Panique sur vapotage et cigarette électronique: pourquoi Libé ne se mouille-t-il pas ?

Bonjour

On a connu, jadis, un Libé plus flamboyant 1.

La polémique fait rage et le journal compte les points. « La vapoteuse n’aiderait pas à arrêter de fumer et contiendrait même des particules nocives pour la santé, selon un rapport de l’OMS rendu public vendredi. Des médecins y voient pourtant un outil de réduction des risques » résume le quotidien de Sartre et de July (« E-cigarettes vapeur panique » – Louise Guibert). Libé parle ainsi du « jugement très sévère » de l’OMS sur les cigarettes électroniques. Et Libé de citer l’AFP elle-même au cœur de la polémique. Avant de définir le vapotage comme s’il s’adressait à des enfants sages. Et de faire comme s’il nexistait aucune bibliographie sur la question de la « porte d’entrée » :

« L’inquiétude de l’OMS vis-à-vis de ces produits concerne également leur adoption par des non-fumeurs, notamment les adolescents, cibles du marketing de nombreuses marques. Plusieurs études semblent montrer que les jeunes non-fumeurs qui se mettent au vapotage sont plus susceptibles ensuite de passer aux cigarettes. »

On a connu, il y a longtemps, un Libé moins plan-plan, plus proche des militants.

Le quotidien cite ensuite la réaction des fabricants de e-cigarettes qui « parlent ouvertement de « désinformation » ainsi que  de « certains spécialistes de la lutte contre le tabac, qui défendent l’efficacité de la cigarette électronique ». Evoque un « consensus scientifique » selon lequel « remplacer la cigarette par le vapotage est moins nocif ». Mais que vaut ce consensus si  l’OMS « se montre plus prudente »… ?

On aimerait connaître un Libé plus apte à defendre la cause de la réduction des risques.

Toujours et encore les pincettes : « pour l’OMS, la possibilité que les vapoteuses jouent un rôle dans l’aide au sevrage tabagique ‘’n’est pas claire’’ » et d’autres estiment que «ce n’est pas un outil magique en termes de sevrage du tabac». Sans oublier que « les chercheurs ont également peu de recul sur les cigarettes électroniques, vendues depuis le milieu des années 2000 ». Sans oublier non plus Santé publique France qui ne fait rien mais observe que « près de la moitié des vapoteurs français en 2017 continuaient à fumer des cigarettes, tous les jours (40 %) ou occasionnellement ».

Comment finir sans citer le « ministère de la Santé français » qui  « s’est toujours montré réticent vis-à-vis de la cigarette électronique, pratique qui a pour particularité d’avoir été imposée au début par les consommateurs eux-mêmes ». « Pour la ministre Agnès Buzyn, qui a fait de la lutte contre le tabac l’une de ses priorités, la baisse du nombre de fumeurs est surtout liée à l’augmentation des prix, au remboursement des patchs et gommes et à l’opération ‘’Mois sans tabac’’ » conclut le quotidien.

Ou comment un quotidien jadis militant en est venu à ne pas prendre position dans un combat majeur de santé publique mené, en France, contre le pouvoir exécutif et sous l’oriflamme médical et libertaire de la réduction des risques.

A demain @jynau

1 Et notament deux écrits sur le sujet de Laurent Joffrin, patron de Libération : « E-cigarette : Laurent Joffrin (Libération) dénonce l’obscurantisme de Marisol Tourain» (Journalisme et santé publique du 29 septembre 2014) et « Cigarette électronique: réplique à Laurent Joffrin et au ‘’pochetron invétéré’’, avec verre de vin » (Journalisme et santé publique du 20 mai 2016)

L’«incontestable nocivité» de la cigarette électronique : le silence de la ministre de la Santé

Bonjour

L’heure est incontestablement grave. C’est une déferlante contre un rapport de l’OMS doublée d’une levée de bouclier contre une dépêche de l’AFP.  Nous avions rapporté les prolégomènes du phénomène faisant songer à un « coup de Jarnac » Depuis quelques jours il ne cesse de prendre de l’ampleur. Ce sera l’un des chapitres de la première édition de la prochaine « Révolution des Volutes ».

En substance un  rapport de l’OMS (voir notamment page 56). Puis un communiqué de presse: « L’OMS présente un nouveau rapport sur l’épidémie mondiale de tabagisme. Et enfin d’une dépêche de  l’AFP reprise jusqu’à plus soif par les médias généralistes français. Extraits :

