Hospitalité et post-vérité : prière de contacter Doctolib® pour un rendez-vous à l’AP-HP

 

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Que vont devenir les secrétaires ? En langage officiel cela donne « l’AP-HP déploie actuellement dans ses 39 hôpitaux et pour tous ses patients, un service de prise de rendez-vous en ligne ». Traduit par l’AFP : « Grâce à un partenariat inédit avec la start-up française Doctolib, la prise de rendez-vous en ligne avec l’un des neuf mille médecins de l’Assistance publique–hôpitaux de Paris (AP-HP) sera possible d’ici à juin 2018 ».

Doctolib est une start-up française fondée en 2013 par Stanislas Niox-Chateau, Ivan Schneider, Jessy Bernal et Steve Abou Rjeily. Elle fournit un service en ligne de prise et de gestion de rendez-vous médicaux. Quatre ans plus tard elle revendique une base de vingt et un mille professionnels de santé et six cents établissements clients (cliniques, centres de santé et établissements privés à but non lucratif) en France et en Allemagne.

Pour l’AP-HP la légende est déjà en place. Le projet serait né en 2015 d’une discussion fondatrice entre le directeur général, Martin Hirsch, et un patient « venu de Troyes » pour prendre un rendez-vous à l’hôpital Paul-Brousse (Villejuif). L’année suivante Doctolib remportait un appel d’offres de l’AP-HP, « soucieuse de développer la prise de rendez-vous médicaux en ligne pour faciliter les démarches des patients et faire gagner du temps à ses personnels ».

Pragmatisme et savoir faire

Accessible sur les sites ou applications mobiles respectifs de l’AP-HP et de Doctolib, la prise de rendez-vous en ligne (gratuite) concerne déjà sept établissements de l’AP-HP (Antoine-Béclère, Bicêtre, Paul-Brousse, Saint-Antoine, Tenon, Trousseau, et plusieurs services de l’Hôpital Européen Pompidou). Bientôt Rothschild et Avicenne et service sera proposé pour ses trente-neuf établissements en juin 2018.

La direction générale vise « 1,2 million de rendez-vous » pris en ligne chaque année – sur 4 millions de consultations. Elle table sur une réduction « importante » du nombre de rendez-vous non honorés – grâce notamment aux SMS de rappel envoyés aux patients. Le coût de l’opération ? Il est évalué « entre 1 et 2 millions d’euros » pour les quatre ans, durée du marché ; un marché passé au nom du nécessaire « pragmatisme » et d’un « savoir-faire » qui n’existait qu’à l’extérieur. Que vont devenir les secrétaires ? Relire Joseph Schumpeter (1883-1950).

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Le suicide d’une infirmière à son domicile a été reconnu comme « accident du travail »

 

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Les faits. Sans commentaires. Emmanuelle Lebrun, 44 ans, infirmière en néonatalogie et mère de deux enfants, avait mis fin à ses jours le 24 juin 2016 à son domicile. Elle travaillait alors au sein du Groupe hospitalier du Havre (GHH). Son suicide a été reconnu en « accident de service », après enquête administrative interne, viennent de faire savoir la direction et la CGT.

Emmanuelle Lebrun avait laissé une lettre expliquant qu’elle subissait un important stress professionnel et qu’elle avait « le sentiment d’avoir fait quelque chose de grave », a rappelé Agnès Goussin-Mauger, déléguée CGT. Ce syndicat et SUD avaient, via le Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail, demandé une enquête administrative. Celle-ci a été menée par une commission paritaire qui a classé le décès de l’infirmière en accident du travail.

Lien direct et unique

La direction du GHH a confirmé, dans un communiqué, « avoir suivi l’avis de la commission de réforme qui impute le suicide de Mme Emmanuelle Lebrun à un accident de service ». « Le travail de fond entrepris par la commission paritaire a permis de démontrer le lien direct et unique entre le suicide d’Emmanuelle et ses conditions de travail », a estimé la déléguée CGT.

