Déconfinement : les héros hospitaliers en blouse blanche sont à nouveau victimes de violence

Bonjour

23/06/2020. Le monde d’après ? Hier les applaudissements, aujourd’hui, après le déconfinement, le retour des violences. C’est à lire dans L’Union (Hervé Marti) : « Nouvelle agression de soignants à l’hôpital de Soissons ».

Où l’on apprend que dans la nuit du 20 au 21 juin, un homme âgé de 66 ans, a agressé trois personnels soignants aux urgences de l’hôpital de Soissons. Il venait d’être transporté par les sapeurs-pompiers, car il errait dangereusement sur la voie publique, après avoir consommé trop d’alcool. Vers 2 h 15 que le sexagénaire a donné un coup de poing à une infirmière. Il a également menacé de mort une ambulancière et proféré des injures racistes à l’encontre du médecin de garde présent sur les lieux.

« Les policiers du commissariat de la cité du Vase sont donc intervenus dans la foulée pour interpeller l’agresseur, rapporte le quotidien régional. Celui-ci, déjà défavorablement connu des forces de l’ordre, a aussitôt été placé en garde à vue. L’auteur des faits a ensuite refusé que les fonctionnaires testent son alcoolémie. Sa garde à vue a été prolongée jusqu’à la fin du week-end et il devait s’expliquer d-s le lendemain devant le tribunal correctionnel de Soissons dans le cadre d’une comparution immédiate. »

L’Union souligne que cette agression s’inscrit dans le cadre d’une longue liste de faits similaires survenus dans les urgences soissonnaises. Jérôme Casola, représentant de la CFDT  : « Ce n’est pas la première fois que cela arrive et je trouve cela honteux et lamentable. Pendant trois mois, on a encensé les personnels soignants qui luttaient contre l’épidémie de coronavirus, et nous sommes à nouveau agressés. On a déjà installé des caméras de surveillance il y a environ huit mois, mais à un moment, il va falloir se poser la question d’avoir un agent de sécurité aux urgences. »

En décembre 2016, deux jeunes filles alcoolisées ont frappé une infirmière après avoir été refoulées de boîte de nuit. Au mois de janvier 2017, un médecin a été blessé à l’oreille par un patient qui lui avait assené une gifle. La victime a eu le tympan perforé. En  février 2017, un jeune homme a agressé un médecin. L’individu, jugé depuis, avait donné un coup de poing et surtout un coup de pied violent au praticien. Jambe cassée et 45 jours d’ITT.

Le même médecin a été victime d’une deuxième agression fin juillet 2018, un mois seulement après avoir repris son travail, avec cette fois des insultes racistes. Toujours sur fond d’alcool. L’urgentiste a été menacé de mort et on a craché sur une infirmière.

« Pour remédier à cette situation diverses dispositions ont été adoptées. Une porte anti-intrusion, située entre la salle d’attente et le service de soins des urgences, a été mise en place en 2017, puis six caméras de vidéosurveillance ont ensuite été installées fin 2019, rappelle L’Union. La police et l’hôpital ont aussi actualisé, en octobre 2018, un partenariat datant de 2009 facilitant le travail des forces de l’ordre sur place. Il semblerait que ce ne soit pas suffisant… »

« La semaine dernière, au CHU de Saint Étienne, c’est un agent de sécurité qui a été frappé par un père de famille, rapporte Le Quotidien du Médecin (Loan Tranthimy). En colère contre le médecin qui avait voulu garder son enfant à l’hôpital, l’homme était allé chercher un démonte-pneu dans sa voiture. De retour dans le service, il avait frappé l’agent de sécurité avec cet outil. Blessé aux bras, l’agent s’était vu prescrire cinq jours d’ITT. Le père de famille, arrêté par la police, a passé deux jours en garde à vue et a été présenté au parquet de Saint-Étienne.

En 2019 l’Observatoire national des violences en milieu de santé avait recensé, pour 2018,  23 360 signalements effectués par 426 établissements Un bilan à la hausse d’un peu plus de 1 000 cas d’agressions ; 80 % d’atteintes à la personne et 20 % d’atteintes aux biens. Les victimes sont majoritairement (82 %) les personnels des établissements. Parmi celles-ci, on compte 9 % de médecins et 47 % d’infirmières diplômées d’État. Les patients représentent 10 % des cas signalés à l’ONVS et les agents de sécurité 5 %. Le monde d’avant ?

A demain @jynau

Quelles blouses blanches «héroïques» ne toucheront pas la «prime Covid» de 1500 euros ?

