Virologie et populisme : Donald Trump entend éradiquer l’épidémie de sida en une décennie

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On ne connaît pas, en France, le rituel américain du « discours sur l’état de l’Union ». Un événement annuel qui voit le président exposer son programme pour l’année en cours devant la branche législative du gouvernement fédéral. Discours prononcé au Capitole des États-Unis, où les deux chambres sont réunies en Congrès. Discours  diffusé en direct à la télévision et à la radio. Importé en France ce rite démocratique permettrait aujourd’hui à Emanuel Macron de faire l’économie des ses incessants petits monologues de gymanses et salles des fêtes – dans l’hypothétique optique d’un Grand Débat National.

Outre-Atlantique le discours du 5 février restera peut-être gravé dans la mémoire des spécialistes internationaux de la santé publique. Donald Trump, président des Etats-Unis a en effet promis, dans son projet de budget, de demander « aux démocrates et aux républicains de dégager les moyens nécessaires pour éliminer l’épidémie de VIH aux Etats-Unis d’ici dix ans ». « Ensemble, nous vaincrons le sida en Amérique et au-delà », a-t-il affirmé – avant de demander un effort comparable « pour lutter contre les cancers de l’enfant » (sic).

Alex M. Azar II, secrétaire à la Santé a précisé ce qu’il en était de l’annonce présidentielle. Le but est de diminuer les contaminations par le VIH aux Etats-Unis, de 75% en cinq ans, et de 90% en dix ans. On estime aujourd’hui que près de 40 000 Américains contractent le virus chaque année, et qu’environ 165 000 personnes ignorent leur statut de séropositif.

Tâche titanesque

« Cette initiative, si elle est mise en place et financée, pourrait s’inscrire dans l’histoire comme l’une des plus grandes réussites de sa présidence », a déclaré Michael Ruppal, directeur de l’AIDS Institute. « Contrôler le VIH en une décennie est une tâche titanesque, mais nous applaudissons la volonté affichée », a pour sa part indiqué à l’AFP Michael Weinstein, président de l’AIDS Healthcare Foundation.

Le Quotidien du Médecin (Damien Coulomb) précise que depuis cette annonce, le département de la Santé et des Services sociaux des États-Unis a publié une « factsheet » dans laquelle sont détaillés les leviers qui seront actionnés pour parvenir à une réduction de 75 % du nombre de nouvelles infections d’ici à 5 ans, et de 90 % d’ici à 10 ans.

« Les services américains envisagent d’assigner des équipes pluridisciplinaires dédiées aux 48 comtés, aux 7 États américains (Oklahoma, Arkansas, Missouri, Mississippi, Kentucky Caroline du Sud, Alabama), ainsi que San Juan et Puerto Rico qui regroupent plus de la moitié des nouvelles infections aux États-Unis. Ces équipes, baptisées « HIV HealthForce » seront chargées d’analyser les problématiques locales et d’aider à la mise en place de politiques spécifiques pour promouvoir le diagnostic et l’administration précoce du traitement, ainsi que les méthodes de prévention, et notamment la prophylaxie post-exposition. »

Mais encore ?  La Société internationale sur le sida (IAS)  salue « l’objectif ambitieux » affiché par Donald Trump. Mais prend bien soin de rappeller que ces déclarations ne sont pas cohérentes avec « la politiques et la rhétorique » du président américain « ciblant directement les trans- et plus généralement la communauté LGBT, les consommateurs de drogue injectable, les minorités ethniques, les réfugiés, les travailleuses du sexe et les droits sexuels des femmes ».

Une loi interdisant l’avortement tardif

« Cet objectif nécessite plus que du traitement et des programmes de prévention, rappelle l’IAS. Le Congrès et l’administration américaine devront revoir les politiques qui augmentent le risque d’infection et renforcent la stigmatisation et l’injustice sociale et de genre, incluant les mesures de bannissement des trans de l’armée ou le démantèlement des programmes publics à destination du public LGBT. »

Où l’on redécouvre en somme, à trente ans de distance, à quel point, au-delà du virologique à quel point l’épidémie de VIH est politique. Politique également cette conclusion, par Trump, du volet santé du discours sur l’état de l’Union : « Pour défendre la dignité de chaque personne, je demande au Congrès d’adopter une loi interdisant l’avortement tardif des enfants pouvant ressentir une douleur dans le ventre de leur mère ». Le Monde rappelle que l’avortement est, officiellement, autorisé aux Etats-Unis jusqu’à la 22e semaine de grossesse.

