Peut-on, humainement, laisser en «confinement» des personnes déjà emprisonnées?

Bonjour

20/03/2020. « Confiner au carré » ? Ou l’instauration, brutale et pour des raisons sanitaires, d’une forme de double, voire de triple peine. Dans une tribune publiée le 19 mars par Le Monde  un large collectif de chercheurs, magistrats et avocats (parmi lesquels Didier Sicard, professeur de médecine et ancien président du comité consultatif national d’éthique)  alertent le gouvernement sur la dangereuse situation carcérale qui prévaut durant l’épidémie de Covid-19. C’est, selon eux, une urgence : « Il y a urgence à agir pour diminuer la pression carcérale et permettre l’application, dans les maisons d’arrêt, des consignes élémentaires et impératives d’hygiène et de distanciation sociale. Pas demain. Pas la semaine prochaine. Aujourd’hui ».

Ces signataires ne sont pas les seuls. Dès le 17 mars la contrôleuse générale des lieux de privation de liberté (CGLPL), Adeline Hazan, a saisi la ministre de la justice, Nicole Belloubet, afin qu’elle prenne des « mesures immédiates et concrètes » pour réduire drastiquement la population pénale. La sécurité « n’est plus garantie » pour les détenus incarcérés dans les prisons les plus surpeuplées, où la promiscuité et l’insalubrité les placent « en situation de risque sanitaire élevé », a insisté Mme Hazan.

« Il faut aujourd’hui permettre à un maximum de personnes de sortir immédiatement de ce vase clos », ont abondé, dans un communiqué commun, plusieurs organisations, dont l’Observatoire international des prisons (OIP), l’Association nationale des juges de l’application des peines (Anjap) ou le Syndicat de la magistrature (SM).

Le gouvernement a annoncé, mardi 17 mars, la « suspension des parloirs » pour les quelque 70 000 détenus en France. Cette mesure (qui soulève la question de l’apport de produits psychotropes) s’ajoute à l’arrêt des activités quotidiennes habituelles et conduit  immanquablement à l’exacerbation contagieuse des tensions – faisant redouter l’émergence rapide des situations violentes observées en Italie ù des mutineries ont fait plusieurs morts. Les inquiétudes sont particulièrement vives  dans les maisons d’arrêt, où la suroccupation frôle les 140 % et où les « cellules triplées sont légion ». 

« Faire entrer un carré dans un rond »

Consciente de ces risques et afin « d’apaiser le climat en détention »,  la garde des sceaux a annoncé jeudi des mesures compensatoires : la gratuité de la télévision, un crédit téléphonique de 40 euros par mois et une aide financière pour les plus démunis. La ministre a également demandé aux juridictions de « différer la mise à exécution des courtes peines d’emprisonnement », avec pour conséquence des entrées en prison quotidiennes moindres ces derniers jours : « une trentaine » contre « plus de 200 habituellement ».  « Nous allons prendre des mesures pour limiter les courtes peines et pour soulager la détention. C’est évident que ça ne concernera pas les détenus dangereux » a déclaré Nicole Belloubet.

« Ça va dans le bon sens, mais c’est largement insuffisant », a réagi Adeline Hazan auprès de l’AFP. L’heure est grave. Il faut assurer l’encellulement individuel, principe posé dans la loi depuis 1875 ». Pour qu’il devienne réalité, « la garde des sceaux doit multiplier les grâces individuelles ou prendre une loi d’amnistie », a exhorté la CGLPL, comme l’ont aussi fait l’OIP et le SM. Selon les syndicats et associations signataires de la tribune, pour réduire « significativement le nombre de personnes incarcérées en exécution de courtes peines ou qui se trouvent en fin de peine », le « recours massif à la grâce individuelle », après « analyse attentive de chaque situation », est le moyen juridique le « plus efficace, rapide et adapté à cette urgence sanitaire ».

« Le seul vecteur de contamination dans les prisons aujourd’hui, depuis l’arrêt des visites des familles et des intervenants extérieurs, c’est le personnel, explique au Monde (Jean-Baptiste Jacquin)un bon connaisseur de l’administration pénitentiaire. « Or, sans masques pour les surveillants, c’est intenable. » Or la chancellerie n’évoque qu’un stock à venir de 100 000 masques. L’administration redoute désormais des mouvements de panique, avec des détenus qui voudront se protéger …des surveillants.