Bonjour

17/06/2020. Nous étions à la mi-avril. En reconnaissance de « l’incroyable dévouement de tout le personnel soignant », Edouard Philippe, Premier ministre annonçait qu’une prime exceptionnelle serait versée aux personnels hospitaliers dès le mois de mai. Le président de la République, Emmanuel Macron, s’y était engagé le 25 mars, depuis l’hôpital militaire de campagne installé à Mulhouse, en annonçant une « prime exceptionnelle pour pouvoir accompagner financièrement cette reconnaissance ». Ce serait une « réponse claire et forte de court terme ». Nous sommes à la mi-juin et rien n’est fait, rien n’est réglé. Un exécutif qui apparaît comme incapable de tenir ses promesses. Désillusion, polémique et discorde chez les premiers concernés.

Le gouvernement avait annoncé deux échelons : une prime de 1 500 euros pour les hospitaliers dans les quarante départements les plus touchés ; trois fois moins dans les autres. Avec toutefois chez ces derniers, une exception  « les agents ayant travaillé dans les services Covid + des 108 hôpitaux de référence percevront également la prime de 1 500 euros ». « Un mois plus tard pourtant, le décret d’application ne contenait plus que 79 établissements. Puis, le 11 juin, une nouvelle liste de 117 établissements est publiée, observe Le Monde (Ulysse Bellier). Entre les deux, 38 hôpitaux de différence et des jeux d’influence politique. Dans la Manche, en Ardèche, en Corrèze, dans l’Orne et ailleurs les élus s’indignent, écrivent au ministre de la Santé. »

Interrogée, la direction générale de l’offre de soin (DGOS), en charge du dossier au ministère de la santé, affirme au Monde que « chacun » des 117 établissements listés « a été identifié en raison, notamment, de l’impact du nombre de patients Covid + pris en charge sur ses capacités d’accueil » – sans plus de précision. Personne n’a connaissance des éléments précis sur lesquels se fonde le ministère.

Etrangement, à Pau, aucune difficulté. « On a rétabli la justice », note François Bayrou, maire de la ville et proche du président de la République. Il se félicite, sans mystère, d’« avoir pu obtenir une décision » en « faisant valoir le grand mérite » des équipes locales auprès du ministre des solidarités et de la santé, Olivier Véran : « Les critères étaient mal réfléchis, et ils ont été modifiés », assure M. Bayrou, président du MoDem, qui reconnaît qu’« avoir une certaine influence, ça aide à se faire entendre ». Comme une méchante fragrance de l’ancien monde.

Le directeur des ressources humaines et son adjointe

Ce n’est pas tout. Les organisations syndicales sont d’autant plus irritées qu’au sein des 117 hôpitaux listés, la hausse de 500 à 1 500 euros de la prime n’est possible que pour 40 % des effectifs au maximum. Qui en profitera ? La liste des bénéficiaires est laissée « à la seule appréciation des chefs d’établissement », précise la DGOS. Ambiance.

« A Montargis, dans le Loiret, la hiérarchie a choisi d’utiliser le maximum de son quota de 40 % : les fonctions supports, comme la logistique, les repas, la lingerie, en profiteront aux côtés des services les plus impliqués, précise Le Monde.  A Toulouse, la CGT du centre hospitalier universitaire (CHU) s’est émue de voir le directeur des ressources humaines et son adjointe toucher les 1 500 euros ‘’alors que certains soignant.e.s ayant pris en charge des patients Covid (…) n’auront que 500 euros.’’ ‘’Choisir ces personnes-là, qui ont de gros salaires et plein d’avantages, par rapport à d’autres, c’est explosif !’’, s’exclame Julien Terrié, secrétaire général local du syndicat. »

Face à lui le directeur général du CHU « assume » « Oui, cinq directeurs adjoints ont la prime [de 1 500 euros], parce qu’ils ont travaillé, se défend Marc Pénaud. Ils répondent aux critères. J’ai trouvé légitime de leur attribuer cette prime. » « C’est le fait du prince !, s’indigne Christophe Prudhomme, le porte-parole de l’Association des médecins urgentistes de France. « Les gens ne réclamaient pas cette prime mais une revalorisation salariale permanente.»

A Montargis et La Réunion, les primes seront versées sur le salaire de la fin juin prévient Le Monde. A Bordeaux, tout le monde aura sa prime de 500 euros à la fin du mois et le complément de 1 000 euros – pour ses bénéficiaires – sera versé en juillet. A Pau, « ce sera sur le salaire de fin juillet, au pire fin août ». Seule garantie, le coût total : 1,3 milliard d’euros. pour une prime de la discorde.

A demain @jynau

Cannabis médical reporté : comment qualifier la désinvolture de nos «autorités de santé» ?

