Coronavirus : comment comprendre la mort du premier Français, 60 ans, enseignant ?

Bonjour

On imagine sans mal la somme des questions qui se posent après la mort du premier Français infecté par le nouveau coronavirus. On sait désormais qu’il s’agissait d’un enseignant du collège de Crépy-en-Valois dans l’Oise, selon le ministère de l’Education nationale. Cet homme de 60 ans pourrait ne pas avoir voyagé dans une zone touchée par le coronavirus, a précisé le ministère, confirmant une information du Parisien. «Il avait le Covid-19 mais il est mort d’une embolie pulmonaire massive», confirme une source médicale au quotidien.

«Il avait commencé à se sentir mal dès le début des vacances et avait rapidement été hospitalisé», indique au Parisien Gilles Petitbon, maire de Vaumoise, où résidait l’enseignant. Selon le maire, cet enseignant au collège de Crépy-en-Valois ne rentrait «ni d’Italie ni de Chine».

Dès lors comment comprendre ? Et quelles mesures préventives prendre ?  Une enquête a été lancée en urgence quant à l’endroit l’endroit où cet homme a pu être infecté et sur son entourage. Le directeur de l’hôpital de Creil, où l’homme a été hospitalisé dans un premier temps vient de déclencher le « Plan blanc ». Cette mesure permet de mobiliser immédiatement des moyens de toute nature dont chaque hôpital dispose pour faire face à une situation sanitaire exceptionnelle et en cas d’afflux massif de patients.

En raison des vacances scolaires (et du délai d’incubation et d’apparition de la maladie, qui est « de 14 jours au maximum ») « seuls les parents, adultes et enfants, collègues ou parents d’élèves ayant été en contact avec cette personne et dont les symptômes – fièvre, toux, difficultés respiratoires – ont débuté entre le 12 février et le 25 février inclus sont invités à se manifester auprès du 15 ». Pour l’heure.

Un deuxième cas d’infection par le nouveau coronavirus dans l’Oise vient d’être confirmé par Jérôme Salomon, Directeur général de la Santé. Il s’agit, toujours selon Le Parisien, d’un employé de la base aérienne de Creil âgé de 55 ans, et résidant à Lacroix-Saint-Ouen. D’abord hospitalisé à l’hôpital de Compiègne, il a été transféré dans une «situation clinique grave» au centre hospitalier universitaire d’Amiens, dans la Somme. «Son infection a été découverte à la fin de son séjour», souligne un membre de l’hôpital de Compiègne. Pendant plusieurs jours, il a donc été en contact avec le personnel des urgences et du service de réanimation de Compiègne.

Comment comprendre ? Combien de « Plan blanc » ?

A demain @jynau

Paris: un Français, 60 ans, est mort subitement du coronavirus. Comment, désormais, communiquer?

Bonjour

26/02/2020. Quelques lignes de l’AFP qui ne manqueront pas d’inquiéter. Trois nouveaux cas de coronavirus ont été détectés en France. L’un d’entre eux est mort dans la nuit a annoncé le ministère de la Santé. Ce décès est le premier d’un Français depuis le début de l’épidémie – après la mort d’un Chinois âgé de 80 ans à la mi-février, à Paris. L’homme mort dans la nuit, âgé de 60 ans, avait été « testé en urgence hier [mardi] à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière dans un état gravissime – il est décédé dans la nuit », a annoncé le « numéro 2 » du ministère, Jérôme Salomon. Comment et pourquoi ? On attend les réponses.

En attendant Emmanuel Macron

Ces trois nouveaux cas s’ajoutent aux treize détectés en France, dont onze ont été déclarés guéris et ne sont plus hospitalisés, tandis que deux autres – une jeune Chinoise arrivée de Chine et un Français qui avait voyagé dans la région de Milan – n’inspirent aucune inquiétude.

Cette annonce subite relance la polémique naissante sur le refus par les autorités d’annuler le match de la Ligue des champions  prévu aujourd’hui mercredi à Lyon entre l’OL et la Juventus Turin. Après Marine Le Pen sur France Inter plusieurs figures de l’opposition ont critiqué cette décision. Ségolène Royal estime ainsi que l’autorisation donnée aux supporteurs de la Juventus de faire le déplacement à Lyon « paraît incohérente »et que« l’opinion ne comprend pas » cette décision.

Répétons-nous : face à Marine Le Pen et à Ségolène Royal l’heure est venue pour Olivier Véran d’expliquer, clairement, patiemment, les choix successifs de l’exécutif. En attendant la prise de parole d’Emmanuel Macron.

