Hôpital : voici venu le temps des micro-mea-culpa (François Hollande et Marisol Touraine)

Bonjour

25/05/2020. De retour sur les ondes. Ils ont été au pouvoir durant cinq ans. L’hôpital public français est en crise comme jamais, prêt d’imploser. Responsabilité ? Culpabilité ? Ils acceptent d’en parler. Et ce à la veille d’un improbable « Ségur de la santé » organisé en urgence pour tenter de régler des problèmes structurels, économiques et identitaires vieux de plusieurs décennies.

François Hollande s’est confessé sur France Inter. Il reconnaît une « part de responsabilité dans la situation de l’hôpital ».

« J’ai présidé la France pendant cinq ans, donc j’ai ma part de responsabilité aussi dans la situation de l’hôpital […]. Depuis des années, on a contraint l’hôpital et j’ai pris ma part, je ne veux pas m’exclure, même si j’ai apporté des moyens supplémentaires. On a mis une suradministration de codage d’actes, etc., et c’est ce que les personnels, notamment les médecins, rejettent aujourd’hui, et une tarification qui les a obligés à passer parfois plus de temps à remplir des papiers qu’à soigner. »

Bien évidemment l’ancien président de la République s’est défendu en mettant en avant la création de 30 000 postes dans les hôpitaux publics et une hausse de 7 % de la masse salariale « sous son autorité ». Plus gêné sur la rémunération directe des personnels soignants : « J’ai fait en sorte sous ma présidence d’améliorer les parcours professionnels, de valoriser un certain nombre de catégories, aides-soignantes et infirmières, mais ça ne suffit pas. » 

Et déjà un remède politique : « Il faut donner beaucoup de souplesse aux hôpitaux (…) rattraper le retard sur les rémunérations et changer l’organisation du travail ». En revanche, il s’oppose à un retour sur les 35 heures hebdomadaires. On sait que l’une des propositions paradoxales de l’actuel gouvernement sera le « travailler plus pour gagner plus ». François Hollande :  « Vous imaginez dire ça à des personnels qui ont travaillé sans compter leur temps, pour des heures supplémentaires qui ne seront peut-être jamais payées ? Qu’on mette de la souplesse, de la négociation, qu’on rémunère mieux certaines activités mais de grâce, ne revenons pas sur ce qui est aujourd’hui regardé comme un acquis social. »

Masques : il ne s’agit plus de polémiquer

En écho de François Hollande, Marisol Touraine, inflexible ministre des Affaires sociales et de la Santé de 2012 à 2017. Elle répondait à la question sur France Info :

« Effectivement, il n’y a pas eu d’effort suffisant sur les rémunérations, même s’il y a eu des primes.  Sans aucun doute sur le plan des rémunérations des personnels hospitaliers, en particulier des personnels soignants non médicaux, nous n’avons pas pu dégager les ressources qui nous auraient permis de faire des revalorisations significatives. Il y a eu des primes, mais j’entends parfaitement que les professionnels de santé en ont assez des primes et veulent des rémunérations. » (sic)

Bien évidemment Marisol Touraine s’est défendue de tout immobilisme. « Il y a eu des transformations qui ont été engagées et sans lesquelles l’hôpital ne serait pas aujourd’hui ce qu’il est. J’ai engagé la transformation de la tarification à l’activité. Je ne l’ai pas supprimée, je ne l’ai pas fait éclater, mais nous avons mis en place ce que nous avons appelé la tarification à la qualité pour valoriser des pratiques, valoriser la proximité des hôpitaux. Ces processus auraient pu être accélérés après 2017. Cela n’a pas été le cas et je le regrette. » (sic)

L’avenir pour Marisol Touraine aujourd’hui présidente de l’organisation de santé Unitaid , après Philippe Douste-Blazy ? Elle s’est déclarée prête à aller témoigner devant une commission d’enquête sur la gestion de la crise sanitaire et sur la pénurie de masques si elle est convoquée. « Je ne souhaite polémiquer avec personne aujourd’hui, a-t-elle conclu. D’ailleurs, plus personne ne conteste le fait qu’il y avait autant de masques lorsque j’ai quitté le ministère que lorsque j’y suis entrée. Alors il ne s’agit plus de polémiquer, il s’agit de faire connaître les choses et de les mettre à plat. »

Unitaid est une organisation internationale d’achats de médicaments, chargée de centraliser les achats de traitements médicamenteux afin d’obtenir les meilleurs prix possibles, en particulier à destination des pays en voie de développement. Unitaid est financée par une taxe de solidarité sur les billets d’avion, adoptée par certains pays à l’initiative de Jacques Chirac. Quel sera l’impact de l’épidémie de Covid-19 sur l’avenir du transport aérien et, donc, d’Unitaid ? La question n’a pas été posée à l’ancienne ministre de la Santé.

