Aluminium et journalisme : mieux saisir l’irrationnel des oppositions anti-vaccinales

 

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Si possible, lire « Le gourou des antivaccins ». Deux pages assez remarquables, médicaels et politiques, consacrées au plus que controversé Pr Romain Gherardi, sa vie son œuvre, ses infinies ambiguïtés. Deux pages traitant, clairement, de la myofasciite à macrophages. Deux pleines pages du Journal du Dimanche signées Anne-Laure Barret.

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Suicide et addiction aux « réseaux sociaux » : les nostalgiques sont priés de changer de disque  

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Les «c’était mieux avant» vont devoir changer de disque – regarder autrement les réseaux sociaux, les smartphones et ceux qui les utilisent. Christian Baudelot et Roger Establet sont deux professeurs émérites de sociologie qui se passionnent depuis peu pour ce sujet. Auteurs prolifiques, ils ont laissé leurs noms dans différents champs de leur discipline, à commencer par celui de l’éducation.

En 2006, ils signaient un ouvrage remarqué, Suicide. L’envers de notre monde. Douze ans plus tard, ils publient une nouvelle édition, actualisée, qui met en lumière et confirme un phénomène majeur, rarement évoqué: la baisse nette, régulière et de grande ampleur des taux de suicide, à l’échelon planétaire ou presque –un phénomène qui coïncide avec la croissance nette, régulière et de grande ampleur des nouveaux outils de communication. Et quand bien même corrélation n’est pas démonstration, cette contemporanéité ne peut manquer d’interpeller.

La suite sur Slate.fr : « Le lien entre réseaux sociaux et suicide n’est peut-être pas celui que vous croyez »

 

Après la polémique homéopathique, alerte officielle sur le «reiki» et la «kinésiologie»

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Fatalité ou hasard bien intentionné ? En pleine polémique sur l’homéopathie et les médecines « non basées sur les preuves »  la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) met en lumière d’étranges pratiques soignantes dans un rapport remis jeudi 22 mars à Matignon. Plus généralement cet organisme dresse un état des lieux des différents courants sectaires, qui incluent certaines mouvances religieuses, une frange de promoteurs de thérapies alternatives fantaisistes, ainsi que des médiums.

Dans l’introduction du rapport, Serge Blisko, président de la Miviludes insiste sur « la nécessaire défense de la pensée rationnelle » et ce face, notamment, aux « dérives sectaires dans le domaine de la santé où les pseudothérapeutes déviants sont toujours plus nombreux et imaginatifs ». Les signalements liés au domaine de la santé ressortent en effet fortement, selon les chiffres communiqués par la Miviludes. En 2016, « plus de 40 % concernent le développement d’offres trompeuses dans le domaine de la santé et du bien-être ainsi que d’abus par des psychothérapeutes déviants ».

« La France a connu au cours des dix dernières années, à l’instar d’autres pays européens, une déferlante de techniques et de méthodes de soins qui sous couvert de bien-être ont envahi le champ de la santé. Comme le rappelle le ministère de la Santé sur son site Internet, «dans la très grande majorité des cas, ces pratiques de soins non conventionnelles (PSNC) n’ont pas fait l’objet d’études scientifiques ou cliniques montrant leurs modalités d’action, leurs effets, leur efficacité, ainsi que leur non dangerosité.  »

Les médecines « complémentaires et alternatives » (609 cas sur la période 2015-2016), la « psychothérapie » et le « développement personnel » (359 cas) arrivent nettement en tête des signalements – avec la mouvance évangélique (407 cas). Mais le rapport met surtout en lumière deux méthodes de soins qui semblent « particulièrement inquiétantes » : le reiki, technique japonaise de « guérison » par imposition des mains, et la kinésiologie, discipline « psychocorporelle » inspirée par la médecine chinoise. Ces techniques « connaissent un développement sans précédent en France, alors qu’elles sont porteuses de risques et non éprouvées ». Extraits du rapport :

Le reiki.