A demain

@jynau

Avortement : de Bailleul (Sarthe) à Buenos Aires, politique, médecine et polémiques

Bonjour

L’IVG (sa dépénalisation, sa légalisation, sa pratique) est un sujet permanent de polémiques médiatisées. On vient de l’observer en Argentine. En juin les députés argentins avaient approuvé sa légalisation (129 voix contre 125. Mercredi 8  août, leurs collègues du Sénat s’y sont opposés (38 voix contre 31 et 2  abstentions). Rejet du projet de loi au grad dam de centaines de milliers de personnes qui s’étaient rassemblées à Buenos Aires et dans les principales villes du pays.

« Le débat sur le droit à l’avortement est loin d’être refermé en Argentine. Certes, le vote des sénateurs témoigne du solide pouvoir d’influence de l’Eglise catholique et des Eglises évangéliques, vigoureusement mobilisées contre ce texte, ainsi que du machisme persistant dans les provinces les plus traditionnelles, éditorialise Le Monde. Mais la démonstration est désormais faite, confirmée par tous les sondages ces dernières semaines, que la société argentine a profondément évolué et est aujourd’hui majoritairement favorable au droit à l’IVG. En tout état de cause, après quatre mois d’un débat intense – et qui a ouvert d’autres brèches, comme la demande de la séparation de l’Eglise et de l’Etat –, il est probable que la dépénalisation et la légalisation ne sont plus qu’une question de temps, en Argentine, et certainement dans le reste du continent, où les mouvements féministes sont plus actifs que jamais. »

En France, plus de quarante ans après la promulgation de la loi Veil les polémiques, pour s’être apaisées, n’ont jamais véritablement cessé.

Le 26 juillet dernier, au cours d’une question orale au Sénat à l’attention d’Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la santé  Agnès Buzyn, la sénatrice Nadine Grelet-Certenais (Socialiste, Sarthe) a déclaré :

« Il est intolérable que les femmes ne puissent pas exercer leur droit essentiel parce que des médecins, au mépris de l’accès aux soins, font valoir des réticences d’ordre personnel ou éthique ». (JO du Sénat du 26/07/2018 page 3808).

Cette déclaration faisait référence au cas exceptionnel du centre hospitalier du Bailleul, dans la Sarthe, où suite au départ à la retraite d’un médecin et au recours à la clause de conscience des trois autres praticiens de l’établissement, ce dernier n’était plus en mesure temporairement de pratiquer l’IVG.

Intolérable

En réponse à la sénatrice, le Syndicat national des gynécologues obstétriciens de France (SYNGOF) a réagi avec une particulière virulence :

« Si l’accès à l’avortement pour les femmes est un droit essentiel, incontesté et incontestable, la réalisation de l’avortement n’est pas un acte de soins ordinaire. A ce titre,  il nécessite des médecins à qui la loi reconnait le droit d’avoir une liberté de conscience. Qu’une sénatrice de la France, élue de la Nation, ne reconnaisse pas la liberté de conscience des soignants est intolérable à la Nation. Prétendre que les médecins ont le mépris de l’accès aux soins, alors qu’ils sont au contact direct avec la souffrance de leurs patientes, c’est ne pas connaitre leur vie. »

Pour autant le SYNGOF reconnaît que le cas exceptionnel de Bailleul, dans la Sarthe angevine, met en évidence un problème de fond dans l’organisation de l’accès aux soins sur le territoire français Alors que la loi N°2016-41 du 26 janvier 2016, dans son article premier, fait de l’Etat l’organisateur et le responsable de la santé en France, la pénurie de gynécologues annoncée par la profession depuis vingt ans s’aggrave depuis plusieurs années, et les gouvernements successifs n’ont pas jugé utile de la corriger.

« Et ce n’est pas en retirant leur éthique et leur conscience aux médecins que la Nation permettra un égal accès à l’avortement pour les Françaises qui le demandent. Comme Madame la sénatrice a une éthique et une conscience, qu’elle souffre que les médecins en aient une et que l’Etat la respecte. » 

Et le SYNGOF de noter que la ministre de la Santé « n’a pas acquiescé » aux attaques de la sénatrice socialiste. Et ensuite ?

A demain

Antisémitisme, politique et œcuménisme: des centaines de personnalités accusent les extrêmes

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C’est, à coup sûr, l’émergence d’un symptôme français. Il s’exprime ce dimanche 22 avril 2018 dans Le Parisien Aujourd’hui en France : « Manifeste «contre le ‘’nouvel antisémitisme’’ ». Puis, demain, dans un livre (Albin Michel) préfacé par Elisabeth de Fontenay.

