Politique et religion : Agnès Thill, première sainte et martyre de La République en marche

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Emmanuel Macron réclamait ici un « débat apaisé ». Nous nous en éloignons. La députée de l’Oise Agnès Thill, 55 ans, ancienne socialiste mais toujours chrétienne,  a été exclue mercredi 26 juin de La République en marche (LRM). Pourquoi ?  « Pour avoir tenu des propos polémiques sur les réseaux sociaux et également par voie de presse à propos du projet du gouvernement d’ouvrir la PMA (procréation médicalement assistée) à toutes les femmes ».

« Ces propos sont préjudiciables à la cohésion du mouvement et nuisent à son image, alors que l’ouverture de la PMA va faire l’objet dans les semaines qui viennent de débats à l’Assemblée nationaleLa commission [des conflits] relève également que la fréquence et le caractère pernicieux des propos de Mme Agnès Thill génèrent et nourrissent une agressivité qui portent atteinte à la sérénité du débat. »

En février dernier la députée Thill avait été sermonnée et mise en garde par la même commission des conflits après des propos évoquant un hypothétique « lobby LGBT à l’Assemblée nationale ». Elle avait également comparé à des « droguées » les « femmes seules » qui souffrent de ne pas avoir d’enfants et entendent pouvoir bénéficier d’une PMA par IAD. Communiqué de février:

« Cette décision fait suite aux propos blessants et maladroits tenus par la députée au sujet des personnes pouvant avoir recours à la procréation médicalement assistée (PMA). Il a été notifié à Mme Thill que ces provocations n’étaient en rien conformes à l’attitude que les adhérents de LaREM et les Français dans leur ensemble sont en droit d’attendre de leurs élus.

Agnès Thill a fait part de son soutien inaltérable envers le mouvement ainsi que de sa volonté de rester engagée auprès du Président de la République. Consciente de son utilisation excessive des réseaux sociaux, de ses maladresses et des propos blessants qu’elle a tenus, elle s’est engagée à veiller avec la plus grande prudence à la forme de ses propos ainsi qu’à son usage des réseaux sociaux à l’avenir.

Toutefois, la Commission des conflits, qui statuait pour la première fois sur le cas de Mme Thill, a indiqué à l’intéressée qu’elle se verrait contrainte de prendre une sanction plus lourde pouvant aller jusqu’à l’exclusion si elle venait à renouveler un tel comportement. »

Sylviane Agacinski et Emmanuel Macron

Mêmes causes, effets redoublés. En avril, reprenant un article du journal Têtu qui faisait part du « coming out médiatique » du secrétaire d’Etat Gabriel Attal sur son homosexualité et son désir de paternité, Mme Thill avait osé, sur Twitter : « Au moins la couleur est annoncée. #bioéthique en juin. » Puis le 5 juin, dans une interview publiée dans le magazine L’Incorrect (fondé par des personnalités naviguant entre la droite et l’extrême droite)  cette fille d’ouvrier divorcée et ex-directrice d’école affirmé que la future révision de la loi de bioéthique, qui prévoit l’ouverture de la PMA aux couples de lesbiennes et aux femmes seules, « restera dans l’histoire comme celle qui aura évincé les pères de la naissance et de l’éducation des enfants ».

A la sortie de son audition qui avait duré près de deux heures, Mme Thill avait estimé subir un « procès d’intention » et  indiqué qu’elle porterait le dossier en justice si elle était exclue de son parti. « Il n’y a rien dans le dossier qui justifie une exclusion.  Cela s’appelle un délit d’opinion. C’est scandaleux. (…) Le parti sectaire c’est nous, nous en avons la démonstration (…), c’est uniquement mes pensées différentes sur la “PMA pour toutes” qui valent mon exclusion. »

Agnès Thill n’est pas la seule voix à dénoncer cet aspect du projet de loi bioéthique. Il faut désormais compter avec la philosophe « conservatrice » Sylviane Agacinski et son remarquable prochain opus : « L’Homme désincarné : du corps charnel au corps fabriqué ». Gallimard. 48 pages qui régaleront Emmanuel Macron. Nous y reviendrons.

