Arrêter de fumer avec (ou sans) conflits d’intérêts ? Rendez-vous à l’OpenMind Kfé !

Bonjour

C’est une invitation adressée aux journalistes de la presse spécialisée « santé ». Rendez-vous le 17 octobre 2018 de 9 h à 11h à « l’OpenMind Kfé », 165 Faubourg Saint Honoré, 75008 Paris. Métro : Ligne 9 / Saint Philippe du Roule. Bus : Ligne 28-32-52-80-83 et 93 / arrêt Saint Philippe du Roule. Parking : Le Relais de Ponthieu

Programme : « Regards croisés de deux experts de santé », par le Dr. Ivan Berlin, médecin pharmacologue-addictologue à l’Hôpital de la Pitié-Salpêtrière (AP-HP) & Le Dr. Anne-Laurence Le Faou, Médecin Généraliste, Addictologue, et Responsable du Centre de tabacologie de l’Hôpital Européen Georges Pompidou

Pitch : « Arrêter de fumer est un enjeu de santé publique. L’étude « Reduce to Quit » démontre qu’un arrêt progressif est une des solutions les plus adaptées pour réussir un sevrage tabagique ! A l’occasion du Moi(s) Sans Tabac, Pfizer, laboratoire engagé dans le sevrage tabagique, vous convie à la : Présentation des résultats de l’étude « Reduce To Quit » Arrêt progressif : solution adaptée pour un sevrage tabagique réussi ! »

Trois précisions ne figurent pas sur le bristol :

I Le Dr Anne-Laurence Le Faou est présidente de la Société francophone de tabacologie (SFT)

II Le Dr Ivan Berlin est secrétaire général adjoint chargé de la recherche de la SFT. Il conduit, sur fonds publics, l’étude ECSMOKE.  « L’AP-HP est promoteur de l’étude ECSMOKE, financée par le PHRC national, écrivions-nous en mai 2017. Cette étude comparera la cigarette électronique contenant de la nicotine à la cigarette électronique sans nicotine et à un médicament (varénicline- Champix®) qui a l’autorisation de mise sur le marché comme aide au sevrage tabagique. Ce sera une étude pivot dont l’objectif est de démontrer que la CE contenant de la nicotine est une aide au sevrage tabagique et a un rôle dans la prise en charge des fumeurs. 650 fumeurs seront randomisés et suivis dans treize consultations de tabacologie de différentes structures hospitalières du pays. Les résultats sont attendus pour 2020. »

Ce travail est financé par la Direction Générale de la Santé à hauteur de 900 000 €. Il est dirigé par le Dr Ivan Berlin (département de pharmacologie de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière), tabacologue, ancien président de la Société française de tabacologie. En 2016, dès l’annonce de l’étude, les meilleurs spécialistes de la vape en France avaient demandé à en savoir plus. Sans succès. Puis les modalités pratiques de ce travail de recherche clinique avaient été très sérieusement critiquées. Plus généralement pourquoi comparer un outil dont l’efficacité pratique était déjà connue à un médicament controversé ?

III La multinationale pharmaceutique Pfizer commercialise la varénicline – Champix®. Cet agoniste partiel des récepteurs nicotiniques cérébraux indiqué dans le sevrage tabagique chez l’adulte, est à nouveau remboursé (65%) depuis mai 2017 suite à une initiative de Marisol Touraine. Cette prise en charge ne s’applique, officiellement, que lorsque Champix® est prescrit en seconde intention, après échec des stratégies comprenant des substituts nicotiniques, chez des fumeurs ayant une forte dépendance au tabac.

Cette décision de remboursement est conforme aux recommandations de la Commission de la transparence (avis du 9 novembre 2016), basées sur plusieurs études ayant démontré l’efficacité de la varénicline en termes de taux d’abstinence continue sur 4 semaines (semaines 9 à 12) dans la population générale, chez des fumeurs souffrant de BPCO ou de maladies cardiovasculaires et chez des fumeurs avec ou sans antécédents psychiatriques.Ce taux s’applique à toutes les présentations de Champix® dont les prix publics (hors honoraire de dispensation) s’élèvent à 32,84 euros (11 comprimés à 0,5 mg + 14 comprimés à 1 mg), 36,36 euros (28 comprimés à 1 mg) et 69,25 euros (56 comprimés à 0,5 mg ou à 1 mg).