«  Méthode thérapeutique promue et développée par le japonais Mikao Usui (1865-1926) à la suite d’une révélation mystique qui l’aurait conduit à la fin du XIXème siècle à recevoir les «clefs de la guérison», cette technique de guérison par imposition des mains fait du praticien initié à la technique un simple médium permettant au patient de rétablir la force vitale garante de sa bonne santé. Pour en résumer brièvement le principe: cette technique, nécessairement précédée d’une phase initiatique, entraînerait un mouvement énergétique intérieur. La détente des muscles accélèrerait la guérison et ouvrirait la conscience aux causes de la maladie ou de la douleur. Elle accroîtrait également les capacités d’auto-guérison physique et psychoaffective, en cas de blocages, dépression, anxiété, échecs. »

La kinésiologie.

« Fondée dans les années 1960 par un chiropracteur américain, la kiné- siologie est une méthode de thérapie holistique inspirée par la médecine chinoise. Cette technique psycho corporelle recourt à un test musculaire de communication au plan physique et émotionnel. Proposée à tous les âges de la vie et à tous les publics elle permettrait d’optimiser le capital de « ressources personnelles» avec l’accompagnement d’un thérapeute, et de parvenir à l’auto-guérison des difficultés existentielles et des maladies. Mouvance née dans le sillage du New Age, ses adeptes et sympathisants prônent de manière plus ou moins radicale la rupture avec des habitudes de vie jugées néfastes, au profit de choix naturels et authentiques comme l’alimentation biologique, les médecines douces, les thérapies non médicamenteuses ou encore l’écologie. Il existe de nombreuses déclinaisons de cette méthode. La radicalisation de certains adeptes de cette mouvance a conduit à des dérives de caractère sectaire dans laquelle la dimension hygiéniste portée au rang de dogme a constitué un facteur déterminant.

« Une affaire jugée en juin 2005 par la Cour d’assises de Quimper, illustre ce constat. Des parents, au nom de conceptions idéologiques inhérentes à la pratique de la kinésiologie avaient adopté pour eux-mêmes et leurs enfants le régime végétalien dans leur quête d’une alimentation purifiée. Cette alimentation carencée en protéines animales et en vitamines et leur extrême défiance à l’égard d’un monde médical jugé a priori dangereux allaient causer la mort de leur bébé allaité depuis sa naissance, en état de malnutrition majeure, ancienne et chronique, de l’avis de l’expert médical auprès du tribunal. »

La kinésiologie a fait l’objet d’un avis sévère du Conseil national de l’Ordre des masseurs-kinésithérapeutes. Il en ressort que « la kinésiologie est une méthode de soin non conventionnelle et que son utilisation constitue une dérive thérapeutique. Pour sa part l’INSERM qui a évalué cette méthode conclut que «ni la kinésiologie appliquée professionnelle, ni la kinésiologie énergétique n’ont fait à ce jour la preuve de leur efficacité». N’importe qui peut, aujourd’hui en France, se déclarer «kinésiologue» ou «maître reiki » – et enseigner ces techniques.  On pourrait ici s’étonner et demander ce que font les Ordres et le ministère de la Santé – sans parler de la police.

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La science à la poursuite de l’étrange : grossesse et électromagnétisme basse fréquence  

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L’exposition chronique à des champs électromagnétiques a-t-elle un impact sur la santé ? Comment le mesurer ? Existe-t-il des personnes  « hypersensibles aux ondes » ? Comment le démontrer ? Tout ceci fait, depuis des années, l’objet d’une vaste polémique. Jamais tranchée. La science confrontée à l’étrange.

A verser au dossier, une communication présentée il y a quelques jours devant l’Académie nationale de pharmacie. « Exposition maternelle aux champs électromagnétiques extrêmement basse fréquence, prématurité et hypotrophie : données de la cohorte Elfe – Ghislaine Bouvier, Maître de Conférences 86e section, Université de Bordeaux, Inserm UMR 1219 équipe EPICENE. »

Objectifs: Etudier les relations entre l’exposition cumulée aux champs électromagnétiques d’extrêmement basse fréquence (EBF) au cours de la grossesse et le risque de prématurité modérée et d’hypotrophie au sein de la cohorte de naissance Elfe (Etude Longitudinale depuis l’Enfance).

