Vincent Lambert: des poursuites sont annoncées contre le médecin qui veut «arrêter les soins »

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19 mai 2019. Communiqué des défenseurs de Vincent Lambert : « Malgré le rappel par le défenseur des droits du caractère obligatoire des mesures provisoires réclamées par l’ONU le 2 mai 2019, malgré le rejet par l’ONU de la position de la France et la réitération des demandes provisoires le 17 mai 2019, malgré le rappel par les experts judiciaires d’absence médicale d’obstination déraisonnable, malgré le rappel par les experts judiciaires que la situation médicale de Vincent Lambert « n’appelle aucune mesure d’urgence », le docteur Sanchez n’a toujours pas annoncé à la famille la suspension de sa décision d’arrêter l’alimentation et l’hydratation de Vincent Lambert. »

A ce titre « de nouveaux recours seront donc déposés dès le lundi 20 mai « pour faire respecter les mesures provisoires réclamées à deux reprises par l’ONU et dont le défenseur des droits a rappelé le caractère obligatoire ». Ce n’est pas tout : « les parents saisissent également les autorités et tribunaux compétents d’une plainte disciplinaire aux fins de radiation du docteur Sachez ainsi que de poursuites pénales à son encontre ». Le Dr Vincent Sanchez est le médecin qui dirige le service des soins palliatifs et l’unité des patients « cérébrolésés » de l’hôpital Sébastopol (CHU de Reims) où Vincent Lambert est hospitalisé.

Nouvelles dimensions

Ce dossier prend chaque jour de nouvelles dimensions, religieuses et politiques. La Conférence des évêques (CEF) vient ainsi de de s’émouvoir de la « précipitation » à conduire « vers la mort » Vincent Lambert, et interroge : « Pourquoi ne pas attendre la réponse sur le fond de la part du comité de l’ONU ? » Les avocats des parents se sont directement adressé à Emmanuel Macron dans une lettre ouverte, qualifiant la mort programmée du patient de « crime d’Etat commis au prix d’un coup de force contre l’Etat de droit ».

François-Xavier Bellamy, tête de liste LR aux élections européennes a demandé, dimanche 19 septembre, « qu’on se laisse le temps » dans ce dossier, dans lequel Emmanuel Macron devrait intervenir, selon lui. « J’ai du mal à comprendre qu’on se précipite », a-t-il ajouté, en exprimant « sa compassion » pour ses « parents qui vivent ce compte à rebours qui a quelque chose d’atroce ». « Si nous entrons dans cette voie dangereuse qui consiste à dire qu’une vie dépendante, une vie fragile, une vie malade, ne mérite pas d’être vécue, alors nous allons construire un monde inhumain et c’est un enjeu majeur des années à venir », a-t-il mis en garde.

A l’inverse, le même jour, sur France Inter,la sénatrice (Bas-Rhin) Fabienne Keller (numéro 7 de la liste Renaissance-République en marche aux élections européennes) a estimé que l’affaire ne concernanit nullement les politiques et donc le chef de l’Etat.

Idem pour Jean-Luc Romero, président de l’Association du droit à mourir dans la dignité. Il a de son côté affirmé sur RTL que ce n’était pas le «rôle» du chef de l’État d’intervenir dans ce dossier. «Je suis très en colère, en Belgique ça ne pourrait pas arriver. La personne qui doit décider en premier c’est la femme, après ce sont les enfants adultes, et enfin les parents, a-t-il déclaré. Si on avait une loi bien faite, nous n’en serions pas là.» Où nous serions ? M. Romero ne le dit pas.

Le président ne serait pas concerné ? Trop tard. L’« Union nationale des associations de familles de traumatisés crâniens et de cérébrolésés » (UNAFTC) vient de lancer un « cri d’alarme » sur le site de la présidence de la République : https://www.elysee.fr/ecrire-au-president-de-la-republique/. Objet : demander au président de la République « d’empêcher la mort de M. Lambert et de d’ordonner son transfert dans un service adapté ».

