Coronavirus : les deux premiers cas en France ! Attention, urgence : n’appelez que le 15 !

Bonjour

C’était immanquable, c’est fait : les deux premiers cas de contamination par le « 2019 n-CoV » ont été confirmés en France. L’annonce en a été réservée, vendredi 24 janvier, à Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé. Il s’agit aussi des premiers cas européens, a-t-elle souligné lors d’une conférence de presse tenue en urgence, précisant que l’un des malades était hospitalisé à Bordeaux et l’autre à Paris.

Le patient de Bordeaux est un Français de 48 ans d’origine chinoise, actuellement placé à l’isolement au CHU de Bordeaux. Il a été pris en charge le 23 janvier par SOS Médecins Bordeaux avec des symptômes grippaux classiques de fièvre et de toux.

Lors de cette consultation, le médecin lui a demandé s’il avait voyagé récemment, selon le récit de SOS Médecins publié sur Facebook. Celui-ci a déclaré revenir des Pays-Bas mais qu’il venait aussi de séjourner en Chine, dans la province de Wuhan. 

« Instantanément », le médecin est passé « en mode urgence absolue » : masque, isolement. En collaboration avec le SAMU de Gironde, le patient a été hospitalisé au CHU de Bordeaux pour bilan et observation. Un point d’information quotidien sera effectué par le ministère.

Agnès Buzyn a, sans surprise, déclaré être « extrêmement attentive » à l’évolution de la situation. Selon elle « nous aurons probablement d’autres cas ». Elle estime qu’il n’est pas possible de contrôler les « multiples voies » pour revenir de Chine : « On voit bien la difficulté, dans un monde comme le nôtre, de fermer les frontières, ça n’est en réalité pas possible. »

Dont acte. Et ensuite ? « Le moment est crucial, estime le Dr Agnès Ricard-Hibon, présidente de la Société française de médecine d’urgence (SFMU) et chef de service du SAMU 95, cité par Le Quotidien du Médecin . La transmission humaine est avérée par voie aéroportée ou manuelle. La population doit avoir le réflexe de faire le 15, plutôt qu’aller aux urgences ou dans les cabinets médicaux et prendre le risque de contamination en salle d’attente. On a la capacité d’éviter toute propagation en France en repérant très tôt les premiers cas possibles. »

Fièvre, courbatures, asthénie, symptômes respiratoires, toux, sueurs...

De même, lors d’une demande de rendez-vous au téléphone, les médecins traitants et leur secrétariat doivent réorienter leurs patients vers le 15 devant toute suspicion. « Il s’agit de patients de retour de voyage ou en contact avec quelqu’un de retour de voyage, en particulier en provenance de l’épicentre épidémique de Wuhan, poursuit le Dr Ricard-Hibon. Les symptômes ne sont pas spécifiques : fièvre, courbatures, asthénie, symptômes respiratoires, toux, sueurs… Au moindre doute, faire le 15. À l’aide de questionnaires très précis, prenant en compte notamment la chronologie et la géolocalisation, les patients sont classifiés en cas possibles ou exclus, explique-t-elle. Si le cas est possible et sans signe de gravité, des ambulanciers volontaires équipés sont habilités à assurer le transfert. S’il y a des signes de gravité, ce sont les équipes du SAMU qui viennent sur place. »

Et si, malgré tout, un patient vient consulter au cabinet d’un médecin ? Alors le port du masque est recommandé pour le patient et le soignant, le temps que le classement se fasse au téléphone par le SAMU. « Le patient doit être mis en isolement tant que le diagnostic n’est pas exclu. »

Ce n’est pas tout. Pour le Dr Ricard-Hibon, les détecteurs de fièvre sont « une fausse sécurité ». Certains patients ne sont pas repérés car ils sont encore en incubation ou ont pris un antipyrétique, comme le paracétamol. Les mesures d’information de la population sont capitales. En France, le dispositif du 15 est très bien organisé depuis les dernières alertes sanitaires. Dans la grande majorité des cas, le diagnostic est exclu et cela permet de rassurer. C’est le réflexe essentiel à avoir dans ce contexte en France. » 

A demain @jynau

Coronavirus : le 24 janvier 2020, l’OMS jugeait qu’il n’y avait pas d’urgence planétaire

Bonjour

Savoir raison épidémiologique garder. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a, jeudi 23 janvier, estimé qu’il était « trop tôt » pour décréter que le nouveau coronavirus apparu en Chine constituait une « urgence de santé publique de portée internationale ». « Ne vous y trompez pas, c’est une urgence en Chine. Mais ce n’est pas encore une urgence sanitaire mondiale. Cela pourrait le devenir », a toutefois déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus le directeur général l’OMS. Il a notamment affirmé qu’il n’y avait pour l’instant « aucune preuve » d’une transmission entre humains en dehors de la Chine :

