Résurgence de l’étrange : un bateau fantôme vient de s’échouer sur les côtes de l’Irlande

Bonjour

Rien à voir, certes, avec le Diamond Princess contaminé par le Covid-19. Quoique. C’est l’une des conséquences de la tempête Dennis qui, mi-février, a affolé le nord-ouest de l’Europe. Nous parlons ici de l’inhumaine odyssée solitaire du MV Alta. Le « bateau fantôme apparemment destiné à ne jamais faire escale », résume le quotidien britannique The Guardian. Un fantôme finalement échoué, dimanche 16 février, sur les côtes rocailleuses aux abords du petit village de pêcheurs de Ballycotton, dans le sud-est de l’Irlande. Une pépite pour les méta-journalistes spécialisés dans les revues de presse.

Il s’agit ici d’un cargo tanzanien de 77 mètres abandonné par son équipage. Il aurait dérivé dans l’Atlantique pendant près de dix-huit mois, longeant le continent américain, l’Afrique et l’Europe, « rouillé mais à flot ». Les autorités irlandaises s’interrogent désormais sur le devenir de l’épave, ainsi que sur un éventuel risque de pollution. Les médias, eux, se sont penchés sur son mystérieux périple qui s’est achevé en mer Celtique.

Monstres et Fantômes

Parti de Grèce le cargo cinglait vers Haïti quand il a souffert d’une avarie, raconte The Irish Times. « Il dérivait déjà depuis près de vingt jours lorsque l’équipage a demandé de l’aide, après que ses réserves de nourriture et d’eau ont commencé à manquer. » Les dix hommes à bord ont été secourus par les garde-côtes américains, à environ 2 220 kilomètres au sud-est des Bermudes, puis emmenés à Porto Rico. Nous étions alors en …. octobre 2018.

En août 2019, le MV Alta  est repéré par un navire de patrouille de la Royal Navy dans l’Atlantique, au large de l’Afrique, apparemment sans équipage. « Nous nous sommes rapprochés du navire pour prendre contact et offrir notre aide, mais personne n’a répondu ! Tant que l’enquête se poursuit, nous ne pouvons pas vous donner plus de détails sur cet étrange événement », écrivent alors aux équipes à terre les membres du HMS Protector  – aujourd’hui cités par The Irish Examiner. Et le MV Alta aurait continué à dériver de l’Afrique vers l’Irlande, en passant par l’Espagne.

Comment, ici, ne pas rêver à la légende du bateau qui continue de voguer sans fin débarrassé de son équipage humain ? A commencer par  Le Hollandais volant  ? Ou le célébrissime Mary Celeste. Sans oublier le pétrolier Jian Seng retrouvé en 2006 au large du Queensland, en Australie. Nous sommes là aux antipodes des paquebots croisières, comme le Diamond Princess, ces monstres qui croisent, sans jamais les voir, les fantômes des mers.

A demain @jynau

Coronavirus et quarantaine : mais pourquoi la foudre est-elle tombée sur Carry-le-Rouet ?

Bonjour

Promis, programmé, juré : ce serait une quarantaine « agréable et conviviale ». Il n’est pas dit que tout ira comme Agnès Buzyn l’avait envisagé. Alors que l’avion militaire rapatriant plus de deux cents français va se poser sur la base d’Istre les rédactions ont dépêchés leurs équipes devant le centre pour vacanciers de la petite commune de Carry-le-Rouet (Carri lo Roet en occitan selon la norme classique, Càrri lou Rouet en provençal selon la norme mistralienne).

Nous sommes là entre Marseille, Martigues et l’étang de Berre. Et la France entière va découvrir cette « station balnéaire très fréquentée en été, port de plaisance, plages, criques abritées, nombreuses activités nautiques et sportives. » La mise en quarantaine (14 jours) des « Français de Wuhan » » a, comme on pouvait aisément le prévoir, d’ores et déjà suscité de nombreuses réactions. De ce point de vue on assiste là à un phénomène qui pourrait être, pour demain, riche d’enseignement quant la la gestion politique et sanitaire de l’épidémie.

C’est pourquoi il faut ici lire et analyser le reportage livré par l’AFP et repris par de nombreux médias :

 « ‘’Pourquoi nous ? » Dans la petite station balnéaire de Carry-le-Rouet, sur la Côte bleue, près de Marseille, les habitants s’étonnent de devoir accueillir quelque 200 Français rapatriés de Wuhan, épicentre de l’épidémie de coronavirus. Au pied du vaste centre de vacances dans lequel ces Français rapatriés de Chine vont passer 14 jours confinés à partir de la mi-journée, dans une pinède de 3,5 hectares accessible par une étroite impasse, plusieurs gendarmes surveillent déjà le portail. Sur le parking de la résidence, derrière la grille, quatre véhicules de gendarmerie et quatre véhicules de la sécurité civile sont visibles. Peu avant 9h du matin, un impressionnant déploiement de CRS a été constaté sur les lieux de la résidence qui devrait être totalement inaccessible aux badauds et aux médias lors de l’arrivée des rapatriés de Wuhan. Le vol est attendu vers 12h30 à Istres (Bouches-du-Rhône).