A demain @jynau

Coronavirus et «incohérences» du gouvernement Marine Le Pen confrontée à Olivier Véran

Bonjour

26/02/2020. Voilà un vrai, grand et beau débat-piège : le « bon sens » contre la « science » La gestion raisonnée du risque face à l’instillation politique de la panique. On se souvient peut-être des ahurissantes déclarations de son père sur le « sidaïque-espèce-de-lépreux » (40 secondes-vidéo-INA). C’était le 6 mai 1987, à « L’heure de vérité » sur Antenne 2.  Trente-trois ans plus tard, Marine Le Pen, née en 1968, est l’invitée du « Grand entretien » sur France Inter.  Invitée pour parler de son dernier livre sur « l’insécurité et la délinquance» – mais d’emblée interrogée sur la crise de l’épi-pandémie. Extraits :

« Hier le grand épidémiologiste Arnaud Fontanet a dit que la France « avait eu de la chance » … l’éxécutif dit que le pays est prêt à faire face … Faites-vous confiance au gouvernement et aux autorités sanitaires ?

  • (…) La chance peut tourner, elle a tourné pour un certain nombre de pays. Ce qui me frappe depuis le début c’est l’incohérence du gouvernement. L’incohérence des choix du gouvernement. Je n’arrive pas à comprendre pourquoi, dans le même temps, on rapatrie des Français, que l’on met en quarantaine alors qu’on laisse des avions de même provenance sans aucun contrôle, sans aucune question posée sur la provenance des voyageurs. Ceci n’a aucun sens.  De la même manière il est tout à fait incohérent de demander aux enfants qui reviennent de Lombardie de rester confinés pendant quatorze jours en quarantaine et dans le même temps laisser les trains, les avions, continuer à venir sur le territoire ..

« Vous demandez quoi ?

  • Il faut éviter que des gens qui sont dans des foyers d’épidémie puissent venir dans notre pays pendant un certains temps ; jusqu’à ce que l’épidémie soit jugulée. Je suis étonnée que le seul propos qu’a tenu l’Union européenne c’est de condamner ceux qui envisageraient de contrôler les frontières, y compris de manière temporaire. Cela prouve d’ailleurs la force de l’idéologie, de la religion du transfrontierrisme des dirigeants de l’UE.
  • Moi je regarde juste les faits. De Lombardie un certain nombre de personnes sont parties dans d’autres pays. Aujourd’hui il y a, venus de Lombardie, des cas  en Suisse, en Autriche, en Croatie, en Espagne et en France. Six pays déjà qui auraient pu éviter des cas sur leur territoire

« Mais les virus ne s’arrêtent pas à la frontière (Léa Salamé)

  • Non, mais les gens qui portent les virus peuvent être arrêtés à la frontière… Il faut juste faire preuve de bon sens .. Personne n’est choqué que l’on confine des villes et cela choquerait que l’on maîtrise des frontières … ?  Un confinement, ce n’est jamais qu’une frontière que l’on met autour d’une ville …

« Oui mais quand l’OMS et les scientifiques disent que c’est inefficace, illusoire et contre-productif.…  

  • Mais l’OMS a changé son fusil d’épaule, cela ne vous a pas échappé. Au début ils ont tenu ce discours là. Ils étaient rassurants. Aujourd’hui, pour l’OMS, le coronavirus c’est « l’ennemi public numéro 1 »… et nous sommes « probablement au début d’une pandémie mondiale ». Ils ont évolué… Nous ne savons rien de ce virus.. Il faut quand même regarder les choses en face. On apprend chaque jour des choses inquiétantes, qu’il y a des porteurs sains qui peuvent transmettre le virus … qu’il y a des gens qui peuvent être réinfectés…

« Interdire, ce soir le match de football entre l’Olympique lyonnais et la Juventus de Turin avec trois mille supporters italiens ?

  • Il n’est pas raisonnable de les accueillir. Là encore, incohérence de la part du gouvernement. On ne demande pas aux gamins d’être mis en quarantaine s’ils étaient dans cette région et accueillir ces trois mille supporters  … Dans le sud du pays, objectivement, les gens qui sont à la frontière italienne sont très inquiets… »

Le moment ne saurait tarder : il faut organiser un débat télévisé entre Marine Le Pen et Olivier Véran, nouveau ministre de la Santé. Une forme d’heure de vérité. Trente-trois ans après.

A demain @jynau

NB Sur la fausse « bonne idée » de la fermeture des frontières, lire Le Figaro (Cécile Thibert) : « Fermer les frontières, une idée séduisante mais inefficace. Maintenant que le virus s’est échappé de son «berceau» chinois, la fermeture des frontières ne suffirait plus à l’arrêter ».