Une question : Ainsi donc Pfizer, « laboratoire engagé dans le sevrage tabagique » convie la presse à la présentation des résultats de l’étude « Reduce To Quit – Arrêt progressif : solution adaptée pour un sevrage tabagique réussi ! ». Que vont bien pouvoir annoncer, en toute liberté, à l’«OpenMind (sic) Kfé », les Drs Le Faou et Berlin ?

A demain

 

Nouvelle PDG à l’Inserm : Claire Giry succède à Yves Lévy nommé conseiller d’Etat extraordinaire

Bonjour

On songe immanquablement aux changements du Guépard. Le médecin et scientifique Yves Lévy, à la tête de l’Inserm depuis 2014, a été nommé mercredi 10 octobre en conseil des ministres « conseiller d’Etat extraordinaire », sur proposition du ministre de la justice. On se souvient de l’affaire, à la frontière des conflits d’intérêts – une longue affaire qui avait conduit in fine, M. Lévy à renoncer à maintenir sa candidature à un nouveau mandat de PDG de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), compte tenu de la fonction de son épouse (Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la santé).

Son maintien à la tête de l’organisme public de recherche médicale, après la nomination de Mme Buzyn au gouvernement en 2017 – puis  l’hypothèse de sa reconduction pour un nouveau mandat de quatre ans –  avaient valu des critiques à la ministre et au gouvernement. Mme Buzyn s’est constamment défendue, sans toujours convaincre, en faisant valoir que la tutelle de l’Inserm lui avait été retirée par décret, au profit du Premier ministre.

« M. Lévy exercera pour cinq ans des ‘’fonctions consultatives’’ pour le Conseil d’État, la plus haute juridiction administrative française. En clair, il endossera le rôle de conseiller juridique du gouvernement,  précise Le Figaro. À 61 ans, il hérite aujourd’hui d’une nouvelle fonction convoitée, que n’occupent que douze conseillers d’État. Il touchera à ce titre une somme fixe de 1 558 euros bruts par mois, et une somme variable de 4 583 euros bruts maximum par mois, en fonction de son assiduité aux séances, selon un arrêté de février 2018. Soit jusqu’à 6 100 euros bruts par mois.

Un lot de consolation, alors que le docteur en médecine devra conseiller le gouvernement sur la conformité des projets de loi au droit, sans ne l’avoir jamais étudié ? »

Et après ? C’est la directrice générale déléguée de l’Inserm, Claire Giry, qui prend  la présidence par intérim de l’Inserm annonce un arrêté publié samedi 13 octobre au Journal officiel. Claire Giry est docteure en biologie moléculaire et cellulaire et directrice générale déléguée de l’Inserm depuis décembre 2017. Auparavant elle était, depuis juillet 2016, responsable du programme « Centres d’excellence » du Commissariat général à l’investissement (CGI). Elle était précédemment Directrice adjointe de la recherche fondamentale du CEA et Directrice du centre de Fontenay-aux-Roses, centre de recherche principalement dédié aux sciences du vivant. Entre 2012 et 2014, elle avait dirigé le Département des partenariats et relations extérieures de l’Inserm (partenariats nationaux, européens et internationaux).

A demain

Sevrage : l’efficacité de la e-cigarette peut-elle être démontrée par un marchand de tabac ?

Bonjour

Une étude, une confirmation et une question.

L’étude a été commanditée par Fontem Ventures (groupe Imperial Brands) – et a été publiée le 3 septembre dans le Journal of Environmental Research and Public Health : The Value of Providing Smokers with Free E-Cigarettes: Smoking Reduction and Cessation Associated with the Three-Month Provision to Smokers of a Refillable Tank-Style E-Cigarette. Elle est signée par le Pr  Neil McKeganey (Centre for Substance Use Research, West of Scotland Science Park, Glasgow).