Méthodes: En 2011, 18 329 enfants nés en France métropolitaine à 33 semaines d’aménorrhée ou plus ont été inclus dans la cohorte Elfe afin de les suivre jusqu’à leurs 20 ans. L’âge gestationnel et les données anthropométriques à la naissance ont été recueillis dans les dossiers médicaux et l’hypotrophie a été calculée à partir de courbes de croissances françaises personnalisées.

Lors des entretiens, il a été demandé aux mères de rapporter leur statut vis-à-vis de l’emploi au cours de leur grossesse. Les emplois déclarés ont été codés selon la Classification Internationale Type des Professions de 1988 et la date de cessation de l’activité professionnelle a été recueillie. L’exposition cumulée aux EBFs au cours de la grossesse a été estimée pour l’ensemble des mères, quel que soit leur statut vis-à-vis de l’emploi, grâce à une matrice emploi-exposition récemment mise à jour. L’exposition cumulée a été considérée de façon catégorielle, de façon binaire et de façon continue. Des modèles de régression logistique ajustés sur des facteurs de mode de vie maternel, des caractéristiques sociodémographiques et certains antécédents médicaux maternels ont été développés.

Résultats: L’exposition cumulée aux EBF a pu être déterminée pour 96,0% des mères. Les hauts niveaux d’exposition étaient rares. Aucune association significative n’a été observée entre les niveaux d’exposition cumulée aux champs électromagnétiques d’extrêmement basse fréquence au cours de la grossesse et la prématurité modérée ou l’hypotrophie.

«  Cette large étude en population générale ne suggère pas que des niveaux d’exposition maternelle aux EBFs de l’ordre de ceux observés ici puissent être fortement associés au risque de prématurité modérée ou d’hypotrophie » conclut prudemment l’auteure.

Versé au dossier. Le sujet est bien loin d’être épuisé.

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Qui nous dira la vraie vérité sur le complot vaccinal politique et pharmaceutique ?

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L’étrange frappe à nos portes. A l’heure de l’Epiphanie et de la galette des Rois, cette étude menée pour la Fondation Jean Jaurès et l’Observatoire Conspiracy Watch 1. Etude sur la réalité française et contemporaine du complotisme en France.  Etude à désespérer les descendants des Lumières, les militants du rationalisme, les croyants en la Raison pure. Sans parler de celles et ceux qui croient encore aux vertus des filtres de la profession de journaliste.

Le Quotidien du Médecin s’est intéressé à cette étude : « alors que l’extension de l’obligation vaccinale est entrée en vigueur ce 1er janvier 2018, 55 % des Français adhèrent à l’idée que ‘’le ministère de la Santé est de mèche avec l’industrie pharmaceutique pour cacher au grand public la réalité sur la nocivité des vaccins’’ ». A dire vrai cela semble un tout petit peu plus compliqué.

« Etre de mèche » …  Le poison de la connivence… La sale fragrance des conflits d’intérêts. Et toujours cet étrange qui n’a de cesse d’exister. La France bruit des échos des théories complotistes : le président John F. Kennedy assassiné par la CIA… le virus du sida créé en laboratoire et testé sur la population africaine avant de se répandre à travers le monde… la Terre qui serait tout sauf ronde … les zones d’ombre concernant les attentats de 2015 contre Charlie Hebdo et le magasin Hyper Cacher … Al-Qaïda ou Daech manipulés par les services secrets occidentauxle projet hyper secret visant à instaurer une dictature oligarchique planétaire… le mensonge américain quant à leur présence sur la Lune …

Fausses nouvelles

Corollaire : cette étude témoigne du faible niveau de confiance des Français dans les médias. Interrogés, seuls 25 % répondent que « globalement, ils restituent correctement l’information et sont capables de se corriger quand ils ont commis une erreur » ; 36 % estiment que, soumis aux pressions politiques et financières, ils n’ont qu’une marge de manœuvre limitée ; 30 % pensent que « travaillant dans l’urgence, ils restituent l’information de manière déformée et parfois fausse » ; 9 % estiment que « leur rôle est de relayer une propagande mensongère nécessaire à la perpétuation du système ».