A demain @jynau

Suicide médicalement assisté : faudra-t-il attendre longtemps avant de le «rationaliser» ?

Bonjour

Grande canicule sur la France et délicieux petit papier pêché sur Slate.fr (Ines Clivio). Où l’on apprend que le temps serait venu de « légaliser la mort voulue par un être humain » 1. « Le débat avance plus vite aux États-Unis qu’en France- depuis le 13 juin dernier, le Maine est le huitième État à avoir fait entrer le suicide médicalement assisté dans sa législation, nous explique-t-on. Les seniors américain·es vont encore plus loin. Ces générations avancent l’idée que la mort pourrait être encadrée médicalement avant même qu’un individu se trouve en phase terminale, comme l’exige la loi pour le moment. Il s’agirait alors d’un ‘’suicide rationnel’’

Oxymore ou pas, Dena Devis, professeure de bioéthique à l’université Lehigh de Pennsylvanie, défend cette formule dans une interview accordée au Washington Post. (Melissa Bailey). Opposée à l’idée communément admise sur le sujet elle glose sur un suicide «rationnel» en ce qu’il ne résulterait pas d’une « souffrance mentale motivant un acte impulsif guidé par les affects ». Référence est bien évidemment faite aux célèbres stoïciens, au « libre arbitre » et à la « dignité humaine ».

« La question est évoquée avec le plus grand sérieux par des personnes qui évoluent dans le milieu médical, nous dit encore Slate.fr. Dena Devis, 72 ans, a rencontré un groupe de dix personnes retraitées de Philadelphie, qui ont décidé de se réunir secrètement hors de l’établissement dans lequel elles séjournent pour discuter de leur souhait de mettre fin à leur jour. Toutes préfèrent choisir de mourir plutôt que de subir une dégradation de leur état physique et/ou mental. Ces personnes ne mettent pas en avant l’argument du confort, de la quantité des soins ou de l’adaptation des infrastructures. Même une belle maison de retraite ne pourra pas les empêcher de perdre le contrôle sur leur santé. »

Mais peut-on parler de « rationalité » chez une personne potentiellement « déprimée » ? Qui peut faire la part entre les troubles de l’humeur et l’expression affichée de mourir dans la dignité ? Et comment ne pas s’interroger, précisément, sur les raisons profondes qui font demander un geste « médicalement assisté » ?  «En tant que membres de la société, nous avons la responsabilité de prendre soin des gens à mesure qu’ils vieillissent, explique le Pr Yeates Conwell, psychiatre à l’université de Rochester. La promotion du “suicide rationnel” risque de créer un sentiment d’obligation de recourir à cette méthode plutôt que de préconiser de meilleurs soins qui répondent à leurs préoccupations.»

C’est bien là toute la question. Qui la tranchera ?

A demain

1 Slate.fr rappelle, dans le même temps, que « Dans l’affaire Vincent Lambert, la bonne réponse n’existe pas »

«Meilleur des Mondes» : dernières nouvelles du front de la sélection des embryons humains

Bonjour

Jusqu’où ? Et quand ? A Vienne, dans le cadre de la 35ème réunion annuelle de la Société Européenne de Reproduction Humaine et d’Embryologie (ESHRE),  la firme IVI 1 a présenté « deux nouvelles études sur la sélection des embryons humains » – études « basées sur les protéines et l’oxyde présents dans les milieux de culture ». Où l’on apprend que l’assistance de l’Intelligence Artificielle pourra, chaque jour un peu plus, aider à perfectionner la sélection des embryons de notre espèce.