Réalisée à l’aide de 72 fumeurs adultes elle a permis aux scientifiques l’ayant conduit d’affirmer que 36,5 % des fumeurs ayant eu à disposition une cigarette électronique de la marque « blu Pro» (ainsi que tous les arômes commercialisés qui vont avec) ont totalement cessé de fumer après 90 jours. La moyenne du nombre de cigarettes consommées quotidiennement est passée de 14,38 à 3,19. Une diminution du nombre moyen de jours par mois pendant lesquels les participants fumaient a été enregistrée, passant de 27,87/30 au départ à 9,22/30 jours après un mois et demi. La majorité des fumeurs ont affiché une réelle préférence pour les e-liquides  aromatisés (fruités, gourmands etc…). Tous les participants ont trouvé que les saveurs utilisées étaient importantes pour les aider à changer ou à réduire leur consommation de tabac,

A la suite de cette étude, 92 % des fumeurs pensaient que la cigarette électronique les avait aidés à réduire leur consommation de tabac, ou à s’en passer complètement. « Cette recherche, bien que financée par un industriel du tabac et limitée à une courte durée d’observation, renforce le rôle positif de la vape dans la lutte contre le tabagisme » résume le site vapingpost.com (Alistair Servet).

Changer de comportement

 « Nos données montrent qu’il est possible de faciliter un changement de comportement significatif de la part des fumeurs en leur donnant accès à des produits de cigarettes électroniques de haute qualité, au moins pour une courte période de temps » résume le Pr McKeganey. Et pour le Dr Grant O’Connell, directeur des affaires générales de Fontem Ventures ces résultats dépassent de loin ceux obtenus avec les traitements substitutifs à la nicotine.

Interrogé par vapingpost.com le Pr Bertrand Dautzenberg a fait ces commentaires :

« Cette étude a été réalisée sur un petit effectif (71 personnes dont 8 perdues en cours de route qui ne sont pas comptabilisées, alors qu’il faudrait les compter comme des échecs (le vrai chiffre à 90 Jours serait donc de 32,4 % et non 37 (63/72).  Il est également bon de savoir que les fumeurs sont payés en plus de se voir offrir le matériel et le remboursement des liquides qu’ils consomment. Les résultats sont donc seulement déclaratifs.

 « Finalement ceci n’apporte rien (« étude exploratoire » » disent les auteurs). Cependant, ses résultats restent plausibles puisqu’un tiers des fumeurs intéressés par la vape que l’on aide un peu ne fument en effet plus à 3 mois.  Une étude bien faite, indépendante de l’industrie du tabac, avec un groupe de contrôle ainsi qu’une vérification de l’abstinence, serait quand même la bienvenue ».

 Pour finir, la question : comment comprendre qu’aucun des organismes publics français en charge de la santé et de la recherche médicale n’ait encore conduit les travaux qui permettraient, en toute indépendance, de trancher ? Comment le justifier ?

A demain

 

Rugby et violences : les obsèques de Louis Fajfrowski, 21 ans – le silence de cinq présidents

Bonjour

Vendredi 17 août 2018. Près de 400 personnes ont, en l’église Saint-Jacques de Fabrègues (Hérault), assisé aux obsèques de Louis Fajfrowski, un jeune rugbyman d’Aurillac (Pro D2) mort vendredi 10 août à l’âge de 21 ans -lors d’un match amical contre Rodez (Férérale 1). Un match d’été, pour le plaisir de s’affûter.

Fabrègues, situé la périphérie de Montpellier, village natal du jeune joueur. Les médias rappellent qu’il est mort à la suite d’un un plaquage thoracique jugé « régulier » par tous les observateurs. Régulier ou pas l’affaire fait grand bruit dans les milieux de l’Ovalie – et bien au-delà. Les médias :

« Vers 14 h 30, la cérémonie religieuse a débuté en présence de la famille et des proches du jeune homme, ainsi que des joueurs des clubs d’Aurillac, de Saint-Jean-de-Védas, le premier club de Fajfrowski, et de Montpellier, parmi lesquels Fulgence Ouedraogo, Kelian Galletier et Yvan Reilhac.

