Cannabis thérapeutique : voici trois minutes trente-sept gratuites de bonheur pédagogique

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C’est un nouveau média baptisé « vidéo d’information virale ». Dans le meilleur des cas un nouveau journalisme. Du rapide, du clair, du brutal. Nous avions, ici, évoqué la sortie sous ce format du journaliste Patrick Chêne rendant hommage aux soignants hospitaliers étouffés par une administration inhumaine  (Brut).

Voici aujourd’hui, via Loopsider : « Pour ou contre le cannabis thérapeutique en France? » Johan Hufnagel (ancien de Slate.fr et de Libé) a posé la question à William Lowenstein, qui y est favorable. Et le président de SOS Addictions nous explique pourquoi. Regardez le résultat : 3’37’’. Un petit bijou de pédagogie médicale et de mise en cause argumentée des politiques.

Regarder. Comprendre. Partager. C’est fait. Un seul regret : l’absence du dossier Sativex®, mis il y a peu sous le tapis par Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé. On attend la suite.

A demain

 

 

Bourdin-Plenel : Emmanuel Macron face à un «duo d’hommes blancs de plus de 60 ans»

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C’est un symptôme doublé d’une mise en abyme. Qui aurait, hier encore, imaginé que le président de la République puisse choisir d’être interrogé, à sa convenance, par deux personnalités aussi éloignées que Jean-Jacques Bourdin, (68 ans, RMC/BFM-TV) et Edwy Plenel (65 ans, Mediapart). Et, mieux encore, que le second accepterait. Ce sera pourtant le cas : dimanche soir 15 avril, à partir de 20h 35 (à suivre, au choix, sur BFM ou sur MediapartLive).

On imagine sans mal RMC/BFM se réjouir de l’aubaine – et les responsables et journalistes de la télévision publique enrager. Le poisson est nettement plus difficile à avaler du côté de Mediapart – un modèle journalistique aux antipodes économiques et idéologiques du co-invité. Cela donne un étrange texte de justification de la rédaction dirigée depuis sa création par Edwy Plenel. Un texte à lire (gratuitement) sur le site de Mediapart . Extrait :

« Deux intervieweurs, donc : Edwy Plenel (président et directeur de la publication de Mediapart) et Jean-Jacques Bourdin (rédacteur en chef de RMC et animateur de « Bourdin Direct » sur BFM-TV). Et pas dans nos locaux, mais à l’Élysée ou dans un lieu culturel.

« Autrement dit, Mediapart n’est plus la puissance invitante, et la rédaction n’est pas conviée à la table de l’entretien. Le collectif journalistique cède la place à un duo d’hommes blancs de plus de 60 ans, désigné par le président : zéro parité, zéro diversité, personnalisation poussée à l’extrême (sic). »

Qu’allait faire Mediapart face à ce dilemme médiatique, journalistique, idéologique et économique ?

« Pour toutes ces raisons, cette invitation ne va pas de soi. Et pour une autre encore : comment un journal comme Mediapart, qui dénonce avec constance le présidentialisme et le fonctionnement de la VRépublique, peut-il se plier à cet exercice convenu de l’interview présidentielle, symbole par excellence de la dérive monarchique du pouvoir ? Tout le monde a en tête quelques-uns des pires entretiens réalisés depuis soixante ans. Comment subvertir ce dispositif anti-démocratique, et toutes ses contraintes ? »

Petit bijou dialectique

Au final, en toute transparence mais pas sans contorsions qui font songer aux anciens jésuites, l’équipe de Mediapart a, « après en avoir longuement discuté collectivement » décidé d’accepter la proposition élyséenne.

 « Après plusieurs échanges préalables, nous avons aussi considéré qu’une association avec Jean-Jacques Bourdin, questionneur offensif et lui aussi déterminé à briser les codes du sacro-saint entretien présidentiel, pouvait autoriser cette tentative de rompre avec six décennies de ronronnement et de pompe présidentielle. »

Avec, en prime, ce petit bijou de rhétorique et de dialectique :

« Il ne fait de doute pour personne que les lignes éditoriales et les modèles économiques de Mediapart et du groupe BFM-TV/RMC ne sont pas les mêmes : cette différence, par respect du pluralisme, ne doit pas nous interdire de collaborer avec d’autres. Être ouverts dans le cadre d’une relation loyale et respectueuse est le meilleur moyen d’être nous-mêmes, à l’image de notre fil conducteur, au cœur du Festival de nos dix ans : produire quotidiennement un journalisme sans concession à la rencontre de la société. »

En une phrase : comment des journalistes, fussent-ils des hommes blancs âgés de plus de 60 ans, pourraient-ils laisser passer une occasion de faire tout simplement le métier qui est le leur ? Ce sera oui. On applaudit. Et l’on peut, ce soir, imaginer le président Macron heureux.