Bonjour

04/03/2020. Sans doute faudrait-il faire un effort, comprendre les difficultés de l’instant, les agendas perturbés, les responsables trop occupés … On peut, aussi, dire qu’il y a, dans le dernier communiqué de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), sur l’usage médical du cannabis , une forme de désinvolture que l’on peu tenir pour inacceptable vis-à-vis des malades concernés par le sujet. On lit ainsi :

«  Dans la continuité des travaux menés depuis 2018, la Direction générale de la santé (DGS) et l’ANSM restent pleinement engagés (sic) dans mise en place de l’expérimentation de l’usage médical du cannabis en France. Cependant, en raison de la nécessaire mobilisation des autorités de santé sur la gestion de l’épidémie de COVID-19, le début de l’expérimentation, initialement prévu en septembre 2020 est reporté au plus tard en janvier 2021. »

Nous disposons donc, en France, d’autorités de santé qui ne peuvent à la fois se mobiliser sur la « gestion d’une épidémie » et poursuivre un travail engagé depuis près de deux ans – un travail déjà accompli dans de multiples pays étrangers comparables à la France.

Autorités de santé beaucoup trop occupées

Tout était en place pour qu’enfin, une expérimentation puisse débuter en septembre prochain. Dans le jargon de l’ANSM, cela donne : « Conduits en concertation avec les membres du Comité scientifique de l’ANSM et les sociétés savantes concernées, les travaux pour la prochaine mise en place de l’expérimentation ont récemment permis de consolider différentes actions (…). ».Et l’on découvre aujourd’hui qu’il faut encore attendre « la publication d’un décret attendu d’ici l’été ».

L’ANSM a initié les travaux sur le cannabis « à usage médical » en septembre 2018. Il avait donc fallu près de deux ans pour programmer la première expérimentation  – et ce après avoir  jugé cet usage « pertinent pour les patients dans certaines situations cliniques et en cas de soulagement insuffisant ou d’une mauvaise tolérance des thérapeutiques accessibles, qu’elles soient ou non médicamenteuses ».

Cette expérimentation « permettant d’évaluer la faisabilité du circuit de mise à disposition du cannabis pour les patients » ? Elle attendra, pour commencer, le début de l’année 2021. En postulant que les « autorités de santé » ne seront pas, d’ici là, trop occupées.

A demain @jynau

Chloroquine et égotisme. A propos de deux cas célèbres : le président Trump et le Pr Didier Raoult

Bonjour

04/06/2020. En rire ? Donald Trump, 73 ans, 1,90m, pèse 110kg, rythme cardiaque : 63 pulsations par minute. Vaccinations à jour. Bon état général. N’a constaté aucun effet secondaire durant  le « traitement préventif » de deux semaines d’hydroxychloroquine qu’il avait souhaité pouvoir prendre. L’annonce vient d’en être faite par le Dr Sean Conley, médecin de la Maison Blanche.

«Le président a terminé ce traitement en toute sécurité et sans effets secondaires, a indiqué le Dr Sean Conley dans un communiqué sur l’état de santé du président. Il continue à subir régulièrement des tests Covid-19 et à ce jour tous les résultats ont été négatifs».

Donald Trump avait révélé le 18 mai qu’il prenait quotidiennement de l’hydroxychloroquine.  «J’en prends depuis dix jours, un comprimé par jour», avait alors déclaré le président américain à la stupéfaction générale, lors d’un échange avec les journalistes à la Maison Blanche. «J’entends beaucoup de choses extraordinairement positives» sur ce médicament, avait-il justifié. Vous connaissez l’expression: qu’est-ce que vous avez à perdre?»

On rappellera que la FDA américaine en déconseille l’usage «en dehors d’un milieu hospitalier ou d’essais cliniques, en raison du risque de troubles du rythme cardiaque. On rappellera aussi que la plus grande confusion règne dans ce domaine après la remise en cause par The Lancet et The New England Journal of Medicine d’études publiées dans leurs propres colonnes. On ajoutera enfin, corollaire, qu’en France le Pr Didier Raoult, (objet de premiers sondages nationaux) continue d’avancer sur son chemin de gloire médiatico-politique.

La dernière étape est datée du 3 juin : un nouvelle interview « exceptionnelle » royalement accordée  à Ruth Elkrief et Margaux de Frouville (BFM TV) en son bureau marseillais. Avec cette confidence : « La notoriété acquise à cette occasion me pèse plus qu’autre chose, je m’en fous un peu ». Interrogé sur son flamboyant  égotisme 1, le microbiologiste a cette réponse amplement signifiante : « La mégalomanie, ceux qui en parlent sont ceux qui sont incapables de voir la grandeur. On peut toujours dire que de Gaulle ou Churchill étaient mégalomanes. Ça m’indiffère. » En rire ?

A demain @jynau

1 Egotisme. A.- Disposition de celui ou de celle qui fait constamment référence à soi en particulier dans le discours. « Mais n’est-ce pas aussi que je la fatiguais par la monotonie de mes propos? Mon égotisme outre qu’il est peu séduisant, ne se renouvelle guère ». Barrès, Un homme libre,1889, p. 209.

