Grand débat : non, tous les intellectuels français n’ont pas été conviés au Palais de L’Elysée

Bonjour

Tous ne viendront pas, tous ne seront pas là. C’est une information du Figaro (Arthur Berdah) : « Grand débat: Macron va recevoir une soixantaine d’intellectuels lundi à l’Élysée ». Où l’on apprend qu’Emmanuel Macron 1 « a convié des scientifiques, des économistes, des philosophes, ainsi que des spécialistes des sciences humaines et de l’environnement ». Et qu’il aurait « essuyé plusieurs refus ».

Nous sommes ici, on l’aura compris dans la phase finale de la dynamique du « Grand débat ».  « Après avoir déjà rencontré des élus, des Gilets Jaunes, des enseignants, des retraités, des chefs d’entreprises, des habitants des quartiers, des jeunes, des femmes … Emmanuel Macron va recevoir lundi 18 mars 2019 ‘’des universitaires et des intellectuels’’». Selon le Palais de l’Élysée, le chef de l’État considère qu’il est «important de valoriser la parole de personnes qui ont du recul sur le flux quotidien de l’actualité et une vision de l’avenir du pays». Et nous n’avons pas tous, chacun en conviendra, un tel potentiel de recul sur ce flux.

Selon Le Figaro une soixantaine de personnalités sont attendues. Auraient déjà confirmé leur présence : Philippe Aghion et Jean Pisani-Ferry, deux économistes proches d’Emmanuel Macron, ainsi que Daniel Cohen et Jean-Claude Casanova. Côté philosophes, Marcel Gauchet, Myriam Revault d’Allonnes, Monique Canto-Sperber, Michaël Fœssel, et Dominique Méda. Le climatologue Jean Jouzel est annoncé.

L’éthique dans le champ des sciences de la vie et de la santé

Toujours selon ce quotidien seront également présent au Château le prix Nobel de physique Serge Haroche, celui de physiologie Jules Hoffmann, sans oublier le mathématicien médaillé Fields et macroniste Cédric Villani. Le Chancelier de l’Institut de France Xavier Darcos est lui aussi attendu, de même que de nombreux sociologues dont Jean Viard, Michel Wieviorka, Bruno Latour et Louis Chauvel. Enfin, sur la liste, le patron de la Fondation Jean-Jaurès Gilles Finchelstein, l’historien Jacques Julliard, et le spécialiste de l’islam Gilles Kepel.

Plusieurs invités ont quant à eux décliné la proposition de l’Élysée et ce pour différentes raisons : le philosophe et académicien Alain Finkielkraut,  sa consœur Sylviane Agacinski ou encore l’économiste Frédéric Lordon.

Ceci posé (et au vu des informations distillées par Le Figaro)  comment ne pas être surpris, sinon stupéfait, de constater à quel point le corps médical sera absent de cette assemblée. Et plus encore, au-delà du corps médical hospitalo-universitaire, la notable sous-représentation de la recherche en génétique et en biologie. Et, au-delà encore, l’absence de toute personnalité incarnant la réflexion éthique dans le champ des sciences de la vie et de la santé.

Imagine-t-on, sous d’autres cieux, une réunion à ce point solennelle et signifiante en l’absence, par exemple, de Georges Duhamel, René Leriche, Henri Mondor, André Lwoff, Jacques Monod, Jean Bernard ou François Jacob ? Mais il est vrai que c’était avant –  qui, nous assure-t-on,  n’était en rien mieux qu’aujourd’hui.

A demain

@jynau

 

 

 

 

1 Rambaud P. « Emmanuel le Magnifique »  Editions Grasset.

 

Transhumanisme: le vrai-faux moratoire contre les futurs humains génétiquement modifiés

Bonjour

C’est une bien étrange tribune à lire dans Nature : « Adopt a moratorium on heritable genome editing » Auteurs : Eric Lander, Françoise Baylis, Feng Zhang, Emmanuelle Charpentier, Paul Berg « and specialists from seven countries call for an international governance framework » – un goupe de dix-huit biologistes et éthiciens de sept pays (Etats-Unis et Chine pour l’essentiel) 1.

