Migraine : sans le bon géant Novartis, pourrait-on en parler dans les hôpitaux français ?

Bonjour

Le temps ne passe pas. Réception d’un message adressé par le service de presse du géant pharmaceutique suisse Novartis :

« Dans le cadre du mois’’consacré à la Migraine’’, le Centre Hospitalier Universitaire de Montpellier, en partenariat avec Novartis, organise une  Journée de sensibilisation dédiée à la migraine le jeudi 19 septembre 2019 au Centre Hospitalier Universitaire de Montpellier

« A cette occasion, le Professeur Anne Ducros, Chef du service Neurologie et présidente de la SFEMC (Société Française d’Étude des Migraines et Céphalées) animera la conférence ‘’Migraine : mieux la connaître pour la combattre’’ ».

Enjeux médicaux et sociétaux

Sans doute ne combat-on bien que ce que l’on connaît. Aussi le géant suisse mettra-t-il à disposition des visiteurs, un stand d’information sur la migraine dans le hall du CHU. Les « patients migraineux » mais aussi le « grand public » pourront-ils ainsi « se documenter » sur cette pathologie. Pour résumer l’affaire :

« Le Centre Hospitalier Universitaire de Montpellier et Novartis s’engagent à accompagner les patients migraineux dans la prise en charge et l’accompagnement médical de leur pathologie et à sensibiliser le plus grand nombre en réalisant ensemble cette journée de sensibilisation dédiée à la migraine. »

D’autres établissements hospitaliers français sont concernés. Ainsi la même opération, le même jour, sera organisée grâce à Novartis avec le Centre d’Évaluation et de Traitement de la Douleur du Centre Hospitalier de Valenciennes. A cette occasion, plusieurs stands d’information, de prévention et de dépistage seront tenus par des professionnels de santé et des experts au sein de cet établissement hospitalier – et ce « afin d’aborder les enjeux médicaux et sociétaux de cette maladie comme, notamment, la migraine au travail ou le risque d’abus médicamenteux ».

Ne pas abuser, voilà la clef.

A demain @jynau

Poursuite de la grève des urgences : les millions d’euros d’Agnès Buzyn ont fait long feu

Bonjour

Hier, avec 754 millions d’euros sur trois ans elle avait fait tapis, pensait pouvoir gagner. Aujourd’hui Agnès Buzyn a perdu : comme prévu son « plan de refondation des urgences » n’a pas convaincu. Le collectif Inter-Urgences, réuni mardi 10 septembre en assemblée générale, l’a jugé insuffisant et a voté la poursuite du mouvement de grève – un mouvement entamé il y a près de six mois et affectant désormais deux-cent cinquante services.

Rassemblés à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) les représentants des grévistes ont voté à main levée une motion rappelant leurs revendications. Et ils ont acté le principe de « rassemblements locaux » pour le 26 septembre, en attendant de fixer prochainement une « date de mobilisation nationale ». La « participation aux autres actions » a également été approuvée, sans pour autant d’appel clair à rejoindre la manifestation de la CGT mercredi à Paris.

Comem prévu le collectif Inter-Urgences continue de réclamer des « réouvertures de lits », des « recrutements à la hauteur des besoins » et une « augmentation de 300 euros net mensuels pour tous les hospitaliers ». Ce qu’Agnès Buzyn ne veut/ne peut entendre : son plan se fonde sur l’orientation des patients pour limiter l’afflux aux urgences, avec un nouveau Service d’Accès aux Soins (SAS) pour réguler les appels aux secours et des « admissions directes » sans passage aux urgences pour les personnes âgées.

La ministre avait fait tapis. Il lui faudra revenir autour de la table.

A demain @jynau

Grandes souffrances hospitalières en France. Genève: espace de recueillement-ressourcement

Bonjour

Les Hôpitaux Universitaires de Genève (HUG) ouvrent un espace de ressourcement à la fois pluriconfessionnel et laïque. Il sera destiné aux patients, à leurs proches et aux collaborateurs. Ce nouveau lieu, divisé en quatre sous-espaces, chrétien, israélite, musulman et humaniste, offre désormais un endroit de recueillement et de silence, à toute personne, qu’elle soit croyante ou non-croyante.

Il s’agit, nous dit-on, du premier lieu de ce type ouvert dans un hôpital en Suisse. A quand de tels espaces hospitaliers de ressourcement en France ? Entendons-nous bien : espaces destinés aux patients, à leur proches et aux soignants. Hôpital: silences.

A demain @jynau

Michael Schumacher serait soigné à l’AP-HP : le traitement secret et le Pr Philippe Menasché.