A Reims Le Parisien/Aujourd’hui en France (Marc Payet) évoque un hôpital Sébastopol « bunkérisé ». Pour sa part l’Agence France Presse cite « une source médicale » selon laquelle ce « protocole d’arrêt des soins » pourrait « durer de deux à quatre jours et comprendre, outre l’arrêt des machines à hydrater et alimenter, une sédation ‘’contrôlée, profonde et continue’’, ainsi qu’une prise d’analgésiques ‘’par précaution’’ ».

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@jynau

Extinction. Pourquoi tant de sang au Trocadéro ? Et ces pressions sur les journalistes ?

Bonjour

Connaissez-vous, né en Grande Bretagne, le mouvement Extinction Rebellion ? Il exige « la reconnaissance de la gravité et de l’urgence des crises écologiques actuelles » et « une communication honnête sur le sujet ». Mais aussi « la réduction immédiate des émissions de gaz à effet de serre pour atteindre la neutralité carbone en 2025 ». Et encore « l’arrêt immédiat de la destruction des écosystèmes océaniques et terrestres, à l’origine d’une extinction massive du monde vivant ». Sans oublier « la création d’une assemblée citoyenne chargée de décider des mesures à mettre en place pour atteindre ces objectifs et garante d’une transition juste et équitable ».

Des militants se réclamant de la branche française de cette mouvance ont déversé, dimanche 12 mai, du faux sang sur les marches du Trocadéro, à Paris. Vêtus de noir, jeunes gens pour la plupart, ils s’étaient munis de trois cents litres de « sang » – mélange de colorant alimentaire et de maïzena®. Puis ils ont déversé le rouge contenu de leurs bidons sous les yeux de nombreux touristes et des policiers présents dans le secteur.

Porteurs de grandes banderoles vertes « Extinction Rebellion » et d’un calicot noir « Stop à la 6e extinction de masse », ils se sont ensuite recueillis plusieurs minutes en silence – avant de commencer à éponger les marches innombrables.

A Bordeaux, six personnes se revendiquant du même mouvement ont été placées en garde en vue dimanche pour avoir participé à l’accrochage dans la nuit d’une grande banderole « Chirac reviens ! » sur des échafaudages de la Chambre de commerce et d’industrie, place de la Bourse, haut lieu touristique. Selon un organisateur, ce message visait d’abord à « interloquer les gens ».

Les six personnes ont été interpellées sur place pour « mise en danger délibérée de la vie d’autrui » (celle des passants sous l’échafaudage et des policiers et pompiers intervenus sur les lieux). La banderole a, le lendemain, été retirée par les pompiers.

Fin (humoristique) du journalisme

Extinction Rebellion France s’est structuré ces derniers mois, sur le modèle de celui né à l’automne 2018 en Grande-Bretagne où il prône la « désobéissance civile non violente » pour contraindre gouvernants et responsables à répondre à la crise climatique et écologique. Le trois mai dernier, à l’occasion de la Journée internationale de la liberté de la presse, ce mouvement organisait « les funérailles du journalisme » ; « action satirique et non violente » qui s’inscrivait  dans le cadre de : « La reconnaissance de la gravité et de l’urgence des crises écologiques actuelles et une communication honnête sur le sujet ». Humour :

« Nous avons la douleur de vous faire part de la disparition du devoir d’information des journalistes. Nous vous présentons nos sincères condoléances et vous convions aux obsèques du journalisme. Force est de constater que face à l’Urgence des défis environnementaux & sociaux, du dérèglement climatique, de l’extinction massive d’espèces, des risques d’effondrement de nos sociétés, … vous ne remplissez pas votre devoir d’information et ne respectez pas la charte de déontologie journalistique et la déclaration des devoirs des journalistes (Charte de Munich 1971). »