« Bernard Laporte, le président de la Fédération française de rugby, Serge Simon, le vice-président, Mohed Altrad, le président du MHR, de même que Robins Tchale-Watchou, président du syndicat des joueurs de rugby professionnels, et Paul Goze, le président de la Ligue nationale de rugby, étaient également présents. »

Dans un éditorial publié lundi 13 août et titré « La nausée », Midi olympique, dénonce le fait que ce sport soit « de plus en plus destructeur », qu’il mette  « ses propres acteurs en danger à force de collisions à très grande vitesse ».

Pour le Midi Olypique, comme de nombreux amateurs et observateurs il y a désormais urgence : modifier les règles pour réduire les risques de l’affrontement physique, revenir à l’art de l’évitement et augmenter ainsi la beauté de ce jeu incomparable.

La question est désormais ouvertement posée à Bernard Laporte, président de la Fédération française de rugby, au Dr Serge Simon, le vice-président, à Mohed Altrad, président du MHR, à Robins Tchale-Watchou, président du syndicat des joueurs de rugby professionnels. Sans oublier Paul Goze, le président de la Ligue nationale de rugby.

Il y a urgence. Quand parleront-ils ?

A demain

PS On apprend que Bernard Laporte, ancien secrétaire d’Etat chargé des Sports (2007-2009) et actuel président de la Fédération française de rugby (FFR) « interviendra » dans la nouvelle émission de l’humoriste Cyril Hanouna sur C8. Il y « commentera l’actualité ».

« Ancien manager du club de Toulon (2011-2016) Bernard Laporte animait une émission, Direct Laporte, le lundi et le dimanche sur RMC lorsqu’il a été élu président de la FFR fin 2016, rappellent l’AFP et 20 minutes. A contre-coeur, d’autant qu’il s’était engagé à ne pas être rémunéré par la FFR, il avait alors renoncé à cette activité afin d’éviter d’être accusé d’un conflit d’intérêts avec un grand groupe de médias. . La chaîne C8 fait partie du groupe Canal+, diffuseur exclusif du Top 14. »

 

 

 

Yves Lévy, PDG de l’Inserm jette l’éponge : le conflit d’intérêts n’avait que trop duré

Bonjour

Il aura donc fallu attendre plus d’un an. La question avait été publiquement soulevée dans la presse en mai 2017, au lendemain de la nomimation d’Agnès Buzyn au poste de ministre des Solidarité et de la santé. « Peut-on être la ministre de tutelle de… son mari ? » demandait, jésuitiquement, La Croix (Pierre Bienvault).

« La question se pose de manière très concrète depuis l’entrée au gouvernement d’Agnès Buzyn, nommée au portefeuille des Solidarités et de la Santé. En effet, elle est aussi mariée au Pr Yves Lévy, président-directeur général de l’Institut national de la santé et la recherche médicale (Inserm). Or, cet important organisme public est placé sous la double tutelle du ministère de la Recherche et de la Santé. Bref, le Pr Lévy est désormais sous la tutelle de sa femme, ce qui n’est pas sans poser un problème à un moment où la prévention des conflits d’intérêts des ministres est une priorité affichée par le président de la République. »

Agnès Buzyn, hier encore présidente du Collège de la Haute Autorité de santé (HAS) affirmait alors que la question serait vite réglée. Elle ajoutait aussi que son mari sera maintenu dans ses fonctions.  « Le problème est clairement identifié et va être traité. Il appartient maintenant au secrétariat général de l’Elysée d’examiner quelle est la modalité juridique la plus adaptée. Mais une chose est certaine : Mme Buzyn n’aura pas à prendre de décisions concernant l’Inserm » déclarait à La Croix le cabinet de la nouvelle ministre.

