Affaire des prothèses/implants mammaires: l’Agence du médicament va-elle oser interdire ?

Bonjour

Suite d’une vieille affaire qui vient de retrouver le devant de la scène médiatique  française : celle des prothèses/implants mammaires. Le 7 février l’Agence nationale de sécurité des médicaments et des produits de santé (ANSM) réunissait un comité de huit expertes 1 « chargé d’émettre un avis sur la place et l’utilisation des implants mammaires texturés en chirurgie esthétique et reconstructrice ». Dès le lendemain l’ANSM publiait les conclusions de ce comité :

« Conclusions du CSST « Consultation publique sur la place et l’utilisation des implants mammaires texturés en chirurgie esthétique et reconstructrice » (Séances des 7 et 8 février 2019)

« La pose d’implants mammaires texturés induit un certain nombre de risques connus et décrits, parmi lesquels le lymphome anaplasique à grandes cellules lié aux implants mammaires (LAGC-AIM).

Dans le cadre de la chirurgie reconstructrice, l’utilisation des implants texturés n’est pas indispensable mais demeure indiquée dans un certain nombre de situations dans lesquelles la texture de l’implant constitue un bénéfice avéré (en termes de forme anatomique, de stabilité, d’expansion tissulaire et de réduction du risque de la capsulite rétractile).

Dans le cadre de la chirurgie esthétique, l’utilisation des implants texturés n’est pas indispensable mais peut rester une option parmi d’autres dans un certain nombre de situations dans lesquelles la texture de l’implant constitue un bénéfice avéré (en termes de stabilité, d’expansion tissulaire et de réduction du risque de la capsulite rétractile).

« Dans le contexte de la recommandation faite par l’ANSM d’utiliser préférentiellement des implants lisses et compte tenu des doutes émis par les professionnels de santé, il convient d’interdire le recours à la texture Biocell d’Allergan. La plus grande prudence doit être réservée aux implants mammaires de textures équivalentes et aux implants polyuréthane. Le comité ne recommande toutefois pas d’explantation préventive de ces implants texturés.(…)

« Il convient que le registre national des implants mammaires dont la création vient d’être approuvée voit le jour rapidement. »

Et maintenant ? Sur la base de cet avis, l’ANSM prendra une décision dans les prochaines semaines sur l’utilisation des implants mammaires à enveloppe texturée en chirurgie esthétique et reconstructrice ».

Avoir les connaissances suffisantes

« Fin novembre 2018, l’ANSM avait recommandé aux professionnels de suspendre l’utilisation de ces implants. « C’était quelques jours avant la publication des « Implant Files », une enquête du Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ), à laquelle Le Monde a participé »  rappelle Le Monde (Stéphane Horel)qui rapporte plusieurs détails asssez troublants, pour ne pas écrire édifiants, de la consultation publique de l’ANSM retransmise en direct (et toujours visible) sur la chaine YouTube de l’ANSM :

« (…) La première matinée a aussi été marquée par les manœuvres des fabricants. L’ANSM avait posé des règles claires : les représentants des firmes pouvaient être présents mais seules les organisations du secteur avaient le droit d’être auditionnées. Se présentant comme ‘’directrice médicale pour Allergan », Nathalie Mesnard a affirmé être là « en tant que représentante du groupe Snitem [Syndicat national de l’industrie des technologies médicales]’’. ‘’Elle n’appartient pas au Snitem’’, a assuré l’organisation, jointe au téléphone par Le Monde.

« Le syndicat des industriels allemands, BVMeD, a lui tenté de revenir sur cette règle au cours des auditions. Sa représentante s’est fait sèchement rappeler à l’ordre par l’ANSM, et l’employé du fabricant allemand Polytech a été contraint au silence. Son message : l’interdiction des « texturés » et l’angoisse qu’elle susciterait ‘’doubleraient le risque de réopération’’.