Où l’on voit qu’officiellement  les signataires appellent à un « moratoire » sur l’utilisation clinique des nouvelles méthode d’édition/réédition  du génome sur des cellules germinales ou des embryons humains «pour produire des enfants génétiquement modifiés». On saisit d’emblée que cet appel fait suite à la récente et spectaculaire annonce, en novembre dernier, par le chercheur chinois He Jiankui, de la naissance de jumelles dont pù aurait modifié le génome afin de les rendre « protégées contre le VIH ». « Dans ce document de quatre pages, accompagné d’un éditorial, les experts exposent les raisons de leur demande et le cadre dans lequel CRISPR-cas9 devrait être utilisé, résume la Revue Médicale Suisse. Ils soulignent ne pas exclure pas définitivement l’utilisation de cette technique d’édition de génomes humains mais insistent sur le fait que toute transformation des cellules germinales exige que les conséquences à long terme aient été comprises, tant pour l’individu que pour l’espèce humaine. »

Un moratoire, en somme, pour mieux « ne pas exclure définitivement ». Orwell et sa novlangue rôdent et l’on ne peut pas ne pas songer à la conférence d’Asilomar organisée en 1975, déjà, par Paul Berg.

Il est désormais pleinement établi que le Chinois He Jiankui a transgressé toutes les recommandations en matière de modification du génome humain. «Non seulement il n’était pas en mesure de prouver qu’il pouvait maîtriser les conséquences de ces modifications sur la santé de ces enfants ni que celles-ci ne seront pas délétères par la suite, mais il n’avait en plus aucune autorisation pour le faire, souligne Catherine Bourgain (Cermes 3 – Génétique humaine et statistiques, recherche participative) membre du comité d’éthique de l’Inserm (elle a signé la tribune de Nature). En l’occurrence, la modification qu’il a réalisée n’est pas celle qu’il avait prévue à l’origine, il y a eu beaucoup d’incertitudes. Sans compter que l’intérêt d’un tel acte n’est pas du tout prouvé.»

« A moins que certaines conditions ne soient remplies »

Où l’on voit que si l’intérêt de l’acte devait être prouvé les condamnations de son auteur pourraient être aussitôt effacées. Une trentaine de pays, dont la France, interdisent déjà ce type de pratiques. «Ce n’est pas le cas aux États-Unis et en Chine, explique Catherine Bourgain au Figaro (Cécile Thibert). Par “moratoire mondial”, nous ne voulons pas dire interdiction permanente, précisent les signataires. Cela signifie plutôt que nous demandons la mise en place d’un cadre international dans lequel chaque pays, tout en conservant le droit de prendre ses propres décisions, s’engagerait volontairement à interdire l’utilisation de cellules germinales génétiquement modifiées à moins que certaines conditions ne soient remplies.»

Où l’on voit, enfin, que le moratoire ne vise pas les manipulations génétiques faites dans le cadre de recherches « tant qu’elles n’aboutissent pas à une naissance ». Et loin d’un interdiction définitive des humains génétiquement modifiés les auteurs réclament l’interdiction « temporaire » (cinq ans, par exemple) de ces modifications génétiques – sans oublier la mise en place d’une « institution internationale » dont l’objectif serait de vérifier la pertinence des décisions prises par les pays. «On touche à la création d’êtres humains, à la notion même d’humanité, fait valoir Catherine Bourgain. Cela pose des questions qui concernent tout le monde. Le débat doit avoir lieu de façon large et ouverte, pas seulement au sein de la communauté scientifique.»

« Les conséquences d’un acte sont incluses dans l’acte lui-même ». George Orwell est bel est bien parmi nous.

