Covid-bashing : le Directeur général de la santé chez les pionniers mayennais persécutés

Bonjour

7/08/2020. Est-ce la canicule ou la pandémie qui pousse, parfois, à user de termes que l’on aurais jadis trouvés pour le moins déplacés. Notre version moderne et inversée du Sous-préfet aux champs de Daudet. Aujourd’hui nous sommes loin de La-Combe-Aux-Fées. Et le Sous-préfet est le Directeur général de la santé.

En visite dans la Mayenne ce vendredi 7 août, le Pr Jérôme Salomon a assuré à la presse que le département «pourrait repasser sous le seuil de vigilance dans les prochains jours» – et ce alors qu’il fait face à un «bashing» ces dernières semaines, en raison d’une forte augmentation des cas de Covid-19. Une information rapportée par Le Figaro.

« Bashing » : « Le terme signifie « dénigrement ». En anglais le verbe « bash » veut dire frapper, cogner. Le bashing, c’est se défouler en critiquant, insultant, colportant des rumeurs et mensonges sur quelqu’un, un groupe ou quelque chose. Une personne peut devenir alors la cible de la haine d’un groupe entier. Quand il s’agit du bashing d’une communauté ou d’un peuple, véhiculant des préjugés ou des idées xénophobes, il peut même provoquer des conflits. Les nouvelles technologies et les réseaux sociaux facilitent ce phénomène car, sous couvert de l’anonymat, les agresseurs n’ont plus peur des représailles. »

Persécutions

« Quelles sont les racines de ce mépris teinté de dégoût qui ressort parfois de la conversation de certains Américains lorsqu’ils évoquent notre si beau et si merveilleux pays ? Bref: le french bashing, ça vient d’où ? — (Du «french bashing» en Amérique, slate.fr, 23 mars 2011) »

Pourquoi ce « bashing » mayennais alors que dans ce département trop méconnu des Français l’incidence baisse plus vite que le taux de dépistage, signe que le virus circule moins activement» (Jean-Jacques Coiplet, directeur général de l’ARS Pays de la Loire, présent lors de la conférence de presse). On est dans une dynamique de baisse – avec un taux de positivité de 1,1% et un taux d’incidence (pour 1.000.000 de personnes) s’élevant à 36,3%. Soit l’un des taux les plus faibles» de la région. Plus de 16% de la population mayennaise a été testée à ce jour.

Ajoutons qu’en Mayenne, il n’y a pas de nouveau «cluster» depuis le 31 juillet. Au total 25 ont été recensés, 22 sont encore « actifs » et trois ont été « clôturés » (sans nouveau cas positif rattaché au foyer initial). Le préfet de la Mayenne Jean-Français Treffel a toutefois rappelé que les «autorisations de rassemblements de plus de 10 personnes seront refusées jusqu’au 31 août». Les Mayennais en souffrent-ils ? Qu’en fut-il des touristes des berges de la Mayenne, aux confins de l’Anjou et du Maine ?

Et Jérôme Salomon de conclure à sa façon : « Vous avez pu vous sentir persécutés mais vous avez en fait été des pionniers ; votre exemple doit être suivi par les autres». « Pionniers persécutés », vraiment ? Ou « bashés » ?

A demain @jynau

Covid: Le Pr Caumes désavoué par le président du Conseil scientifique du gouvernement

Bonjour

05/08/2020. Lancée par le Pr Eric Caumes et rapportée par le menu dans ces colonnes la controverse ne cesse de prospérer. Rappelons la position, sur une question pratique et politique majeure, du chef du service des maladies infectieuses de la Pitié -Salpêtrière :

« Ce qui semble ne pas avoir été compris dans mes propos c’est que de toute façon les jeunes n’en ont rien à faire. Il faut composer avec cette réalité incontournable ou assumer d’envoyer police ou armée pour faire respecter la distanciation ou le port du masque.

« Comme ce n’est pas fait, avec juste raison, je pense qu’il faut composer – c’est à dire relever le positif (immunité dans ce groupe qui s’avérera bien utile au moment de reprendre école, collèges, lycées et universités), tout en avertissant des dangers pour eux (formes rares possibles aussi, même si rares), et pour les autres (respect des anciens). »

Réponse ce matin, sur RTL, (Jérôme Florin) du Pr Jean-François Delfraissy, toujours omniprésident du Conseil scientifique du gouvernement  – et, ici, porte-parole officieux d’un exécutif en semi-vacances.

« L’épidémie de cet été touche beaucoup les sujets jeunes. Reprenons ça autrement : ce sont les jeunes qui prennent le moins de distanciation sociale, qui portent le moins le masque. Les messages de prévention ont du mal à passer. Ce sont eux qui se contaminent », a-t-il souligné. Pour autant, le président du Conseil scientifique se place en total désaccord avec le professeur Eric Caumes qui propose de  laisser les jeunes se contaminer entre eux pour participer à « l’immunité collective ».