« Au cours de l’après-midi, réservée à la parole des patientes, la question du LAGC est devenue presque secondaire. Dans un silence bouleversé, douze femmes en colère ont livré le récit de leur calvaire. Reconstruction après un cancer ou intervention esthétique, elles avaient toutes en commun d’avoir manqué d’informations sur les risques encourus (…) 

« Vendredi, c’était le tour des chirurgiens esthétiques et de leurs sociétés savantes, sponsorisées par les fabricants. Cette fois, à l’exception d’une chirurgienne, la salle était remplie d’hommes. D’emblée, la compétence du comité d’expertes a été questionnée. ‘’Je m’interroge sur la commission qu’il y a en face de moi’’, les a défiées Bruno Alfandari, chirurgien à Bordeaux, les invitant à se demander, le moment venu, si elles possédaient ‘’les connaissances suffisantes’’ pour avoir une opinion. »

Qui, ici, possède les connaissances suffisantes ? On attend désormais, avec le plus grand intérêt, la décision de l’ANSM.

A demain

@jynau

1 Mmes BERGERET-GALLEY (Catherine), BRUANT-RODIER (Catherine), DE BIAIS (Dominique), FASSE (Leonor),  MANIGHETTT VIVES (Joëlle), MATHELIN (Carole), PERRET DU CRAY (Christine) et SALLE (Muriel) en qualité de présidente.

 

 

 

Pédophilie au sein du clergé et célibat perpétuel des prêtres imposé par le pape François

Bonjour

Une nouvelle fois le pape passe à confesse entre Ciel et Terre. Dimanche 27 janvier, lors de la conférence de presse tenue dans l’avion qui le ramenait de Panama François a parlé. Et l’AFP était là. « A un mois de l’organisation de la réunion mondiale sur ’la protection des mineurs’’ au Vatican, le pape  s’est montré plutôt lucide sur son issu. Lucide ou fataliste ?  Il estime que cette réunion suscite des attentes « surdimensionnées » – et ce alors même que la pédophilie est « problème humain qui est partout ». Pour autant, heureusement, tout n’est pas perdu :

« Il faut redimensionner cette attente, parce que, je le dis, le problème des abus continuera.Il faut résoudre le problème dans l’Eglise, mais, en résolvant le problème dans l’Eglise par une prise de conscience, nous contribuerons à le résoudre dans la société, dans les familles, où la honte fait que l’on couvre tout. »

Officiellement, dans le jargon traditionnel, la réunion des présidents des conférences épiscopales convoquée fin février par le pape a pour ambition d’élaborer « des protocoles pour aller de l’avant », une sorte de « catéchèse » sur ce thème d’une particulière gravité et d’une grande ampleur. C’est que, confie le pape, « parfois les évêques ne savent pas quoi faire ». A eux de « prendre conscience du drame » car, assure par ailleurs le Souverain Pontife, « la souffrance est terrible ».

Une interdiction millénaire

Et puis l’immanquable corollaire. Interrogé sur un possible assouplissement des règles sur le célibat des prêtres, le pape François a clairement rejeté fermement toute remise en cause générale de cette pratique en vigueur dans le catholicisme romain. « Personnellement, je pense que le célibat est un don pour l’Eglise. Deuxièmement, je ne suis pas d’accord pour permettre que le célibat soit optionnel. Non », a déclaré le pape. Et puis, néanmoins, une brèche dans cette muraille théologique.  Il a, nous dit l’AFP, néanmoins envisagé « quelques possibilités pour des endroits très reculés » comme les îles du Pacifique ou l’Amazonie (sic), quand « il y a une nécessité pastorale ». « C’est une chose en discussion avec les théologiens, ce n’est pas ma décision ».

 On sait que le rite romain, observé par l’immense majorité des catholiques, rejette complètement cette possibilité depuis le XIe siècle (et ce alors même qu’auparavant les prêtres ont, pendant des siècles)  pu être mariés. « Les textes bibliques indiquent d’ailleurs que l’apôtre Pierre, dont le pape est officiellement le successeur, avait une belle-mère » observe l’AFP.

