation plus longue, durant laquelle un individu porteur du virus peut être contaminant sans en avoir conscience pourrait amplement compliquer les efforts engagés pour contenir la propagation de l’épidémie.

« Il se peut qu’il y ait, de façon exceptionnelle, des incubations plus longues, reconnaît le Pr Arnaud Fontanet, épidémiologiste à l’Institut Pasteur de Paris, interrogé par Le Monde Encore faudrait-il être sûr que cette personne n’a pas eu d’autre contact infectant durant les 14 jours précédant le début des symptômes. »

Ce type de cas ne remet cependant pas en cause selon lui les stratégies d’endiguement de l’épidémie. « Aujourd’hui, toutes les estimations convergent vers une période moyenne d’incubation à six jours et maximale à douze jours. La recommandation de quatorze jours pour les quarantaines semble appropriée. Si d’autres cas similaires devaient survenir, on pourrait assortir la fin de la quarantaine d’un message de vigilance en cas de symptômes après la fin de la quarantaine officielle. Quatorze jours c’est déjà très long pour les personnes en quarantaine et les services sanitaires qui doivent en assurer le suivi ».

Pour le reste deuxième décès en Italie, des foyers de la maladie qui se multiplient – premiers cas confirmés au Liban et en Israël, dix nouveaux cas en Iran, 109 décès supplémentaires vendredi en Chine… L’épidémie de coronavirus poursuit sa progression à travers le monde. Elle touche désormais vingt-six pays et territoires en dehors de la Chine continentale et a fait une dizaine de morts. Et pour la première fois, l’Organisation mondiale de la santé qui  s’alarme de l’absence de « lien épidémiologique clair » dans des cas apparus en dehors de la Chine. Brouillards.

A demain @jynau

Coronavirus et gros sous : quand les économistes pèsent le prix de la vie humaine en quarantaine

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Le Covid-19 se répand partout –  jusque dans les pages furieusement économiques des Echos. Où l’on croise les angoisses des acteurs capitalistes face à une vague épidémique née en Chine et dont personne (à commencer par le ministre français de l’Economie) ne connaît la date du « pic » et le prix à payer pour les retombées.

Les Echos, donc, datés des 21 et 22 février 2020. Page 9, une tribune intitulée « Coronavirus : le choc d’offre de la quarantaineL e coronavirus affole la planète ». Un texte signé Augustin Landier, professeur à HEC et David Thesmar, professeur au MIT. Deux fortes sommités. Passons sur leurs généralités épidémiologiques. Cœur de la réflexion des deux auteurs : les incertitudes des « décideurs économiques et/ou politiques » confrontés aux « mises en quarantaine » – quarantaines qui « créent de l’incertitude » en ce qu’elles signalent « que l’Etat s’inquiète ».

 Ils nous expliquent ceci :

« En décidant à quel moment le coût économique de la quarantaine devient trop élevé, le décideur public doit prendre en compte l’incertitude sur la durée d’incubation et la détection des malades. Cela le force à expliciter son aversion au risque, c’est-à-dire le poids qu’il met sur les pires scénarios envisageables. Il doit prendre en compte le fait que le virus terrasse des personnes fragiles, dont l’espérance de vie est déjà plus faible. Il doit aussi mettre en balance la privation de liberté imposée aux individus mis en quarantaine. (…)

De plus, l’Etat doit choisir le bon niveau de transparence : cacher la vérité pour éviter la panique à court terme crée la défiance de long terme, comme on l’a vu en Chine ces dernières semaines  (…) Le pari des économistes est d’expliciter ces arbitrages peu ragoûtants (sic) pour éviter le piège de l’irrationnel. L’objectif des quarantaines n’est évidemment pas la croissance économique, mais de sauver des vies. Mais là aussi, des arbitrages économiques sont bien présents : dans la pratique des décisions publiques, la vie humaine n’a pas un prix infini. »

« La vie humaine n’a pas un prix infini », donc. Certes. Les deux auteurs ne nous renseignent pas sur l’élasticité potentielle des prix actuel du marché. S’ils.elles lisent Les Echos, les mis.es en quarantaine ne pourront que le regretter.

