PMA pour toutes ou pas ? Le Pr René Frydman est à nouveau très en colère, sur France Inter

Bonjour

On l’avait oublié, le revoici. Pour l’heure c’est sur France Inter (propos recueillis par Danièle Messager) . Où l’on retrouve le partenaire de Jacques Testart (Amandine, 1982) dénoncer le fait que la France ne fait plus la course en tête dans la compétition internationale de l’assistance médicale à la procréation. Selon lui  elle n’apparaîtrait  même plus dans les grandes revues scientifiques, distancée qu’elle serait loin derrière les pays anglo-saxons. Une forme de déchéance et de perte de chances par rapport à l’époque où il occupait, dans ec domaine, une place enviable à l’hôpital Antoine-Béclère de Clamart.

Le Pr Frydman prend la parole au lendemain des « Journées de gynécologie » organisée par le service dirigé, à l’Hôpital Foch, par le Pr Jean-Marc Ayoubi. Et il en vient à s’interroger : à quoi servirait « d’ouvrir la PMA à toutes les femmes » (précision : il y est favorable) au vu de la médiocrité des résultats français ? Où l’on observe le maniement médiatique du paradoxe médical dans un contexte politique donné.  Il indique que le « taux de réussite », en France, de la PMA est en moyenne à peine de 30%. Et d’ajouter (toujours selon France Inter) qu’il est aux États-Unis ou même (sic) en Espagne de  plus du double.

Et le Pr René Frydman de s’interroger : « Étendre les choses, alors qu’on n’a pas des résultats à la hauteur des espérances, y a quelque chose qui ne va pas, donc si c’est pour étendre pour un mauvais résultat et des échecs en permanence, on peut se poser la question ».

« Croiser les doigts »

Et l’un des « pères d’Amandine » de revenir et d’actualiser ses anciens combats. Dénoncer, par exemple, l’interdiction qui est faite, en France, d’établir un « diagnostic génétique » sur un embryon conçu par fécondation in vitro :

« La majorité des fausses couches sont des anomalies chromosomiques, explique René Frydman. Donc à quoi ça sert de remettre un embryon qui a une anomalie chromosomique qui fait qu’il ne va pas se développer.

«Toute femme enceinte peut faire une analyse chromosomique par une prise de sang au 3e mois, mais on ne peut pas le faire à l’embryon, alors que les femmes rament, elles font un parcours du combattant, et qu’on pourrait éviter un certain nombre de choses inutiles. On est la seule médecine qui croise les doigts en ayant fait le transfert d’embryon en espérant que ça prenne »

Une médecine française qui « croise les doigts » avec l’espérance que « ça prenne » ? Le Pr René Frydman avait, il y a un quart de siècle et contre Jacques Testart, su se faire entendre de Simone Veil (alors ministre des Affaires sociales, de la Santé et de la Ville) pour que la pratique du diagnostic pré-implantatoire soit autorisée en France. Sera-t-il, demain, entendu par Agnès Buzyn – puisqu’il semble désormais bel et bien acquis que cette dernière n’aurait finalement pas été retenue par le président de la République pour porter le drapeau de la République en Marche sur les terres européennes.

A demain

@jynau

Rembourser ou pas la «PMA pour toutes»? Agnès Buzyn est dans un très grand embarras

Bonjour

Sous-jacente à la question de la « PMA pour toutes », celle de sa prise en charge par la collectivité. A quel titre rembourser un geste qui ne serait plus thérapeutique ? C’est sur ce sujet, essentiel, qu’était interrogée Agnès Buzyn sur France Info, le 8 mars 2019. Une ministre des Solidarités et de la Santé en grande difficulté mais qui l’affirme : la proposition de loi de révision de la loi de bioéthique sera présentée en conseil des ministres « avant les vacances d’été » 1. Et ensuite ? C’est plus compliqué.

-Ce projet de loi est très sensible. Est-ce que la question du remboursement par la sécurité sociale de tous les actes liés à la PMA est tranchée ? Est-ce que ce sera ou pas dans le projet de loi ?

Aujourd’hui aucune des mesures n’est tranchée. Elles sont actuellement …

-Vous y êtes favorable ou pas ?