En mars 2017, le pape François avait publiquement annoncé « réfléchir » à la possibilité d’ordonner des  viri probati – des hommes mariés d’âge mûr impliqués dans l’Eglise –, excluant donc cette ouverture pour les jeunes hommes, et bien sûr les femmes. L’hypothèse de ces ordinations sera à l’ordre du jour du prochain synode en octobre dédié à l’Amazonie, immense territoire latino-américain souffrant d’un manque de prêtres autochtones.

Réduction des risques

Mais le pape argentin a, dans son avion, confirmé son rejet de la fin du célibat – et ce en citant une phrase de son prédécesseur Paul VI (« Je préfère donner ma vie que de changer la loi du célibat »). Il y a quelques mois, une proposition de l’épiscopat belge de permettre à certains jeunes hommes mariés de devenir prêtres n’a eu aucune suite. Quant à l’Eglise catholique allemande, elle prie pour une discussion en son sein sur le célibat – et ce non pas en raison de la crise des vocations, mais bien après la révélation d’agressions sexuelles sur des milliers d’enfants pendant des décennies.

Et l’AFP de signaler qu’un récent rapport commandé par l’Eglise allemande sur ces sévices sexuels commis par des membres du clergé (entre 1946 et 2014) a identifié le « célibat des prêtres » comme l’une des possibles causes (indirectes) de ces agressions. Où l’on regrette de ne pas connaître la bibliographie des travaux médicaux et scientifiques, épidémiologiques et théologiques qui, sans nul doute, ont, depuis un millénaire, dû être menés sur un sujet d’une telle gravité. Un sujet désormais indissociable d’une politique de réduction des risques.

A demain

@jynau

 

 

 

Réduction des risques routiers : face aux anti-80km/h, Edouard Philippe va-t-il rétrograder ?

Bonjour

Voilà un parfait exemple de conflit d’intérêts dans le champ de la réduction (politique) des risques. Un cas d’école. La démonstration éclairante, en l’occurrence, des divergences entre Emmanuel Macron président de la République et son Premier ministre Edouard Philippe. On en rirait si le sujet n’était dramatique.

« Il n’y a jamais eu aussi peu de morts sur les routes françaises. » L’Agence France Presse rapporte que le Premier ministre a, ce lundi 28 janvier, annoncé une baisse « historique » du nombre de tués sur les routes en 2018. Edouard Philippe s’est rendu à Coubert (Seine-et-Marne). Il a précisé que 3 259 personnes étaient mortes sur les routes de la France métropolitaine en 2018, soit 189 de moins qu’en 2017. Ce chiffre était de 16 545 en 1972, pic « historique » suivi d’une lente décroissance, passant sous la barre des 10 000 en 1991 puis des 5000 en 2006.

Edouard Philippe s’est dit « fier de ces chiffres historiques » – la France restait sur trois années successives de hausse entre 2014 et 2016 (phénomène inédit depuis 1972)  puis une quasi-stagnation en 2017 avec 3 448 morts. Et le Premier ministre d’ajouter que 116 vies ont été statistiquement « épargnées » sur les routes secondaires où la circulation automobile a été limitées à 80 km/h. On sait que c’est Edouard Philippe qui s’est presonnelement engagé en faveur de cette décision politique de réduction des risques/vitesse 1.

Le dogme de l’intelligence

Plus précisément c’est dans cette même petite commune de Coubert que, le 11 décembre 2017, il s’était dit favorable « à titre personnel » à l’abaissement de 90 km/h à 80 km/h de la vitesse maximale autorisée sur certaines routes nationales et départementales. Un mois plus tard, il annonçait que cette mesure entrerait en vigueur au 1er juillet 2018 sur 400 000 kilomètres concernés (routes secondaires à double sens sans séparateur central) déclenchant alors une fronde d’automobilistes et de motards. Sans oublier les indignations politiciennes d’élus et de ministres tels que Gérard Collomb ou Jacques Mézard.

