Métaphore : combien de temps encore la lumière hospitalière restera-t-elle allumée ?

Bonjour

Collapsologie ? Frédéric Valletoux, ancien journaliste, est un aujourd’hui homme puissant et mesuré – méconnu du grand public quoique maire (LR) de Fontainebleau. Le président de la Fédération Hospitalière de France (FHF) était ce matin l’invité aoûtien de RTL. Actualité : l’entrée dans le sixième mois ( !) du mouvement de grève des services des urgences hospitalières. entre dans son sixième mois. « Du jamais vu, résume RTL Actuellement, un service sur trois est touché par cette mobilisation des personnels soignants. Comme chaque année, l’été est synonyme de lits et de médecins en moins. Demain, 15 août, la situation pourrait être difficile. »

Frédéric Valletoux n’est pas un militant extrémiste. « On saura faire face, mais sûrement avec des temps d’attente dans certains endroits qui vont s’étirer, dit-il. On saura faire face peut-être avec une sollicitation encore plus forte des médecins et de l’ensemble des agents des services d’urgence. »

Mais l’important n’est pas le 15 août. Pas même les seules urgences. « On le sait depuis des années, les tensions sont de plus en plus fortes à l’hôpital, ajoute-t-il. Les conditions de la prise en charge des patients se tendent aussi », déplore-t-il. « Ce qui se passe aujourd’hui n’est pas une surprise. »

Il faut, avec M. Valletoux, aller plus loin :

« Ce qui se passe aux urgences, ce n’est pas la crise de l’hôpital, c’est la crise du système de santé. Si les services d’urgence sont autant sollicités, c’est parce qu’on a un système de santé qui est malade. On a une médecine de ville qui est très fragile, qui vit aujourd’hui une crise sans précédent. Donc forcément quand on est malade on va où la lumière est allumée et elle est allumée à l’hôpital. »

On voit la lumière métaphorique. On saisit aussi, brutalement, l’impuissance du politique face aux risques de court-circuits. Qui possède la clef des placards électriques ? Et qu’adviendra-t-il en cas de réchauffement climatique ?

A demain @jynau

Vraie fausse nouvelle et maladie d’Alzheimer : mais pourquoi certains médias font-ils ça ?

Bonjour

Lire le journal ?. Il aura donc suffit, début août 2019, d’un article du Guardian (Kevin Rawlinson), pour relancer, en France, le moteur médiatique alternatif rêves/cauchemars. Un papier assurant que des chercheurs avaient mis au point un « test sanguin » permettant de détecter Alzheimer « 20 ans » avant les premiers symptômes, a été repris par plusieurs médias français.

« Avec toutes les confusions et imprécisions de l’original » accuse Arrêt sur Images (Juliette Gramaglia) . « Un pas de géant », « une avancée majeure », « une petite révolution »… Depuis quelques jours, plusieurs médias généralistes sont à la fête. La raison : on aurait trouvé « un test sanguin pour détecter la maladie [d’Alzheimer] 20 ans avant qu’elle ne se déclare » (20 Minutes) BFMTV, LCI, France Bleu, Franceinfo, Midi Libre, La Provence, La Nouvelle République plusieurs sites d’information ont ainsi relayé, avec des formulations semblables ».

Tout, ici, remonte ici à une publication dans Neurology, « High-precision plasma β-amyloid 42/40 predicts current and future brain amyloidosis ».Un travail américain ;158 personnes en bonne santé volontaires ; la recherche sanguine de deux types de protéines bêta amyloïdes ; un PET-Scan pour de visualiser les dépôts pathologiques cérébraux ; Un autre PET-Scan quelques mois plus tard ; des corrélations ultérieures entre les résultats sanguins et l’évolution des images.

Boules de cristaux

Le Figaro (Cécile Thibert) a voulu en savoir plus – et a interrogé le Pr Bruno Dubois directeur de l’Institut de la mémoire et de la maladie d’Alzheimer de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière (AP-HP). «C’est un travail de qualité, ils montrent que la présence de protéines bêta amyloïdes dans le sang est corrélée à la présence de plaques amyloïdes, dit-il. Mais le fait d’avoir des plaques ne veut absolument pas dire que l’on va développer la maladie. Certaines personnes en ont et ne seront jamais malades. En revanche, tous les malades d’Alzheimer ont des plaques. C’est une condition nécessaire mais pas suffisante».

