Coma «dépassé» ou pas : le septuagénaire victime d’un AVC ne sera pas «débranché»

 Bonjour

Comme un écho lointain de l’affaire Vincent Lambert. Et, toujours, ces questions hautement troublantes, sur la définition exacte du coma déapssé, sur l’irréversibilité des lésions cérébrales, sur l’articulation entre la vision médicale et la décision judiciaire.

On apprend ici, via l’AFP, que le fils d’un septuagénaire s’est opposé à l’arrêt de son alimentation et de son hydratation. L’homme est dans le coma depuis le 17 janvier, suite à un accident vasculaire cérébral hémorragique dans un contexte de surdosage en antivitamines K. A l’issue d’une procédure collégiale, le médecin en charge de ce malade a conclu, le 30 janvier dernier, à une « absence d’amélioration neurologique » sans « solution thérapeutique curative possible ». Il a en a décidé que la poursuite de son alimentation et son hydratation relevait, de ce fait,  de l’acharnement thérapeutique (sic).

Savoir raison garder

Mais dans une ordonnance rendue le 19 février, le juge des référés a enjoint le centre hospitalier René-Dubos de Pontoise (Val d’Oise) de « ne pas mettre en œuvre » cette décision. La justice administrative avait désigné un expert chargé de délivrer un deuxième  avis sur l’état du patient. Celui-ci a remis ses conclusions le 10 février : il estime qu’un arrêt de l’alimentation et de l’hydratation serait « difficile à envisager », car le patient n’est pas dans un coma « dépassé ». 

Conclusion du tribunal administratif : « La seule circonstance qu’un patient, âgé, soit dans un état de coma profond sans espoir d’amélioration ne saurait caractériser, par elle-même, une situation dans laquelle la poursuite du traitement apparaîtrait injustifiée au nom du refus de l’obstination déraisonnable ». On ne peut commenter une décision de justice. Mais on peut poser une question. Un mois seulement après l’entrée dans le coma, et dans un contexte de réduction générale des budgets hospitaliers, n’est-ce pas là, tout bien pesé, un jugement raisonnable ?

A demain @jynau

Infirmière poignardée : le ministre Olivier Véran aura-t-il le courage de lui rendre hommage ?

Bonjour

Le 13 février une infirmière, âgée de 30 ans, était mortellement poignardée à l’arme blanche par un patient d’une unité psychiatrique à Thouars, dans les Deux-Sèvres. L’infirmière, mère de deux enfants, a été agressée par un patient, âgé de 20 ans, qui cherchait à quitter cette unité psychiatrique du Centre hospitalier Nord Deux-Sèvres. Il lui a porté un coup de couteau au thorax, manquant de blesser également une autre infirmière. Héliportée au CHU de Poitiers, la jeune femme est morte dans l’après-middi.

Ce drame a rapidement suscité une vive émotion dans la communauté nationale des soignants en psychiatrie. D’emblée  Le Monde renvoyait à « La psychiatrie ‘’au bord de l’implosion’’ en France » (18 septembre 2019). Puis vint un texte remarquable du « Printemps de la psychiatrie ». 

« (…) Il est inacceptable qu’une professionnelle de santé meurt dans l’exercice de ses fonctions. Il est inacceptable qu’une personne hospitalisée pour des soins recourt à un tel acte de violence. Il est également inacceptable que toute cette horreur se produisent dans le climat de destruction de l’hôpital public et de la psychiatrie publique en particulier (…)

« Ce que nous savons, de manière générale, c’est que depuis 2008 l’augmentation des moyens en psychiatrie finance exclusivement du sécuritaire (chambres d’isolement, caméras de surveillance, renforcement de la hauteur des murs…). Aucun investissement dans des moyens humains n’a été fait sauf à créer des unités pour malades difficiles et des unités d’hospitalisation spécialement aménagées (UHSA) pour les détenus.

«  Douze ans plus tard, après des mois de lutte, les soignants sont toujours dans la rue pour dénoncer la honte quotidienne dans l’exercice de leur travail, l’indignité des conditions d’accueil et de soins des patients, les tensions régnantes à l’hôpital tant avec l’administration, entre collègues, avec les usagers etc.