Puis la grogne contestataire redoubla d’intensité en fin d’année avec le mouvement des Gilets Jaunes et la dégradation/destruction sauvage de 60% desradars routiers (source : ministère de l’Intérieur).    Six mois après l’entrée en vigueur de la mesure Edouard Philippe peut-il publiquement se réjouir/féliciter de ces résultats « historiques » ? Ce serait compter sans la contestation de ces chiffres par les plus radicalisés sur le sujet.  « La mortalité routière était déjà largement orientée à la baisse une année avant l’entrée en vigueur des 80 km/h. (…) La mise en œuvre de cette nouvelle limitation n’a eu aucun impact sur la réduction du nombre de morts sur nos routes », soutient ainsi l’association 40 millions d’automobilistes.

Que va faire, dès lors, le pouvoir exécutif ? On sait qu’Emmanuel Macron n’a jamais apporté de soutien à la mesure, laissant sans gloire son Premier ministre la défendre. Avant d’amorcer « un premier pas en arrière » le 15 janvier dernier en ouvrant la porte à des aménagements au niveau local. « Il faut ensemble que l’on trouve une manière plus intelligente de le mettre en œuvre. Il n’y a pas de dogme », a-t-il lancé aux six cents maires rassemblés dans l’Eure pour le Grand Débat National. Un dossier qui, selon lui, « fait partie du débat ».

Le citoyen devrait-il désormais toujours se méfier quand on lui annonce qu’il faut trouver des manière plus « intelligentes » d’avancer ? En l’espèce il s’agirait, malheureusement, de rétrograder.

A demain

@jynau

1 On notera aussi que parmi tous les médias généralistes français Le Monde est l’un des rares à avoir pleinement soutenu cette mesure, poursuivant en cela un combat mené depuis plus d’un quart de siècle au nom de la réduction des risques et de la santé publique.

« Nous l’avons écrit ici même il y a un an et n’avons pas changé d’avis : l’abaissement de 90 km/h à 80 km/h de la vitesse maximale autorisée sur les routes secondaires de France et de Navarre est une mesure de bon sens et de salubrité publique. Elle prolonge et complète toute une panoplie de décisions – ceinture obligatoire pour les automobilistes et casque pour les motards, contrôle d’alcoolémie, permis à points, radars automatiques – qui ont permis en quarante ans de réduire de 16 000 à quelque 3 500 le nombre des tués chaque année sur les routes. Et il est incontestable que la vitesse est l’une des causes principales de cet absurde fléau : au-delà des drames humains qu’il provoque (aux morts s’ajoutent dix fois plus de blessés), le coût financier de l’insécurité routière s’élève à environ 50 milliards d’euros par an (…) » Le Monde. Editorial du 18 janvier 2019

Vaccination: quelle sanction pour un homéopathe signant un faux certificat de contre-indication ?

Bonjour

C’est une histoire pour le Grand Débat National. Un fait divers édifiant, au croisement du médical et du politique.

Un médecin homéopathe exerçant à Angers vient d’être condamné par le Conseil départemental du Maine-et-Loire de l’Ordre des médecins – information rapportée par Le Parisien. Il était reproché au Dr François Beaudoin d’avoir, en février 2017, délivré un «certificat de complaisance» de «contre-indication» à la vaccination. Ce certificat avait été signé à la demande des parents, pour que leur enfant de deux ans puisse être admis à la crèche. On peut voir là une conséquence directe des nouvelles obligations vaccinales voulues et imposées par le gouvernement 1.

