Ehpad d’Orléans : on ne saura jamais si les deux soignants sont, ou non, morts de la grippe

Bonjour

Une certitude : ces deux soignants ne s’étaient pas fait vacciner contre la grippe. Une autre certitude : on ne saura jamais s’ils sont ou non morts d’une infection grippale. L’affaire de « l’Ehpad d’Orléans » restera comme une occasion manquée : celle de fournir la démonstration qu’un soignant non vacciné peut mourir de la grippe.

Rappelons les données disponibles. On apprenait il y a quelques jours qu’un patient de l’Ehpad Les Ombrages (La Chapelle-Saint-Mesmin, Loiret) était mort au centre hospitalier régional d’Orléans-La Source. Un décès liée à l’épidémie de grippe qui avait déjà causé la mort de cinq personnes en quelques jours. Parmi ces cinq personnes figuraient deux soignants, salariés d’un centre de soins voisin (CRF des Coteaux) décédés à leur domicile le 24 janvier. Un décès, précisaient les autorités sanitaires, « vraisemblablement » dû à un « syndrome grippal » ; syndrome pour lequel elles étaient en « arrêt maladie ».

Puis, dans un communiqué diffusé dans l’après-midi du 29 janvier, l’ARS Centre-Val de Loire apportait les précisions suivantes :

« Parmi les six décès, le virus de la grippe a été isolé chez un résident. Il s’agit d’un des virus circulants de l’épidémie actuelle de grippe saisonnière, faisant partie des virus inclus dans le vaccin cette année. Il ne s’agit en aucun cas de la grippe aviaire. 

«  La cause du décès ne sera pas formellement établie pour les deux personnes membres du personnel de l’établissement. Leurs décès sont vraisemblablement liés à cette épidémie. Ces personnes, qui n’étaient pas vaccinées, ont présenté des symptômes respiratoires ou pulmonaires, dans le contexte d’un foyer grippal confirmé au sein de l’établissement et de circulation active des virus grippaux dans la région. »

 Mais encore ? Contactée, l’ARS nous précise qu’elle ne donnera pas plus d’éléments concernant ces deux décès. A la fois parce qu’elle ne le peut pas mais aussi parce qu’elle ne dispose pas de plus d’informations quant à la cause de ces deux morts. On peut le dire autrement : aucun prélèvement biologique n’a été fait, en temps et en heure, qui permettrait de rattacher l’issue fatale à une infection grippale.

Etrangeté vs exemplarité

Pourquoi ? On ne le saura sans doute pas. Reste un « faisceau d’indices » et deux points d’interrogation. Et ce commentaire de l’un de nos fidèles lecteur (U. Ucelli) :

« Deux soignants (donc âgés de moins de 65 voire de moins de 60 ans) qui meurent à domicile avec des signes de syndrome grippal, c’est très mystérieux.  On s’attend à ce que les complications de la grippe amènenent à consulter et les malades non abandonnés par la famille ou la société, s’ils meurent meurent à l’hôpital en service réanimation éventuellement sous curculation extracorporelle.

« Habituellement avec la grippe si on en meurt c’est à l’hopital ou dans les 30 jours suivant la sortie, https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC5632265/ .. de pneumonie, de staphylococcies, autres surinfections, d’infarctus du myocarde, d’encephalite, myocardite, de défaillance multiviscérale, mais je ne pense pas que ça prenne soudainement les gens dans leur sommeil à la maison. Sauf erreur d’évaluation de la gravité par l’entourage ou le médecin. Mais là deux travailleurs d’un Ehpad quasi simultanément morts chez eux, ce peut être un hasard mais c’est étrange. »

Aujourd’hui, à Orléans,  l’ARS « rappelle que la vaccination des professionnels soignants n’est pas obligatoire mais qu’elle est recommandée, pour protéger leurs patients et se protéger eux-mêmes ». On peut aussi rappeler que  ce sujet avait été abordé lors d’une conférence de presse, en janvier 2017, par le Pr Benoît Vallet, alors Directeur Général de la Santé 1. L’Etat français peut contraindre les soignants à se faire vacciner, au nom de la santé publique et dans leur propre intérêt.