Dans une autre tribune publiée par Le Monde,  les avocats secrétaires de la Conférence des avocats du barreau de Paris écrivent : « Comment créer une « distanciation sociale » dans l’univers carcéral ? On ne doute ni des efforts ni de l’inventivité du personnel pénitentiaire. Mais il faut se rendre à l’évidence : au regard de la surpopulation carcérale, de la chimère qu’est devenu l’encellulement individuel et de ce qu’est intrinsèquement un lieu de détention, créer une distanciation en prison revient à faire entrer un carré dans un rond. »

A demain @jynau

Covid-19 et pénurie de masques protecteurs : incompréhensions et colères des soignants

Bonjour

19/03/2020. Parlera-t-on, après-demain, à propos de l’épidémie de coronavirus, du « scandale de la pénurie des masques » comme il y eut, avec la pandémie A(H1N1), celui du « trop-plein de vaccins » ?. L’affaire, depuis quelques jours, ne cesse de prendre de l’ampleur et embarrasse désormais au plus haut point l’exécutif. On laisse même filtrer, depuis le Palais de l’Elysée, la colère exprimée par Emmanuel Macron devant cette situation de pénurie difficilement compréhensible – une faille qui concerne au premier chef les soignants mais qui inquiète tous ceux qui, pour des  raisons professionnelles, sont incité à se protéger et à protéger leurs semblables.    

« Bien plus qu’un instrument de protection individuelle et de lutte contre la propagation du Covid-19, le masque est devenu en quelques semaines le symbole du sentiment d’abandon vécu depuis plusieurs années par le monde médical, et d’une forme de défiance vis-à-vis du gouvernement, observe Le Monde dans un long article documenté . ‘’Je regarde la médecine de ville, tous nos collègues médecins, infirmiers, kinésithérapeutes, toutes les personnes qui vont à domicile pour aider les personnes âgées à faire leur toilette, à manger : ils n’ont pas de masques, a déclaré le Pr Philippe Juvin, patron du service des urgences de l’hôpital parisien Georges-Pompidou, mercredi 18 mars sur CNews. C’est absolument inexplicable. Il faut que quelque chose soit fait à très court terme. Il faut fabriquer des masques. C’est ahurissant que dans un pays comme le nôtre nous n’ayons pas ces masques, des masques de tissu car c’est cela dont on parle !’’ »

Et la vérité c’est que ce sont partout le même discours, les mêmes craintes., les mêmes angoisses « C’est la dèche », résume le Dr Mathias Wargon, chef des urgences à l’hôpital Delafontaine à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis). Les lits, on sait qu’il n’y aura pas de miracle mais les masques, ça ne coûte que quelques centimes. C’est juste du papier. C’est incompréhensible qu’on n’en ait pas. » 

Le Dr Jérôme Salomon, directeur général de la Santé, après des jours et des jours où il avait réussi à faire patienter ses confrères avance aujourd’hui une nouvelle explication : « Le raté qu’on a eu ces derniers jours est lié à la réquisition, explique-t-il. On a bloqué les commandes faites par les hôpitaux, mais cela a évité la raptation (sic) par des pays étrangers. Maintenant, nous allons déstocker massivement. La production est organisée en 3×8 et nous aurons de quoi faire face. » Et d’appeler les particuliers qui auraient des masques à les remettre aux professionnels de santé.

Plainte pénale à l’encontre d’Agnès Buzyn et d’Edouard Philippe

Mercredi 18 mars, la Direction générale de la santé a annoncé un plan de livraison hebdomadaire de masques chirurgicaux et FFP2 aux professionnels de santé. Mais, dans les zones touchées, seuls dix-huit masques par semaine seront fournis aux médecins généralistes, aux pharmaciens, aux biologistes médicaux, et 6 par semaine aux sages-femmes et aux kinésithérapeutes… Sur le reste du territoire national, seuls les médecins seront approvisionnés. Un plan immédiatement dénoncé dans un communiqué conjoint du Centre national des professionnels de santé (CNPS), de la Fédération française des praticiens de santé (FFPS) et de la Fédération de l’hospitalisation privée (FHP), comme un plan de « rationnement » qui « ne permet pas d’assurer la sécurité des soignants ».

Au vu de la pénurie le ministère des Armées a décidé de livrer cinq millions de masques chirurgicaux, a annoncé mercredi la ministre Florence Parly alors que la France en manque cruellement dans la lutte contre le coronavirus. Les masques appartenant à des stocks de l’armée seront mis à la disposition du ministère de la Solidarité et de la Santé, précise-t-elle dans un tweet accompagné de photos de ces stocks.