A demain @jynau

« Coronavirus: le pire est-il bientôt à venir ? » Comme un début de panique en Italie

Bonjour

22/02/20. Bulletin officiel quotidien 77 362 cas, 2360 morts. Hier l’OMS tirait la sonnette mondiale d’alarme. Aujourd’hui Le Parisien prend le relais français : « Coronavirus : le pire est-il à venir ? Après une relative accalmie, l’épidémie semble repartir, avec l’apparition de nouveaux foyers. Un premier Européen infecté est décédé vendredi soir en Italie. »

L’Italie, précisément. Il faut ici lire le papier de notre confrère Jérôme Gautheret, correspondant du Monde dans ce pays ami : « Forte inquiétude en Italie face à l’épidémie de coronavirus ».

Vendredi soir 21 février, peu avant 23 heures, les autorités sanitaires y ont annoncé le premier décès sur le sol italien depuis le début de la crise. Et son profil comme son parcours n’ont rien de rassurant : en effet, il n’a jamais mis les pieds en Chine, et n’a jamais été en contact avec un malade connu. Une « anomalie qui renvoie aux inquiétudes exprimées la veille à Genève par le Directeur général de l’OMS : « Bien que le nombre total de cas à l’extérieur de la Chine reste relativement faible, nous sommes préoccupés par le nombre de cas sans lien épidémiologique clair, tels que les antécédents de voyage ou les contacts avec un cas confirmé » avait ainsi déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus lors d’une conférence de presse.

« La victime s’appelle Adriano Trevisan. Cet homme de 78 ans, maçon à la retraite, était hospitalisé depuis dix jours à Schiavonia, dans la province de Padoue (Vénétie). Il a commencé à développer la maladie alors qu’il était convalescent d’autres pathologies. Extrêmement faible, il n’avait jamais été jugé transportable dans l’hôpital du chef-lieu », explique Jérôme Gautheret.  

Selon les informations transmises par le gouverneur de la région Vénétie l’homme n’avait eu aucun contact suspect durant les derniers jours, pas plus que le second malade identifié, un homme de 67 ans originaire du même petit bourg de Vo Euganeo. Des tests doivent être pratiqués dans les prochaines heures sur pas moins de 4 200 personnes, des habitants des environs et des membres du personnel médical.

Zizanie onusienne. Des têtes devront bientôt tomber

« Si la situation en Vénétie est jugée préoccupante, c’est en Lombardie que l’épidémie a provoqué dans les dernières heures, la mise en place des mesures les plus radicales, peut-on encore lire dans Le Monde. Plus précisément dans la province de Lodi, vers laquelle tous les regards convergent désormais. Là ont été identifiés quinze nouveaux cas. Dix communes de la zone, parmi lesquelles les plus importantes sont Codogno, Castiglione d’Adda et Casalpusterlengo, ont été mises en « isolement ». Dans cette zone, rassemblant environ 50 000 résidents, les écoles, les administrations et les bars ont été fermés, tandis que les habitants étaient appelés à rester chez eux. Des images de Codogno, survolée par un drone en fin de journée, montraient une petite commune aux rues soudain désertées, et aux airs de ville fantôme. »

Focus sur  l’hôpital de la ville où est  hospitalisé un patient de 38 ans « qui semble à l’origine de la contagion ». Hospitalisé dans un état jugé très grave, il aurait contaminé sa femme, enceinte de huit mois, ainsi qu’au moins trois clients d’un bar où il avait ses habitudes. Cinq membres du personnel soignant ont aussi été contaminés. Dans l’après-midi de vendredi, l’hôpital a été fermé au public.

« Travaillant pour une multinationale (le groupe Unilever), cet homme n’a pas voyagé en Asie ces derniers temps, mais les experts évoquent la possibilité d’une contamination survenue le 1er février, lors d’une rencontre avec un collègue qui, lui, revenait de Chine, précise notre confrère. Ce dernier – que les spécialistes soupçonnent d’être le véritable « patient zéro » local, même s’il n’a jamais développé les symptômes – vit dans la province voisine de Piacenza, en Emilie-Romagne, où la fermeture des écoles a été décrétée, ainsi que l’annulation des manifestations sportives des prochains jours. »

Dans une conférence de presse tenue avec le ministre de la santé Roberto Speranza, lequel a détaillé les dispositions spéciales prises pour la zone de contagion, le gouverneur de la région Lombardie, Attilio Fontant, a assuré que ses concitoyens ne devaient pas prendre peur et que « ces mesures sont l’unique moyen possible pour bloquer l’épidémie ».