En France le complotisme est un « phénomène social majeur et préoccupant » commente Conspiracy Watch. Près de huit Français sur dix adhèrent à au moins l’une des grandes théories du complot, et plus d’un tiers croient à quatre de ces théories. C’est dire la prégnance de l’étrange. Dans le même temps, sur les écrans, le président de la République annonce une loi contre les fausses nouvelles (« fake news ») en période électorale.

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1 Lire « LE CONSPIRATIONNISME DANS L’OPINION PUBLIQUE FRANÇAISE » de Rudy Reichstadt, directeur de Conspiracy Watch.

 

Lien entre vaccins et mort subite du nourrisson : Luc Montagnier, Nobel en route vers l’irrationnel 

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Nous l’avions annoncé, et il était bien là. Mardi 7 novembre, 10h 30 sur les planches parisiennes du théâtre Michel, 38 rue des Mathurins. Une conférence-débat centrée sur les nouvelles obligations vaccinales imposées par le nouveau gouvernement :

« Deux intervenants de renom exposeront leur point de vue sur le sujet : Le Pr Luc Montagnier – Prix Nobel Médecine, pour la découverte, en 1983 du VIH, responsable du SIDA. Il interviendra sur les risques de mort subite du nourrisson. Le Pr Henri Joyeux – Chirurgien cancérologue, professeur honoraire de chirurgie digestive et de cancérologie à la faculté de médecine de Montpellier, Prix International de Cancérologie. Il s’exprimera sur la politique de vaccination et les dangers de l’adjuvant aluminium. »

Libération (Eric Favereau) était dans la salle pour cette bien mauvaise pièce. Laissons dans l’ombre le second acteur à succès. Rappelons toutefois qu’il est poursuivi par le conseil national de l’Ordre des médecins pour «des propos non appuyés sur des bases scientifiques, portant atteinte à la profession » et « un discours très dangereux pour la population, puisqu’il s’agirait de discréditer le mécanisme de vaccination préventive ». Le Pr Henri Joyeux, puisque c’est de lui qu’il s’agit, qui a fait appel de sa sanction de radiation ; fort d’une pétition de plus d’un million de signatures.

Paracétamol-poison

Sous les projecteurs matinaux : le Pr Luc Montagnier, que nul ne sait plus aujourd’hui présenter : ancien pastorien, codécouvreur du rétrovirus du sida en 1983, prix Nobel 2008 de médecine 2008, renié par l’Institut Pasteur dont il est professeur émérite. Des déclarations controversées, l’émergence récurrente de l’étrange, un voyage sans retour vers l’irrationnel. Un mystère, une biographie qui reste à faire. « Depuis qu’il a quitté l’Institut, lieu historique de la vaccination, il met en cause les vaccins, jusqu’à en accuser certains d’être responsables de l’autisme, résume Libération :

« Nous sommes ici pour lancer une alerte, à tout le pays, au monde. Je voudrais alerter sur la mort subite du nourrisson. C’est quelque chose d’épouvantable, la cause est inconnue, mais il existe des faits scientifiques, montrant qu’un grand nombre de ces morts intervient après une vaccination. On ne peut pas démontrer une causalité, mais il y a une relation temporelle. [Les vaccins avec un adjuvant aluminique] sont responsables d’une tempête immunitaire chez le nourrisson (…) Ce qui est en cause, c’est la vaccination de masse, cela doit disparaître (…) «Je voudrais vous parler aussi du paracétamol, que l’on donne aux nourrissons quand ils ont une réaction au vaccin. C’est du poison. »

Qu’ajouter ?

A demain

 

L’Académie de médecine part en guerre contre les miroirs des « Lyme doctors » auto-proclamés

 

Bonjour

Comment vider un abcès chronique ? Nouvelle étape dans la saga médicale et médiatique que constitue désormais en France la « maladie de Lyme » : l’Académie nationale de médecine vient de partir en guerre et en fait la déclaration dans un communiqué de presse : « L’Académie de médecine dénonce les tromperies à propos de la maladie de Lyme ».

