Cancer du sein : l’ANSM se résout finalement à recommander « d’éviter le Docétaxel »

Bonjour

Que d’atermoiements pour en arriver là où elle aurait dû commencer…L’Agence du médicament (ANSM) vient de changer de position. Désormais elle « recommande à titre de précaution  d’éviter temporairement l’utilisation du Docetaxel ». Comment ses responsables n’ont-ils pas compris d’emblée qu’ils n’avaient pas d’autres choix ?

« Dans le prolongement du courrier qui a été adressé aux oncologues le 15 février 2017 et compte tenu de l’existence d’une alternative thérapeutique en situation adjuvante dans cette indication (paclitaxel), l’Institut National du Cancer (INCa) en lien avec l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé (ANSM) recommande à titre de précaution, après consultation de professionnels de santé, d’éviter temporairement l’utilisation du docetaxel dans les cancers du sein localisés, opérables. »

Plus grande vigilance

Corollaire : l’ANSM « veille à garantir l’approvisionnement du territoire national en paclitaxel ». Cette recommandation ne concerne pas l’utilisation du docétaxel dans ses autres indications thérapeutiques. Du moins à ce stade. « La plus grande vigilance reste néanmoins nécessaire et chaque indication doit être individuellement évaluée avec information des patients sur les différentes options thérapeutiques » ajoute l’ANSM.

Informer les patients sur les différentes options thérapeutiques ? On aimerait voir l’Agence à l’œuvre dans le contexte actuel, contexte auquel elle n’est pas étrangère après la relative confusion de ces derniers jours après l’annonce de cinq décès survenus entre l’été 2016 et février 2017. Cinq morts de femmes atteintes de cancer du sein, mais « de bon pronostic », traitées par docétaxel en chimiothérapie adjuvante ou néoadjuvante.

Et ensuite ? L’INCa et l’ANSM reviendront, fin mars, vers les professionnels de santé « pour partager les résultats des différentes investigations actuellement menées ». On attend avec le plus grand intérêt les résultats, notamment ceux concernant la forme générique du Docétaxel commercialisée par la firme indienne Accord (Intas Pharmaceuticals).

A demain

Avant de s’envoler en Chine, Marisol Touraine demande aux Français de parler de la fin de vie

 

Bonjour

La publicité envahit toujours tout, à commencer par l’intime. A peine la campagne sur la grippe est-elle terminée que les Françaises et les Français vont devoir s’habituer à être incité, via des spots TV, à parler « fin de vie ». Marisol Touraine a lancé aujourd’hui une « campagne nationale d’information sur la fin de vie ». Il s’agit « d’inviter les Français au dialogue avec leurs proches et les professionnels de santé ». Il s’agit aussi de « les informer sur les droits des personnes malades et des personnes en fin de vie ». Cette opération est organisée avec le tout jeune Centre national des soins palliatifs et de la fin de vie (CNSPFV) – structure qui avait fait parler d’elle lors de la nomination du Dr Véronique Fournier à sa tête.

Que nous dit aujourd’hui, via la presse, Marisol Touraine ? Que chacun peut désormais, en France, exprimer ses volontés sur la fin de vie, qu’il soit en bonne santé ou malade. Que chacun peut « faire valoir ses droits ». Que la loi du 2 février 2016 (dite « Claeys-Leonetti) répond à la demande d’une fin de vie digne, accompagnée et apaisée, par une meilleure prise en charge de la souffrance. Que cette loi a renforcé les droits existants et a créé des droits nouveaux pour les personnes malades et les personnes en fin de vie ; à commencer par l’opposabilité des directives anticipées et le droit à la sédation profonde et continue. Et, pour finir, qu’elle clarifie (de manière qui peut prêter à controverses) l’arrêt de traitement au titre du refus de l’obstination déraisonnable.