 « A quelques kilomètres de là, dans le centre-ville, au petit matin, les commerçants de Carry-le-Rouet, petite ville de 5.800 habitants à une trentaine de kilomètres de Marseille, ont encore du mal à y croire. 
« Je suis très étonné, pourquoi nous, il y a plein d’autres endroits », s’étonne Frédéric Vernet, boucher. « Pas inquiet » pour sa santé, le quadragénaire n’a cependant pas pris de précaution particulière et ne veut surtout pas « tomber dans la psychose« . Mais ce qui l’inquiète le plus, ce sont « les affaires« . La ville s’apprête en effet à célébrer les « oursinades », une fête populaire au cours de laquelle la commune, pendant un mois, se déclare capitale des oursins qui seront dégustés sans modération. « J’ai bien peur que cette nouvelle nous cause du tort, c’est pas du tout une bonne pub« , craint Frédéric Vernet derrière son étal, craignant que des gens mal informés annulent leur visite. Quant aux rapatriés de Wuhan, il les « plaint », certes: « Mais ils seront bien logés, c’est un beau lieu de vacances, c’est mieux qu’un gymnase, c’est le paradis ».

« Un virus ça se propage et ça mute »

« L’hôtel d’à côté n’a pas enregistré d’annulation. Au contraire, il a récupéré quatre clients qui devaient séjourner dans la résidence réquisitionnée par les autorités. « On va voir comment ça évolue, mais il ne faut pas céder à la panique« , témoigne le gérant Julien Carraretto, qui a reçu de nombreux coups de fils et SMS de proches l’invitant à rester prudent. « Tout va bien s’ils ne sortent pas du lieu de confinement, mais je crains que 14 jours ce soit long et qu’ils ne respectent pas ces consignes« , s’interroge Elisabeth, infirmière à la retraite. « Un virus ça se propage et ça mute. C’est sûr qu’on est plus exposés que le reste des Français« , angoisse la vieille femme qui a appris « stupéfaite » la nouvelle la veille au soir.

« Lors d’une conférence de presse jeudi en fin de journée, le préfet des Bouches-du-Rhône Pierre Dartout avait tenu à rassurer par avance sur les risques de propagation du virus: les rapatriés de Wuhan « 
pourront sortir dehors, dans l’enceinte du centre, mais ils prendront les équipements nécessaires pour se protéger et protéger les autres, par exemple des masques ». Et il leur sera bien sûr interdit de quitter le périmètre du site: ils devront signer « un engagement » à respecter la quarantaine, a insisté Pierre Dartout, après avoir précisé que les résidents seraient répartis « par familles, dans des chambres distinctes« . Quant au maire, même s’il regrette d’avoir été informé « par la presse » du choix de sa ville avant de l’être par le gouvernement, il s’est toutefois voulu rassurant: « Je n’ai pas d’inquiétude car même s’il y avait quelqu’un qui soit contaminé et qu’on le sache pas, ils seront confinés dans un endroit inaccessible ou presque« . »

Dans les jours qui viennent les journalistes positionnés à Carry-le-Rouet vont devoir « meubler ». La France découvrira ainsi, hasard ou fatalité, que Carry-le-Rouet paraît avoir attiré les hommes depuis les temps les plus reculés de la préhistoire  méditerranéenne. Non loin de la quarantaine les « abris sous roche » du Rouet ont hébergé des populations nomades il y a environ 20 000 ans, lors des dernières glaciations.

La commune de Carry se souvient aussi d’un débarquement anglais en 1805, puis de son désenclavement un siècle plus tard grâce à ligne de chemin de fer Miramas-Marseille, et de l’arrivée de l’électricité prélude aux « zones résidentielles ». La France découvrira aussi que Fernandel y possédait une villa – et que Nina Simone a vécu ici les dernières années de sa vie.

A demain @jynau

Noël 2019. Haro moral sur les foies gras, insémination artificielle de la femelle panda

Bonjour

Noël et sa crèche. Jésus, Marie, Joseph, le bœuf (qui aurait réchauffé le nouveau-né de son souffle), l’âne (qui a transporté Marie enceinte) et les agneaux des fidèles bergers, premiers informés par les anges.

Noël 2019 dans une France où l’animal (sa place, ses perceptions, son statut) soulève chaque jour de nouvelles questions – à commencer par celle de sa consommation. L’affaire est traitée aujourd’hui dans un « Libé des animaux ». Editorial de Matthieu Ecoiffier :

« Notre événement s’ouvre sur ces «maîtres» qui (mal) traitent leurs animaux de compagnie en les considérant comme des mini-humains. Et propose un petit guide pour éviter de tomber dans la «décanisation» de son chien. Une maltraitance plus light, certes, mais une forme de violence. A l’autre extrémité du spectre, notre enquête met en lumière les dérives de la recherche agronomique qui usine des animaux d’élevage génétiquement modifiés. Jusqu’à créer des porcs ou des poulets qui ne tiennent plus debout.