« Le pire est-il devant nous ? » « Le SRAS, en 2003, avait connu deux pics », rappelle au Parisien Patrick Zylberman, professeur émérite d’histoire de la santé à l’Ecole des hautes études en santé publique. Via Appia, sur les hauteurs aseptisées  de Genève le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, général en chef de l’OMS multiplie les vieilles métaphores policières . «Ce virus est très dangereux. C’est l’ennemi public numéro un et il n’est pas traité comme tel », martèle-t-il désormais.

Où l’on comprend que, déjà, la zizanie contagieuse règne au sein du QG. Et que, si le pire devait survenir, des têtes devront bientôt tomber.

A demain @jynau

Covid-19 alerte : l’OMS tire la sonnette d’alarme tandis que la fenêtre de tir se rétrécit

Bonjour

Soirée du 21/02/20. On use des métaphores que l’on trouve dans sa besace militaire. A Genève le directeur général de l’OMS vient d’affirmer que la « fenêtre de tir » pour enrayer l’épidémie du nouveau coronavirus « se rétrécit », alors que les cas détectés en dehors de la Chine continuent de progresser.

Le directeur général de l’OMS a fait part de son inquiétude face à des cas du nouveau coronavirus en dehors de Chine « sans lien épidémiologique clair ». »Bien que le nombre total de cas à l’extérieur de la Chine reste relativement faible, nous sommes préoccupés par le nombre de cas sans lien épidémiologique clair, tels que les antécédents de voyage ou les contacts avec un cas confirmé », a déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus, en conférence de presse.

« Notre fenêtre de tir se rétrécit, et c’est pourquoi nous avons appelé la communauté internationale à agir rapidement, y compris en matière de financement. Ce n’est pas ce que nous voyons », a-t-il ajouté, assurant toutefois qu’il était encore possible de contenir l’épidémie. Jusqu’à quand ?

Même jour à Paris, un « urgent» de la Direction générale de la santé. Les évolutions épidémiologiques constatées concernant l’émergence du nouveau coronavirus Covid-19 en Chine ont conduit Santé publique France à élaborer une nouvelle définition des cas : https://www.santepubliquefrance.fr/maladies-et-traumatismes/maladies-et-infections-respiratoires/infection-a-coronavirus/articles/cas-de-pneumonies-associees-a-un-nouveau-coronavirus-2019-ncov-a-wuhan-en-chine

Modifications suivantes ont été apportées par rapport à la version du 04/02/2020 : la restriction aux infections respiratoires basses pour les personnes ayant voyagé ou séjourné dans une zone d’exposition à risque a été retirée ; la mention d’une zone d’exposition à risque renvoie désormais vers une liste qui sera régulièrement mise à jour ; en dehors de ces zones, une mention a été ajoutée concernant la possible prise en compte d’une exposition dans certaines situations particulières ; mention d’avoir travaillé ou séjourné dans un hôpital en Chine a été retirée de la liste des expositions à prendre en compte ; définition d’un contact étroit a été complétée ; la définition d’un cas confirmé inclut dorénavant les personnes asymptomatiques.

« La zone d’exposition à risque au 21/02/20 concerne désormais la Chine (Chine continentale, Hong Kong, Macao) ainsi que Singapour. »

« Afin de préparer l’ensemble du système de santé français au risque épidémique Covid-19, le ministère chargé de la santé a rédigé un guide méthodologique destiné à l’ensemble des professionnels de santé. Ce document a pour objectif d’accompagner les acteurs du système de santé dans leur démarche locale pour se préparer à la prise en charge de patients classés cas suspect, possible ou confirmé d’infection à COVID-19. Ce document est téléchargeable par ce lien :
https://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/guide_methodologique_covid-19-2.pdf. »

Aucune métaphore, à Santé publique France. Mais comme une inquiétude montante, palpable, encore contrôlable.

A demain @jynau