« Le certificat a été découvert par un médecin du CHU d’Angers, où était prise en charge la petite sœur de l’enfant, expliqua Le Figaro. Cette dernière, née prématurément, avait contracté la coqueluche par l’intermédiaire de l’enfant qui n’était pas vacciné. La coqueluche fait en effet partie des onze maladies contre lesquelles les parents ont l’obligation de faire vacciner leurs enfants nés depuis le 1er janvier 2018. Le médecin du CHU a alors signalé ce manquement auprès du conseil de l’Ordre. »

Le médecin homéopathe, âgé de 65 ans, a expliqué avoir été «poussé» par les parents à délivrer le certificat, et a précisé qu’il signait «en général peu de certificats de ce type». Il n’avait jusqu’alors jamais été sanctionné pour de tels actes. Pour se défendre il a fait valoir «le problème de la très difficile gestion des parents hostiles à la vaccination précoce de leurs enfants». La mère du petit garçon aurait ainsi expliqué que son enfant était sujet à des otites et des poussées d’eczéma pour convaincre le médecin de ne pas le vacciner.

La chambre disciplinaire du conseil de l’Ordre a quant à elle estimé que ce confrère avait «fait courir un risque injustifié à l’enfant et à son entourage» et qu’il avait «manqué à son obligation déontologique de vigilance sanitaire».  «Aujourd’hui, un médecin ne peut s’opposer à la vaccination sans motif prouvé scientifiquement», a rappelé le Dr Charles Rouessé, membre du conseil de l’Ordre du Maine-et-Loire.

Le Quotidien du Médecin (Martin Dumas Primbault) ajoute que l’institution ordinale s’est saisie de cette affaire pour alerter la profession sur les dangers des certificats de « complaisance » en matière vaccinale.  Après le premier signalement, le conseil du Maine-et-Loire avait adressé un premier courriel à tous les généralistes et pédiatres du département pour leur rappeler, certes, leur droit de faire appel à leur clause de conscience pour refuser de vacciner un enfant, mais à condition seulement de transférer le patient vers un confrère.

Chasse aux sorcières

Mais au vu de l’ampleur médiatique prise par cette affaire, l’Ordre a jugé nécessaire d’adresser une mise en garde à tous les directeurs de crèche l’information suivante :

« Le conseil de l’Ordre lutte contre les certificats de complaisance de contre-indication médicale à la vaccination. Ainsi, en cas de certificat médical de contre-indication à la vaccination pour un enfant accueilli dans votre Etablissement d’accueil des jeunes enfants, il est nécessaire d’en informer le médecin de votre structure ou, à défaut, le médecin de PMI de votre secteur pour suites à donner. »

 « Il faut battre en brèche le refus de la vaccination, a déclaré au Quotidien le Dr Luc Fouché, président du conseil de l’Ordre du Maine-et-Loire et généraliste à Seiches-sur-le-Loir.C’est notre conviction générale !  Le médecin peut avoir ses convictions mais il doit respecter la loi. » Selon lui les praticiens délivrant des certificats de contre-indication à la vaccination doivent se protéger. « Le certificat d’un généraliste seul ne suffit pas, il faut s’entourer d’un service hospitalier d’allergologie, d’immunologie ou de pédiatrie pour prouver qu’il y a une contre-indication, souligne-t-il. Nous ne menons pas une chasse aux sorcières, mais les médecins doivent prendre conscience de leurs actes. »

A Angers le praticien fautif a été condamné six mois d’interdiction d’exercer dont quatre avec sursis. Une peine qui devra être exécutée à compter du 1er mars.

A demain

@jynau

1 Information officielle destinée aux parents:

« Pour que votre enfant soit admis en crèche ou dans les autres collectivités d’enfants (école, centre de loisirs, colonie, garde par une assistante maternelle…), vous devez présenter les pages vaccination du carnet de santé (fournir une photocopie) ou un document signé par un professionnel de santé autorisé à pratiquer les vaccinations et attestant de la réalisation des vaccinations obligatoires en fonction de l’âge de votre enfant.

 Si l’enfant n’est pas à jour de ses vaccinations obligatoires, seule une admission provisoire est possible en crèche, chez une assistante maternelle ou à l’école. Les parents ont alors trois mois pour régulariser la situation en fonction du calendrier des vaccinations. Si les vaccinations ne sont pas pratiquées dans ce délai, l’enfant ne pourra pas être maintenu en collectivité.

