Un Français sur quatre est persuadé que le coronavirus a été « fabriqué en laboratoire »

Bonjour

28/03/2020. On pourra qualifier l’information de désespérante. Reste à la comprendre. Et à parvenir à démonter le contraire. Plus d’un quart des Français pensent que le SARS-Cov-2a été fabriqué en laboratoire. Pour 17% «intentionnellement» et pour 9% «accidentellement». C’est l’un des résultat dune ‘étude réalisée pour la Fondation Jean-Jaurès et l’Observatoire du conspirationnisme Conspiracy Watch, publiée ce  28 mars.

« Il ressort de cette enquête réalisée du 24 au 26 mars 2020 (soit des dates de terrain très proches de celles l’enquête américaine) que si une nette majorité de Français (57 %) souscrit à l’énoncé selon lequel le SARS-Cov-2 (l’agent pathogène du Covid-19) est apparu de manière naturelle, ils sont toutefois plus d’un sur quatre (26 %) à estimer qu’il a au contraire été conçu en laboratoire (17 % de manière intentionnelle, 9 % de manière accidentelle). En d’autres termes, les Français ne seraient pas beaucoup moins « complotistes » que les Américains sur l’origine du nouveau coronavirus.

« Il s’agit d’un point important à souligner, car on rappellera que le contexte américain avait été marqué par les passes d’armes verbales entre autorités chinoises et américaines sur l’origine du virus, chaque gouvernement accusant l’autre d’avoir une responsabilité dans la création ou la propagation du Covid-19. L’opinion publique française, objectivement plutôt préservée de ces polémiques diplomatiques et sanitaires, n’a, pour autant, manifestement pas été totalement immunisée contre la diffusion d’une lecture de type conspirationniste de cette épidémie même si la proportion de personnes adhérant à l’idée d’une origine naturelle du virus est nettement plus élevée qu’outre-Atlantique. »

« Il y a bien une épidémie dans l’épidémie »

Ici encore, les sympathisants du RN se distinguent puisqu’ils sont 40% à croire que ce virus a été «intentionnellement» fabriqué en laboratoire, et 15% «accidentellement». Les sympathisants de la République en marche sont à l’inverse seulement 2% à penser à une conception en laboratoire.  Plus généralement l’étude confirme aussi des enquêtes précédentes qui montraient que «les générations les plus jeunes et les catégories sociales les plus défavorisées demeurent les plus perméables au complotisme». Ainsi, 27% des moins de 35 ans pensent que le virus a été développé «intentionnellement» dans un laboratoire contre seulement 6% des plus de 65 ans.

Les auteurs de ce remarquable travail expliquent encore que l’on peut dater du 20 janvier 2020 « l’émergence des premières spéculations conspirationnistes dans l’espace public français autour du nouveau coronavirus ». « C’est ce jour-là, en effet, que les médias ont rapporté qu’un expert du gouvernement chinois avait déclaré que le virus pouvait se transmettre entre humains, prenant le contre-pied de ce que les autorités chinoises avaient annoncé onze jours plus tôt. Sur les réseaux sociaux a commencé alors à circuler un complotisme de basse intensité, se coulant dans des structures d’accueil préexistantes, c’est-à-dire des mythes complotistes plus anciens capables de prendre en charge cette nouvelle théorie en l’intégrant dans une série plus longue, permettant ainsi de lui donner, fût-ce de manière illusoire, un semblant de sens et de consistance. Ainsi fut émise la thèse selon laquelle cette nouvelle maladie avait été inventée par les laboratoires pharmaceutiques pour augmenter leurs profits, qu’elle s’insérait dans un plan de déstabilisation de la CIA destiné à déstabiliser le régime chinois, ou encore qu’elle constituerait un moyen, pour le gouvernement de Pékin, de réguler sa population excédentaire. »

« D’autres contenus à caractère conspirationniste, très viraux, sont également apparus depuis, se cristallisant notamment autour du recours à l’hydroxychloroquine pour traiter les patients infectés par le Covid-9, ajoutent-ils. Promue par le Pr Didier Raoult, cette molécule représenterait un traitement efficace et peu coûteux si bien que, selon la doxa conspirationniste, les laboratoires et leurs « marionnettes » – comprendre : le gouvernement – la rejetteraient.  Le 24 mars 2020, l’eurodéputé Gilbert Collard publiait sur sa chaîne YouTube une vidéo – dont le texte a été repris sur le site web du RN – suggérant qu’Agnès Buzyn et son époux, Yves Lévy, seraient les instigateurs d’une véritable conspiration contre la santé publique. Avec plus de 400 000 vues en deux jours, c’est la vidéo la plus vue du compte YouTube de Gilbert Collard depuis sa création en 2012. »