Potentiel créatif

Tout cela est vrai, tout cela a été amplement débattu avant d’être inscrit dans le marbre de la loi que nul n’est censé ignorer. Il y a deux mois, une première initiative de Marisol Touraine visait à « inviter les professionnels de santé à parler de la fin de vie avec leurs patients ». On espère que cette invitation a été entendue. Voici aujourd’hui  le deuxième volet de cette campagne nationale :  à partir de ce 20 février et jusqu’au 20 mars la nouvelle campagne d’information  sera « relayée sur plusieurs médias ». Une campagne développée « autour d’une signature » : « La fin de vie, et si on en parlait ? ».

« Si on en parlait ?  » On reste, une nouvelle fois, confondu devant le potentiel créatif des publicitaires retenus par le ministère. S’attendre à : un spot TV de 25 secondes ; deux annonces presse et des bannières sur différents sites internet et sur les réseaux sociaux ; un site internet dédié : parlons-fin-de-vie.fr ; des « événements » organisés « partout en France » par le CNSPFV dès le mois de mars.

« La fin de vie est un enjeu majeur de notre société, a déclaré Marisol Touraine. J’ai voulu agir résolument pour renforcer l’information des Français et leur permettre de s’emparer de leurs nouveaux droits. Cette campagne est une étape importante : engageons le dialogue avec nos proches, avec les professionnels de santé, pour que chaque Français connaisse ses droits et soit en mesure de décider pour sa fin de vie. » Puis la ministre de la Santé est partie, pour un voyage officiel de trois jours, vers la Chine compliquée.

A demain

«Tuer le cancer® pour 486 euros» : la surprise, le malaise et les questions d’un oncologue

Bonjour

Un mail dominical et confraternel nous apporte des éléments nouveaux dans notre enquête sur l’affaire « Tuer le cancer pour 486 euros » 1. On les trouve dans un entretien original réalisé avec le Pr Jean-Yves Pierga, oncologue à l’Institut Curie de Paris et publié sur le site Medscape France (Aude Lecubrier) : « Test sanguin ISET® pour diagnostiquer un cancer : attention à la surpromesse ». Ce spécialiste, très au fait de ce domaine de recherche, a accepté de répondre à quelques questions soulevées par la médiatisation de la commercialisation du test sanguin de dépistage des cellules tumorales circulantes ISET® – médiatisation assurée via la publication de l’ouvrage du Pr Patrizia Paterlini-Bréchot (Université Paris Descartes, CHU Necker) intitulé « Tuer le cancer ».

Le Pr Pierga 2 rappelle tout d’abord qu’il existe d’autres techniques proches. Celle développée par le Pr Patrizia Paterlini-Bréchot s’appuie sur un système de filtre qui permet de récupérer les cellules cancéreuses en raison de leur plus grosse taille par rapport aux autres : il s’agit du test ISET® (Isolation by SizE of Tumor cells, Rarecells). « En parallèle, d’autres technologies utilisent des anticorps pour repérer les biomarqueurs exprimés à la surface de ces cellules tumorales circulantes, comme le test CellSearch® (Janssen Diagnostics). En tout, il existe une cinquantaine de technologies basées sur ces deux grands principes », précise le Pr Pierga.

Malaises

Que retenir des conséquences de la médiatisation actuelle vantant les mérites d’ISET® ?

« Le message qui semble avoir été entendu est que ce test permet de dépister le cancer. Depuis, nous [oncologues] sommes tous sollicités par des patients qui souhaitent réaliser un test de dépistage des cellules cancéreuses circulantes pour savoir s’ils ont un cancer. Nous sommes mal à l’aise car pour le moment nous ne savons pas si engager une action thérapeutique en cas de test positif présente un bénéfice pour le patient.