Tendance à s’analyser, dans sa personne physique et morale.  « L’égotisme littéraire consiste finalement à jouer le rôle de soi; à se faire un peu plus nature que nature; un peu plus soi qu’on ne l’était quelques instants avant d’en avoir eu l’idée ». Valéry, Variété II,1929, p. 96.

B.− Quasi-synon. de égocentrisme et de égoïsme. « Elles [les femmes] ont d’ailleurs des sens très rudimentaires, des sens de femelles, peu perfectibles, inaccessibles à ce qui ne touche pas directement l’égotisme féminin qui absorbe tout en elles ». Maupassant, Notre cœur,1890, p. 455.

C.− Philosophie. D’un point de vue théorique et avec une valeur laudative, exaltation du sentiment du moi dans son unicité « La religion du MOI, le culte de la personne intime, la contemplation de soi-même, le divin égotisme (France, Vie littér.,t. 4, 1892, p. 226):

Il est bel et bien fini le temps des applaudissements de nos héros en blouses blanches

Bonjour

30/05/2020. C’est un communiqué édifiant, signé du Collectif-Inter-Hôpitaux hôpital Robert-Debré AP-HP. Il est  intitulé « Intimidation policière lors d’un rassemblement pacifique respectueux des mesures sanitaires à l’hôpital pédiatrique Robert-Debré ».  Les auteurs nous expliquent avoir choisila date symbolique du 1er mai « pour reprendre le chemin de la contestation ». Depuis, les #JeDisColere rassemblent devant le parvis de l’établissement, personnels hospitaliers et usagers mobilisés pour la défense de l’hôpital public. Extraits : 

« Après avoir applaudi les hospitaliers, tous les soirs pendant deux mois, des citoyens ont éprouvé le besoin de traduire ce soutien en un engagement concret, lequel contraste avec l’ambiguïté et la com’ du « Ségur de la Santé ». Dans le respect des gestes barrières, le personnel mobilisé tous les jeudis, se dirige du parvis des Urgences à la rue longeant l’établissement – tout en restant sur le trottoir- pour rejoindre celles et ceux qui partagent sa lutte et son attachement à un système de soin de qualité. Ce parcours de quelques dizaines de mètres se termine à l’entrée principale de l’hôpital devant laquelle de courtes prises de parole et des chants clôturent la manifestation.

« Les #JeDisColere des 7 et 14 mai se sont déroulés sans incident. Le jeudi 21 mai, près d’un millier de personnes se sont rassemblées, et ce malgré un imposant dispositif policier. A l’issue du rassemblement, nous avions déploré 50 amendes et 3 interpellations classées sans suite après 48h de privation de liberté. Le 28 mai, les forces de l’ordre, nombreuses et pour certaines d’entre elles lourdement armées, ont empêché le personnel hospitalier d’accéder à l’entrée de l’hôpital. Hospitaliers et usagers ont été contraints de se replier sur le parvis de l’église qui jouxte le CHU Robert Debré. Nous dénonçons cette atteinte à notre liberté de manifester – qui, au demeurant, n’a pas été demandée par la direction de l’établissement.

« Les manœuvres d’intimidation ne sauront dissuader notre mobilisation en faveur de la défense de l’hôpital public. D’autant que le « Ségur de la santé » ne s’engage guère dans la satisfaction de nos revendications. Le devoir d’offrir un soin de qualité pour tous, sans distinctions quelles qu’elles soient, nous engage à poursuivre notre lutte dans les #JedisColere. De plus en plus d’hôpitaux s’associent au mouvement pour exprimer leur mécontentement et permettre aux usagers, toujours plus nombreux, de les rejoindre. »

Jadis, souvenons-nous, ces blouses blanches étaient portées par des héros.   

A demain @jynau
 

Hôpital : voici venu le temps des micro-mea-culpa (François Hollande et Marisol Touraine)

Bonjour

25/05/2020. De retour sur les ondes. Ils ont été au pouvoir durant cinq ans. L’hôpital public français est en crise comme jamais, prêt d’imploser. Responsabilité ? Culpabilité ? Ils acceptent d’en parler. Et ce à la veille d’un improbable « Ségur de la santé » organisé en urgence pour tenter de régler des problèmes structurels, économiques et identitaires vieux de plusieurs décennies.

François Hollande s’est confessé sur France Inter. Il reconnaît une « part de responsabilité dans la situation de l’hôpital ».