« Les cigarettes électroniques sont ‘’incontestablement nocives’’ et devront être régulées, selon un rapport présenté vendredi à Rio de Janeiro par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui déconseille ces dispositifs à ceux qui veulent arrêter de fumer (…) Leur popularité grandissante depuis leur apparition sur le marché, au milieu des années 2000, surtout auprès des jeunes, inquiète les législateurs et autorités sanitaires du monde entier, qui craignent que le vapotage ne conduise les jeunes à fumer du tabac. Bien que ces dispositifs exposent l’utilisateur à moins de substances toxiques que les cigarettes combustibles, elles présentent aussi des  ‘’risques pour la santé’’, assure le rapport de l’OMS, (…) ‘’Bien que le niveau de risque associé aux SEAN (système électroniques d’administration de nicotine) n’ont pas été mesurés de manière concluante, les SEAN son incontestablement nocifs et devront donc être régulés’’, indique l’OMS. Elle souligne également qu’il n’y a pas assez de preuves que les e-cigarettes soient efficaces pour arrêter de fumer. »

 On ne compte plus, depuis, les réactions de celles et ceux qui accusent : 1) l’OMS de n’avoir rien compris à la réduction des risques, 2) l’AFP d’avoir déformée et faussement relayé une fraction du rapport, 3) les journalistes d’avoir fait du copier-coller avec cette dépêche de l’AFP.

D’emblée un décryptage objectif avait été effectué sur le site Numerama (Marie Turcan). Puis tout fut parfaitement résumé dans un communiqué de l’association #sovape : « L’association SOVAPE, avec AIDUCE, s’élève contre la désinformation massive sur le vapotage :

« Nous assistons depuis le 26 juillet à un déferlement médiatique de fausses informations sur le vapotage qui confinent parfois au grotesque. Ces informations trompent gravement la population sur la perception des risques réels du vapotage et mettent en danger des dizaines de milliers de personnes.

« Affirmer à la population que le vapotage est « incontestablement nocif », « ne permet pas l’arrêt du tabac », « doit être réglementé comme toxique », « entraîne les jeunes dans le tabagisme » sans la moindre réserve ni pondération du consensus scientifique inverse est grave. Le rapport à l’origine de l’emballement ne constitue ni une position ni une recommandation de l’OMS. L’évaluation ne repose sur aucune preuve, selon les propres termes des auteurs. Il n’est d’ailleurs pas financé par l’Organisation.

« Des dizaines d’études contredisent de façon solide ces affirmations (….)  Le consensus médical et scientifique est total : vapoter est beaucoup moins risqué que fumer, mais encore le vapotage supprime tous les risques du tabagisme puisqu’on ne fume plus. Dans ce contexte exceptionnellement anxiogène, l’association SOVAPE souhaite rappeler les résultats d’une étude récente de FDA : la désinformation sur le vapotage contribue au maintien du tabagisme. Nous rappelons également que le dernier rapport de Santé publique France révèle que plus de 50% de la population pense que le vapotage est aussi, voire plus nocif que le tabagisme. Ce sentiment a augmenté de +10% entre 2014 et 2017 alors que les connaissances scientifiques et médicales sont, au contraire, de plus en plus nombreuses et rassurantes et les produits plus sûrs. »

Mutisme des autorités sanitaires françaises

L’heure est incontestablement grave. Les association SOVAPE et AIDUCE « appellent au discernement et à la retenue face aux enjeux de la lutte contre le tabagisme qui cause 75 000 morts par an en France ». « Sans monoxyde de carbone et sans goudron, le vapotage réduit massivement les risques cardiaques, pulmonaires et cancérigènes par rapport aux cigarettes, rappellent-elles Le rapport bénéfices/risques extraordinairement positif plaide sans appel en faveur du vapotage, sans risques avérés à long terme à ce jour. Elles ajoutent :

« La désinformation doit cesser. C’est une question de santé publique, de responsabilité et de déontologie des médias et des journalistes. Face au fléau du tabac, le vapotage est une chance historique, ne la gâchons pas. »

D’autres voix se lèvent pour exprimer, avec d’autres mots et d’autres intérêts, des positions équivalentes. Ainsi  France Vapotage, « fédération professionnelle des fabricants des produits de la vape », émanation de Big Tobacco, « déplore les dernières déclarations de l’OMS et s’inquiète de leurs répercussions sur la santé publique » :

« Qualifier la cigarette électronique « d’incontestablement nocive », c’est fragiliser une alternative au tabac plébiscitée par de nombreux fumeurs désireux d’arrêter. Elle s’étonne de cette prise de position qui entre en totale contradiction avec de très nombreuses études scientifiques publiées dont celles de Santé Publique France et appelle à̀ un débat apaisé, fondé non sur des préjugés, mais sur des approches et des connaissances scientifiques solides. »

Pour sa part le site Numerama avait rappelé avoir, ces huit derniers mois, « contacté le ministère de la Santé français à plusieurs reprises afin d’obtenir des informations sur l’état actuel de la recherche en France sur le sujet des cigarettes électroniques, et les mesures prises en place par le gouvernement pour encourager cette recherche ». « Nous n’avons eu que très peu de retours, précise-t–il dans un euphémisme. À ce jour, aucune étude de grande ampleur en cours n’est connue sur le sujet. Le ministère de la Santé ne nous a pas apporté d’éléments de réponse sur ce point. »

L’heure est incontestablement grave – et comme toujours sur ce sujet majeur de santé publique, les autorités sanitaires française sont muettes. Un mutisme, un déni, une frilosité, une incapacité chronique à mettre en oeuvre une politique de réduction des risques … autant d’éléments que l’on devrait retrouver dans plusieurs des chapitres de la première édition de la « Révolution des Volutes ».