«  Depuis plus d’une dizaine d’années, les rapports du contrôleur général des lieux de privation de liberté indiquent la déshumanisation globale qui règne dans la psychiatrie publique, le sous-effectif, le manque de formation, les maltraitances ordinaires… Quand allons-nous arrêter ces politiques criminelles qui sont un terrain propice à ce que le pire surgisse ? »

Partager la peine de la famille endeuillée

Nous sommes le 19 février et l’on parle à nouveau de la mort de l’infirmière poignardée. C’était à l’Assemblée nationale lors des questions au gouvernement. Caroline Fiat, 43 ans, est une députée « insoumise » élue de Meurthe-et-Moselle. Elle est aussi la première aide-soignante à siéger dans l’Hémicycle. Caroline Fiat a ; hier, voulu rendre hommage à l’infirmière poignardée en réclamant une minute de silence, démarche à laquelle s’est opposé le président Richard Ferrand (LREM).

 «Nous avons passé le week-end à n’entendre parler, bien malgré nous, que de l’élection municipale à Paris, occultant toute l’actualité, notamment le 14 février où le personnel hospitalier s’est mobilisé pour clamer son amour à l’hôpital public, a-t-elle expliqué. Pire encore, a été passé sous silence le meurtre d’une jeune collègue (…) poignardée à mort par un patient. »

On attendait, ici, un consensus, une preuve, fût-elle fugace, de cette humanité qui avait tant manqué aux députés marcheurs lors de l’affaire du congé parental après le deuil d’un enfant. C’était oublier le macronien Richard Ferrand, ancien socialiste devenu président de l’Assemblée nationale.

Caroline Fiat : « Alors que je propose de rendre hommage à une professionnelle de santé assassinée en observant une minute de silence à sa mémoire, le Président de l’Assemblée nationale me retire la parole ! Ce refus n’honore pas notre Assemblée. #DirectAN #psychiatrie #QAG Or dès qu’un fonctionnaire d’Etat décède dans l’exercice de ses fonctions, il est d’usage de lui rendre hommage par une minute de silence dans cet Hémicycle.»

 Richard Ferrand :  «Mme Fiat, nous sommes tous sensibles à l’émotion provoquée par le drame que vous venez d’évoquer, mais ainsi que je l’ai indiqué au président de votre groupe, l’usage limite la pratique des minutes de silence à des cas exceptionnels et solennels, et il ne peut y avoir dans cet hémicycle de minutes de silence à l’initiative d’un député ou d’un groupe» 

«Permettez-moi aussi de vous dire que sur tous les bancs siègent des professionnels de santé et que chacun ici partage la peine de la famille endeuillée», a-t-il poursuivi, avant de retirer parole à Caroline Fiat. La députée insoumise était debout, les larmes aux yeux.

Agnès Buzyn n’est plus ici pour donner son point de vue, elle qui, un instant, parla de redonner un souffle à la psychiatrie française. Aujourd’hui elle entend conquérir Paris, fait la une du Parisien (« Je n’ai peur de rien !») 1. A sa place, sur le banc du gouvernement, l’hyperactif Dr Olivier Véran. Aura-t-il le temps de partager la peine de la famille endeuillée, de rendre hommage à l’infirmière poignardée ?

A demain @jynau

1 Interrogée sur le fait qu’elle a quitté le ministère « en larmes », Agnès Buzyn répond :

« J’ai dû prendre ma décision d’être candidate en 24 heures. C’est normal d’avoir de l’émotion quand on quitte des gens qu’on aime. Partir d’un ministère dans lequel on a été pleinement engagée, qui correspond à ce que je suis en tant que femme, en tant qu’ ancien médecin, cela m’a obligée à évoluer en un temps très court. Ça n’enlève rien à mon envie d’exercer le mandat de maire. C’est le plus beau mandat. »

Dr Olivier Véran, 39 ans, nommé ministre: réussira-t-il là où Agnès Buzyn aura échoué ?

Bonjour

Dans le torrent des démissions en cascade, une nomination: le Dr Olivier Véran, 40 ans succède à Agnès Buzyn au ministère des Solidarités et de la Santé. Un poste qu’il aurait (presque) pu occuper dès l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron. Depuis il piaffait. Le voici désormais détenteur du maroquin dont il rêvait. Un maroquin élargi doublé de la lutte contre une épidémie.

« Sur la proposition du Premier ministre, le président de la République a mis fin, sur sa demande, aux fonctions de Mme Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé. M. Olivier Véran est nommé ministre des Solidarités et de la Santé » – communiqué de presse de l’Elysée dimanche 16 février, fin de journée.

Neurologue (CHU de Grenoble) très jeune atteint par le virus de la politique. Socialiste tard venu chez les macroniens, occupe une place croissante dans le champ politique national : député LREM de l’Isère, puis co-rapporteur du projet de loi sur les retraites. Grosse présence médiatique. Bon pédagogue ayant vite appris le langage technocratique.