Résumons : près de trois cents « personnalités » signent un manifeste «contre le nouvel antisémitisme» en France marqué par la «radicalisation islamiste». Elles dénoncent , qui plus est, un «silence médiatique» et une «épuration ethnique à bas bruit» dans certains quartiers. Parmi les signataires : Elisabeth Badinter, Gérard Depardieu, Nicolas Sarkozy, Laurent Wauquiez, Manuel Valls, Bertrand Delanoë, Jean Glavany, Zabou Breitman, Charles Aznavour, Pierre Arditi, Bernard-Henri Lévy, Alain Finkielkraut – mais aussi des journalistes, des responsables religieux juifs, musulmans et catholiques. Le texte a été rédigé par le souvent controversé Philippe Val, 65 ans, ancien directeur de Charlie Hebdo.

«Nous demandons que la lutte contre cette faillite démocratique qu’est l’antisémitisme devienne cause nationale avant qu’il ne soit trop tard. Avant que la France ne soit plus la France », lit-on dans ce texte assez œcuménique. « Dans notre histoire récente, onze Juifs viennent d’être assassinés – et certains torturés – parce que Juifs par des islamistes radicaux», écrivent les auteurs, en référence à l’assassinat d’Ilan Halimi en 2006, à la tuerie dans une école juive de Toulouse en 2012, à l’attaque de l’Hyper Cacher en 2015, à la la mort par défenestration à Paris de Sarah Halimi en 2017 et au meurtre récent de Mireille Knoll, dans la capitale.

« Les Français juifs ont 25 fois plus de risque d’être agressés que leurs concitoyens musulmans. Dix pour cent des citoyens juifs d’Ile de France – c’est-à-dire environ 50.000 personnes – ont récemment été contraints de déménager parce qu’ils n’étaient plus en sécurité dans certaines cités et parce que leurs enfants ne pouvaient plus fréquenter l’école de la République. Il s’agit d’une épuration ethnique à bas bruit au pays d’Emile Zola et de Clemenceau. »

C’est aussi un appel à forte dimension politique et religieuse. Ce manifeste soutient ainsi que «la radicalisation islamiste – et l’antisémitisme qu’elle véhicule – est considérée exclusivement par une partie des élites françaises comme l’expression d’une révolte sociale (…) au vieil antisémitisme de l’extrême droite s’ajoute l’antisémitisme d’une partie de la gauche radicale qui a trouvé dans l’antisionisme l’alibi pour transformer les bourreaux des juifs en victimes de la société. »  «La bassesse électorale calcule que le vote musulman est dix fois supérieur au vote juif», observent en outre les signataires.

Ces derniers demandent «que les versets du Coran appelant au meurtre et au châtiment des juifs, des chrétiens et des incroyants soient frappés de caducité par les autorités théologiques, comme le furent les incohérences de la Bible et l’antisémitisme catholique aboli par (le concile) Vatican II, afin qu’aucun croyant ne puisse s’appuyer sur un texte sacré pour commettre un crime ».

C’est, à coup sûr, l’émergence d’un symptôme. Lequel ? Rappel : nous sommes en France et, qui plus est, en 2018.

A demain

La loi « régulation des naissances » vient d’être adoptée à main levée à la quasi-unanimité

 

Bonjour

Ce fut une méchante et violente affaire – puis un séisme conclu, in fine, dans les règles démocratiques 1

« La proposition de loi relative à la régulation des naissances avait été soumise à l’examen d’une commission mixte paritaire. Les conclusions de cette commission ont été présentées à l’Assemblée par M. NEUWIRTH (U.D.-Ve Rép.), approuvées par M. JEANNENEY, ministre des Affaires sociales, acceptées  » sans enthousiasme  » par M. HABIB-DELONCLE (U.D.-Ve Rép.), et adoptées, à main levée, à la quasi-unanimité. Le Sénat, sur le rapport de M. MENU (M.R.P.), devait à son tour adopter peu après le projet dans les mêmes termes que les députés. »

« Voici les dispositions essentielles de la nouvelle rédaction de l’article 3, article qui avait, au cours de précédents débats, donné lieu à l’affrontement de thèses apparemment inconciliables :

 » (…) Les contraceptifs inscrits sur un tableau spécial, par décision du ministre des affaires sociales, ne sont délivrés que sur ordonnance médicale ou certificat médical de non-contre-indication. Aucun produit, aucun médicament abortif, ne pourra être inscrit sur ce tableau spécial.