Face à ces monstruosités, une prise de conscience a lieu, aussi via les réseaux et les vidéos. En mars, le Parti animaliste compte se faire entendre aux municipales. Et nombreux sont ceux qui interrogent leurs propres pratiques. Comme le patron du zoo de Montaigu-la-Brisette. A quoi servent les répliques de grenouilles rares qu’un savant, au milieu des Andes, recrée dans son labo ? Qu’est-ce que pensent les dindes à Noël ? Il n’est pas, en la matière, de réponse toute faite, mais se le demander, c’est déjà sortir de l’illusion anthropocentrique. Car le porc, c’est moi. Les porcs, c’est nous. »

Noël 2019. L’Agence France Presse nous apprend que Huan Huan, la célébrissime femelle panda prêtée à la France par la Chine au Zoo de Beauval (Loir-et-Cher), a été inséminée artificiellement. Cela s’est passé dans la soirée du lundi 23 décembre soir. Une opération décidée après cinq « mises en contact » (sic) manquées avec le mâle Yuan Zi. Une autre insémination pourrait être pratiquée afin de « multiplier les chances » d’obtenir une grossesse, a précisé le chef vétérinaire du zoo, Baptiste Mulot.

Le Monde nous rappelle que le 4 août 2017, Huan Huan (désormais âgée de 11 ans) avait donné naissance à Yuan Meng, premier panda né en France (baptisé par Brigitte Macron) était (déjà) le fruit d’une insémination artificielle. Le jeune mâle, qui doit s’installer en Chine en 2020, a été séparé de sa mère en septembre. Le sevrage et l’indépendance de son premier enfant permettaient à Huan Huan d’être prête pour une nouvelle gestation.

 « Les chaleurs peuvent avoir lieu toute l’année, mais c’est préférentiellement en février et mars. Là, les soigneurs ont constaté des changements dans son comportement , a expliqué M. Mulot. Nous avons procédé à cinq mises en contact, mais il n’y a pas eu d’accouplement réussi. Le mâle manquait d’expérience et n’a pas réussi ». Il faut ici savoir que la période de fertilité ne durant que 48 heures. C’est ainsi que dans le Loir-et-Cher l’équipe du zoo, épaulée par un scientifique chinois, a décidé de procéder à une insémination artificielle. Yuan Zi a été endormi quarante-cinq minutes pour un prélèvement de sperme, avant que Huan Huan ne soit anesthésiée trente minutes pour l’insémination. « Ils se sont réveillés normalement. A priori, cela ne les a pas perturbés », a assuré M. Mulot ; 50 % de chances de succès.

La réussite de l’insémination pratiquée dans la nuit de lundi à mardi ne pourra être évaluée que dans quelques mois : les femelles pandas ont en effet la faculté (rarissime dans le règne animal) d’arrêter le développement du fœtus si elles estiment que la période est « peu favorable ». L’homme parle ici de « diapause ».

Noël 2019. Le Parisien (Émilie Torgemen) se consacre au foie gras (de canard et/ou d’oie). Question : peut-on encore manger un aliment dont l’obtention est jugé barbare par les défenseurs des animaux ? Un délice gustatif qui va bientôt être interdit à New York ? « Entre le gastronome qui se fait une joie de préparer chaque année son foie gras à l’armagnac, et l’ado qui refuse catégoriquement d’en avaler la moindre bouchée, il y a tout un nuancier de Français qui culpabilisent désormais en dégustant leur toast » peut-on lire dans Le Parisien. Qui ajoute toutefois que selon un sondage commandé par le Comité interprofessionnel du foie gras (Cifog), près de huit Français sur dix (77 %) prévoient d’en manger (en terrine ou poêlé) pendant les fêtes.

Il faut toutefois compter avec la publication, le 11 décembre, d’une vidéo sur les maltraitances subies par les canards à gaver. « Diffusées par l’association de défense des animaux L214, les images indigestes ont été tournées au domaine de la Peyrousse, en Dordogne dont le foie gras a reçu la médaille d’or au concours général agricole cette année, ne craint pas d’écrire Le Parisien. On y voit notamment des canetons femelles abandonnés dans une benne jusqu’à ce que mort s’ensuive parce qu’on ne conserve que les mâles au foie plus gros et moins innervés. Les tuer est légal à condition de les broyer ou de les gazer immédiatement. L’association a porté plainte pour cette infraction et réclame des « sanctions exemplaires ».

« Les membres de L214 sont des marchands de peur, leur stratégie, c’est le sensationnalisme et la théâtralisation pour interdire l’élevage ! » défend la directrice du Cifog, Marie-Pierre Pé, qui met en cause la véracité des images d’oisons agonisant dans les bacs équarrissage. Il n’en reste pas moins vrai que vingt pays de l’Union européenne ont interdit le « gavage-stéatose » – ainsi que la Flandre et la région de Bruxelles. Seuls quatre le pratiquent encore : France, Espagne, Hongrie, Bulgarie – sans oublier la Wallonie.