IVI : « Dans le domaine de la reproduction humaine, l’amélioration de la sélection embryonnaire est l’un des axes de recherche dans lequel de plus en plus de ressources est investie. Récemment, l’utilisation de l’Intelligence Artificielle pour atteindre un certain degré d’automatisation lors du choix des embryons ou dans l’exécution de l’analyse génétique a représenté une évolution significative en termes de perfectionnement de la sélection et, par conséquent, d’amélioration des résultats ». Et par conséquent, d’amélioration de l’espèce ? Pour l’heure voici ces deux études viennoises :

I Première étude : « Le profil protéiné du transfert d’embryon unique euploïde révèle des schémas différentiels entre eux ». Elle a été réalisée à la clinique IVI à Valence entre septembre 2017 et mars 2018. Taille d’échantillon : 81 cycles préparés pour le transfert d’un seul embryon (transfert simple de blastocyste – SET).

Dr Marcos Meseguer, responsable de la recherche à la clinique d’IVI de Valence. « L’importance de cette étude réside dans le fait qu’il s’agit d’embryons qui ont déjà été testés génétiquement et qui se sont avérés euploïdes. Elle a une valeur élevée étant donné qu’en dépit d’être des embryons sélectionnés génétiquement, ils ne parviennent pas tous à s’implanter. L’idée est donc d’améliorer le processus de sélection grâce à l’analyse de protéines. Dans cette étude, nous avons eu recours, en partie, à l’Intelligence Artificielle, liée avec les images que nous obtenons par l’Embryoscope et le Geri (deux modèles d’incubateurs cinématographiques), en développant une méthode qui combine des images avec la méthode de sélection des protéines. Nous avons confirmé une sécrétion significativement élevée d’IL-6 et d’IL-8 dans les embryons en croissance, en se concentrant sur le potentiel de ces molécules pendant le développement de ces embryons. La majorité des concentrations de protéines présentaient un modèle de valeurs plus élevées chez les blastocystes éclos. »

2 Seconde étude : « Profil oxydant dans les milieux de culture élevés, biomarqueur d’embryons de bonne qualité : un outil non invasif pour sélectionner l’embryon à transférer ». Elle est basée sur l’étude du milieu de culture avec le développement multiple d’embryons, situations dans lesquelles « on trouve entre 10 et 12 embryons dans la même goutte ». Objectif : analyser si le profil oxydant peut être un bon biomarqueur pour déterminer la qualité des embryons. Etude également réalisée à la clinique IVI à Valence auprès d’un échantillon de 683 embryons sur un total de 174 cycles qui ont été effectués au moyen de la fécondation in vitro (FIV), entre mai 2017 et décembre 2018

Dr Marcos Meseguer : « Nous avons procédé à l’évaluation avec tous les embryons cultivés ensemble, et avons détecté qu’il existe un profil oxydatif différent lorsque les embryons sont de bonne qualité et lorsqu’il existe des paramètres qui rendent les embryons non viables. Nous avons développé une méthode pour évaluer l’environnement dans lequel de nombreux embryons se développent. En ne développant pas d’étude individuelle, nous avons analysé l’oxydation générée comme valeur mesurable dans le milieu dans lequel les embryons sont cultivés. Plus les embryons sont actifs et de meilleure qualité, plus ils genèrent de l’oxydation dans le milieu de culture. Cela indique qu’ils seront mieux préparés pour être transférés et permettront d’assurer un taux de réussite plus élevée dans le cycle de la patiente. Au contraire, dans les critères de classification, le niveau de stress oxydatif diminuait à mesure que la qualité de l’embryon se détériorait ».

Rappelons que la réunion annuelle de l’ESHRE est la plus importante conférence européenne sur la procréation assistée. C’est l’endroit où les meilleurs professionnels du monde entier se réunissent, et où, chaque année, ils arrivent à des conclusions importantes qui tracent l’avenir dans le domaine de la reproduction. L’avenir de l’espèce humaine sur le chemin de Valence, Vienne et Londres, du Brave New World et du Humanexit. Quand ?