« J’ai présidé la France pendant cinq ans, donc j’ai ma part de responsabilité aussi dans la situation de l’hôpital […]. Depuis des années, on a contraint l’hôpital et j’ai pris ma part, je ne veux pas m’exclure, même si j’ai apporté des moyens supplémentaires. On a mis une suradministration de codage d’actes, etc., et c’est ce que les personnels, notamment les médecins, rejettent aujourd’hui, et une tarification qui les a obligés à passer parfois plus de temps à remplir des papiers qu’à soigner. »

Bien évidemment l’ancien président de la République s’est défendu en mettant en avant la création de 30 000 postes dans les hôpitaux publics et une hausse de 7 % de la masse salariale « sous son autorité ». Plus gêné sur la rémunération directe des personnels soignants : « J’ai fait en sorte sous ma présidence d’améliorer les parcours professionnels, de valoriser un certain nombre de catégories, aides-soignantes et infirmières, mais ça ne suffit pas. » 

Et déjà un remède politique : « Il faut donner beaucoup de souplesse aux hôpitaux (…) rattraper le retard sur les rémunérations et changer l’organisation du travail ». En revanche, il s’oppose à un retour sur les 35 heures hebdomadaires. On sait que l’une des propositions paradoxales de l’actuel gouvernement sera le « travailler plus pour gagner plus ». François Hollande :  « Vous imaginez dire ça à des personnels qui ont travaillé sans compter leur temps, pour des heures supplémentaires qui ne seront peut-être jamais payées ? Qu’on mette de la souplesse, de la négociation, qu’on rémunère mieux certaines activités mais de grâce, ne revenons pas sur ce qui est aujourd’hui regardé comme un acquis social. »

Masques : il ne s’agit plus de polémiquer

En écho de François Hollande, Marisol Touraine, inflexible ministre des Affaires sociales et de la Santé de 2012 à 2017. Elle répondait à la question sur France Info :

« Effectivement, il n’y a pas eu d’effort suffisant sur les rémunérations, même s’il y a eu des primes.  Sans aucun doute sur le plan des rémunérations des personnels hospitaliers, en particulier des personnels soignants non médicaux, nous n’avons pas pu dégager les ressources qui nous auraient permis de faire des revalorisations significatives. Il y a eu des primes, mais j’entends parfaitement que les professionnels de santé en ont assez des primes et veulent des rémunérations. » (sic)

Bien évidemment Marisol Touraine s’est défendue de tout immobilisme. « Il y a eu des transformations qui ont été engagées et sans lesquelles l’hôpital ne serait pas aujourd’hui ce qu’il est. J’ai engagé la transformation de la tarification à l’activité. Je ne l’ai pas supprimée, je ne l’ai pas fait éclater, mais nous avons mis en place ce que nous avons appelé la tarification à la qualité pour valoriser des pratiques, valoriser la proximité des hôpitaux. Ces processus auraient pu être accélérés après 2017. Cela n’a pas été le cas et je le regrette. » (sic)

L’avenir pour Marisol Touraine aujourd’hui présidente de l’organisation de santé Unitaid , après Philippe Douste-Blazy ? Elle s’est déclarée prête à aller témoigner devant une commission d’enquête sur la gestion de la crise sanitaire et sur la pénurie de masques si elle est convoquée. « Je ne souhaite polémiquer avec personne aujourd’hui, a-t-elle conclu. D’ailleurs, plus personne ne conteste le fait qu’il y avait autant de masques lorsque j’ai quitté le ministère que lorsque j’y suis entrée. Alors il ne s’agit plus de polémiquer, il s’agit de faire connaître les choses et de les mettre à plat. »

Unitaid est une organisation internationale d’achats de médicaments, chargée de centraliser les achats de traitements médicamenteux afin d’obtenir les meilleurs prix possibles, en particulier à destination des pays en voie de développement. Unitaid est financée par une taxe de solidarité sur les billets d’avion, adoptée par certains pays à l’initiative de Jacques Chirac. Quel sera l’impact de l’épidémie de Covid-19 sur l’avenir du transport aérien et, donc, d’Unitaid ? La question n’a pas été posée à l’ancienne ministre de la Santé.

A demain @jynau

Chloroquine : dans The Lancet, une étude contredit gravement les affirmations du Pr Raoult

Bonjour

22/05/2020. Que répondra-t-il ? C’est une publication d’importance que vient de diffuser, sans embargo, The Lancet : « Hydroxychloroquine or chloroquine with or without a macrolide for treatment of COVID-19: a multinational registry analysis ». Elle est co-signée par les Drs Mandeep R. Mehra (Brigham and Women’s Hospital Center for Advanced Heart Disease, Boston) et Frank Ruschitzka (Centre de cardiologie de l’hôpital universitaire de Zurich).

Ce travail établit, en substance, qu’aucune preuve ne peut être apportée quant aux bénéfices de l’usage de la chloroquine ou de l’hydroxychloroquine chez les patients souffrant de COVID-19. Et souligne que « des essais randomisés urgents sont nécessaires » – le tout dans un contexte hautement problématique puisque l’utilisation aujourd’hui à large échelle de chloroquine ou d’hydroxychloroquine est selon eux associée « à une augmentation des taux de mortalité et des arythmies cardiaques chez les patients hospitalisés atteints de COVID-19 ».