Et de réclamer aux médias quatre preuves d’engagement : une rubrique quotidienne quelques soient leurs supports (presse / radio / TV) ; un bandeau en couverture : « Urgence climatique, regardons la vérité en face » ; dossier spécial : état du monde & perspectives ; la signature d’une charte d’engagement de ‘’Journalistes Authentiques, Réalistes & Honnêtes’’. Est-ce là, toujours, de l’humour ? Ou les premiers symptômes d’un mouvement qui au nom des meilleurs raisons écologiques du monde, ne pourra qu’évoluer vers les menaces, la contrainte et les actions violentes médiatisées. Sur le modèle des vegans anti-bouchers.

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@jynau

Nos amies les bêtes disparaissent ; un boucher bio parisien, proie des anti-spécistes

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6 mai 2019. A Coteaux-sur-Loire, depuis le « Maroc », on a entendu le premier coucou. Argent dans la poche. Et puis la vie comme elle va, en France, via les médias. A Paris Le Monde a explosé sa manchette pour, une nouvelle fois, hurler dans le désert – tenter de dire  l’enfer qui nous attend.

Un million d’espèces animales et végétales sont menacées d’extinction dans le monde : c’est l’alerte lancée par la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques. Fruit de trois ans de travail, son rapport constitue la première évaluation mondiale de l’état de la biodiversité depuis 2005, et la plus complète.

« Le rythme actuel de disparition des espèces sauvages est sans précédent dans l’histoire de l’humanité et il s’accélère, avertissent les experts. Les causes, toutes d’origine humaine, en sont la destruction des habitats naturels, la surexploitation des ressources, le changement climatique, les pollutions multiples et les espèces invasives.

« Selon les chercheurs, il est encore possible d’enrayer la perte de la biodiversité, à condition de changements rapides et profonds dans notre consommation de ressources tirées de la nature. Il en va, soulignent-ils, de l’avenir de l’humanité. »

Maculer et à frapper des hommes

Le même jour l’AFP nous apprenait que deux personnes étaient en garde à vue après l’agression d’un boucher par des militants anti-spécistes à Paris. Ce boucher a été attaqué sur son stand du marché couvert Saint-Quentin, près de la gare de l’Est dans le 10e arrondissement de la capitale.

« Je préparais une commande pour un client. J’ai senti un liquide me toucher, j’ai mis la main à la tête, le liquide était très rouge. J’ai levé la tête, il y avait entre quinze et vingt individus devant l’étalage avec des slogans : “liberté et défense des animaux” », a témoigné le boucher sur BFM-TV.

Paradoxe ou pas cet homme vend de la « viande bio ». Il assure avoir « été frappé » et affirme que sa marchandise a été « détruite ».  « C’est un boucher qui est dans la filière bio. Ce monsieur est dans une démarche de proximité, de suivi du bien-être animal », a confirmé à l’AFP  Jean-François Guihard, président de la Confédération française de la boucherie, boucherie-charcuterie, traiteurs.

Depuis plusieurs mois, les actes de vandalisme se multiplient sur des boucheries et commerces de bouche tagués de revendications anti-spécistes par des activistes opposés à toute hiérarchie entre les espèces et qui prônent une alimentation végétalienne. Des activistes passionnés qui font assez peu de cas du végétal et qui, au nom des bêtes, en viennent à maculer et à frapper des hommes.

A demain

@jynau

PS : « Didier Guillaume, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, se rendra au marché couvert Saint-Quentin dans le 10ème arrondissement de Paris, mardi 7 mai à 9h, auprès de Steevens Kissouna, boucher qui a subi samedi dernier une agression de militants antispécistes. Le Ministre souhaite apporter tout son soutien au commerçant et à travers ce soutien, condamner toutes les actions violentes contre les professionnels de la filière viande. »

 

 

 

Suicides : le courage atypique du directeur général de la police nationale ; silence à l’hôpital

Bonjour

Il se nomme Eric Morvan, 62 ans. Né à Nevers, haut fonctionnaire, carrière ascendante exemplaire, occupe depuis près de deux ans le poste à haut risque de directeur général de la police nationale (DGPN) Fait sans précédent, il invite dans une lettre envoyée à tous les policiers, vendredi 19 avril, la profession au dialogue et à la libération de la parole face à la vague de suicides dans l’institution, un sujet tabou chez les forces de l’ordre.

