Cahuzac : l’ancien ministre doit-il aussi être condamné à ne plus jamais pouvoir soigner ?

Bonjour

Nous l’avions quitté alors qu’il venait d’être embauché, pour un mois, au fin fond de la Guyane – médecin généraliste dans un dispensaire. Et demain ? Haine vigilante, la confraternité va-t-elle le frapper de plein fouet ? Faire de l’ancien ministre prometteur de la République un paria définitif ? Le Dr Alain Choux, un confrère parisien, vient de saisir l’Ordre. Observant que le casier judiciaire de l’ancien brillant chirurgien n’est plus vierge il va engager une action contre lui. L’affaire est rapportée dans Le Journal du Dimanche.

On y explique qu’il ne reste plus au Dr Choux qu’à porter plainte contre ce confrère «  qui a manifestement bafoué les bases de notre exercice médical ». « Bien entendu, après une tentative de conciliation, je saisirai le Conseil disciplinaire de l’Ordre des médecins pour demander une radiation de ce repris de justice ». « Implacable procédurier – il avait obtenu en 2014 un an d’interdiction d’exercer, dont six mois avec sursis, à l’encontre des professeurs Philippe Even et Bernard Debré suite à la publication de leur Guide des 4.000 médicaments utiles, inutiles ou dangereux, sorti en 2012 » rapporte le journal dominical, repris par de nombreux médias dans une France caniculaire à la recherche d’informations fraîches.

Dans le courrier qu’il vient d’adresser au président du conseil de l’Ordre des médecins de Corse du Sud (« et que le JDD a pu consulter »), le médecin parisien fait mine de s’interroger : « Sauf erreur ou omission de ma part, lors de mon inscription à l’Ordre des médecins de Paris, j’ai dû fournir une copie certifiée conforme qui confirmait que mon casier judiciaire était vierge de toute condamnation ». L’ancien ministre du Budget a été condamné, en mai dernier, à 4 ans de prison et 300.000 euros d’amende pour « fraude fiscale » et « blanchiment de fraude fiscale ».

Cela impose-t-il, dans la foulée, de ne plus jamais pouvoir disposer d’un caducée ? De ne plus jamais pouvoir visser sa plaque ? De ne plus jamais regarder Knock les yeux dans les yeux ? Ce Knock qui, sur la fin, ne pouvait plus, sans trembler, se regarder dans un miroir.

A demain

Cannabis light libéré : le gouvernement français siffle soudain la fin du début de la récré

Bonjour

Trop laxiste, pas assez macronien,  pour pouvoir durer. « Face à la multiplication des coffee shops en France, la Chancellerie a rappelé à l’ensemble des procureurs le cadre légal très restrictif applicable, leur demandant d’assurer avec « fermeté » la répression des infractions constatées » vient d’annoncer lAFP.

 « Les parquets sont invités, sur leur ressort, à assurer la poursuite et la répression des infractions susceptibles d’être retenues avec une particulière fermeté en ce qu’elles sont de nature à porter atteinte à la santé et à causer un trouble important à l’ordre public », écrit le directeur des affaires criminelles et des grâces dans un courrier, révélé aujourd’hui  par Le Figaro et consulté par l’AFP .

Les tenanciers des « coffee shops » naissantes  entendaient profiter des brouillards juridiques  qui semblent autoriser  la mise sur le marché du le cannabidiol (CBD) – molécule ayant un effet psychotrope présente dans la plante de cannabis – et ce dès lors que la teneur en THC (delta9-tétrahydrocannabinol) n’excède pas 0,2%.

Partie de plaisir

Mais pour la Chancellerie, il s’agit là d’une lecture erronée de l’arrêté du 22 août 1990 sur le cannabis : cette dérogation est seulement prévue pour une utilisation « industrielle et commerciale » concernant la filière traditionnelle du chanvre.  De plus, ajoute la DACG, cette teneur « s’applique à la plante de cannabis » et non, comme le prétendent certains vendeurs, « au produit fini qui en serait issu ».

 « La Chancellerie comble la brèche où s’étaient ruées ces boutiques vendant des dérivés du cannabis, résume pour Le Figaro  Paule Gonzalès. Lundi, la Direction des affaires criminelles et des grâces (DACG) a fait claquer une dépêche à l’attention de tous les parquets de France rappelant’’le régime juridique applicable aux établissements proposant à la vente au public des produits issus du cannabis’’. Après le boom des coffee shops et des semaines d’exégèses sur d’éventuels vides juridiques, la Chancellerie siffle les arrêts de jeu. L’ouverture d’établissement vendant du cannabis dont le taux en THC est inférieur à 0,2 % doit entraîner ‘’une réponse pénale ferme et adaptée à la hauteur des enjeux’’, prévient le ministère de la Justice ».

