Brutale accélération de la fermeture de toutes les «petites maternités de proximité» : et après ?

Bonjour

« Le nombre de femmes qui vivent à plus de 45 minutes d’une maternité a doublé en 20 ans » titre Le Monde (François Béguin, Véronique Malécot, Mathilde Costil, Eugénie Dumas, Eric Dedier et Xemartin Laborde). Une information opportunément publiée à la veille des « Etats généraux des maternités de proximité » qui se tiendront les 22 et 23 mars au Blanc (Indre), l’une des petites cités directement concernée par un processus jacobin déjà ancien de fermeture programmée.

« En un peu plus de vingt ans, entre le 1er janvier 1997 et le 11 mars 2019, la France a perdu 338 maternités (413 fermetures et 73 ouvertures) sur 835, précise Le Monde qui a demandé à un ‘’géographe de la santé’’ un travail original sur le sujet. A l’issue de cette colossale refonte de la carte sanitaire, le nombre de femmes en âge de procréer se trouvant à plus de quarante-cinq minutes d’une maternité a plus que doublé, passant de 290 000 à 716 000, soit 430 000 de plus. Le nombre de celles se trouvant à plus de trente minutes a, lui, augmenté de près de deux millions, passant de 1,9 million en 1997 à 3,7 millions en 2019.

Au milieu du gué

Ces chiffres jusqu’ici inédits sont différents des données produites par le service statistiques du ministère de la santé. Et au vu du contenu du projet de loi « santé » défendu par Agnès Buzyn et dont l’examen est en cours devant l’Assemblée nationale de nouvelles fermetures sont à prévoir dans les prochaines années. « On continue à fermer et à concentrer, on a l’impression que ça ne finira jamais », déplore Rosine Leverrier, vice-présidente des comités de défense des hôpitaux et maternités de proximité. Une angoisse qui vient s’ajouter à toutes celles que nourrissent ceux qui estiment vivre aujourd’hui « en périphérie ».

Un paradoxe d’autant plus étonnant que les autorités sanitaires arguent de la sécurité des femmes pour justifier les fermetures de maternités où les médecins spécialistes font défaut. Une politique qui a récemment reçu le soutien affiché d’un vaste aréopage représentant les anesthésistes-réanimateurs, les gynécologues médicaux et les gynécologues-obstétriciens, les pédiatres et des médecins généralistes 1.

« L’évolution est urgente et inéluctable du fait de la démographie médicale, expliquent-ils. Elle est nécessaire pour la sécurité des patientes. Nous comprenons les craintes des patientes mais rester crispé au milieu du gué est particulièrement dangereux. Refusons la démagogie et construisons l’avenir avec les patients, les soignants et les élus responsables. »

Comment décrisper ceux qui au Blanc (Indre) et ailleurs, à la fois en périphérie et au milieu du gué, voient monter les eaux, tremblent et n’osent plus avancer ?