A demain @jynau

Chloroquine : dans The Lancet, une étude contredit gravement les affirmations du Pr Raoult

Bonjour

22/05/2020. Que répondra-t-il ? C’est une publication d’importance que vient de diffuser, sans embargo, The Lancet : « Hydroxychloroquine or chloroquine with or without a macrolide for treatment of COVID-19: a multinational registry analysis ». Elle est co-signée par les Drs Mandeep R. Mehra (Brigham and Women’s Hospital Center for Advanced Heart Disease, Boston) et Frank Ruschitzka (Centre de cardiologie de l’hôpital universitaire de Zurich).

Ce travail établit, en substance, qu’aucune preuve ne peut être apportée quant aux bénéfices de l’usage de la chloroquine ou de l’hydroxychloroquine chez les patients souffrant de COVID-19. Et souligne que « des essais randomisés urgents sont nécessaires » – le tout dans un contexte hautement problématique puisque l’utilisation aujourd’hui à large échelle de chloroquine ou d’hydroxychloroquine est selon eux associée « à une augmentation des taux de mortalité et des arythmies cardiaques chez les patients hospitalisés atteints de COVID-19 ».

Les auteurs de cette vaste étude observationnelle ont analysé les données de 96032 patients hospitalisés entre le 20 décembre 2019 et le 14 avril 2020 avec une infection au SRAS-CoV-2 confirmée en laboratoire – et ce dans 671 hôpitaux. Tous les patients inclus dans l’étude étaient sortis ou étaient décédés au 21 avril 2020. Les patients atteints de COVID-19 recevaient une combinaison de l’un des quatre schémas thérapeutiques actuellement utilisés à travers le monde.

Comparaison des taux de mortalité

L’équipe a ainsi comparé les résultats des patients traités par chloroquine seule (1868), hydroxychloroquine seule (3016), chloroquine en association avec un macrolide (3783) ou hydroxychloroquine avec un macrolide (6221). Les patients de ces quatre groupes ont été comparés au groupe témoin de 81 144 patients.

« À la fin de la période d’étude, environ un patient sur onze dans le groupe témoin était décédé à l’hôpital (9,3%, 7 530/81 144), résume The Lancet. Les quatre traitements étaient associés à un risque plus élevé de mourir à l’hôpital. Parmi ceux traités par la chloroquine ou l’hydroxychloroquine seule, environ un patient sur six est décédé (16,4%, 307/1 868 chloroquine et 18,0%, 543/3 016 hydroxychloroquine). Lorsque les médicaments étaient utilisés en association avec un macrolide, le taux de mortalité atteignait plus d’un sur cinq pour la chloroquine (22,2%, 839/3783) et près d’un sur quatre pour l’hydroxychloroquine (23,8%, 1479/6221). »

Dr Mandeep R. Mehra :

«Il s’agit de la première étude à grande échelle à trouver des preuves statistiquement solides que le traitement à la chloroquine ou l’hydroxychloroquine ne bénéficie pas aux patients atteints de COVID-19. Au lieu de cela, nos résultats suggèrent qu’il peut être associé à un risque accru de problèmes cardiaques graves et à un risque accru de décès. Les essais cliniques randomisés sont essentiels pour confirmer tout préjudice ou bénéfice associé à ces agents. En attendant, nous suggérons que ces médicaments ne devraient pas être utilisés comme traitements pour COVID-19 en dehors des essais cliniques. »

Dr Frank Ruschitzka :

«Plusieurs pays ont préconisé l’utilisation de la chloroquine et de l’hydroxychloroquine, seules ou en combinaison, comme traitements potentiels pour le COVID-19. La justification de la réutilisation de ces médicaments de cette manière repose sur un petit nombre d’expériences anecdotiques qui suggèrent qu’elles peuvent avoir des effets bénéfiques pour les personnes infectées par le virus du SRAS-CoV-2. Cependant, des études antérieures à petite échelle n’ont pas réussi à identifier des preuves solides d’un avantage et de plus grands essais contrôlés randomisés ne sont pas encore terminés. Cependant, nous savons maintenant grâce à notre étude que la probabilité que ces médicaments améliorent les résultats de COVID-19 est assez faible. »

On trouve aussi, dans The Lancet, un commentaire du Pr Christian Funck-Brentano et du Dr Joe-Elie Salem (service de pharmacologie médicale, Pitié-Salpêtrière, Inserm) : «Cette étude observationnelle bien menée s’ajoute aux rapports préliminaires suggérant que la chloroquine, l’hydroxychloroquine, seul ou avec de l’azithromycine n’est pas utile et peut être nocif chez les patients COVID-19 hospitalisés. »

C’est peu dire que l’on attend, désormais, l’analyse détaillée que fera de ces données mondialisées le Pr Didier Raoult, en son IHU Méditerranée Infection.