Cette obligation existe déjà aujourd’hui pour un certain nombre de vaccinations, comme celle contre l’hépatite virale de type B. Mais bien que prévue par l’article L. 3111-4 comme une obligation vaccinale pour les professionnels de santé, l’obligation vaccinale contre la grippe a été suspendue par le décret n° 2006-1260 du 14 octobre 2006. Elle demeure toutefois fortement recommandée pour les professionnels concernés, en particulier pour les protéger des grippes saisonnières. » Le décret suspensif du 14 octobre 2006 avait été signé par Xavier Bertrand, alors ministre de la Santé et des Solidarités d’un gouvernement dirigé par Dominique de Villepin.  Puis, pendant cinq ans Marisol Touraine n’avait pas jugé bon d’abroger ce décret.

Quant à Agnès Buzyn, qui lui a succédé, elle enjoint régulièrement « les professionnels de santé à adopter une conduite exemplaire ». Sans les y contraindre. Et sans grand succès.

A demain

@jynau

1 Sur ce thème  « Il faut obliger tous les soignants à se faire vacciner contre la grippe » Slate.fr, 12 janvier 2017

 

 

« Six morts de la grippe dont deux soignants » : la rumeur et le mystère d’Orléans

Bonjour

Pourquoi parler aux médias quand on ne sait pas ? Nous apprenions il y a trois jours, via La République du Centre qu’un patient de l’Ehpad Les Ombrages (80 places) était mort au centre hospitalier régional d’Orléans-La Source. Un décès, assurait-on, liée à l’épidémie de grippe qui avait déjà causé la mort de cinq personnes en quelques jours. Information confirmée par Edwige Rivoire, directrice générale de l’Ugecam Centre (qui gère les établissements de santé de l’Assurance Maladie dont cet Ehpad).

Le quotidien régional ajoutait « qu’au moins » deux salariés d’un centre de soins voisin de La Chapelle-Saint-Mesmin (Loiret) étaient décédés à leur domicile le 24 janvier « vraisemblablement » à la suite d’« syndrome grippal ». De fait un communiqué de l’Agence régionale de santé Centre Val de Loire confirmait : « deux personnes salariées du CRF des Coteaux à la Chapelle-Saint-Mesmin sont décédées le 24 janvier 2019 à leur domicile. Elles étaient en arrêt maladie pour ‘syndrome grippal’».

Mourir d’un « syndrome grippal » ?

« On en est six décès : trois résidents dans le courant du mois de janvier, un quatrième résident dont on a eu connaissance le 26 janvier et deux cette semaine parmi le personnel soignant », expliquait encore un porte-parole de l’ARS. Les sexes et les âges des victimes n’étaient pas communiqués mais l’ARS précisait que les trois résidents décédés dans le courant du mois de janvier « avaient plus de 90 ans ». « Il y a une mesure de confinement. Personne ne sort de l’établissement sans qu’on ait bien pris en compte les traitements qui doivent être faits : distribution de masque, rappel des règles hygiéniques, message de prévention de la vaccination », ajoutait cette source.

Trois jours plus tard, flottement, tout est remis en question. La même ARS explique que sur les six décès, cinq demeurent en réalité « inexpliqués ». Elle indique ainsi qu’un seul cas « avéré » de grippe a été établi. Il s’agit de la femme 85 ans, décédée le 26 janvier au CHR d’Orléans. « On ne sait formellement pas si les trois autres décès [des résidents de plus de 90 ans] sont liés à la grippe » reconnaît l’ARS. La veille elle expliquait que pour les six décès « il y a des éléments qui font vraisemblablement penser à un syndrome grippal mais on est en attente des résultats d’examens ». Mourir d’un « syndrome grippal » ?