Ce coup de semonce médiatisé a été pleinement reçu dans les espaces buralistiques. Un espace où bien des tenanciers se disaient « prêts à commercialiser » un cannabis récréatif s’il était réglementé – et ce pour pallier la baisse des ventes des produits du tabac. Où l’on voit que, sans même parler de sevrage,  la réduction politique des risques est loin d’être une partie de plaisir.

A demain

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L’urgentiste du CHU est aussi président de l’association « Notre-Dame Mère de la Lumière »

Bonjour

Nous sommes entre Caen, Lisieux et Bayeux. L’information a été révélée par France Bleu Normandie. Et le procès est programmé pour le 2 octobre 2018. Où l’on apprend qu’un médecin urgentiste au CHU de Caen âgé de 30 ans est convoqué devant la justice. Ce médecin est également président de l’association Notre-Dame Mère de la Lumière.

« Ce n’était au début qu’un groupe informel d’étudiants, chrétiens et catholiques, qui animait des messes, organisait des veillées de louanges et des maraudes auprès des SDF, raconte France Bleu (Nolwenn Le Jeune).  Mais l’association, créée en 2008, est exclue de l’université par l’aumônerie. Elle se réunit alors à l’Eglise Saint Jean à Caen et devient Notre-Dame Mère de la Lumière en 2011. Cinq ans plus tard la police reçoit un signalement de l’UNADFI, association pour la défense des familles et de l’individu, qui lutte contre les dérives sectaires et les manipulations mentales. Elle dispose d’informations préoccupantes : d’anciens membres dénoncent des faits de sujétion psychologique et d’emprise mentale. »

« Prières de guérisons »

Parallèlement, Mgr Jean-Claude Boulanger, évêque de Bayeux-Lisieux-Caen, retirera à l’association sa lettre de mission en février 2017. Avec cette dérangeante précision:

« (…) la commission d’enquête canonique, qui a entendu et lu de nombreux témoignages sérieux, a également mis au jour un certain nombre de difficultés structurelles dans le fonctionnement du groupe et son développement, notamment ce qui concerne les prières de guérisons qui ont posé question. »

Le jeune président a été placé en garde à vue fin juin 2018 avant de ressortir libre, placé sous contrôle judiciaire mais avec convocation devant le tribunal correctionnel de Caen le 2 octobre 2018. Faits reprochés : abus frauduleux de l’ignorance ou de la faiblesse d’une personne.

« C’est pour en demander la main-levée que son avocat a saisi le tribunal correctionnel qui a examiné le dossier ce lundi 23 juillet, précise France Bleu. « Il n’y a pas l’ombre d’un élément constitutif sur les plans factuel et mental de l’infraction reprochée à mon client’’ estime Me Jean de Mézerac.  Il est toujours interdit à son client de fréquenter une quinzaine de membres de l’association et le domicile, qu’il partage avec deux autres membres de l’association à Verson, reste placé sous scellés. Mais son interdiction de quitter la région a été levée. Il pourra donc se rendre en août prochain au pèlerinage de Medjugorje en Bosnie où il doit animer une intervention. Il est aussi dispensé d’une obligation de soins avant son procès. »

Aucune précision sur cette dispensation. Ni sur les « prières de guérison ».

A demain

« Comportements sexuels compulsifs » : l’OMS au secours du malade Harvey Weinstein ?

Bonjour

A la lisière de l’addictif : l’impulsif, le craving, la raison qui se dissout conduisant au passage à l’acte. C’est un phénomène au cœur de bien des dossiers de santé publique. On le retrouve aujourd’hui traité par plusieurs médias américains (The InquirerUSA Today) repris par Slate.fr : « Les «comportements sexuels compulsifs» sont désormais reconnus comme des maladies mentales par l’OMS ».