Pragmatique, intéressé par la cigarette électronique

Socialiste, il avait en 2015 planché, à la demande de la ministre de la Santé Marisol Touraine, sur la réforme du financement des hôpitaux pour corriger les effets pervers de la tarification à l’activité (T2A). Cinq ans plus tard le voici directement confronté au mouvement sans précédent des colères hospitalières et de la crise majeure de l’hôpital public 1.

«S’il s’inscrit dans la continuité d’Agnès Buzyn, dont il est proche, le praticien hospitalier, père de deux enfants et féru de musique, est parfois taclé pour son manque de constance politique et sa vision hospitalo-centrée des choses, résume Le Quotidien du Médecin. Fin 2019, son dispositif expérimental de réorientation de certains patients des urgences vers la ville pour désengorger l’hôpital a irrité plus d’un médecin libéral.»

On se souvient aussi de son intérêt pour la politique de réduction des risques -et d’un certain courage pour s’intéresser publiquement aux vertus de la cigarette électronique. Il osait ainsi trancher avec les invraisemblables dénis de Marisol Touraine et d’Agnès Buzyn.

C’est, en résumé, donner un aperçu des multiples orages qui attendent ce jeune ministre – un hyperactif nommé au terme d’une affaire politique invraisemblable , une mise en abyme du sordide qui, immanquablement; laissera des traces.

A demain @jynau

1 « Le système de santé public a été mis en situation de thrombose par la gestion de Madame Buzyn. Nous en sommes à onze mois de grève dans l’hôpital. La campagne de la République en Marche à Paris est terminée. Madame Buzyn représente la destruction de l’hôpital public », a twitté le chef de file de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon.

Suite à la mort de l'infirmière poignardée, le cri du «Printemps de la psychiatrie»

Bonjour

14 février 2020. Depuis l’aube les médias généralistes bruissent à l’unisson des ravages politiques induits par des « vidéos-intimes-à-caractère-sexuel-postées-sur-les réseaux-sociaux » 1. On trouve néanmoins quelques échos de la mort, le 13 février,  d’une infirmière, âgée de 30 ans mortellement poignardée à l’arme blanche par un patient d’une unité psychiatrique à Thouars, dans les Deux-Sèvres. Cette infirmière, mère de deux enfants, a été agressée par un patient, âgé de 20 ans, qui cherchait à quitter cette unité psychiatrique du Centre hospitalier Nord Deux-Sèvres. Il lui a porté un coup de couteau au thorax, manquant de blesser également une autre infirmière. Héliportée au CHU de Poitiers, la jeune femme est morte peu après.

Il y a quelques heures Le Monde renvoyait à « La psychiatrie ‘’au bord de l’implosion’’ en France » (18 septembre 2019). Il faut aussi, désormais, compter avec un texte du « Printemps de la psychiatrie » 2. Un exercice difficile puisque ses auteurs reconnaissent ne pas avoit les détails de l’enchaînement des faits, sur l’effectif du service, sur les conditions d’hospitalisation, sur l’état clinique de ce patient, sur l’état de saturation du service de l’hôpital … ce qui « les invite à la prudence ».

Pour autant ce texte (nous soulignons):

« Cette situation est inacceptable. Il est inacceptable qu’une professionnelle de santé meurt dans l’exercice de ses fonctions. Il est inacceptable qu’une personne hospitalisée pour des soins recourt à un tel acte de violence. Il est également inacceptable que toute cette horreur se produisent dans le climat de destruction de l’hôpital public et de la psychiatrie publique en particulier (…)

« Ce que nous savons, de manière générale, c’est que depuis 2008 l’augmentation des moyens en psychiatrie finance exclusivement du sécuritaire (chambres d’isolement, caméras de surveillance, renforcement de la hauteur des murs…). Aucun investissement dans des moyens humains n’a été fait sauf à créer des unités pour malades difficiles et des unités d’hospitalisation spécialement aménagées (UHSA) pour les détenus.

«  Douze ans plus tard, après des mois de lutte, les soignants sont toujours dans la rue pour dénoncer la honte quotidienne dans l’exercice de leur travail, l’indignité des conditions d’accueil et de soins des patients, les tensions régnantes à l’hôpital tant avec l’administration, entre collègues, avec les usagers etc.

