La Loire et les déserts médicaux : l’anesthésie-réa du CHU de Saint-Etienne prend tous les risques

Bonjour

Enthousiasmant. C’est une remarquable vidéo de soignants partant en guerre ; vidéo « à but non lucratif » ;  3’41’’ toniques  calquées sur la mythique « Agence tous risques ». Succès assuré. Un concentré de volonté heureusement relayé par Le Progrès et Le Quotidien du Médecin (Anne Bayle-Iniguez). Où l’on voit des soignants qui « ne lâcheront pas », qui feront tout pour que vive le service d’anesthésie réanimation à prédominance neurologique et cardiovasculaire avec unité de soins intensifs du CHU de Saint-Etienne. Service aujourd’hui menacé faute de postulants.

« …. C’est notre dernière chance pour des recrutements de réanimateurs-anesthésistes… On a besoin de vous…. Service public en danger… faites attention….  des lits vont fermer… Où va-t-on se faire soigner ???? ….On est inquiets pour les patients, direction Clermont et Lyon, jusqu’ou vous enverra-t-on ? ….»

Promotion du chaudron et de la célebrissime A-S Saint-Etienne, du marché de Noël, des musées d’Art moderne et de la Mine, de la Cité du design. Rien sur l’antique coutellerie et la Manufacture d’armes. Après un rapide mot de l’actuel chef de service , son prédecesseur, conclut : « Il faut remplacer les retraités, et vous verrez, vous ne le regretterez pas.»  

Où l’on voit, une nouvelle fois, des soignants partir en guerre contre l’avancée des déserts médicaux et la désaffection croissante, en France, pour les plus beaux sites hospitaliers. A Saint-Etienne, une certitude : affûtés, soudés ils ne « lâcheront pas » et ne regretteront rien.

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@jynau

«Blitzkrieg» : la tête de liste macroniste aux européennes devrait-elle s’exprimer comme ça ?

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Vouloir gouverner c’est, aussi, savoir s’exprimer. A fortiori quand il s’agit du Vieux Continent. Or voici une nouvelle polémique à mettre au débit de Nathalie Loiseau, 54 ans, ancienne directrice de l’ENA, ancienne ministre des Affaires européennes et tête de liste macronienne pour les élections du 26 mai.

L’affaire, datée du 6 mai, est rapportée par L’Obs (Alexandre Le Drollec) : « Sur le parvis du Mémorial de Caen, Nathalie Loiseau exhume cette phrase de François Mitterrand pour mieux taper sur son ennemi numéro un, le Rassemblement national (RN, ex-Front national). ’Le nationalisme, c’est la guerre’’, dit-elle avant de s’engouffrer dans ce musée consacré à la paix. A l’intérieur, la tête de liste de la majorité présidentielle aux élections européennes s’arrête quelques instants devant une vieille carte du front de 1940 explicitant le principe du ‘’Blitzkrieg’’ ».

Un « Blitzkrieg » ? A moins de trois semaines du scrutin, c’est exactement ce que souhaitent lancer les stratèges de La République en Marche (LREM). « Mais un Blitzkrieg positif (sic), précise Nathalie Loiseau à L’Obs. Car nous sommes là pour proposer et non pour bombarder ! » Un nouveau dérapage verbal de la tête de liste ? Nullement. Présent au Mémorial, Sébastien Lecornu, 32 ans, ministre chargé des Collectivités territoriales, acquiesce : « Les européennes sont traditionnellement une campagne courte. Il faut savoir décoller dans la dernière ligne droite ».

Vouloir le pouvoir c’est, aussi, savoir manier les métaphores. « Bombarder »… « Décoller »… « Blitzkrieg » : Ce terme apparaît pour la première fois en 1935 dans un article de Deutsche Wehr. D’après cette revue militaire, les États pauvres en ressources alimentaires et en matières premières doivent « en finir au plus vite avec une guerre en tentant dès le départ d’emporter la décision par un engagement implacable de toute leur puissance offensive ». En outre, le terme est repris dans un article du Time Magazine (25 septembre 1939) qui relate l’invasion de la Pologne par l’Allemagne : « This is no war of occupation, but a war of quick penetration and obliteration – Blitzkrieg, lightning war » (« Ce n’est pas une guerre d’occupation, mais une guerre de pénétration rapide et de destruction — la Blitzkrieg, la guerre éclair »).