A demain

@jynau

1 Laurent Heyer, président du CNP-AR (Conseil National Professionnel d’Anesthésie-Réanimation) ; Benoît Plaud, président du CNEAR (Collège National des Enseignants d’Anesthésie-Réanimation) ; Xavier Capdevila, président de la SFAR (Société Française d’Anesthésie et de Réanimation) ; Christian-Michel ARNAUD, président du SNARF (Syndicat National des Anesthésistes-Réanimateurs de France) ; Denis Cazaban, président du SMARNU (Syndicat des Médecins Anesthésistes-Réanimateurs Non Universitaires) ; Anne Wernet, présidente du SNPHAR-e (Syndicat National des Praticiens Hospitaliers Anesthésistes-Réanimateurs) ; Élie SALIBA, président de la SFN (Société Française de Néonatologie) ; Olivier Claris, Chef de service de néonatologie et de réanimation néonatale au CHU de Lyon ; Blandine Mulin, présidente de la FFRSP (Fédération Française des Réseaux de Santé Périnatale) ; Thierry Debillon, président de la SFMP (Société Française de Médecine Périnatale) ; Jean-Christophe Rozé, professeur de Pédiatrie à l’Université de Nantes ; Israël Nisand, président du CNGOF (Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français) ; Michèle Scheffler, présidente du CNPGO (Conseil National Professionnel de Gynécologie et Obstétrique) ; Vincent Zerr, président de la FECEGOCH (Fédération des Cercles d’étude des Gynécologues Obstétriciens des Centres Hospitaliers) ; Bertrand de Rochambeau, président du SYNGOF (Syndicat National des Gynécologues Obstétriciens de France) ; Pascale Le Pors, vice-présidente du SYNGOF, pôle Praticiens  Hospitaliers ; Jacques Trévidic, président de la CPH (Confédération des Praticiens des Hôpitaux) et de APH (Action Praticiens Hôpital) ; Renaud Péquignot, président Avenir Hospitalier ; Emmanuel Loeb, président de Jeunes Médecins ; Jeremy Do Cao, président de l’AJP (Association des Juniors en Pédiatrie) ; Gabriel Saiydoun, président du CNJC (Conseil national des Jeunes Chirurgiens) ; Franck Verdonk, président du SNJAR (Syndicat des Jeunes Anesthésistes-Réanimateur) ; François BRAUN, président de Samu-Urgences de France

 

Nouveau : à l’AP-HP, les conflits d’intérêts médicaux ne sont plus tout à fait ce qu’ils étaient

Bonjour

Le Canard Enchaîné (Isabelle Barré) mesure-t-il où il pose un pied ? Dans son édition datée de ce 20 mars 2019 il se penche sur  le cas du Pr Philippe Gabriel Steg, 60 ans, un nom de la cardiologie française et internationale 1. Un mandarin moderne, qui vient d’être nommé « vice-président chargé de la recherche au sein du directoire de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) ». Ce directoire est présidé par le directeur général Martin Hirsch et compte deux autres vice-présidents :  le Pr Noël Garabédian et Pr Bruno Riou, est le deuxième vice-président. Présentation du nouveau venu sous les ors directoriaux :

« Le Pr Philippe Gabriel Steg est chef du service de cardiologie à l’hôpital Bichat AP-HP depuis 2016, et professeur à l’Université Paris-Diderot et à l’Imperial College de Londres. Il mène plusieurs projets de recherche sur les causes des maladies cardiovasculaires et pilote des essais thérapeutiques internationaux sur les médicaments de la prévention de l’infarctus du myocarde et de ses récidives. Il est auteur ou coauteur de 972 publications originales dans des revues scientifiques internationales à comité de lecture. Son index bibliométrique h (calculé par Web of Science) est à 116, et ses travaux ont été cités plus de 76 000 fois. Il a été « highly cited researcher » (top 1% international des scientifiques les plus cités) chaque année depuis 2014.

Le Pr Steg dirige notamment une équipe sur la recherche clinique en athérothrombose  au sein de l’unité UMR 1148  « Laboratoire de recherche vasculaire translationnelle », co-coordonne depuis 2012 le département hospitalo-universitaire FIRE (pour « Fibrosis, Inflammation and REmodeling »), et depuis 2017 le consortium scientifique « Recherche hospitalo-universitaire » (RHU) iVASC (pour « InnoVations in Atherothrombosis Science ») financé par l’Agence nationale de la recherche. Il préside également le réseau de recherche clinique FACT (pour « French Alliance for Cardiovascular clinical Trials ») créé en 2012. »

Pneumologue rémunéré durant des années par Total

Que dire de plus ? Ce que souligne l’hebdomadaire satirique, peut-être : le nombre très élevé des contrats de consultant avec les géants de Big Pharma (Sanofi, Bayer, Pfizer, MSD, Novartis, BMS, Servier). Pour un total de 226 833 euros entre 2015 et 2018 – auxquels il faut ajouter 45 367 euros d’ « avantages en nature ». Ce sont là, précise Le Canard, des données disponibles sur le site officiel Transparence Santé. Et la procédure en vigueur à l’AP-HP depuis l’étrange affaire du « pneumologue rémunéré par Total » a été parfaitement respectée. Pour sa part le Pr Steg ne voit, ici, aucun « conflit d’intérêts » avec ses nouvelles fonctions.