A demain

@jynau

1 Eric S. Lander is president and founding director of the Broad Institute of MIT and Harvard in Cambridge, Massachusetts, USA. Françoise Baylis is a university research professor, Dalhousie University, Halifax, Canada. Feng Zhang is a core member of the Broad Institute of MIT and Harvard. Emmanuelle Charpentier is founding and acting head of the Max Planck Unit for the Science of Pathogens in Berlin, Germany. Paul Berg is Robert W. and Vivian K. Cahill Emeritus Professor in the biochemistry department at Stanford University, Stanford, California, USA. Catherine Bourgain, Bärbel Friedrich, J. Keith Joung, Jinsong Li, David Liu, Luigi Naldini, Jing-Bao Nie, Renzong Qiu, Bettina Schoene-Seifert, Feng Shao, Sharon Terry,Wensheng Wei, Ernst-Ludwig Winnacker

Le trop maigre mea culpa de Michèle Rivasi, écologiste qui est «pour la vaccination»

Bonjour

Méchamment taclée il y a peu par Agnès Buzyn (Le Parisien), défendue ce matin par Yannick Jadot (RTL) la controversée Michèle Rivasi a finalement choisi de répondre via un communiqué de presse. « Depuis quelques semaines je suis caricaturée en militante anti vaccins, dit-elle. Ce qui s’apparente à une campagne calomnieuse, vise à disqualifier mon combat politique. Je ne peux laisser passer de telles attaques sans mot dire. »

C’est une profession de foi doublée d’un petit mea culpa. Mais d’abord une auto-présentation :

« Scientifique de formation, diplômée de l’Ecole Normale Supérieure et agrégée en biologie, fondatrice du premier laboratoire indépendant sur la radioactivité en France (la CRIIRAD), je rejette depuis toujours l’obscurantisme. J’avance sous le double drapeau de l’intérêt général et de la santé publique. Amiante, levothyrox, prothèses mammaires je me suis battue toute ma vie pour faire respecter la santé des gens et contre les mensonges des lobbies. Mon combat depuis toujours a été pour la transparence et l’information des citoyens. »

Ceci posé, sa réponse d’aujourd’hui « vise à rétablir la vérité et à rassurer celles et ceux qui ont pu être troublés ».

« J’écris pour terrasser l’hydre de la rumeur et du soupçon. Que les choses soient claires : je ne remets pas en cause l’utilité de la vaccination, et je sais ce que les vaccins ont apporté en termes de progrès sanitaires au 20ème siècle, de lutte contre la mortalité infantile… »

Et le mea culpa :

« J’ai malheureusement commis une erreur regrettable en invitant il y a deux  ans dans un débat M. Wakefield. Si c’était à refaire, je ne le referais pas : son étude dépubliée [sic] par The Lancet et son film ne m’ont pas convaincue. L’indigence des arguments avancés suffit à discréditer la thèse et l’auteur. »

Précisons. Mme Rivasi parle ici d’Andrew Wakefield, tristement connu à l’échelon international pour avoir volontairement commis une succession de fraudes majeures ayant eu pour conséquences de laisser croire à une relation de cause à effet entre le vaccin rougeole-oreillons-rubéole (vaccin ROR) et une invraisemblable « entérocolite autistique » (autistic enterocolitis).

Invitation malheureuse et inappropriée

Les « travaux » d’Andrew Wakefield furent publiés en 1998 dans The Lancet avant d’être contestés, décryptés, dénoncés. Puis une enquête d’un reporter du Sunday Times (Brian Deer) établit l’existence de conflits d’intérêts d’ordre financier. D’autres investigations furent menées qui conduisirent à la rétractation de la publication du Lancet en février 2010. Et à la mise au ban de la communauté médicale internationale de l’auteur.

Il reste donc à comprendre comment, sept ans plus tard (en février 2017), Mme Rivasi a jugé nécessaire d’inviter Andrew Wakefield à participer à un débat officiel au sein du Parlement européen. Violemment critiquée elle n’avait, alors, visiblement pas pris la mesure de l’ampleur de son erreur.  De ce point de vue les trois lignes de son communiqué de presse de ce jour ne sont pas, loin s’en faut, suffisantes pour lever les doutes qu’elle entretenait depuis deux ans sur ce sujet

« Cette invitation malheureuse et inappropriée a donné une occasion en or aux lobbies de la santé de m’attaquer directement ou indirectement ajoute-t-elle. Qu’ils sachent pour autant que je ne les crains pas et qu’on ne me fera pas taire. »

Il faudra, pour cela, qu’elle revienne avec tous les détails sur cette bien malheureuse invitation qui ruine toujours sa profession de foi :

« Je l’affirme donc haut et fort : je suis pour la vaccination ; pour la protection de la santé. C’est pour cette raison que je réclame depuis des années, et en ai parlé directement avec la ministre de la Santé, des études indépendantes sur les adjuvants (aluminiques notamment) utilisés dans les vaccins, sur l’effet cocktail des onze vaccins sur les nourrissons de moins de 18 mois) et une amélioration de la pharmacovigilance concernant les produits de santé. »

« Chacun doit comprendre que l’opacité crée le doute, conclut-elle. Chacun doit se convaincre que qui veut rétablir la confiance demande la clarté. » En est-elle pleinement convaincue ? Et quand fera-t-elle, concernant Wakefield, la pleine lumière ?