A demain @jynau

Mourir du Covid-19 à Paris ou à Marseille : les dangereuses comparaisons du Pr Raoult

Bonjour

21/05/2020. La série continue. « Les choses sont en train de se résoudre », affirme le Pr Didier Raoult au sujet de l’épidémie de coronavirus dans une vidéo mise en ligne le 19 mai sur la chaîne YouTube de l’Institut hospitalo-universitaire (IHU) Méditerranée-Infection,  Et le microbiologiste, cette fois, va plus loin dans la provocation.

« Le fait d’arriver au bout, ça nous permet d’avoir une idée de la mortalité et de ce qui s’est passé dans les différents éléments puisqu’il y a eu beaucoup de commentaires sur la différence entre notre stratégie et celle d’autres régions ». Selon lui  on recense « 759 morts par million d’habitants » à Paris. Selon lui la mortalité de Paris serait plus de cinq fois supérieure à celle de Marseille puisque, selon ses données  ce chiffre serait de 140 morts par million d’habitants à Marseille.

« On voit que ce n’est pas parce que les gens étaient plus âgés, parce qu’il y a des jeunes qui sont morts en Île-de-France, et donc il y a une grande différence dans la prise en charge, ce qui doit amener à se poser des questions très sérieuses sur la gestion de l’épidémie dans cette partie de la France »

Déontologie

L’accusation est grave et l’affaire intéresse à  juste titre BFMTV (Clarisse Martin) qui fait observer qu’il est délicat  de vérifier de telles assertions car « les données sont régionales ». »Quand on appelle l’Agence régionale de Santé PACA, elle nous dit que c’est impossible d’avoir des données par ville, donc ce sont des données du professeur Raoult qui dit avoir appelé les différents hôpitaux de la ville, là c’est impossible de vérifier ».

« Toutefois, si on se base sur les chiffres donnés par le professeur Raoult, à savoir les 759 décès à Paris et 140 à Marseille pour un million d’habitants, il est mathématiquement juste de dire qu’il y a eu cinq fois plus de morts à Marseille. 140 multipliés par 5 donnent un résultat de 700. Mais c’est très difficile de comparer des régions qui n’ont pas été touchées au même moment » ajoute BFMTV.

« « Ce sont des déclarations qui sont très difficiles à prouver ou à contredire parce que c’est très compliqué de faire ce genre de calculs, il y a tellement de facteurs confondants dans ce type d’études. On peut l’étudier mais on ne peut pas le déclarer comme ça sans avoir toutes les données qui peuvent expliquer ces différences, explique le Pr Yves Buisson, président du groupe Covid-19 à l’Académie nationale de médecine. Peut-être qu’il y a une différence, peut-être qu’on meurt plus à Paris qu’à Marseille, est-ce-que c’est à cause de la prise en charge comme semble le suggérer le professeur Raoult? Cela  m’étonnerait beaucoup ».

Et de juger « très graves » ces accusations d’un point de vue déontologique. L’Ordre des médecins sera-t-il saisi ? Qu’en dira l’exécutif ? La série ne peut que continuer.

A demain @jynau

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Masques : la Commission européenne contredit les affirmations d’Emmanuel Macron

Bonjour

20/05/2020. Voilà qui pèsera lourd quand la justice sera véritablement saisie. Et qui sera évoqué lors du prochain « Ségur de la santé ». A peine Emmanuel Macron avait-il tenté (sur BFMTV) de démontrer l’indémontrable («nous n’avons jamais été en rupture de masques ») que l’affaire rebondissait à Bruxelles. La Commission européenne vient ainsi de pointer «des lacunes» (sic) dans la préparation de la France à la pandémie de Covid-19.

La France n’est certes pas la seule à être méchamment tancée. Plusieurs autres pays le sont aussi comme l’Italie, l’Espagne, la Belgique ainsi que le Royaume-Uni. Bruxelles les invite également à le «renforcer leurs systèmes de santé.

 Mais, concernant la France, l’exécutif européen souligne «des difficultés à garantir la disponibilité immédiate de professionnels de la santé, de produits indispensables et d’équipements de protection individuelle » au début de la pandémie.

Paris a certes «mobilisé sa réserve de personnel et de matériel médicaux et paramédicaux», mais «la coordination de l’action entre tous les segments du système de santé» est resté «difficile», observe Bruxelles. Et la Commission de mettre également en avant «des problèmes structurels latents» dans le système de santé français- des problèmes qui «résultent d’un manque d’investissements dans les infrastructures physiques et les ressources humaines, d’une adaptation limitée de l’organisation des services et de la nécessité d’une meilleure coordination entre acteurs privés et publics».

Pour conclure Bruxelles demande à la France de « renforcer la résilience du système de santé en garantissant un approvisionnement adéquat en produits médicaux indispensables et une répartition équilibrée des professionnels de la santé, et en investissant dans la santé en ligne ».  