Nous sommes en 2019 etil n’existe aucun moyen de prédire la maladie d’Alzheimer. « Et quand bien même cette boule de cristal existerait, elle ne serait pas d’une grande aide: il n’existe aucun traitement permettant de ralentir ou de guérir la maladie » assène Le Figaro. «En clinique, chez les personnes qui n’ont aucun symptôme, nous ne faisons pas de dépistage. Même si nous détections des lésions, que pourrait-on faire à part leur dire ’’je n’ai rien à vous proposer’’?», confirme le neurologue parisien.

Ce qui ne signifie pas qu’il faut baisser les bras : il est possible de limiter le risque de développer la maladie en agissant sur les principaux leviers: faire de l’exercice, éviter le tabac et l’alcool, surveiller l’état de ses artères (cholestérol, glycémie, tension artérielle, poids) et avoir une alimentation équilibrée

Sans oublier de stimuler sans cesse son cerveau. Notamment en lisant les journaux.

A demain @jynau

Après celle de Steve Maia Canico, comment parvenir à mentir sur la mort de Malik Oussekine

Bonjour

Comment peut-on en arriver à de telles contre-vérités ? « Finalement, on s’est aperçu qu’il n’avait pas reçu de coups. » Invité sur RTL, le 5 août, pour parler de la mort à Nantes de Steve Maia Canico , Jean-Christophe Buisson a établi une comparaison avec la tristement célèbre affaire Malik Oussekine (décembre 1986). Spécialiste d’histoire Jean-Christophe Buisson, 51 ans, est directeur adjoint du Figaro Magazine. Présents dans le studio :Vincent Parizot (journaliste RTL), Ludovic Vigogne (journaliste à L’Opinion). Roland Cayrol (Directeur du Centre d’études et d’analyse).

Sur Twitter, les internautes ont immédiatement réagi aux propos du journaliste – les qualifiant notamment de « révisionnistes ». Certains ont aussi exhumé un ancien tweet du journaliste faisant référence au décès de Malik Oussekine, posté le 12 avril 2013 lors du mouvement de La Manif Pour Tous contre l’instauration du mariage homosexuel en France. Il s’émouvait alors de ce qu’il appelait un « drame » et exhortait le gouvernement « à renoncer à un projet de loi contesté avec force dans la rue ». Où l’on comprend l’usage politique multiple qui peut être fait d’une tragédie.

Puis, face aux protestations, excuses dans l’après-midi du 6 août : « J-Christophe Buisson@jchribuisson Je tiens à m’excuser pour mes propos tenus hier sur @rtl donnant à penser que je mets en doute le fait que Malik Oussekine soit mort à la suite d’une intervention policière le 5 décembre 1986. La justice a rendu son verdict dans cette affaire et je n’entends pas la contester. »

Les auditeurs apprécieront. A commencer par ceux qui se souviennent des difficultés rencontrées, au lendemain de la mort de Malik Oussekine, pour mener l’enquête journalistique et médico-légale. Nous avons déjà rapporté sur ce blog ce qu’il en fut, alors, pour Le Monde 1.  Trois ans plus tard le brigadier-chef  et le gardien de la paix (deux « voltigeurs ») directement impliqués furent jugés pour « coups et blessures ayant entraîné la mort sans intention de la donner ». Ils seront condamnés respectivement cinq et deux ans de prison avec sursis.

La Vérité avec un très grand V

Aujourd’hui Jean-Christopbe Buisson, après sa sortie sur RTL, répond aux questions de Libération (Fabien Leboucq Sarah Boumghar).

« Par téléphone, il détaille sa position ‘’un peu compliquée à expliquer’’ : ‘’La justice a tranché en disant que les coups l’avaient tué. Mais la vérité judiciaire n’est pas la vérité avec un grand V.’’ Et d’estimer que ‘’la vérité judiciaire n’est pas la vérité historique et que la vérité historique ne peut pas être établie avant un certain temps’’.