 Pour les enfants nés avant le 1er janvier 2018, seules les vaccinations contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite sont exigées pour leur entrée en collectivité. Toutefois, toutes les autres vaccinations du calendrier vaccinal sont indispensables pour protéger ces enfants des maladies infectieuses évitables par la vaccination. Pour en savoir plus consulter le site vaccination-info-service »

Alcools et whiskies : le ministre de l’Agriculture lutte contre l’alcoolisme et l’addictologie

Bonjour

De Carybde fermentée en Scylla distillée. Didier Guillaume, 59 ans, n’est plus un novice. Et pourtant. Ancien agent du Trésor Public, longtemps élu socialiste il annonça son abandon de la politique. Puis en abandonna l’idée. Il est aujourd’hui le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation d’Emmanuel Macron.

Il y a quelques jours M Guillaume faisait parler de lui. Contre l’évidence sanitaire et œnologique il affirmait sur BFMTV-RMC, que le vin n’était pas « un alcool comme un autre ».

« Le vin n’est pas un alcool comme un autre. (…) L’addiction à l’alcool est dramatique, et notamment dans la jeunesse, avec le phénomène du “binge drinking. Mais je n’ai jamais vu un jeune qui sort de boîte de nuit et qui est saoul parce qu’il a bu du côtes-du-rhône, du crozes-hermitage, du bordeaux, jamais. Ils boivent des mélanges, de l’alcool fort. »

Où l’on retrouvait les immortels clichés opposant, en lieu et place des alcoolémies, des ivresses, de leurs fréquences et des symptômes de la dépendance, des alcools qui seraient « forts » quand d’autres seraient « doux ».

Un ministre non recadrable

Une semaine plus tard M. Guillaume persiste et, dans la plus grande confusion, signe de son nom. Invité de la matinale d’Europe 1, mercredi 23 janvier, il a déclaré (6’): « une molécule de vin et une molécule de whisky ont le même degré d’alcool, sauf que moi je ne bois pas des molécules, je bois des verres. » Et surtout ne pas parler de « se saouler ».

Les premiers propos du ministre lui avait valu une sèche réplique de sa collègue Agnès Buzyn. « Le vin fait partie de notre patrimoine, avait-elle concédé sur France info, avant de souligner le caractère identique des molécules d’alcool éthylique présentes dans le côtes-du-rhône, dans les apéritifs anisés et toutes les autres boissons alcoolisées.

Pour autant, Didier Guillaume assure être sur la même ligne que le reste du gouvernement. « Je ne suis pas recadrable, moi, s’est-il agacé à l’adresse de Mme Buzyn. Il n’y a pas de débat, la position du gouvernement est de lutter contre l’alcoolisme. Il y a une grand plan de lutte contre l’alcoolisme qui a lieu. La filière viticole en fait partie, travaille avec le ministère de l’Agriculture et de la Santé. »

Et puis ce formidable lapsus ministériel (réitéré) : « Je veux lutter contre l’alcoolisme et lutter contre l’addictologie ». On attend l’interprétation d’Agnès Buzyn.

A demain

@jynau

 

 

Le médecin qui cachait aux médias l’argent touché de Big Pharma – et ce qui lui arriva

Bonjour

Une grande première française. Ethique, Déontologique. Juridique. Médiatique. Financière. C’est aussi « une sanction disciplinaire lourde de symbole » estime Le Quotidien du Médecin (Loan Tranthimy). Reste à connaître le poids exact du symbole quand la section est un « avertissement ».

C’est l’histoire du Dr Robert Cohen, spécialiste de pédiatrie à Saint-Maur (Val-de-Marne) par ailleurs habitué des médias généralistes. Il était interrogé, début 2017, sur les nouvelles obligations vaccinales – et, plus précisément, s’exprimait le 9 février sur deux radios nationales (France Info puis RTL- première radio de France).