A demain @jynau

«Incontestablement nocives» ? Les cigarettes électroniques victimes d’un coup de Jarnac

Bonjour

C’est une dépêche de l’AFP reprise jusqu’à plus soif par les médias généralistes français. Morceaux choisis :

« Les cigarettes électroniques sont « incontestablement nocives » et devront être régulées, selon un rapport présenté vendredi à Rio de Janeiro par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui déconseille ces dispositifs à ceux qui veulent arrêter de fumer. Le vapotage consiste à inhaler des vapeurs créées par le chauffage à haute température d’un liquide à l’intérieur de la cigarette électronique. La plupart du temps, ces liquides contiennent de la nicotine.

Leur popularité grandissante depuis leur apparition sur le marché, au milieu des années 2000, surtout auprès des jeunes, inquiète les législateurs et autorités sanitaires du monde entier, qui craignent que le vapotage ne conduise les jeunes à fumer du tabac. Bien que ces dispositifs exposent l’utilisateur à moins de substances toxiques que les cigarettes combustibles, elles présentent aussi des « risques pour la santé », assure le rapport de l’OMS, qui évalue les résultats des mesures gouvernementales (MPOWER) préconisées par la convention-cadre de l’institution pour endiguer l’épidémie (CMCT).

Les six stratégies pour décourager l’usage du tabac sont les suivantes: contrôles de la consommation de ces produits et politiques de prévention, protection du public contre la fumée, aides pour cesser de fumer, mises en garde contre les dangers du tabac, faire respecter des interdictions de publicités, promotion ou sponsorisation, et enfin augmentation des taxes. « Bien que le niveau de risque associé aux SEAN (système électroniques d’administration de nicotine) n’ont pas été mesurés de manière concluante, les SEAN son incontestablement nocifs et devront donc être régulés », indique l’OMS.

Elle souligne également qu’il n’y a pas assez de preuves que les e-cigarettes soient efficaces pour arrêter de fumer. « Dans la plupart des pays où elle sont disponibles, les utilisateurs (d’e-cigarettes) continuent en général de fumer des cigarettes combustibles en même temps, ce qui présente très peu, voire aucun impact positif » sur la réduction des risques sanitaires, selon le rapport présenté au Museu do Amanha (Musée de Demain). L’OMS met aussi en garde contre la « menace actuelle et réelle » que représente la désinformation véhiculée par l’industrie du tabac sur les vapoteuses. (…) »

PS : « La consommation de tabac fait chaque année quelque huit millions de morts dans le monde ».

On trouvera ici le communiqué de presse de l’OMS (aucune référence à la cigarette électronique) : « L’OMS présente un nouveau rapport sur l’épidémie mondiale de tabagisme. La lutte antitabac progresse mais il faut agir davantage pour aider les gens à cesser de consommer des produits mortels. »

On trouvera ici le rapport de l’OMS (voir notamment page 56).

On trouvera enfin, ici, quelques éléments explicatif sur le « coup de Jarnac » et sur l’évolution de ce concept depuis près de cinq siècles : « Coup de Jarnac ».

A demain @jynau

Greta Thunberg a-t-elle sa place dans l’humanité ? Une question de Michel Onfray

Bonjour

Pourquoi tant de peurs et, à cause d’elles, tant de haines ? Après l’inquiétant Dr Laurent Alexandre, le non moins célèbre philosophe Michel Onfray, 60 ans. Dans un article intitulé « Greta la science » ,publié sur son site, il s’en prend à Greta Thunberg – et ce en des termes qui valent d’être rapportés, ne serait-ce que pour prendre le pouls du temps qui passe.

Certains commentateurs croient déceler, dans l’attaque de son papier, le recours à l’ironie. Juger sur pièces  :

« François de Rugy s’étant fait rattraper cet été par des homards devenus fous, peut-être parce qu’ils étaient imbibés d’Yquem, a quitté son poste de ministre de l’écologie. J’aurais aimé qu’il soit remplacé par Greta Thunberg qui, végane, n’aurait jamais pu causer la mort de ces pauvres crustacés géants! Végane et probablement buveuse d’eau, elle ne sort jamais sans sa gourde rouge écoresponsable – comme jadis le commandant Cousteau avec son bonnet ou aujourd’hui Christophe Barbier qui arbore son écharpe rouge, même en temps de canicule – pardon: en temps d’épisode caniculaire.