Un communiqué syndical commun ajoute que « cette reconnaissance d’accident apporte une réponse au compagnon et aux enfants d’Emmanuelle, soulage les équipes et démontre que le risque psycho-social est bien réel à l’hôpital ». Afin de prévenir « un nouveau drame », les syndicats ont demandé l’intervention d’un prestataire extérieur « pour aider l’équipe à reconstruire son projet médico-soignant ». Selon MmeGoussin-Mauger, Emmanuelle Lebrun « avait toujours dit qu’elle redoutait de travailler en réanimation », ce qu’elle était contrainte de faire parfois pour les nécessités du service.

Pressions de la hiérarchie

Pendant son temps de travail en réanimation, un bébé a été proche de mourir. « Elle a cru, à tort, avoir commis une faute professionnelle et ne s’en est pas remise. » « Malheureusement, ce qu’elle n’a jamais su, c’est que la petite fille s’en est sortie, juste après son suicide », a raconté, émue, la déléguée CGT.

Dans la lettre qu’elle avait écrite avant de se suicider Emmanuelle Lebrun dénonçait la pression exercée depuis plusieurs mois par sa hiérarchie, afin de l’obliger à quitter le service néo-natalité pour le service de réanimation pédiatrique. Et ce dans le cadre d’une politique de polyvalence et de suppression de postes mise en place en janvier 2016.

« Elle partait toujours avec la boule au ventre, avec cette pression, tout le temps, avait déclaré son mari sur RMC. Toutes les filles, toutes les surveillantes, tout le monde savait, même les docteurs de services, qu’Emmanuelle ne voulait pas être en contact avec la réanimation, avec les soins intensifs. Pourtant, on lui a demandé de le faire. C’est à ce moment-là, je pense qu’elle s’est vue perdue, qu’elle s’est dit qu’elle n’y arriverait pas. Ça a été fatal pour elle. »

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Le « dépistage prénatal non invasif » bientôt disponible (gratuitement) partout en France

 

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Nous assistions à l’installation progressive, en France, d’une médecine à deux, trois ou quatre vitesses. Au vu des informations dont nous disposons, cela ne devrait heureusement bientôt ne plus être le cas -sauf exceptions parisiennes ponctuelles. Nous parlons ici du « dépistage prénatal non invasif » (DPNI).

DPNI ? On sait qu’en France le diagnostic prénatal des principales anomalies chromosomiques (trisomies) débute par un dépistage qui repose sur une prise de sang et une échographie au 1er trimestre. En cas de dépistage positif, un prélèvement fœtal (ponction de liquide amniotique ou biopsie de villosités choriales) peut être réalisé pour confirmer ou infirmer les premiers résultats obtenus. Or il est depuis plusieurs années possible, si la première prise de sang montre un risque augmenté de trisomie 21, de proposer un dépistage plus performant, sans avoir recours d’emblée au prélèvement fœtal, geste invasif conduisant parfois à une fausse couche. C’est le DPNI.

Ces nouveaux tests (développés depuis 2008) sont fondés sur la recherche d’une surreprésentation de séquences anormales d’ADN fœtal au sein de l’ADN fœtal libre circulant dans le sang maternel. Attention : en cas de résultat positif le diagnostic doit toujours être confirmé par l’établissement d’un caryotype fœtal après amniocentèse ou choriocentèse. Pour autant la sensibilité du test permet de prévenir un certain nombre de ces confirmations invasives.

De 390 jusqu’à 800 euros

Sans être agréés ces tests ont progressivement été commercialisés (sans être remboursés) en France. Les responsables sanitaires étaient parfaitement informés et l’Agence de biomédecine étrangement assez peu réactive. « En France, des femmes bénéficieraient de ces tests alors que leur validation dans la stratégie de dépistage est en cours d’évaluation, que ces tests ne sont pas inscrits dans la nomenclature des actes de biologie médicale » peut-on lire dans un document officiel de la Haute Autorité de Santé daté de 2015.