« Nous savons qu’il existe une transmission interhumaine en Chine, mais pour l’instant elle semble être limitée à des groupes familiaux et à des travailleurs de la santé qui s’occupent des patients infectés. Pour l’instant, il n’y a aucune preuve de transmission interhumaine en dehors de la Chine, mais cela ne veut pas dire que cela n’arrivera pas. »

Le directeur de l’OMS a également déclaré espérer que les mesures prises par la Chine pour contenir la propagation du coronavirus soient « à la fois efficaces et de courte durée ».

Non à la danse du lion et du dragon

Pékin a revu son bilan à la hausse, vendredi, avec 25 morts confirmés. 1 072 autres cas sont suivis de près et suspectés de faire partie de cette épidémie. Pour l’heure vingt millions d’habitants sont confinés autour de Wuhan, la ville où, en décembre, a émergé le nouveau virus qui a commencé à se répandre dans le monde et qui mobilise les autorités sanitaires internationales.

A l’ouest de Wuhan les autorités de Xiantao ont condamné les accès à une grande voie de circulation et, au sud, Chibi a interrompu tous ses transports publics. Ces deux cités rassemblent plus de 2 millions d’habitants. Tous les transports sont aussi suspendus à Lichuan, une ville d’un million d’habitants à 700 km de Wuhan. La Cité interdite de Pékin, ancien palais des empereurs, a annoncé sa fermeture jusqu’à nouvel ordre, pour éviter tout risque de contamination entre les visiteurs.

Et à la veille du long congé du Nouvel An chinois, la capitale chinoise a déjà décrété l’annulation des festivités, qui drainent habituellement des centaines de milliers de badauds dans les parcs pour assister à la traditionnelle danse du lion et du dragon. Savoir raison garder.

A demain @jynau

NB : A lire, sur Slate.fr  la synthèse réalisée avec le Pr Antoine Flahault : « Faut-il trembler face au virus chinois ? »  (… À l’heure où nous écrivons ces lignes, une seule certitude: seul un état de vigilance extrême aux échelons nationaux et internationaux permettra, dans les prochains jours et les prochaines semaines, de définir, calibrer et orienter les politiques de prévention et de contrôle de la situation ….)

Urgent coronavirus: l’OMS embarrassée, alerte de la Direction Générale française de la Santé

Bonjour

Urgent. 22 janvier 2020. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a décidé de prolonger d’une journée sa réunion d’urgence concernant le nouveau virus, qui a fait 17 morts en Chine. «Nous avons besoin de plus d’informations», a déclaré le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, à l’issue d’une réunion cruciale à Genève. «Nous prenons la situation extrêmement sérieusement», a-t-il ajouté, évoquant d’«excellentes discussions» avec les services de santé des pays touchés (Chine, Japon, Corée du Sud, Thaïlande).

L’OMS devait décider mercredi de déclarer ou non une «urgence de santé publique de portée internationale». Cette qualification a été utilisée jusqu’ici pour de rares cas d’épidémies nécessitant une réaction internationale vigoureuse, dont la grippe porcine H1N1 en 2009, le virus Zika en 2016 et la fièvre Ebola, qui a ravagé une partie de l’Afrique de l’Ouest de 2014 à 2016 et la RDC depuis 2018.

Nous relayons ici d’autre part un dgs-urgent@dgs-urgent.sante.gouv.fr :

« De nouveaux éléments sont disponibles sur la situation de cas groupés de pneumopathies à nouveau coronavirus (2019-nCoV) déclarés à Wuhan en Chine en début d’année.

La situation épidémiologique est évolutive et l’European Center for Diseases Control and Prevention a modifié son analyse de risque. Le risque d’importation en France est désormais considéré comme modéré et le risque de diffusion de la maladie dans la population française est considéré très faible :https://www.ecdc.europa.eu/en/novel-coronavirus-china


La transmission interhumaine du virus est désormais avérée, d’où l’importance des précautions gouttelettes. Des contaminations nosocomiales de soignants n’ayant pas respecté ces précautions ont été rapportées en Chine.

Nous vous prions de prendre connaissance de la fiche « Repérer et prendre en charge un patient suspect d’infection à nouveau coronavirus 2019 » développée par la mission nationale COREB: https://www.coreb.infectiologie.com/UserFiles/File/procedures/2019-ncov-fichesoignants22janv-vf.pdf


Nous vous rappelons que tout professionnel de santé prenant en charge un patient suspect d’infection par le 2019-nCoV doit prendre contact avec le Samu-Centre 15 pour analyse et mise en place des premières mesures de prise en charge. Il conviendra de ne pas l’orienter d’emblée vers les structures d’accueil des urgences afin d’éviter le contact avec d’autres patients.