Le fils de l’octogénaire décédée au CHR, Benoît Desroche, a annoncé lundi à l’AFP son intention de porter plainte. « Elle n’était pas vaccinée. Elle l’avait été les années précédentes mais pas cette année. Elle était malade depuis trois semaines et elle n’a été hospitalisée que 48 heures avant son décès. Si son cas avait été pris à temps, peut-être qu’elle serait toujours-là aujourd’hui », a-t-il déclaré.  Concernant les deux agents du centre de soins également décédés, l’ARS précise simplement que « l’un d’eux n’était pas vacciné ». Et elle « ignore » si l’autre l’était.

Quand on ne sait pas, mieux vaut ne rien affirmer aux médias.

A demain

@jynau

PS. Dans un communiqué diffusé dans l’après-midi du 29 décembre l’ARS Centre-Val de Loire a souhaité apporter les informations suivantes (de manière complémentaire aux informations fournies dans la soirée du 28 janvier par le groupe UGECAM, gestionnaire de l’EHPAD et du Centre de rééducation fonctionnelle « le Côteau » à La Chapelle Saint-Mesmin):

« 1 Parmi les six décès, le virus de la grippe a été isolé chez un résident. Il s’agit d’undes virus circulants de l’épidémie actuelle de grippe saisonnière, faisant partie des virus inclus dans le vaccin cette année. Il ne s’agit en aucun cas de la grippe aviaire. 2 La cause du décès ne sera pas formellement établie pour les deux personnes membres du personnel de l’établissement. Leurs décès sont vraisemblablement liés à cette épidémie. Ces personnes, qui n’étaient pas vaccinées, ont présenté des symptômes respiratoires ou pulmonaires, dans le contexte d’un foyer grippal confirmé au sein de l’établissement et de circulation active des virus grippaux dans la région. 3 L’ARS rappelle que la vaccination des professionnels soignants n’est pas obligatoire mais qu’elle est recommandée, pour protéger leurs patients et se protéger eux-mêmes. C’est à ce titre que dans le cadre des relations contractuelles entre l’ARS et les établissements médicaux-sociaux et sanitaires, des objectifs sont fixés pour améliorer la couverture vaccinale. »

 

Rumeurs de grippe sur Orléans : six morts, dont deux soignants, dans une bouffée épidémique?

Bonjour

Comme un léger flottement question communication. Au départ une révélation de La République du Centre datée du 26 janvier : un patient de l’Ehpad Les Ombrages (80 places) au centre hospitalier régional d’Orléans-La Source. Une mort liée à l’épidémie de grippe qui a déjà causé la mort de cinq personnes cette fin de semaine. Information confirmée par Edwige Rivoire, directrice générale de l’Ugecam Centre (qui gère les établissements de santé de l’Assurance Maladie).

Et le quotidien régional d’ajouter « qu’au moins » deux salariés d’un centre de soins voisin de La Chapelle-Saint-Mesmin (Loiret) sont décédés à leur domicile le 24 janvier « vraisemblablement » suite à un « syndrome grippal ». Selon un communiqué de l’Agence régionale de santé Centre Val de Loire, « deux personnes salariées du CRF des Coteaux à la Chapelle-Saint-Mesmin (Loiret) sont décédées le 24 janvier 2019 à leur domicile. Elles étaient en arrêt maladie pour ‘syndrome grippal’.»

« On en est six décès : trois résidents dans le courant du mois de janvier, un quatrième résident dont on a eu connaissance le 26 janvier et deux cette semaine parmi le personnel soignant », a expliqué un porte-parole de l’ARS. Les sexes et les âges des victimes n’ont pas été communiqués mais l’ARS précise que les trois résidents décédés dans le courant du mois de janvier « avaient plus de 90 ans ». « Il y a une mesure de confinement. Personne ne sort de l’établissement sans qu’on ait bien pris en compte les traitements qui doivent être faits : distribution de masque, rappel des règles hygiéniques, message de prévention de la vaccination », a ajouté cette source.