A demain

Mort de Philippe Boucher. Journaliste atypique, il marqua l’histoire du Monde de 1970 à 1991

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Aucun mouchoir. C’est un bien beau papier que signe, dans Le Monde, notre consœur Pascale Robert-Diard. L’exacte mise en abyme que l’homme méritait. Le papier qu’il eût volontiers corrigé avant la descente au marbre. Philippe Boucher ? Un homme complexe, un homme en avance, un homme que nous eûmes la chance de croiser dans les sombres étages illuminants du 5-7 rue des Italiens. Dans l’ombre éclairante de Jean-Pierre Quélin, autre plume acérée d’un Monde alors puissant, en noir et blanc.  Un Monde tourmenté par Philipe Boucher – et réciproquement. Pascale Robert-Diard :

« Voilà un papier dont on ne redoute pas qu’il soit lu et commenté par Philippe Boucher, soulevant là une approximation, ici une virgule superfétatoire, convoquant Racine, Bossuet ou Stendhal comme témoins et rappelant sur le sujet l’intégralité de la jurisprudence de la Cour de cassation ou du Conseil d’Etat, sans oublier de se citer lui-même.

 « L’ancien journaliste et éditorialiste du Monde est mort à Paris, mardi 3 avril, à l’âge de 76 ans. Après avoir été l’une de ses plumes les plus acérées, Philippe Boucher avait quitté le journal en 1991 pour entrer au Conseil d’Etat. Mais pour tous ceux qui, après lui, ont eu à écrire sur la justice dans ces colonnes, il n’en était jamais parti. Il n’y a qu’une façon de tenir une rubrique, c’est de coucher avec’’ disait celui qui fut l’observateur, ou plus justement dit le contrôleur, de l’institution judiciaire pendant plus de vingt ans. »

On songe, ici, au Dr Claudine Escoffier-Lambiotte.

Pascale Robert-Diard : « Après une licence de droit public et un passage par la banque, Philippe Boucher était entré au Monde en 1970. Il avait 31 ans, des cheveux longs – il se flattait d’être le premier à les avoir imposés dans cette rédaction masculine et austère –, une allure de dandy proustien et s’amusait de la gêne que suscitait son homosexualité chez ses confrères. (..) Sous son impulsion, la rubrique justice du journal occupe une place de plus en plus large dans les colonnes. Il y tient aussi le compte méticuleux des suicides en milieu carcéral, se moquant comme d’une guigne du règlement qui, à l’époque, interdisait de les évoquer. »

 Rue des Italiens, siège du Monde, Philippe Boucher est cependant loin (euphémisme) de faire l’unanimité. Pascale Robert-Diard,  trente ans plus tard : « On s’inquiète de la fascination de plus en plus grande qu’il exerce sur le directeur, Jacques Fauvet, auquel il fait découvrir dîners mondains et nuits parisiennes et qu’il encourage dans un face-à-face tendu avec le giscardisme finissant. On lui prête même l’ambition, mollement démentie, de lui succéder à la tête du journal ».

Un Monde en noir et blanc qui ose monter en Une un ensemble de cinq papiers non signés, consacrés à l’affaire des diamants de Bokassa révélée par Le Canard enchaîné. Le temps, déjà, commence à passer. Jacques Fauvet doit partir, remplacé par André Laurens, puis André Fontaine. « L’étoile de Boucher décline, écrit Robert-Diard. Il rejoint chaque jour le petit cagibi du deuxième étage qui lui tient désormais lieu de bureau et songe à présenter sa démission, qu’André Fontaine retient en lui proposant une chronique. Chaque semaine, pendant cinq ans, du 29 juin 1985 au 14 juin 1991, Philippe Boucher livre son ‘’ Journal d’un amateur’’. »

Puis l’homme rejoindra le Conseil d’Etat – sur nomination de François Mitterrand. Nous nous croisâmes, il y a peu, gare Montparnasse. Même écharpe, même regard, même curiosité. ‘’Alors, docteur, vous écrivez sur le Slate de Jean-Marie désormais ? Parfait. Continuez ! ‘’»

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La sidérante vidéo virale de Patrick Chêne, journaliste soutenant les soignants hospitaliers