Voilà qui est dit et qui ne sera pas oublié par les acteurs hospitaliers conviés à « Ségur » par Olivier Véran. Il semble bien que ce soit la première fois, depuis qu’elle existe, que la Commission européenne établit un tel constat d’incurie. Pourrait-elle nous dire pourquoi ?

A demain @jynau

Zizanies à venir, grâce au gouvernement, sur la « prime Covid » octroyée aux soignants

Bonjour

20/05/2020. La promesse présidentielle sera donc à moitié tenue. Le Figaro : « Un quota envisagé pour la prime de 1500 euros dans certains hôpitaux. Versés sans distinction dans 40 départements, les 1500 euros de la ‘’prime Covid’’ maximale pourraient n’être attribués qu’à 40% des effectifs dans 79 autres hôpitaux.

C’était il y a deux mois. Relisons un instant les mots flamboyants d’Emmanuel Macron :

 «Durant plusieurs semaines, nous avons préparé, agi. Les personnels des hôpitaux, médecins, infirmiers, ambulanciers, les agents des Samu et de nos hôpitaux, les médecins de ville, l’ensemble des personnels du service public de la santé en France sont engagés avec dévouement et efficacité. Si nous avons pu retarder la propagation du virus et limiter les cas sévères, c’est grâce à eux parce que tous ont répondu présents.

« Tous ont accepté de prendre du temps sur leur vie personnelle, familiale, pour notre santé. C’est pourquoi, en votre nom, je tiens avant toute chose à exprimer ce soir la reconnaissance de la Nation à ces héros en blouse blanche, ces milliers de femmes et d’hommes admirables qui n’ont d’autre boussole que le soin, d’autre préoccupation que l’humain, notre bien-être, notre vie, tout simplement. »

Un mois plus tard les héros en blouses blanches apprenaient de la bouche du Premier ministre que le gouvernement allait octroyer une « prime » aux soignants qui étaient «en première ligne jour et nuit». Une prime qui serait versée en mai. Nous approchons de juin et rien n’est encore versé. Mais tout, depuis peu est couché sur papier à en-tête de la République française 19 mai : « Une prime exceptionnelle pour les soignants pendant l’épidémie du Covid-19 » :

« Par reconnaissance pour l’effort des personnels soignants mobilisés depuis le début de l’épidémie du coronavirus, une prime exceptionnelle leur sera versée en mai ou en juin. Le montant de cette prime pourra atteindre 1 500 euros nets pour les soignants travaillant dans les départements les plus touchés par le Covid-19 par exemple.

Le versement d’une prime exceptionnelle en faveur des professionnels de la santé mobilisés pour faire face à l’épidémie de covid-19 est précisé dans un décret publié au Journal Officiel le 15 mai 2020. Professionnels concernés, montant, liste des départements y sont définis. »

Restait à faire la part entre les héros immaculés et ceux qui l’étaient moins. Faire le décompte, en somme, parmi « les agents des établissements publics de santé et à certains agents civils et militaires du ministère des armées et de l’Institution nationale des invalides ».

Le directeur pourra relever  cette prime de 500 à 1500 euros …

Pour les 1500 euros, a priori tout est acquis : les départements concernés par la prime de 1 500 € sont essentiellement les département situés dans le nord et l’est du pays. Tous les départements d’Ile-de-France (8 départements), du Grand Est (10), de Bourgogne-Franche-Comté (8) et des Hauts de France (5). Quatre départements d’Auvergne-Rhône-Alpes (Drôme, Loire, Rhône, Haute-Savoie) ainsi que l’Eure-et-Loir, les Bouches-du-Rhône, les deux départements de Corse et Mayotte figurent dans la liste.

Tout se complique pour la petite prime de 500 euros « versée aux professionnels des établissements publics de santé situés dans les autres départements ou ne faisant pas partie de la liste des établissements Covid+. » Et c’est là que tout, brutalement, se complique :

« Le responsable d’un établissement pourra toutefois décider de porter le montant de la prime à 1 500 €« ‘’pour les services ou agents impliqués dans la prise en charge de patients contaminés par le virus Covid-19 ou mobilisés par les circonstances exceptionnelles d’exercice’’ ».

On imagine sans difficulté l’atmosphère créée par cette possibilité offerte au «directeur » de « pouvoir relever » cette prime de 500 à 1500 euros sur de tels critères….1  Et ce d’autant que tout est déjà plafonné : «Ce dispositif dérogatoire est mis en œuvre dans la limite de 40% des effectifs physiques», précise l’instruction rédigée par la Direction générale de l’offre de soins (DGOS).

Pour pimenter le tout le quota est assorti d’une recommandation aux directeurs d’hôpitaux, invités à présenter aux instances représentatives du personnel (comité technique, commission médicale) «les critères envisagés (…) notamment pour la liste des services éligibles» – document qui (pour simplifier) devra être transmise à l’Agence régionale de santé. Trois organisations syndicales ont déjà confirmé à l’AFP avoir eu connaissance de ce document ou de son contenu. Contactée dès lundi, la DGOS n’avait pas encore répondu le 19 mai….