« Sur quoi s’appuie Jean-Christophe Buisson pour remettre en cause cette ‘’vérité judiciaire’’ ? ‘’Secret des sources’’, oppose-t-il. Il établit un parallèle entre le dossier Oussekine et l’affaire Dreyfus. Dans ce dernier cas, la justice a rendu une décision sur laquelle elle est ensuite revenue. Jean-Christophe Buisson veut croire qu’un jour ‘’des rapports parlementaires, médicaux, policiers, qu’il faudra lire entre les lignes’’ pourraient remettre en cause la condamnation des policiers responsables de la mort de l’étudiant en 1986 – sans pour autant donner d’éléments factuels appuyant cette hypothèse…

 « Journaliste et historien, Buisson précise qu’il avait quitté ces deux casquettes en entrant dans le studio de RTL, et que ses propos n’engagent ni le Figaro (pour qui il s’agit bien d’une «bavure policière»), ni son éditeur, puisqu’il s’exprimait à l’antenne ‘’en tant que polémiste’’».

Où l’on en vient à se demander le nombre de casquettes possédées par M. Buisson.

A demain @jynau

1 « Un député macroniste relance la polémique sur la mort de Malik Oussekine (1964-1986) » Journalisme et santé publique, 3 mai 2019, « Dans l’ombre de l’affaire Rémi Fraisse, la mort de Malik Oussekine (décembre 1986) » Journalisme et santé publique, 28 octobre 2014 , « La mort de Clément Méric; le souvenir de Malik Oussekine » Journalisme et santé publique, 7 juin 2013

 

Respecter ou pas le secret médical: «Closer» Brigitte Macron et le Dr Laurent Alexandre

Bonjour

Buzz. « Brigitte Macron a été hospitalisée le 17 juillet dernier à l’hôpital américain de Neuilly-sur-Seine, afin d’y subir une opération de chirurgie esthétique ». Selon les informations du magazine people Closer (informations disparues du site après avoir été reprises par de très nombreux médias dont CNews), la Première Dame a été prise en charge par un « éminent et médiatique chirurgien esthétique».

« Elle l’a d’abord rencontré le 16 juillet, et s’est entretenue avec lui pendant une heure. Le lendemain elle aurait été opérée pendant trois heures, sous anesthésie générale. Emmanuel Macron se serait rendu à son chevet. L’opération se serait déroulée sans difficultés et Brigitte Macron a pu quitter l’hôpital le jour-même. L’ancienne professeure de français de 66 ans a ensuite passé quelques jours de convalescence à la Lanterne, l’ancien pavillon de chasse situé à Versailles qui sert de résidence d’Etat.

« Depuis le 25 juillet, le couple Macron s’est installé au Fort de Brégançon, la demeure de villégiature estivale des présidents français. Ils s’y sont installés pour quelques jours de calme et de repos, près de la Méditerranée. Le Président doit y préparer le G7, qui se déroulera à Biarritz, du 24 au 26 août prochain. »

Triste buzz. Sur Tweeter, @dr_l_alexandre : « La chirurgie esthétique est un acte chirurgical et donc un acte médical protégé par le secret médical ! Révéler le dossier médical d’un Français… de Brigitte Macron ou de n’importe qui est une faute. Si on accepte, demain VOTRE CANCER pourra être public »

On se souvient de ces lignes, glanées dans le flots des tweets également signées @dr_l_alexandre : « Je ne suis pas jaloux de @GretaThunberg. J’aimerais pas (sic) avoir des TOC graves, une dépression infantile, un mutisme sélectif, un Asperger avec monoideation et des troubles alimentaires graves me conduisant à être minuscule! Je respecte l’enfant malade mais regrette sa manipulation »

Une fraction de la Toile s’indigna. Réponse du Dr Laurent Alexandre : « Je rappelle que ce sont les parents de @GretaThunberg qui ont révélé son dossier psychiatrique (pas moi). Et je pense que cela devrait être un délit de révéler le dossier médical de son enfant mineur ! Je trouve cela dégueulasse ! Signalez les parents de @GretaThunberg ».