« Le coût du test génétique DPNI est de 390 euros, faisaient valoir dernièrement certains laboratoires. Il n’est pas aujourd’hui remboursé par l’Assurance Maladie mais plusieurs mutuelles le prennent en charge totalement ou en partie. Nous vous invitons à contacter votre mutuelle pour plus de précision. » Une promotion directe était également faite par l’Hôpital Américain de Paris qui propose trois type de DPNI dont le « MaterniT21Plus » (800 euros) :

« Le test MaterniT21Plus permet de dépister les trois principales trisomies (21, 13 et 18)  et les anomalies des chromosomes sexuels. Il s’est graduellement enrichi de la recherche des trisomies 16 et 22 ainsi que des principales microdélétions dépistables de manière non invasive avant la naissance. La plupart sont rares, certaines plus fréquentes, telles le syndrome de Di George (environ 1/2000).  Sont actuellement disponibles les recherches de délétion 22q11 (syndrome de Di George), 5p (syndrome du cri du Chat), délétion 1p36, délétion 15q (syndromes d’Angelman et Prader-Willi), 11q (syndrome de Jacobsen), 8q (syndrome de Langer Giedon), 4p (syndrome de Wolf-Hirschorn). » 

L’AP-HP et l’Hôpital Américain

Gratuité à la Clinique Bretéché de Nantes et la Polyclinique de l’Atlantique à Saint-Herblain annonçait il y a peu Ouest-France (grâce à des organismes publics…). Et il  a quelques jours l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) annonçait publiquement une « généralisation » du DPNI dans ses établissements. Or les tests ne sont toujours pas pris en charge par la Sécurité sociale. Explications :

« L’AP-HP a souhaité proposer dans un premier temps aux patientes prises en charge dans l’ensemble de ses maternités (potentiellement 7000 patientes concernées) cette nouvelle approche de dépistage non invasif qui repose sur une analyse de l’ADN circulant dans le sang de la mère et qui permet de dépister, en plus de la trisomie 21, les trisomies 13 et 18.  Ce test de dépistage non invasif, est aujourd’hui prescrit en seconde intention et n’est pas remboursé par la Caisse nationale d’assurance maladie. L’AP-HP le propose toutefois gratuitement à ses patientes, grâce aux financements reçus dans le cadre de son inscription au référentiel des actes innovants hors nomenclature (RIHN). »

A l’évidence un dépistage à plusieurs vitesses se mettait en place en France. Comment justifier que femmes enceintes s’adressant aux établissements hospitaliers autres que ceux de l’AP-HP ne bénéficient pas des mêmes propositions ? Sans parler de toutes celles qui ne peuvent bénéficier des multiples et coûteuses prestations diagnostiques de l’Hôpital Américain.

Tout devrait toutefois prochainement se régulariser. On indique ainsi de plusieurs très bonnes sources que la Haute Autorité de Santé va très prochainement (après quelques atermoiements) remettre le second volet de ses recommandations. Parallèlement le décret introduisant le DPNI (test ADNIcT21) dans la liste des examens de diagnostic prénatal va être publié dans les jours prochains (il est signé et en attente de publication).

La Caisse nationale d’assurance maladie a d’autre part débuté les travaux qui vont permettre l’inscription de l’acte à la nomenclature – et donc son remboursement. Dans le même temps les travaux de révision des arrêtés concernés vont également débuter. Tout, finalement, devrait être prêt pendant ou après l’été.

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Dernière inauguration présidentielle : un futur hôpital flambant neuf à Belle-Ile-en-Mer

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Il partira bientôt. Il partira mais on ne changera ni son humour décalé ni ses allusions pour les milieux autorisés. François Hollande était, vendredi 28 avril, à Belle-Ile-en-Mer, l’une des beautés du Ponant chérie en son temps par François Mitterrand. Et Ouest-France était, comme toujours, présent. Pourquoi Belle-Ile ? Le président de la République était là en compagnie de Jean-Yves Le Drian, président de la région Bretagne, ministre de la Défense et désormais proche d’Emmanuel Macron. Le pouvoir comme en vacances.