C’est là une mise en garde solennelle rédigée par sa commission « Maladies infectieuses et tropicales ». On y dénonce la diffusion d’assertions sans fondement scientifique, notamment par la « Fédération française contre les maladies vectorielles à tiques » et sa promotion des théories du Pr Christian Perronne, chef du service maladies infectieuses à l’hôpital de Garches, par ailleurs vice-Président de cette Fédération.

« Alertée par les rumeurs diffusées par des groupes de pression » l’Académie tient aujourd’hui à préciser fermement la position exposée lors de sa séance du 20 septembre 2016 1. Puis elle change de ton et entre dans le vif du sujet avec une virulence qu’on ne lui connaissait pas. Elle appelle ainsi les médecins « à ne pas nourrir l’angoisse de patients désorientés en leur faisant miroiter le diagnostic de ‘’maladie de Lyme chronique’’ et invite les pouvoirs publics à être attentifs à cette dérive ». Elle écrit ainsi :

« Au mépris de toute démarche scientifique et forts de leur seule intime conviction, des médecins,’Lyme doctors’’ auto-proclamés, dont certains sont soumis à des liens d’intérêt, entretiennent l’inquiétude chez de nombreux malades en errance diagnostique et nourrissent leurs récriminations infondées en se faisant l’écho en Europe, notamment en France, de l’ILADS (International Lyme and Associated Diseases Society), association non reconnue par les instances officielles outre-Atlantique.

« Face aux malades souffrant de symptômes chroniques non étiquetés et qui se sentent délaissés, les médecins ne doivent pas céder à la facilité du diagnostic de ‘’ maladie de Lyme chronique’’ ni les soumettre à des traitements prolongés, inutiles et dangereux. Ces malades doivent pouvoir bénéficier d’une prise en charge diagnostique multidisciplinaire. Le ‘’Lyme’’ est une mauvaise réponse médicale à la question légitime d’un patient qui souffre. »

La « chronicité » n’a selon l’Académie, aucune base scientifique. On sait que cette dernière serait liée à la persistance de l’agent pathogène dans l’organisme pendant des années et qu’elle repose sur l’hypothèse non  d’une « crypto-infection »  justifiant notamment le recours à des traitements antibiotiques prolongés. Pour l’Académie les symptômes « mal définis » et « subjectifs » (fatigue, crampes, douleurs musculaires, acouphènes, troubles du sommeil ou de l’humeur, pertes de mémoire, etc.) associés à cette chronicité « ne repose sur aucun élément de preuve ».

Pouvoirs publics alertés

« Les responsables de laboratoires doivent résister à la demande de praticiens désinformés, soucieux de confirmer coûte que coûte, y compris par la modification des seuils de positivité des tests Elisa , leur diagnostic de ‘’maladie de Lyme chronique’’ devant des tableaux cliniques indéterminés, ajoute-t-elle. L’efficacité revendiquée de traitements antibiotiques prolongés, parfois associés à des médicaments antiparasitaires, antifongiques ou anti-inflammatoires, ne repose sur aucune donnée expérimentale probante et ne s’appuie sur aucun essai clinique randomisé contrôlé. En revanche, de telles prescriptions sont dangereuses pour le malade, conséquentes pour l’écologie microbienne, risquées pour la Santé publique et dispendieuses pour l’Assurance maladie. »

 Pour finir les académiciens « mettent solennellement en garde les pouvoirs publics qui, afin de répondre à l’inquiétude des patients trompés par des groupes de pression, cèderaient au chantage dont ils sont l’objet sans référence scientifique et porteraient ainsi une lourde responsabilité dans l’adoption de mesures inappropriées ». Ils « désapprouvent l’attitude des praticiens qui cèdent à la facilité trompeuse du diagnostic de ‘’maladie de Lyme chronique’’ face à des patients en errance diagnostique ». Et ils condamnent sévèrement les campagnes de désinformation menées par des groupes de pression en quête de judiciarisation et de réparations financières d’un préjudice inexistant ».

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1 Maladie de Lyme : prise de position de l’Académie nationale de médecine. Bull. Acad. Natle Méd. 2016 ;200(7):1349-50.