Dans sa lettre aux 150 000 fonctionnaires de police français (et dont l’Agence France-Presse a eu copie) Eric Morvan enjoint à parler du suicide – une démarche atypique qui ne va pas nécessairement de soi dans l’institution.

« Plusieurs de nos collègues ont mis fin à leurs jours. Certains penseront peut-être que ce dramatique enchaînement relève d’un facteur mimétique 1  et que, plus on parle du suicide, plus on prend le risque d’en susciter, dans un contexte rendu encore plus difficile par la charge opérationnelle ».

« Il faut en parler. Sans crainte d’être jugé. Il faut se confier, se persuader qu’avouer un mal-être n’est jamais une faiblesse (…)  La responsabilité humaine que l’on doit reconnaître à celui ou celle qui prend cette terrible décision ne nous exonère pas de la nôtre »

Le DGPN, qui évoque « un devoir collectif », y compris et surtout des chefs, dont le management est, nous dit l’AFP, « souvent pointé du doigt par les organisations syndicales de gardiens de la paix ».

Intérieur, Solidarités et Santé

Le Monde pascal, qui consacre sa manchette au phénomène : « Suicides dans la police : l’état d’urgence », donne la parole (Louise Couvelaire) à Sebastian Roché, directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique et « spécialiste de la police ». Il a notamment publié De la police en démocratie (Grasset, 2016). Pour ce chercheur, le nombre important de suicides de policiers enregistrés depuis le début de l’année est un phénomène alarmant, mais difficile à analyser, faute d’études sur le sujet. Extraits :

«  Le taux de sur-suicides des policiers se maintient à un niveau élevé depuis longtemps. Cela fait quarante ans que l’on sait qu’il y a davantage de suicides chez les policiers que dans le reste de la population à structure égale, c’est-à-dire entre 35 ans et 45 ans et majoritairement masculine. En juin 2018, un rapport du Sénat pointait un taux de suicides dans la police supérieur de 36 % à celui de la population générale. Mais ce qui est certain, c’est que l’année 2019 est très mal partie, et c’est alarmant. Si le rythme se maintient, on pourrait atteindre le record de l’année 1996, ‘’ année noire ‘’ qui avait enregistré soixante-dix suicides.

Les causes de ce taux de « sur-suicides » ?

« On ne le sait pas justement. Et c’est bien le problème. Il n’existe aucune étude de fond du ministère de l’intérieur permettant d’analyser le phénomène. Il y a un défaut de volonté de comprendre. C’est une lacune historique et structurelle de Beauvau. Résultat, nous n’avons toujours pas réussi à identifier le problème ni été capables de mesurer l’efficacité des mesures mises en place jusqu’à présent. (…)

« La qualité de la relation avec la population joue probablement un rôle important. En 2016, elle était meilleure que les années précédentes, ce qui peut aider les policiers à donner un sens à leur engagement.

« Sur ce terrain, 2019 est une année conflictuelle et donc difficile. Les policiers sont mis en cause par une partie de la population qui jusque-là les soutenait. Pour répondre à leur détresse, il ne suffit pas d’ouvrir une ligne téléphonique, comme le prévoit le plan antisuicides, il faut multiplier les portes d’entrée pour appeler à l’aide, comme l’a fait la police de Montréal, au Canada, en formant la hiérarchie, les syndicats et des pairs référents. »

« Aucune étude de fond du ministère permettant d’analyser le phénomène … un défaut de volonté de comprendre ». Ce sont là des propos que l’on peut appliquer au ministère des Solidarités et de la Santé confronté aux suicides des soignants hospitaliers. Qui dira pourquoi le pouvoir exécutif se refuse à multiplier les portes d’entrée pour que l’on entende mieux ces agents salariés qui nous appellent à l’aide ?