L’objectif du Blitzkrieg est de déstabiliser l’ennemi pour l’empêcher de rétablir un front solide une fois sa ligne initiale percée. Les trois éléments essentiels sont l’effet de surprise, la rapidité de la manœuvre et la brutalité de l’assaut. L’exemple le plus connu est la première phase de la campagne de France de 1940. Un Blitzkrieg qui, du point de vue allemand, fut positif. Déstabiliser. Pénétrer. Détruire. Vouloir gouverner c’est aussi, surtout, se souvenir.

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@jynau

Paludisme : la génétique bouleverse tout ce que l’on croyait savoir sur son origine en Afrique

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Nous sommes loin d’avoir pris la mesure des pouvoirs de la génétique dans le champ de l’infectiologie. Ainsi cet éclairage signé par des chercheurs de l’Institut Pasteur et publié aujourd’hui même dans The American Journal of Human Genetics 1.

On sait tout ou presque du paludisme, responsable de centaines de milliers de décès prématurés chaque année – essentiellement des enfants et plus particulièrement en Afrique. On sait tout ou presque également Plasmodium falciparum. Et la mutation génétique entraînant une anémie falciforme (drépanocytose), maladie chronique souvent mortelle chez les enfants de moins de cinq ans avait, de longue date, intrigué la communauté scientifique du fait de la protection que cette mutation confère contre le paludisme.

Les personnes porteuses de la mutation βS (localisée dans le gène HBB) et qui ne développent pas d’anémie falciforme caractéristique de la drépanocytose (les « porteurs sains »), montrent une résistance accrue aux infections paludéennes. Ce « paradoxe évolutif » a été mis en évidence dès le début des années cinquante ; étonannt paradoxe : une mutation par nature délétère favorise la survie de certains individus.

« Ce paradoxe fait de βS un cas emblématique de sélection naturelle chez l’homme mais surtout un marqueur idéal pour l’étude du paludisme, où la date d’apparition de βS correspond en réalité à la date minimum d’apparition du paludisme, expliquent les chercheurs français. Les études réalisées ces dernières décennies suggéraient une date d’apparition de βS , et donc du paludisme, compatible avec les dates connues de l’adoption de l’agriculture comme principal mode de subsistance, il y a 4 000 – 5 000 ans en Afrique centrale. »

Effets bénéfiques du métissage sur certains aspects de santé publique

On peut le dire autrement :  la communauté scientifique avait donc longtemps admis un lien de causalité entre l’émergence de l’agriculture et la diffusion du paludisme en Afrique. A l’inverse, l’histoire du paludisme dans les populations africaines n’ayant pas adopté l’agriculture était totalement inconnue. Tel n’est plus le cas aujourd’hui grâce aux données génétiques inédites obtenues par les scientifiques de l’unité de Génétique évolutive humaine à l’Institut Pasteur – étude menée par Guillaume Laval et Lluis QuintanaMurci en étroite collaboration avec l’institut Max Planck de Leipzig  et l’IRD.

« Les résultats de cette collaboration scientifique, basés sur une formalisation inédite du mode particulier de sélection naturelle admis pour βS , montrent que cette mutation est apparue il y a environ 20 000 ans. Ces nouveaux résultats indiquent donc que le paludisme sévissait déjà bien avant l’adoption de l’agriculture, en contradiction avec les interprétions classiques.

« Cette étude montre également une arrivée plus récente de la mutation β S dans les populations de chasseurs-cueilleurs, il y a environ 4 000 ans. Les modifications de la forêt équatoriale survenues à cette époque, sans doute à cause d’un épisode de changement climatique et/ou d’une période de déforestation accrue due à une agriculture naissante, auraient favorisé la transmission du paludisme dans les populations pygmées. »

« Nous montrons que la fameuse mutation β S conférant une résistance au paludisme aurait pu être amenée par les populations agricultrices venues au contact de ces populations de chasseurs cueilleurs lors de la grande migration Bantoue, quand les agriculteurs ont traversé la forêt équatoriale, pour ensuite suivre des routes migratoires vers l’est et le sud de l’Afrique sub-Saharienne commentent les auteurs de ce travail. Ces résultats éclairent d’un jour nouveau une part mal connue de l’histoire du paludisme et mettent en lumière les effets bénéfiques du métissage sur certains aspects de santé publique, comme par exemple la diffusion entre populations humaines de mutations de résistance à différents pathogènes. »

Métissage et santé publique. Nous sommes loin d’avoir pris la mesure des pouvoirs de la génétique. Et ce bien au-delà du champ de l’infectiologie.