Heuh… Il y a des .. Je pense que … Il faut que les droits puissent s’exercer pour les femmes. Aujourd’hui les femmes qui en ont les moyens peuvent déjà aller faire une PMA en Belgique ou en Espagne. Donc si on veut que les droits soit réels, il faut probablement permettre un remboursement. Es-ce que c’est pour toutes les femmes … ? Tout cela est en train d’être discuté (….)

Ce que je veux dire c’est que si l’on veut que les femmes puissent vraiment bénéficier de cette aide à la procréation médicalement assistée et que l’on veut que leurs droits s’exercent réellement il faudra accompagner certaines femmes qui n’ont pas les moyens d’aller le faire ailleurs. C’est assez cher de le faire en Belgique ou en Espagne. Voilà. C’est en discussion. Je ne veux pas m’avancer sur ce point.

Autre question , nettement moins embarrassante pour la ministre, concernant la suppression de la clause de conscience pour les médecins dans le cadre de la pratique de l’IVG : elle est contre.

A demain

@jynau

1 Le même jour Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat à l’égalité femmes-hommes, avait déclaré : « La parole qui compte est celle du président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand. C’est lui qui a la main sur le calendrier parlementaire et il a déclaré que la PMA pour toutes serait mise à l’agenda avant cet été. Il tiendra cet engagement du président de la République ».

Endométriose : pourquoi ce désintérêt de l’Inserm avant qu’Agnès Buzyn ne le saisisse ?

Bonjour

Ainsi donc, enfin, un grand « Plan d’action pour renforcer la prise en charge de l’endométriose ». Un Plan annoncé le 8 mars 2019 à l’occasion de la « Journée des droits des femmes ». Un Plan qui n’aurait sans doute pas vu le jour sans la mobilisation associative et médiatique croissante pour dire que cette pathologie existait, qu’elle était sous-estimée, mal comprise et – corollaire- que celles qui en souffraient étaient le plus souvent mal-traitées.

Un Plan d’action construit autour de trois axes : faciliter la détection précoce de la maladie ; améliorer l’accompagnement des femmes concernées ainsi que sur l’information sur « cette maladie encore trop souvent méconnue du grand public, des femmes et des professionnels de santé ». Artillerie lourde et jargon habituel. Chaque région devra identifier sa « filière endométriose » pour  « éviter les parcours de soins erratiques » et « renforcer l’égal accès aux soins dans tous les territoires ». Un « groupe de travail national »sera mis en place pour « définir le contour de ces filières » qui devront être ensuite « formalisées par les ARS ».  devront ensuite formaliser ces « filières endométriose », en lien avec les représentants des professionnels de santé et les associations spécialisées de patientes, d’ici la fin de l’année 2019.

Cigarette électronique

Ce n’est pas tout. Il s’agira aussi d’ « encourager à faire de l’endométriose un champ de recherche à part entière ». Aussi la ministre des Solidarités et de la Santé a-t-elle demandé à l’Institut national de la santé et de la recherche médical (Inserm) « de renforcer la communication scientifique vers la communauté des professionnels et chercheurs pour la valoriser la recherche dans ce domaine ». Et de renforcer cette communication « avec des outils de pédagogie à destination du grand public pour que les nouvelles connaissances sur la maladie soient partagées ».

Où l’on voit tout l’intérêt qu’Agnès Buzyn ait pu retrouver son autonomie ministérielle pleine et entière vis-à-vis de l’Inserm. Où l’on en vient aussi à se demander pourquoi le même Inserm ne s’était pas, de lui-même, plus tôt largement investi dans la recherche sur cette pathologie. Où l’on en viendrait presque à espérer que, dans le champ du tabagisme de la santé publique et de la réduction des risques, la ministre demande un jour à l’Inserm de se pencher sur les vertus de la cigarette électronique.

A demain

@jynau

Mères porteuses : les entremetteurs.teuses n’ont plus droit de cité sur le sol français

Bonjour

Inconnue ou presque (pourquoi ?) des médias généralistes l’affaire est rapportée par le site Gènéthique.  Où l’on apprend que l’hébergeur d’un site internet Subrogaliaqui « proposait des services de GPA en France » vient d’être condamné par le Tribunal de grande instance de Versailles. Me Adeline le Gouvelloexplique les tenants de la décision qui a vu ici l’association desJuristes pour l’enfance obtenir gain de cause.