Et puis, à l’ombre de la citadelle de Vauban, le président de respirer.  « On a besoin d’air pur, parce qu’il y a quand même aussi des mauvais vents, donc il faut chasser les mauvais vents. Il faut aller vers le grand large, jamais se replier, jamais se confiner ». Non loin du dynamique « Poisson rouge » le président a ajouté, concernant les mauvais vents : « Ce sont toujours les mêmes, les vents du nationalisme, les vents du repli, le vent de la peur, et pour ça il faut accepter de s’ouvrir, d’aller vers le grand large ».

Pourquoi Belle-Ile ? Il faut ici lire l’omniprésent Télégramme

« Arrivé vers 8 h 30, accompagné du ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian, François Hollande a été accueilli à l’aérodrome de Bangor par le maire de Le Palais, Frédéric Le Gars, et le maire de la commune de Bangor, Annick Huchet. Après avoir déjeuné à l’Hôtel du Grand large, à l’invitation d’Yvan et de Dominique, ses propriétaires, les îliens ont trouvé un président détendu et souriant, loin des ors de la République. Un François Hollande accessible, à l’écoute des préoccupations des représentants de l’agriculture, du tourisme et, bien sûr, des élus. Les contraintes insulaires, l’association des Iles du Ponant, la pêche, le tourisme et sa saisonnalité, la fragilité territoriale et son « vent d’avenir » étaient dans le souffle du jour. »

Dernier chantier et parapluie

François Hollande en visite à Belle-Ile ?  Le chef de l’Etat a officiellement lancé ce qui sera son dernier chantier : la restructuration de l’hôpital Yves-Lanco prévue sur plus de deux ans. Tous les détails sont donnés par Le Quotidien du médecin.

Certains bâtiments étant (euphémisme) vétustes, la Haute Autorité de santé (HAS) avait formulé plus de cent recommandations et demandé à l’établissement de mettre en conformité sa sécurité incendie et sa sécurité électrique (sic). Au final l’ensemble du site va bénéficier d’une opération de reconstruction de 26 millions d’euros. Le cabinet d’architecte Victor Castro a été chargé des plans du projet en juin 2016 (après avoir réalisé la restructuration et l’extension du Centre hospitalier Sainte-Anne). La réalisation des travaux a été confiée à la société Bouygues. Le futur bâtiment, sur 7 700 m² de surface plancher, regroupera différents services dans un même lieu. Il est prévu une unité de soins non programmés, un plateau en rééducation, un pôle santé avec consultation externe et SSIAD, une unité de dialyse, une unité d’hospitalisation en médecine, SSR et soins palliatifs, mais aussi cinq « maisonnées d’EHPAD ». Le bâtiment devrait être livré au 1er semestre 2019.

Avant de quitter Belle-Ile le président de la République a écouté Thibault Grollemund premier adjoint au maire de Palais et président du comité de surveillance de l’hôpital : « Vous trouverez toujours un accueil amical et fraternel. Et dans quelques décennies, quand vous déciderez de prendre une retraite bien méritée, nous aurons tout ce qu’il faut pour vous accueillir. On troquera un petit coin de parapluie contre un coin de paradis ». Parapluie ?

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Première grève de la faim hospitalo-universitaire contre le « manque de moyens humains »

 

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De l’énervement à la colère. De la colère à l’action. Puis une grève de la faim dans le hall de l’hôpital Dupuytren (CHU de Limoges) annonce Le Populaire du Centre. Trois hommes et une femme, ont décidé de cesser de s’alimenter pour dénoncer « le manque de moyens humains » dans l’établissement et « se faire entendre de la direction ». Tout est dit. Entamée le 20 mars cette grève de la faim est aujourd’hui dans une impasse précise France 3 Aquitaine.

Trois hommes, une femme, quatre agents hospitaliers syndiqués : Jacqueline Lhomme-Léoment, secrétaire générale adjointe de la CGT au CHU, Thierry Collas, aide-soignant et secrétaire général Sud Santé 87, Aymeric Martin, préparateur en pharmacie devenu permanent CGT à l’hôpital, Christophe Zegadi, agent de sécurité incendie, cégétiste.