« La jeune fille qui ne sourit jamais, comme Buster Keaton à qui elle ressemble tant, ne pourrait donc pas non plus vider la cave du contribuable. Ce serait une garantie de moralisation de la vie politique. Après quinze défections depuis le début de son court règne, dont celles de onze ministres, Manu, tu devrais y songer… »

Quant à la suite, elle n’est plus, si l’on ose écrire, du même tonneau :

« Cette jeune fille arbore un visage de cyborg qui ignore l’émotion – ni sourire ni rire, ni étonnement ni stupéfaction, ni peine ni joie. Elle fait songer à ces poupées en silicone qui annoncent la fin de l’humain et l’avènement du posthumain. Elle a le visage, l’âge, le sexe et le corps d’un cyborg du troisième millénaire: son enveloppe est neutre. Elle est hélas ce vers quoi l’Homme va.

« Les journalistes nous font savoir avec moult précaution, presque en s’excusant, qu’elle est autiste – il faut le dire, sans le dire, tout en le disant quand même. Dont acte. Je laisse cette information de côté. L’usage métaphorique de ce mot est interdit par la bienpensance, mais on découvre également qu’il l’est aussi dans son sens premier. Donc on le dit, mais on n’a rien dit.

« Quelle âme habite ce corps sans chair? On a du mal à savoir… Elle sèche l’école tous les vendredis en offrant l’holocauste de ce qu’elle pourrait apprendre à l’école pour sauver la planète. Est-ce que ce sera suffisant? Vu la modestie de l’offrande, je crains que non… »

Passons sur le corps du papier. La chute :

« « Nous les enfants », dit-elle quand elle parle! Quelle civilisation a jamais pu se construire avec des enfants? C’est le monde à l’envers! Qui plus est : avec des enfants expliquant aux adultes qu’il n’ont rien à faire des cours qu’ils leurs dispensent et que, de ce fait, ils entendent prendre une année sabbatique avant même d’avoir obtenu le brevet des collèges? C’est vouloir entrer dans le monde du travail en commençant par plusieurs années de retraite!  Il est vrai que le coeur du projet présidentiel du « socialiste » Benoit Hamon…

« Que disent les adultes ayant fabriqué cette génération d’enfants rois qui décrète les adultes criminels, irresponsables, méprisables, détestables? Comme dans les mangas SM, ils jouissent et disent « Encore! Encore! »… Elle attaque les journalistes? Et que répond la corporation? Elle prend les coups et se force à sourire: ce serait Mélenchon, ils le vomiraient, mais comme c’est du Mélenchon enveloppé dans les rubans d’Alice, ils baissent le tête, regardent leurs pieds et filent doux… Le fouet claque au-dessus de la tête des patrons? Le Medef se tait et, penaud, tient la main des journalistes.

L’Alice suédoise tance les adultes, elle leur dit, avec son visage non pas de marbre mais de latex: nous sommes des objets de haine, vous nous menacez, vous nous traitez de menteurs. Des adultes censés incarner la représentation nationale applaudissent… Prenant un plus long fouet, elle ajoute, s’adressant aux mêmes: « vous n’êtes pas assez mûrs ». Dans un spasme de jouissance sadomasochiste, sauf une femme qui semble raison garder, bravo madame, tous applaudissent.

Et puis, le diable est dans les détails, ce cyborg neutre et pâle comme la mort, au visage tendu par les épingles du néant, signe parfois ses imprécations avec l’index et le majeur de chaque main, comme pour signifier des guillemets. Il n’y a que dans ces cas-là qu’elle semble encore humaine.

On retrouve alors, débordant cette intelligence artificielle, un geste d’humanité, même si c’est un geste panurgique: c’est celui d’une gamine de seize ans qui a les tics de son âge – autrement dit: l’éthique de son âge
…(sic) Cherchons bien, elle pourrait même arborer un tatouage et rentrer dans son hôtel végane en trottinette électrique – escortée toutefois par des motards de la République. Qu’attend Macron pour la nommer en remplacement du ministre que le homard a tué? »

Faut-il, ici, rire ? Imaginer Onfray heureux ? On n’ira pas jusqu’à pleurer.

A demain @jynau


France 2 et la mort d’un enfant à Gustave-Roussy, le communiqué de presse qui suivit

Bonjour

Tout dire ou se taire ? Comment « communiquer » face à une tragédie, un drame, une faute ? Quels rôles peuvent jouer les (peut-on faire jouer aux) médias ? Quelles leçons collectives en tirer ? Nous nous bornerons, ici, à rapporter les éléments disponibles sur une affaire médiatiquement datée du 25 juillet.

1 Les éléments de France 2, repris par France Info. « ENQUÊTE FRANCE 2. Une erreur humaine à l’origine de la mort d’un enfant à l’institut Gustave-Roussy, le plus grand centre anti-cancer d’Europe. Des médecins pointent des dysfonctionnements à répétition et des surdosages dus à « un problème d’organisation global », notamment au sein de la pharmacie de l’hôpital où sont fabriquées les poches de chimiothérapie.