Leur conclusion : « Ainsi, alors que le pays est confronté à ce qui constitue sans doute la pire crise sanitaire depuis la grippe espagnole de 1918, un Français sur quatre considère que l’origine du Covid-19 est humaine, au mépris des connaissances scientifiques les plus solides. Il y a bien une épidémie dans l’épidémie qu’il convient, aussi, de combattre ». Ils ne fournissent malheureusement pas les armes qui nous permettraient d’agir.

A demain @jynau

Coronavirus et rumeurs : l’armée française et l’aéroport de Roissy sont-ils ou non touchés ?

Bonjour

28/02/2020. Aujourd’hui c’est Le Monde qui laisse planer le doute sur la véracité de la parole ministérielle : «  Coronavirus : l’aéroport de Roissy et le département de l’Oise au cœur des préoccupations » (Patricia JollyStéphane MandardNathalie Guibert et Sylvia Zappi)

Officiellement, toujours pas d’épidémie en France. Mais des cas qui se multiplient  : deux personnes âgées ayant participé à un voyage organisé en Egypte sont en réanimation à Brest et à Dijon ; la famille et un proche d’un cas déjà identifié (un homme de 64 ans rentrant de Lombardie) sont hospitalisés à Annecy, et deux autres cas isolés de personnes ayant aussi séjourné en Italie sont soignés à Montpellier et à l’hôpital Bichat à Paris pour le cas le plus grave.

Sans oublier, avec quatorze cas, le foyer de Creil (Oise) et sa base aérienne. Un civil âgé de 55 ans y travaillant avait été placé en réanimation au CHU d’Amiens après avoir séjourné à l’hôpital de Compiègne sans être initialement diagnostiqué comme porteur du virus SARS-CoV-2. Employé comme chauffeur, il est père de deux enfants et jeune grand-père.

« La transmission semble avoir été importante au sein de la base aérienne croit savoir Le Monde. Outre le civil en réanimation à Amiens, le ministère de la santé confirmait trois cas de contaminations jeudi 27 février en fin de journée. Ces nouveaux patients ont été transférés à l’hôpital militaire Bégin, près de Paris. Selon nos informations, cinq autres personnes sur la base seraient potentiellement infectées. Preuve que la situation est prise au sérieux par l’état-major des armées, la circulation entre le siège du ministère de la défense à Paris et Creil était interdite jeudi. Cependant, les personnels de la base n’ont pas été confinés et ont pu rentrer chez eux. »

L’«orbite » de l’aéroport Charles-de-Gaulle

Une rumeur a beaucoup circulé jeudi : le civil de la défense atteint sur la base de Creil aurait fréquenté un équipage parti chercher des Français de Wuhan. Selon des sources militaires au Monde, cette piste pourrait être écartée : les personnels membres de cet équipage ont été placés en quarantaine et personne n’était atteint.

A ce stade des investigations, l’hypothèse de l’aéroport de Beauvais comme source de contamination est également écartée.  Cette plate-forme aéroportuaire de la compagnie à bas coût irlandaise Ryanair dessert de nombreux vols à destination et en provenance de Venise ou de Milan. Mercredi, la maire (Les Républicains, LR) de Beauvais, Caroline Cayeux, et la présidente (LR) du conseil départemental de l’Oise, Nadège Lefebvre, avaient réclamé des « contrôles sanitaires plus stricts et beaucoup plus sécurisés plus particulièrement concernant tous les vols en provenance et à destination de l’Italie qui représentent un danger potentiel certain ».

Plusieurs sources ont confirmé au Monde qu’une autre piste est privilégiée : « l’orbite » de l’aéroport Charles-de-GaulleLes enquêteurs ont en effet identifié des « échanges » entre les personnels ou militaires de la base de Creil et Roissy, et de nombreux salariés de l’aéroport et de la base résident dans le triangle Compiègne, Senlis, Creil. Pour leur part Air France et Aéroports de Paris affirment qu’aucun des membres de leurs personnels ne présente de signes de contamination.