« Surtout pas ! », « Surtout pas ! », martelle Jean-François Delfraissy qui explique -euphémisme- être en « léger désaccord » avec son confrère.   « Si on laisse les jeunes se contaminer entre eux avec son idée d’obtenir une immunité collective plus importante, ça a été réalisé en Suède et ça n’a pas marché. Et y a eu une contamination très importante des personnes âgées, plus importante qu’en France. Si on laisse le virus circuler dans cette population jeune, forcément à un moment donné, il va nous échapper » prévient-il. Les mesages de prévention concerne aussi les jeunes. »

Pourquoi ces silences d’Olivier Véran et de Jérôme Salomon (DGS)

Pour le reste le citoyen, submergé par des médias en boucles sanitaires permanentes, peine à s’y retrouver. Il apprend ainsi que  les rassemblements culturels (spectacles, concerts etc.) « de plus de 5000 personnes » pourront être autorisés, à compter du 15 août, par les préfets en respectant «certaines conditions» sanitaires, a indiqué mardi 4 août le ministère de la Culture dans un communiqué. La distanciation d’un siège entre deux personnes ou groupes de personnes est requise ainsi que le port du masque, rappelle le ministère, après la publication d’un décret fin juillet annonçant de possibles dérogations pour tous les rassemblements.

En pratique, à compter du 1er septembre 2020, « les spectacles, festivals, concerts, ainsi que les foires et salons », pourront se tenir, « sans jauge, ni autorisation préfectorale ». De nouvelles informations sur l’évolution des mesures sanitaires seront disponibles aux alentours du 24 août, affirme le ministère, alors que les divers secteurs du spectacle vivant n’ont cessé d’alerter sur la pérennité de leurs activités, du fait de l’interdiction de grands rassemblements avec la crise du coronavirus.

Dans le même temps le même citoyen apprend que le SARS-CoV-2 continue de circuler en France. Deux personnes en sont décédées ces dernières 24 heures, portant à 30.296 le nombre total de victimes depuis le début de l’épidémie, a annoncé le mardi 4 août la Direction Générale de la Santé (DGS) dans son communiqué quotidien. 1039 nouveaux cas ont été dépistés ces dernières 24 heures. 139 nouvelles admissions à l’hôpital ont été recensées, portant à 5162 le nombre total de malades actuellement hospitalisés.

Parmi eux, 21 nouveaux patients graves ont été admis en réanimation depuis hier, portant le solde de patients dans ces unités à 388, contre 384 hier. Les régions «Île de France, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Hauts-de-France et Guyane regroupent 70% des malades en réanimation», précise la DGS. A quand les spectacles, festivals, concerts, ainsi que les foires et salons dans ces régions ?

Une DGS qui, pas plus que le ministre Olivier Véran, n’ont encore  répondu de manière circonstanciée et transparente à la dérangeante proposition du Rr Eric Caumes. Le citoyen, spécialiste ou pas, aimerait un jour prochain comprendre pourquoi.

A demain @jynau

Covid : Tousser de façon volontaire et ostentatoire est désormais passible d’un carton rouge

Bonjour

04/08/2020. Jusqu’où ? La toux est désormais interdite sur les terrains de football où l’on joue devant des gradins vides. Du moins certaines toux. « Uu joueur qui toussera de façon volontaire vers un joueur adverse ou vers un arbitre durant un match pourra être sanctionné d’un carton rouge » annonce l’AFP. Ainsi, nous dit-elle, en a décidé mardi 4 août l’International Football Association Board (IFAB), la puissante institution mondiale chargée de veiller depuis 1886 sur les règles du football.

L’affaire n’est pas sans rappeler la décision prise il y a quelques décennies par les responsables des fédérations de rugby 1 après la découverte des modes de transmission du VIH : l’impossibilité, pour un joueur, de rester sur le terrain en cas de blessure sanglante.

La nouvelle règle s’appliquera jusque dans le football professionnel où, pourtant,  les joueurs sont en général régulièrement testés et donc supposés ne pas être porteurs (et transmetteurs) du nouveau coronavirus. L’IFAB a expliqué que l’arbitre pourrait décider qu’une telle toux entre dans la règle condamnant toute action « agressive, insultante ou abusive » de la part d’un joueur.

« Comme pour toutes les violations du règlement, l’arbitre devra juger quelle est la vraie nature de cette violation, a expliqué l’IFAB. Si c’est clairement accidentel, l’arbitre n’aura pas à agir, de même que si la “toux” s’est produite à une distance suffisante de tout autre joueur. » Pour sa part la fédération anglaise de football a aussitôt annoncé mardi que cette mesure serait appliquée au niveau du football amateur et de loisir avec effet immédiat. On ne plaisante pas.