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@jynau

Recent Adaptive Acquisition by African Rainforest Hunter-Gatherers of the Late Pleistocene Sickle-Cell Mutation Suggests Past Differences in Malaria Exposure,

The American J. Human Genetics, 28 février 2019

Guillaume Laval 1,2,, Stéphane Peyrégne 1,2,3, Nora Zidane 1,2, Christine Harmant 1,2, François Renaud 4, Etienne Patin1,2, Franck Prugnolle 4,  and Lluis Quintana-Murci1,2,

1 Human Evolutionary Genetics Unit, Institut Pasteur, UMR2000 CNRS, Paris 75015, France; 2 Center of Bioinformatics, Biostatistics and Integrative Biology, Institut Pasteur, Paris 75015, France; 3 Department of Evolutionary Genetics, Max Planck Institute for Evolutionary Anthropology, Leipzig 04103, Germany; 4 Laboratory MIVEGEC, UMR 5290 CNRS-IRD, Montpellier 34394, France.

Maternités fermées. Agnès Buzyn fera-t-elle toute la lumière sur la mort du bébé de Die ?

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« C’est un terrible drame qui a eu lieu à Die,  rapportait Le Dauphiné (Julien Combelles), le 19 février. Une femme, transportée par les pompiers du Diois, a perdu l’enfant qu’elle portait, mort in utero lors de son admission aux urgences de l’hôpital de Die, a appris Le Dauphiné Libéré. 

« Enceinte de plus de 7 mois, la jeune femme, une habitante de Châtillon-en-Diois, faisait l’objet d’un suivi médical très poussé par une sage-femme libérale et avait été prise en charge au centre de périnatalité de Die au début de sa grossesse. Selon nos informations, elle souffrait d’un décollement placentaire. C’est avant son transfert en hélicoptère vers la maternité de Valence qu’une sage-femme a finalement confirmé le décès du bébé. »

« Dans la soirée du 18 février, vers 21h, cette habitante de Châtillon-en-Diois appelle les pompiers qui la transportent aux urgences de Die, précise France Bleu Drôme Ardèche (Nathalie Rodrigues). Un hélicoptère du SAMU doit l’y récupérer pour la transférer à la maternité de Montélimar. Mais quand la sage-femme descend de l’hélicoptère et examine la patiente, le coeur du bébé de plus de 7 mois ne bat déjà plus. »

La direction de l’hôpital de Die a aussitôt expliqué qu’il n’y a pas de lien entre cet événement tragique et la fermeture de la maternité (survenue fin 2017 au terme d’une vive controverse), et que ces drames arrivent malheureusement, même dans des hôpitaux équipés, lorsqu’il y a une complication médicale en cours de grossesse.

Conflit d’intérêts

Pour autant le collectif de défense de l’hôpital de Die soulève la question de ce lien. Philippe Leeuwenberg, son président, va écrire à la ministre des Solidarités et de la Santé. Il l’a expliqué dans « Le coup de fil de l’actu » sur France Bleu Drôme Ardèche :

« On va demander à Agnès Buzyn de faire une enquête très sérieuse. On lui demande d’avoir toutes les informations sur les temps d’intervention, les temps d’attente, sur l’intervention des pompiers, l’heure d’arrivée à l’hôpital. Est-ce que ces fameux médecins correspondants SAMU sont intervenus? Qui a fait un diagnostic médical? Quand? A quelle heure? Comment c’est possible, aujourd’hui dans le Diois, qu’une femme ait eu un accident comme celui-là? Et dans l’attente d’une enquête sérieuse, on devrait rouvrir la maternité. » 

Pour sa part l’Agence Régionale de Santé (directement impliquée dans la décision de fermeture de la maternité) annonce qu’une mission d’enquête « va être diligentée dans les prochains jours ». Cette mission devra déterminer les conditions de prise en charge de cette patiente, y compris les éléments de suivi à domicile dans le cadre de cette grossesse jugée à risque.

L’ARS rappelle que « le dispositif de suivi des femmes enceintes sur le Diois par les professionnels du Centre périnatal de proximité de Die, et de prise en charge en urgence, renforcée il y a plus d’un an, fonctionne parfaitement comme cela a pu être confirmé lors des différents comités de suivi, dont le dernier en date du 21 janvier 2019, ainsi que par les professionnels de santé. »

Une lecture que ne partage nullement le compagnon de la femme qui a perdu son enfant.Il a expliqué à France Bleu avoir alerté les secours à 19h 45. Les pompiers ont d’abord transporté sa compagne aux urgences de l’hôpital de Die où un hélicoptère était attendu. Il arrive « au moins 1h 15 après » et finit par acheminer la patiente à l’hôpital de Montélimar. Il est alors 22h 58 raconte-t-il : « Il a fallu plus de 3 heures pour acheminer ma femme à Montélimar. Si, en étant inconscient et fou, j’avais chargé ma femme dans la voiture, je mettais moins d’une heure pour arriver à Montélimar. Mais je me suis fié au protocole qui m’avait été demandé. Il s’avère que notre enfant y est resté. »