A demain

@jynau

Dignité : l’Etat français peut-il imposer de radiographier les os des mineurs étrangers ?

Bonjour

« Nous restons convaincus qu’on ne peut pas protéger les enfants en se fondant sur un risque avéré d’erreur médicale : cela disqualifie et la médecine et la protection de l’enfance. Cette décision parlementaire faisant fi délibérément du risque d’erreur important de ces tests pour cet usage est incompréhensible et irresponsable. Nous continuerons à agir pour que la pratique des tests radiologiques osseux dans ce cadre disparaisse. »

 C’était il y a, précisément, trois ans. Plusieurs institutions médicales montaient sur les barricades médiatiques. « Il est encore temps de restaurer toute sa noblesse au projet de loi de protection de l’enfance en renonçant à une procédure inopérante, stigmatisante, génératrice d’arbitraire, en un mot « contre-éthique », envers des jeunes qui appellent, non pas la suspicion, mais à notre protection, écrivaient les signataires dans Le Monde . Nous en appelons à la représentation nationale : il faut exclure tout recours à un examen médical, notamment aux tests d’âge osseux, pour établir l’âge civil des mineurs étrangers isolés. »

Le Parlement venait alors d’adopter définitivement la nouvelle proposition de loi relative à la protection de l’enfant. C’est un texte qui n’a guère fait gronder les foules. Il comprend différentes mesures destinées à améliorer le dispositif de protection de l’enfance – des mesures qui, dans l’ensemble, ont été  bien reçues par les milieux professionnels de la santé et de l’action sociale.

Mais ce texte inscrivait aussi dans la loi le possible usage des tests radiologiques osseux pour établir l’âge des mineurs isolés étrangers. François Hollande, son gouvernement et le Parlement n’ignoraient pourtant rien de l’absence totale de fiabilité de ces tests pour cet usage. Ils n’ignoraient rien non plus de la demande d’y renoncer définitivement, formulée par les plus hautes instances médicales, scientifiques, éthiques et des droits de l’enfant, maintes fois évoquée lors des débats parlementaires. Marisol Touraine, alors, était restée muette.

Obsolescence et dignité

L’Académie nationale de médecine, le Haut Comité de santé publique, le Comité national d’éthique avaient tous affirmé qu’un tel examen n’est nullement fiable pour établir l’âge civil d’une personne aux confins de l’enfance et de l’âge adulte – avec une marge d’erreur se situant entre dix-huit et vingt-quatre mois. De plus le détournement d’examens médicaux pour une finalité administrative, bien loin de protéger, risquait d’empêcher d’obtenir un droit au séjour, et constituait ce que les signataires de la tribune du Monde nommaient, avec raison, faute éthique.

Trois ans plus tard la question est solennellement posée : le recours aux tests osseux sur des mineurs étrangers isolés – pour déterminer leur âge – est-il conforme à la Constitution ? Une question à laquelle vont devoir répondre les membres du Conseil constitutionnel via une  question prioritaire de constitutionnalité (QPC) déjà évoquée sur ce blog.

Utilisés dans de nombreux pays européens pour déterminer l’âge des jeunes migrants lorsqu’un doute subsiste, ces tests de maturité osseuse sont très critiqués, notamment par les associations d’aide aux migrants, par certains médecins et professionnels de la justice, rappelle l’AFP. En cause : leur caractère obsolète – ils reposent sur des données statistiques collectées dans les années 1930-1940 sur une population américaine et bien portante – et leur marge d’erreur, d’au moins dix-huit mois pour les 16-18 ans, la tranche d’âge concernée.