« Il existe une marge importante entre dire qu’il s’agit d’une perspective de recherche intéressante et commercialiser un test qui doit démontrer une utilité clinique en termes de curabilité ou de durée de survie pour les patients. Faire une chimiothérapie à visée préventive est loin d’être anodin… »

Pour le Pr Pierga le risque de sur-diagnostic est ici clairement en jeu

« Cela n’est pas sans rappeler les discussions sur l’intérêt de la généralisation de certaines méthodes de dépistage comme le dosage du PSA dans le cancer de la prostate ou le scanner de dépistage du cancer du poumon. Rappelons-nous aussi que, pendant longtemps, les oncologues ont demandé des dosages de marqueurs dans le sang pour les personnes en rémission d’un cancer du sein avec l’idée de dépister au plus tôt les métastases. Or, nous n’avons jamais pu montrer que traiter plus tôt ces métastases prolongeait la survie. Les recommandations internationales ont donc changé et préconisent de ne plus doser ces marqueurs. Cela fait réfléchir.

« Un autre exemple qui devrait inciter à la prudence est celui du test CellSearch® qui détecte les CTC grâce à des anticorps. Alors que ce test existe depuis plus de 15 ans, il n’a pas été encore montré que les patients tiraient un bénéfice clinique des résultats obtenus. Le fabricant est en train de désinvestir du projet. Mais, des études, financées par l’INCa, pour évaluer l’intérêt clinique des CTC sont toujours en cours. »

Surprise

Que répondre au fait que le test ISET® soit, d’ores et déjà commercialisé ?  « Je suis aussi assez surpris que l’on puisse commercialiser ce type de test sans plus de contrôle et d’encadrement. Ce qui est sûr, c’est que la sécurité sociale ne va pas rembourser un test qui n’est pas validé. Après, les autorités de santé devraient-elles communiquer sur ce test ? Nous nous posons la question. Est-ce le rôle d’un organisme comme l’INCa de se prononcer par rapport à ce type d’annonce ? »

Ce sont là, précisément les questions que nous nous posons. Sans jamais obtenir de réponses de l’INCa. Certains ont eu plus de chance qui ont recueilli il y a peu quelques éléments précieux de la présidence. Nous les rapporterons sous peu en soulevant de nouvelles et dérangeantes interrogations. Grâce à la confraternité, l’enquête progresse.

A demain

1 « ‘’Tuer le cancer’’ pour 486 euros : sur France Inter, l’affaire du Pr Paterlini-Bréchot » Journalisme et santé publique, 19 janvier 2017

« Peut-on « tuer le cancer pour 486 euros » ? Interrogé l’INCA ne répond pas. Pourquoi ? » Journalisme et santé publique, 5 février 2017

« ‘’Tuer le cancer pour 486 euros’’ ? Le bon sens médical selon Patrizia Paterlini-Bréchot » Journalisme et santé publique, 18  février 2017

« ’Tuer le cancer pour 486 euros ‘’ : l’Académie de médecine se saisira-t-elle de l’affaire ? » Journalisme et santé publique, 18  février 2017

2  Au chapitre des liens d’intérêts le Pr Pierga mentionne : « financements de recherche par Janssen Diagnostics qui commercialise le test CellSearch. Autres : Amgen, AstraZeneca, Ipsen Innovation, Roche, Merk, GSK, Novartis, Eisai SAS. »

 

Mariage fusion-acquisition de deux géants de l’assistance médicale (privée) à la procréation

Bonjour

« Sans vouloir généraliser à l’ensemble des cliniques, dans nombre de pays la pratique de l’assistance médicale à la procréation (AMP) est avant tout un business fort lucratif, basé sur l’espoir des couples à fonder une famille. Certains de ces couples sont prêts à dépenser sans compter pour atteindre leur but et il est très ­facile de leur faire miroiter le meilleur et surtout de le leur vendre. » Tel est le constat lucide et courageux fait publiquement il y a quelques jours (Le Monde du 15 février) par le Pr Stéphane Viville, spécialiste de l’infertilité (CHU de Strasbourg).