Marie-Pierre Pé : « Il ne faut pas tout mélanger, les canards ne sont pas des humains, ils ne souffrent pas quand on les gave, leur gosier est extensible comme des bas en nylon (sic). Les dirigeants de L214 sont des pros de la communication qui font semblant d’ignorer que le sort des canards s’est bien amélioré depuis trente ans. »

Noël 2019. On lira, dans Libé (Catherine Calvet) le dérangeant entretien  avec l’éthologue Fabienne Delfour 1 : «Tous les animaux s’expriment, ont des émotions et même des jugements moraux». Est-ce dire que les animaux jugeraient les humains qui, après une halte devant la crèche, consomment des foies de volatiles gavés ?

A demain @jynau

1 Fabienne Delfour Que pensent les dindes de Noël ? Oser se mettre à la place de l’animal Tana, 252 pp., 18,90 €.

Autisme : une goutte de sang et des dilutions homéopathiques. Est-ce du charlatanisme ?

Bonjour

Le Dr G., spécialiste de pédiatrie à Fréjus (Var), savait-il à quoi il s’exposait ? Il vient d’être condamné par la section disciplinaire de l’Ordre des médecins de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur : « une sanction d’interdiction d’exercer les fonctions de médecin pendant une durée de trois mois, prenant effet le 1er février 2020 et assortie d’un sursis de deux mois ».

Le Dr G. était poursuivi par le conseil national de l’Ordre des médecins (CNOM), qui avait porté plainte en janvier 2018, estimant que le Dr G. enfreignait le code de déontologie médicale. Et ce « faisant la promotion d’un traitement homéopathique de l’autisme et en ayant une attitude (…) hostile à la vaccination ». L’AFP nous précise que le CNOM, dans sa sagesse, avait dans un premier temps demandé au conseil départemental du Var de l’Ordre des médecins de contacter le médecin pour « débattre avec lui » des thérapeutiques  qu’il pouvait proposer.

Or l’instance départementale avait estimé que la pratique professionnelle de ce médecin était « exempte de reproches ». Aussi L’Ordre national avait alors décidé de porter plainte directement contre lui. Il n’est en effet pas rare d’observer des divergences d’appréciation entre le sommet national et la base départementale de l’institution ordinale. Les territoires ont des raisons que la raison parisienne ne peut qu’ignorer.

 « Pollution par les vaccins souvent chargés en aluminium » 

Le CNOM s’appuie ainsi sur les articles du code de déontologie médicale qui précisent qu’un médecin s’engage à assurer des soins « fondés sur les données acquises de la science » et qu’il ne peut proposer au patient « comme salutaire ou sans danger un remède ou un procédé illusoire ou insuffisamment éprouvé » – interdiction du charlatanisme 1.

Or, ajoute l’AFP, dans un « protocole thérapeutique » publié sur internet 2 en février 2016, le Dr G. estime notamment que l’autisme est la « conséquence de la pollution qui envahit notre planète », y incluant la « pollution par les vaccins souvent chargés en aluminium » à côté de la « pollution par l’oxyde de carbone », « par des métaux lourds » ou encore par certaines bactéries.

Et l’AFP d’ajouter que le Dr G. est membre du conseil d’administration du Syndicat national des médecins homéopathes français et qu’il propose un traitement à base d’une goutte de sang du malade diluée et de produits homéopathiques dont « des dilutions homéopathiques de vaccin » 2 « De telles indications et thérapeutiques ne correspondent pas aux données acquises de la science » et « manquent de prudence en ne faisant pas état des débats existants sur l’efficacité de tels traitements », estime la chambre disciplinaire de l’Ordre régional des médecins.

On attend, désormais, de savoir si praticien et/ou le CNOM feront appel de cette décision. Ce qui aiderait à préciser les frontières françaises actuelles des concepts de charlatan et de charlatanisme.

A demain @jynau


1 Article 39 (article R.4127-39 du code de la santé publique) : « Les médecins ne peuvent proposer aux malades ou à leur entourage comme salutaire ou sans danger un remède ou un procédé illusoire ou insuffisamment éprouvé. Toute pratique de charlatanisme est interdite. »

Charlatanisme : subst. masc.Art d’exploiter la crédulité d’autrui érigé en système. Le charlatanisme à côté du mérite est comme le zéro à la droite d’un chiffre et décuple sa valeur (Stendhal, Lucien Leuwen, t. 3, 1836, p. 228)

2 Toujours disponible sur internet : « Traitement homéopathique pour l’autisme : Chlorum et les autres… » : « Des recherches menées en neurophysiologie ont montré que le cerveau des enfants autistes présentait un niveau de chlore trop élevé. Des essais de traitement par des diurétiques éliminant le chlore ont mis en évidence des effets positifs sur l’éveil et le comportement des patients traités, mais ces produits provoquent des effets secondaires. Nous avons donc eu l’idée de traiter les enfants autistes par des doses homéopathiques de chlore pour réduire l’excès de chlore et obtenir des améliorations sans effet secondaire.