 Les faits. « Une société basée en Espagne, la société Subrogalia, disposait d’un site Internet à destination des Français pour proposer des services de GPA, explique l’avocate. Elle vantait la qualité de ses services, avec plus de cent cinquante GPA réalisées par an, plus de 850 clients heureux, des honoraires à la hauteur des services effectués, se disant ’bien plus qu’un simple intermédiaire’. Le public français visé était explicitement désigné puisque le site était accessible en Français, qu’un drapeau français permettait de l’afficher en langue française s’il apparaissait dans une autre langue, et que les problématiques juridiques françaises ne manquaient pas d’être évoquées et décryptées (circulaire Taubira, jurisprudence de la Cour Européenne des Droits de l’Homme) avec une proposition de mise à disposition d’avocats spécialisés pour régler les problèmes qui se poseraient en France. »

Le contexte. Dès 2016, l’association des Juristes pour l’enfance avait notifié à l’éditeur du site (la société Subrogalia) une mise en demeure d’avoir à retirer le contenu de son site illicite sur le territoire français. Sans suite.. L’association JPE a donc informé l’hébergeur de la teneur du site de Subrogalia et de son contenu manifestement illicite en France, du fait des dispositions civiles et pénales relatives à la GPA et à l’entremise. Toutefois, l’hébergeur a refusé de retirer ce contenu ou de le rendre inaccessible en contestant ce caractère manifestement illicite. La juridiction compétente a donc été saisie et le tribunal a fait droit à la demande de l’association.

Une première. « C’est la première fois à notre connaissance qu’un hébergeur est condamné pour un site offrant des services de mère porteuse, précise l’avocate. Aucune juridiction n’avait été saisie de tels faits jusqu’à présent et les juges ont ainsi eu l’occasion de trancher le caractère manifestement illicite de ces contenus, ce qui donne une précieuse indication à tous les hébergeurs de ces sites. »

Le Tribunal de grande instance de Versailles a eu recours à l’article 6-I-2 de la loi pour la confiance dans l’économie numérique (LCEN) 1. Il a dans un premier temps analysé si le contenu proposé était manifestement illicite, puis il a examiné si l’hébergeur avait été informé de ce contenu et l’avait ou non rendu inaccessible.

Les juges ont notamment constaté que l’hébergeur avait été informé du caractère manifestement illicite de ce site, mais qu’il s’était contenté de le contester alors que « le site avait vocation à permettre à des ressortissants français d’avoir accès à une pratique illicite en France et de contourner les dispositions du droit positif français ce qui constitue une infraction pénale. La localisation de la société Subrogalia en Espagne et la licéité de la GPA en Espagne sont sans influence sur la licéité du contenu du site à destination du public français ».

Les conséquences de cette décision. « Les juges ont eu l’occasion de mettre en application la LCEN et de condamner les hébergeurs dans des domaines très variés : contrefaçon (de films, de musique), injures, diffamations, défaut de suppression de données personnelles, propos antisémites, etc. explique l’avocate. Cette décision élargit son champ d’application et qualifie le caractère manifestement illicite de sites proposant des services de mère porteuse aux Français. Cela permet de maintenir effective l’interdiction de la GPA en France et donne de la cohérence à notre Droit : on ne peut mettre en ligne sur le territoire français et pour les Français des services prohibés par la loi française. »

Où l’on voit que la triste vérité au-delà des Pyrénées peut être une faute en deçà – et que le citoyen français peut avoir confiance  dans la justice rendue à Versailles.