Buzz. Triste et pauvre buzz.

A demain @jynau

Homéopathie : les révélations sur le lobbying médical de Boiron sont à lire dans … L’Equipe !

Bonjour

Le samedi L’Equipe vous coûte 2,70 euros. Ne pas regretter : en prime, un supplément glacé qui n’est pas toujours sans intérêt. Aujourd’hui page 67­ on retrouve Valérie Poinsot, 50 ans, directrice générale des puissants Laboratoires Boiron – une page pudiquement présentée comme « réalisée par le serice commercial ». Pour autant c’est un article signé (J.S.).

Nous avions découvert Valérie en pleine guerre contre le déremboursement des spécialités qui font la richesse de Boiron. Elle exhortait le président Macron à revenir sur sa décision. C’était dans Le Monde. Nous la retrouvons sur le pont, « blondeur et douceur », « yeux bleus lumineux ». Elle aime le vélo, le ski, le Pilates. Savoure la course de ski de fond La Savoyarde. Admire la footballeuse Wendy Renard. Et pratique un sport quotidien depuis vingt ans : le promotion de l’homéopathie. Sans oublier la « cause féministe (elle a publié en 2015 « Wonder Women, dites oui à vos pouvoirs ». Editions Le Cherche-Midi):

« Qui que vous soyez, vous n’êtes pas celle que vous croyez… Vous êtes bien plus merveilleuse ! Valérie Lorentz-Poinsot rêve que chaque femme puisse affirmer : ‘’ Je peux rendre le monde meilleur car j’en ai l’intention, les capacités et les pouvoirs’’ (…) Chefs d’entreprise, politiques, grandes sportives ou encore artistes, des personnalités au parcours hors du commun confient aux lectrices leurs astuces de réussite.

« Au-delà d’une méthode sur le management au féminin, Wonder Women, dites oui à vos pouvoirs offre un cheminement et un ensemble de pistes pour surmonter ses doutes, ses inquiétudes, et apprendre à utiliser au mieux son potentiel. Une aventure qui permettra à toutes de croire en leur avenir et d’être l’un des éléments qui fera ‘’bouger les lignes’’.Pour que vous, wonder women, osiez dire « Oui » à vos pouvoirs. »

Aujourd’hui Valérie est la première femme à être à la tête de Boiron (« 600 000 millions d’euros de chiffre d’affaires  et des produits phares à base d’Arnica ou Sporténine® (non dopant) 1 » écrit L’Equipe. Depuis vingt ans déjà elle plaide « pour l’homéopathie pour tous et la médecine intégrative  dans laquelle elle a toute sa place, d’autant plus qu’elle ne génère pas d’effets secondaires (sic) » explique-t-elle à « J.S. ».

Et le quotidien sportif de poursuivre : Valérie insuffle depuis quinze ans des virages stratégiques (re-sic) au groupe. « En nous tournant vers les généralistes d’abord, puis en créant un département hôpital, confie-t-elle. Notre idée c’est d’entrer dans une phase de coopération des soins avec les spécialistes, et aujourd’hui de toucher directement les patients. » L’argent ? L’homéopathie ne représente que 0,29% des remboursements de l’assurance maladie et est plébiscitée par de nombreux sportifs dont Amélie Jolie, Wendy Renard, Philippe Saint-André ! ». Homéopathie et rugby, il fallait oser.

A demain  @jynau

1 Extrait de la notice officielle de Boiron : SPORTÉNINE®, comprimé à croquer est un médicament homéopathique traditionnellement utilisé en cas  de crampes, courbatures, fatigue  musculaire, lors d’efforts sportifs ou surmenage physique.Ce que contient SPORTÉNINE® pour un comprimé à croquer: les « substances actives » sont : Arnica montana 9 CH (6,67mg), Sarcolacticum acidum 3 CH (6,67mg), Zincum oxydatum 3 CH (6,67mg). Les autres composants sont : Glucose monohydraté, lactose monohydraté, stéarate de magnésium, acide citrique monohydraté, arôme naturel citron.