« Depuis deux ans, plusieurs enfants ont reçu Chlorum 9 CH : cinq granules une fois par semaine pendant un mois, puis 12 CH une fois par semaine pendant le deuxième mois, puis 15 CH dans les mêmes proportions le troisième mois et 30 CH le quatrième mois. Les premiers résultats sont remarquables avec un certain éveil à la réalité, une qualité de contact jamais obtenue avant, une communication bien meilleure. Sur vingt dossiers étudiés, sept enfants semblent ne plus présenter de trouble du spectre autistique au bout d’un an de traitement. »

Après « Les Possédées » de Loudun, les étranges liasses de billets d’un village anglais

Bonjour

Dans la préface à ses « Possédées de Loudun » Michel de Certeau (1925-1986), prêtre jésuite, philosophe, théologien et historien a ces mots :

 « D’habitude l’étrange circule discrètement sous nos rues. Mais il suffit d’une crise pour que, de toutes parts, comme enflé par la crue, il remonte du sous-sol, soulève les couvercles qui fermaient les égouts et envahisse les caves, puis les villes. Que le nocturne débouche brutalement au grand jour, le fait surprend chaque fois ? Il révèle pourtant une existence d’en dessous, une résistance interne jamais réduite. Cette force à l’affût s’insinue dans les tensions de la société qu’elle menace. » 

L’un des apports principaux des travaux de Michel de Certeau se situe au niveau des pratiques culturelles qu’il relève dans la société contemporaine. Aux antipodes de Michel Foucault il récuse la thèse selon laquelle les individus sont des êtres passifs et dépossédés – les masses ne sont pas un tout homogène. Il existe en leur sein des fonctions créatives, cachée dans un ensemble de pratiques quotidiennes – aux antipodes de ceux qui sont au pouvoir ou aspirant à y accéder. D’où, parfois, l’émergence de l’étrange – dont le pouvoir devrait se méfier mais face auquel il est radicalement démuni.

Croire en l’existence d’un «bon Samaritain»

Où l’on en vient à mystérieuse apparition de liasses de billets de banque dans les rues d’un ancien village minier du nord-est de l’Angleterre – phénomène qui plonge les habitants et la police dans la perplexité. Le mystère nous est rapporté par l’AFP.  A treize reprises depuis 2014, les habitants ont trouvé dans le village de Blackhall Colliery, souvent sur le trottoir, des liasses de billets de 20£ (23 euros) totalisant pour la plupart 2000£ chacune.

 «Ces liasses ont chaque fois été laissées à la vue de tous, par exemple sur le trottoir, et retrouvées par des habitants qui les ont remises» à la police, a expliqué l’enquêteur John Forster, de la police de Durham, en rendant hommage au sens civique des villageois. La trouvaille la plus récente, lundi dernier, était déjà la 4ème de l’année, a-t-il précisé dans un communiqué, évoquant l’existence d’un «bon Samaritain» (sic). 

Des villageois interrogés par le quotidien The Guardian spéculent quant à eux sur l’existence d’un «millionnaire caché» ou encore d’un «Père Noël de Blackhall». «C’est peut-être quelqu’un qui essaie d’aider -un lutin du Père Noël, j’espère que c’est ça», a déclaré un habitant.  Comme de nombreux villages miniers, Blackhall Colliery a traversé une passe difficile après la fermeture des mines dans les années 1980.

Le village est aussi connu au Royaume-Uni comme lieu de tournage, sur sa plage, d’une scène du film Get Carter, avec Michael Caine, l’histoire d’un gangster peu scrupuleux qui collecte les dettes non payées des prêteurs sur gages de Las Vegas.

« D’habitude l’étrange circule discrètement sous nos rues….. »

A demain @jynau

Vaccins, ondes, wifi et homéopathie: est-il encore possible de débattre avec Michèle Rivasi ?

Bonjour

A verser au dossier Rivasi Michèle. C’est un exercice original que vient de réaliser Le Point (Thomas Mahler et Géraldine Woessner) : organiser un entretien avec une eurodéputée Europe Écologie-Les Verts, une élue qui s’estime victime d’une « campagne de déstabilisation » de la part … du Point. Et ce depuis le mois de juin et un dossier de l’hebdomadaire : « Écologie : vérités et fariboles »  qui présentait les positions de Michèle Rivasi – numéro deux de la liste Europe Écologie-Les Verts (EELV) aux élections européennes et agrégée de sciences naturelles – « contre les vaccins, pour l’homéopathie et contre les ondes électromagnétiques ».  soit trois oppositions à des consensus scientifiques. Dans son éditorial, le directeur du Point Étienne Gernelle écrivait, à propos de l’eurodéputée, que «  certaines positions semblent tenir plus du champignon hallucinogène que de la science. Sa posture complotiste contre les vaccins, derrière lesquels elle voit la main des laboratoires, et ses convictions sur la nocivité des ondes, qui vont bien au-delà des faits pour l’instant établis, sont ahurissantes ».