« Un grand hôpital pointé du doigt. Des médecins exerçant au centre de lutte contre le cancer Gustave-Roussy, à Villejuif (Val-de-Marne) dénoncent, jeudi 24 juillet, dans « L’Œil du 20 heures », des erreurs répétées dans les traitements par chimiothérapie, avec notamment une surdose de médicament ayant conduit à la mort d’un enfant en mai 2019 (…)

«  Un hôpital d’excellence et à la réputation sans tache, jusqu’à ce courrier du 14 juin adressé au préfet d’Ile-de-France et à la ministre de la Santé Agnès Buzyn, et que révèle « L’Œil du 20 heures ». Ce texte, signé par des professeurs et médecins spécialistes du cancer, dénonce « une série d’éléments préoccupant », « des anomalies récurrentes dans la chaîne de contrôle de la production de la délivrance de chimiothérapie », « des erreurs répétées conduisant à des conséquences graves ».

« Selon les informations recueillies par « L’Œil du 20 heures« , une erreur de référencement serait la cause de cet accident gravissime. Cible de toutes les interrogations : la pharmacie de l’institut Gustave-Roussy. Au sous-sol de l’hôpital, près de 300 poches de chimiothérapie sont préparées chaque jour, manuellement ou par deux robots. Mais depuis deux ans, le service est sous tension en raison de problèmes de personnels et de plus en plus de malades à soigner, selon la direction et les syndicats.

« Les pharmaciens et préparateurs ont tous refusé d’être interviewé par France 2. En revanche, deux anciennes patientes témoignent des problèmes d’organisation de la pharmacie. Elles ont lancé une pétition pour réclamer, entre autre, le renforcement des effectifs. 

« Cette hantise était partagée par certains médecins de l’institut dès 2017, comme le révèlent de nombreux courriels envoyés à la direction. L’un de ces messages, que « L’Œil du 20 heures » a pu consulter, rapporte notamment une erreur de dosage le 3 mars 2017. « Hélas, ce n’est pas anecdotique. Nous sommes à la troisième erreur depuis trois mois », déplore ainsi un médecin. 

Un cancérologue, interrogé par France 2, estime que la direction n’a pas pris la mesure du problème. « Ces incidents étaient des indicateurs d’un problème d’organisation global de la pharmacie qui était très sérieux, qui n’était pas pris en compte correctement par les instances de la direction au plus haut niveau », estime-t-il sous couvert d’anonymat. (…) »

2 Le communiqué de presse publié par Gustave-Roussy « après la diffusion de ce sujet par France 2 » :

« Villejuif, le 25 juillet 2019

 Le Journal Télévisé de 20h de France 2 a diffusé ce jeudi 25 juillet 2019 un reportage sur un accident dramatique qui a eu lieu à Gustave-Roussy en pédiatrie il y a un peu plus de deux mois. Bouleversé par ce drame, le personnel de l’établissement renouvelle toutes ses excuses à la famille que l’Institut a informée et accompagnée dans cette épreuve depuis le début. Gustave Roussy assume pleinement l’erreur pharmaceutique à l’origine du décès et souhaite faire toute la lumière sur les causes de ce drame et sur les mesures mises en place pour qu’aucun événement de cette nature ne puisse plus se reproduire, et ce au-delà des polémiques internes et de l’exploitation qui peut en être faite.

« Une enquête interne approfondie a été diligentée immédiatement après l’accident, conduite en lien avec l’Agence Régionale de Santé. L’analyse précise des causes du décès a montré qu’il s’agissait d’une erreur humaine d’enregistrement d’un produit dans le stock de la pharmacie sous une mauvaise référence, qui n’a pas été décelée ensuite lors de la préparation de la chimiothérapie, en dépit des quatre contrôles existants au cours de la production.

« L’Institut a immédiatement mis en place des mesures informatiques correctives visant à empêcher la reproduction de l’erreur première de gestion de stock, et a déployé un dispositif de contrôle analytique libératoire permettant de valider la conformité du contenu de la totalité des poches dosables produites, adultes et enfants, avant leur administration au patient. Une zone de quarantaine accueille ainsi à présent les poches qui doivent être testées préalablement à leur envoi dans les services, et elles ne peuvent en sortir qu’après retour favorable du laboratoire de contrôle. La réalisation du contrôle pharmaceutique libératoire est désormais clairement signifiée par un symbole vert apposé sur la poche.

« Cette nouvelle organisation, et l’erreur à laquelle elle répond, confirment la nécessité de continuer d’avancer dans le plan de modernisation et de sécurisation de la pharmacie engagé en 2017 en lançant notamment l’acquisition de deux robots de production de chimiothérapies, installés en janvier et juillet 2018, permettant de produire à ce jour 40 % des poches de manière automatisée et sécurisée grâce aux différents contrôles embarqués par ces équipements. 

« Le déploiement du contrôle analytique libératoire par spectrométrie qui a été rendu possible par les travaux de validation des méthodes d’analyse des différentes molécules conduits ces derniers mois par la pharmacie, permet maintenant de sécuriser 50 % supplémentaires de la production. Cette étape garantit que toutes les poches dosables fabriquées manuellement sont conformes à la prescription au moment de leur dispensation.