De quoi parle-t-on ici ? :

« Les comportements sexuels évoluent et on observe actuellement certaines tendances : acceptation générale du sexe avant le mariage, augmentation de nombre de femmes qui prennent l’initiative en ce qui concerne la séduction, la sexualité et les pratiques sexuelles, augmentation du nombre des adeptes de pratiques sexuelles réputées minoritaires dans le passé (sexe oral, masturbation), augmentation notable du nombre de partenaires sexuels, large diffusion et forte consommation de la pornographie…

« Certains comportements sexuels peuvent toutefois relever de la pathologie. C’est le cas des ‘’comportements sexuels compulsifs’’. Le ‘’comportement sexuel’’ peut être considéré comme ‘’compulsif’’ quand il est répété dans le temps et quand il perturbe la vie quotidienne et les rapports avec les autres. Il concerne des patients qui entrent progressivement dans un état émotionnel et anxieux tellement grand que le passage à l’acte compulsif devient inévitable. Chez ces personnes, il y a un déséquilibre entre le rêve et la réalité, c’est à dire qu’ils subliment l’objet de leur désir sexuel, ce qui augmente la charge émotionnelle. Il s’en suit un effondrement émotionnel et une grande déception après le passage à l’acte quand vient le retour à la réalité.

En pratique il peut s’agir de la multiplication des partenaires sexuels, d’une insatiabilité sexuelle, d’un recours compulsif à la pornographie, à la masturbation incontrôlable, à l’exhibitionnisme, au voyeurisme ou la pédophilie…

 #MeToo versus addiction

Est-on là dans le champ de l’addiction gravement pathologique ? En juin dernier l’OMS a donc finalement inclus cette entité dans sa dernière révision de la Classification internationale des maladies  – rangeant ainsi les « comportements sexuels compulsifs » dans la catégorie des « désordres mentaux ».  Pour l’OMS, ces troubles sont «caractérisés par une perte de contrôle intense à résister à des impulsions ou à des besoins sexuels répétitifs, générant du stress et des déficiences» chez les personnes concernées.

 USA Today précise à ses (très nombreux) lecteurs que dans de tels cas, le sexe devient une «obsession, au point que la personne néglige sa santé et tout autre centre d’intérêt, activité, responsabilité». Quant à  The Inquirer il précise que nombre de personnes atteintes par ce désordre mental reste difficile à évaluer. « Si elle marque un pas dans la reconnaissance de tels troubles, cette classification ne va toutefois pas jusqu’à reconnaître le sexe comme une potentielle addiction  souligne Slate.fr 1.  « Peut-être qu’un jour, on dira, oui, c’est une addiction, mais nous n’en sommes pas encore à ce point », a expliqué l’un des experts de l’OMS, Geoffrey Reed, à l’AFP.

Ce même expert, dans The Inquirer, Reed rappelle toutefois que ces comportements «n’excusent pas les abus sexuels ou le viol, pas plus qu’être alcoolique n’excuse le fait de conduire une voiture en étant ivre. On est toujours maître de ses actes. » Telle est bien la question. Commettre un délit ou un crime sous l’emprise d’une « force incontrôlable » constitue-t-il une circonstance atténuante ou aggravante ?

 The Inquirer observe que les allégations de «dépendance au sexe» font de plus en plus la une des médias – et ce parallèlement au développement du phénomène et du mouvement #MeToo. C’est dire l’importance que l’on pourra accorder au verdict de la médecine et de la justice dans le cas emblématique « Harvey Weinstein ».

A demain

1 Sur ce thème : « Qu’est-ce que l’addiction au sexe ? » Slate.fr 15 mai 2011. « (…) S’intéresser à la bibliographie sur ce sujet, c’est découvrir que le domaine de la dépendance sexuelle est à la fois vaste et mouvant, objet de querelles de chapelles. Selon les spécialistes il englobe ou non, l’«hypersexualité», les «comportements sexuels compulsifs» ou les «troubles du contrôle des impulsions sexuelles». «Pour ma part, j’aurais plutôt tendance à situer l’hypersexualité à la lisière du monde des addictions, associant une forme de dépendance comportementale, de troubles de l’humeur et de dépendance affective», explique le Dr Willian Lowenstein, président de SOS Addictions (…) ».

 

A Camopi : Dr Cahuzac, ancien interne des hôpitaux de Paris. (7 h 30 -13 h 30 – après 16 h)

Bonjour

Une plaque de cuivre dans la jungle et les déserts médicaux. Les journalistes-paparazzi cinglent déjà vers Camopi (intérieur de la Guyane). Oblectif : Jérôme Cahuzac dont France-Guyane vient de révéler le dernier point de chute. « Un bâtiment en bois sur pilotis dans une zone inondable, au bord du fleuve Oyapock, face au Brésil. Depuis le mardi 3 juillet, le docteur Jérôme Cahuzac est médecin dans ce centre de santé, à Camopi, une commune isolée dans l’intérieur de la Guyane, sans ligne aérienne avec le littoral, raconte Laurent Marot dans Le Monde. La veille, à partir de Saint-Georges de l’Oyapock, limite du réseau routier dans l’est guyanais, l’ancien ministre a voyagé quatre heures sur une pirogue pour rallier son lieu de travail. »