Les auteurs de cette vaste étude observationnelle ont analysé les données de 96032 patients hospitalisés entre le 20 décembre 2019 et le 14 avril 2020 avec une infection au SRAS-CoV-2 confirmée en laboratoire – et ce dans 671 hôpitaux. Tous les patients inclus dans l’étude étaient sortis ou étaient décédés au 21 avril 2020. Les patients atteints de COVID-19 recevaient une combinaison de l’un des quatre schémas thérapeutiques actuellement utilisés à travers le monde.

Comparaison des taux de mortalité

L’équipe a ainsi comparé les résultats des patients traités par chloroquine seule (1868), hydroxychloroquine seule (3016), chloroquine en association avec un macrolide (3783) ou hydroxychloroquine avec un macrolide (6221). Les patients de ces quatre groupes ont été comparés au groupe témoin de 81 144 patients.

« À la fin de la période d’étude, environ un patient sur onze dans le groupe témoin était décédé à l’hôpital (9,3%, 7 530/81 144), résume The Lancet. Les quatre traitements étaient associés à un risque plus élevé de mourir à l’hôpital. Parmi ceux traités par la chloroquine ou l’hydroxychloroquine seule, environ un patient sur six est décédé (16,4%, 307/1 868 chloroquine et 18,0%, 543/3 016 hydroxychloroquine). Lorsque les médicaments étaient utilisés en association avec un macrolide, le taux de mortalité atteignait plus d’un sur cinq pour la chloroquine (22,2%, 839/3783) et près d’un sur quatre pour l’hydroxychloroquine (23,8%, 1479/6221). »

Dr Mandeep R. Mehra :

«Il s’agit de la première étude à grande échelle à trouver des preuves statistiquement solides que le traitement à la chloroquine ou l’hydroxychloroquine ne bénéficie pas aux patients atteints de COVID-19. Au lieu de cela, nos résultats suggèrent qu’il peut être associé à un risque accru de problèmes cardiaques graves et à un risque accru de décès. Les essais cliniques randomisés sont essentiels pour confirmer tout préjudice ou bénéfice associé à ces agents. En attendant, nous suggérons que ces médicaments ne devraient pas être utilisés comme traitements pour COVID-19 en dehors des essais cliniques. »

Dr Frank Ruschitzka :

«Plusieurs pays ont préconisé l’utilisation de la chloroquine et de l’hydroxychloroquine, seules ou en combinaison, comme traitements potentiels pour le COVID-19. La justification de la réutilisation de ces médicaments de cette manière repose sur un petit nombre d’expériences anecdotiques qui suggèrent qu’elles peuvent avoir des effets bénéfiques pour les personnes infectées par le virus du SRAS-CoV-2. Cependant, des études antérieures à petite échelle n’ont pas réussi à identifier des preuves solides d’un avantage et de plus grands essais contrôlés randomisés ne sont pas encore terminés. Cependant, nous savons maintenant grâce à notre étude que la probabilité que ces médicaments améliorent les résultats de COVID-19 est assez faible. »

On trouve aussi, dans The Lancet, un commentaire du Pr Christian Funck-Brentano et du Dr Joe-Elie Salem (service de pharmacologie médicale, Pitié-Salpêtrière, Inserm) : «Cette étude observationnelle bien menée s’ajoute aux rapports préliminaires suggérant que la chloroquine, l’hydroxychloroquine, seul ou avec de l’azithromycine n’est pas utile et peut être nocif chez les patients COVID-19 hospitalisés. »

C’est peu dire que l’on attend, désormais, l’analyse détaillée que fera de ces données mondialisées le Pr Didier Raoult, en son IHU Méditerranée Infection.

A demain @jynau

Mourir du Covid-19 à Paris ou à Marseille : les dangereuses comparaisons du Pr Raoult

Bonjour

21/05/2020. La série continue. « Les choses sont en train de se résoudre », affirme le Pr Didier Raoult au sujet de l’épidémie de coronavirus dans une vidéo mise en ligne le 19 mai sur la chaîne YouTube de l’Institut hospitalo-universitaire (IHU) Méditerranée-Infection,  Et le microbiologiste, cette fois, va plus loin dans la provocation.

« Le fait d’arriver au bout, ça nous permet d’avoir une idée de la mortalité et de ce qui s’est passé dans les différents éléments puisqu’il y a eu beaucoup de commentaires sur la différence entre notre stratégie et celle d’autres régions ». Selon lui  on recense « 759 morts par million d’habitants » à Paris. Selon lui la mortalité de Paris serait plus de cinq fois supérieure à celle de Marseille puisque, selon ses données  ce chiffre serait de 140 morts par million d’habitants à Marseille.