« Les 10 % restants ne peuvent pas faire l’objet d’une fabrication par robot ou d’un contrôle libératoire, car il s’agit souvent de molécules innovantes pour lesquelles il n’existe pas encore de méthode de dosage. Ces préparations bénéficient d’une première étape de validation pharmaceutique, d’un double contrôle de la préparation des flacons, puis d’un double contrôle durant la préparation reposant sur la vérification systématique par un préparateur de ce qui a été produit par un autre préparateur, soit au total cinq étapes de sécurisation du processus. En complément, l’achat d’un spectromètre de dernière génération a été lancé et l’installation d’un dispositif de caméra permettant de vérifier les étapes de production des préparations non dosables est à l’étude.

« L’acquisition d’un nouveau robot de production est par ailleurs en cours d’instruction afin de poursuivre l’automatisation de la chaîne de production et accompagner le développement d’activité. Deux nouveaux pharmaciens ont été recrutés pour renforcer les équipes sur les deux secteurs stratégiques que sont la production de chimiothérapies et les essais cliniques.

« Ces différentes mesures doivent permettre de sécuriser 100 % des 90 000 poches produites chaque année par la pharmacie de l’établissement. Elles ont été à ce titre soumises ce mercredi 24 juillet à l’Agence Régionale de Santé qui accompagne l’Institut dans cette démarche et fera en sorte que ce qui est arrivé ici ne puisse pas se reproduire ailleurs.

« Le reportage évoque également les difficultés que rencontre la pharmacie de Gustave Roussy depuis deux ans. Celles-ci sont systématiquement tracées dans un outil dédié, permettant leur analyse et la recherche de solution de correction. La très grande majorité d’entre elles sont liées à des aspects organisationnels entraînant à titre principal des retards de livraison des poches et par conséquent de longs temps d’attente en hôpital de jour, toutefois sans conséquences cliniques pour les patients. Les erreurs pouvant aboutir à des conséquences cliniques sont exceptionnelles et traitées immédiatement dans le cadre d’un système de gestion des risques permettant d’adapter au plus vite les dispositifs de sécurisation et éviter ainsi leur reproduction. »

Tenter de se taire ou essayer, coûte que coûte, de tout dire ?

A demain @jynau

Greta Thunberg ou la grande peur d’Asperger, par Laurent Alexandre et Pascal Bruckner

Bonjour

Ainsi donc, prises dans les phares médiatiques Greta Thunberg, 16 ans. Phares médiatiques planétaires et lunettes politiques françaises. Et polémique à tout-va puisque l’adolescente entrera dans quelques heures au sein de notre Assemblée nationale. par les 162 députés membres du collectif « transpartisan » pour le climat « Accélérons ».

Une adolescente descendue de Suède, parée de toutes les vertus et de tous les péchés, entre icône et sorcière. Une Jeanne d’Arc pour temps de grands effondrements.

C’est là un phénomène peu banal dont l’une des caractéristiques principale est de montrer le syndrome d’Asperger mis en scène et monter sur les estrades. De ce point de vue il nous faudra désormais compter avec ces invraisemblables lignes glanées dans le flots des tweets et signées @dr_l_alexandre :

« Je ne suis pas jaloux de @GretaThunberg. J’aimerais pas (sic) avoir des TOC graves, une dépression infantile, un mutisme sélectif, un Asperger avec monoideation et des troubles alimentaires graves me conduisant à être minuscule! Je respecte l’enfant malade mais regrette sa manipulation »

Une fraction de la Toile s’indigna. Réponse du Dr Laurent Alexandre :

« Je rappelle que ce sont les parents de @GretaThunberg qui ont révélé son dossier psychiatrique (pas moi). Et je pense que cela devrait être un délit de révéler le dossier médical de son enfant mineur ! Je trouve cela dégueulasse ! Signalez les parents de @GretaThunberg ».

Et dans le flot des indignations hurlées sur la Toile, ce rappel d’un papier de Slate.fr signé de Claude Askolovitch et publié en avril dernier : « Mais pourquoi Pascal Bruckner déteste-t-il Greta Thunberg ? ». L’auteur y disséquait un papier du Figaro : « Greta Thunberg ou la dangereuse propagande de l’infantilisme climatique » – papier dans lequel le philosophe, romancier et essayiste français, 70 ans, cite Platon et « la très jeune Suédoise Greta Thunberg ». Extraits :

«  L’égérie de la contestation, la très jeune Suédoise Greta Thunberg, est loin de lever l’ambiguïté. Outre qu’elle affiche son Asperger comme un titre de noblesse, son visage terriblement angoissant semble dire: si vous ne le faites pas pour la planète, faites-le au moins pour moi. Apprendre par la presse qu’elle a cessé il y a quatre ans de parler, de manger, de jouer du piano par souci du climat et qu’elle n’est allée mieux que quand ses parents ont décidé de ne plus prendre l’avion et de manger vegan jette de sérieux doutes sur ses motivations. Elle a été reçue par Christine Lagarde et Emmanuel Macron, est pressentie pour le prix Nobel de la paix.