Le lendemain on apprenait l’entrée en fanfare de l’AMP dans le processus des fusions-acquisitions, l’une des caractéristiques majeures de la mondialisation. L’Institut Valencien de l’Infertilité (IVI) vient ainsi d’annoncer son « arrivée aux États-Unis » via une fusion avec l’Américain RMANJ (Reproductive Medicine Associates of New Jersey).1

« Lors d’une conférence de presse, les Présidents de IVI, Prof. José Remohí et Prof. Antonio Pellicer, accompagnés des Présidents de RMANJ, Paul A. Bergh, Richard T. Scott et Michael R. Drews, ont rendu publique cette fusion qui consolide IVI-RMA Global, devenant ainsi le plus grand groupe de reproduction assistée dans le monde. Après une année de négociations, IVI et RMANJ ont formalisé le contrat. Après la fusion des deux sociétés, le groupe atteindra environ 300 millions d’euros de chiffre d’affaires. Les actionnaires d’IVI conserveront une participation majoritaire (environ 70% appartiennent à IVI et 30% à RMANJ). «

Entité mondiale unique

Les deux jeunes mariés ont gentiment expliqué « partager les mêmes valeurs et intérêts en matière de médecine, de sciences et d’affaires ». Cela nous permettra de tirer pleinement partie de l’expertise, de l’expérience et des éléments propres à nos deux entreprises, pour le bénéfice de nos patients et employés », ont-ils ajouté. « L’expertise reconnue des Pr José Remohí, Antonio Pellicer et Richard T. Scott, dans le domaine de la reproduction assistée (science récente et révolutionnaire), donne tout son sens à cette fusion. Avec dix cliniques actuellement aux États-Unis, l’objectif initial d’IVI-RMA Global est de poursuivre son expansion aux États-Unis » peut-on lire dans les bans.

L’objectif des deux parties ? Continuer à être des chefs de file dans les domaines de la recherche et des connaissances scientifiques. Le but ultime de cette union est de partager les meilleures pratiques et les dernières technologies dans chaque phase des différents traitements offerts, toujours pour le bénéfice des patients. L’avenir est rose :

« En tant qu’entité mondiale unique, il n’existe aucune limite géographique ou autre à notre engagement à fournir des solutions de fertilité basées sur des preuves scientifiques, afin d’offrir les meilleures chances de succès dans les plus courts délais. L’année dernière, des patients de plus de trente États des États-Unis et de quarante autres pays sont venus à nous en quête d’espoir. Avec IVI, nous pouvons chercher de nouveaux marchés et apporter de l’espoir à tous les patients qui ont des problèmes d’infertilité. »

Esprit de lucre

Avec le regroupement d’IVI et de RMANJ, le nouveau groupe IVI-RMA Global compte près de 2400 employés, dont plus de 200 médecins et 300 chercheurs. Avec une présence dans 13 pays et plus de 70 cliniques.

Dans Le Monde le Pr Stéphane Viville écrit aussi : « L’offre d’innovations, améliorant prétendument le taux de grossesses et réduisant les délais d’obtention de naissance d’enfants vivants, ne cesse de croître. Ainsi, durant ces dix dernières années ont été mis en place pléthore de nouveaux tests pour lesquels, au moins pour la vaste majorité d’entre eux, aucune donnée robuste ne démontre qu’ils apportent un bénéfice tangible et avéré dans la prise en charge des couples. » Où l’on peut aussi confirmer aujourd’hui que l’esprit de lucre peut ne pas être sans conséquences éthiques. Nous reviendrons sous peu sur ce sujet à la lumière de l’évolution de la situation française.