Mais moins que d’obsolescence il s’agit bien de dignité. Il y a quelques jours les ONG Médecins du monde et le Secours catholique, ainsi que la Ligue des droits de l’homme, le Syndicat de la magistrature et la Cimade réclamaient l’interdiction de ces tests. Ils dénonçaient « l’absence de pertinence scientifique et éthique de ces tests et leur caractère attentatoire aux droits de l’enfant » et critiquent notamment « l’exposition d’enfants à des rayons irradiants, potentiellement dangereux pour la santé, sans aucune finalité thérapeutique ». Déontologie et dignitéon eût aimé que le Conseil de l’Ordre des médecins français ne soit pas, ici, muet.

A demain

@jynau

1 Il s’agissait de la « Société française pour la Santé de l’Adolescent « (SFSA), de la « Société française de pédiatrie » (SFP), du « Syndicat national des médecins de protection maternelle et infantile » (SNMPMI), de l’ « Association Nationale des Maisons des Adolescents » (ANMDA), de l’ « Association Française de Pédiatrie Ambulatoire » (AFPA) ainsi que de l’ONG « Pédiatres du monde »

 

PMA pour toutes ou pas ? Le Pr René Frydman est à nouveau très en colère, sur France Inter

Bonjour

On l’avait oublié, le revoici. Pour l’heure c’est sur France Inter (propos recueillis par Danièle Messager) . Où l’on retrouve le partenaire de Jacques Testart (Amandine, 1982) dénoncer le fait que la France ne fait plus la course en tête dans la compétition internationale de l’assistance médicale à la procréation. Selon lui  elle n’apparaîtrait  même plus dans les grandes revues scientifiques, distancée qu’elle serait loin derrière les pays anglo-saxons. Une forme de déchéance et de perte de chances par rapport à l’époque où il occupait, dans ec domaine, une place enviable à l’hôpital Antoine-Béclère de Clamart.

Le Pr Frydman prend la parole au lendemain des « Journées de gynécologie » organisée par le service dirigé, à l’Hôpital Foch, par le Pr Jean-Marc Ayoubi. Et il en vient à s’interroger : à quoi servirait « d’ouvrir la PMA à toutes les femmes » (précision : il y est favorable) au vu de la médiocrité des résultats français ? Où l’on observe le maniement médiatique du paradoxe médical dans un contexte politique donné.  Il indique que le « taux de réussite », en France, de la PMA est en moyenne à peine de 30%. Et d’ajouter (toujours selon France Inter) qu’il est aux États-Unis ou même (sic) en Espagne de  plus du double.

Et le Pr René Frydman de s’interroger : « Étendre les choses, alors qu’on n’a pas des résultats à la hauteur des espérances, y a quelque chose qui ne va pas, donc si c’est pour étendre pour un mauvais résultat et des échecs en permanence, on peut se poser la question ».

« Croiser les doigts »

Et l’un des « pères d’Amandine » de revenir et d’actualiser ses anciens combats. Dénoncer, par exemple, l’interdiction qui est faite, en France, d’établir un « diagnostic génétique » sur un embryon conçu par fécondation in vitro :

« La majorité des fausses couches sont des anomalies chromosomiques, explique René Frydman. Donc à quoi ça sert de remettre un embryon qui a une anomalie chromosomique qui fait qu’il ne va pas se développer.

«Toute femme enceinte peut faire une analyse chromosomique par une prise de sang au 3e mois, mais on ne peut pas le faire à l’embryon, alors que les femmes rament, elles font un parcours du combattant, et qu’on pourrait éviter un certain nombre de choses inutiles. On est la seule médecine qui croise les doigts en ayant fait le transfert d’embryon en espérant que ça prenne »

Une médecine française qui « croise les doigts » avec l’espérance que « ça prenne » ? Le Pr René Frydman avait, il y a un quart de siècle et contre Jacques Testart, su se faire entendre de Simone Veil (alors ministre des Affaires sociales, de la Santé et de la Ville) pour que la pratique du diagnostic pré-implantatoire soit autorisée en France. Sera-t-il, demain, entendu par Agnès Buzyn – puisqu’il semble désormais bel et bien acquis que cette dernière n’aurait finalement pas été retenue par le président de la République pour porter le drapeau de la République en Marche sur les terres européennes.