« Sa notoriété est symptomatique du caractère délirant que peut prendre la nécessaire mobilisation pour le climat. Comment ne pas songer à l’enfant star Jordy qui, en 1992, à l’âge de 4 ans, devient célèbre grâce à une chanson, Dur dur d’être bébé!, vendit près de 6 millions de disques et, bouleversé par ce succès planétaire précoce, finit par se fâcher avec ses parents et sa maison de disques, accusés de l’avoir exploité? ‘’Dur, dur d’être une ado qui porte toute la misère du monde! ‘’ pourrait chanter Greta Thunberg. On a très envie de l’aider: mais prendre le globe en otage pour une thérapie familiale donne le sentiment d’une duperie. »

Claude Askolovitch :

« Pour le philosophe Bruckner, la vilenie est ici, retient contre l’adolescente son handicap comme son apparence: ‘’Outre son Asperger qu’elle affiche comme un titre de noblesse, son visage terriblement angoissant semble nous dire, si vous ne le faites pas pour la planète, faites-le au moins pour moi.’’ Soupèse-t-on la vindicte? La bouille ronde d’une adolescente, que l’humanité tourmente, angoisse Monsieur Bruckner. L’autisme que ne masque pas une jeune fille sans filtre, l’autisme qu’elle tente de nous faire comprendre, lui semble une arrogance, un empiétement indu. Elle l’embête, la bougresse, avec sa différence! Ne pourrait-on pas, enfin, laisser penser en paix les adultes et sain·es d’esprit?

Saisit-on cette méchanceté? Il ne s’agit plus seulement de fustiger un emballement médiatique et politique, de regretter –fut-ce avec véhémence– l’embrigadement de la jeunesse, «nos bambins», dans les luttes des adultes. Le philosophe, ici, chasse une intruse, et il la chasse pour ce qu’elle est. Jeune et handicapée, Greta Thunberg est d’autant plus détestable –un peu sorcière, perverse et laide, angoissante. On parle ainsi d’une fille de 16 ans. »

Et le journaliste de citer alors un autre papier, sur le même sujet publié peu auparavant également dans Le Figaro et signé du Dr Laurent Alexandre 1. Extraits :

« Le comité Nobel de la Paix envisagerait de décerner son prix à l’idole des jeunes, Greta Thunberg, qui est effectivement la réussite marketing de la décennie. Mais, pour qui roule-t-elle ?

« Il est déjà paradoxal que Greta Thunberg symbolise un engagement messianique planétaire, alors que son visage n’affiche jamais la moindre empathie. Cette enfant est d’autant manipulable que ses parents ont rendu public son handicap (ce qui est irresponsable de leur part): en tant que médecin, je pense que révéler l’état neuropsychiatrique de ses enfants mineurs aux médias devrait être un délit! On sait depuis la description du syndrome par Hans Asperger 2 en 1941, que les enfants Asperger sont parfois géniaux mais toujours fragiles ; les instrumentaliser est une faute morale. Mais surtout, Greta Thunberg roule pour l’extrême gauche anticapitaliste (…) 

Suivre Greta Thunberg aggraverait le réchauffement climatique, augmenterait le gâchis d’argent public, entraînerait une dictature verte régressive et nous mettrait à la merci de la Chine et la Russie. Tous les démocrates libéraux, tous les héritiers de Raymond Aron doivent combattre les utopies mortifères qu’elle véhicule. »

Avoir raison avec Greta ou tort avec Aron ?  Claude Askolovitch, pour finir :

« Pascal Bruckner se dégoûte de l’autisme de Greta, qu’elle a l’impudeur de ne pas renier. Il ignore encore, curieux littérateur, que prophètes et prophétesses ne se revendiquaient pas de la normalité. Il ignore encore, cœur asséché, ce que disent les yeux fous et l’âme brûlante d’une Cassandre, et les mondes cachés que la banalité nous empêche de saisir. Il ignore, Bruckner, d’autres Asperger célèbres qui, étranges parfois aux autres êtres humains, ressentaient des vérités supérieures.

« Il ignore une femme rare, à laquelle la jeune Greta me fait penser, du nom de Temple Grandin, autiste Asperger qui raconta son histoire de l’intérieur et qui –entre autres exploits surhumains– conçut des abattoirs aussi doux et efficaces que possible, pour épargner ces animaux que nous allions manger. Autiste, elle avait ressenti la souffrance, la peur et la solitude devant la mort des animaux, ces non-humains, nos semblables.