La définition de cas est disponible sur le site de Santé publique France : https://www.santepubliquefrance.fr/maladies-et-traumatismes/maladies-et-infections-respiratoires/infection-a-coronavirus/articles/cas-de-pneumonies-associees-a-un-nouveau-coronavirus-2019-ncov-a-wuhan-en-chine


De façon générale, il est rappelé que la prise en charge d’un patient présentant des signes respiratoires infectieux doit s’accompagner de la mise en place de protection chez le patient (masque chirurgical, hygiène des mains) et le professionnel de santé (masque, lunettes et hygiène des mains). Vous trouverez des informations complémentaires sur le site du Ministère des Solidarités et de la Santé : https://solidarites-sante.gouv.fr/coronavirus »

A demain @jynau

Nouveau coronavirus : va-t-on clouer au sol tous les avions venant de Chine vers la France ?

Bonjour

Que la France ne tremble pas : la ministre des Solidarités et de la Santé surveille de près la propagation du nouveau coronavirus chinois 2019 n-CoV .  Agnès Buzyn a annoncé ce mardi 21 janvier sur Europe 1 que des « recommandations ont été données aux aéroports » pour faire face à d’éventuelles contaminations dans les infrastructures françaises. Chaque jour, plus d’une centaine avions en provenance Chine arrivent dans douze aéroports français. Pour autant aucune restriction de vol n’a été décidée. Agnès Buzyn : « Pas d’annulations à prévoir pour l’instant, ça reste une épidémie encore cantonnée » (sic).

« Les voyageurs qui reviennent de Chine reçoivent une info sur la conduite à tenir en cas de température [plus précisément de fièvre NDLR]. Il leur est demandé s’ils sont fébriles et s’ils se sentent mal, de ne pas se rendre aux urgences mais d’appeler le centre 15. Toutes les autorités sanitaires sont informées du risque. Elles vont chercher les personnes et les emmènent dans les lieux où elles ne sont pas en contact avec le reste de la population. Ces recommandations sont données à tous les voyageurs qui qui reviennent de Chine, quel que soit leur trajet. »

Clouer des avions au sol

Dans le même temps, s’il en était besoin, le rôle des déplacements aériens comme facteur de dissémination virale se confirme. Taïwan a annoncé ce 21 janvier le premier cas de maladie due au 2019 n-Co  : une Taïwanaise retournée la veille dans son pays mais qui vit à Wuhan, la ville du centre de la Chine où la maladie a été la première fois signalée en décembre. « Cette femme âgée d’une cinquantaine d’années est arrivée en proie à de la fièvre, toussant et la gorge douloureuse à l’aéroport de Taoyuan de la capitale Taïpeï où elle a elle-même informé les agents des services de quarantaine de ces symptômes, a précisé le Centre pour le contrôle des maladies (CDC) » rapporte Reuters.

 «Nous demandons à la population de ne pas paniquer, cette personne ayant été emmenée directement de l’aéroport à l’hôpital» souligne le CDC taïwanais dans un communiqué – soulignant en avoir référé à l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et à la Chine. Pékin appréciera. La malade a assuré aux responsables sanitaires qu’elle ne s’était rendue sur aucun marché local ni avait eu aucun contact avec des oiseaux ou des animaux sauvages à Wuhan. Les quarante six passagers et membres de l’équipage de l’avion dans lequel elle a voyagé devaient subir des examens.

L’OMS se réunira mercredi 22 janvier pour déterminer « en urgence » s’il convient de décréter une «urgence de santé publique de portée internationale». Et les mêmes causes (virales) produisant les mêmes effets (humains), la question sera soulevée de savoir si, au vu du Règlement sanitaire international revisité, il conviendra de clouer certains avions dans certains aéroports. Et jusqu’à quand.

A demain @jynau

Nouveau coronavirus pathogène chinois: multiplication des cas, affolement des Bourses

Bonjour

Avec le sommet de Davos (Trump-Thunberg) c’est l’affaire montante. Elle envahit les ondes et les fils des agences. La Chine a annoncé mardi 21 janvier un sixième mort victime d’un mystérieux virus et l’Organisation mondiale de la santé (OMS) annonce une « réunion d’urgence » ( sujet : restriction des vols aériens ?). Et tous de rappeler que la souche incriminée « est un nouveau type de coronavirus, cousine de celui responsable du SRAS (syndrome respiratoire aigu) – un virus hautement contagieux, qui avait tué quelque 650 personnes en Chine continentale et à Hongkong en 2002-2003 ».