Solution bigrement bancale

Régler sans larmes ce conflit d’intérêts ? On pouvait imaginer le « déport systématique » – une procédure prévue par la loi du 29 décembre 2011 de renforcement de sécurité sanitaire (gouvernement Fillon) et qui permet de sauver les apparences pour ne pas être à la fois juge et partie. Difficile. « Pour un ministre de la Santé, l’Inserm n’est pas un domaine occasionnel, mais un sujet d’activité quasi quotidien » observait Le Monde (François Béguin, Paul Benkimoun).

Une piste, selon La Croix : un décret du 16 janvier 2014 relatif à la prévention des conflits d’intérêts dans l’exercice des fonctions ministérielles. Un ministre estimant se trouver en situation de conflit doit en informer par écrit le Premier ministre en « précisant la teneur des questions pour lesquelles il estime ne pas devoir exercer ses attributions ». Un décret détermine alors les attributions que le Premier ministre exerce en lieu et place du ministre intéressé. Édouard Philippe exercerait alors la cotutelle de l’Inserm avec le ministre de la recherche.

Ce fut la solution, légale mais bigrement bancale, qui fut alors retenue. Puis le problème fut de nouveau posé, cette année, avec le processus de désignation du nouveau PDG de l’Inserm. M. Lévy allait-il demander à prendre la succession de lui-même pour un nouveau mandat de quatre ans le conduisant à la fin du quinquennat ?

« Yves Lévy, qui a tenté de se faire renommer discrètement, devra passer devant une commission s’il veut se succéder à lui-même en juin, expliquait, en avril dernier Anne-Sophie Mercier dans Le Canard Enchaîné. Une façon de le dissuader, sans doute, alors que sa femme pèse de tout son poids, selon certains, en faveur de sa reconduction. » Qui l’emporterait ? Des rumeurs donnaient Agnès Buzyn perdante.

Les rumeurs ont gagné et le Palais de l’Elysée vient de trancher. M. Lévy « reste en charge de l’intérim à la tête de l’Inserm » viennent de faire savoir, dans un communiqué les services du Premier ministre. Ajoutant un savoureux : « le processus de recrutement du PDG de l’Inserm sera relancé dans les prochaines semaines ».

Autres fonctions

« Ce processus avait pourtant déjà commencé, puisque des candidats avaient été entendus le 21 juin à huis clos par une commission ad hoc » précise l’AFP. Qui traduit : le Pr Yves Lévy, mari de la ministre de la Santé Agnès Buzyn, a retiré sa candidature pour un nouveau mandat à la tête de l’Inserm, organisme public de recherche médicale. L’Inserm indique dans un communiqué que M. Lévy avait « adressé ce jour à l’ensemble des personnels de l’Inserm un message expliquant sa décision ». Message encore tenu secret.

La suite est sans surprise, qui enfonce toutefois le clou. « Le gouvernement prend acte » de sa décision « de retirer sa candidature à un renouvellement à la présidence de l’Inserm ». Le gouvernement rappelle que « l’ensemble des procédures permettant d’éviter tout conflit d’intérêt entre l’Inserm et la ministre des Solidarités et de la Santé ont été mises en oeuvre de façon continue depuis mai 2017 ».

Les noms des candidats à la succession de M. Lévy n’ont pas été révélés et ce « conformément à la réglementation, pour permettre d’attirer les meilleurs postulants » (sic). Seuls deux ont choisi de rendre publique leur candidature : Jessica Zucman-Rossi (Inserm, université Paris-Descartes) et Philippe Froguel (CNRS, université de Lille et Imperial College de Londres).

Quant aux services du Premier ministre, ils précisent que M. Lévy, 60 ans, « sera prochainement appelé à d’autres fonctions ». Qui en aurait douté ?

A demain

Conflits d’intérêts :  le Comité national d’éthique est publiquement accusé de partialité

Bonjour

Il faudra, mardi 5 juin 2018, être à la Maison de la Chimie, à Paris. Objet : découvrir le « rapport de synthèse » des États Généraux de la Bioéthique qui, alors, sera présenté à la presse par des membres du Comité consultatif national d’éthique. Peu après des membres du « Comité Citoyen » présenteront les « Opinions » émises par ce dernier.