A demain

1 A propos d’IVI : « IVI, fondée en 1990, est la première institution médicale en Espagne entièrement dédiée à la reproduction assistée. Depuis sa création, elle a contribué à donner naissance à plus de 125 000 enfants, grâce à l’application des dernières technologies de procréation assistée. Elle compte actuellement plus de 70 cliniques dans 13 pays et est leader en médecine de la reproduction. »

A propos de RAMANJ : « Les experts de RMANJ dont les taux de succès de FIV sont les plus élevés aux Etats-Unis, ont été les pionniers d’une technologie de pointe, connue sous le nom de Comprehensive Chromosome Screening (CCS). Celle-ci permet de détecter plus précisément les embryons sains qui mèneront à des grossesses réussies et des naissances saines. RMANJ est le seul centre de fertilité au monde à avoir développé un système de CCS avec une précision sans précédent, validée par des années de recherches cliniques rigoureuses. Depuis 1999, ils ont aidé près de 40 000 bébés à naître. »

 

Cinq femmes mortes sous Docétaxel® : ce médicament devrait être retiré du marché

Bonjour

Depuis 24 heures silence dans les rangs officiels sanitaires. Pour autant l’affaire Docétaxel® est loin d’être close. Elle vient même de connaître un rebondissement. Sur France Info. On se souvient que dans un communiqué publié dans la soirée du 15 février , l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a annoncé qu’une enquête de pharmacovigilance avait été ouverte en septembre 2016 sur les médicaments contenant du docétaxel : « Survenue de décès chez des femmes traitées par docétaxel dans le cadre du traitement du cancer du sein – Point d’Information ».

« L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé a été informée de la survenue de six cas d’entérocolites sur terrain neutropénique, dont cinq ayant conduit au décès, chez des patientes traitées par docétaxel. Tous ces cas concernaient des femmes, âgées de 46 à 73 ans, atteintes d’un cancer du sein. Une enquête de pharmacovigilance, ouverte en septembre dernier, est en cours de finalisation. Elle sera présentée au Comité Technique de Pharmacovigilance (CTPV) du 28 mars 2017. »

 Ce que le communiqué ne disait pas c’est que sa publication coïncidai avec la révélation de ces trois morts, quelques heures plus tôt par Le Figaro (Anne Jouan) : « Questions après des décès lors de la prise d’un anticancéreux ». Ce qu’il ne disait pas non plus c’est ce que déclarerait à France Info le Dr Paul Cottu, (département de médecine oncologique, Institut Curie de Paris) : « Docétaxel : pas de risque pour « les patientes traitées antérieurement » aux décès ». Le titre, ici, ne résume pas tout, loin s’en faut.

Brutalité et gravité

France Info : Utilisez-vous le Docétaxel dans votre institut ?

Dr Paul Cottu Nous le prescrivons très fréquemment. Il est utilisé depuis très longtemps dans des traitements du cancer du sein. (…) Dès que nous avons été confrontés à un deuxième décès, nous avons pris la décision immédiatement, sans même attendre la notification de l’Agence nationale de sécurité du médicament, de suspendre toute utilisation du Docétaxel.

 Est-ce l’aspect générique du médicament qui est en cause ?

 Je ne pense pas que ce soit une question de générique ou pas générique. C’est une question de qualité de fabrication du médicament, par ce fournisseur. Que ce soit un générique ou pas, la question est exactement la même.

Pourquoi le Docétaxel pose-t-il un problème maintenant alors qu’il est utilisé depuis si longtemps ?

Nous avons une expérience très ancienne avec le Docétaxel. Nous savons qu’il y a parfois des toxicités digestives, en général très modérées et très transitoires mais qui ne limitent pas l’utilisation du médicament. Depuis quelques mois, il y a un effet très particulier, de brutalité et de gravité, au caractère totalement imprévisible. Une enquête doit être menée. Il peut s’agir d’une question transitoire qui sera résolue par l’enquête. 1

Que pouvez-vous dire pour rassurer les patientes atteintes d’un cancer du sein ?