A demain @jynau

1 IVI se présente ainsi :  « IVI a été fondée en 1990 en tant que première institution médicale en Espagne entièrement dédiée à la procréation assistée. Depuis lors, elle a contribué à la naissance de plus de 160 000 bébés grâce à l’application des dernières technologies de procréation assistée. Début 2017, IVI a fusionné avec RMANJ pour devenir le plus grand groupe de procréation assistée au monde. Il compte actuellement plus de soixante-cinq cliniques dans onze pays et est le principal centre de médecine de la reproduction. https://ivi-fertilite.fr/http://www.rmanj.com/ »

PMA : Comment, sur France Inter, ne pas avoir le droit de dire que l’on n’est pas réactionnaire

Bonjour

Trop, c’est trop. Comment en moins de cinq minutes parvenir à dire la complexité du sujet ? Et comment le faire sans aussitôt être soupçonnée, sur France Inter, de n’être qu’une « conservatrice », voire une « réactionnaire ». Soupçonnée, accusée, condamnée. La philosophe Sylviane Agacinski, auteure de « L’Homme désincarné : du corps charnel au corps fabriqué » 1 est l’invitée de la journaliste Léa Salamé.

La philosophe a senti le piège mais s’y précipite tête baissée, avec délice semble-t-il. Elle cite son ennemie jurée, l’improbable juriste transhumaniste Marcela Iacub. Elle tire à tout va, au-delà même de la GPA. Elle parle de notre « rapport à la chair », du désir de s’en émanciper ». Elle s’excusera bientôt de vouloir trop en dire en si peu de temps. Comme, par exemple, que l’on a pas un « droit » à « avoir un enfant ».

Trop c’est trop, cela se résumera bientôt à ceci : « @franceinter Sylviane Agacinski, philosophe, sur la #PMA : « La famille, c’est comme la sexualité, c’est une totale liberté, mais ce n’est pas (avoir) un droit à un enfant » #le79Inter 08:08 – 24 juin 2019 »/

Léa Salamé comprend que, décidément, l’invitée à trop à dire. Que le sujet, réactionnaire en diable, méritait un plus large créneau. C’est promis, Sylviane Agacinski sera réinvitée. Promis juré. Après la canicule, l’été sera entièrement bioéthique et philosophique. Et furieusement politique.

A demain @jynau

1 « L’Homme désincarné : du corps charnel au corps fabriqué » Collection Tracts (n° 7), Gallimard Parution : 27-06-2019. 48 pages, 150 x 210 mm, agrafé.

«Notre corps charnel nous est propre, mais il ne nous appartient pas comme un bien, autrement dit une propriété aliénable, que l’on peut donner ou vendre, comme un vélo ou une maison. La confusion fatale entre les deux est délibérément entretenue par l’idéologie ultralibérale qui veut nous persuader que, puisque notre corps « nous appartient », nous sommes libres de l’aliéner. Admirons le paradoxe.  Sylviane Agacinski. 
L’homme moderne veut dominer la nature, changer sa nature, et s’affranchir de la chair, de la mort et de la génération sexuée. Grâce à la puissance scientifique et technique, certains rêvent de changer de corps et de produire leur descendance en laboratoire. L’homme futur sera-t-il sexuellement indifférencié? Naîtra-t-il sans père ni mère? Aux dépens de qui?  À la veille du débat au Parlement, et alors que la «bioéthique» semble perdre tout repère, ce Tract nous alerte sur les dangers d’un ultralibéralisme dont le modèle, en ce domaine, est la Californie.

«Révolution dans la filiation» : Agnès Buzyn lève le voile gouvernemental dans le JDD

Bonjour

23 juin 2019. Ainsi donc c’est le Journal du Dimanche (Anne-Laure Barret, Emmanuelle Souffi, Hervé Gattegno). Outre un entretien ministériel, il aura eu l’exclusivité. On y trouvera l’essentiel de l’avant-projet de loi de révision de la loi de bioéthique – qui ne sera présenté en conseil des ministres que dans un mois. Un texte actuellement examiné par le Conseil d’Etat.