S’ils ont lu, sous la plume du biologiste Jacques Testart et de la juriste Marie-Angèle Hermitte la tribune publiée il y a peu dans Le Figaro les journalistes présents pourront poser quelques questions piquantes : les deux auteurs  s’interrogent, avec pertinence, sur « la fiabilité et l’intérêt » des consultations organisées dans le cadre de ces États Généraux. Ils reprochent en substance au CCNE d’être à la fois juge et partie. Une accusation d’une paticulière gravité quand il vise cette institution généralement tenue, dans les médias, pour être au-dessus de tout soupçon. Résumons leur propos qui, déjà, jette le trouble sur la qualité du programme annoncé.

Quoi de plus beau, en théorie, que la « démocratie participative » ? De plus séduisant que la révision, à échéances démocratiquement fixées, du texte de loi qui encadre les pratiques ayant à voir avec la « morale en marche » ? C’est dans ce cadre que la loi de 2011 relative à la bioéthique fut à l’origine « Etats Généraux » qui, sept ans plus tard, viennent de s’achever. Des « Etats Généraux » modestement intitulés : « Quel monde voulons-nous pour demain ? ».

« L’entre-soi »

On lira, dans Le Figaro, les chapitres du réquisitoire signé Testart – Hermitte. Avec d’emblée cette question qui, une nouvelle fois, nous ramène à celle, consanguine et anti-démocratique de « l’entre-soi ». Ou, si l’on veut, du novlangue d’Orwell. Décrypter, en somme, les dysfonctionnements et les maquillages inhérents au « web », aux « débats publics » et autres « auditions ». Ne pas se laisser berner par les chiffres (« 29 000 personnes ont participé à une discussion sur le web et posté 64 985 ‘’contributions’’ », « 250 débats en région », « autour de 150 auditions » etc.). Hermitte et Testart :

« Les données recueillies seront en général pauvres en termes d’innovation de choix politiques du fait de l’absence de temps de délibération collective et de confrontations créatrices. Une fois obtenues, qu’en faire? La loi de 2011 a prévu un «rapport de synthèse», exercice difficile, et a eu tort de le confier au CCNE qui, commanditaire de l’exercice, ne doit pas être à la manette pour les conclusions. Il ne saurait malgré ses efforts être «objectif», ayant déjà rendu des avis sur la plupart des thèmes abordés.

«  Des doutes sur la validité et l’honnêteté du processus sont vite apparus, même s’ils ont été exprimés de manière sommaire. Certains journalistes ont pointé la mobilisation de la «Manif pour tous» accaparant les débats publics pour s’opposer à l’ouverture de la PMA à toutes les femmes ; mais ils ont oublié de mentionner la mobilisation des pro-PMA et GPA, sur Internet, dans les médias et dans les auditions. »

Faut-il rappeler, comme nous l’avions fait il y a peu sur ce blog, que Didier Sicard, ancien président de CCNE, s’est inquiété de la diabolisation dont sont victimes les opposants à cette ouverture de la loi, traités de «réacs, d’obscurantistes ou désignés comme croyants… accusés de mépris envers les couples homosexuels ou les femmes célibataires ».

Le passage fort du réquisitoire signé Hermitte-Testart :

« Lorsque le CCNE remettra le 4 juin son rapport de synthèse à l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et techniques (OPCEST), lequel préparera la discussion parlementaire, les groupes d’intérêts institutionnels auront été largement représentés et vont presque tous dans le même sens: ouverture des recherches sur l’embryon ; sélection élargie des embryons in vitro dans un contexte où le transhumanisme a le vent en poupe ; AMP hors stérilité ; indifférence à la manière dont sera gérée la pénurie du sperme, avec possibilité d’ouverture à la rémunération des donneurs (et ensuite au don du sang, des organes?). Les mêmes acteurs, et d’autres, prônent l’ouverture de l’AMP aux femmes seules, ce qui prive l’enfant non seulement d’un père mais d’une lignée entière, alors que l’ouverture aux couples de femmes, déjà problématique, donne au moins deux lignées parentales à l’enfant. »

Ne retenir qu’une seule phrase ? Celle-ci : « Le principe cardinal d’indisponibilité des éléments du corps humain est de plus en plus écarté au profit du désir des personnes mais aussi de la possibilité de vendre ou louer ces éléments ».