Alerte : l’étrange affaire du compte Facebook bloqué après partage d’un article de ce blog

Bonjour

Ne pas céder aux sirènes du complotisme, certes. Pour autant ne pas passer sous silence au risque de passer pour une oie blanche. L’affaire est rapportée par Philippe Poirson  sur son précieux blog https://vapolitique.blogspot.com Voici de quoi il retourne : :

« « A peine j’avais j’avais partagé l’article que mon compte a été bloqué ». Pedro [identité connue de la rédaction] n’en revient toujours pas. Cela se passe sur le réseau social Facebook et l’article en question provient du blog  ‘Journalisme et santé publique’ du Dr Jean-Yves Nau. « Contenu inapproprié et signalement », justifie sans plus la multinationale pour le blocage du compte de Pedro. Il a pu le récupérer après un long interrogatoire en ligne et avoir expurgé la publication. Le papier déclencheur de la censure parle de vapotage et de réduction des risques. 

« L’article en question « Cigarette électronique? N’ayez pas peur c’est le préservatif du fumeur! (publicité) » revient sur la polémique OMS-AFP à travers une lecture commentée d’un article d’Anaïs Moine sur le site aufeminin.com donnant la parole à Jacques Le Houezec. « Concilier plaisir et réduction des risques, là est sans doute le hic – du moins dans une société pour une large part fondée sur le concept de péché et de rédemption. Où l’on en vient, esprit d’escalier, à cette proposition de slogan pour l’exécutif: «Cigarette-électronique? Ne pas en avoir peur, c’est le préservatif du fumeur!» », conclut le Dr Jean-Yves Nau.

Sorcières (chasse aux)

« Vapotage et plaisir contre le tabagisme donc. Des thèmes aussi peu appréciés que l’Origine du monde par la plateforme. Comme dans le cas du tableau de Courbet, il est à noter que d’autres personnes ou pages ayant partagé cet article du Dr J.-Y. Nau n’ont pas eu à subir les foudres de l’inquisition de Facebook. L’hypothèse que Pedro a été victime d’un excès de zèle arbitraire d’un commissaire au contrôle de Facebook semble probable. Mais le contexte actuel sur Facebook parait plus que favorable à ce type d’abus. 

« Ces derniers jours, le réseau social se livre à une véritable chasse aux sorcières en clôturant d’innombrables groupes traitant du vapotage. La purge dépasse largement le prétexte annoncé de l’accès aux mineurs, bien qu’elle semble jusque-là ne viser que les groupes tolérant des ventes, des dons et du troc entre usagers. 

« Cependant, la modification des règles du réseau socialdonne beaucoup de latitude à Facebook pour censurer les publications au sujet du vapotage. Facebook ne le distinguant pas des produits du tabac, le vapotage se trouve désormais simplement assimilé aux drogues.

« Or, les associations sur les questions de réduction des risques pour les drogues sont déjà sujettes à des accès de censure arbitraire de la multinationale de Mark Zuckerberg. L’Initiative Sociale sur la Narcopolitique (Społeczna Inicjatywa Narkopolityki – SIN) a d’ailleurs déposé plainte en mai contre Facebook pour violation de la liberté d’expression suite à la suppression de contenus de l’association de réduction des risques polonaise par le réseau social. Le site The fix nous informe que SIN a remporté une première manche dans sa bataille juridique face à la multinationale en juin. 

Milliardaire et puritain

« Facebook a montré moins de scrupule pour collaborer à de vastes manipulations de masse lors de différentes élections, comme l’explique clairement le nouveau documentaire The Great Hack, sur Netflix. Étroitement associé par ailleurs au milliardaire puritain Michael Bloomberg, dans son projet très avancé de mettre la main sur l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), l’orientation idéologique de Mark Zuckerberg parait de moins en moins mystérieuse. 