« Greta Thunberg, elle, ressent la Terre. Elle n’a besoin pour cela ni de gourou ni de complot: elle se contente d’entendre des évidences. Elle fut aussi écolière, lycéenne, cela me revient, malheureuse dans un établissement bourgeois, normal, où elle était moquée et s’épanouit dans un quartier de pauvres, d’immigré·es, d’étrangèr·es, souvent fidèles à l’islam, cette rude foi dont Pascal Bruckner doit bien se méfier. Plût au ciel que notre philosophe, satisfait et grisé de ses mots et de sa cour, fut un peu autiste, un peu Asperger et même enfant, qui sait, et réapprenne à aimer ce qu’il ne comprend pas. »

A demain @jynau

1 Ce dernier y était présenté ainsi : « Laurent Alexandre est chirurgien-urologue, diplômé de Sciences Po, HEC et l’ENA, et cofondateur du site Web Doctissimo. Il est l’auteur de plusieurs essais. Son dernier ouvrage, qui vient de paraître, est « L’IA va-t-elle aussi tuer la démocratie ? « coécrit avec Jean-François Copé (JC Lattès, 2019) ».

2 Sur ce thème : « Les enfants d’Asperger Le dossier noir des origines de l’autisme » Edith SchefferPréface : Josef Schovanec, traduction (anglais) : Tilman Chazal. Sans oublier l’ouvrage dérangeant de Hugo Horiot, comédien, écrivain et autiste consacré à l’intelligence des autistes : « Autisme: j’accuse ! » (Editions de l’Iconoclaste). «

Au fait, le Roundup® est-il cancérigène ? Si tout va bien, nous le saurons avant la fin de 2021

Bonjour

Sortir du grand flou, celui où aiment se cacher les loups ! A la demande du gouvernement français on devrait, demain ou après-demain, répondre à une question sanitaire essentielle, au cœur d’une polémique politique aux dimensions planétaires – mais une question toujours pendante. Nous venons ainsi d’apprendre que l’Agence nationale française de sécurité sanitaire, de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) va se bouger. Elle va lancer « un appel à candidature pour améliorer les connaissances relatives à la cancérogénicité du glyphosate, herbicide massivement employé à travers le monde et mieux connu sous le nom de Roundup®.

C’est peu dire que de parler d’un « grand flou » . Le CIRC, agence internationale de recherche sur le cancer de l’OMS avait inscrit en 2015 le glyphosate sur la liste des substances « cancérigènes probables ». Puis l’EFSA (Agence européenne de sécurité sanitaire des aliments) et l’ECHA  (Agence Européenne des produits Chimiques d’autre part) concluaient respectivement en 2015 et en 2017 que le glyphosate était « peu susceptible de présenter un risque cancérogène ». Certains, journalistes et/ou militants déguisés en lanceurs d’alerte virent là l’œuvre d’innombrables lobbies. Puis la justice américaine commença à venir à leur secours en jugeant sur le fondement d’un lien de causalité toujours en pointillé.

C’est dans ce contexte embrouillé que les ministres français en charge de l’écologie, de la santé et de l’agriculture avaient saisi l’ANSES en mars 2018. Puis en juillet  cette agence avait remis « un avis relatif à un cahier des charges d’une étude sur le potentiel caractère cancérogène du glyphosate ». Et c’est finalement à la suite de cet avis que l’ANSES lance un appel à candidature « à l’attention des équipes de recherche publique, nationales et internationales pour réaliser cette étude ». Les résultats seront disponibles « sous 18 mois » et viendront « compléter le dossier de réexamen de l’autorisation de la substance par les États Membres de l’Union Européenne en 2022 ».

Questions citoyennes

Ce qui, d’ailleurs, n’empêcha nullement Robert Genet, directeur général de l’ANSES de déclarer en mai dernier sur Europe 1 que « le glyphosate, utilisé conformément aux réglementations en vigueur, ne présente pas de danger en France ». On rappellera qu’en 2016 l’ANSES estimait que « le niveau de preuve de cancérogénicité chez l’animal et chez l’homme est considéré comme relativement limité » (sic) et que le classement du CIRC  pouvait « se discuter » (re-sic).

Coût de l’étude à venir : 1,2 M€. En complément (et pour ne rien simplifier…) le gouvernement français va « mobiliser l’ANSES » pour qu’elle procède (avec l’appui de l’INRA) au retrait des autorisations de mise sur le marché français des produits contenant du glyphosate – dès lors que des alternatives existent pour chacun des usages couverts par l’autorisation de la mise sur le marché.

Où l’on retrouve Emmanuel Macron, son célèbre concept (« en même temps ») associé au verdissement affiché de son gouvernement. Explication de l’exécutif au citoyen: « Cette démarche permet, sur le fondement des travaux de la communauté scientifique, de mettre en œuvre l’engagement présidentiel de sortie du glyphosate et d’accélérer la transition vers une agriculture moins dépendante aux produits phytosanitaires et plus respectueuse de l’environnement et de la santé. »

S’il pouvait poser une question le citoyen demanderait pourquoi lancer si tard une étude dont les commanditaires semblent déjà connaître les conclusions – conclusions différentes de celles du passé. Et ce même citoyen, soucieux des deniers publics, de demander pourquoi cette étude n’est pas menée (et financée) à l’échelon européen.

A demain @jynau