Bonjour

Comment voyager sans danger aux frontières du secret médical ? C’est une exclusivité du Parisien/Aujourd’hui en France (Jean-Michel Décugis et Ronan Folgoas, avec Vincent Gautronneau) :« Michael Schumacher soigné à Paris pour un traitement secret. Le septuple champion du monde de Formule 1, grièvement blessé en décembre 2013, a été pris en charge ce lundi après-midi à l’Hôpital européen Georges-Pompidou à Paris. Il y suit un traitement dans le plus grand secret. » Extrait :

« Il est 15h40 ce lundi 9 septembre lorsqu’un brancard arrive au premier étage de l’Hôpital européen Georges-Pompidou (Paris XVème). Plus précisément au sein de l’unité de surveillance continue du service de chirurgie cardiovasculaire. Le brancard du patient est enserré dans une housse bleu marine qui masque totalement son corps et son visage. Un important dispositif de sécurité composé d’une dizaine de personnes accompagne la progression du brancard. Certaines d’entre elles portent des oreillettes. Les vigiles de l’établissement, mobilisés sur cette opération spéciale, s’assurent que les curieux passent leur chemin.En-tête du cortège, le professeur Philippe Menasché ouvre la voie et conduit son célèbre patient à destination. Michael Schumacher, le septuple champion du monde de Formule 1, âgé aujourd’hui de 50 ans, vient d’arriver quelques minutes plus tôt à bord d’un camion ambulance jaune et bleu, immatriculé à Genève en Suisse. »

On se souvient de l’accident du célèbre champion et, depuis, des innombrables interrogations. « Le Parisien-Aujourd’hui en France est en mesure de révéler que Michael Schumacher est hospitalisé depuis ce lundi après-midi dans le service de chirurgie cardio-vasculaire de l’hôpital. L’ex-pilote allemand aux 91 victoires et 68 pole positions est entre les mains du professeur Philippe Menasché, un éminent chirurgien cardiaque âgé de 69 ans, pionnier de la thérapie cellulaire pour soigner l’insuffisance cardiaque. Il siège également au conseil d’administration de l’Institut du cerveau et de la moelle épinière, sur le site de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris.

Elogieux portrait du praticien

Et le quotidien de brosser un élogieux portrait élogieux portrait du praticien parisien bien connu pour l’intérêt qu’il porte depuis longtemps aux possibles vertus thérapeutiques des cellules cardiaques d’origine embryonnaires.

 « Michael Schumacher est-il hospitalisé à l’Hôpital européen Georges-Pompidou pour profiter de ces recherches ? Ou pour un autre traitement ? Selon nos informations, l’ex champion bénéficie de perfusions de cellules-souches qui sont diffusées dans l’organisme afin d’obtenir une action anti-inflammatoire systémique, c’est-à-dire dans tout l’organisme. Le traitement devrait démarrer ce mardi matin, le patient devant quitter l’hôpital en principe mercredi. Contactés, le professeur Menasché et la direction de l’hôpital se retranchent derrière le secret médical, sans confirmer, ni infirmer nos informations. »

Interrogé sur le même sujet par France Info Martin Hirsch, directeur général de l’AP-HP a formulé la même réponse. Toujours selon Le Parisien- Aujourd’hui en France et « de sources concordantes », Michael Schumacher aurait effectué au moins deux passages à l’Hôpital européen Georges-Pompidou, au printemps dernier. Lors de son premier séjour à Paris, il aurait fait l’objet d’examens médicaux pratiqués à la Pitié-Salpêtrière. Fin juillet dernier il  devait revenir pour une nouvelle séance à l’Hôpital européen Georges-Pompidou. Mais un problème de santé imprévu l’en aurait empêché. « Le traitement a été repoussé à ce début de semaine, date du retour de vacances du professeur Menasché ».

A demain @jynau

Urgences : Mme Buzyn débloque 754 millions d’euros. Pas assez pour calmer les souffrances

Bonjour

Sans embauches ni ouverture de lits, le compte y sera-t-il ? La magie des chiffres jouera-t-elle ? Six mois après le début d’un mouvement de protestation sans précédent dans les services hospitaliers d’urgence Agnès Buzyn joue gros : rien moins que son va-tout. La ministre des Solidarités et de la Santé a dévoilé, lundi 9 septembre, un « plan de refondation » – douze mesures pour tenter de vider un abcès grossissant. Et la ministre d’annoncer avoir décidé de consacrer (sans aucun coup de pouce de Bercy) 754 millions d’euros ( étalés jusqu’en 2022)  pour mettre en place les « transformations » dont le secteur a besoin.

Priorité des priorités : « la mise en place dans tous les territoires , dès l’été 2020, d’un service distant universel pour répondre à toute heure à la demande de soins des Français ». La résurgence sous une forme moderne de la « permanence des soins » dont nul ne semble en mesure d’expliquer pourquoi elle a disparu.