Réplique. Sur le site de Politis Michèle Rivasi évoqua une « campagne calomnieuse » en raison de « son combat contre les lobbys ». « Alors qu’elle nous réclamait, par avocats interposés, un droit de réponse, nous lui avons proposé à la place un grand entretien, estimant que le débat était toujours plus fécond, précise l’hebdomadaire. La rencontre s’est faite dans l’antenne parisienne du Parlement européen. De notre point de vue, ce fut courtois, pour ne pas dire sympathique sur le plan humain, mais scientifiquement totalement surréaliste. Michèle Rivasi a présenté sa position sur les vaccins et, après un semblant de mea culpa, a défendu les ‘’travaux’’ d’Andrew Wakefield, chef de file des anti-vaccins mis au ban de la communauté scientifique. Elle a aussi maintenu ses positions sur l’homéopathie, ravivant la fumeuse mémoire de l’eau de Jacques Benveniste. » Extraits.

I Vaccins.

Michèle Rivasi est-elle ou non « antivaccins » quand elle déclare : « Aujourd’hui, les vaccins créent plus de problèmes qu’ils n’en résolvent » ? Que répond-elle à Agnès Buzyn qui l’accuse de diffuser des « fake news » ?

« C’est une phrase sortie de son contexte. Je rencontrais une délégation des pays d’Afrique, Caraïbes et Pacifique (ACP). On me disait que pour résoudre les problèmes de santé en Afrique, il faut des vaccins. J’ai répondu que, parfois, la vaccination ne résout pas tous les problèmes ; qu’il faut plutôt réfléchir à des dispensaires, à assainir la qualité de l’eau… Cette phrase ne doit ainsi pas être généralisée.

« Il y a deux ans, Mme Buzyn m’avait convoquée au ministère de la Santé, à propos de l’obligation vaccinale. Je lui ai dit que je préférais des recommandations à l’obligation, comme ce qui se fait dans beaucoup de pays européens. Je l’avais avertie que l’obligation vaccinale allait faire monter le nombre des antivaccins… Mon objectif en matière de politique vaccinale, ce n’est pas de contraindre, mais de convaincre en restaurant la confiance (…) La perte de confiance est pour moi liée aux scandales, comme la campagne vaccinale contre l’hépatite B et la grippe H1N1 et les 90 millions de doses commandées. Il y a aussi une épidémie de conflits d’intérêts. Les experts ne doivent pas être payés par les laboratoires. Il faut aussi qu’on évalue le rapport bénéfices-risques pour chaque vaccin et que l’on fasse plus de pédagogie plutôt que de l’imposer en infantilisant l’usager. Pour retrouver la confiance, je réclame également une meilleure vaccinovigilance, des études indépendantes sur les adjuvants en aluminium et la multivaccination chez le nourrisson de moins de 18 mois. Ne risque-t-on pas, en vaccinant trop tôt, de fragiliser le système immunitaire des enfants ? En Allemagne, suite à une étude épidémiologique, l’hexavalent a été retiré du marché. En quoi mon discours est-il alarmiste ? »

Pourquoi a-t-elle déclaré qu’il existait un lien de causalité entre le vaccin contre l’hépatite B et la sclérose en plaques ?

« Non ! Sous le gouvernement de Lionel Jospin  j’étais députée à l’Assemblée nationale. Bernard Kouchner avait demandé qu’on ne vaccine plus les adolescents au niveau du collège, suite à la campagne vaccinale menée par Philippe Douste-Blazy au milieu des années 1990. Le directeur général de la Santé, Lucien Abenhaïm, m’a dit en 1999 qu’il n’y a à l’heure actuelle pas d’élément de preuves entre le vaccin contre l’hépatite B et la sclérose en plaques, mais qu’il avait deux infirmières qui, après vaccination et rappel, ont déclaré une sclérose en plaques. Il m’a confié être menacé si jamais il évoquait ce lien de causalité…

« Certes, établir un lien de causalité direct est très difficile à faire. En l’espèce, il n’y a que des présomptions de preuves. Saisie en 2015, la Cour de cassation décide alors de surseoir à statuer et de renvoyer une série de questions préjudicielles à la Cour de justice de l’Union européenne. Celle-ci a ouvert la voie en 2017 à des indemnisations dans des procédures entre malades et fabricants de vaccins. L’affaire peut être résumée ainsi : en l’absence de consensus scientifique quant à une relation de causalité, la «  proximité temporelle » entre l’administration d’un vaccin et la survenance d’une maladie et «  l’absence d’antécédents médicaux personnels et familiaux (ainsi que l’existence d’un nombre significatif de cas répertoriés de survenance de cette maladie à la suite de telles administrations) peuvent constituer des indices suffisants pour justifier une indemnisation. »

« Agnès Buzyn, elle-même, m’a dit qu’on s’est aperçu qu’il y a plus de risques à vacciner des ados que des bébés. Voilà ce que m’a déclaré la ministre ! Sur le fond, le lien de causalité est un principe juridique et non scientifique. De même, pour votre gouverne, la justice s’appuie sur des expertises scientifiques. Il faut reconnaître, en l’espèce, qu’il n’y a pas de consensus scientifique, mais vous ne pouvez pas dire que « toutes les études disent le contraire ». Ce serait un déni. » 

II Homéopathie

Pourquoi être contre le déremboursement de l’homéopathie alors que son efficacité n’a pas été scientifiquement prouvée ?