« On ne va pas lui demander de renoncer à ses contrats » a précisé Martin Hirsch au Canard qui rappelle que le directeur général de l’AP-HP a jadis consacré « un bouquin entier » donnant la recette de la fin des intérêts conflictuels 2. Et le Directeur général de se féliciter du nombre et de la qualité des publications du Pr Steg.

Tout cela, on peut le comprendre, suscite l’ire d’un chef de service. « On rêve ! Cela devrait être un obstacle et ça devient un atout, a-t-il déclaré à l’hebdomadaire. Moi, je publie aussi, sans être payé par les labos. » On observera que ce témoignage confraternel est, malheureusement, anonyme.

A demain

@jynau

1 Rosier F. « Gabriel Steg, cardiologue hyperactif. Portrait. Ce spécialiste de l’infarctus du myocarde est un des rares Français à piloter de grands essais cliniques internationaux. » Le Monde du 13 octobre 2015

2 Hirsch M. « Pour en finir avec les conflits d’intérêts ». Editions Stock.

 

Invraisemblable : retrouvé comateux dans une pièce condamnée des urgences de Roubaix

Bonjour

Quand l’étrange émerge au sein même de nos urgences.

Le 4 mars un habitant de Wasquehal (Nord) âgé de 57 ans  appelle le SAMU –  « forts maux de tête ». Il est aussitôt conduit aux urgences de l’hôpital de Roubaix où il est pris en charge dans la matinée. Puis il disparaît. L’hôpital estime alors qu’il a « quitté les urgences vers 11 h 00 sans attendre les résultats de ses examens ». Inquiets de ne pas le voir rentrer, ses deux fils « le cherchent  partout, appelant ses collègues, son usine, le commissariat, tous les hôpitaux, en vain ».

« Quand on a joint l’hôpital Victor-Provo de Roubaix, ils nous ont expliqué qu’il était venu et reparti rapidement, alors qu’il se trouvait à ce moment-là dans une pièce vide, en travaux, qui aurait dû être fermée, à deux mètres de l’accueil, explique l’un d’eux – information de La Voix du Nord (Julien Dufurier). Ils l’ont finalement retrouvé le 5 mars en fin de matinée, soit 24 heures après, et on nous a dit qu’il était dans le coma, qu’on ne savait pas si c’était un AVC, une rupture d’anévrisme et qu’on ne savait pas non plus comment il s’était retrouvé là. »

« Personne ne nous explique rien »

Et ce fils de s’interroger « Pourquoi personne ne l’a vu entrer dans cette pièce ? Pourquoi personne n’a entendu sonner son portable ? Comment une personne peut-elle disparaître aux urgences ? ». Et ce fils de juger cette situation « inimaginable ». « Des images de vidéosurveillance attestent qu’il est sorti fumer une cigarette à 11 h 00 et après, plus rien. »

Et ce fils d’agir. « Personne ne nous explique rien, il n’y a aucune transparence, c’est pourquoi j’ai porté plainte contre l’hôpital ». La Direction départementale de la sécurité publique confirme qu’une plainte a été déposée pour « mise en danger » de la vie d’autrui et qu’une enquête avait été confiée au commissariat de Roubaix.

L’hôpital ? Il a confirmé le déroulé des événements, tout en assurant avoir pris « des mesures immédiates ». « En particulier, la sécurité de ces locaux qui ne sont pas mis en service a été immédiatement renforcée afin d’y empêcher tout accès fortuit », a-t-il indiqué. Mieux encore, il « communiquera tous les éléments d’information à sa disposition dans le cadre de l’enquête en cours ». Le malade ? Toujours dans le coma il a été transféré vers un hôpital de Lille.