On recense actuellement 78 résidents l’Ehpad, situé à cinq km du centre-ville d’Orléans. Dans la même enceinte se trouve aussi un centre de rééducation qui accueille actuellement 81 patients. « Cet épisode nous rappelle toute l’importance qu’il y a à se vacciner, d’autant plus quand on est dans des établissements où on a beaucoup de contacts » a déclaré sur Europe 1 Christophe Lugnot, chef de cabinet adjoint de l’ARS Centre Val de Loire. Et d’oublier de préciser qui, parmi les victimes était ou non vacciné. Sans indiquer, non plus, si la cause unique des décès est bien la conséquence d’une infection grippale. Sans préciser quelle a été la politique suivie dans ec domaine vis-à-vis des résidents et vis-à-vis des soignants. Comme un flottement.

A demain

@jynau

Préservatifs : comment faire après les inquiétants constat établis par les services de Bercy ?

Bonjour

On l’apprend: compte tenu des risques encourus par les consommateurs en cas de défaut (transmission d’infections sexuellement transmissibles, grossesses non désirées), les préservatifs sont classés en tant que dispositifs médicaux de classe II b.

Or dans  une enquête publiée jeudi 10 janvier sur leur niveau de qualité et de sécurité, la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) dévoile que, « parmi les échantillons prélevés, le taux de non-conformité s’est élevé à plus de 80 % »« Un produit a, en outre, été déclaré non conforme et dangereux », alerte-t-elle : la marque STAR Condoms, qui a fait l’objet d’un avis de rappel :

« Nom du produit : Préservatif STAR VIP

Marque : STAR Condoms

Référence : Boîte de 12 préservatifs fins VIP

Lot : 102047 avec une date d’expiration 2022/01

Risque : Perforation du préservatif

Commentaire : Les possesseurs du produit sont invités à bien vouloir le ramener à leur pharmacie pour remboursement. »

Laissons, sur ce sujet de santé publique, la parole à Bercy :

« Au cours du quatrième trimestre 2017 et du premier trimestre 2018, la DGCCRF a contrôlé la qualité et la sécurité des préservatifs masculins commercialisés en France. L’enquête a ciblé les produits en latex de caoutchouc naturel ne présentant pas la marque NF. La majorité de ces préservatifs étaient fabriqués en Chine, en Malaisie et en Thaïlande. Cette enquête a été décidée à la suite de deux contrôles réalisés début 2017 ayant mis en évidence le danger de deux références de préservatifs.

« Vingt-cinq établissements ont été visités et soixante-dix actions de contrôle menées. Le taux d’anomalies relevé à la suite de ces actions de contrôle s’élève à plus de 4 %. Les manquements relevés portent notamment sur l’absence de déclaration par les opérateurs économiques concernés auprès de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) et/ou sur le non respect des règles d’étiquetage. Ce taux d’anomalie témoigne globalement d’une bonne connaissance de la réglementation applicable par les opérateurs économiques du secteur.

Traditionnels et lubrifiés

« Onze prélèvements ont été effectués. Ils ont concerné aussi bien les préservatifs traditionnels que les préservatifs lubrifiés. Ces derniers incluent les préservatifs enduits de spermicides, incorporant un anesthésique local, ainsi que les préservatifs dits « de fantaisie » qui présentent des traitements de surface ou des coloris particuliers. Le taux de non-conformité des échantillons analysés est de 82 %. »

A quoi ces non-conformités sont-elles principalement dues ?

  • A la présence de perforations sur un prélèvement (voir plus haut). Ce distributeur a informé l’ANSM ainsi que le mandataire, basé hors du territoire français, de cette non-conformité. Il s’est engagé à mettre en place un retrait-rappel sur un second lot dans le cas où les analyses futures concluraient au résultat « non conforme et dangereux ». Les professionnels ayant stocké le lot de cette référence de préservatifs ont été invités à le retirer de la vente et à apposer dans leur commerce une affiche à destination de leur clientèle afin que le produit soit ramené dans le lieu de vente;
  • A un défaut de dimension (la largeur mesurée étant inférieure à la largeur indiquée sur l’étiquetage) sur un prélèvement ;

 

  • Au non-respect des exigences en matière d’étiquetage: largeur non indiquée, absence d’indication de lubrification ou non, nom du fabricant ou du mandataire non indiqué, absence de description du préservatif (présence de réservoir notamment),
  • A l’absence d’indications au niveau de la notice d’utilisation: date de publication ou de la dernière révision, nom du fabricant ou du mandataire absent, effets secondaires, précautions de manipulation, mode d’emploi et mentions concernant le retrait du préservatif, instructions concernant l’élimination du préservatif usagé, mention relative à la nécessité de consulter un médecin ou un pharmacien pour ce qui concerne la compatibilité des préservatifs avec différents traitements et prescriptions. Dans certains cas, il a été constaté que la notice n’était pas rédigée en français.