Le « Ségur de la Santé » grand œuvre annoncé d’Olivier Véran, ne pouvait pas mieux commencer.

A demain @jynau

NB A écouter, sur France Inter, : « A l’hôpital, le monde d’avant est déjà de retour ? » avec le Dr François Salachas  neurologue et membre du collectif inter-hôpitaux (à l’origine d’une vidéo virale où il interpelle le président de la République, alors en visite à la Pitié-Salpêtrière) et Anne Thiollier, est infirmière à l’hôpital Robert-Debré de Paris.

Les passages concernant les relations entre soignants et administration hospitalières sont tout particulièrement éclairants quant à la crise majeure de l’hôpital public. Ils entre en pleine résonance avec l’opuscule essentiel  de Stéphane Velut : « L’Hôpital est une industrie » (Gallimard, Collection Tracts)  

Soignants : le gouvernement pourra-t-il leur imposer sa «médaille de l’engagement» ?

Bonjour

18/05/2020. La colère et les moqueries des futurs médaillés ne semblent rien changer à l’affaire. Sibeth Ndiaye, porte-parole du gouvernement, a une nouvelle fois défendu, le 17 mai, la création d’une « médaille de l’engagement » – pour « récompenser tous ceux qui ont contribué à l’effort dans la lutte contre le coronavirus ». « Nous voulons qu’elle vienne récompenser tous ceux qui, dans notre pays, en première ligne, en deuxième ligne, en troisième ligne ont contribué à l’effort dans la lutte contre le coronavirus », a ainsi expliqué la porte-parole du gouvernement sur Radio J.

Et la porte-parole de citer « des gens qui ont fait des efforts considérables », « des soignants », « mais aussi des gens, parfois anonymes, en tenant la caisse d’un supermarché ». « C’est tous ces gens-là pour lesquels il me semble nécessaire d’avoir une marque de reconnaissance nationale », a encore expliqué Sibeth Ndiaye.

Quolibets, piques et railleries

Combien de médailles le gouvernement va-t-il devoir faire fabriquer ? Et qui pour les décerner ? C’est peu dire que depuis qu’elle a été évoquée cette médaille fait grincer. Elle serait la version moderne de la « médaille de l’engagement face aux épidémies » – créée après l’épidémie de choléra en 1884 avant de disparaître au début des années 1960.

L’annonce de sa « réactivation » date du  mercredi 13 mai 2020, à l’issue du conseil des ministres 1. Elle alimente depuis quolibets, piques, railleries et colères chez de très nombreux soignants « de première ligne » ; ceux qui réclament moins de symboles mais davantage de moyens hospitaliers associés à de véritables hausses de salaires.

Qu’importe. Le gouvernement est ailleurs, comme en témoigne celle qui porte sa parole. « Il faut différencier ce qui tient lieu de la reconnaissance symbolique du remerciement, celui qu’on a eu à travers la mise en place de différentes primes, et de ce que nous aurons à faire comme effort pour investir massivement dans l’hôpital, revaloriser les rémunérations et revaloriser les carrières des personnels soignants » a déclaré Mme Ndiaye. Cette dernière défend par ailleurs « l’idée d’un revenu pour les infirmiers et les infirmières qui soit équivalent à la moyenne européenne [44 000 euros par an] ». Des infirmiers et des infirmières qui gagnent majoritairement notablement plus que leurs homologues français. Sans jamais avoir été médaillés. 

A demain @jynau

1 Sur ce thème, on consultera avec le plus grand intérêt, de Matthias Martin, « La future médaille de l’engagement face aux épidémies à l’aune du droit » : Revue générale du droit on line, 2020, numéro 52183 (www.revuegeneraledudroit.eu/?p=52183)

Olivier Véran : à l’hôpital il sera bientôt possible de travailler plus pour gagner plus

Bonjour

17/05/2020. Après la contrition présidentielle, les promesses ministérielles. Olivier Véran ouvre un nouveau front. Il attaque dans Le Journal du Dimanche (Anne-Laure Barret, Christine Ollivier), promet de meilleurs salaires à l’hôpital et un assouplissement des 35 heures. « Il faut travailler sur une hausse des salaires des soignants, au-delà des primes »

Il y avait eu, jadis, des « Grenelle ». Il y aura un « Ségur » – étrange appellation jacobine face aux troupes soignantes qui veulent en découdre avec l’exécutif. Un « Ségur de la santé » qui sera lancé le 25 mai. Et la présentation d’un nouveau plan, élaboré en urgence rouge et qui traduira « tout ce qui peut l’être dans le prochain budget de la Sécurité sociale ».