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@jynau

1 Le DGPN fait ici notamment référence à « l’effet Werther » ,phénomène qui tire son nom d’une spectaculaire vague de suicides s’étant produite en Europe après la parution (1774) du célèbre roman de GoetheLes Souffrances du jeune Werther, roman centré sur le suicide d’un jeune homme à la suite d’amours déçues

Officiel : abstention de relations sexuelles entre le médecin et les membres de sa patientèle

Bonjour

L’Ordre a une sainte horreur du vide. Aussi le Conseil National de l’Ordre des Médecins (CNOM) a-t-il mis fin à un vide juridique qui n’avait que trop duré dans le vaste champ de la sexualité. Car, comme le dit si bien Le Quotidien du Médecin (Elsa Bellanger), si le serment d’Hippocrate évoque l’interdit sexuel dans la relation médecin-patient, le code de déontologie médicale n’en faisait jusque-là pas spécifiquement mention. Tel n’est plus, enfin, le cas.

Tout avait commencé il y a un ans avec une pétition adressée à la ministre de la Santé Agnès Buzyn lancée sur le blog « Atoute.org ». Objectif : obtenir l’ajout dans le code de déontologie médicale d’un article interdisant explicitement aux médecins toute relation sexuelle avec les patients – ceux dont ils assurent le suivi. Une initiative du Dr Dominique Dupagne, généraliste à Paris, fondateur de « Atoute.org » et chroniqueur sur France Inter. Sollicité par des femmes victimes d’abus, il coordonnait la campagne #OperationHippocrate.

Au vu de nombreux témoignages de patientes se disant victimes de médecins, le CNOM s’est attaché à compléter les commentaires de l’article 2 du code portant sur le respect de la personne et de sa dignité.

« Le médecin, au service de l’individu et de la santé publique, exerce sa mission dans le respect de la vie humaine, de la personne et de sa dignité. Le respect dû à la personne ne cesse pas de s’imposer après la mort »

Si nécessaire, dénoncer les confères

Il s’agissait notamment d’y ajouter la jurisprudence de la chambre disciplinaire nationale :

« Le médecin doit s’abstenir de tout comportement ambigu en particulier à connotation sexuelle (relation intime, parole, geste, attitude, familiarité inadaptée) ». « Le médecin doit s’interdire à l’égard de ses patients toutes relations intimes ».  « Dans le cas de patients en état de fragilité psychologique, les relations intimes s’apparentent à un abus de faiblesse ».

« Tous les médecins connaissaient cette limite, assure le Dr Jean-Marie Faroudja, président de la commission éthique et déontologie du CNOM. Les commentaires du Code énoncent la nécessité de s’abstenir de tous comportements ambigus, mais cela ne suffisait pas. Cet ajout permet de faire de la prévention, de rappeler les règles. Tout comme il est nécessaire de rappeler qu’un problème de cette nature doit donner lieu à une plainte auprès de la police et auprès de l’Ordre. Les médecins fautifs seront sanctionnés ».

Ce n’est pas tout : les médecins ont par ailleurs l’obligation de signaler les faits concernant leurs confrères portés à leur connaissance. Le Quotidien du Médecin précise qu’en 2017, trente-six affaires de relations sexuelles entre médecin et patient (consenties ou non) ont été traitées par les chambres disciplinaires de première instance.

« Ces affaires représentent 3,5 % des griefs », indique pour sa part François-Patrice Battais, greffier en chef de la chambre disciplinaire nationale. Sur ces affaires, dix-sept ont débouché sur un rejet de plainte, deux ont donné lieu à des « avertissements », un « blâme » a été prononcé, treize ont abouti à « des interdictions temporaires d’exercice » (de 3 mois à 3 ans). Et trois radiations ont été prononcées.