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@jynau

L’affaire Thill : où l’on voit les dangers, pour une députée macroniste, d’user de la métaphore 

Bonjour

Députée macroniste (Oise) Agnès Thill n’apprécie guère son collègue macronien Aurélien Taché (Val d’Oise). Au point de le qualifier de « Fouquier-Tinville d’opérette).  AntoineQuentin Fouquiet de Tinvill(1746-1995) célèbre accusateur public du Tribunal révolutionnaire qui vécut et mourut avant l’existence de l’opérette.

Le torchon brûle entre les deux députés depuis que la première a osé exprimer certains désacoords sur quelques questions éthiques sensibles – au premier rang desquelles l’ouverture à « toutes les femmes » de la « procréation médicalement assistée ». Oser parler de « mascarade de démocratie ».

Aurélien Taché n’est pas le seuls dans son cas. Il en va de même avec Benjamin Griveaux, porte-parole du gouvernement a jugé « inacceptables et méprisantes » certaines des paroles d’Agnès Thill. Et de menacer. La veille, dans une interview vidéo à Oise Hebdoelle avait  comparé « la souffrance des femmes seules » qui souhaitent une PMA à celle des « drogués ». ». « Si un drogué souffre, on lui donne la drogue? Si la femme souffre, est-ce que je lui donne un enfant pour ne plus souffrir? Un enfant n’est pas un médicament ».

« Ça suffit », a tonné M. Griveaux, soulignant que « ces mots blessent des familles et viennent nourrir tous les préjugés ignobles ».

Comment traiter le « cas Agnès Thill » ? Une nouvelle fois, la question se pose à la majorité et embarrasse les dirigeants de La République en marche (LRM), tant le feuilleton semble récurrent. Opposée à l’extension de la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes, la députée macroniste de l’Oise multiplie, depuis plusieurs mois, les prises de positions polémiques pour exprimer son désaccord avec cette mesure soutenue par Emmanuel Macron durant la campagne. Au point de s’attirer les foudres de plusieurs députés LRM, qui exigent son exclusion du groupe majoritaire à l’Assemblée nationale, et de certains ministres.

Ponce Pilate et Gilles Le Gendre

Interrogée par Le Monde (Alexandre Lemarié) Agnès Thill ne se montre aucunement impressionnée par la condamnation du porte-parole du gouvernement. « Ce que j’ai fait est une métaphore. C’est courant. Tous ceux qui s’expriment ont eu des métaphores ou des propos maladroits, lui le premier », rétorque-t-elle, en s’étonnant de n’avoir eu« aucune réponse » sur le fond de ses propos. Avant d’affirmer : « Je défie quiconque de montrer que mes propos sont homophobes, islamophobes, xénophobes ou je ne sais quoi. Tout ce dont on m’accuse est faux. »

Gilles Le Gendre, patron du groupe macroniste à l’Assemblée nationale a annoncé que le « cas d’Agnès Thill » sera examiné jeudi 24 janvier par le bureau du groupe LRM à l’Assemblée. « Ses  propos m’horrifient et m’indignent autant que vous » a-t-il dit à ses collègues. Pour autant, le patron des députés macronistes n’entend pas trancher seul ce cas sensible. Ponce Pilate, en somme. « Toute décision sera prise en commun entre le mouvement et le groupe », a-t-il précisé. « Gilles Le Gendre ne veut pas pratiquer la police de la pensée, explique son entourage. Le fait de ne pas penser comme la majorité du groupe ne peut être un motif d’exclusion. En revanche, cela peut l’être si le groupe et le parti estiment de manière conjointe que la prise de position d’Agnès Thill est contraire aux valeurs du mouvement. »

Interrogé à son sujet lundi sur France Inter, M. Le Gendre avait estimé qu’Agnès Thill avait « toujours sa place dans le groupe ». Qu’en sera-t-il jeudi ? « Dans les rangs macronistes, certains craignent que des élus LRM choisissent, par solidarité avec Agnès Thill, de quitter le groupe si celle-ci était poussée vers la sortie, observe Le Monde.  Un scénario catastrophe pour ce collectif de 307 membres, alors que six élus ont déjà quitté le groupe ces derniers mois : Jean-Michel Clément en avril 2018, Frédérique Dumas en septembre, Paul Molac et François-Michel Lambert en octobre. Sébastien Nadot a été exclu en décembre, après avoir voté contre le projet de budget 2019, tandis que Joachim Son-Forget est lui-même parti après avoir fait polémique sur les réseaux sociaux. »

Il y a quelques jours lors de l’Acte I du « Grand Débat » le chef de l’Etat a souhaité que la « PMA pour toutes »  soit « un sujet sur lequel la France ne se déchire pas ». Métaphore, humour ou euphémisme ?