A demain @jynau

Mandé de Rome, le pape est enrhumé » : « Le pape François a décidé vendredi 28 février de «reporter les audiences officielles du jour» dans le palais du Vatican, a indiqué le Saint-Siège qui avait signalé la veille qu’il était «légèrement indisposé». Le directeur de la salle de presse Matteo Bruni précise néanmoins que François a célébré comme chaque matin la messe dans la chapelle de sa résidence de Sainte-Marthe, située dans les murs de la Cité du Vatican, et a salué des participants. Le pape a maintenu aussi les rendez-vous se déroulant dans sa résidence hôtelière.

Une audience privée était notamment prévue avec le président du parlement européen, l’Italien Davide Sassoli. Le porte-parole n’a pas refait de point sur l’état de santé du pape de 83 ans. Le pape François était apparu enrhumé mercredi lors de célébrations en plein air, avait annulé jeudi sa présence à une messe dans la monumentale basilique majeure de Saint-Jean-de-Latran, officiellement pour une «légère indisposition».

Dimanche, il doit en principe partir en retraite spirituelle avec toute la Curie romaine à Ariccia, après avoir célébré l’Angelus depuis la fenêtre du Palais apostolique, à midi (11H00 GMT), place Saint-Pierre. Il y a peu le pape François avait prié pour les personnes atteintes du nouveau coronavirus.

Coronavirus : Pékin interdit «Plague Inc», le jeu vidéo qui permet de créer ses pandémies

Bonjour

Magique. C’est la vieille histoire, toujours réinventée, du chien et de la rage. Ou celle, chinoise, du doigt montrant la Lune. Qui, aujourd’hui, ignore l’existence de  «Plague Inc», jeu vidéo qui permet de créer un virus pathogène pour le répandre ensuite à travers la planète. Une production hautement rentable de Ndemic Creations. Elle vient, en Chine, d’être bannie de la boutique d’applications en ligne du géant informatique Apple. Les usagers basés dans ce pays ne peuvent plus la télécharger sur l’App Store. Son retrait a été ordonné par  l’autorité de régulation de l’internet : contenu jugé «illégal», a indiqué Ndemic Creations

La société, basée au Royaume-Uni, a indiqué qu’elle essayait de contacter l’Administration chinoise du cyberespace «afin de comprendre ses préoccupations et de travailler avec elle pour trouver une solution». Cette puissante autorité gouvernementale n’a pas, ce 28 février, aux sollicitations de l’AFP. Egalement contacté, Apple n’a pas réagi. Ndemic dit ignorer si cette éviction est en rapport avec l’épidémie du nouveau coronavirus. Nul ne sait si c’est, ici, une forme d’humour britannique.

Agé de huit ans, «Plague -Epidémie-Inc» revendique désormais quelque 130 millions de joueurs dans le monde. L’objectif du jeu: créer de nouveaux types d’épidémie en infectant un «patient zéro» avec un virus, qu’il faut ensuite répandre le plus possible pour détruire la planète. A chaque apparition d’épidémies « véritables » comme Ebola (ou désormais celle de la Covid-19) le nombre de téléchargements explose. C’est ainsi, depuis peu, le jeu payant le plus téléchargé sur les boutiques d’applications en France. Jusqu’à quand ?

A demain @jynau

Le coronavirus et l’émergence de l’étrange : mortel mystère dans le département de l’Oise

Bonjour

27/02/2020. On nous dit, depuis la Chine, que la vague épidémique régresserait. Mais on nous dit aussi, depuis Genève, qu’elle ne cesse de gagner du terrain sur la planète (cinquante pays touchés). Et puis, désormais, en France l’émergence de l’étrange. Ou, pour user de l’image du Directeur Général de la Santé (DGS), la nécessité de mener « l’enquête policière ». La mobilisation pour lever ce qui demeure le grand mystère du département de l’Oise depuis l’annonce de la mort du premier citoyen français – décès survenu dans la nuit du 25 au 26 février à la Pitié-Salpêtrière où il avait été héliporté depuis l’hôpital de Creil. Un décès qui n’est pas la conséquence directe de l’infection virale (Pr Eric Caumes).

La France entière sait désormais qu’il s’agit d’un conseiller municipal de la petite commune de Vaumoise, marié et père de deux enfants, professeur de technologie au collège Jean-de-la-Fontaine, à Crépy-en-Valois, une ville de 15 000 habitants. Il était en arrêt de travail depuis le 12 février et n’avait plus fréquenté l’établissement ensuite.