Bonjour

Faire court. Assises du Journalisme à Tours. Quatre jours. Thème inquiétant : « Un journalisme utile ? ». Parmie les débats les plus alléchants :  « A la poursuite des millennials : les Vidéos d’Information Virales »

« Avec Emmanuel CHAIN, co-gérant de Éléphant et fondateur de Monkey ; Louis DABOUSSY, directeur éditorial de Konbini ; Johan HUFNAGEL, co-fondateur et directeur de la rédaction de Loopsider ; Guillaume LACROIX, co-fondateur et président directeur général de Brut. Animé par Chloé WOITIER, journaliste médias au Figaro. »

Faire court. Voici cinq exemples ce que peuvent apporter ces nouvelles productions de vidéos aux frontières du journalisme, insérées dans les réseaux sociaux, certaines étant vues (nous assure-t–on) des centaines de milliers voire des millions de fois :

1 La petite voix du journaliste Patrick Chêne en hommage aux soignants hospitaliers étouffés par une administration inhumaine  (Brut) https://www.facebook.com/pg/brutofficiel/videos/

2 Conseil de Jack Parker aux adolescentes qui ont envie de mourir (Loopsider) : https://www.facebook.com/Loopsider/videos/486147258453872/

3 Un vélo pour enfant autistes (Loopsider) https://www.facebook.com/Loopsider/videos/486107375124527/

4 Une vision des Ehpad (Monkey) https://www.youtube.com/watch?v=P2SnlCZmHAI

5 Regard sur l’ addiction aux réseaux sociaux (Konbini) : http://www.konbini.com/fr/tendances-2/addiction-reseaux-sociaux-resumee-video/

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« Honte du service public » : comment détruire un journaliste à France Télévisions

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Cuir épais ou pas, le journaliste est un oiseau assez facile à abattre. Ancien reporter de guerre. Trente ans de carrière au-delà des mers. Tout cela pour être brûlé de nuit sur la place du Vieux Marché, à Rouen ? Sans les Anglais et sans l’évêque Cauchon.

L’histoire nous est révélée, sur le site du Monde, par notre confrère Gilles Triolier, journaliste indépendant (Filfax, site normand d’informations). Où l’on parle d’un autre confrère Jean-Marc Pitte. Une gueule et un cas comme la profession, jadis, s’honora de les recruter :

« Entré dans le réseau France 3 en 1988, Jean-Marc Pitte fut longtemps journaliste au service étranger de France Télévisions à Paris, pour lequel cet ancien reporter de guerre a couvert notamment les conflits en Bosnie, Irak et Afghanistan. Profil qui lui valut alors d’être élu président de la société des journalistes de France 3. Il est revenu dans sa région de naissance en 2014, pour raisons familiales. »

Devenu « simple journaliste » à France 3 Normandie, basé à Rouen, Jean-Marc Pitte a été licencié sans ménagement mi-février, après trente ans de carrière. Un événement : les syndicats SNJ, CGT, CFDT et FO du groupe de dénoncer d’une seule voix « l’arbitraire de la décision » et « l’absence de motifs sérieux »« Son licenciement est la honte du service public », dénoncent-ils dans un tract commun en promettant de déposer un préavis de grève national si la sanction n’est pas levée.

Le chasseur, lui, reste coi : la direction de l’antenne régionale de France 3 ne commente pas. On reprocherait au journaliste d’avoir « refusé de réaliser un reportage » et « insulté un rédacteur en chef », ce qu’il nie formellement – ainsi qu’une entorse au code de la route, sans contravention. Début janvier, le quinquagénaire, au volant d’une voiture de la rédaction, s’engage sur une rocade, au nord de Rouen, malgré une barrière baissée. La scène est filmée et sa direction alertée. Orwell et les fidèles contremaîtres veillent.

Information versus communication

Les chefs de rayon ne peuvent supporter les méthodes de travail de Jean-Marc Pitte. « C’est un grand reporter expérimenté, exigeant et intransigeant, quelqu’un de tenace, franc, direct qui dit des vérités parfois dures à entendre. C’est dérangeant pour une hiérarchie – qui s’en est servie pour le licencier », explique Danilo Commodi, délégué syndicat CGT à France 3 Normandie« Il a un comportement rugueux, il dit ce qu’il pense, tout en restant dans les clous. C’est la vie normale des rédactions. Aucun manquement professionnel n’a été observé », ajoute  François Ormain, délégué syndical central FO à France Télévisions.