C’est aussi l’histoire de l’association E3M (Entraide aux malades de myofasciite à macrophages) qui milite (très) activement pour la mise à disposition de vaccins sans adjuvants aluminiques. De ces deux histoires croisées émergea  bientôt une action devant la juridiction ordinale. Où l’on voit E3M reprocher au Dr Cohen non seulement ses convictions vaccinales, mais aussi -et en l’espèce surtout –  d’avoir omis de déclarer oralement ses liens d’intérêts avec la Big Pharma vaccinale (Pfizer, GSK, Sanofi Pasteur MSD et Novartis).

Horloges et symboles

Le Dr Cohen s’est défendu, faisant notamment valoir qu’il n’avait « jamais entendu personne déclarer de tels liens dans les domaines médicaux ou autres » sur les ondes médiatiques – en particulier dans le cadre de formats aussi courts. Sur ce strict point auditif le Dr Cohen n’a pas tort. Ce qui rajoute paradoxalement à la portée future  de sa condamnation. Car ce pédiatre  médiatique vient, bel et bien, d’être condamné par son Ordre. Tout est rapporté ici. Extraits :

« Le Dr Robert Cohen, pédiatre et membre du réseau Infovac 1, intervient régulièrement dans les médias au sujet de la vaccination. Début 2017, à l’occasion des débats autour de l’extension de l’obligation vaccinale, il a tenu des propos contestés par l’association E3M, notamment sur la question de l’aluminium vaccinal. De plus, il n’a pas déclaré ses liens d’intérêts avec l’industrie pharmaceutique, alors que la loi l’y oblige (articles L. 4113-13 et R 4113-110 du Code de santé publique). Pour ces raisons, l’association E3M a déposé plainte auprès de l’Ordre des médecins en février 2017 (lire les arguments) (…)

« Les sommes en jeu sont conséquentes : entre 2012 et 2018, le Dr Cohen a reçu 57 730€ à titre personnel (sans compter les soixante contrats sans montants déclarés), et 748 520 € pour l’association ACTIV qu’il a créée et dont il est le directeur scientifique (sans compter les quatorze contrats sans montants déclarés). Voir cette note pour plus d’informations. »

Après avoir pris connaissance des arguments développés par les parties, la Chambre disciplinaire de l’Ordre des médecins d’Île-de-France par un avertissement. Elle reconnaît ses liens d’intérêts « patents » avec les fabricants de vaccins Pfizer, GSK, Sanofi Pasteur MSD et Novartis.

Mais encore ? On rappellera que la loi française dispose que les médecins sont désormais « tenus de faire connaître » leurs liens d’intérêts au public, y compris (pour ne pas dire surtout) lorsqu’ils s’expriment « dans la presse écrite ou audiovisuelle ou par toute publication écrite ou en ligne ».

Un « avertissement » ? Bigre ! Une grande première française ?  Médiatique. Ethique, Déontologique. Juridique. Financière. « Une sanction disciplinaire lourde de symbole ». Certes. Mais  une question : qui, dans une France désormais privée de son auto-proclamé maître des horloges, possède la clef de la véritable balance des symboles ?

A demain

1« InfoVac-France » se présente comme une « ligne directe d’information et de consultation sur les vaccinations ». InfoVac précise « ne pas se substituer aux autorités de santé ». « Les recommandations et le calendrier vaccinal sont faits par le Comité Technique des Vaccinations (CTV), la Haute Autorité de Santé (HAS) et le Haut Conseil de Santé Publique (HCSP) et InfoVac n’émet aucune recommandation collective. Il fournit une aide à la vaccination individuelle des patients en fonction de leurs antécédents personnels et familiaux. De plus, InfoVac relaie et génère des informations vaccinales et relève parfois des incohérences dans les recommandations actuelles et en réfère aux autorités officielles. »

On peut le dire autrement : « InfoVac-France est un réseau d’experts qui se sont donnés pour mission de répondre rapidement aux questions liées aux vaccinations que se posent les médecinsLes consultants d’InfoVac sont des pédiatres avec une expertise particulière dans le domaine des maladies infectieuses et des vaccinations. Ils travaillent en réseau afin de garantir compétence, crédibilité, objectivité et homogénéité des réponses.