« PMA, Filiation, Embryons : La loi qui va révolutionner la famille » titre le quotidien dominical. Ce qui est sans doute un tout petit peu excessif. Qu’apprendra-t-on que nous ne pressentions ? Rien, ou presque. A commencer par le remboursement de l’insémination artificielle avec sperme de donneur pour les femmes vivant seules ou avec une autre femme.

On retiendra aussi la possibilité plus ou moins offerte à certains enfants d’avoir accès à leurs origines : Agnès Buzyn. affirme souhaiter « lever le voile sur l’origine de la filiation » pour les enfants nés grâce à un donneur, afin qu’ils accèdent à des informations sur celui-ci à leur majorité.  « Il faut établir une filiation qui a la même portée et les mêmes effets que la filiation biologique ou adoptive sans bouleverser le droit de la filiation actuel. Elle reposerait sur une reconnaissance de filiation avant la naissance du bébé », explique la ministre, qui se dit favorable à la création d’« un nouveau type de filiation qui concernera aussi les couples hétérosexuels qui ont recours à un don » :

Pour ce qui est des dons de sperme et d’ovocytes, Agnès Buzyn :

 « L’anonymat au moment du don sera préservé, mais il s’agit ensuite de permettre à l’enfant d’avoir accès à son histoire et à l’identité de son donneur quand il aura atteint ses 18 ans. Ça peut être un accès à des informations non identifiantes sur le donneur voire connaître son identité si le donneur y a consenti soit au moment du don, soit au moment où l’adulte en fait la demande. Les modalités de cet accès aux origines sont étudiées par le Conseil d’Etat ».

Anticipant les travers d’une telle mesure, Agnès Buzyn dit ne pas redouter une chute des dons en expliquant que « dans les pays qui ont généralisé cet accès aux origines, les dons ont diminué avant de remonter parce que ce ne sont pas les mêmes personnes qui donnent. » Ce qui ne manquera pas d’être discuté et contesté. « Les jeunes qui demanderont à connaître l’identité de leur donneur ne prendront pas ce dernier pour un parent. Etre parent, ce n’est pas des gamètes, mais de l’amour », affirme encore la ministre des Solidarités et de la Santé  

Quant à l’autorisation pour les femmes de congeler leurs ovocytes (comme c’est possible en Espagne ou en Belgique) la ministre révèle que le gouvernement allait l’autoriser, de façon très encadrée à partir de 30 ou 32 ans. Pourquoi ? « Pour éviter une baisse de la natalité due notamment à l’allongement des études ». Ce qui ne manquera pas de surprendre les principales intéressées.

A demain @jynau

Cannabis légal et «PMA pour toutes» : le Rassemblement national lève son voile sociétal

Bonjour

« Sociétal » : « Qui se rapporte aux divers aspects de la vie sociale des individus, en ce qu’ils constituent une société organisée ». Le très jeune eurodéputé (Rassemblement national, France) Jordan Bardella a exprimé ce vendredi 21 juin son opposition à la légalisation du cannabis. Sur RTL il a calmement expliqué que cela enverrait « un signal dramatique en termes de banalisation de la consommation» de drogue. Cette personnalité politique montante s’exprimait au lendemain de la publication d’une note par des économistes chargés de conseiller le Premier ministre et prônant cette légalisation. Jordan Bardella, 23 ans, a étrillé cette «vieille relique soixante-huitarde».

«C’est une drogue qui a des conséquences dramatiques sur la santé publique, la santé des enfants», a(-t-il doctement expliqué. «Légaliser le cannabis c’est envoyer un signal dramatique en termes de banalisation de la consommation de ce genre de produits», a-t-il poursuivi. «Au RN, »nous y sommes opposés. Affirmant n’avoir jamais consommé de cannabis ni de tabac car il a «la santé saine», Jordan Bardella a rappelé avoir «grandi en Seine-Saint-Denis» où il a «vu le trafic» dans certains quartiers. «Il faut surtout renforcer la prévention et expliquer dès le plus jeune âge que ces drogues sont nocives», a mis en avant le deuxième vice-président du RN. «Il faut mettre tous les moyens pour éradiquer le trafic de drogue qui mine les territoires», a-t-il insisté. Pour l’heure ni le Premier ministre ni le président de la République n’ont osé prendre la parole sur le sujet.