Des observations d’autant moins acceptables que, toujours selon Bercy, « la plupart des opérateurs ont une bonne connaissance de la réglementation applicable aux préservatifs ». Toutefois, compte tenu des risques élevés liés à d’éventuels défauts de ces produits d’une part, et de l’entrée en application du règlement (UE) 2017/745 relatif aux dispositifs médicaux en 2020, d’autre part, de nouvelles actions auprès des professionnels seront menées en 2019. Elles permettront notamment de sensibiliser l’ensemble des professionnels au nouveau règlement européen.

En pratique, pour les utilisateurs, que faire d’ici là ? Silence de l’ANSM. La DGCCRF ne le dit pas.

A demain

 

Alerte aux poux : les laboratoires Mylan cessent la commercialisation de leur célèbre lotion 

Bonjour

Prioderm est un médicament-lotion indiqué pour le traitement des poux du cuir chevelu. Plus précisément « était ». A l’occasion d’une révision de son Autorisation de mise sur le marché l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a décidé de « restreindre » son utilisation, en rendant la « prescription médicale obligatoire » (voir le Journal Officiel de ce 6 décembre). Et la même ANSM de renforcer les contre-indications et précautions d’emploi « en raison de ses effets indésirables parfois préoccupants ».

Prioderm-antiparasitaire externe agit (« agissait ») en tuant les poux par une action neurotoxique. Cette lotion contient du « malathion » et du « terpinéol » qui peuvent provoquer, à doses excessives, des troubles neurologiques : maux de tête, nausées, vomissements voire, très rarement, des convulsions chez l’enfant. Bien que ces effets soient rarement observés, l’ANSM a décidé de limiter l’utilisation de ce produit en imposant une prescription médicale pour sa délivrance et en ajoutant de nouvelles contre-indications et précautions d’emploi.

Or voici qu’à la suite de décision dictée par la raison sanitaire les célèbres et très médiatiques laboratoires Mylan « ont décidé d’arrêter la commercialisation du médicament ». Pourquoi ? On peut l’imaginer mais officiellement on ne le sait pas.

Le Prioderm ne sera donc plus disponible « après écoulement des stocks restants ». Dans l’attente, Prioderm ne peut plus être délivré en automédication à compter du 6 décembre 2018. Une lettre d’information sera adressée prochainement aux professionnels de santé.

A demain

@jynau

Avant Noël le préservatif EDEN® de Majorelle sera remboursé par l’Assurance maladie

Bonjour

Agnès Buzyn, sur France Inter ce matin, avait « oublié » le nom de la marque. Précision immédiate de la firme. En ces termes choisis :

« Majorelle, laboratoire citoyen, annonce le lancement en France d’EDEN®, premier préservatif remboursable sur prescription médicale, pour apporter une réponse efficace à un enjeu majeur de santé publique : la prévention des Infections Sexuellement Transmissibles (IST). »

 Et les services de la ministre des Solidarités et de la Santé de préciser :

« A compter du 10 décembre 2018, un préservatif fera l’objet d’une prise en charge par l’Assurance maladie. Cette prise en charge par l’Assurance maladie concerne les femmes comme les hommes. La délivrance, sous forme de boîtes de 6, 12 ou 24 préservatifs, s’effectue en officine de pharmacie sur présentation d’une prescription d’un médecin ou d’une sage-femme. »

A l’unisson Majorelle et le ministère d’expliquer que cette mesure de prévention permet de renforcer la lutte contre les maladies sexuellement transmissiblesLes infections sexuellement transmissibles (IST) représentent un problème majeur de santé publique en France, notamment les principales IST : infection à VIH/Sida, hépatites virales B et C, syphilis, gonococcie, infections à chlamydia.