Il y avait eu Agnès Buzyn et ses plans successifs, aucun ne calmant la colère des soignants hospitaliers. Il y aura Olivier Véran qui promet  que le gouvernement va « augmenter les rémunérations » à l’hôpital et créer un « cadre beaucoup plus souple » au temps de travail, en réponse à la demande de reconnaissance des personnels.

Remettre en cause les trente-cinq heures ? Le ministre assure que « la question n’est pas de déréglementer le temps de travail ». « Il ne s’agit pas d’obliger des gens à travailler davantage, mais de créer un cadre beaucoup plus souple pour permettre à ceux qui le souhaitent de le faire ou d’organiser leur temps de travail différemment. Sans pression », détaille M. Véran. Et le ministre d’ajouter :

« De nombreuses infirmières sont contraintes de faire des « ménages », c’est-à-dire des heures supplémentaires, illégalement, dans d’autres établissements. Si des salariés de l’hôpital souhaitent travailler davantage et augmenter leur rémunération, il faut que ce soit possible »

Miracles et argent magique

« Il ne s’agit pas « d’obliger des gens à travailler davantage » » assure toutefois le ministre. Serait-ce trop forcer le trait que de traduire qu’à l’hôpital public il sera bientôt possible de travailler plus pour gagner plus ? Et comment imaginer que ceci pourra être interprété par les premiers concernés ?

Au-delà, le ministre  juge à propos des infirmières que « la nation va devoir faire un effort important pour reconnaître leur rôle ». Il souhaite « rapidement » atteindre un « niveau de rémunération correspondant au moins à la moyenne européenne [44 000 euros par an] ». A ce titre, il reconnaît qu’il faudra « de l’argent nouveau ». « C’est nécessaire, il n’y a pas d’argent magique, il faudra donc faire des choix. » 

Lesquels ? Le ministre de la santé ne le dit pas. Et dans le même temps, il s’engage à « sortir du dogme de la fermeture de lits ». Fin des dogmes ? Ouverture de tous les possibles ? « Médecin hospitalier, j’ai connu les brancards dans les couloirs, ce n’est plus acceptable. » Qui l’accepterait ?

 « Je n’ai pas envie que la bonne énergie retombe et que le désespoir s’installe » déclarait Emmanuel Macron hier. Il répondait à des infirmières de La Salpêtrière qui l’interpellaient avec une certaine violence sur leurs trop bas salaires. Que diront, demain, ces infirmières au ministre de la Santé qui déclare au JDD :

« Le Président a été très clair : nous allons augmenter les rémunérations, travailler sur un plan d’investissement ambitieux et enclencher une transformation profonde de tout ce qui ne tire pas l’hôpital vers le haut. Dans la crise, l’hôpital a montré que, quand on le laissait faire, il était capable d’accomplir des miracles. Faisons-lui confiance. »

Sans doute. Comment ne pas faire confiance à qui peut accomplir des miracles, sans argent magique ? 

A demain @jynau

Emmanuel Macron : quel sera le vrai prix de son acte de contrition de La Pitié-Salpêtrière ?

Bonjour

16/05/2020. Ainsi donc hier fut un nouveau jour « historique » dans la petite histoire de la Macronie « Cet épisode sera l’un des marqueurs du quinquennat ! » glissa-t-on, en toute simplicité, à l’attention des médias sous les ors de L’Elysée. De bien grands mots pour une petite surprise présidentielle, sortie semi-secrète et hospitalière. Et finalement le retour en fanfare d’Emmanuel Macron au temple hospitalo-universitaire de la Pitié-Salpêtrière. Même cause, mêmes effets : à  nouveau un chef de l’Etat pris à partie par des soignants exacerbés par de l’incurie récurrente de l’exécutif.  

Il fallait assurer le spectacle. Ce fut comme un étrange acte laïc de contrition/attrition – le besoin soudain de se confesser, d’expier. La grande repentance politique. Où l’on vit ainsi, médusé, le président de la République se présenter comme un « enfant de l’hôpital » : référence à ses attaches familiales, père neurologue au CHU d’Amiens, frère radiologue dans une clinique privée de Seine-Saint-Denis. Et, dans la foulée un mea culpa collectif à très haut risque politique sur la façon dont le système de santé avait été réformé depuis son arrivée à l’Elysée en 2017. « On a sans doute fait une erreur dans la stratégie annoncée il y a deux ans », a-t-il reconnu, en référence à la réforme du système de santé ridiculement baptisé « Ma santé 2022 ».

Ce fut un désaveu cinglant du travail entrepris par son gouvernement – à commencer par Agnès Buzyn qui semble avoir désormais radicalement disparue de la Macronie. Le chef de l’Etat a, rapporte Le Monde, (François Béguin et Cédric Pietralunga) estimé que cette loi « ne portait pas assez de sens » et avait « un rapport au temps et une ampleur qui n’étaient pas du tout suffisants par rapport à l’état où était l’hôpital ». « On mettait fin à quinze ans de baisse des tarifs hospitaliers, on [les] avait même réaugmentés. J’étais convaincu qu’on était en train de changer les choses », et « c’est très cruel pour moi-même », a-t-il ajouté, jugeant que « c’était une super stratégie mais à faire dix ans plus tôt ». Même chose pour les deux plans d’urgence concoctés par Agnès Buzyn à l’automne 2019. « Ils étaient sous-dimensionnés », reconnaît aujourd’hui sans difficultés l’entourage d’Emmanuel Macron.