A demain @jynau

1 Hasard ou fatalité. Saisissons cette occasion pour évoquer le départ à la retraite d’une « plume » du journalisme « sportif » : Pierre-Michel Bonnot, plus de quarante ans aux service de L’Equipe, style, humour et causticité – et quelques papiers inoubliables sur le jeu de rugby. L’Equipe lui consacre trois pages, dont un bien beau portrait signé de Vincent Duluc, autre « plume » de cette maison unique en France ; une maison aujourd’hui en grande difficulté. Hasard et fatalité.

 

Covid-19 : la provocation du Pr Eric Caumes face aux recommandations du Conseil scientifique

Bonjour

04/08/2020. Ainsi donc deux conceptions, deux stratégies s’opposent au grand jour. D’une part celle développée par le Pr Eric Caumes, chef du service des maladies infectieuses (Pitié-Salpêtrière). De l’autre celle, globale, développée par le Conseil scientifique du gouvernement qui vient d’émettre un nouvel avis documenté à l’adresse de l’exécutif. Résumons à très grands traits. Pour être clair et compris le Pr Caumes nous a adressé ces quelques lignes :

« Ce qui semble ne pas avoir été compris dans mes propos c’est que de toute façon les jeunes n’en ont rien à faire. Il faut composer avec cette réalité incontournable ou assumer d’envoyer police ou armée pour faire respecter la distanciation ou le port du masque.

« Comme ce n’est pas fait, avec juste raison, je pense qu’il faut composer – c’est à dire relever le positif (immunité dans ce groupe qui s’avérera bien utile au moment de reprendre école, collèges, lycées et universités), tout en avertissant des dangers pour eux (formes rares possibles aussi, même si rares), et pour les autres (respect des anciens). »

Daté du 27 juillet l’avis du Conseil scientifique est ainsi sous-titré : « Se préparer maintenant pour anticiper un retour du virus à l’automne ». les auteurs expliquent qu’il s’inscrit dans un contexte français où récemment le virus circule de façon plus active, avec une perte accentuée des mesures de distanciation et des mesures barrières. On peut notamment y lire:

«Vu la faible circulation du virus sur le territoire français depuis la fin du confinement, il
est attendu que l’immunité collective reste très inférieure au seuil des 50% à 70% requis
pour empêcher la circulation active du virus. Cette notion est bien sûr à prendre en
compte pour les décisions à prendre lors d’une éventuelle survenue d’une 2ème vague.»

« L’enjeu des ‘’20 grandes métropoles’’ »

« L’équilibre est fragile et nous pouvons basculer à tout moment dans un scénario moins contrôlé comme en Espagne par exemple, ajoutent-ils. A moyen terme, cet avis envisage ce que pourrait être une reprise de la circulation du virus à un haut niveau à l’automne 2020. La réponse à cette probable deuxième vague devra être différente de la réponse à la première vague, car nous disposons d’outils pour y répondre ». Avec cette précision de taille à l’attention de l’exécutif  : la réponse devra s’appuyer « sur un choix politique et sociétal et pas seulement sanitaire (…) Les décisions devront faire l’objet d’une discussion avec la société civile et une nouvelle politique de communication devra être menée.

En écho au Pr Caumes les auteurs de l’avis soulignent qu’au vu de la circulation du virus sur le territoire français depuis le début de l’épidémie, « il est attendu que l’immunité collective reste très inférieure au seuil des 50% à 70% requis pour empêcher la circulation active du virus ».Pour autant il n’en tirent nullement les mêmes conclusions. Et d’ajouter :

«  Il est hautement probable qu’une seconde vague épidémique soit observée à l’automne ou hiver prochain. L’anticipation des autorités sanitaires à mettre en place opérationnellement les plans de prévention, de prise en charge, de suivi et de précaution est un élément majeur. Le Conseil scientifique insiste sur deux points essentiels concernant les tests : – Définir, clarifier et présenter rapidement une nouvelle doctrine d’utilisation des tests : vision de diagnostic d’une part, vision de dépistage et de santé publique d’autre part, par les autorités de santé. – Rendre l’accès aux tests plus accessible au « consommateur ». Tester de façon large. »

« L’enjeu des ‘’20 grandes métropoles’’ 1, dans lesquels les risques de propagation du virus sont important, est essentiel. Un « confinement local » plus ou moins important en fonction de l’épidémie doit faire l’objet d’une préparation dans ces zones à forte densité de population. Le développement de messages de santé publique locaux, combiné à une gestion ciblée de l’épidémie intégrant le soutien aux personnes vulnérables et la prise en compte des inégalités sociales est indispensable. »

Deux stratégies, schématiquement, s’opposent. Il reste à un exécutif (qui semble toujours comme dépassé par les événements) à trancher et agir au plus vite dans la clarté. Et à répondre, publiquement, au Pr Eric Caumes.