Coronavirus : deux nouveaux cas en France, et un bien difficile exercice de transparence

Bonjour

25/02/2020. Le directeur général de la Santé, Jérôme Salomon vient d’annoncer que deux personnes avaient été testées positives au coronavirus en France. Tout d’abord une Chinoise «qui a été porteuse» du nouveau virus. Elle était arrivée en France le 13 février et montre  aujurd’hui «une trace de guérison récente». Jérôme Salomon précise que cette personne, hospitalisée à Paris, va «très bien». «Son conjoint testé est négatif. Quatre personnes autour d’elle vont être testées», a-t-il ajouté. Ensuite un Français de retour d’un séjour en Lombardie. Ce dernier a été hospitalisé dans la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Plus tôt dans la journée on annonçait qu’un cas suspect « aurait été détecté dans l’Indre et pris en charge au CHU de Tours » (La Nouvelle République du Centre Ouest). Aucune confirmation, ni infirmation, du cas suspect qui aurait été détecté dans l’Indre, ni dans le Cher, ce lundi 24 février, selon France Bleu. Ni du côté de l’Agence régionale de santé Centre-Val de Loire, ni du côté du CHU de Tours où aurait été pris en charge un cas suspect. Au ministère de la Santé, la consigne est claire : afin d’éviter tout effet de panique, la Direction Générale de la Santé « ne communiquera que sur les cas confirmés».

Dans l’Indre, un homme d’une soixantaine d’années de retour de Venise se serait présenté aux urgences de Châteauroux, avant d’être transféré au CHU de Tours, avait révélé un urgentiste à France Bleu Berry. Sollicité par La Nouvelle République, ce même médecin refusait de confirmer l’information, tout comme le centre hospitalier de Châteauroux et la préfecture de l’Indre. En Indre-et-Loire, où le cas suspect aurait été transféré, même silence.

En région Centre Val de Loire, les CHU de Tours et Orléans sont les deux établissements de référence. Les éventuels cas suspects ont été pris en charge dans le service des maladies infectieuses de l’hôpital Bretonneau, qui dispose de chambres présentant toutes les mesures de sécurité requises pour éviter toute propagation du virus. En fin de journée on apprenait que le cas suspect du patient de l’Indre s’était « finalement révélé négatif ». On peut imaginer que ce cas de figure ne restera pas unique.

A demain @jynau

Coronavirus à pile ou face: combien de temps encore la France aura-t-elle «de la chance» ?

Bonjour

De la chance, la France ? Arnaud Fontanet est le directeur de l’unité d’épidémiologie des maladies émergentes à l’Institut Pasteur – et professeur au Conservatoire national des arts et métiers. Coronavirus oblige, on le voit depuis peu faire œuvre utile de pédagogie sur les écrans. Il vient aussi  d’accorder un entretien au Monde (François Béguin) dans lequel il évoque, étrangement pour un scientifique, la « chance » dont aurait bénéficié, jusqu’ici, la France.

« En quelques jours, l’épidémie a changé de dimension, observe-t-il. La multiplication des foyers rend la situation difficile à contrôler, ce qui est préoccupant. Avec l’Iran, l’Italie, la Corée du Sud ou Singapour, on est sur des foyers de transmission importants susceptibles d’émettre des patients vers le reste du monde. L’OMS ne parle pas encore de pandémie, car elle considère les foyers hors de Chine de taille encore limitée, mais cette position va être de plus en plus difficile à tenir si ces foyers croissent au rythme actuel. » Puis il ajoute :

« La France était bien préparée et elle a pour l’instant eu de la chance. Aux Contamines, où onze personnes ont été mises à l’isolement, cinq malades et six contacts, il n’y a pas eu de démarrage de foyer parce que la communication s’est très bien faite entre Singapour, les autorités sanitaires britanniques et les autorités sanitaires françaises. Si cela n’avait pas été le cas, les cinq personnes malades – qui étaient peu symptomatiques – auraient probablement infecté plusieurs personnes… On aurait pu avoir un foyer beaucoup plus important et plus difficile à maîtriser. On n’aura pas à tous les coups le facteur chance. »

Et le Pr Fontanet d’observer, à l’inverseque toute la lumière n’a pas été faite sur l’émergence du nouveau pathogène en Iatlie. « L’histoire n’a pas encore été complètement détricotée, estime-t-il. Un point en particulier pose question : y a-t-il eu un épisode de super propagation, comme cela avait été le cas pour le SRAS, avec parfois cinquante à cent infections groupées ? Avec le nouveau coronavirus, on n’a pas observé ce type de propagation, mais quelques individus ont des chaînes de transmission extrêmement efficaces et rendent l’épidémie difficile à contrôler. »