L’envie, la bonne énergie et le désespoir

Ainsi donc il aura fallu une crise épidémique sanitaire et hospitalière majeure pour susciter une prise de conscience présidentielle – là où, pourtant, tous les feux des soignants étaient au rouge depuis plus d’un an … Où était, alors, le président, cet « enfant de l’hôpital » ? Et comment les mêmes soignants entendront-ils ces nouveaux mots, ce futur « Ségur »de l’organisation du système de santé, du nom de l’avenue parisienne où est situé le ministère de la santé – le type même d’appellation jacobine-administrative  contraire à la révolution girondine-médicale que vient, sous la pression, d’inventer le système de santé français 1

Contrition ? Mea Culpa ?« Il y a un vrai changement de paradigme dans le discours d’Emmanuel Macron, observe le Dr François Salachas, membre du Collectif inter-hôpitaux, qui avait sèchement interpellé le président lors de sa précédente visite à la Pitié le 27 février. Soit on peut être méfiant, soit on peut dire oui, cette crise va permettre de refonder l’hôpital public. »

« Cette soudaine accélération du tempo présidentiel ne doit rien au hasard, souligne Le Monde. Au sein de l’exécutif, les images de cortèges de soignants défilant ces derniers jours devant leur hôpital, à Toulouse, à Saint-Etienne, ou à l’hôpital Robert-Debré à Paris, ont jeté un froid. ‘’On pensait avoir jusqu’à la rentrée pour construire un plan pour l’hôpital, on s’est rendu compte qu’on ne pouvait pas attendre’’, reconnaît un conseiller ministériel. »

Et attendre d’autant moins que les couacs et les impairs s’enchaînent. Comme cette annonce ubuesque de l’attribution d’une « médaille de l’engagement » 2 aux soignants ayant lutté contre le Covid-19. Ou cette annonce d’un défilé de héros en blouses blanches, au pas cadencé, à côté des militaires du 14 juillet déconfiné…

Et puis cette terrible phrase présidentielle, surplombante : « Je n’ai pas envie que la bonne énergie retombe et que le désespoir s’installe ». Il répondait à des infirmières de La Salpêtrière qui l’interpellaient sur leurs trop bas salaires.

A demain @jynau

1 Sur ce thème, écouter les pertinentes analyses du souvent controversé Pr Philippe Juvin, responsable politique (LR) et chef du service des urgences de l’Hôpital européen Georges-Pompidou. « Pr Juvin : les leçons d’une crise » BFM-TV, 15 mai 2020

2 Sur ce thème, un chef d’œuvre de Denis Pessin, sur Slate.fr : « Ordre du virus »

Mandarins des hôpitaux : les chefs de service sont-ils toujours des généraux d’Empire ?

Bonjour

11/05/2020. Ce sont quelques lignes prélevées aujourd’hui dans « La lettre politique » de Laurent Joffrin. Le patron de Libération l’a intitulée « Déconfinement : bobos et prolos ». Il y traite, actualité oblige, de ce « premier jour de déconfinement ». « A 7 heures, écrit-il, les rames de RER et de métro étaient bondées ; à 8h30, elles étaient vides. A 7 heures les prolos, à 8h30 les bobos ? Nous sommes tous égaux devant le déconfinement mais, de toute évidence, certains le sont plus que d’autres. On croit que la France est divisée par la géographie sanitaire, qui distingue les régions à risque et les régions moins touchées. Erreur : elle est surtout coupée en deux dans le sens horizontal, entre celles et ceux qui doivent impérativement se rendre à leur travail – plutôt en bas – et les autres, qui peuvent continuer à s’adonner aux joies et aux tracas du télétravail – plutôt en haut. »

Le journaliste rappelle le slogan inventé jadis par Nicolas Sarkozy : «la France qui se lève tôt». Puis il nuance son propos. Non, il n’ y a pas d’un côté les « dominés exposés à la contagion » et de l’autre les « dominants protégés ». « Beaucoup de petits patrons, ou même de grands, sont sur le pont, à leur poste de travail, enserrés comme les autres, par les masques et les gestes barrières, sur leur lieu de travail, explique-t-il.  Les chefs de chantier sont à pied d’œuvre, comme les ouvriers, les propriétaires de salons de coiffure ou de magasins de vêtement accueillent les clients, comme leurs employés. »

Souffle hugolien et métaphore guerrière

Et c’est ici que Laurent Joffrin use d’une image qui ne peut que marquer son lecteur. Après les chefs de chantier, les propriétaires de salons de coiffure ou de magasins de vêtement » il parle des « mandarins des hôpitaux » :  

« Tels des généraux d’Empire, ils étaient à la tête de leurs troupes au plus fort du combat contre le virus, courant les mêmes risques que leurs subordonnés. Ils ne disaient pas ‘’En avant !’’ mais ‘’Suivez-moi !’’».