« Ce n’est pas parce qu’on ne comprend pas le mode d’action que cela signifie qu’il n’y a pas d’effets ! Ceux de l’homéopathie s’expliqueraient par une vibration. La molécule laisse une trace, en quelque sorte, dans le liquide de dilution… Par ailleurs, je ne comprends pas pourquoi on s’acharne à vouloir dérembourser l’homéopathie, qui ne coûte pas beaucoup à la Sécu, quand on sait que notre pharmacopée contient sur le marché un quart de médicaments coûteux pour la Sécu et dangereux pour la santé comme l’ont dit les professeurs Bernard Debré et Philippe Even. Peut-être faudrait-il commencer par dérembourser ceux-ci !

« Il existe aujourd’hui six ou sept modèles théoriques différents tentant d’expliquer pourquoi l’homéopathie marche (…)

On sait que la science avance et progresse au fil du temps. Il faut bien se garder d’avoir des avis définitifs sur les choses, parce qu’on a d’abord des phénomènes, et après des théories ou des modèles explicatifs pour décrire les choses. Il existe aujourd’hui six ou sept modèles théoriques différents tentant d’expliquer pourquoi l’homéopathie marche : la mémoire de l’eau en est un, l’approche quantique en est un deuxième, des Italiens travaillent sur la notion de nanopharmacologie… Il y a aussi d’autres recherches en cours sur l’homéopathie appliquée aux plantes.

« Mon argumentaire est simple : on utilise l’homéopathie depuis environ deux cents ans. Et cela fonctionne ! L’homéopathie a un effet chez certains patients et sur certaines maladies, sinon on n’aurait pas autant de patients qui se soignent à l’homéopathie. Les gens observent que lorsqu’ils donnent des granules à leurs enfants atteints d’otites ou de maladies ORL, les symptômes disparaissent. Je me dis : c’est très bien ! J’ai aussi rencontré des vétérinaires qui ont montré l’effet positif des granules dans des élevages de poules. Cela interroge sur le seul effet placebo de l’homéopathie. (…)

« Je suis pour la sécurité du patient bien entendu. Supprimer la formation d’homéopathie à l’université me pose d’ailleurs un problème : il faut qu’un médecin puisse dire à quel instant l’homéopathie ne suffit plus, et qu’il faut passer aux antibiotiques. Si on supprime cette formation, on laisse la porte ouverte aux charlatans, aux « guérisseurs » d’antan qui n’auront pas fait d’études de médecine pour administrer l’homéopathie. Pour moi, la sécurité du patient passe par un médecin.

« Et pour tout vous dire, je pense que dans l’homéopathie, il y a un effet placebo. Comme dans tout médicament. Mais si les gens préfèrent recourir à de l’homéopathie plutôt que de consommer d’autres médicaments chimiques, c’est leur droit, quand même ! On a soigné des gens à l’homéopathie, et des études le prouvent, même s’il n’y a pas assez d’études cliniques. »

II Ondes, Linky, wifi

Dénoncer les effets nocifs des ondes électromagnétiques ? Croire en une réalité biologique de l’électrosensibilité ?

« Je suis pour qu’on établisse une liste des symptômes qui ont été autorapportés par ceux qui en souffrent : perte de mémoire, problèmes cognitifs, problèmes cardiaques, problèmes de peau, dépression… Quand bien même l’origine de la maladie n’est pas établie, on est confronté à cette réalité : à l’heure actuelle, des milliers de personnes souffrent en présence des émissions électromagnétiques rayonnées par nos appareils sans fil et le réseau électrique. Essentiellement des femmes parfois jeunes. En tant que politique, vous vous demandez comment aider ces personnes-là. Et c’est mon éthique : je dois aider les plus démunis, les personnes qui se disent victimes de facteurs environnementaux émergents. En ce moment, j’essaie de trouver une zone blanche dans laquelle reloger ces gens. Dans cette zone sera mis en place un suivi médico-social, et une recherche européenne, pour identifier des bio-indicateurs spécifiques pour cette maladie.