 « Le Covid-19 est le révélateur du délaissement depuis dix ou vingt ans des hôpitaux par les gouvernements successifs, tempête Laurent Thines, neurochirurgien (CHU de Besançon). On le voit avec le manque de masques pour les soignants et la population. Il y a un phénomène de pénurie. Quand Olivier Véran dit que cela a été anticipé, c’est faux. Il ne dit pas la vérité. » 

C’est dans ce contexte qu’un collectif de soignants vient de saisir la Cour de justice de la République en visant Agnès Buzyn et Edouard Philippe. Ce collectif estime que le Premier ministre et l’ex-ministre de la Santé ont fait preuve de « négligence coupable » dans la gestion de la crise liée au Covid-19. Cette initiative sans précédent fait suite aux déclarations assez peu compréhensibles, faites au Monde (Arianne Chemin) par Agnès Buzyn – expliquant en substance qu’elle avait alerté le chef de l’Etat et le Premier ministre dès janvier quant à la dangerosité du Covid-19. Une véritable déflagration, tant dans son camp politique que dans celui de l’opposition.

Aujourd’hui ce collectif de professionnels de santé dénommé C19 annonce, par le biais d’un communiqué rédigé par son cabinet d’avocats, la saisine de la Cour de justice de la République d’une plainte pénale à l’encontre d’Agnès Buzyn et d’Edouard Philippe, Premier ministre. Cette instance, juridiction française d’exception, est compétente pour juger les crimes ou délits commis par des membres d’un gouvernement dans l’exercice de leurs fonctions.

Peut-être retiendra-t-on aussi, dans l’avenir que pour qualifier tout ceci, inconscient ou pas, Agnès Buzyn avait eu ce mot : « mascarade » ; « un divertissement dont les participants sont déguisés et masqués ». 

A demain @jynau

Coronavirus: comment la pénitentiaire va-t-elle gérer les contaminations en prison ?

Bonjour

14/03/2020. Le monde se ferme, l’Europe se claquemure, la France se calfeutre. Pour autant quelques millions de Français vont se rendre aux urnes demain pour élire leur maire. Fallait-il interdire ces rassemblements ? Qui évaluera les effets épidémiologiques de cette décision prise, après de longs atermoiements dit-on, par Emmanuel Macron sur la dase de l’avis d’un comité d’experts ad hoc ? Le dernier bilan communiqué du ministre de la Santé, Olivier Véran, faisait état de près de 800 nouveaux cas de Covid-19 et 18 morts supplémentaires en vingt-quatre heures. Une accélération incontestable. Dans le pays, 3 661 cas et 79 morts ont été confirmés depuis le début de l’épidémie.

C’est dans ce contexte que l’on apprend, via l’AFP, qu’un homme de 74 ans, détenu à Fresnes vient d’être testé positif au coronavirus – une première dans les prisons françaises, vient d’annoncer la porte-parole du ministère de la justice, Agnès Thibault-Lecuivre. Incarcéré le 8 mars en cellule individuelle dans la prison du Val-de-Marne, cet homme a été, après l’apparition de premiers symptômes, conduit vendredi à l’hôpital du Kremlin-Bicêtre où sa contamination a été avérée. « Il [n’a] pas été en contact avec d’autres détenus », assure le ministère. Ce septuagénaire avait fait l’objet d’un « suivi particulier » dès son arrivée à Fresnes en raison de son âge et de son « état de santé ».

Un « dispositif de suivi » a été, depuis, mis en place à Fresnes pour le personnel pénitentiaire qui a été en contact avec ce détenu, a ajouté Mme Thibault-Lecuivre. Pour l’heure il est impossible de déterminer si sa contamination a eu lieu en milieu ouvert ou au sein de la prison. La veille, la ministre de la Justice, Nicole Belloubet, avait annoncé qu’une infirmière de Fresnes avait contracté l’infection – le lien entre les deux contaminations n’étant pas établi à ce stade.  Faut-il rappeler qu’avec 2 159 détenus pour 1 320 places, la maison d’arrêt de Fresnes connaît, comme de nombreux autres établissements en France, une forte surpopulation carcérale ? Avec toutes les conséquences sanitaires que l’on peut imaginer.

A demain @jynau

L’Italie pourra-t-elle maintenir jusqu’au mois d’avril le confinement de l’ensemble du pays ?

Bonjour

10/03/2020. Le bilan mondial des décès dus au nouveau coronavirus a dépassé la barre des 4 000 et on recense désormais plus de 114 000 personnes dans plus de 100 pays et territoires. Toute l’Union européenne est désormais directement touchée, avec l’annonce de deux premiers cas à Chypre. L’Allemagne a annoncé ses deux premiers décès. L’Europe a passé lundi le cap des 15 000 cas et des 500 morts.