Pour ces grévistes de la faim ce mode d’action extrême et inédit est « à la hauteur de la souffrance du personnel et de la gravité de la situation ». « Le conflit social dure depuis novembre et on a l’impression de ne pas être écoutés, de n’obtenir que des broutilles », a déclaré Thierry Collas à la presse. Les principales revendications des grévistes ? Le remplacement des arrêts maladie et départs en retraite, ainsi qu’une titularisation massive des contractuels (ils seraient plus de neuf cents à travailler dans l’établissement).

Broutilles

« Est-il normal que des gens restent en CDD des années durant ? Cela veut bien dire que les postes sont pérennes, s’indigne Jacqueline Lhomme-Léoment. Ils n’ont pas les mêmes conditions de travail, ne peuvent pas refuser de revenir sur leurs jours de repos ou de vacances… J’ai l’exemple d’une maman de trois enfants en bas âge, sous contrat depuis six ans, qui n’aura pas un jour de congé en juillet et août prochains. Comment voulez-vous que les gens ne craquent pas ? »

Les premières rencontres avec la direction générale n’ont pas entamé la détermination des grévistes et les différentes parties syndicales ne sont pas, ici, unies. « Nous nous sommes engagés à résorber l’emploi précaire : en 2017-2018, les postes aux concours seront ouverts pour 346 personnes (en vue d’une titularisation ou promotion), a publiquement expliqué Jean-François Lefebvre, directeur général du CHU de Limoges depuis 2015. Un nouveau dispositif de suppléance avec une organisation plus proche du terrain, pour remplacer l’absentéisme, comprendra aussi une quarantaine d’agents. »

La direction générale dit aussi entendre certaines demandes supplémentaires des syndicats. Elle y travaillera dans les jours à venir mais ne peut y répondre dans l’immédiat. Une pétition signée par trois mille usagers et salariés du CHU a été remise à l’Agence Régionale de Santé de la Nouvelle Aquitaine à Bordeaux. Rien n’interdit de penser qu’elle a, via la nouvelle ligne de TGV, déjà atteint Paris.

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Maltraitances hospitalières: trois cents cas répertoriés sur la carte de France. Et après ?

 

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C’est une cartographie qui dérange. Le document, actualisé, est disponible sur le site de L’Association Jean-Louis Mégnien de lutte contre la maltraitance et le harcèlement au sein de l’hôpital public. Présidée par le Pr Philippe Halimi, cette association  exprime aujourd’hui une « vive préoccupation ». Il s’agit ici de l’avenir de la « mission de médiation pour la prévention des risques psychosociaux ». Cette mission avait été confiée à Edouard Couty, conseiller maître honoraire à la Cour des comptes par Marisol Touraine. Nous étions lors dans les suites de l’affaire (toujours en cours) du suicide du Pr Jean-Louis Mégnien à l’Hôpital européen Georges-Pompidou (AP-HP).

Urgences

Il y a trois mois la ministre des Affaires sociales et de la santé avait annoncé la nomination d’un « médiateur national », lors de la présentation de la « Stratégie nationale d’amélioration de la qualité de vie au travail de l’ensemble des professionnels de santé ». Trois mois plus tard, rien.

« M. Edouard Couty,  qui a commencé à traiter quelques dossiers de personnels gravement maltraités et harcelés, ne dispose toujours pas de la légitimité qui lui permettrait de remplir efficacement sa mission. Or le nombre croissant de signalements à l’Association Jean-Louis Mégnien de cas de maltraitance et de harcèlement de personnels de l’hôpital public rend encore plus urgentes la nomination officielle du médiateur national et la définition précise de son champ de compétence.

 « Rien qu’au mois de février, l’Association Jean-Louis Mégnien a enregistré une centaine de signalements supplémentaires, ce qui porte à plus de trois cents le nombre de cas figurant sur la carte de France ci-jointe récemment mise à jour sur notre site (www.associationjeanlouismegnien.fr). »

 Promesses

Que faire sinon user de diplomatie ? L’Association dit « ne pas douter » de la détermination de la ministre des Affaires sociales et de la Santé de mettre fin rapidement à des situations de maltraitance et de harcèlement au sein de l’hôpital public. Mais comment ne pas, non plus, menacer, puisque le temps passe et que les échénaces électorales se rapprochent ?