Dans un premier temps il avait été pris en charge au sein du centre hospitalier de Creil (Oise). Il y est resté six jours au service de réanimation avant d’être transféré dans un « état gravissime »  à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris où il a été testé positif au nouveau coronavirus. Il serait mort d’une « embolie pulmonaire massive ». Une trentaine de personnels soignants de Creil, qui ont été en contact direct avec le patient, ont été identifiés. Ils ont été prévenus et sont en quarantaine chez eux, selon une source syndicale de l’hôpital de Creil à France Télévisions

« Chaînes de contaminations autochtones »

Mais il faut aussi, désormais, compter avec un deuxième cas, un civil de 55 ans travaillant à la base aérienne militaire de Creil aujourd’hui dans un état grave et placé en réanimation au CHU d’Amiens. Pour l’heure, aucun lien n’a été établi entre les deux cas. On sait qu’avant d’être transféré dans un état grave à Amiens, l’homme de 55 ans avait été pris en charge à l’hôpital de Compiègne, là aussi sans qu’on détecte qu’il était porteur du SARS-CoV-2.

Ni l’homme décédé ni celui en réanimation ne s’étaient rendus dans une zone d’exposition à risque, a indiqué mercredi après-midi le directeur général de l’ARS ds les Hauts-de-France, Etienne Champion. « Et c’est pourquoi dans un premier temps ils n’ont pas été identifiés comme des cas possibles de coronavirus, s’est-il défendu. Les investigations sont encore en cours à cette heure pour déterminer la source de ces deux contaminations. »

La situation inquiète les responsables politiques locaux. La maire (Les Républicains) de Beauvais, Caroline Cayeux et la présidente du conseil départemental de l’Oise, Nadège Lefebvre, ont interpellé mercredi le préfet de l’Oise pour réclamer des « contrôles sanitaires plus stricts et beaucoup plus sécurisés » à l’aéroport de Beauvais, « plus particulièrement concernant tous les vols en provenance et à destination de l’Italie qui représentent un danger potentiel certain ». Cet aéroport sert notamment de plateforme de la compagnie à bas coûts irlandaise Ryanair qui dessert de nombreux vols à destination et en provenance de Venise ou de Milan, en Italie.

 « L’Oise n’est pas un problème aujourd’hui, se voulait rassurant, mercredi en fin de journée, le DGS. Il n’y a pas de raison de considérer qu’il y a une circulation intense du virus. »  Certes. Reste, comme vient de le dire le Pr Eric Caumes (Pitié-Salpêtrière) lors de la visite d’Emmanuel Macron dans son établissement, que des chaînes de contaminations virales autochtones existent désormais dans l’Oise, et sans doute plus généralement en France. Où, assure le nouveau ministre de la Santé, « il n’y a pas d’épidémie ».

A demain @jynau

Coronavirus : Emmanuel Macron est attendu pour une visite à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière

Bonjour

27/02/2020. Ce n’est pas l’effet du hasard : on l’attendait. Que va-t-il dire ? Nul ne sait. C’est une visite qui ne figurait pas à l’agenda officiel du Palais de l’Elysée mais la pression médiatique montait. Et Emmanuel Macron veut se montrer rassurant. C’est pourquoi le président de la République et son nouveau ministre de la Santé, Olivier Véran, sont attendus ce jeudi matin à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, pour faire un point sur l’épidémie et rencontrer les personnels soignants. C’est précisément dans cet établissement qu’un enseignant âgé de 60 ans, originaire de l’Oise, est décédé dans la nuit de mardi à mercredi. Un cas pour lequel aucune trace de l’origine de la contamination n’a encore pu être retrouvée. Fatalité ?

Contacté par Le Figaro, le Palais de l’Élysée refuse de commenter cette visite, que le chef de l’État aurait décidée à la dernière minute. Dans la foulée de ce déplacement,  Emmanuel Macron prendra l’avion pour Naples où doit se tenir un sommet consacré aux relations franco-italiennes. Faut-il voir là l’effet du hasard ou de la fatalité ? L’Italie est aujourd’hui pleinement touchée par cette émergence épidémique. Au point que, tout en se refusant à « fermer les frontières » le gouvernement français « invite » ses ressortissants à reporter dans la mesure du possible leurs voyages vers les régions les plus touchées.

Hasard ou fatalité ? C’est Jose Luis Borges qui, dans « Le livre de sable », nous écrit que les deux mots sont strictement synonymes.