A demain

@jynau

1 Article 6-I-2 de la LCEN : « Les personnes physiques ou morales qui assurent, même à titre gratuit, pour mise à disposition du public par des services de communication au public en ligne, le stockage de signaux, d’écrits, d’images, de sons ou de messages de toute nature fournis par des destinataires de ces services ne peuvent pas voir leur responsabilité civile engagée du fait des activités ou des informations stockées à la demande d’un destinataire de ces services si elles n’avaient pas effectivement connaissance de leur caractère illicite ou de faits et circonstances faisant apparaître ce caractère ou si, dès le moment où elles en ont eu cette connaissance, elles ont agi promptement pour retirer ces données ou en rendre l’accès impossible. »

 

La promesse d’Emmanuel Macron sur la PMA pourrait ne pas être tenue durant ce quinquennat 

Bonjour

Hier Le Figaro le pressentait. C’est fait : Marc Fesneau, ministre en charge des relations avec le Parlement a, lundi 4 mars, fixé « un horizon de douze mois » pour une adoption définitive de l’extension de la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de femmes et aux femmes seules. Un nouveau recul, de nouveaux atermoiements et, conséquences immédiate, l’ire montante des associations LGBT (lesbiennes, gays, bi et transgenres). Où l’on voit une promesse du candidat Macron s’étioler au rythme des aléas et des choix politiques.

A l’automne dernier, le gouvernement avait déjà décidé de reporter à l’été l’examen du texte devant l’Assemblée nationale – et ce alors qu’il devait initialement être présenté avant la fin d’année 2018. Lors d’une rencontre avec une quinzaine d’associations LGBT, Emmanuel Macron avait alors tenté de rassurer, assurant que cette promesse de campagne serait promulguée « courant 2019 ». Et le chef de l’Etat d’affirmer « qu’il n’y avait pas de report, pas de recul et que, courant 2019, la loi bioéthique serait promulguée et que le calendrier annoncé était maintenu ».

Puis, en janvier, Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé avait fait savoir que le projet de loi de bioéthique ne tarderait plus guère a être connu.Un recul officiellement présenté comme  la conséquence « de l’encombrement du calendrier parlementaire ». L’agenda pourrait, cette fois, être de nouveau être bousculé par la nécessité de traduire dans la loi des mesures issues du grand débat national.

Lundi 4 mars M. Fesneau a confirmé que le projet de loi de révision de la loi de bioéthique « sera en conseil des ministres avant l’été comme prévu ». Mais s’agissant de l’adoption du texte, il a toutefois été nettement moins formel qu’Emmanuel Macron quelques mois avant lui.  « Il suivra son chemin parlementaire », a précisé le ministre MoDem. En d’autres termes, il n’y aura pas de procédure accélérée devant les deux chambres.

La peur de La Manif pour Tous ?

« Ce n’est pas repoussé en tant que tel, a assuré M. Fesneau à LCI.  On verra en termes de calendrier, mais ce sera fin d’année 2019, deuxième semestre 2019, et si ça déborde, ça déborde. » Ce qui, on en conviendra aisément ,n’est ni élégant ni rassurant. « On a besoin sur ces sujets de nourrir la réflexion des citoyens sur un champ dépassionné, on a trop œuvré dans la passion, on a besoin de se faire une opinion commune », plaide-t-il, soulignant que « le gouvernement a fait le choix de donner le temps du débat ».

Même cause mêmes effets : A la suite de ce nouveau report les associations féministes et LGBT disent leur dépit.  « Quand on apprend dans le journal ce matin que la loi de bioéthique est repoussé à 2020. Les droits des lesbiennes toujours oubliées. On ne veut plus attendre ! », déplore l’association Osez le féminisme !.

Il faudra pourtant bien attendre. Jusqu’à quand ? 2020 ou après ? Le député Jean-François Eliaou (LREM, Hérault) rapporteur pour l’évaluation de la loi bioéthique de 2011, conteste l’idée que la révision serait traitée par le gouvernement comme un sujet secondaire. «Ce n’est pas une loi subsidiaire, mais il faut de la sérénité, pas que ce soit un combat politicien. Et en ce moment, on n’est pas du tout dans cette ambiance-là», affirme-t-il. Annie Genevard, vice-présidente de l’Assemblée nationale (LR): «Dans le contexte très clivé que nous connaissons, le gouvernement mesure que les lois bioéthiques ne sont pas de nature à apaiser les Français.» D’où l’absence d’empressement.

«Peut-être qu’ils ont peur d’un nouveau 2013 … », ose Agnès Thill, députée LREM, dont la voix dissidente sur la PMA a récemment provoqué de graves crispations au sein de la majorité. Pour l’examen de cette loi Emmanuel Macron a régulièrement souligné qu’il voulait « une France apaisée ». Aussi rien n’interdit de penser que celle loi attendra. Et si ça doit déborder, ça débordera. 