On ne dispose pas encore des chiffres de 2018.

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@jynau

Sexe, femmes et palimpseste : l’histoire de la fresque de l’internat du CHU de Toulouse

Bonjour

Entre le fait divers et le symptôme signifiant. Mardi 13 mars 2018 la direction du CHU de Toulouse a fait savoir que la fresque située dans le restaurant de l’hôpital Purpan n’y était plus. Cette fresque « mettait en scène des femmes nues ». La direction avait officiellement demandé au bureau des internes de procéder à son retrait de la fresque à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, le 8 mars. Et les jeunes médecins ont accepté de démonter le tableau amovible. Nul ne sait, officiellement, où il se trouve ni ce qu’il deviendra.

L’affaire avait pris une dimention nationale via le Syndicat National des Jeunes Médecins Généralistes (SNJMG). Ce dernier avait, le 8 mars,  publié un communiqué de presse  où était évoqué « le cas d’une fresque sexiste (seules les femmes sont nues sur cette fresque, tous les hommes restant habillés) imposée au regard de tous à l’internat de l’hôpital Purpan du CHU de Toulouse ».

Portraits de femmes et parité

Hasard ou pas le même 8 mars 2018, à l’occasion d’un comité technique d’établissement, Mme Anne Ferrer, directrice du CHU de Toulouse [par interim et contestée] 1, interpellée par les représentantes « Sud Santé Sociaux 31 », annonçait qu’elle demandait officiellement au bureau de l’internat de l’hôpital de Purpan de procéder au retrait de la fresque.

La direction du CHU de Toulouse ajoutait, dans un article de la Dépêche du Midi  que « l’égalité homme/femme serait la priorité du prochain projet d’établissement avec cette volonté d’en finir avec la culture sexiste qui peut encore exister au sein du monde carabin ». Le SNMG se déclarait pleinement satisfait de la prise de position de cette direction. Opposé au « sexisme en médecine » il disait espérer que le bureau de l’internat de l’hôpital Purpan veillerait à ce qu’il n’y ait plus, jamais, de « fresque sexiste ».

On notera que le CHU de Toulouse mène tout au long du mois de mars une campagne visant à promouvoir la parité. Comment ? En diffusant sur son site et sur les réseaux sociaux des « portraits des femmes » exerçant en son sein.

A demain

1 Anne Ferrer est directrice générale par intérim du CHU de Toulouse depuis le 2 janvier 2018, date à laquelle Raymond Le Moign, directeur général du CHU de Toulouse, a quitté ses fonctions pour devenir directeur de cabinet de la ministre de la Santé Agnès Buzyn.

Harcèlements à l’hôpital : les administratifs auront-ils bientôt la peau des salles de garde ?

 

Bonjour

Tout diriger, de la cave au grenier, dans les espaces hospitaliers. Martin Hirsch, directeur général de l’AP-HP, mesurait-il la portée de son annonce « anti-harcèlement sexuel » quand il évoquait hier, à haute voix, l’effacement les fresques des « salles de garde » ? Effacer pour mieux régenter. C’est là une bien vieille histoire, aussi vieille que celle des internes, de leurs « tonus », de leurs rituels. Deux siècles au bas mot, pas loin d’un millénaire selon d’autres calculs.