« La lutte contre les IST se décline autour d’une offre diversifiée de moyens de prévention, dans une approche globale de santé sexuelle, ajoutent les services d’Agnès Buzyn. A quelques jours de la journée mondiale de lutte contre le sida, il est important de rappeler notre palette de prévention : le dépistage, le traitement du VIH comme prévention (une charge virale indétectable signifie l’absence de risque de transmission), la prophylaxie pré exposition (PrEP) par toutes les personnes concernées, le traitement post-exposition (TPE), et le préservatif qui reste l’outil de base de la prévention. »

Qualité « premium » 1,30€ TTC la boîte de six

Quant à Majorelle, laboratoire citoyen, il précise que le nombre des cas d’IST ont été multipliées par trois entre 2012 et 2016. C’est pour répondre à cet enjeu majeur de santé publique que Majorelle a proposé à la HAS la mise sur le marché d’EDEN®, le premier préservatif remboursable sur prescription médicale.

 Ainsi donc, près de quarante ans après l’émergence du sida Agnès Buzyn, Ministre des Solidarités et de la Santé, a autorisé, sur proposition du CEPS (Comité économique des produits de santé), le remboursement par l’Assurance Maladie du préservatif délivré sur ordonnance.

Préservatif de qualité « premium », EDEN® bénéficiera d’un taux de remboursement de 60% sur la base d’un prix de vente s’élevant à 1,30€ TTC la boîte de 6 (également disponible en taille XL), 2,60€ TTC la boîte de 12 et 5,20€ TTC la boîte de 24. « Compte tenu des cas de transmission qui seront évités avec le préservatif remboursable, et du coût actuel de prise en charge des IST qui s’élève à 2 milliards d’euros dont 1,6 pour le seul VIH (11 000 euros par an pour un patient atteint du VIH), le remboursement du préservatif EDEN® par l’Assurance maladie permettra de réaliser d’importantes économies dans les prochaines années. »

Où l’on en vient à cette question : pourquoi si tard ?

A demain

@jynau

Chronique mondaine : mariage d’IntegraGen et de Google Cloud ; la sale gale reste orpheline  

Bonjour

C’est une bouteille tweetée dans l’océan du futur : « IntegraGen » (FR0010908723 – ALINT –Éligible PEA PME), société spécialisée dans la transformation de données issues d’échantillons biologiques en information génomique et en outils de diagnostic pour l’oncologie, annonce aujourd’hui 12 novembre 2018 sa collaboration avec « Google Cloud » pour la mise en ligne de ses outils avancés d’analyse génomique, SIRIUS™ et MERCURY™ sur la Google Cloud Platform. Ce partenariat permet le transfert et le traitement accéléré des données ainsi qu’une amélioration de leur sécurité pour les utilisateurs, cliniciens ou chercheurs. Bérengère Génin, Directeur de la bio-informatique chez IntegraGen :

« Collaborer avec Google Cloud nous permet de fournir à nos clients des solutions intégrées et puissantes, comme SIRIUS et MERCURY, pour analyser rapidement des données de génomiques à grande échelle. Comme nous l’avons présenté lors du Paris Google Cloud Summit en juin dernier, la disponibilité de nos logiciels d’analyse génomique sur le cloud fait désormais de la médecine personnalisée une réalité ».

Les pêcheurs le disent autrement : « La collaboration entre Google Cloud et IntegraGen facilite la réalisation d’importants projets de recherche et aide l’analyse de données de séquençage de façon à déployer les approches de soins personnalisés. Contribuer ainsi à rendre ces outils disponibles est non seulement une opportunité de marché très significative, mais également une avancée majeure pour favoriser l’accès aux soins ».