Zhong Nanshan, « scientifique chinois renommé » de la Commission nationale de la santé, a fait savoir à la chaîne de télévision d’Etat CCTV que la transmission par contagion entre personnes était « avérée ». L’OMS estime pour sa part qu’un animal semble être « la source primaire la plus vraisemblable », avec « une transmission limitée d’humain à humain par contact étroit ».

Le 21 janvier la Chine avait (officiellement) recensé deux cent quatre vinft-onze cas confirmés. Neuf cent vingt-deux patients sont par ailleurs en observation, a annoncé dans un communiqué la Commission nationale de la santé. Annonces faites alors qu’une sixième personne est morte mardi du virus en Chine, a annoncé le maire de Wuhan.

Vigilance française déclenchée

« En plein chassé-croisé dans les transports avant le Nouvel An chinois samedi, qui fait craindre une accélération des contaminations, le président, Xi Jinping, a donné lundi le signal d’une mobilisation du pays, souigne l’AFP.  L’isolement des personnes chez qui la maladie a été diagnostiquée devient désormais obligatoire et des mesures de quarantaine peuvent être décrétées par les autorités locales. D’autres cas de cette mystérieuse pneumonie ont été détectés à l’étranger : deux en Thaïlande et un au Japon. Le virus a également été détecté en Corée du Sud chez une Chinoise de 35 ans arrivée dimanche par avion de Wuhan. Les autorités sanitaires sud-coréennes ont révélé qu’elle s’était rendue samedi à l’hôpital à Wuhan en raison d’un rhume. On lui avait prescrit des médicaments avant qu’elle s’envole pour Séoul, où ses symptômes ont été détectés. Elle a été placée en quarantaine.

Suspicions en En Australie et aux Philippines. Les Etats-Unis et la Thaïlande renforcent les contrôles dans les aéroports En France, « la vigilance vient d’être déclenchée », a fait savoir Santé publique France au Parisien. Les médecins doivent désormais orienter vers le SAMU ou « un infectiologue référent », toute personne « présentant une infection respiratoire aiguë, quelle que soit sa gravité, ayant voyagé ou séjourné dans la ville de Wuhan en Chine dans les quatorze jours précédant la date de début des signes cliniques ou ayant eu un contact étroit avec une personne tombée malade dans cette ville ».

Et symptôme qui ne trompe guère, les bourses accusent une forte baisse de leurs valeurs. A Tokyo, à l’issue des échanges  l’indice Nikkei des 225 principales valeurs avait perdu 0,91 %. Idem à Shanghaï, où l’indice composite a chuté de 1,41 %. En France, la Bourse de Paris a débuté en baisse de 1,36 %.

Un beau sujet de débat pour Donald et Greta, à Davos.

A demain @jynau

Homosexuels et don du sang : pourquoi soudain reporter la date de l’assouplissement ?

Bonjour

Contretemps dans le don du sang. On savait depuis juillet que la période « d’abstinence » que doivent respecter les homosexuels allait passer d’un an à quatre mois 1. Et on savait aussi que cette modification (symboliquement importante) avait été fixée au 1er février 2020. Ce ne sera pas le cas comme on peut le lire dans un arrêté signé J. Salomon, Directeur général de la Santé, dans le Journal Officiel du lendemain de Noël : « Arrêté du 17 décembre 2019 fixant les critères de sélection des donneurs de sang ».

Tout est expliqué dans l’Annexe II

« Pour les hommes, rapport(s) sexuel(s) avec un autre homme : Dans le cas d’un don de sang total et d’aphérèse : Contre-indication de quatre mois après le dernier rapport sexuel considéré (sic). Dans le cas d’un don de plasma par aphérèse pour préparer du plasma sécurisé par quarantaine ou du plasma pour fractionnement : Contre-indication de 4 mois pour les hommes ayant eu plus d’un partenaire sexuel dans les quatre derniers mois après la fin de cette situation (re-sic). »

Or le présent arrêté n’entrera en vigueur que le 2 avril 2020, date à laquelle celui du 5 avril 2016 modifié sera abrogé. Pourquoi le 2 avril et non le 1er février comme l’avait annoncé, après Marlène Schiappa, Agnès Buzyn en juillet 2019.