« On voit que ce n’est pas parce que les gens étaient plus âgés, parce qu’il y a des jeunes qui sont morts en Île-de-France, et donc il y a une grande différence dans la prise en charge, ce qui doit amener à se poser des questions très sérieuses sur la gestion de l’épidémie dans cette partie de la France »

Déontologie

L’accusation est grave et l’affaire intéresse à  juste titre BFMTV (Clarisse Martin) qui fait observer qu’il est délicat  de vérifier de telles assertions car « les données sont régionales ». »Quand on appelle l’Agence régionale de Santé PACA, elle nous dit que c’est impossible d’avoir des données par ville, donc ce sont des données du professeur Raoult qui dit avoir appelé les différents hôpitaux de la ville, là c’est impossible de vérifier ».

« Toutefois, si on se base sur les chiffres donnés par le professeur Raoult, à savoir les 759 décès à Paris et 140 à Marseille pour un million d’habitants, il est mathématiquement juste de dire qu’il y a eu cinq fois plus de morts à Marseille. 140 multipliés par 5 donnent un résultat de 700. Mais c’est très difficile de comparer des régions qui n’ont pas été touchées au même moment » ajoute BFMTV.

« « Ce sont des déclarations qui sont très difficiles à prouver ou à contredire parce que c’est très compliqué de faire ce genre de calculs, il y a tellement de facteurs confondants dans ce type d’études. On peut l’étudier mais on ne peut pas le déclarer comme ça sans avoir toutes les données qui peuvent expliquer ces différences, explique le Pr Yves Buisson, président du groupe Covid-19 à l’Académie nationale de médecine. Peut-être qu’il y a une différence, peut-être qu’on meurt plus à Paris qu’à Marseille, est-ce-que c’est à cause de la prise en charge comme semble le suggérer le professeur Raoult? Cela  m’étonnerait beaucoup ».

Et de juger « très graves » ces accusations d’un point de vue déontologique. L’Ordre des médecins sera-t-il saisi ? Qu’en dira l’exécutif ? La série ne peut que continuer.

A demain @jynau

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Masques : la Commission européenne contredit les affirmations d’Emmanuel Macron

Bonjour

20/05/2020. Voilà qui pèsera lourd quand la justice sera véritablement saisie. Et qui sera évoqué lors du prochain « Ségur de la santé ». A peine Emmanuel Macron avait-il tenté (sur BFMTV) de démontrer l’indémontrable («nous n’avons jamais été en rupture de masques ») que l’affaire rebondissait à Bruxelles. La Commission européenne vient ainsi de pointer «des lacunes» (sic) dans la préparation de la France à la pandémie de Covid-19.

La France n’est certes pas la seule à être méchamment tancée. Plusieurs autres pays le sont aussi comme l’Italie, l’Espagne, la Belgique ainsi que le Royaume-Uni. Bruxelles les invite également à le «renforcer leurs systèmes de santé.

 Mais, concernant la France, l’exécutif européen souligne «des difficultés à garantir la disponibilité immédiate de professionnels de la santé, de produits indispensables et d’équipements de protection individuelle » au début de la pandémie.

Paris a certes «mobilisé sa réserve de personnel et de matériel médicaux et paramédicaux», mais «la coordination de l’action entre tous les segments du système de santé» est resté «difficile», observe Bruxelles. Et la Commission de mettre également en avant «des problèmes structurels latents» dans le système de santé français- des problèmes qui «résultent d’un manque d’investissements dans les infrastructures physiques et les ressources humaines, d’une adaptation limitée de l’organisation des services et de la nécessité d’une meilleure coordination entre acteurs privés et publics».

Pour conclure Bruxelles demande à la France de « renforcer la résilience du système de santé en garantissant un approvisionnement adéquat en produits médicaux indispensables et une répartition équilibrée des professionnels de la santé, et en investissant dans la santé en ligne ».  

Voilà qui est dit et qui ne sera pas oublié par les acteurs hospitaliers conviés à « Ségur » par Olivier Véran. Il semble bien que ce soit la première fois, depuis qu’elle existe, que la Commission européenne établit un tel constat d’incurie. Pourrait-elle nous dire pourquoi ?

A demain @jynau

Zizanies à venir, grâce au gouvernement, sur la « prime Covid » octroyée aux soignants

Bonjour

20/05/2020. La promesse présidentielle sera donc à moitié tenue. Le Figaro : « Un quota envisagé pour la prime de 1500 euros dans certains hôpitaux. Versés sans distinction dans 40 départements, les 1500 euros de la ‘’prime Covid’’ maximale pourraient n’être attribués qu’à 40% des effectifs dans 79 autres hôpitaux.

C’était il y a deux mois. Relisons un instant les mots flamboyants d’Emmanuel Macron :

 «Durant plusieurs semaines, nous avons préparé, agi. Les personnels des hôpitaux, médecins, infirmiers, ambulanciers, les agents des Samu et de nos hôpitaux, les médecins de ville, l’ensemble des personnels du service public de la santé en France sont engagés avec dévouement et efficacité. Si nous avons pu retarder la propagation du virus et limiter les cas sévères, c’est grâce à eux parce que tous ont répondu présents.