Construction psychologique de l’enfant

Dans le même temps la cheffe du RN sort de sa traditionnelle réserve sur les sujets sociétaux pour mieux embrasser l’électorat conservateur. « La prise de position n’a rien d’inédit. Elle a pourtant eu l’effet d’une détonation au sein du parti à la flamme, résume Le Figaro (Charles Sapin). Invitée mercredi 19 juin de Ruth Elkrief sur le plateau de BFM TV, Marine Le Pen a été amenée à se positionner sur l’ouverture de PMA aux couples de femmes. «Nous sommes contre, a rétorqué (sans ciller) la cheffe du RN. J’entends beaucoup parler d’envie. Moi ce qui m’intéresse, c’est l’intérêt de l’enfant. Or pour l’instant, et j’aimerais que cela reste comme cela, un enfant a un père et une mère. Il faut que cette filiation soit reconnue […] Tout ce qui contribue à dissimuler cette vérité biologique, qui est utile pour la construction psychologique de l’enfant, je suis contre.»

« Une prise de position, plus ferme qu’à l’accoutumée, contrastant avec le peu d’appétence prêté à la patronne du RN pour les sujets sociétaux, observe Le Figaro. ‘’Marine Le Pen a toujours considéré que ce sont des sujets de guerre civile. Elle a suffisamment été jugée par les cathos moralistes pour en devenir une elle-même’’, confiait un membre de son entourage lors des Etats généraux de la bioéthique en 2018.  Un constat vérifié au moment des mobilisations contre le ‘’Mariage pour tous’’ lors du dernier quinquennat. »

Sur ce sujet Emmanuel Macron postule désormais que les débats  seront apaisés.

A demain  @jynau

Vincent Lambert : xième rebondissement judiciaire, voie entrouverte à la fin des aliments

Bonjour

Toutes les tragédies ont une fin. Celle de l’affaire Vincent Lambert semble ne pas devoir en avoir. 20 juin 2019 ; on apprend que le procureur général de la Cour de cassation préconise de casser la décision qui, à la surprise générale, avait ordonné le 20 mai dernier la reprise de l’alimentation/hydratation permettant à Vincent Lambert de rester en vie.  24 juin  Dans son avis écrit qu’il soutiendra à l’audience de la Cour de cassation, lundi en assemblée plénière, François Molins préconise la «cassation» de l’arrêt de la cour d’appel de Paris – et ce «sans renvoi» devant une autre juridiction. Si une telle cassation intervenait, cela pourrait entraîner indirectement un nouvel arrêt des traitements.e procureur général est allé contre la décision de la cour d’appel de Paris, qui avait ordonné la reprise de l’alimentation du malade.

Il appartiendra à la haute juridiction non pas de statuer sur le bien-fondé de l’arrêt des soins, mais de trancher un débat hautement technique sur le caractère compétent ou non du juge judiciaire – la cour d’appel – dans cette affaire. Pour se déclarer compétente, la cour d’appel s’était fondée sur la notion juridique de « voie de fait », qui permet au juge judiciaire de sanctionner une atteinte à la « liberté individuelle » commise par l’administration. Pour les juges, cette dernière avait porté atteinte au droit « à la vie » en se dispensant de maintenir les traitements comme le demandait le Comité onusien des droits des personnes handicapées.

François Molins souligne au contraire qu’il n’y a pas là d’atteinte à la « liberté individuelle » au sens de la Constitution et de la jurisprudence, que la décision d’arrêt des traitements était légale et que les demandes du comité de l’ONU ne sont pas contraignantes. Il conclut qu’en l’absence de « voie de fait », la cour d’appel n’était pas compétente. Où l’on peine à suivre les méandres du droit confronté à celles de la tragédie.

A demain @jynau