Au sein même de nos urgences, l’émergence de l’insondable étrange.

A demain

@jynau

 

A nouveau, suicide d’un médecin hospitalier : Agnès Buzyn décidera-t-elle de faire la lumière ?

Bonjour

Le Dr Nicolas Siegler s’est suicidé le 3 mars dernier. Agé de 37 ans, marié et père de deux enfants, ce chirurgien urologue exerçait au CHU de Nîmes et au centre hospitalier de Bagnols-sur-Cèze (Gard). Selon la direction de  ces deux établissements l’origine de ce drame intime serait strictement personnelle. « Toute insinuation qui viserait à établir un lien de causalité avec l’exercice ou le cadre professionnel du praticien serait considérée comme une tentative de diffamation et reçue comme telle », ont aussitôt prévenu les directions de ces hôpitaux sollicitées par Le Quotidien du Médecin (Guillaume Mollaret).

Serait-ce aussi simple ? Pas pour le Dr Philippe Cathala (CHU de Montpellier) :

« (…) Je garderai de Nicolas, qui était chef de filière d’urologie lorsque je présidais l’internat de Montpellier, le souvenir d’un confrère doux et très chaleureux, que ses collègues surnommaient affectueusement « nounours » tant il disait toujours oui. C’était un excellent praticien reconnu par ses pairs et par ses patients. Il était dans une situation compliquée, confronté à une vie, notamment professionnelle, difficile et n’a pas trouvé les ressources pour se battre. Cela nous rappelle à quel point l’engagement dans leur vocation des médecins peut être total, parfois jusqu’à l’absurde et à quel point il est vital que la société sache aussi prendre soin de ceux qui habituellement s’occupent d’elle. »

 « Dans un suicide, il y a toujours des causes multifactorielles. Il était le seul PH à Bagnols-sur-Cèze depuis plusieurs mois et faisait des journées de travail à rallonge. Sa charge de travail était devenue énorme. L’auto-inspection par l’institution semble un art complexe » a d’autre part déclaré au Quotidien du Médecin un confrère sous le sceau de l’anonymat.

Selon les informations du Quotidien, le Dr Siegler avait émis la volonté de s’installer dans le secteur libéral et entamé plusieurs démarches en ce sens. « Le drame du suicide d’un confrère n’est que la partie émergée et plus cruellement visible de l’épuisement professionnel de nombreux professionnels de santé », écrit dans un communiqué le Dr Jean Thévenot, président de l’Ordre régional des médecins d’Occitanie.

L’affaire n’est pas finie

Dans un premier temps deux syndicats ,Action Praticiens Hôpital (APH) et Jeunes Médecins, ont dénoncé l’ « incapacité des organisations hospitalières et des pouvoirs publics à empêcher ces drames à répétition, qui bouleversent la communauté hospitalière sans qu’aucune solution concrète ne soit mise en œuvre. A quoi bon organiser des réunions au Ministère sur la qualité de vie au travail si rien n’est fait pour prévenir sur le plan local les situations de souffrance extrême ? » demandent-ils.

Aujourd’hui quatre syndicats nationaux amplifient le mouvement : le  Syndicat National des Praticiens Hospitaliers Anesthésistes-Réanimateurs-Elargi aux autres spécialités (SNPHAR-E), le Syndicat National des Gynécologues-Obstétriciens de France (SYNGOF), le Syndicat National des Jeunes Anesthésistes-Réanimateurs (SNJAR) et le Conseil National des Jeunes chirurgiens (CNJC). « Il est assez rare que chirurgiens et anesthésistes-réanimateurs cosignent des communiqués de presse. C’est dire si on en a ras-le-bol de voir nos collègues tomber… » résume la Dr Anne Geffroy-Wernet, présidente du SNPHAR-E.

« Nous refusons de parler d’’’un suicide de plus’’ » annoncent les responsables des quatre syndicats. Ils demandent à être reçus en urgence par Agnès Buzyn – et réclament à la ministre des  Solidarités et de la Santé la saisine de l’IGAS afin qu’une « enquête indépendante » soit menée. Qui s’opposerait à Agnès Buzyn si elle entendait faire la lumière sur ce drame ?