A demain

@jynau

Rembourser ou pas la «PMA pour toutes»? Agnès Buzyn est dans un très grand embarras

Bonjour

Sous-jacente à la question de la « PMA pour toutes », celle de sa prise en charge par la collectivité. A quel titre rembourser un geste qui ne serait plus thérapeutique ? C’est sur ce sujet, essentiel, qu’était interrogée Agnès Buzyn sur France Info, le 8 mars 2019. Une ministre des Solidarités et de la Santé en grande difficulté mais qui l’affirme : la proposition de loi de révision de la loi de bioéthique sera présentée en conseil des ministres « avant les vacances d’été » 1. Et ensuite ? C’est plus compliqué.

-Ce projet de loi est très sensible. Est-ce que la question du remboursement par la sécurité sociale de tous les actes liés à la PMA est tranchée ? Est-ce que ce sera ou pas dans le projet de loi ?

Aujourd’hui aucune des mesures n’est tranchée. Elles sont actuellement …

-Vous y êtes favorable ou pas ?

Heuh… Il y a des .. Je pense que … Il faut que les droits puissent s’exercer pour les femmes. Aujourd’hui les femmes qui en ont les moyens peuvent déjà aller faire une PMA en Belgique ou en Espagne. Donc si on veut que les droits soit réels, il faut probablement permettre un remboursement. Es-ce que c’est pour toutes les femmes … ? Tout cela est en train d’être discuté (….)

Ce que je veux dire c’est que si l’on veut que les femmes puissent vraiment bénéficier de cette aide à la procréation médicalement assistée et que l’on veut que leurs droits s’exercent réellement il faudra accompagner certaines femmes qui n’ont pas les moyens d’aller le faire ailleurs. C’est assez cher de le faire en Belgique ou en Espagne. Voilà. C’est en discussion. Je ne veux pas m’avancer sur ce point.

Autre question , nettement moins embarrassante pour la ministre, concernant la suppression de la clause de conscience pour les médecins dans le cadre de la pratique de l’IVG : elle est contre.

A demain

@jynau

1 Le même jour Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat à l’égalité femmes-hommes, avait déclaré : « La parole qui compte est celle du président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand. C’est lui qui a la main sur le calendrier parlementaire et il a déclaré que la PMA pour toutes serait mise à l’agenda avant cet été. Il tiendra cet engagement du président de la République ».

Politique: le dernier éclat de Marlène Schiappa dans la polémique éthique sur la PMA

Bonjour

Qui dit quoi au sein du gouvernement ? Qui décide quoi à l’Assemblée nationale ? Promesse de campagne d’Emmanuel Macron l’ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) à « toutes les femmes », ne cesse de faire polémique.

Rappel : à  l’automne 2018, le gouvernement avait décidé de reporter à l’été l’examen du texte devant l’Assemblée nationale, alors qu’il devait initialement être présenté d’ici à la fin d’année 2018. Puis le 22 janvier, la ministre des Solidarités et de la Santé, Agnès Buzyn, avait annoncé que le texte serait déposé « en juin » en conseil des ministres. Et le 4 mars, Marc Fesneau, le ministre chargé des relations avec le Parlement, a fixé « un horizon de douze mois » pour une adoption définitive de l’extension de la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de femmes et aux femmes seules.

Tout ceci avait été très mal vécu (euphémisme) par celles et ceux pour qui se nouveau droit est un priorité – et notamment les associations LGBT (lesbiennes, gays, bisexuelles et transgenres).

Or voici que dans un entretien au Parisien de ce vendredi 8 mars, Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat à l’égalité femmes-hommes, affirme que les débats sur l’extension de la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules ne sera pas repoussée.

« La parole qui compte est celle du président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand. C’est lui qui a la main sur le calendrier parlementaire et il a déclaré que la PMA pour toutes serait mise à l’agenda avant cet été. Il tiendra cet engagement du président de la République. »

Interrogée ce 8 mars sur France Info Agnès Buzyn, visiblement embarrassée, a expliqué que Marlène Schiappa n’avait sans doute pas dit ce que l’on avait cru comprendre qu’elle avait dit.

A demain

@jynau