Et déjà, localement, on s’inquière.  « Monsieur Cahuzac m’a dit qu’il ne voulait pas voir de journalistes, qu’il veut rester tranquille »explique Joseph Chanel, le maire de Camopi, venu rencontrer le nouveau docteur dans son bureau. Les consultations de l’ancien très brillant interne des hôpitaux de Paris, jadis tenté par la chirurgie, lourde ont lieu de 7 h 30 à 13 h 30, et reprennent l’après-midi à 16 heures. Un mois de contrat à environ 5 000 euros, selon les informations du Monde.

Huis clos

« On a l’impression de voir un personnage important qui vient se cacher dans la forêt, ironise Siméon Monerville, médiateur scientifique dans les écoles. S’il s’adapte bien à l’environnement, j’espère que les Amérindiens vont l’accepter d’une manière correcte. ».  « Je n’ai pas à le juger, la justice a fait son travail, explique René Monerville, ex-maire de Camopi. S’il est là, c’est parce qu’il y a un manque de personnel médical. »

A partir du vendredi 6 juillet, le Dr Cahuzac sera le seul médecin dans la commune : le deuxième repart vers la , métropole. « Il nous sauve la mise pour Camopi, se réjouit Paul Brousse, responsable des centres délocalisés de prévention et de soins à l’hôpital de Cayenne. Il sera seul pour tout le secteur, y compris Trois-Sauts. » « Dans ce village de 500 habitants, à une journée de pirogue du bourg de Camopi, il n’y a plus de médecin depuis un mois, souligne le correspondant du Monde. L’hôpital de Cayenne peine à trouver des candidats dans ces zones isolées : en 2017, 88 contrats ont été signés pour combler 17 postes de médecins dans l’intérieur.

Les paparazzi travailleront aisément. Dans le bourg de Camopi, le Dr Cahuzac est hébergé dans un logement de fonction : une maisonnette en bois avec un petit balcon, les volets clos. « C’est pourquoi ? », interroge l’ancien ministre ayant fait fortune dans la chirurgie esthétique, quand on sollicite son témoignage à travers la porte.

Puis l’homme jadis prolixe reste, dit Le Monde, « muré dans son silence ». Il ne saura que dans quelques mois si son passé le condamne à être enfermé dans une prison. Ce sera lors d’une audience, elle aussi à huis clos.

A demain

Les nouvelles aventures de Jérôme Cahuzac, médecin généraliste à l’ombre de Cayenne 

Bonjour

Il y a toujours eu de l’épique chez Jérôme Cahuzac,  héros post-balzacien. Nous avions tôt croisé l’homme qui, dans les antichambres du pouvoir, vivait aux antipodes de la réduction des risques quand cette dernière émergeait. Rastignac, énergie hors du commun. Un atypique, alors, dans les champs ouatés de la politique et de l’industrie pharmaceutique. A dire vrai il pouvait, alors, faire peur. Trop vite, trop haut, trop loin.

Puis on vit ce plongeur-escaladeur prendre, avenue de Breteuil, d’autres ascenseurs autrement huilés, s’envoler vers les plus hautes cimes de l’exécutif de notre République. Sous les ors, ils lévitait. On connaît la suite. L’aveu, la justice, le tragique. Et demain ? Peut-être, la rédaction du roman de sa vie. Un roman vrai construit sur une forfaiture du tonnerre – un mensonge historique prononcé, les yeux dans les yeux, dans un temple de la République française.

On le retrouva, ici ou là, sur des photos volées dans la solitude des montagnes corses. Puis aujourd’hui, voici le Dr Cahuzac dans la moiteur de Guyane, à l’ombre réclamée de l’hôpital de Cayenne. Aucune erreur : Jérôme Cahuzac, ministre de l’Economie et des finances au temps de François Hollande, reconnu coupable de fraude fiscale et de blanchiment de fraude fiscale vient d’être recruté comme médecin contractuel à orientation généraliste (pour une durée d’un mois) au sein du CH de Guyane, centre hospitalier Andrée-Rosemon.

Plus précisément sa mission, à compter de ce lundi 2 juillet, s’effectuera à Camopi, une petite commune souffrante au bord de l’Oyapock à proximité de la frontière brésilienne. C’est le quotidien local France Guyane qui a révélé l’information. Dans une interview à « Guyane la 1ère, » Agnès Drouhin, directrice du Centre Hospitalier Andrée Rosemon, explique que c’est Jérôme Cahuzac qui a proposé sa candidature.