Reste, il est vrai, l’étrange menace proférée, d’emblée, par les directions hospitalières : « Toute insinuation qui viserait à établir un lien de causalité avec l’exercice ou le cadre professionnel du praticien serait considérée comme une tentative de diffamation et reçue comme telle ». Pourquoi ?

A demain

@jynau

Agnès Buzyn fait ruisseler des millions d’euros sur les établissements publics et privés de santé

Bonjour

13 mars 2019. Agnès Buzyn est toujours ministre des Solidarités et de la Santé. Elle vient de faire savoir, via un communiqué de presse qu’elle avait, personnellement, « décidé de verser 300 millions d’euros aux établissements publics et privés de santé » et ce « en dotation complémentaire à l’exercice 2018 ».

Il faut ici savoir que, chaque année, le Parlement adopte l’objectif national des dépenses d’assurance maladie (ONDAM) dans le cadre de la loi de financement de la sécurité sociale. Or les dernières données disponibles relatives à l’exercice 2018 indiquent que les dépenses d’assurance maladie ont « moins progressé que l’objectif voté » – et ce du fait principalement d’une évolution de l’activité hospitalière « plus faible que prévue ».

Accompagner des établissements de santé en difficulté

Aussi Agnès Buzyn a-t-elle décidé de verser ces fonds pour « soutenir les établissements » et « contribuer à réduire leur déficit ». « La majeure partie de ces crédits, soit 235 millions d’euros, sera répartie entre l’ensemble des établissements ayant une activité de médecine, chirurgie, obstétrique (MCO) pour tenir compte de la progression modérée de leur activité en 2018, explique-t-on à la presse. Le reversement de ces crédits permettra de réduire sensiblement le déficit des établissements de santé. »

Ces 300 millions d’euros s’ajoutent au dégel de 415 millions d’euros annoncé en décembre 2018. En complément, 65 millions d’euros seront reversés de manière ciblée pour accompagner des établissements de santé en difficulté et pour accélérer le financement de mesures prioritaires comme l’intensification des actions de prévention et de dépistage pour lutter contre l’hépatite C (mesure phare du plan Priorité Prévention) et la généralisation du dispositif VigilanS, dispositif de soin innovant destiné à la prévention de la récidive suicidaire.

« Avec le versement complémentaire de 300 millions d’euros décidé aujourd’hui, Agnès Buzyn manifeste son soutien aux établissements de santé et son attachement à consolider les conditions de la confiance autour d’une régulation juste et équilibrée des dépenses d’assurance maladie. » 13 mars 2019. Agnès Buzyn est toujours ministre des Solidarités et de la Santé.

A demain

@jynau

Vidéo : le superbe coup de poing des infirmières urgentistes de l’hôpital de Saint-Malo

Bonjour

C’est une urgence pour qui s’intéresse à la politique et à la santé publique: voir, entendre et diffuser : « Toute la santé du monde ! ».  Trois minutes qui disent tout des impasses hospitalières actuelles. Une séquence heureusement reprise le 5 mars au 20 heures de France 2. Une situation classique, une grève qui s’éterniste, des urgences sous-dimensionnées et débordées, le refus des soignants d’accepter l’inacceptable, la perte de sens combattue par la colère et une direction hospitalière qui, comme toujours, feint de ne pas comprendre l’ampleur des dégâts.

« Toute la santé du monde ! », donc. Par les « Tenues blanches des urgences » depuis les nouveaux remparts de Saint-Malo – joliment inspiré de « Tout le bonheur du monde ! » (clip officiel). Voici :

« On vous souhaite toute la santé du monde/Mais avec nous c’est plus certain/On manque de sous, on manque de tout/Mais surtout on manque de mains/On vous souhaite toute la santé du monde/Mais sans moyens on ne peut rien/Et qu’la direction nous répond/Qu’on n’a p’lus d’sous qu’on n’a plus rien

 « Puisqu’on travail avec l’humain/Qu’on a vos vies entre nos mains/Et qu’on a tous besoin de soins/Avec c’qu’on a à vous offrir/C’est juste attendre et vous sourire/Et de prier pour s’en sortir/Et puisqu’on sera toujours là/Pour vous sortir des mauvais pas….