« L’Association estime que la condition indispensable au bon déroulement et à l’efficacité de la mission confiée à M. Edouard Couty est qu’il dispose des moyens humains et matériels qui lui font actuellement défaut. Ceux-ci lui permettront, si nécessaire, de demander et d’obtenir du Centre national de gestion et des Agences Régionales de Santé qu’ils donnent une suite concrète, positive et durable aux préconisations qu’il leur adressera. »

Or les faits sont là : à ce jour, l’Association n’a aucune garantie que la médiation permette aux personnels de santé victimes de phénomènes de maltraitance de reprendre espoir et de retrouver au plus vite un exercice professionnel normal. Et cette association prend date : elle fera (avant les prochaines échéances électorales) un bilan des promesses faites par Marisol Touraine.

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A Besançon un anesthésiste est soupçonné de sept empoisonnements volontaires

 

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Que se passe-t-il aujourd’hui dans les hôpitaux français ? A quelques heures d’intrevalle le suicide d’une infirmière de 45 ans à l’hôpital Cochin de Paris et, à Besançon, la mise en examen d’un médecin anesthésiste de 45 ans placé sous contrôle judiciaire – avec interdiction d’exercer sa profession. Il est soupçonné d’avoir empoisonné avec préméditation sept patients à Besançon, dont deux mortellement. Le parquet dénonce des actes « volontaires ». Le médecin nie catégoriquement. L’Est Républicain suit l’affaire et précise que la vice-procureure Christine de Curraize a précisé lors d’une conférence de presse que ces empoisonnements ne sont « pas un accident ».

Les doses létales de potassium ou d’anesthésiques auraient été introduites « sciemment » dans des poches de perfusion de réhydratation, « où normalement, elles n’ont pas lieu d’être », ce qui montrerait qu’« il ne pouvait s’agir que d’actes volontaires de nature à entraîner la mort des patients ».

Et le parquet soupçonne aujourd’hui le médecin anesthésiste (qui a exercé à la clinique Saint-Vincent et à la polyclinique de Franche-Comté) d’avoir administré ces doses à sept patients au moins entre 2008 et 2017. « Ce dossier va nécessiter un certain nombre d’expertises, et on n’est pas à l’abri de voir le nombre de victimes s’élargir », ajoute Mme de Curraize. Les victimes présumées, quatre femmes et trois hommes âgés de 37 à 53 ans, « n’avaient pas de prédispositions ou de fragilités particulières ». Nous ne sommes donc nullement ici dans le cadre de suicides « médicalement assistés ».

Arrêts cardiaques

Les produits ont provoqué des arrêts cardiaques chez les patients, dont deux n’ont jamais pu être réanimés : un homme de 53 ans, décédé en 2008 pendant une intervention rénale, et une femme de 51 ans, décédée en 2016 au cours d’une intervention orthopédique. Deux cas, en janvier 2017, ont alerté l’hôpital, puis la justice. Puis, explique le parquet, le lien a ensuite été fait avec les précédents empoisonnements, pour lesquels des informations judiciaires étaient ouvertes.

L’anesthésiste, lui, nie catégoriquement les faits qui lui sont reprochés. « Mon client conteste fondamentalement tout empoisonnement que ce soit. Il dit passer sa vie à réanimer les gens, pas à les tuer, a déclaré son avocat, Me Randall Schwerdorffer. L’accident ou la négligence restent des hypothèses tangibles. C’est un professionnel archi-reconnu, de grande qualité, qui pratique deux mille anesthésies par an, et dont le métier est plus qu’un métier, c’est une passion. »,

Le parquet avait demandé un placement en détention et entend faire appel du contrôle judiciaire. Il s’agit selon lui de « faits gravissimes ». L’affaire ne fait que commencer.

A demain