Jean-Marc Pitte explique quant à lui que des accrochages avec sa hiérarchie normandes existaient bel et bien.  « Mais ils relevaient toujours de discussions de fond, de l’éditorial, argue-t-il. J’ai des principes journalistiques et je n’appréciais pas de faire de la communication et de réaliser des sujets non anticipés afin de remplir des cases. » De la souffrance inhérente à la pratique, souvent asphyxiante, du journalisme régional.

Jean-Marc Pitte a osé poser des questions gênantes à  Frédéric Sanchez , énarque et philosophe devenu président socialiste de la Métropole Rouen Normandie. Troubles. Sanction.  « Il s’est acharné sur moi en se plaignant à plusieurs reprises auprès du directeur régional. En plus d’être considéré comme chiant, je suis devenu gênant », assure le journaliste. Sollicité, Frédéric Sanchez « dément formellement être intervenu pour demander quelque mesure que ce soit concernant » Jean-Marc Pitte. « Cela n’a pas signé son licenciement, mais c’est entré en ligne de compte », assure Danilo Commodi. Le différend a été évoqué par la « direction régionale » en « commission de discipline ».

Tout semble clair. On veut toutefois vérifier. On se renseigne. Tout concorde. On appelle un confrère de la maison-mère. « Pitte ? Il avait demandé à repartir en région et je crois qu’il les gonflait sévère. Donc à la première occase : ‘’ pan pan ‘’ ».

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Non, «le vin n’est pas un «alcool»» : il s’agissait, avec des guillemets, de Natacha Polony

 

Bonjour

Nous évoquions hier, la dernière charge contre Agnès Buzyn accusée de diaboliser le vin alors qu’en mêem temps Emmanuel Macron en vante les mérites : « Le vin n’est pas un ‘’alcool’’ : qui soutient ainsi Emmanuel Macron contre Agnès Buzyn ? ».

C’est là un cas de figure sans précédent sous la Vème : le président de la République et ses proches en guerre ouverte contre la ministre de la Santé sur la question de l’aloolisme. Et le Premier ministre qui se tait.  Voilà bien, avec la question récurrente du tabac et, plus généralement des addictions, le plus grand sujet politique de santé publique. Un thème que le pouvoir exécutif se refuse à voir dans sa globalité – et dont le Premier ministre ne veut pas faire, corollaire, une « grande cause nationale ».

Pour l’heure, donc, haro sur Agnès Buzyn et ses propos sur la molécule alcool et les hépatocytes. Agnès Buzyn, à la télévision :

« ‘’L’industrie du vin laisse croire que le vin est différent des autres alcools. En termes de santé publique, c’est exactement la même chose de boire du vin, de la bière, de la vodka ou du whisky. […] On a laissé penser à la population française que le vin […] apporterait des bienfaits que n’apporteraient pas les autres alcools. C’est faux scientifiquement, le vin est un alcool comme un autre.’’ »

Violent retour de volée tout-terrain :

« Agnès Buzyn se réclame de la ‘’science’’, non seulement pour nier les données scientifiques sur les antioxydants contenus dans certains vins, mais surtout pour masquer la manipulation des mots. Parler d’ ‘’industrie’’ à propos du vin est une insulte à tous ces artisans qui constituent l’immense majorité des producteurs de vin en France, justement parce que le vin de France, par son ancrage dans les terroirs, a toujours résisté à l’industrialisation réclamée par les tenants du marché et de l’alignement sur les critères anglo-saxons. »

« Mais surtout, le vin n’est pas un ‘’alcool’’.Il est une boisson de table contenant de l’alcool, et pour cela à boire avec pondération et intelligence. Mais il est avant tout une boisson culturelle, porteuse de toute la mémoire historique et géographique de la France. Et c’est justement quand on le réduit à n’être qu’un ‘’alcool’’ qu’on le condamne à n’être qu’un vecteur d’alcoolisation. C’est en niant sa dimension culturelle, alimentaire et agricole, qu’on en fait un danger pour la santé et la sécurité. »

 « Journaliste et essayiste »

Nous ne donnions pas, hier, le nom de ce soutien au président de la République (et, corollaire, à une très large majorité du gouvernement d’Edouard Philippe). Natacha Polony, 42 ans, « journaliste et essayiste française ». Extraits de sa fiche-wiki :

« Fille d’un ophtalmologue et d’une gastro-entérologue (ou le contraire), elle doit son prénom à Natacha Rostov, l’héroïne de Guerre et paix. Elle a passé son enfance et son adolescence à Deuil-la-Barre (Val d’Oise).  En 2007, elle épouse le journaliste et critique gastronomique Périco Légasse. Le 30 janvier 2016, elle est intronisée baillie à la confrérie des Baillis de Pouilly