 « On vous souhaite toute la santé du monde/Mais avec nous c’est plus certain/On manque de sous, on manque de tout/Mais surtout on manque de mains/On vous souhaite toute la santé du monde/Mais sans moyens on ne peut rien/Et qu’la direction nous répond/Qu’on n’a p’lus d’sous qu’on n’a plus rien

 « Notre système arrive à bout/On nous fait faire des journées d’fous/Faut du rendement et puis c’est tout/Et comme on n’a pas quatre bras/Et que (… inaudible….)  ne suffit pas/On se demande ce qu’on fout là /Espérons qu’avec le temps /Que le changement c’est maintenant

 « On vous souhaite toute la santé du monde/Mais avec nous c’est plus certain/On manque de sous, on manque de tout/Mais surtout on manque de mains/On vous souhaite toute la santé du monde/Mais sans moyens on ne peut rien/Et qu’la direction nous répond/Qu’on n’a p’lus d’sous qu’on n’a plus rien (…) »

 A demain

@jynau

 

 

Alerte dans les boulangeries de Paris : il y a trop de morphine dans les pains au pavot

Bonjour

C’est le célèbre  Centre Antipoison et de Toxicovigilance de Paris (hôpital Fernand Widal) qui a lancé l’alerte : les experts en empoisonnements venaient de découvrir dans des urines qui leur avaient été adressées des taux anormalement élevés de deux alcaloïdes : la morphine et la codéine.

Rien d’exceptionnel pour ces experts, si ce n’est qu’après enquête il fut établi que toutes les personnes concernées avaient « consommé au préalable des pains aux graines de pavot ». Mensonge de toxicomanes ? Nullement. « Les graines de pavot présentes sur les produits consommés ont été analysées et présentaient ‘’effectivement’’ des teneurs ‘’particulièrement élevées’’ en alcaloïdes » nous expliquent aujourd’hui Bercy et la Santé.

Comment une telle contamination a-t-elle été possible ? « Des investigations sont actuellement en cours pour identifier l’origine de cette contamination et déterminer si des produits actuellement commercialisés sont concernés, précisent les autorités. »

Somnolence, confusion, fatigue, rougeur du visage, démangeaisons …

Dans ces conditions et dans l’attente des résultats des investigations en cours, « il est vivement recommandé d’éviter la consommation de produits de boulangerie contenant des quantités significatives de graines de pavot ». C’est tout particulièrement vrai « avant d’exercer une activité nécessitant une attention particulière (la conduite d’un véicule par exemple)». Ou encore pour les populations les plus à risque (femmes enceintes ou allaitantes, enfants, personnes ayant un risque de rétention urinaire et personnes à risque respiratoire).

Que faut-il encore savoir quand on n’est pas un spécialiste de la codéine et de la morphine ? Que l’exposition à de « telles teneurs en alcaloïdes » est susceptible de conduire « rapidement et pendant plusieurs heures » à des symptômes inquiétants : somnolence, confusion, fatigue, rougeur du visage, démangeaisons, bouche sèche, nausées, vomissements, constipation, rétention d’urine.

Aussi les personnes qui viennent de consommer ces produits et qui présentent les symptômes précités sont invitées à contacter un Centre Antipoison en mentionnant cette consommation (coordonnées des Centres Antipoison et de toxicovigilance : http://www.centres-antipoison.net/). Et que faire en l’absence de symptômes dans les heures qui suivent la consommation de pains au graines de pavot ? Rien : il est inutile de s’inquiéter et de consulter un médecin.

A demain

@jynau