Officiellement en raison …. du délai nécessaire pour imprimer la nouvelle version du questionnaire que doivent remplir tous les les candidats au don, explique la Direction générale de la santé (DGS), qui dépend du ministère. C’est dans ce questionnaire que figurent les critères sur l’activité et l’orientation sexuelles. Ainsi donc cinq mois n’auront pas suffit pour assurer l’impression de la nouvelle version. Ce qui pourrait laisser douter des capacités en matériel de la haute administration sanitaire française. «La date de fin de consultation des parties prenantes sur les projets définitifs d’arrêté et de questionnaire pré-don était mi-décembre, ce qui explique la publication de l’arrêté ce jour» temporise-t-elle auprès de l’AFP.

Lors de son officialisation en juillet, Agnès Buzyn avait présenté la réduction de cette période d’abstinence comme «une première étape» vers un alignement des conditions du don pour les homosexuels sur celles des hétérosexuels, envisagé « à l’horizon 2022 ». Une date que l’administration peut d’ores et déjà surligner dans ses calendriers.

A demain @jynau

1 Rappel synthétique. De 1983 à 2016, les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH) étaient exclu du don du sang en raison des risques de transmission du virus du sida. Ces conditions ont été assouplies en 2016 avec l’instauration d’un délai d’abstinence d’un an. Ce dernier avait toutefois suscité les critiques de certaines associations homosexuelles qui y voyaient une forme de discrimination injustifiée à l’agard des HSH.

Chaque année en France, 1,7 million de personnes donnent leur sang, générant 3 millions de dons. Et chaque année, il faut en moyenne recruter 170.000 nouveaux donneurs pour assurer les 10.000 dons par jour nécessaires pour répondre aux besoins des malades. Un million de patients par an sont soignés chaque année avec des produits sanguins. L’appel au don est tout particulièrement pressant en fin d’année : « Décembre…l’occasion d’une pause solidaire !»

Cigarette électronique et baisse du tabagisme : le frêle espoir et le coupable déni de l’OMS

Bonjour

C’est un espoir doublé d’un considérable regret. Pour la première fois dans son histoire Big Tobacco marque le pas. Après avoir sans cesse augmenté le nombre d’êtres humains consommant du tabac dans le monde devrait diminuer annonce l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dans un rapport rendu public, jeudi 19 décembre. Une OMS qui, nous rappelle l’AFP « scrute les comportements des fumeurs et autres consommateurs de tabac depuis près de vingt ans » (seulement…).

Rappel : chaque année, le tabagisme est à l’origine de plus de 8 millions de décès prématurés – plus de 7 millions sont dus à la consommation directe de produits du tabac et environ 1,2 million résultent du tabagisme passif. Il s’agit ici, à l’échelon planétaire d’un pathogène hautement addictif, unique et légal, d’un coupable connu (Big Tobacco) et de la première cause de décès prématurés politiquement évitable.

Selon les projections de l’organisation onusienne, le nombre des hommes fumeurs devrait avoir diminué de 2 millions entre 2018 et 2020 (pour s’établir à … 1,091 milliard) – puis de 4 millions entre 2020 et 2025 (pour atteindre … 1,087 milliard). En près de vingt ans, le nombre total de consommateurs de tabac dans le monde a diminué d’environ 60 millions (passant à …1,337 milliard en 2018), selon la troisième édition du rapport mondial de l’OMS sur le tabagisme.

Cette baisse s’explique par la réduction d’environ 100 millions du nombre des consommatrices sur cette période, ramené à 244 millions en 2018. Mais au cours de la même période, les hommes ont été 40 millions de plus à utiliser des produits du tabac. Et c’est toujours en Asie du Sud-Est que l’on trouve les taux de tabagisme les plus élevés.

Pour le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS, la tendance à la baisse est la conséquence de « l’attitude plus ferme des gouvernements face à l’industrie du tabac ». Avant d’ajouter (euphémisme) que les modestes progrès observés restent malgré tout insuffisants par rapport aux objectifs fixés par les gouvernements. Big Tobacco n’a pas commenté.

Une précision de taille s’impose toutefois ici. Le rapport de l’OMS n’analyse que le commerce et la consommation des « produits contenant du tabac » 1. Il exclut donc de ce fait les cigarettes électroniques. Où l’on voit, une nouvelle fois en action la vieille et coûteuse usine à gaz planétaire, corsetée dans ses impasses idéologiques. Une OMS incapable de prendre la mesure et d’amplifier ce phénomène majeur qu’est l’apparition et la diffusion de cet outil massif de réduction des risques tabagiques qu’est la cigarette électronique.

A demain @jynau

1 Les cigarettes et les cigares (y compris les bidis, cheroots et kreteks), le tabac pour pipe et pour pipe à eau, les produits du tabac sans fumée et les produits du tabac chauffés, mais pas les cigarettes électroniques.