« Contrôle des contenus, incitation à la délation, censure arbitraire sans recours ni explication, déni des droits humains, le monde angoissant de Facebook tend à déborder dans le réel. Pour éviter les limitations des algorithmes ou les possibles coupes de Facebook, nous vous rappelons que vous pouvez vous abonner pour recevoir sans pub directement en mail les articles de Vapolitique (n’oubliez pas de vérifier que le mail de confirmation n’a pas atterri dans les spams de votre mail 😉 ). »

Ne pas céder aux sirènes du complotisme, certes. Pour autant ne pas passer sous silence au risque de passer pour un troupeau d’oies blanches. Merci à Philippe Poirson.

A demain  @jynau

Panique sur vapotage et cigarette électronique: pourquoi Libé ne se mouille-t-il pas ?

Bonjour

On a connu, jadis, un Libé plus flamboyant 1.

La polémique fait rage et le journal compte les points. « La vapoteuse n’aiderait pas à arrêter de fumer et contiendrait même des particules nocives pour la santé, selon un rapport de l’OMS rendu public vendredi. Des médecins y voient pourtant un outil de réduction des risques » résume le quotidien de Sartre et de July (« E-cigarettes vapeur panique » – Louise Guibert). Libé parle ainsi du « jugement très sévère » de l’OMS sur les cigarettes électroniques. Et Libé de citer l’AFP elle-même au cœur de la polémique. Avant de définir le vapotage comme s’il s’adressait à des enfants sages. Et de faire comme s’il nexistait aucune bibliographie sur la question de la « porte d’entrée » :

« L’inquiétude de l’OMS vis-à-vis de ces produits concerne également leur adoption par des non-fumeurs, notamment les adolescents, cibles du marketing de nombreuses marques. Plusieurs études semblent montrer que les jeunes non-fumeurs qui se mettent au vapotage sont plus susceptibles ensuite de passer aux cigarettes. »

On a connu, il y a longtemps, un Libé moins plan-plan, plus proche des militants.

Le quotidien cite ensuite la réaction des fabricants de e-cigarettes qui « parlent ouvertement de « désinformation » ainsi que  de « certains spécialistes de la lutte contre le tabac, qui défendent l’efficacité de la cigarette électronique ». Evoque un « consensus scientifique » selon lequel « remplacer la cigarette par le vapotage est moins nocif ». Mais que vaut ce consensus si  l’OMS « se montre plus prudente »… ?

On aimerait connaître un Libé plus apte à defendre la cause de la réduction des risques.

Toujours et encore les pincettes : « pour l’OMS, la possibilité que les vapoteuses jouent un rôle dans l’aide au sevrage tabagique ‘’n’est pas claire’’ » et d’autres estiment que «ce n’est pas un outil magique en termes de sevrage du tabac». Sans oublier que « les chercheurs ont également peu de recul sur les cigarettes électroniques, vendues depuis le milieu des années 2000 ». Sans oublier non plus Santé publique France qui ne fait rien mais observe que « près de la moitié des vapoteurs français en 2017 continuaient à fumer des cigarettes, tous les jours (40 %) ou occasionnellement ».

Comment finir sans citer le « ministère de la Santé français » qui  « s’est toujours montré réticent vis-à-vis de la cigarette électronique, pratique qui a pour particularité d’avoir été imposée au début par les consommateurs eux-mêmes ». « Pour la ministre Agnès Buzyn, qui a fait de la lutte contre le tabac l’une de ses priorités, la baisse du nombre de fumeurs est surtout liée à l’augmentation des prix, au remboursement des patchs et gommes et à l’opération ‘’Mois sans tabac’’ » conclut le quotidien.

Ou comment un quotidien jadis militant en est venu à ne pas prendre position dans un combat majeur de santé publique mené, en France, contre le pouvoir exécutif et sous l’oriflamme médical et libertaire de la réduction des risques.

A demain @jynau

1 Et notament deux écrits sur le sujet de Laurent Joffrin, patron de Libération : « E-cigarette : Laurent Joffrin (Libération) dénonce l’obscurantisme de Marisol Tourain» (Journalisme et santé publique du 29 septembre 2014) et « Cigarette électronique: réplique à Laurent Joffrin et au ‘’pochetron invétéré’’, avec verre de vin » (Journalisme et santé publique du 20 mai 2016)