A demain @jynau

1 Extraits :

« Le premier pic épidémique de la crise de la COVID-19 a montré la fragilité des métropoles à des risques sanitaires de ce type et ou d’autres comme des risques environnementaux (Rouen /Lubrizol) par exemple. Ainsi la surmortalité liée au COVID-19 a été plus importante dans les zones les plus denses (données INSEE).

« L’évolution actuelle dans différents pays montre que la reprise de l’épidémie se produit sous la forme de clusters critiques soit dans des espaces professionnels à forte promiscuité (abattoirs, foyers de saisonniers, …) soit dans des métropoles (Leicester, Melbourne, etc ). Dans ces zones à fortes densités de population, des actions de confinement localisé sont prises pour contenir et arrêter la propagation du virus et pour sauver des vies. Les enseignements tirés de ces expériences sont importants à prendre en compte pour développer un plan « Métropole » français. On peut noter que des pays comme l’Angleterre ont développé de tels plans sous la conduite de Public Health England (PHE). 

« Il est impératif de mobiliser et solliciter les autorités locales des 20 premières villes de France afin qu’elles conçoivent et opérationnalisent des plans locaux d’intervention en cas de menace sanitaire comme dans le cas de l’épidémie COVID-19 à l’instar de ce qui est fait au Royaume – Uni et en Allemagne. »

Covid-19. Prophétie et soudaine dramatisation : que cherche donc le directeur de l’OMS ?

Bonjour

03/08/2020. Serait-ce pour faire oublier ses coupables atermoiements de janvier et de février ? Depuis quelques jours l’OMS, par la voix de son directeur général Tedros Adhanom Ghebreyesus use d’un nouveau registre : dramatique. Le 31 juillet, il déclarait que «cette pandémie est une crise sanitaire comme on n’en voit qu’une par siècle, et ses effets seront ressentis pour les décennies à venir». Rappelons que nous ne sommes qu’en 2020 – et que l’histoire a amplement montré qu’un seul siècle peut être marqué par plusieurs pandémies de taille.

Pourquoi jouer ainsi au prophète en épidémiologie ?

Aujourd’hui 3 août, récidive : Tedros Adhanom Ghebreyesus fait savoir qu’il n’y aurait peut-être jamais de solution définitive contre la pandémie de Covid-19 – et ce en dépit de la course aux vaccins en cours. «Il n’y a pas de panacée et il n’y en aura peut-être jamais», a déclaré le directeur général de l’OMS, au cours d’une conférence de presse en ligne. Avant d’ajouter :  «Les essais cliniques nous donnent de l’espoir. Cela ne veut pas nécessairement dire que nous aurons un vaccin efficace, notamment sur la durée.»

Pourquoi ainsi, anticiper et dramatiser ?

Peut-être, tout simplement pour faire une nouvelle fois la promotion des « gestes barrières », des «bonnes pratiques» et des «engagements politiques». « Le comité d’urgence de l’OMS qui vient de se réunir  a été très clair: quand les dirigeants travaillent de façon très étroite avec les populations, cette maladie peut être maîtrisée, a-t-il souligné. Il faut contenir les flambées, «tester, isoler et traiter les patients, rechercher et mettre en quarantaine leurs contacts. »

Mais il faut aussi «informer», a-t-il ajouté – en pressant les populations de continuer, elles, à respecter les gestes barrières (distances physiques, port du masque, hygiène…) pour rompre les chaînes de transmission du coronavirus. «Le message aux gens et aux gouvernements est: faites tout cela. Et continuez quand c’est sous contrôle !, a-t-il encore lancé. Plusieurs pays qui semblaient avoir passé le plus dur connaissent de nouvelles flambées… ».

Tout cela est vrai. Qui oserait en douter ? Est-il nécessaire, pour autant, de tenir un tel discours à la population planétaire ?

A demain @jynau

Masques : à Tours le virus ne circulera, à compter du 7 août, qu’entre 18h et le lever du soleil

Bonjour

02/08/2020. Il fut un temps où l’exécutif avait décidé qu’il n’avait pas droit de cité. Aujourd’hui radios et télévisions ne parlent plus que de lui, au point d’en étouffer : le masque. Et, en boucle, d’égrener les mêmes données ainsi que la liste des villes qui imposent désormais son port dans leurs rues et autres espaces publics : plusieurs communes de Mayenne ainsi que Lille, Laval, Biarritz, Bayonne ou Orléans. Et, désormais Tours (on « hyper-centre ») comme l’explique à la Nouvelle République (Jacques Benzakoun), la préfète d’Indre-et-Loire, Corinne Orzechowski

« Nous recevons les chiffres de l’ARS et nous avons consulté les autorités médicales, dit-elle. Le nombre de personnesayant déclaré le Covid-19 est en forte augmentation en Indre-et-LoireNous étions à un taux de reproduction de base (RO) de 0,6 il y a seulement huit jours et nous en sommes aujourd’hui à 2,1. »

Certes, mais il n’y a pas plus d’hospitalisations… « Mais justement, il faut intervenir avant que la situation n’empire notamment dans les zones de forte population et de grande densité comme l’hyper-centre de Tours ou les bords de Loire. Les gestes barrières y sont rarement respectés et le port du masque aléatoire. Il faut donc intervenir pour stopper cette progression. »

Après-demain, dès l’aube...