Il faudra, mardi 5 juin 2018, être à la Maison de la Chimie, à Paris. 14 heures.

 

A demain

 

Christine Angot et «On n’est pas couchés» sont attaqués par la Société des soins palliatifs

 

Bonjour

C’est une polémique naissante et sans précédent. Dans un communiqué de presse non dénué de virulence,  la Société Française d’Accompagnement et de Soins Palliatifs (SFAP) 1 réagit avec virulence après avoir visionné deux émissions télévisées diffusées par deux chaînes publiques.

1 Le 23 mai 2018, l‘émission « Le monde en face » (France 5) a diffusé dans des conditions préoccupantes un reportage, intitulé « Fin de vie, le dernier exil », suivi d’un débat. animé par Marina Carrère d’Encausse – elle-même publiquement favorable à l’euthanasie affirme la SFAP. Ce débat opposait  trois personnes favorables au suicide assisté à un cadre de santé en unité de soins palliatifs, adhérent de la SFAP. « Non seulement le débat était fortement orienté, les propos de ce dernier étaient les seuls à être remis en cause – de façon systématique – mais, en cours de débat, l’animatrice est allée jusqu’à indiquer se faire « le porte-parole » de ces trois intervenants » peut-on lire dans ce communiqué.

« En outre, au cours du reportage, comme du débat qui s’en est suivi, un médecin et deux soignantes ont affirmé face caméra pratiquer régulièrement, en France, des suicides assistés alors même que cette pratique est illégale, ajoute la SFAP. Il est stupéfiant que l’on puisse revendiquer la pratique d’activités illégales impliquant la mort de personnes et parfaitement inadmissible que ces pratiques illégales soient présentées sous un jour favorable, de surcroît sur une chaîne du service public. »

2 Le 21 avril 2018, dans l’émission « On n’est pas couchés » (France 2), l’écrivaine Christine Angot « a tenu des propos gravement diffamatoires à l’encontre des bénévoles en soins palliatifs ».

Pour la SFAP il n’est tout simplement pas acceptable que les solutions de pointe développées en France à travers les soins palliatifs soient pratiquement ignorées – « quand ses acteurs ne sont pas tout simplement dénigrés voire mis en accusation, alors qu’ils consacrent leurs vies à soulager les souffrances des patients ».

On sait que le débat, en France, est sans cesse médiatiquement relancé quant à une éventuelle légalisation de l’injection létale et du suicide assisté. Audiences assurées. « C’est un débat citoyen crucial qui met en jeu la vie et la mort de chacun. Un tel débat ne peut se tenir valablement sans que soit respecté un minimum d’impartialité et de pluralisme » rappelle, fort justement la SFAP. C’est pourquoi elle « saisira le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel afin qu’il statue sur cette situation ».

Soyons clairs : aucune illusion à avoir quant à l’action à venir d’on ne sait quel CSA… Pour autant est-il, véritablement, impossible d’espérer entendre, sur un tel sujet, une autre voix : celle d’un service public qui, loin d’attiser les passions, aiderait  équitablement le citoyen à se forger une opinion grâce aux deniers de la collectivité ? L’avenir télévisuel français se réduit-il, désormais, à « On n’est pas couchés » ?

A demain
1 Créée en 1990, la Société Française d’Accompagnement et de Soins Palliatifs  est une association reconnue d’utilité publique qui fédère 10.000 soignants et 6.000 bénévoles engagés dans les soins palliatifs. Elle rassemble environ 350 associations françaises d’accompagnement.