Après des études au lycée privé Notre-Dame de Bury de Margency, DEA de poésie contemporaine et agrégation de lettre moderne. 2001 : secrétaire nationale du Mouvement des citoyens (MDC). 2002 : candidate à Paris aux législatives pour le ‘’Pôle républicain’’ de Jean-Pierre Chevènement ; obtient 2,24 % des suffrages exprimés. D’octobre 2002 à juin 2009 : journaliste à l’hebdomadaire Marianne, où elle s’occupe de l’éducation. D’août 2009 à juillet 2011, elle est journaliste au Figaro au sein de la rubrique « éducation ». Elle tient par ailleurs un blog sur le site jnternet du Figaro intitulé ‘’Éloge de la transmission’’. »

Puis ce sera la ronde infernale et donc sans fin des radios privées et des télévisions publiques. Puis, aujourd’hui, cette tribune du Figaro accusant la ministre des Solidarités et de la Santé. Une tribune apportant (si besoin était) un nouveau soutien journalistique au président de la République. Et ensuite ?

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Néo-journalisme, gauchisme et burn out : hémorragie de soutien au nouveau Média citoyen

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Retour sur LeMedia un tout nouveau site d’information politique très proche de La France insoumise – et donc accusé d’être inféodé à Jean-Luc Mélenchon. Un site déjà dans les turbulences après  la publication par le site spécialisé Electron libre, samedi 24 février, d’un mail d’Aude Rossigneux, annonçant son éviction du poste de rédactrice en chef du jeune pure player. Elle brossait alors un portrait au vitriol de cette nouvelle « webtélé ».

Moins d’une semaine plus tard rien ne va plus comme nous l’apprend Le Monde (Ariane Chemin): « Une dizaine de soutiens du Média se désolidarisent de la webtélé proche des ‘’insoumis’’». A savoir : l’ancienne ministre de la culture Aurélie Filippetti, proche de Benoît Hamon, l’avocat Antoine Comte, l’écrivain Gérard Mordillat, le médecin urgentiste Patrick Pelloux, les comédien et comédienne François Morel et Judith Chemla, les journalistes Cécile Amar, de L’Obs, et Edouard Perrin, de Cash investigation, les musiciens Giovanni Mirabassi et Médéric Collignon. Sans oublier Noël l’une des « vedettes » de l’antenne qui a fait savoir qu’il n’y remettrait plus jamais les pieds.

 C’est, une nouvelle fois, l’évanouissement d’un doux rêve, la fins de nouvelles illusions quant à l’usage révolutionnaire que l’on pourrait faire d’un média qui serait nouveau avec des outils qui ne le sont pas. Tous les partants avaient, il y a quelques mois, applaudi de la naissance d’un « nouveau média citoyen », à la fois « humaniste et antiraciste, féministe, écologiste et progressiste ». Las, ils se mordent aujourd’hui les doigts d’avoir, avec quelques dizaines d’autres personnalités de la politique et du spectacle, , apposé leur nom en bas du « manifeste » publié dans Le Monde en septembre.

Journalisme fondamentalement alternatif

 L’Eldorado tout proche, alors, était dans ce « pure player » « fondamentalement alternatif par sa gouvernance, son modèle économique et son fonctionnement » – une affaire dirigée par le psychanalyste Gérard Miller et la communicante chargée des campagnes de Jean-Luc Mélenchon, Sophia Chikirou.

Pourquoi cette prise de distance ? Parce que LeMédia  « ne répond plus, à nos yeux, à la promesse initiale ». Parce qu’il y a eu le limogeage d’Aude Rossigneux mais aussi, nous dit Ariane Chemin, à cause des propos tenus à l’antenne, vendredi 23 février, par Claude El Khal, correspondant (Le Monde met des guillemets à ce terme) au Liban de la chaîne sur la guerre de Syrie. Il avait justifié le choix de ne pas diffuser d’images des massacres perpétrés dans la Ghouta orientale, en banlieue de Damas, au motif qu’elles ne seraient pas « vérifiées de manière indépendante » et par refus du « sensationnalisme ».

« Quand l’information et la culture sont trop souvent traitées comme des marchandises, quel rôle les citoyens peuvent-ils encore jouer pour faire vivre le pluralisme et le débat ? Cette question appelle une réponse qui ne saurait attendre » pouvait-on lire dans la tribune de lancement de LeMédia. C’était en septembre dernier. En mars, la réponse n’est toujours pas trouvée.

A demain