Les patientes qui ont reçu du Docétoxel antérieurement et qui vont bien, iront bien. C’est une toxicité qui est extrêmement précoce et brutale. Si elle n’est pas arrivée, elle n’arrivera pas. Il a des alternatives thérapeutiques tout à fait validées, reconnues, que nous utilisons parfois quand on considère qu’il y a une contre-indication à un traitement. Il n’y a pas de remise en jeu du traitement cancéreux. »

Faire une croix

Contacté par Le Figaro, le laboratoire pharmaceutique concerné (Accord-France) avait, par la voix de son pharmacien responsable, Jean-Paul Drouhin, déclaré : « Tous les médicaments ont des effets indésirables. Il n’y a rien de particulier. Il n’y a aucun problème. Le nombre de décès éventuellement rapporté au global en France est tout à fait dans les normes. L’ANSM a confié une étude au centre de Toulouse. Ce n’est pas un problème de molécule, mais il va falloir exclure une partie de la population », qui ne supporterait pas le Docétaxel®.

Rassurer les patients ? L’Institut Curie de Paris a, depuis plusieurs mois, fait une croix sur le Docétaxel®. D’autres centres anticancéreux ont fait de même puisque d’autres possibilités thérapeutiques équivalentes existent. L’Agence nationale de sécurité du médicament, elle, n’a pas fait ce choix. Pourquoi ? Le silence dans les rangs officiels sanitaires ne pourra pas durer bien longtemps.

A demain

1 Interrogée, l’ANSM précise ne disposer, à ce jour, « d’aucune information permettant de suspecter un défaut qualité d’aucun produit Docetaxel®, ni princeps, ni génériques ».

 

 

 

 

 

Fin de la campagne grand public sur la grippe, Marisol Touraine va lancer celle sur la fin de vie

Bonjour

Nonobstant les miasmes politiques épidémique cette mi-février commence avec des fragrances de printemps. Pleine lune et chat noir. Les « Attention Grippe ! Ceci est une alerte de Santé Publique France » semblent terminées. C’est dire si, enfin, l’on respire entre deux gels hydro-alcooliques. Mais, déjà, on enchaîne. Le temps nous est compté. Place à la campagne suivante.

Marisol Touraine, ministre des Affaires sociales et de la Santé, lancera lundi 20 février à 10h, la « campagne nationale d’information grand public sur la fin de vie ». On se souvient que la loi du 2 février 2016 renforce les droits existants et crée de nouveaux droits pour les personnes malades et les personnes en fin de vie. « Chacun peut exprimer ses volontés, qu’il soit en bonne santé ou malade, résume la ministre. Cette campagne permettra à chaque Français de mieux connaître ses droits et d’aborder le sujet sereinement avec les professionnels de santé, mais aussi avec ses proches. »

 Musiques

Marisol Touraine ne sera pas seule. Elle parlera « en présence de Véronique Fournier, présidente du Centre national des soins palliatifs et de la fin de vie ». On se souvient peut-être que la nomination du Dr Véronique Fournier (du fait de ses convictions affichées) avait été l’objet d’une controverse dans les milieux spécialisés des soins palliatifs.

La loi du 2 février avait été voulue par François Hollande et mise en musique par les députés Jean Leonetti (Les Républicains) et Alain Claeys (Parti Socialiste). Aucun des deux architectes n’est annoncé pour le lancement de la « campagne nationale d’information grand public sur la fin de vie ». Nul ne sait pourquoi.

A demain

Marisol Touraine va-t-elle aider à fermer l’accès à l’assurance maladie aux étrangers ?

Bonjour

Un blog peut aussi être un relais. Jouons un instant le rôle de relayeur. Le message nous est transmis par une galaxie associative 1. De quoi s’agit-il ? L’Etranger, depuis la réforme CMU doit, pour justifier de sa régularité du séjour en France, disposer d’un « titre de séjour » ou, à défaut, de « tout document (récépissé en cours de validité, convocation, rendez-vous en préfecture, autre) attestant qu’il a déposé un dossier de demande de titre de séjour auprès de la préfecture de son lieu de résidence » (Circulaire ministérielle du 3 mai 2000 – confirmée par une instruction ministérielle du 16 décembre 2015).