France Bleu Touraine (Manon Dervenet) précise que cette mesure a également été prise en plein accord avec le nouveau maire militant écologiste de Tours Emmanuel Denis. La zone concernée par le port du masque obligatoire concerne notamment le secteur de la place Plumereau, les rues des Halles, de la Scellerie et du Commerce, les abords de la place de la Résistance et celle, exquise, de Châteauneuf – ainsi que les « bords de Loire ». 

Attention : le port du masque sera obligatoire « à partir de vendredi 7 août à 18 heures et jusqu’au lever du soleil » puis tous les soirs à partir de 18 heures et jusqu’au lever du soleil. Pourquoi ? La préfecture considère que le risque de transmission est moins important pendant la journée.

A partir de quelles données épidémiologiques précises peut-on affirmer que ce risque diminue entre le lever du soleil et 18 heures ? Et pourquoi attendre le 7 août ? Ni la préfète ni le nouveau maire ne le disent. Masqué ou pas, le citoyen du Jardin de la France le regrettera.

A demain @jynau

«Laissez les jeunes se contaminer !»: que penser de la provocation politique du Pr Eric Caumes ?

Bonjour

02/08/20. Hier inconnu du plus grand nombre. Puis la France s’était habituée à sa présence atypique sur les plateaux télévisés – une forme insoupçonnée de « franc-parler », un « verbe haut » sur un ton toujours mesuré. Des tacles politiques violents et imprévisibles. Jamais sifflé. Une nouvelle forme de liberté médiatique mandarinale.

Il était ainsi devenu, au fil des controverses, le référent idéal, le représentant du temple du service des maladies infectieuses de la Pitié-Salpêtrière, le successeur du toujours célèbre Pr Marc Gentilini. On retrouve aujourd’hui le Pr Eric Caumes dans les colonnes du Parisien (Elsa Mari). Où, loin du Conseil scientifique, il fait grand bruit en  appelant les autorités sanitaires françaises à rien moins qu’à un changement de stratégie.

Reprenons son propos en trois points

1 Interrogé sur la montée le taux d’incidence du Covid-19 dans la semaine du 20 au 26 juillet il estime que  le virus circule dans de plus en plus d’endroits. « Dix-neuf départements, c’est énorme, commente-t-il. Ce chiffre ne comprend même pas l’Outre-mer, ce qui veut dire que c’est mal engagé. Parmi eux, on compte le Rhône, le Gard, les Alpes-Maritimes… Probablement que les vacances ont favorisé la propagation du coronavirus dans les zones touristiques. Malheureusement, les autorités n’arrivent plus à contrôler certains clusters. Ça va péter dans beaucoup d’endroits en même temps. »

2 Malgré les messages de prévention, les contaminations augmentent surtout chez les jeunes de 20 à 30 ans. « Quelle est la solution ? » demande Le Parisien. Et là, la réponse plus que dérangeante qui pourrait faire date (nous soulignons) :

« Ce n’est peut-être pas politiquement correct, mais je pense de plus en plus qu’il faut les laisser se contaminer entre eux, à condition qu’ils ne voient pas leurs parents et leurs grands-parents. Sinon, les jeunes seront un réservoir de contamination et on se retrouvera avec une épidémie ingérable. Ne les stigmatisons pas, disons-leur de respecter les anciens. En les laissant se contaminer, ils participeront à l’immunité collective et elle sera plus importante à la rentrée, dans les écoles et les universités, même si cela aura des conséquences. Les jeunes peuvent aussi avoir des formes graves… »

3 Les mêmes messages de prévention sont multi-diffusés quotidiennement et pourtant l’épidémie repart. « Qu’est-ce qui dysfonctionne ? » demande Le Parisien. Nouveau tacle politique d’Eric Caumes :

« On ne va pas assez vite pour tester et on se disperse beaucoup trop. Aujourd’hui, on peut se faire dépister sans ordonnance . Résultat : des gens bien portants encombrent les labos au détriment des malades et des cas contacts, qui attendent parfois 48 heures. Or, ils devraient être prioritaires! De plus, au lieu d’imposer les masques dans l’espace public, il faudrait interdire les mariages en intérieur, c’est du bon sens. Enfin, au lieu de tester les voyageurs en provenance des pays très à risque, il faudrait leur imposer une quarantaine. Aujourd’hui, le Maroc et le Mexique ne figurent même pas sur cette liste, c’est ubuesque. Si ça continue, on va droit dans le mur. »

A quelle distance approximative peut-on situer ce « mur » ? Le chef du service des maladies infectieuses de la Pitié-Salpêtrière ne nous le dit pas. « Laisser les jeunes se contaminer entre eux » ? Que répondra, ici, Olivier Véran ? On attend, patiemment.