 » Cette ordonnance ou ce certificat de non-contre-indication sera nominatif, limité quantitativement et dans le temps, et remis, accompagné d’un bon tiré d’un carnet à souche, par le médecin au consultant lui-même.

 » L’insertion des contraceptifs intra-utérins ne peut être pratiquée que par un médecin, dans un établissement hospitalier, un centre de soins agréé ou conformément à des conditions fixées par un règlement d’administration publique.

La vente ou la fourniture des contraceptifs aux mineurs de dix-huit ans non émancipés et des contraceptifs inscrits au tableau spécial aux mineurs de vingt et un ans non émancipés ne peut être effectuée que sur ordonnance médicale constatant le consentement écrit de l’un des parents ou du représentant légal. (…)  » »

Notons d’autre part que l’article 5 bis, lui aussi fort controversé, laisse, dans sa nouvelle version, à un règlement d’administration publique le soin de déterminer les conditions de vente ou de fourniture des contraceptifs aux mineurs non émancipés dans les départements de la Guadeloupe, de la Martinique et de la Réunion. »

20 décembre 1967. Un combat s’achevait, que l’on ne qualifiait pas, alors, de « sociétal ». Rien n’interdit de tenter, un demi-siècle après, de mesurer le chemin parcouru

A demain

1 Extrait des archives du Monde daté du 21 décembre 1967.

PMA pour toutes : oui ou non ? C’est le président Macron qui, seul, répondra à la question

 

Bonjour

Samedi 24 juin 2017 :  quarantième anniversaire de la « Marche des fiertés » LGBT. A Paris ce sera entre les places de la Concorde et de la République. Formidable symbolique tricolore. Quatre catégories et un slogan unique : « La PMA pour toutes, sans condition ni restriction, c’est maintenant ».

Symbolique : Le Monde souligne que, pour la première fois, l’Etat français est partenaire de cet événement festif – et ce par le biais du soutien de la délégation interministérielle à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la haine anti-LGBT (Dilcrah). « On mesure le chemin parcouru, observe Yohann Roszéwitch, conseiller à la Dilcrah. Les premiers militants réclamaient le droit à la différence dans un contexte où l’homosexualité était encore pénalisée. Puis est venue la revendication du droit à l’indifférence. Aujourd’hui, c’est l’égalité de traitement qui est réclamée. »

C’est maintenant

« La PMA pour toutes, sans condition ni restriction, c’est maintenant ». Egalité de traitement ? « La PMA n’est pas un traitement qui guérit la stérilité, mais un accès à des techniques médicales qui permettent d’avoir des enfants, affirme Alexandre Urwicz, président de l’association des familles homoparentales (ADFH). Pourquoi la réserver aux couples hétérosexuels ? »

Telle est bien la question, politique, qui doit être posée : la PMA est-elle un « traitement qui guérit la stérilité » ? N’est-elle, au contraire, qu’un « accès à des techniques médicales qui permettent d’avoir des enfants ». L’autre question est de savoir qui doit, désormais, y répondre en France. Où l’on en revient aux responsabilités du politique face au questionnement éthique. On sait que durant le précédent quinquennat François Hollande n’a cessé de louvoyer autour du sujet. Et nous savons qu’une nouvelle dynamique semble être en marche avec Emmanuel Macron.

Monde meilleur

Le nouveau président se souvient-il du candidat qui se déclarait « favorable à une loi qui ouvrira la PMA aux couples de lesbiennes et aux femmes célibataires » ? Mais qui ajoutait en même temps : « afin de ne pas réitérer les erreurs du passé, le calendrier de cette réforme sera soigneusement préparé. J’attendrais que le Comité national d’éthique ait rendu son avis pour pouvoir construire un consensus le plus large possible ».

Nous y sommes : le CCNE rendra public mardi 27 juin son « avis » sur le sujet. Et des « indiscrétions » font que l’on sait que le fruit collectif de ses cogitations pencherait du côté de l’ouverture à laquelle le président est favorable. Où l’on voit que le monde est sinon le meilleur du moins assez bien fait, puisque jusqu’ici les sages du vieux Comité étaient opposés à ce que la PMA sorte du champ qui l’avait vu naître : celui de la thérapeutique de la stérilité.