Ce service d’accès aux soins qui prendra le nom de SAS (sic) devra permettre, en fonction des besoins de chaque patient et de l’urgence de chaque situation, d’obtenir 24 heures sur 24 un conseil médical et paramédical, de prendre rendez-vous pour une consultation avec un médecin généraliste dans les vingt-quatre heures, de procéder à une téléconsultation, d’être orienté vers un service d’urgences ou de recevoir une ambulance.

Le « plan de refondation » du ministère prévoit également de réformer le financement des urgences, de lutter contre les dérives de l’intérim médical ou encore de renforcer la sécurité des professionnels. Mieux, en amont des passages aux urgences hospitalières,  il prévoit de renforcer l’offre de consultations médicales « sans rendez-vous » et fixe un objectif de « zéro passage par les urgences » pour les personnes âgées. Ce qui restera à expliquer.

Soigner la face immergée de l’iceberg

Le compte y sera-t-il ? Selon le collectif Inter-Urgences, 249 sites hospitaliers sont actuellement en grève – seulement 195 selon les services d’Agnès Buzyn. Il faut icin pour comprendre l’ampleur du mal, lire le dernier communiqué (daté du 6 septembre) du Syndicat National des Praticiens Hospitaliers Anesthésistes-Réanimateurs Elargi aux autres spécialités (SNPHARE) : « Crise aux Urgences : STOP à l’OMERTA. La crise aux urgences, c’est la crise de l’hôpital public tout entier ! ». Extraits :

 « Le degré de crise sanitaire est maximal dans de nombreuses structures, des lignes de gardes ont été fermées durant tout l’été par manque de médecins et de personnel soignant mettant en danger de manière inacceptable les patients.

Un sous-effectif permanent des équipes médicales et soignantes, malgré nos alertes incessantes ces dernières années sur l’augmentation de l’activité des services d’urgence ; un cruel manque de lits d’hospitalisation, en total inadéquation avec la hausse régulière du nombre de passages aux urgences ; les médecins urgentistes et les soignants expriment une grande souffrance dans leur travail au quotidien : fonctionnement permanent en mode dégradé, non-respect du temps de travail et du code de travail ; pénibilité accrue et devenue insupportable aux horaires de la permanence des soins ; drames qui se multiplient dans les structures d’urgences au grand désarroi des familles et des soignants. »

Rapepler que le nombre de suicide de personnel médical et paramédical hospitalier, année après année, ne cesse d’augmenter ?  Pour ces syndicalistes la « crise aux urgences » n’est que la face émergée de l’iceberg. « C’est tout l’hôpital public qui souffre » assurent-ils. Leurs demandes à la ministre : davantage de lits d’hospitalisations ; une augmentation du nombre de médecins et de soignants ; une augmentation des salaires ; un plan d’action global sur l’amont et l’aval des Urgences et pour l’Hôpital Public dans son ensemble ; des moyens financiers conséquents, comprenant une révision de la tarification de l’activité réalisés aux urgences.

Ainsi donc 754 millions d’euros, pour voir, jusqu’en 2022. Sans embauches ni ouverture de lits le compte n’y sera pas.

A demain @jynau

Quel sera le prix d’un rein prélevé sur un donneur vivant non consentant (CHU d’Angers) ?

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La presse régionale s’habitue à tout. A commencer par ce qui, hier, aurait été perçu comme exceptionnel. Et la justice lui emboîte le pas. L’affaire est rapportée par Ouest-France (Bertrand Merloz) : « Justice. Au CHU d’Angers, le rein prélevé sans consentement du donneur ».

Le 8 novembre 2004, à la veille de donner son rein gauche à son frère en attente de greffe, un homme est « saisi par le doute » dans sa chambre du CHU d’Angers. Puis son hésitation (exprimée au corps médical et à son épouse jointe par téléphone) s’évanouit « devant l’urgence de la situation ». Opéré le lendemain, « sans vérification de son consentement » (comme devait ensuite établir l’enquête) cet homme (assistant ingénieur d’une quarantaine d’années au moment des faits) avait obtenu une première réparation du tribunal administratif (septembre 2015). Une réparation portée à 36 000 € en appel (octobre 2017).

De bons états de service et syndrome d’anxiété

Souffrant de douleurs abdominales récurrentes et d’un syndrome d’anxiété (aggravé par le rejet de la greffe pratiquée sur son frère) il avait ensuite saisi le Conseil d’État, fort d’un élément nouveau justifiant la réouverture du dossier : sa mise à la retraite anticipée à seulement 51 ans (retraite liée à son état de santé).