A demain @jynau

PS Interrogée par BFMTV l’épidémiologiste Catherine Hill a estimé que laisser les jeunes “se contaminer entre eux” était “une extraordinairement mauvaise idée”. “C’est une ignorance complète des relations entre les gens, dans la ville, dans l’espace. Les gens de moins de 30 ans vont croiser des gens de plus de 30 ans, a-t-elle dénoncé. Cette histoire ne tient pas du tout la route. Il faudrait que l’on vive dans des mondes étanches, avec étanchéité en fonction de l’âge, c’est complètement fou (…) Les gens jeunes rencontrent des gens de tous les âges tout le temps”,

« Passoires »: la France impose le dépistage à ses frontières ; seize pays sont directement visés

Bonjour

24/07/2020. « Enfin !  » diront certains quand d’autres hausseront les épaules, voire dénonceront une forme de discrimination. Lors d’un déplacement à Roissy, le Premier ministre Jean Castex a annoncé que les tests de dépistages seront désormais obligatoires pour les voyageurs venant de « seize pays à risques, dont les États-Unis ».

En voici la liste : les Etats-Unis, les Emirats arabes unis, Bahreïn, Panama, Afrique du Sud, Kowëit, Qatar, Israël, Brésil, Pérou, Serbie, Algérie, Turquie, Madagascar, Inde et Oman. Le Maroc, initialement cité dans la liste de source gouvernementale, n’y figure pas « pour l’instant » selon Matignon, qui précise que « c’est en discussion ». Pour l’aéroport Roissy-Charles de Gaulle, cela représentera environ 3 000 personnes testées par jour, selon les calculs du gouvernement.

Ces seize pays «où la circulation virale est particulièrement forte» vont être classés en «liste rouge». Pour les citoyens français qui résident dans ces pays ou des résidents de ces pays qui ont une résidence principale en France, les tests de dépistage seront obligatoires. «Nous savons que dans un certain nombre de ces pays, il n’existe pas de stratégie de dépistage et que l’accès aux tests est difficile, en conséquence de quoi nous avons décidé de généraliser les tests à l’arrivée», a ajouté, le Premier ministre, précisant que les cas positifs seront placés en quatorzaine. La même mesure sera prise dans les ports.

Le chef du gouvernement a d’autre part recommandé aux Français de ne pas se rendre en Catalogne, «tant que la situation sanitaire ne s’améliore pas». «Nous sommes en discussion avec les autorités espagnoles et catalanes pour que celles-ci veillent à ce que, dans l’autre sens, les flux soient les plus limités possibles», a-t-il ajouté.

Ainsi donc le gouvernement a pleinement entendu Gérard Larcher, président du Sénat (troisième personnage de l’Etat) qui estimait il y a quelques heures,  sur RMC et BFM-TV, que les aéroports français étaient devenus des « passoires à Covid ». « Il faudrait instaurer des tests avant d’entrer sur le territoire », plaidait M. Larcher. Ce sera bientôt fait et les aéroports ne seront plus, pour rependre son image, des « passoires » 1. On attend les réactions diplomatiques.

A demain @jynau

1 « Passoire » : ustensile de cuisine à pieds ou à manche, de forme et de taille variées, formé d’un récipient percé de trous et utilisé, pour filtrer des liquides (bouillon, jus de fruits, lait, etc.), égoutter des aliments, les réduire en purée. Passoire à pied; passoire à gros trous, à trous fins; passoire à sauce (synon. Chinois) ; passoire à thé; passoire égouttoir; secouer une passoire. « Après avoir préparé une botte de petites asperges vertes, vous les faites blanchir d’un beau vert printanier, vous les rafraîchissez et les égouttez dans la passoire, ensuite sur une serviette » (Gdes heures cuis. fr.,Carême,1833, p.131)

P. métaph. ou au fig. « L’image la plus exacte de moi-même elle est constamment celle d’une auberge; tout le monde y entre et tout le monde en sort; c’est une passoire de pensées voyagères » (Huysmans, Oblat, t.1, 1903, p.152). « Il a eu (…) ce mot: «C’est une bibliothèque vivante, une femme comme ça…» −Elle a de la chance, −dit Blanche. Moi, mon esprit est une passoire: rien n’y reste » (Mauriac, Myst. Frontenac, 1933, p.162).