Et ensuite ? « Nous attendons un signal fort du gouvernement,  dit Clémence Zamora-Cruz, porte-parole de l’Inter-LGBT, organisatrice de la marche. Il ne peut pas continuer à se cacher derrière un avis du CCNE. Ce n’est pas une question éthique, mais une question d’égalité des droits. » Le gouvernement Philippe II ? Personne ne semble être en charge du dossier. Et en toute hypothèse il faudra attendre la prochaine révision de la loi de bioéthique programmée, au plus tôt, pour l’année 2018. Et donc le vote d’une Assemblée où les nouveaux députés du Président sont omniprésents.

Combats farouches

« Seul Benjamin Griveaux, ancien porte-parole du mouvement du président, a montré de l’intérêt pour la cause LGBT, observe Le Monde. Il a été nommé au gouvernement mercredi 21 juin… secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’économie, donc sans possibilité d’intervenir dans ce dossier. En revanche, il n’a pas échappé aux militants que deux personnalités promues par M. Macron avaient farouchement combattu la loi ouvrant le mariage aux personnes de même sexe lorsqu’ils étaient députés Les Républicains : le ministre des comptes et de l’action publique, Gérald Darmanin, et le tout récent secrétaire d’Etat au Quai d’Orsay, Jean-Baptiste Lemoyne. Quant au député de Guadeloupe, Olivier Serva, il a conservé son investiture LRM malgré des propos homophobes passés – dont il s’est excusé depuis. »

Au final, démocratie ou pas, il apparaît que c’est bien le président de la République qui, en personne, décidera de l’issue de ce débat éthique majeur. Viendront, aussitôt, les questions majeures de réarrangement des dispositions historiques de filiation et de prise en charge (ou pas) par la collectivité d’une procréation médicalement assistée qui ne sera plus, stricto sensu, une thérapeutique.

A demain

Post-vérité : pourquoi tant de haines exprimées contre Marisol Touraine ?

 

Bonjour

Fin de partie. Pour elle le temps s’est figé. Son blog est muet. Reconnaissant brièvement sa défaite elle a dit « partir en vacances ». Comment organise-t-on un sevrage de l’addiction à la politique ?

On peut aussi voir dans cette chute brutale aux élections législatives un divorce enfin prononcé. Un divorce bien mal négocié. « Ils l’auront détestée jusqu’au bout. Très remontés contre Marisol Touraine, les médecins célèbrent (sans pitié) depuis dimanche soir de la défaite de l’ex-ministre de la Santé aux élections législatives dans l’Indre-et-Loire, observe Le Quotidien du Médecin. Sur Twitter, les messages fusent pour enfoncer celle qui a mené la politique de santé pendant cinq ans sous la présidence de François Hollande et dont le nom était évoqué pour occuper la présidence de l’Assemblée nationale lors de la prochaine législature. »

« Son comportement opportuniste indigne succédant à son dogmatisme intraitable l’a achevée « ose le Pr Guy Vallancien. L’Union française pour une médecine libre (UFML) croit pouvoir saluer la fin « d’une époque où le mépris des soignants et la construction d’une politique sanitaire idéologique ont servi pendant cinq ans de fil conducteur ». Jusqu’aux infirmier(e)s « Elle nous a méprisé et pourri la vie pendant cinq ans, elle a supprimé postes et lits », tweete le syndicat national des professionnels infirmiers.

Calice et cigarette électronique

Boire le calice impose aussi de lire le site des buralistes : « Certes, en politique, le désespoir est une sottise absolue mais il semble bien que les résultats d’hier mettent un terme à la carrière politique de l’ex-ministre de la Santé. Au-delà du sort de la modeste personne, on souhaitera vivement que disparaisse avec elle ce qu’elle avait soigneusement réussi à incarner : l’arrogance, l’idéologie et l’outrance. Sa politique concernant les sujets qui nous intéressent l’illustre parfaitement. »

Et les buralistes de développer leurs accusations. On retiendra ce passage : « Plutôt que d’attaquer le grave problème du tabagisme à sa racine ou de reconnaître la dure réalité du marché parallèle, elle a joué « démago « en vilipendant les multinationales du tabac. Et en imposant le paquet neutre. Aveuglée par cette idéologie, elle a complètement loupé une approche intelligente du phénomène de la cigarette électronique. » Résultat sans appel : « les chiffres fondamentaux de la prévalence tabagique n’ont fondamentalement pas bougé pendant son règne ».

Fin de partie. Pour elle le temps s’est figé. Son blog est muet. Une question reste : pourquoi tant de haines ?

A demain