Ou encore : « La collaboration entre IntegraGen et Google Cloud Platform inclut un support technique de Google Cloud et de son partenaire SFEIR pour l’intégration de SIRIUS et de MERCURY sur la plateforme. Les utilisateurs de ces logiciels peuvent désormais effectuer, en parallèle, leurs projets d’interprétation et accéder aux résultats rapidement. IntegraGen continue d’ajouter des fonctionnalités à chacun de ces outils tout en tirant partie de la richesse des outils de Google aussi bien dans le domaine du big data que dans celui de l’intelligence artificielle (IA). Par ailleurs, les deux sociétés continuent de travailler en étroite coopération pour se conformer aux plus stricts standards de sécurité et de confidentialité de traitement des données en Europe, et de se conformer aux régulations HIPAA aux États-Unis. »

Heureuse comme la gale commune en France

C’est une bouteille parcheminée que l’on n’imaginait plus devoir être lancée dans les mers du passé. « Il y a régulièrement des épidémies de gale dans les collectivités – hôpitaux, maisons de retraite, écoles, crèches, camps de migrants – mais on ne sait toujours pas encore quel est le mieux de traiter par voie locale ou générale », explique  au Quotidien du Médecin. le Pr Olivier Chosidow, dermatologue au Hôpital Henri-Mondor, AP-HP).

C’est pourquoi deux essais randomisés académiques (PHRC) font un appel à recrutement, l’un dans la gale commune et l’autre dans la gale profuse. L’essai SCRATCH dans la gale commune, ouvert à l’enfant (P≥15 kg) et l’adulte, a pour but de comparer l’ivermectine deux doses au traitement local par perméthrine 5 % en deux applications.

Sans oublier l’essai CRUSTED : il s’intéresse à la gale profuse (éruption squameuse du cou, du tronc ou du visage) et à la gale hyperkératosique (au moins 2 sites de lésions hyperkératosiques). L’objectif est de démontrer la supériorité de l’association ivermectine 3 doses à 400 μg/kg + perméthrine 5 % + crème émolliente à l’association ivermectine 3 doses à 200 μg/kg + perméthrine 5 % + crème émolliente.

En France, il n’existe pas de données épidémiologiques sur la prévalence de la gale en l’absence de déclaration obligatoire et de centre national de référence. Avec 100 à 200 millions de cas/an dans le monde, la gale est un problème de santé publique dans les pays dits en développement.

PS/ Chronique maritime : Francis Joyon a remporté, dans la nuit de dimanche à lundi 12 novembre, la Route du rhum, au terme d’un « sprint » final haletant face à François Gabart. Il a coupé la ligne en vainqueur au terme de 7 jours 14 heures 21 minutes et 47 secondes passés en mer, soit un nouveau record.

Fin assurée du scorbut. Question moderne : la gale intéresse-elle la Macif  3 étrange proue de Gabart ?

A demain

@jynau

1 IntegraGen se présente ainsi : « Société spécialisée dans le décryptage du génome humain qui réalise des analyses pertinentes et rapidement interprétables pour des laboratoires de recherche académiques et privés. Dans le domaine de l’oncologie, qui se caractérise par des altérations du génome des cellules cancéreuses, IntegraGen fournit aux chercheurs et aux médecins des outils universels et individualisés de guidage thérapeutique leur permettant d’adapter le traitement des patients au profil génétique de leur tumeur.

« IntegraGen compte quarante collaborateurs et a réalisé un chiffre d’affaires de 6,2 M€ en 2017. Basée au Génopole d’Evry, IntegraGen est également implantée aux États-Unis à Cambridge, MA. IntegraGen est cotée sur Euronext Growth à Paris (ISIN : FR0010908723 – Mnémo : ALINT – Eligible PEA-PME). »

2 Pour inclure dans SCRATCH, contacter au 01 49 81 25 07 : Dr Charlotte Bernigaud (36 809), Dr Gaëlle Hirsch (36 826) ou le Dr Arnaud Jannic (36 808). Pour inclure dans CRUSTED, contacter Mme Hayat Medjenah au 01 49 81 44 86 ou par mail hayat.medjenah@aphp.fr

3 « Mutuelle assurance des commerçants et industriels de France et des cadres et des salariés de l’industrie et du commerce »