A demain @jynau

Résurgence de l’étrange : un bateau fantôme vient de s’échouer sur les côtes de l’Irlande

Bonjour

Rien à voir, certes, avec le Diamond Princess contaminé par le Covid-19. Quoique. C’est l’une des conséquences de la tempête Dennis qui, mi-février, a affolé le nord-ouest de l’Europe. Nous parlons ici de l’inhumaine odyssée solitaire du MV Alta. Le « bateau fantôme apparemment destiné à ne jamais faire escale », résume le quotidien britannique The Guardian. Un fantôme finalement échoué, dimanche 16 février, sur les côtes rocailleuses aux abords du petit village de pêcheurs de Ballycotton, dans le sud-est de l’Irlande. Une pépite pour les méta-journalistes spécialisés dans les revues de presse.

Il s’agit ici d’un cargo tanzanien de 77 mètres abandonné par son équipage. Il aurait dérivé dans l’Atlantique pendant près de dix-huit mois, longeant le continent américain, l’Afrique et l’Europe, « rouillé mais à flot ». Les autorités irlandaises s’interrogent désormais sur le devenir de l’épave, ainsi que sur un éventuel risque de pollution. Les médias, eux, se sont penchés sur son mystérieux périple qui s’est achevé en mer Celtique.

Monstres et Fantômes

Parti de Grèce le cargo cinglait vers Haïti quand il a souffert d’une avarie, raconte The Irish Times. « Il dérivait déjà depuis près de vingt jours lorsque l’équipage a demandé de l’aide, après que ses réserves de nourriture et d’eau ont commencé à manquer. » Les dix hommes à bord ont été secourus par les garde-côtes américains, à environ 2 220 kilomètres au sud-est des Bermudes, puis emmenés à Porto Rico. Nous étions alors en …. octobre 2018.

En août 2019, le MV Alta  est repéré par un navire de patrouille de la Royal Navy dans l’Atlantique, au large de l’Afrique, apparemment sans équipage. « Nous nous sommes rapprochés du navire pour prendre contact et offrir notre aide, mais personne n’a répondu ! Tant que l’enquête se poursuit, nous ne pouvons pas vous donner plus de détails sur cet étrange événement », écrivent alors aux équipes à terre les membres du HMS Protector  – aujourd’hui cités par The Irish Examiner. Et le MV Alta aurait continué à dériver de l’Afrique vers l’Irlande, en passant par l’Espagne.

Comment, ici, ne pas rêver à la légende du bateau qui continue de voguer sans fin débarrassé de son équipage humain ? A commencer par  Le Hollandais volant  ? Ou le célébrissime Mary Celeste. Sans oublier le pétrolier Jian Seng retrouvé en 2006 au large du Queensland, en Australie. Nous sommes là aux antipodes des paquebots croisières, comme le Diamond Princess, ces monstres qui croisent, sans jamais les voir, les fantômes des mers.

A demain @jynau

Coronavirus et quarantaine : mais pourquoi la foudre est-elle tombée sur Carry-le-Rouet ?

Bonjour

Promis, programmé, juré : ce serait une quarantaine « agréable et conviviale ». Il n’est pas dit que tout ira comme Agnès Buzyn l’avait envisagé. Alors que l’avion militaire rapatriant plus de deux cents français va se poser sur la base d’Istre les rédactions ont dépêchés leurs équipes devant le centre pour vacanciers de la petite commune de Carry-le-Rouet (Carri lo Roet en occitan selon la norme classique, Càrri lou Rouet en provençal selon la norme mistralienne).

Nous sommes là entre Marseille, Martigues et l’étang de Berre. Et la France entière va découvrir cette « station balnéaire très fréquentée en été, port de plaisance, plages, criques abritées, nombreuses activités nautiques et sportives. » La mise en quarantaine (14 jours) des « Français de Wuhan » » a, comme on pouvait aisément le prévoir, d’ores et déjà suscité de nombreuses réactions. De ce point de vue on assiste là à un phénomène qui pourrait être, pour demain, riche d’enseignement quant la la gestion politique et sanitaire de l’épidémie.