A demain

@jynau

« Certificats de virginité » : ce que tout médecin se devrait de savoir quant au respect de l’intimité  

Bonjour

Sur l’agenda, 8 mars : « Journée Internationale des Femmes ». En France l’association « Osez le féminisme ! » annonce une action contre les discriminations dont les femmes seraient les victimes dans le vaste champ de la médecine. Pour l’heure un document symptomatique en provenance de Belgique. Un document du Conseil national de l’Ordre des médecins de ce pays :

« Avis du Conseil national : En sa séance du 16 février 2019, le Conseil national a examiné la problématique des tests et des certificats de virginité. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a publié en octobre 2018 une déclaration cosignée par le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme et ONU-Femmes, visant à faire cesser la pratique des tests et certificats de virginité qui sont toujours réalisés dans certains pays dont la Belgique 1

Le Conseil national estime que donner suite à une demande de rédaction d’une attestation de virginité n’a pas de justification. Il n’est pas possible d’affirmer avec certitude sur la base d’un examen clinique qu’une personne n’a jamais eu de rapport sexuel. Outre cette considération proprement médicale, il faut souligner les aspects déontologiques et éthiques de cette pratique. Le consentement et le respect de la patiente posent question. Ces examens sont souvent demandés par des tiers sans considération pour l’intimité personnelle et le droit à la vie privée de la personne concernée.

Ils peuvent être vécus comme une agression. Ils entraînent une discrimination entre les femmes et les hommes dont les rapports sexuels échappent à toute évaluation de ce type. C’est un acte médical inutile pour la santé, sans pertinence scientifique et lourd de conséquences potentielles sur le bien-être de la patiente (…).

Le Conseil national de l’Ordre des médecins soutient la déclaration de l’OMS qui recommande aux professionnels de la santé de refuser de pratiquer ces tests et de délivrer des attestations de virginité. »

Du Brésil à la Suède, vingt-cinq pays concernés

En France, rappelle Le Quotidien du Médecin, le Conseil national de l’Ordre  a adopté une position similaire en 2003. Il considérait alors que « n’ayant aucune justification médicale et constituant une violation du respect de la personnalité et de l’intimité de la jeune femme (notamment mineure) contrainte par son entourage de s’y soumettre, un tel examen ne relève pas du rôle du médecin ». Les médecins sont « invités à refuser l’examen et la rédaction d’un tel certificat».

Voici d’autre part ce que l’on peut lire sur le site officiel filsantejeunes.com :

« Vous avez peut-être déjà entendu : « Je vais faire un test de virginité ? A quoi sert-il ? Est-il autorisé ? Dans quels contextes pourrait-on être amené à le passer ? » En quoi cela consiste ? Qu’apporte-t-il ?

« Il consiste à visualiser les parties génitales externes, et l’entrée du vagin afin de constater la présence ou l’absence de l’hymen. Sur le plan médical et anatomique, faire un certificat de virginité n’a pas vraiment de valeur. L’hymen peut avoir été rompu pour de multiples raisons. Certaines femmes naissent même avec une membrane imperceptible voire inexistante. L’état de l’hymen ne prouve donc pas la virginité d’une femme. Ainsi, il est quasi-impossible pour le médecin ou la sage-femme de réaliser un test de virginité. Mais, dans des situations bien spécifiques, certains examens sont réalisables. On vous explique ! Il existe deux types de certificats. Le certificat dit de « complaisance » et le certificat « médico-légal ». Il est important de pouvoir faire la distinction !

I Certificat de complaisance :

 « – Dans un premier cas : il s’agit d’une demande faite par la famille ou le futur conjoint qui contraignent la femme à se soumettre à l’examen. Lorsque l’on utilise le terme « contraindre », cela ne  veut pas dire qu’elle en est menacée, mais que la demande est faite par une tierce personne.

Les conseils de l’Ordre des médecins et des sages-femmes considèrent que cette pratique  constitue « une violation de l’intimité ». Outre son caractère assez approximatif, ce test paraît contraire à la dignité et à la liberté de la femme.
Le certificat médical doit être un document objectif et fiable, ce qui semble compromis dans ce cas précis. Cette pratique est donc interdite par la loi et sanctionnée (punie).