Où l’on retrouve une nouvelle fois, avec le souffle hugolien, la métaphore guerrière imposée d’emblée ici par Emmanuel Macron. Où l’on retrouve aussi le recours au vieux concept du « mandarin hospitalier », détenteur de tous les savoirs, de tous les pouvoirs. Concept largement obsolète ? Des « mandarins » qui plus est, suivis de leurs « subordonnés » ? Cette entité existerait-elle encore dans le monde hospitalo-universitaire actuel ; un monde qui traverse depuis plusieurs années une crise majeure ; une crise matérielle et identitaire que nul responsable politique, nul citoyen, ne saurait plus ignorer ; une crise marquée notamment par l’ascendant délétère pris par le managérial sur le médical 1.

Un espoir ? Que le « combat contre le virus » et la formidable réponse, largement médiatisée, qu’ont su apporter (et qu’apportent) l’ensemble des soignants offre la possibilité, ultime peut-être, d’imposer le sauver le système hospitalier français. Coûte que coûte. Maréchaux d’Empire ou pas.   

A demain @jynau

1 Sur ce thème, du Pr Stéphane Velut : « L’Hôpital est une industrie » (Gallimard, Collection Tracts)  

Hydroxychloroquine et «hystérisation »: pourquoi et comment en sommes-nous là ?

Bonjour

05/05/2020. Revenons un instant sur le « terrain ». Nous citions hier,  grâce aux Echos (Elsa Freyssenet @ElsaFreyssenet) quelques mots bien sentis du Dr Yacine Tandjaoui-Lambiotte médecin réanimateur à l’hôpital Avicenne de Bobigny. Aujourd’hui (toujours grâce, paradoxalement, à ce quotidien « économique ») les mots du Dr Véronique Hentgen pédiatre et infectiologue spécialiste des maladies rares à l’hôpital de Versailles (propos recueillis par Elsa Freyssenet @ElsaFreyssenet).

« Tout est hallucinant dans cette épidémie, explique-t-elle. Avec d’autres pédiatres spécialistes des maladies rares, j’ai passé les derniers jours à circonscrire l’incendie médiatique allumé par la découverte d’un possible lien entre une forme particulière de la maladie de Kawasaki et le coronavirus chez les enfants. Cette alerte était nécessaire car l’urgence était que tous les pédiatres puissent reconnaître la maladie et donner un traitement aux enfants. Ces alertes, fréquentes dans le milieu médical, permettent aussi de collecter des données entre hôpitaux afin de mesurer s’il s’agit d’une hypothèse ou d’un fait clinique avéré. Elles ne sont pas destinées à être rendue publiques. »

Et le Dr Hentgen évoque les coulisses de l’affaire. « Dans le cas présent, l’équipe britannique a tweeté son alerte, les Français ont emboîté le pas, les médias grand public s’en sont emparés, provoquant un emballement politique incompatible avec le temps d’une étude rigoureuse » accuse-t-elle. Devrions-nous faire notre mea culpa, nous qui avons, ici et sur Slate.fr participé à cet « emballement » ?

« Les médias ont leur part de responsabilité, ajoute notre consœur. Mais nous, la communauté médicale, contribuons aussi à ce désordre en nous livrant à une course à la communication de données, pas toujours scientifiquement établies. Il y a une forme d’hystérisation 1 scientifique, pour obtenir la gloire et des crédits de recherche.» Et elle conclut en ces termes, qui font immanquablement songer à ceux du Dr Yacine Tandjaoui-Lambiotte :

« L’ennemi du chercheur est sa propre certitude, car alors il passe de l’hypothèse à la croyance. Et en assénant cette croyance, il entrave l’élaboration d’autres explications possibles par ses confrères. De ce point de vue, le summum a été atteint par la campagne pour l’hydroxychloroquine menée par le professeur Raoult. Elle a eu des effets délétères. J’ai participé à un essai sur l’hydroxychloroquine et d’autres antiviraux. J’ai peiné à trouver des patients volontaires car beaucoup ne supportaient pas l’éventualité d’être dans un groupe placebo. In fine, cet épisode a ralenti les essais cliniques et donc la recherche sur un traitement. »

A demain @jynau

1 Hystérisation : « Fait de se laisser emporter de manière totalement excessive, voire obsessionnelle, à propos d’un thème d’actualité, d’une personnalité politique, etc. : ‘’On constate une hystérisation des médias sur certains thèmes sociétaux’’ ».