« La suppression des salles de garde est un vieux rêve des « administratifs », rappelle le Dr William Lowenstein, ancien de l’AP-HP et président de SOS Addictions. L’économe de salle de garde que j’ai été peut assurer d’une chose : les prédateurs ne venaient pas aux tonus : trop voyant ! Ah le vieux rêve de certains chefs de rayon … pouvoir harceler, abuser dans son coin, dans son bureau, avec la photo de sa femme et de ses enfants parfois retournée… »

La « salle de garde » a deux visages. C’est, bien sûr, le lieu clos d’un centre hospitalier où se réunissent les internes (et leurs invités) – repas, repos, détente. C’est aussi, au sens figuré, l’état d’esprit et les rituels qui règnent dans ce lieu. Effacer les fresques peut, dès lors, être perçu comme une agression contre une histoire et une culture communes. C’est  là le dernier symbole en date de la puissance montante de l’administratif sur le médical. Un administration qui, faute de connaître l’intérieur des corps et de lutter contre la mort, ne dépasse pas le grivois, l’obscène qui lui fait peur.

« Je la mettrai près de la morgue ! »

Le directeur général de l’AP-HP connaît sans aucun doute « Fermeture d’hôpitaux, quelles clefs ? » de Marie-Christine Pouchelle (Revue d’ethnologie française) ? Extrait :

« Les salles de garde furent et sont traditionnellement hostiles aux directions hospitalières. Aujourd’hui, les administratifs ne sont pas fâchés, par exemple, d’arguer de nécessités économiques pour en supprimer la cuisine, fondement de rituels conviviaux où se fabrique l’identité médicale. « Ils n’ont qu’à manger au self, comme tout le monde. »

Dans l’hôpital Pompidou en construction, la salle de garde n’avait pas été prévue, et il fallut la mobilisation des patrons pour qu’on lui trouve un lieu. « Je la mettrai près de la morgue ! » aurait lancé le directeur de l’hôpital. Ce contexte menaçant explique que certaines des fresques de la salle de garde de l’hôpital Boucicaut, qui avaient été peintes sur des panneaux de contreplaqué, furent finalement confiées au musée des Arts et Traditions Populaires (ATP).

Une telle donation, faite par l’entremise d’un jeune médecin, va à l’encontre du secret caractéristique de la culture des salles de garde. Elle a parfois été diversement commentée au sein du corps médical (« Rien ne doit sortir de la salle de garde »), comme chez le personnel des ATP, surpris par le caractère obscène des fresques en question. Cependant, c’est avec une jubilation manifeste que tout récemment, en cours d’opération, un chirurgien auquel je confirmais que les panneaux se trouvaient bien désormais dans les réserves du musée m’a indiqué comment retrouver son propre portrait sur la fresque en question. »

Dynamitage des exutoires

On peut certes connaître et ne pas partager tout ce que des non-médecins désignent comme des outrances de carabins. On pourrait même, parfois, les regretter. On ne saurait pour autant réclamer leur disparition, l’effacement des fresques, la démolition des « salles de garde », le self obligatoire, le dynamitage du partage et des exutoires.

« A ce compte, supprimons également Charlie, Rabelais, Virginie Despentes, Leila Slimani et toutes celles et ceux qui peignent des fresques de vie insupportables, ajoute le Dr Lowenstein.  Détruisons en urgence les bobines de MASH et l’insupportable sexisme médico-chirurgical de Robert Altman. Effaçons les affreux personnages incarnés perversement par Donald Sutherland et Elliott Gould qui pourraient induire de scandaleuses idées aux jeunes générations d’internes … Derrière l’objectif du soucieux et offusqué intérêt pour les  fresques, surfant sans vergogne sur l’actualité des prédateurs et autres criminels sexuels, l’idée est bien de tuer cette espace de résistance des médecins. »

« De toutes façons, nous connaissons tous le rêve absolu de nombre d’administratifs de l’AP-HP, ajoute l’ancien économe. C’est un hôpital sans lits, avec des e-malades et quelques médecins bien dressés …Mais il reste les salles de garde, la maison interdite !  Entre la bigoterie et les « maisons de tolérance des abus et harcèlement » il est un espace commun à promouvoir : celui du respect de l’autre et de soi-même. »

Nul ne saurait, depuis sa cabine, tout diriger, de la cave au grenier, dans les espaces hospitaliers.

A demain