Le «scandale» des masques obligatoires qui ne sont pas pris en charge par la Sécurité sociale

Bonjour

20/07/2020. Une première. La célèbre Fête de L’Humanité (créée en 1930) est annulée. Patrick Le Hyaric, directeur de L’Humanité, a annoncé, lundi 20 juillet, dans les colonnes du quotidien communiste, renoncer à organiser ce « grand rendez-vous de la gauche » à cause des contraintes liées à la Covid-19.

Pour autant le Parti communiste n’est pas inactif ; en témoigne le député Fabien Roussel. Il était il y a peu sur France Inter pour un sujet que l’on peut tenir pour essentiel quand d’autres le qualifieront de superfétatoire : pourquoi le masque, devenu obligatoire n’est-il pas pris en charge par la collectivité ?

L’affaire avait déjà fait l’objet d’une « proposition de résolution »  par le député communiste. Nous étions début mai :

« Il a fallu de longues semaines à la France pour se rendre à l’évidence : oui, le port du masque de protection partout et pour tous est bien indispensable en cas de pandémie grave d’un virus empruntant les voies respiratoires. C’est ce qu’a confirmé l’Académie nationale de médecine dans un communiqué publié le 2 avril.

« Le 28 avril, à l’Assemblée nationale, le Premier ministre définit les conditions d’obligation du port du masque : « S’il ne sera pas obligatoire dans la rue, par exemple, il le sera dans les transports en commun. On parle là essentiellement des masques en tissu, ceux chirurgicaux et FFP2 restant réservés en priorité aux professionnels de santé. » La machine est lancée. Au‑delà des problèmes d’approvisionnement, la question qui se pose est celle de la santé publique.

« D’un côté, les scientifiques recommandent le port du masque pour rompre la chaîne de circulation du virus et de l’autre, il est obligatoire dans de nombreuses situations, sous peine d’amende. Si le port du masque n’est pas l’unique moyen de lutter contre la propagation du virus, il est donc reconnu comme un outil important et même nécessaire. Ce constat étant posé, l’accès aux masques n’est pas aisé. L’offre n’est pas encore au niveau de la demande et le coût en reste élevé. »

Quel est le point de vue de Nicolas Revel ?

Trois mois plus tard, avec l’obligation faite de le porter dans tous les lieux publics clos, le sujet de la gratuité est plus que jamais d’actualité – étant bien entendu que nous ne sommes pas tous concernés au même chef.

« Le masque est un instrument de santé, faisait observer M . Roussel en mai dernier aux députés. Il doit donc revenir à la sécurité sociale d’assumer la prise en charge des masques à 100 %, pour chacune et chacun de ses assurés. Cela existe déjà pour des matériels et dispositifs médicaux pris en charge à 100 % par la sécurité sociale, comme les appareillages de type béquille, minerve, attelles, les pansements et autres ustensiles de soins, les prothèses…  Une telle décision contribuerait à un renforcement de la lutte contre la circulation de l’épidémie et par là même, au contrôle des dépenses de santé. La diminution du nombre de personnes infectées allégerait automatiquement la charge supportée par la sécurité sociale et serait source, au final, d’importantes économies. »

M. Roussel revient à la charge aujourd’hui., plus déterminé que jamais. « Le coût, c’est vrai, est important mais il l’est d’abord pour les Français. Nous avons calculé que pour un foyer avec deux enfants cela représentait 200 euros par mois, explique-t-il.  Dans la mesure où beaucoup de personnes en ont déjà reçu des collectivités locales ou des entreprises, nous demandons que les masques soient remboursés à partir du mois prochain. Je propose un système de téléchargement de bons sur la plate-forme Internet de la Sécurité sociale, Ameli, puis un retrait des masques auprès des mairies ou des pharmacies. Nous allons déposer une proposition de loi en ce sens à l’Assemblée nationale. C’est un texte que tous les groupes politiques, quelle que soit leur couleur, pourront signer. Cette gratuité est une nécessité aussi pour lutter contre la hausse des prix et le développement de la contrebande. »

Et maintenant ? On attend Olivier Véran au tournant. Et il ne serait pas inintéressant de connaître, ici, le point de vue de Nicolas Revel, ancien directeur de l’Assurance maladie – aujourd’hui directeur de cabinet de Jean Castex, Premier ministre.

A demain @jynau

Etre obligatoirement masqué : pourquoi Jean Castex n’a-t-il pas fait tout ce qu’il devait ?