Avenue des flamboyants

Camopi ? Un village isolé de 1.700 habitants, accessible uniquement en pirogue ou par avion au départ de Cayenne. Camopi et son CDPS : Centre Délocalisé de Prévention et de Soins. « M. Cahuzac s’est rendu à bord d’une pirogue dans ce village isolé de 1 700 habitants au sud-est de la Guyane, entre fleuve et forêt à la frontière du Brésil. ‘’Il avait déjà repris son activité médicale, a déclaré à l’Agence France-Presse le service de communication de l’hôpital, ajoutant qu’’’il est inscrit à l’Ordre des médecins ».

On se souvient qu’à l’encontre de cet ancien médecin le tribunal correctionnel avait prononcé une peine de trois ans ferme, en première instance, en décembre 2016. Il s’agissait, selon les termes du jugement, de sanctionner une « faute pénale d’une rare et exceptionnelle gravité, destructrice du lien social et de la confiance des citoyens dans les institutions de l’Etat et de ses représentants ». L’ancien ministre a fait appel dans l’espoir de bénéficier d’un aménagement de peine qui lui permettrait de ne pas passer par la case prison.

Puis, le 15 mai dernier, la cour d’appel de Paris condamnait Jérôme Cahuzac à quatre ans d’emprisonnement dont deux avec sursis. Une aggravation symboliquement de la peine mais aussi la perspective de ne pas aller en prison : le code de procédure pénale permet à toute personne condamnée à deux ans ou moins d’emprisonnement ferme de bénéficier d’un aménagement de peine. Mais, coup de pied de l’âne judiciaire : les juges d’appel ont refusé à l’ancien ministre un aménagement ab initio – dès le prononcé de la peine –, renvoyant la responsabilité de la décision à l’un de leur collègue en charge de l’application des peines. Celui-ci se prononcera dans quelques mois lors d’une audience à huis clos.

Dans l’attente, faute de pouvoir aller à Canossa, le pénitent, ancien chirurgien brillant, est allé s’enfermer à Camopi. A 66 ans, formidablement résilient, avenue des flamboyants.

A demain

 

Cannabis, drogues douces, drogues dures: hypocrisie et phrase du jour (France Inter)

 

Bonjour

C’est l’été et l’Angélus sur France Inter avec disparition de Nagui. Le temps de réfléchir. Nouvelle émission : « Le débat de midi » #débatdemidi. Aujourd’hui : « Cannabis : la grande hypocrisie ? ». William Lowenstein, médecin addictologue, président de SOS addictions ; Eric Poulliat, co-rapporteur de la mission parlementaire d’information relative à l’application d’une procédure d’amende forfaitaire au délit d’usage illicite de stupéfiants ; Nicolas Prisse, président de la MILDECA.

Rien de nouveau sous le soleil addictif et politique. Ou presque. Au Canada a donc franchi le pas : la consommation et la culture du cannabis vont devenir légales à partir du 17 octobre. En France s’ouvrent et se ferment des commerces qui vendent du cannabis plus ou moins « légal », plus ou moins « light ». Une enquête de Terra Nova laisserait penser que la moitié des Français – 51% – serait favorable à une dépénalisation.

Dans le même temps le pouvoir exécutif reste sourd et peut aisément être qualifié sinon de schizophrénique, du moins de dissociation éminemment hypocrite.

« Le cannabis reste un stupéfiant, martèlent les ministres de la santé et de la justice, rappelle France Inter.Mais les sanctions ne sont pas très lisibles et pas souvent appliquées : cela va d’un simple rappel à la loi à des peines de prison. Le gouvernement a donc décidé d’instaurer une amende forfaitaire : 300 euros pour les consommateurs. Nombreux sont ceux qui voient dans la politique française en la matière une forme d’hypocrisie. »

On écoutera, avec profit, l’émission. Et la phrase du jour : signée de William Lowenstein (45’30’’)« C’est pas tellement drogues dures drogues douces. C’est quels usages durs ou doux faisons-nous de ces substances psychoactives ».

Et ensuite ? Les Rita Mitsouko. « Alors c’est quoi » :

« Alors c’est quoi que j’appelle
c’est la joie, c’est elle
que les émois étincellent
et s’entremêlent encore nos voix.

A chaque fois je remets ça
1 2 3 ça recommence
à chaque fois je remets ça.

Réponds moi encore, montre toi
réponds moi encore, montre toi
réponds moi encore, et encore
et encore, encore une fois (…) »

C’est l’été sur France Inter.

A demain