Mercredi 4 septembre 2019, la cour administrative d’appel de Nantes était invitée à réévaluer ses pertes de revenus professionnels, de droits à pension de retraite, et son préjudice moral. « La révélation de l’ampleur du préjudice est apparue après le jugement avec cette retraite anticipée » , a indiqué le rapporteur public. Le magistrat a chiffré à 125 000 € les pertes de salaires jusqu’à un départ en retraite programmé à 62 ans. Il y ajoute 15 000 € liés à l’avancement prévisible d’un fonctionnaire qui présentait de bons états de service, et maintenu les autres postes d’indemnisation. Parmi eux, 10 000 € liés à son défaut de consentement.

Au total, la condamnation du CHU d’Angers serait portée à 186 000 €, si l’avis du rapporteur public était suivi par les juges. Le délibéré sera rendu le 20 septembre.

A demain @jynau

L’invraisemblable affaire du septuagénaire retrouvé mort dans un hôpital de Marseille

Bonjour

Invraisemblables. Il y avait eu la femme retrouvée morte aux urgences de Cochin. Puis celle de Lariboisière. Aujourd’hui c’est un homme septuagénaire retrouvé mort après quinze jours de recherches (oui, quinze jours) à l’hôpital de la Conception de Marseille. Comment est-ce possible ? L’affaire est rapportée dans le détail par l’AFP..

Jean Ligonnet, 73 ans, père de six enfants, entre à l’hôpital de la Conception le 19 août au matin. Depuis près d’un an il a régulièrement rendez-vous en hôpital de jour, pour une séance de chimiothérapie. Aujourd’hui le traitement de ce patient, venu du Var, a pris du retard. L’homme doit patienter. Un plateau-repas lui est fourni. A 14 heures, soit trois heures plus tard, le personnel soignant ne le trouve plus dans la salle d’attente.

Le corps de Jean Ligonnet sera retrouvé « après quinze jours de recherches » deux étages plus haut, dans une unité désaffectée du même établissement. Aujourd’hui l’Assistance publique-Hôpitaux de Marseille (AP-HM) assure avoir tout mis en œuvre pour le retrouver : fouilles répétées de tout l’établissement et de ses abords, visionnage de la vidéosurveillance, mobilisation générale des personnels encadrants, soit « des dizaines » de personnes…

Le mardi 3 septembre on apprend à son fils  que le cadavre de son père, « en état de décomposition avancée », a été retrouvé « dans une aile désaffectée ». Le vieil homme est, selon toute vraisemblance, décédé seul. Une autopsie médico-légale effectuée le 4 septembre « n’établit pas l’intervention d’un tiers », a précisé le procureur de Marseille, Xavier Tarabeux. Mais encore ? Une enquête est toujours en cours pour déterminer les circonstances exactes de la mort.

« Il aurait été préférable qu’il soit accompagné »

Qui est responsable ? La direction de l’AP-HM a lancé une enquête interne. Elle souligne que le patient, qui résidait « en secteur fermé » à la maison de retraite d’Age d’Or, à La Seyne-sur-Mer (Var), était venu « seul », en taxi.

« Il aurait été préférable qu’il soit accompagné, a regretté Sylvia Breton, directrice adjointe de l’AP-HM lors d’une conférence de presse. Il était désorienté et dément. Notre métier est de soigner. Tout le monde se sent responsable. » « Nous n’étions pas au courant d’épisodes récents de fugue, qui s’étaient produits peu avant à l’Ehpad, a précisé le Pr Régis Costello, chef du service d’hématologie. Il était connu pour sa pathologie hématologique, pour sa pathologie neurologique, mais pas pour les fugues, c’est un patient qui ne posait aucun problème. » Interrogée, la directrice de la maison de retraite a refusé de répondre, « par respect du deuil de la famille » et en raison de l’enquête judiciaire en cours.

L’enquête devra notamment répondre à une question essentielle. L’ « unité désaffectée » dans laquelle le cadavre a été retrouvé (à l’intérieur d’une chambre dont la poignée était cassée) avait été fouillée plusieurs fois, « sans qu’aucun bruit ou signe de présence ne soit décelé ».

La famille de Jean Ligonnet avait placardé depuis deux semaines de nombreux avis de recherche dans le quartier marseillais. Avant même la découverte du corps, l’un de ses fils avait porté plainte contre l’hôpital pour « délaissement »d’une personne vulnérable. Selon lui, tout n’a pas été mis en œuvre. « Je suis dégoûté, écœuré, parce que mon père ne méritait pas de mourir dans des circonstances comme ça, dit-il. Ils l’ont fait mourir comme un chien, et ils l’ont oublié. »

A demain @jynau