Bonjour

17/07/2020. L’exécutif ? «  Sous la pression médiatique, quelques progrès tardifs. Mais peut nettement mieux faire. » Ainsi donc l’exécutif, dans ses atermoiements, n’avait rien saisi à l’opinion dominante Plus de huit Français sur dix soutiennent la mesure du masque obligatoire dans les lieux publics clos. Emmanuel Macron avait initialement indiqué qu’il ne rendrait obligatoire cette mesure qu’à partir du 1er août ; avant qu’après une volte-face peu glorieuse le Premier ministre Jean Castex annonce que le décret ad hoc serait publié  dès la semaine prochaine. L’affaire ne cesse, depuis plus de 24 heure d’être en boucle sur tout les médias généralistes – qui ne s’interrogent pas, ici, sur le silence du Conseil scientifique en charge d conseiller le gouvernement….

C’est dans ce contexte que l’on retrouve une Académie nationale de médecine plus dynamique que jamais. Une Académie qui, à de multiples reprises et notamment quand le gouvernement s’enferrait coupablement dans le déni  (23 mars, 2 avril, 22 avril, 7 mai, 23 mai), rappelait l’importance du port du masque dans le cadre des mesures barrière, avec la distanciation physique et l’hygiène des mains, pour empêcher la transmission du SARS-CoV-2. « En effet, le port de masque « écran » ou « grand public » s’impose comme la mesure la plus efficace pour supprimer la transmission du virus de personne à personne à condition qu’elle soit appliquée par tous dans l’espace public » rappelle-t-elle aujourd’hui. Ecoutons les Académiciens :

 « La décision gouvernementale de rendre obligatoire le port du masque lors de la sortie du confinement à partir du 11 mai 2020, a rendu possible l’usage des transports en commun terrestres, la reprise de certains transports aériens et le redémarrage de plusieurs activités économiques. En l’absence de traitement antiviral efficace et de vaccin disponible, seule une stricte application des mesures barrière, en particulier le port du masque par l’ensemble de la population, permet d’envisager l’indispensable reprise de la vie sociale et économique tant que le risque de résurgence épidémique demeure (…). Parallèlement, la tendance au relâchement dans l’observation des mesures barrière, observée depuis la sortie du confinement, tend à s’aggraver avec la saison estivale, surtout parmi certaines couches de la population qui, en raison de leur jeune âge, se considèrent « peu à risque ». »

A quand une vaste campagne d’information pratique ?

Et l’Académie d’ajouter que des études récentes (les unes révélant que les porteurs de virus asymptomatiques sont potentiellement contaminateurs, d’autres montrant que la transmission du virus par des particules salivaires aérosolisées est possible en milieu clos) confirment la prépondérance du port du masque parmi les mesures barrière, tout particulièrement en espace confiné peu ventilé. C’est pourquoi, en accord avec la tardive décision gouvernementale d’étendre l’obligation du port du masque dans les lieux fermés, l’Académie nationale de médecine recommande :

– de mettre en œuvre une vaste campagne d’information rappelant que le port du masque « grand public » est un geste altruiste destiné à protéger son entourage et que, pour cette raison, il n’a pas de caractère facultatif ;

de maintenir le contrôle du port obligatoire du masque dans les transports en commun terrestres et aériens ;

d’instaurer l’obligation du port du masque dans les lieux clos et couverts accueillant du public tels que définis dans le texte réglementaire sur la prévention du tabagisme passif (commerces, restaurants, hôtels), ainsi que dans les milieux de travail où la distanciation physique peut difficilement être respectée.

Les Académiciens auraient dû ajouter que cette « vaste campagne d’information » devrait, comme le réclame ici Umberto Ucelli 1 s’accompagner de tous les éléments pédagogiques et pratiques assurant le bon port, efficace, de ce masque. Une obligation sanitaire et citoyenne sans laquelle la seule obligation ne serait rien, voire pire. Et, après celles du printemps alimenterait de nouvelles polémiques mettant à mal l’exécutif. Rien n’interdit, ici, d’espérer – et de persévérer.

A demain @jynau

1 « Mais il ne SUFFIRA PAS de rendre le masque OBLIGATOIRE. Il va falloir EXPLIQUER

— MONTRER COMMENT
— MONTRER COMMENT NE PAS
— MONTRER POURQUOI CI et POURQUOI CA,
— MONTRER QUE SI, ON RESPIRE,
— MONTRER QUE OUI, C’EST POSSIBLE DE LE PORTER DES HEURES

« Le masque mal expliqué, mal porté transforme la transmission aérienne en transmission par les mains et les fomites. Les fomites ce sont les objets que l’on contamine en les touchant en toussant , parlant etc… tout près. Le masque à valve est dangereux pour les autres. Et la visière ne filtre pas, de même que le nez hors du masque. POURQUOI mais POURQUOI le gouvernement ne fait-il pas LA CAMPAGNE D’INFORMATION SUR LE COMMENT DU MASQUE ? » Des citoyens font l’effort de le mettre autant ne pas gâcher l’effort et la contrainte par un mésusage qui ruine la protection à la source. »