– Dans un second cas : la décision peut venir de la femme en question (ne subissant en apparence aucune pression familiale et culturelle). Aucun texte de loi ne s’oppose au certificat de virginité dans cette situation. On peut tout de même s’interroger : pourquoi une femme aurait besoin, seulement pour elle-même, de se soumettre à un test dont elle connait déjà le résultat ?

II Certificat médico-légal :

 « La situation est totalement différente lorsque l’examen est réalisé à des fins médico-légales, et est donc faite sur réquisition des services judiciaires.
Deux cas peuvent être décrits :
– Une jeune femme désirant faire constater sa virginité en vue d’une éventuelle annulation de son mariage pour non-consommation par exemple. Le médecin examinera l’hymen et constatera l’absence de déchirure en restant bien sur très prudent considérant qu’un hymen est différent voire absent d’une femme à l’autre.

– Une jeune femmevictime ou se disant victime d’une agression sexuelle. Il s’agit alors d’une constatation de violence sexuelle accompagnée de prélèvements et examens biologiques. »

A demain@jynau

1 Selon l’OMS voici les pays où cette pratique a été  documentée : l’Afghanistan, le Brésil, l’Égypte, l’Inde, l’Indonésie, l’Iran, l’Irak, la Jamaïque, la Jordanie, la Libye, le Malawi, le Maroc, les Territoires palestiniens, l’Afrique du Sud, le Sri Lanka, le Swaziland, la Turquie, le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord et le Zimbabwe. La Belgique, le Canada, les Pays-Bas, l’Espagne et la Suède sont également cités.

 

 

Mobilisation médicale : voici pourquoi et comment il faut fermer toutes les petites maternités  

Bonjour

C’est une formidable prise de position œcuménique – un phénomène rarissime dans la profession médicale. Un texte destiné à la presse et signé par un vaste aréopage représentant les anesthésistes-réanimateurs, les gynécologues médicaux et les gynécologues-obstétriciens, les pédiatres et des médecins généralistes 1. Ils disent « entendre les inquiétudes qui grandissent autour de la fermeture de certaines maternités de proximité» .  Pour autant ces acteurs du réseau de périnatalité entendent rappeler que le problème de sécurité des patientes et des nouveau-nés doit être « au cœur de la réflexion sur l’évolution de ces structures ». Ecoutons-les :

« La dissémination de l’offre de soins en maternité sur chaque territoire de santé est un facteur déterminant de risque de perte de qualité et de sécurité des soins. Les ressources humaines médicales nécessaires pour assurer en permanence une qualité égale sur tous les territoires sont limitées. La restructuration de l’offre dans ce domaine est une nécessité pour préserver la qualité et la sécurité des soins.

« L’assouplissement des critères de sécurité, la baisse du niveau de qualification des acteurs, la multiplication des contrats de médecins remplaçants à la place d’équipes expérimentées, ne peuvent constituer des solutions pour maintenir des maternités qui ne répondent pas aux exigences de qualité/sécurité. »

Selon eux il ne faut pas s’y tromper : « la proximité n’est pas gage de sécurité »

« Ne pas accepter les nécessaires restructurations, c’est contraindre les soignants à moins de sécurité des pratiques, à moins de qualité dans la prise en charge des accouchements. C’est  mettre en danger les femmes qui viennent accoucher, comme les personnels soignants. Ceci aboutira dans un futur très proche à une aggravation de la situation actuelle qui cumule les déserts médicaux, l’insatisfaction des femmes, l’augmentation de pathologies graves et accroît le risque de mortalité pour les femmes et les nouveau-nés. »

 Le torrent des modernités

En d’autres termes, le projet médical de territoire «doit être guidé par l’équilibre sécurité-proximité» via les communautés médicales des Groupements Hospitaliers de Territoire (GHT).

« Le maillage des maternités publiques et privées situées dans les villes ou départements limitrophes du lieu de résidence, les moyens déployés pour améliorer les voies d’accès afin que le temps d’accès moyen n’augmente pas malgré les fermetures, le transport des parturientes ou encore leur hébergement dans des hôtels hospitaliers sur les lieux d’accouchement sont autant de solutions qui doivent être analysées et proposées pour accompagner la fermeture des maternités qui ne répondent plus aux exigences de sécurité. 