« Il est aussi important de dire ce que nous ne savons pas que ce que nous savons »

De la chance, la France, avec une épidémie « à nos portes » (Olivier Véran) et un nombre somme toute limité de lits d’hospitalisation en réanimation en isolement ? « L’important sera de continuer l’effort de détection rapide et de mise en isolement des cas pour limiter la propagation, souligne le Pr Fontanet. Même si les nouveaux cas se multiplient, ralentir la progression des foyers, c’est étaler dans le temps la survenue des cas secondaires, et soulager les services de prise en charge des patients sévères. On peut espérer que la rapidité avec laquelle s’est constitué le foyer récent en Italie, qui n’avait pas été observée dans les autres pays, est due à une circonstance exceptionnelle qui ne se retrouvera pas ailleurs.

De la chance, la France ?  «Dans le même souci de transparence» que celui qui a présidé à l’organisation d’un point presse quotidien au ministère de la Santé, Édouard Philippe vient d’annoncer avoir écrit un «à l’ensemble des maires de France, aux présidents des conseils départementaux et des conseils régionaux». Soucieux d’«exposer de la façon la plus précise possible les faits ; les incertitudes  – car (il) pense qu’il est aussi important de dire ce que nous ne savons pas que ce que nous savons ; et les mesures que nous prenons»,  le Premier ministre indique dans son courrier les mesures qui ont été prises, et «l’état de nos connaissances au jour où (il) parle».

25/02/2020. Edouard Philippe : «Je préfère être parfaitement clair : nos connaissances évoluent forcément au fur et à mesure des jours qui passent. Et nous devons évidemment, pour faire face à ce problème, être réactif et prendre au fur et à mesure les décisions qui s’imposent».

A demain, donc. @jynau

Coronavirus en progression : le vice-ministre iranien de la santé, la Toscane et la Sicile infectés

Bonjour

Jusqu’où et comment suivre ? D’heure en heure les agences de presse font état de la progression de l’épi-pandémie. Chaque seconde les réseaux sociaux amplifient le phénomène et démultiplient les fausses nouvelles. A l’heure où nous écrivons ces lignes deux nouvelles régions italiennes ont recensé des cas de contamination au nouveau coronavirus – annonce de la Protection civile italienne faisant état d’un nouveau bilan total de deux cent quatre-vingt-trois cas (contre six quatre jours plus tôt) et de sept morts. L’Italie est ainsi devenue le premier pays du continent européen à mettre en place un cordon sanitaire autour d’une dizaine de villes du Nord.

Ainsi donc deux régions jusqu’ici encore épargnées ont enregistré des cas de personnes testées positivement : la Toscane, avec deux cas à Florence et Pistoia, et la Sicile, où une touriste originaire de Bergame (Lombardie) qui se trouvait dans un hôtel à Palerme a été hospitalisée.

Comment en est-on arrivé là ? Le premier ministre italien, Giuseppe Conte, vient de révéler  que l’origine d’un foyer épidémique du coronavirus dans le nord de l’Italie était due à la gestion non conforme d’« un hôpital ». Interrogé à la télévision, M. Conte a fustigé des « initiatives autonomes injustifiées » et expliqué qu’un des foyers de l’épidémie dans le nord était lié au fait qu’« un hôpital » n’avait pas respecté les protocoles.

« Le vice-ministre iranien de la Santé était sur les lignes de front « 

Sourire ? Pourquoi pas ? La propagation de l’épidémie dans le pays a conduit la production du prochain volet Mission : Impossible, avec l’acteur américain Tom Cruise en vedette, à interrompre son tournage, a communiqué Paramount Pictures : « Par souci de prudence pour la sécurité et le bien-être de nos acteurs et de nos équipes, et avec les efforts des autorités locales vénitiennes pour arrêter tout regroupement de personnes face à la menace du coronavirus, nous modifions le programme de production pour nos trois semaines de tournage à Venise. »

En Iran le pouvoir fait état mardi du décès de trois personnes infectées par le nouveau coronavirus, portant le bilan de la maladie en Iran à quinze morts, a fait savoir l’agence officielle Islamic Republic News Agency (IRNA). Après cette annonce, les Emirats arabes unis viennent de suspendre tous les vols en provenance et à destination de l’Iran pour « une semaine renouvelable ». Et l’on apprend, dans le même temps, que le vice-ministre iranien de la Santé a également été infecté par le nouveau coronavirus – information donnée par un responsable du ministère. « Le test sur M. Harirchi, vice-ministre de la Santé qui était sur les lignes de front face au coronavirus, s’est révélé positif », a annoncé sur Twitter Alireza Vahabzadeh, conseiller média du ministre de la Santé.