« Si une personne électrosensible me dit : je ne peux pas vivre avec Linky, je dois l’écouter. Ce sont des « ondes sales » : vous avez des micro-sautes de tension qui correspondent à des interférences que l’on injecte dans le réseau électrique et qui se « surajoutent » au courant domestique. Et la justice a condamné Énédis à poser un filtre protecteur chez treize personnes électrosensibles ou à laisser le compteur initial. La justice se doit de faire respecter nos droits fondamentaux dont le principe de précaution, inscrit dans notre bloc de constitutionnalité. Il existe de nombreux scientifiques différents. On ne peut considérer la science comme un bloc monolithique. De surcroît, la justice est fondée sur un principe important : celui du contradictoire qui permet dans la transparence entre les parties de faire vivre des controverses scientifiques. »

Pour finir Le Point demande à Michèle Rivasi si elle « éteint son wifi le soir. « Je n’en ai pas chez moi, répond-elle. Je suis câblée. Attention, j’ai aidé le département de la Drôme à avoir la fibre optique. Je suis à fond pour Internet, mais sans ondes ! Le principe de précaution doit guider nos choix politiques et techno-scientifiques. Il y va de la protection de la santé de nos concitoyens. »

Question journalistique et citoyenne, au terme de ce long entretien : est-il encore utile (nécessaire, possible) de débattre avec la députée écologiste Michèle Rivasi ? Que répondrait, ici, Sisyphe ?

A demain @jynau

L’étrange histoire du Thermedol®, ou la démonstration que l’effet placebo est contagieux

Bonjour

C’est démontré : non seulement l’effet placebo existe mais il est aussi socialement transmissible. De quoi faire enrager certains tenants éconduits de l’homéopathie. La démonstration est apportée dans « Nature Human Behaviour » : « Socially transmitted placebo effects » par des chercheurs du département de psychologie d’étude du cerveau de l’université Dartmouth (HanoverNew Hampshire). Elle est traduite dans Le Quotidien du Médecin : «Quand la conviction du médecin augmente l’efficacité du traitement » (Damien Coulomb)

Les chercheurs de Dartmouth expliquent avoir recruté 194 étudiants en médecine, inscrits à des cours d’introduction à la psychologie et aux neurosciences, et les avaoir réparti de façon aléatoire pour tenir les rôles de médecins ou de patients. Les « médecins » appliquaient soit une crème présentée comme antalgique et dénommée Thermedol® soit une crème « contrôle » – la peau des « patients » avait était chauffée jusqu’à une température de 48 °C (afin de provoquer l’apparition de légères douleurs transitoires).

Au moment de l’application de la crème, les patients devaient noter la douleur ressentie sur une échelle allant de 1 à 100 (critère de jugement subjectif). En outre une évaluation plus objective de la douleur était fournie à partir de la mesure de la conductivité cutanée. Etude, bien évidemment, conduite en double aveugle. On aura compris que le Thermedol® était, comme la crème contrôle, un placebo.

Knock ou le Triomphe de la médecine

Ajoutons que  « médecins » faisaient l’objet d’un pré-conditionnement visant à les convaincre de la supériorité du Thermedol® sur le contrôle : ils subissaient le même traitement que les « patients » mais les expérimentateurs trichaient sur la température : la peau était chauffée localement à 43 °C avant l’application du Thermedol et à 48 °C après application du contrôle, et à 43 °C. Nullement informés  les « médecins » ressentaient donc objectivement une douleur moindre lors de l’application du Thermedol®.

« Lors de l’application par les ‘’médecins’’, les chercheurs ont constaté une ‘’transmission sociale’’ de l’effet placebo induit chez les soignants résume Le Quotidien du Médecin. La conductivité cutanée, et donc la douleur ressentie par les  ‘’patients’’, connaissait en effet un pic après application du Thermedol®. alors qu’elle restait plate après le contrôle. Par ailleurs, la douleur ressentie était significativement augmentée de 7,35 points en moyenne. Comment les médecins ont-ils transmis leur conviction de la supériorité d’une crème sur l’autre ? La réponse à cette question a été fournie par l’analyse des images fournies par les caméras fixées sur la tête des patients. Les algorithmes d’analyse ont enregistré des différences importantes dans l’expression faciale et la communication non verbale des médecins lors des applications respectives du Thermedol et de la crème contrôle. Les médecins se montraient moins distants et plus empathiques lors de l’application de la crème dont ils étaient persuadés de l’efficacité. »

Que conclure ? Que cette expérimentation « montre l’importance de l’interaction entre patients et médecins » lors de la prise en charge, concluent ses auteurs. Voilà qui confortera celles et ceux qui pouvaient (encore) en douter. Les auteurs estiment aussi que ces « mécanismes psychosociaux » qui concernent soignants et soignés devraient être mieux étudiés, voire intégrés dans l’évaluation des médicaments et des protocoles de prise en charge. Est-il trop tôt pour imaginer, un siècle après Knock ou le Triomphe de la médecine, que ces mécanismes (et leur maîtrise) pourraient commencer à être enseignés sur les bancs de nos facultés ? Avant d’être utilisés. Si tel était le cas, les éthiciens pousseraient-ils des cris d’orfraie ?

A demain @jynau