 « Dans certaines régions, ces solutions existent déjà et fonctionnent, que ce soit à l’étranger (Suède, Finlande) ou en France (l’exemple des îles de la côte Ouest, Belle Ile, Groix, Ile d’Yeu, où habitent plus de 12 000 habitants est significatif). »

 On peut, selon eux, le dire autrement : maintenir une maternité qui ne parvient pas, dans les faits, à offrir une organisation pérenne 24h/24 répondant aux critères de qualité / sécurité de la HAS est une erreur managériale pour les directions d’hôpitaux, médicale pour les médecins et les sages-femmes et une tromperie politique envers les femmes auxquelles est annoncé que tout fonctionne correctement. Sans réaction rapide, ces situations vont se multiplier.

Que l’on ne s’y trompe pas : ce n’est pas là un soutien aveugle au pouvoir exécutif. Car pour les signataires l’accompagnement financier et organisationnel de ces mutations incombe bel et bien au gouvernement au travers des dispositions de la loi d’organisation de la transformation du système de santé, aux ARS pour le financement des réseaux périnataux de partenariat et à l’Assurance maladie au travers du nécessaire accompagnement des Communautés professionnelles territoriales de santé.

« L’évolution est urgente et inéluctable du fait de la démographie médicale. Elle est nécessaire pour la sécurité des patientes. Nous comprenons les craintes des patientes mais rester crispé au milieu du gué est particulièrement dangereux. Refusons la démagogie et construisons l’avenir avec les patients, les soignants et les élus responsables. »

Refusons la démagogie facile et la perversité populiste, certes. Mais comment ne pas rester crispé au milieu du gué quand on ne voit pas ce qui nous attend de l’autre côté des torrents de la modernité ?

 A demain

@jynau

1 Signataires : Laurent Heyer, président du CNP-AR (Conseil National Professionnel d’Anesthésie-Réanimation) ; Benoît Plaud, président du CNEAR (Collège National des Enseignants d’Anesthésie-Réanimation) ; Xavier Capdevila, président de la SFAR (Société Française d’Anesthésie et de Réanimation) ; Christian-Michel ARNAUD, président du SNARF (Syndicat National des Anesthésistes-Réanimateurs de France) ; Denis Cazaban, président du SMARNU (Syndicat des Médecins Anesthésistes-Réanimateurs Non Universitaires) ; Anne Wernet, présidente du SNPHAR-e (Syndicat National des Praticiens Hospitaliers Anesthésistes-Réanimateurs) ; Élie SALIBA, président de la SFN (Société Française de Néonatologie) ; Olivier Claris, Chef de service de néonatologie et de réanimation néonatale au CHU de Lyon ; Blandine Mulin, présidente de la FFRSP (Fédération Française des Réseaux de Santé Périnatale) ; Thierry Debillon, président de la SFMP (Société Française de Médecine Périnatale) ; Jean-Christophe Rozé, professeur de Pédiatrie à l’Université de Nantes ; Israël Nisand, président du CNGOF (Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français) ; Michèle Scheffler, présidente du CNPGO (Conseil National Professionnel de Gynécologie et Obstétrique) ; Vincent Zerr, président de la FECEGOCH (Fédération des Cercles d’étude des Gynécologues Obstétriciens des Centres Hospitaliers) ; Bertrand de Rochambeau, président du SYNGOF (Syndicat National des Gynécologues Obstétriciens de France) ; Pascale Le Pors, vice-présidente du SYNGOF, pôle Praticiens  Hospitaliers ; Jacques Trévidic, président de la CPH (Confédération des Praticiens des Hôpitaux) et de APH (Action Praticiens Hôpital) ; Renaud Péquignot, président Avenir Hospitalier ; Emmanuel Loeb, président de Jeunes Médecins ; Jeremy Do Cao, président de l’AJP (Association des Juniors en Pédiatrie) ; Gabriel Saiydoun, président du CNJC (Conseil national des Jeunes Chirurgiens) ; Franck Verdonk, président du SNJAR (Syndicat des Jeunes Anesthésistes-Réanimateur) ; François BRAUN, président de Samu-Urgences de France