« Tous ont accepté de prendre du temps sur leur vie personnelle, familiale, pour notre santé. C’est pourquoi, en votre nom, je tiens avant toute chose à exprimer ce soir la reconnaissance de la Nation à ces héros en blouse blanche, ces milliers de femmes et d’hommes admirables qui n’ont d’autre boussole que le soin, d’autre préoccupation que l’humain, notre bien-être, notre vie, tout simplement. »

Un mois plus tard les héros en blouses blanches apprenaient de la bouche du Premier ministre que le gouvernement allait octroyer une « prime » aux soignants qui étaient «en première ligne jour et nuit». Une prime qui serait versée en mai. Nous approchons de juin et rien n’est encore versé. Mais tout, depuis peu est couché sur papier à en-tête de la République française 19 mai : « Une prime exceptionnelle pour les soignants pendant l’épidémie du Covid-19 » :

« Par reconnaissance pour l’effort des personnels soignants mobilisés depuis le début de l’épidémie du coronavirus, une prime exceptionnelle leur sera versée en mai ou en juin. Le montant de cette prime pourra atteindre 1 500 euros nets pour les soignants travaillant dans les départements les plus touchés par le Covid-19 par exemple.

Le versement d’une prime exceptionnelle en faveur des professionnels de la santé mobilisés pour faire face à l’épidémie de covid-19 est précisé dans un décret publié au Journal Officiel le 15 mai 2020. Professionnels concernés, montant, liste des départements y sont définis. »

Restait à faire la part entre les héros immaculés et ceux qui l’étaient moins. Faire le décompte, en somme, parmi « les agents des établissements publics de santé et à certains agents civils et militaires du ministère des armées et de l’Institution nationale des invalides ».

Le directeur pourra relever  cette prime de 500 à 1500 euros …

Pour les 1500 euros, a priori tout est acquis : les départements concernés par la prime de 1 500 € sont essentiellement les département situés dans le nord et l’est du pays. Tous les départements d’Ile-de-France (8 départements), du Grand Est (10), de Bourgogne-Franche-Comté (8) et des Hauts de France (5). Quatre départements d’Auvergne-Rhône-Alpes (Drôme, Loire, Rhône, Haute-Savoie) ainsi que l’Eure-et-Loir, les Bouches-du-Rhône, les deux départements de Corse et Mayotte figurent dans la liste.

Tout se complique pour la petite prime de 500 euros « versée aux professionnels des établissements publics de santé situés dans les autres départements ou ne faisant pas partie de la liste des établissements Covid+. » Et c’est là que tout, brutalement, se complique :

« Le responsable d’un établissement pourra toutefois décider de porter le montant de la prime à 1 500 €« ‘’pour les services ou agents impliqués dans la prise en charge de patients contaminés par le virus Covid-19 ou mobilisés par les circonstances exceptionnelles d’exercice’’ ».

On imagine sans difficulté l’atmosphère créée par cette possibilité offerte au «directeur » de « pouvoir relever » cette prime de 500 à 1500 euros sur de tels critères….1  Et ce d’autant que tout est déjà plafonné : «Ce dispositif dérogatoire est mis en œuvre dans la limite de 40% des effectifs physiques», précise l’instruction rédigée par la Direction générale de l’offre de soins (DGOS).

Pour pimenter le tout le quota est assorti d’une recommandation aux directeurs d’hôpitaux, invités à présenter aux instances représentatives du personnel (comité technique, commission médicale) «les critères envisagés (…) notamment pour la liste des services éligibles» – document qui (pour simplifier) devra être transmise à l’Agence régionale de santé. Trois organisations syndicales ont déjà confirmé à l’AFP avoir eu connaissance de ce document ou de son contenu. Contactée dès lundi, la DGOS n’avait pas encore répondu le 19 mai….

Le « Ségur de la Santé » grand œuvre annoncé d’Olivier Véran, ne pouvait pas mieux commencer.

A demain @jynau

NB A écouter, sur France Inter, : « A l’hôpital, le monde d’avant est déjà de retour ? » avec le Dr François Salachas  neurologue et membre du collectif inter-hôpitaux (à l’origine d’une vidéo virale où il interpelle le président de la République, alors en visite à la Pitié-Salpêtrière) et Anne Thiollier, est infirmière à l’hôpital Robert-Debré de Paris.

Les passages concernant les relations entre soignants et administration hospitalières sont tout particulièrement éclairants quant à la crise majeure de l’hôpital public. Ils entre en pleine résonance avec l’opuscule essentiel  de Stéphane Velut : « L’Hôpital est une industrie » (Gallimard, Collection Tracts)