«  Depuis plus d’une dizaine d’années, les rapports du contrôleur général des lieux de privation de liberté indiquent la déshumanisation globale qui règne dans la psychiatrie publique, le sous-effectif, le manque de formation, les maltraitances ordinaires…

« Quand allons-nous arrêter ces politiques criminelles qui sont un terrain propice à ce que le pire surgisse ? Politiques de santé qui non seulement n’arrangent rien mais aggravent encore plus la situation et sa brutalité. »

Sanctuaire couvert par la dissuasion nucléaire

S’ils ne savent rien des causes précises du drame deThouars, il connaissent bien, en revanche,  « la catastrophe qui sévit dans l’hôpital public dans son ensemble et dans les secteurs de psychiatrie en particulier ».  « Nous vivons au quotidien des drames : des personnes qui se suicident, des professionnels en burn-out, des usagers attachés et enfermés quand ils ne sont pas mis à la rue faute de structures ambulatoires, des familles qui ne sont pas entendues ni écoutées… »

Ils observent encore, depuis leur spécialité, que « la violence de la société s’infiltre dans tous les espaces de la société » et que « le monde du soin n’y échappe pas ».

Pour que des drames de la sorte ne puissent pas se répéter facilement, il faudrait, selon eux, « pouvoir prendre le temps de soigner, prendre le temps d’écouter et d’apaiser, avoir le temps de se soigner, créer un climat de confiance entre toutes les personnes présentes dans les lieux de soins… ». Il faudrait, au minimum, « sanctuariser les secteurs du lien humain et d’arrêter d’appliquer des logiques comptables, gestionnaires et déshumanisants qui renforcent toujours plus le terreau favorable au pire ».

Comment traduit-on, dans la novlangue managériale de l’hôpital décrite par le Pr Stéphane Velut 3 , le terme « sanctuariser » (Donner à un territoire le caractère d’un sanctuaire couvert par la dissuasion nucléaire) ?

A demain @jynau

1 Une affaire sordide autant que tristement éclairante quant au poids des « réseaux sociaux » dans le champ politique – une affaire dans laquelle réapparaît l’omniprésent et toujours inquiétant Dr Laurent Alexandre.

2 Voir ici le texte et les signataires du  manifeste « Pour un renouveau des soins psychiques »

3 Velut S,  L’hôpital une nouvelle industrie. Le langage comme symptôme  Editions Gallimard. Collection Tracts. 3,90 euros

Une infirmière, 30 ans, a été mortellement poignardée par un patient âgé de 20 ans (AFP).

Bonjour

14 février 2020, quelques lignes de l’AFP. Hier une infirmière, âgée de 30 ans, a été mortellement poignardée à l’arme blanche par un patient d’une unité psychiatrique à Thouars, dans les Deux-Sèvres. L’infirmière, mère de deux enfants, a été agressée par un patient, âgé de 20 ans, qui cherchait à quitter cette unité psychiatrique du Centre hospitalier Nord Deux-Sèvres. Il lui aurait porté un coup de couteau au thorax, manquant de blesser également une autre infirmière. Héliportée au CHU de Poitiers, la jeune femme est morte dans l’après-midi.

L’agresseur présumé, âgé de 20 ans, interné depuis une quinzaine de jours, a été interpellé et placé en garde à vue, après avoir été vu par un psychiatre. « Une enquête de flagrance a été ouverte pour meurtre et tentative de meurtre sur des personnes chargées d’une mission de service public », a annoncé le parquet. L’enquête a été confiée à la police judiciaire de Poitiers. « Une des priorités de l’enquête est de savoir comment le suspect s’est procuré une arme blanche », a précisé Natacha Rateau, procureure de la République à Niort.

« Ce genre de tentative de fuite arrive régulièrement, mais il était impossible de prévoir que ce patient serait armé d’un couteau », a observé un des collègues de la victime. « Cela met en lumière le manque de moyens de l’hôpital en général et de la psychiatrie en particulier », a-t-il dénoncé. Le Monde renvoie ici à « La psychiatrie ‘’au bord de l’implosion’’ en France » (18 septembre 2019).

14 février 2020. Nouvelle journée nationale des colères hospitalières. Agnès Buzyn est à nouveau l’invitée de France Inter. Epidémie de coronavirus ; pataquès de la réforme des retraites ; abandon définitif de sa candidature à la mairie de Paris sur la liste de Benjamin Griveaux (dont on apprend pendant l’émission que ce dernier abandonne le combat)… La ministre des Solidarités est interrogée sur la profonde crise de l’hôpital public français.

Elle reprend une nouvelle fois la liste des mesures prises et qui n’ont toujours rien résolu. Elle s’attachera, désormais, à voir la situation dans chaque hôpital français , avec des problèmes différents pour chacun, problèmes de charges, de locaux vétustes, ou de recrutement. Le temps presse. Cet après-midi la ministre sera à Carry-le-Rouet (Bouches-du-Rhône) pour saluer la fin de la mise en quarantaine des premiers rapatriés de Chine suspectés d’être infectés par le Covid-19. C’était, ici, une fausse alerte.