 

 

Conflits d’intérêts et cholestérol  : la Haute Autorité de Santé reconnaît sa relative légèreté

Bonjour

C’est un petit événement dans le monde de la quête de la transparence et de la lutte contre les conflits d’intérêts masqués. La Haute Autorité de Santé (HAS) vient d’annoncer qu’elle « abrogeait sa recommandation sur les stratégies de prise en charge des principales dyslipidémies ». Une décision prise « face au doute sur l’impartialité de certains de ses experts ». Une première.

Nous avions rapporté le 22 octobre dernier les principaux éléments de ce dossier : « Conflits d’intérêts et cholestérol : des experts de la HAS visés par une action anticorruption ». On apprenait alors que l’association Anticor avait déposé plainte au tribunal de grande instance de Bobigny pour prise illégale d’intérêt contre un groupe d’experts travaillant au service la Haute autorité de santé (HAS). Anticor (« contre la corruption, pour l’éthique en politique ») accusait ces experts d’avoir, en élaborant une recommandation publiée en 2017 sur les dyslipidémies, d’ inciter à la prescription de certains médicaments alors même que des liens financiers les unissent à des entreprises qui les fabriquent. Une affaire qui, de manière indirecte, pouvait concerner Agnès Buzyn, ancienne présidente de la HAS.

Déontologie

Aujourd’hui, au vu du recours devant le Conseil d’État de l’association Formindep demandant son abrogation, la HAS dit « avoir constaté qu’elle n’avait pas eu à l’époque connaissance de l’ensemble des liens d’intérêts de certains des experts ». Et le « non-respect des règles déontologiques de l’institution conduit à abroger cette recommandation ».

On sait que cette Haute Autorité de Santé est chargée d’élaborer des recommandations de bonne pratique pour les professionnels de santé, contribuant ainsi à la régulation des pratiques médicales. A ce titre elle est « garante de la rigueur scientifique de ses recommandations, lesquelles s’appuient notamment sur l’impartialité de ses experts ». C’est précisément pourquoi « elle s’est dotée de règles méthodologiques et déontologiques qu’elle actualise régulièrement pour tenir compte des nouveaux outils disponibles pour la transparence et la prévention des conflits d’intérêts ».

Dès lors comment comprendre ? Voici l’explication :

La recommandation publiée en mars 2017 sur les stratégies de prise en charge des principales dyslipidémies a été élaborée selon les règles déontologiques en vigueur : les membres du groupe de travail ont été sélectionnés à l’automne 2015 et en janvier 2016 après analyse par les services de la HAS de leur déclaration publique d’intérêts (DPI). Or ce ne serait qu’à l’occasion du recours de l’association Formindep devant le Conseil d’État « que la HAS a pris connaissance, sur la base de données transparence-santé alimentée par les déclarations des entreprises, de l’existence de liens qui n’avaient pas été renseignés par certains experts dans leur déclaration publique d’intérêts ». « Elle a également été informée qu’une plainte pour prise illégale d’intérêts avait été déposée contre eux ».

Transparence-santé

Et maintenant ?  La justice pénale devra déterminer avec précision s’il y a eu des omissions volontaires. Mais d’ores et déjà «  la distorsion d’informations présentes dans les DPI et sur la base transparence-santé entraîne un doute sur l’impartialité des experts qui ont participé à l’élaboration de la recommandation sur les dyslipidémies ». « C’est la raison pour laquelle la HAS décide de l’abroger et d’initier au plus vite un nouveau travail afin de fournir aux professionnels de santé une recommandation élaborée en toute impartialité fondée sur les dernières données de la science. »

Pour finir la HAS émet un vœu : elle souhaiterait « disposer des données en temps réel sur la base transparence-santé pour que l’analyse des liens au moment de la constitution des groupes de travail soit la plus précise possible ». Comment imaginer que ce vœu ne soit pas, au plus vite, exaucé ?

A demain

@jynau