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@jynau

 

Le dernier prétendant au trône de France est mort 226 ans, jour pour jour, après Louis XVI

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Blue Monday ? Henri d’Orléans, comte de Paris, prétendant orléaniste au trône de France, est mort lundi 21 janvier. Il avait 85 ans. L’information a été donnée  son conseiller juridique Dominique Chagnollaud de Sabouret.

Il était l’aîné des descendants en primogéniture mâle de Philippe de France (frère de Louis XIV, duc d’Anjou puis d’Orléans) et du roi Louis-Philippe Ier – ainsi que de Philippe-Egalité, qui avait voté la mort du roi Louis XVI.

Son décès coïncide avec l’anniversaire de la décapitation de ce dernier, le 21 janvier 1793. place de la Révolution (actuelle place de la Concorde). Une précision apportée par l’Agence France Presse. Non, le Blue Monday n’a jamais existé. La question demeure encore pour ce qui est du hasard et de la fatalité.

A demain

@jynau

 

Mourir grippé et vacciné : voici les premières données chiffrées de l’hiver 2017-2018

Bonjour

Un siècle après celle de 18-19 qui emporta, dit-on, un Guillaume Appolinaire mort pour la France. Canicule printanière. 19 avril 2018 : Santé Publique France (ex-INVS) vient de dévoiler son premier bilan chiffré définitif de la grippe 17-18. Soit 13 000 décès prématurés :

« De la semaine 49-2017 à la semaine 12-2018 : excès de mortalité toutes causes et tous âges confondus estimé à 17 800 décès dont 13 000 attribuables à la grippe »

 Où l’on apprend, en ce début de printemps, que depuis le 1er novembre 2017, 2 889 cas graves de grippe ont été signalés. Que l’âge moyen des cas est de 60 ans. Que la majorité (81%) d’entre eux présentait des facteurs de risque et que dans 55% des cas (pour lesquels le statut vaccinal était renseigné) les sujets n’étaient pas vaccinés. Parmi les cas admis en réanimation, 482 sont décédés : 6 étaient âgés de moins de 5 ans, 4 de 5 à 14 ans, 176 de 15 à 64 ans et 296 de 65 ans et plus.

L’efficacité vaccinale ? Les résultats préliminaires du « Réseau Sentinelles » indiquent une efficacité de 54% [95% IC: 29-70] chez les personnes de 65 ans et plus contre tous les virus grippaux. Elle est estimée à 75% [95% IC: 48-88] contre le virus A(H1N1)pdm09 et à 54% [95% IC: 24-72] contre les virus de type B/Yamagata. Les spécialistes apprécieront.

En milieu hospitalier une étude (dite « FLUVAC ») permet de mesurer l’efficacité du vaccin à éviter une forme sévère de grippe conduisant à une hospitalisation chez les adultes. Les données préliminaires indiquent une efficacité vaccinale chez les adultes contre l’hospitalisation pour grippe de 11% [95% IC: -19-45] quel que soit le virus. Elle est estimée à 31% [95% IC: -13-58] contre les virus de type A et à 6% [95% IC: -55-43] contre les virus de type B. Même remarque quant à l’appréciation.

 Le Monde décodant (Baptiste Decharme) rappelle qu’au cours de l’histoire humaine, certaines souches virale grippales ont provoqué « des millions de morts [prématurées] ». « La célèbre grippe espagnole aurait ainsi fait 200 000 morts en France en 1918-1919, et, selon les dernières estimations, jusqu’à 100 millions de morts dans le monde − soit bien plus que le conflit mondial qui l’a précédée, ajoute les jeunes décodeurs du dernier quotidien vespéral de la capitale. Plus proche de nous, la grippe de ‘’ Hong-Kong’’ a provoqué le décès d’environ 32 000 personnes en France, en 1968-1969. »

Ainsi donc Le Monde est, comme toujours, parfait. Mais « venons-en aux faits » : qui, aujourd’hui en France, se souvient encore de l’hiver suivant cette révolution des pavés – une révolution qui donna au quotidien de la rue des Italiens un essor mérité autant qu’inespéré ?

A demain