A demain @jynau

Mais pourquoi les généralistes français refusent-ils désormais d'assurer leurs gardes ?

Bonjour

C’est l’une des clefs qui explique les embolies observées dans les services hospitalier d’urgence. On la retrouvera dans un rapport édifiant que vient de publier le Conseil national de l’Ordre des Médecins : « Bilan de la permanence des soins en 2019 ». Où l’on apprend que le taux de participation des généralistes aux gardes en soirée, la nuit et le week-end a encore reculé en 2019, 

En 2019, sur environ 63 000 médecins généralistes « susceptibles de participer à la permanence de soins », un peu plus de 24 000 ont été inscrits à au moins une garde l’an dernier, soit moins de 4 sur 10. L’âge moyen des médecins participants est de 47 ans.

Alarme dans les EHPAD

La tendance n’est pas nouvelle. C’est là un symptôme du « désengagement » d’une profession par ailleurs en déclin démographique. Un cercle vicieux. Moins nombreux, les volontaires sont aussi amenés à couvrir des « territoires de garde » plus vastes, ce qui peut aussi « conduire à une baisse de la mobilisation des médecins libéraux ».

La situation est très variable selon les départements : 82 % des généralistes participent aux gardes dans les Vosges, contre seulement 5 % à Paris, où « la présence d’associations de type SOS Médecins » entraîne une « professionnalisation » de cette activité. C’est aussi le cas dans d’autres « grands centres urbains », ce qui engendre dans certains départements « des disparités entre les territoires ruraux et urbains », souligne l’Ordre.  Autre constat : « Aucune évolution favorable de l’organisation de la permanence des soins en EHPAD n’a été constatée en 2019, alors que la capacité de réponse aux demandes de soins non programmées des résidents est aujourd’hui alarmante ».

Faut-il imaginer que, faute de SOS Médecins, la solution réside désormais dans des réquisitions préfectorales ? Soigner sous la contrainte ? Ne plus pouvoir être libre de ses soirées, de ses nuits, de ses fins de semaine ? Pourquoi ce qui était accepté hier ne l’est plus aujourd’hui ? Et comment le serait-il demain ?

A demain @jynau

Coronavirus: après la contagion via les postillons les affres de la transmission fécale

Bonjour

Ce n’est qu’une hypothèse naissante mais elle doit désormais être impérativement prise en compte. Elle a officiellement émergé le 7 février dans les colonnes du Journal of the American Medical Association : « Clinical Characteristics of 138 Hospitalized Patients With 2019 Novel Coronavirus–Infected Pneumonia in Wuhan, China ». Les auteurs (tous travaillent au Zhongnan Hospital of Wuhan University) ont observé  sur 138 patients étudiés 14 souffraient de diarrhées et de nausées un ou deux jours avant de présenter les symptômes caractéristiques de l’infection par le 2019-nCoV (fièvre et problèmes respiratoires).

La voie bien connue de contamination (via les gouttelettes émanant de la toux d’une personne infectée, par contact de surfaces contaminées) n’est pas à remettre en question. Toutefois une seconde voie, digestive (diarrhéique et fécale) ne peut plus être exclue. On ajoutera que le premier malade américain infecté avec le 2019-nCoV avait également aussi eu des selles liquides pendant deux jours et que le nouveau virus avait ensuite été détecté dans ses selles. Des cas similaires ont également été récemment rapportés dans The Lancet « A familial cluster of pneumonia associated with the 2019 novel coronavirus indicating person-to-person transmission: a study of a family cluster »

« Il est important de noter que la présence du 2019-nCoV a été rapportée ailleurs dans les matières fécales de patients avec des symptômes abdominaux atypiques, similaires au SRAS qui se trouvait aussi dans l’urine, suggérant une voie de transmission fécale », explique William Keevil (Université de Southampton) sur le site du Science Media Centre  (Royaume-Uni).

Et l’AFP de rappeler que la transmission par voie fécale du virus du SRAS a contaminé des centaines de personnes dans un complexe résidentiel de Hongkong en 2003. ‘«Le 2019-nCoV retrouvé dans les selles pourrait se transmettre par voie fécale, estime Jiayu Liao, bioingénieur à l’Université de Californie. Mais nous ne savons pas encore combien de temps ce virus peut survivre en dehors du corps (…) et à quelle échelle de température le 2019-nCoV est sensible »

Voie fécale ? Elle pourrait amplement compliquer la lutte contre la diffusion de l’épidémie. Elle pourrait aussi constituer une redoutable menace au sein des établissements hospitaliers qui, loin de la contenir, pourraient faciliter et amplifier la dissémination virale au sein des organismes humains.

A demain @jynau