C’est pourquoi il faut ici lire et analyser le reportage livré par l’AFP et repris par de nombreux médias :

 « ‘’Pourquoi nous ? » Dans la petite station balnéaire de Carry-le-Rouet, sur la Côte bleue, près de Marseille, les habitants s’étonnent de devoir accueillir quelque 200 Français rapatriés de Wuhan, épicentre de l’épidémie de coronavirus. Au pied du vaste centre de vacances dans lequel ces Français rapatriés de Chine vont passer 14 jours confinés à partir de la mi-journée, dans une pinède de 3,5 hectares accessible par une étroite impasse, plusieurs gendarmes surveillent déjà le portail. Sur le parking de la résidence, derrière la grille, quatre véhicules de gendarmerie et quatre véhicules de la sécurité civile sont visibles. Peu avant 9h du matin, un impressionnant déploiement de CRS a été constaté sur les lieux de la résidence qui devrait être totalement inaccessible aux badauds et aux médias lors de l’arrivée des rapatriés de Wuhan. Le vol est attendu vers 12h30 à Istres (Bouches-du-Rhône).

 « A quelques kilomètres de là, dans le centre-ville, au petit matin, les commerçants de Carry-le-Rouet, petite ville de 5.800 habitants à une trentaine de kilomètres de Marseille, ont encore du mal à y croire. 
« Je suis très étonné, pourquoi nous, il y a plein d’autres endroits », s’étonne Frédéric Vernet, boucher. « Pas inquiet » pour sa santé, le quadragénaire n’a cependant pas pris de précaution particulière et ne veut surtout pas « tomber dans la psychose« . Mais ce qui l’inquiète le plus, ce sont « les affaires« . La ville s’apprête en effet à célébrer les « oursinades », une fête populaire au cours de laquelle la commune, pendant un mois, se déclare capitale des oursins qui seront dégustés sans modération. « J’ai bien peur que cette nouvelle nous cause du tort, c’est pas du tout une bonne pub« , craint Frédéric Vernet derrière son étal, craignant que des gens mal informés annulent leur visite. Quant aux rapatriés de Wuhan, il les « plaint », certes: « Mais ils seront bien logés, c’est un beau lieu de vacances, c’est mieux qu’un gymnase, c’est le paradis ».

« Un virus ça se propage et ça mute »

« L’hôtel d’à côté n’a pas enregistré d’annulation. Au contraire, il a récupéré quatre clients qui devaient séjourner dans la résidence réquisitionnée par les autorités. « On va voir comment ça évolue, mais il ne faut pas céder à la panique« , témoigne le gérant Julien Carraretto, qui a reçu de nombreux coups de fils et SMS de proches l’invitant à rester prudent. « Tout va bien s’ils ne sortent pas du lieu de confinement, mais je crains que 14 jours ce soit long et qu’ils ne respectent pas ces consignes« , s’interroge Elisabeth, infirmière à la retraite. « Un virus ça se propage et ça mute. C’est sûr qu’on est plus exposés que le reste des Français« , angoisse la vieille femme qui a appris « stupéfaite » la nouvelle la veille au soir.

« Lors d’une conférence de presse jeudi en fin de journée, le préfet des Bouches-du-Rhône Pierre Dartout avait tenu à rassurer par avance sur les risques de propagation du virus: les rapatriés de Wuhan « 
pourront sortir dehors, dans l’enceinte du centre, mais ils prendront les équipements nécessaires pour se protéger et protéger les autres, par exemple des masques ». Et il leur sera bien sûr interdit de quitter le périmètre du site: ils devront signer « un engagement » à respecter la quarantaine, a insisté Pierre Dartout, après avoir précisé que les résidents seraient répartis « par familles, dans des chambres distinctes« . Quant au maire, même s’il regrette d’avoir été informé « par la presse » du choix de sa ville avant de l’être par le gouvernement, il s’est toutefois voulu rassurant: « Je n’ai pas d’inquiétude car même s’il y avait quelqu’un qui soit contaminé et qu’on le sache pas, ils seront confinés dans un endroit inaccessible ou presque« . »

Dans les jours qui viennent les journalistes positionnés à Carry-le-Rouet vont devoir « meubler ». La France découvrira ainsi, hasard ou fatalité, que Carry-le-Rouet paraît avoir attiré les hommes depuis les temps les plus reculés de la préhistoire  méditerranéenne. Non loin de la quarantaine les « abris sous roche » du Rouet ont hébergé des populations nomades il y a environ 20 000 ans, lors des dernières glaciations.

La commune de Carry se souvient aussi d’un débarquement anglais en 1805, puis de son désenclavement un siècle plus tard grâce à ligne de chemin de fer Miramas-Marseille, et de l’arrivée de l’électricité prélude aux « zones résidentielles ». La France découvrira aussi que Fernandel y possédait une villa – et que Nina Simone a vécu ici les dernières années de sa vie.

A demain @jynau