Aujourd’hui, au prétexte de la réforme dite de la « Protection universelle maladie (PUMa) », entrée en vigueur il y a plus d’un an, le gouvernement socialiste s’apprête à remettre en cause les règles établies depuis la réforme CMU de 1999. C’est ainsi qu’un arrêté réduisant la liste des titres et documents qui autorisent les personnes étrangères à bénéficier de l’assurance maladie est sur le point d’être signé et publié.

Les associations concernées à différents titres clament dans le désert: elles nous disent qu’en dépit d’alertes réitérées 2 l’exclusion frappera bientôt les personnes disposant d’un récépissé de demande de titre de séjour – ou d’autres documents nominatifs remis par les préfectures et attestant de démarches en cours. Or, ajoutent-elles, les préfectures multiplient précisément la délivrance de ces documents de séjour précaires 3.

Ethique et socialisme

« Ainsi, alors qu’elles sont en règle du fait même de la possession de ces documents, ces personnes vont être renvoyées vers l’AME (aide médicale d’Etat), voire vers « rien du tout » pour celles dont les ressources sont supérieures au plafond fixé par les textes pour bénéficier de l’AME (720 euros par mois). Ces mesures vont avoir pour effet d’augmenter le nombre de bénéficiaires et les dépenses de l’AME.

« Ce changement majeur est d’autant plus inconséquent et inquiétant qu’il est pris à la veille d’élections où plusieurs candidat-es envisagent de réduire l’AME jusqu’à la faire disparaitre. Ce durcissement pourrait donc avoir des conséquences sanitaires et sociales encore plus graves dans un très proche avenir. »

Et c’est ainsi qu’on en arrive à cette supplique tragique : des organisations et des associations demandent au gouvernement socialiste que l’arrêté (qui doit être co-signé par Bruno Le Roux, ministre de l’Intérieur et Marisol Touraine, ministre de la Santé et des Affaires sociales) ne conduise pas à exclure de l’assurance maladie les personnes étrangères en situation régulière qui, jusqu’ici, y avaient droit.

Un gouvernement réduit à expédier les affaires courantes peut-il encore être sensible à cette supplique éthique ?

A demain

1 La FNARS Fédération nationale des associations de réinsertion sociale, le Secours Catholique – Caritas France et l’Observatoire du Droit à la Santé des Etrangers (ODSE) :   (ACT UP Paris,   AFVS (Association des familles victimes du saturnisme),   AIDES,   ARCAT,   CATRED (Collectif des accidentés du travail, handicapés et retraités pour l’égalité des droits),   CENTRE PRIMO LEVI,   CIMADE,   COMEDE (Comité pour la santé des exilés),   CoMeGAS,   CRETEIL SOLIDARITE,   DOM’ASILE (Domiciliation et accompagnement des demandeurs d’asile),   DROITS D’URGENCE,   FASTI (Fédération des associations de solidarité avec les travailleurs immigrés),   FTCR (Fédération des Tunisiens pour une citoyenneté des deux rives),   GAIA Paris,   GISTI (Groupe d’information et de soutien des immigrés),   LA CASE DE SANTE (Centre de santé communautaire – Toulouse),   la LIGUE DES DROITS DE L’HOMME,   MEDECINS DU MONDE,   MFPF (Mouvement français pour le planning familial),   MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples),   RESEAU LOUIS GUILLOUX,   SIDA INFO SERVICE,   SOLIDARITE SIDA,   SOS HEPATITES) ; C/o Médecins du Monde 62 rue Marcadet 75018 PARIS

 2 « Réforme de la protection maladie universelle (PUMa). Vers une régression catastrophique pour la sécurité sociale des personnes étrangères », odse.eu.org, 17 mars 2016

3 Un récent décret (n° 2016-1456 du 28 octobre 2016) a même prévu que les personnes faisant valoir un droit au séjour pour des raisons médicales n’obtiendraient plus systématiquement un récépissé, ou au mieux tardivement.