Au cours d’une conférence avec le porte-parole du gouvernement Ali Rabii, Iraj Harirchi avait toussé plusieurs fois et paraissait transpirer. Comment tout ceci sera-t-il, perçu, commenté, interprété, dans le pays dirigé par les Gardiens de la révolution islamique ?

A demain @jynau

Coronavirus : Marine Le Pen et les premières inquiétantes surenchères à nos frontières

Bonjour

Parce qu’elles nourrissent la peur de l’étranger, les épidémies sont consubstantielles de la droite dans ses franges extrêmes. Marine Le Pen a réclamé mardi 25 février au gouvernement «des mesures plus sérieuses» face au coronavirus, dénonçant une «incohérence totale» de la France dans sa gestion du risque et réclamant de nouveau des contrôles aux frontières. «Les Français ne sont pas des enfants, il faut leur dire la vérité. Ne pas leur dire la vérité c’est en réalité aggraver le sentiment de danger de la population», a accusé la présidente du Rassemblement national lors d’une visite au salon de l’agriculture. Ou encore :

«L’ensemble des mesures de protection n’ont pas été prises puisqu’au moment où nous nous parlons, nous sommes dans une incohérence totale: nous mettons en quarantaine des Français qui reviennent de Chine mais en revanche des avions reviennent de Chine, plusieurs, chaque jour en France, sans qu’il n’y ait aucune mesure en ce qui les concerne»

«Est-ce que pour ça ils ont pris véritablement la mesure du problème ? Je n’en ai pas le sentiment», a-t-elle ajouté, évoquant des «témoignages de gens qui reviennent de Pékin à qui on n’a absolument rien demandé» et à qui «on indique vaguement une affiche scotchée dans un aéroport». «Il faut vraiment évidemment, maintenant que nous sommes confrontés à une épidémie importante en Italie, mais pas seulement, en Iran également (…), qu’on prenne des mesures qui soient des mesures plus sérieuses».

Faut-il instaurer des contrôles aux frontières ? «Bien sûr, mais il faut des contrôles de toute façon: la frontière en réalité est un élément de protection des populations, quelle que soit la situation», a-t-elle affirmé en évoquant «tous les gens qui traversent la frontière sans être du tout contrôlés car ils sont en situation clandestine».

Le carnaval de Nice et la Fête du citron de Menton

Pour sa part le député Eric Ciotti (Les Républicains, Alpes-Maritimes) a réclamé au Premier ministre «la mise en place immédiate d’un plan d’urgence pour le département des Alpes-Maritimes, ainsi que la prise rapide de toutes les mesures sanitaires et de restrictions nécessaires pour enrayer sa propagation.» Il préconise, par ailleurs, «la mobilisation des établissements hospitaliers du département et des mesures renforcées de contrôle à la frontière». 

Selon lui, son département «enregistre des flux quotidiens de dizaines de milliers de personnes avec l’Italie. Les vacances scolaires, le carnaval de Nice ou la Fête du citron de Menton, qui se déroulent en ce moment même, renforcent fortement ces flux et exposent la population azuréenne et française à ce virus.» 

Sans oublier le président de Debout la France, Nicolas Dupont-Aignan qui, lui aussi, a demandé des contrôles aux frontières. Il propose aussi la remise «dans les aéroports, les trains», d’«un document de traçabilité» où les voyageurs détailleraient leurs déplacements «les 14 jours précédents».

Pour sa part la Commission européenne souligne ne pas souhaiter dans l’immédiat le rétablissement de contrôles aux frontières à l’intérieur de l’UE, une décision qui reste à l’initiative des États membres, et qui doit être «basée sur une évaluation des risques crédible et des preuves scientifiques», être «proportionnée» et «prise en coordination avec les autres».

Où l’on voit, n’en déplaise aux franges extrêmes de la droite, que l’Europe, épidémie ou pas, n’existe pas.

A demain  @jynau

Info RTL. Coronavirus : les contrôleurs SNCF ne vont plus jusqu’en Italie

« Face à l’ampleur de l’épidémie en Italie, la SNCF a pris ses précautions. Selon les informations de RTL, les contrôleurs français travaillant sur la ligne TGV Paris-Milan ne se rendront plus en Italie, à compter de ce mardi 25 février. Ils descendront à la frontière franco-italienne, à Modane. Ce sont leurs collègues italiens qui prendront ensuite le relais. Cette décision est due aux nombres croissants de cas contaminés par le coronavirus en Italie. La Toscane et la Sicile sont désormais touchées alors que dans le Nord, onze villes sont toujours confinées en Lombardie.»