Dans ce contexte l’Italie (60 millions d’habitants, plus de 9 000 cas, 463 décès) vient de franchir une nouvelle étape. Le gouvernement italien a décidé le 9 mars, par voie de décret, d’étendre à l’ensemble du territoire les mesures exceptionnelles de confinement qui ne s’appliquaient jusqu’alors qu’au nord du pays. En pratique Rome a décidé de limiter strictement les déplacements de tous les Italiens, et d’interdire tout rassemblement. L’Italie, résume l’AFP, devient ainsi le premier pays dans le monde à généraliser des mesures aussi draconiennes. Mesures valables, pour l’heure, jusqu’au 3 avril.

« Il n’y a plus de temps à perdre », a déclaré Guiseppe Conte, Premier ministre italien. Il a appelé tous les habitants à « éviter les déplacements » sur le territoire national et ordonné une « interdiction de rassemblement ». « Je vais signer un décret que l’on peut résumer ainsi : “Je reste chez moi”. Il n’y aura plus de “zone rouge dans la Péninsule” (…). L’Italie tout entière deviendra une zone protégée », a-t-il affirmé, sur un ton grave selon les observateurs, lors d’un point presse au siège du gouvernement.

Ne sont désormais possibles que les mouvements répondant à des « impératifs professionnels dûment vérifiés et à des situations d’urgence, pour des raisons de santé ». Les personnes présentant des symptômes d’affection respiratoire et de la fièvre « sont fortement incitées à rester chez elles et limiter au maximum tout contact social, y compris avec leur médecin traitant ». Dans ce contexte, et pour éviter les déplacements à caractère professionnel, les entreprises (publiques et privées) sont invitées à mettre leur personnel en congé. Reste les innombrables difficultés d’application d’une telle mesure – ainsi n’est-il pas prévu « de limiter les transports publics, afin de garantir la continuité » de l’activité économique « et de permettre aux gens d’aller travailler », a précisé le Premier ministre.

Les cérémonies religieuses (mariages, baptêmes, funérailles) sont interdites

« Les piscines, salles de sport, thermes, centres culturels et centres de bien-être doivent suspendre leurs activités. Le gouvernement avait déjà ordonné la fermeture des cinémas, des théâtres et des musées et les magasins et restaurants avaient reçu pour consigne de faire respecter une distance de sécurité d’au moins un mètre entre leurs clients. A compter de mardi, tous les restaurants et bars devront tirer le rideau à 18 heures, résume Le Monde, avec Reuters et l’AFP. Initialement prévue jusqu’au 15 mars, la fermeture des écoles et des universités restera en vigueur jusqu’au 3 avril, et tous les concours sont suspendus. Les lieux de culte restent ouverts, à condition de permettre le respect de la distance de sécurité d’au moins un mètre, mais les cérémonies religieuses (mariages, baptêmes, funérailles) sont interdites. »

Le décret gouvernemental précise également, décision sociétale majeure, que sont annulés tous les événements sportifs, « de tout niveau et toute discipline ». « Il n’y a pas de raison pour que se poursuivent les matchs et les manifestations sportives et je pense au championnat de football. Je suis désolé mais tous les tifosis doivent en prendre acte », a déclaré M. Conte. Seule clémence gouvernementale : le décret prévoit la possibilité d’organiser à huis clos des matchs dépendant d’instances internationales, ce qui est le cas de la Ligue des champions et de la Ligue Europa. Ainsi, le match de C1 Juventus-Lyon est-il (pour l’instant) toujours programmé le mardi 17 mars à Turin.

« Ni les statuts de la fédération ni ceux de la Ligue ne prévoient le cas d’un championnat interrompu en cours de saison et plusieurs observateurs et médias italiens imaginent un report ou une annulation de l’Euro-2020 comme seule possibilité de boucler la Serie A, résume Le Monde. Un championnat qui a résisté à tout, ou presque. En 1973, l’épidémie de choléra qui avait fait 227 morts dans le pays, dont plus de 170 à Naples, n’avait ainsi pas stoppé le Calcio. Seules les deux guerres mondiales l’avaient arrêté. »

C’est ainsi : le football, l’Italie et ses tifosis nous disent, aujourd’hui, dans quelle situation nous sommes. L’Italie est le premier pays démocratique à prendre des mesures aussi drastiques face à une menace épidémique. L’Italie tiendra-t-elle jusqu’au 3 avril ?

A demain @jynau

NB Lutaud B, « Coronavirus : pourquoi y a-t-il autant de cas et de décès en Italie ? » Le Figaro, 10 mars 2020

Coronavirus et polémique sur les masques : des généralistes attaquent l’Etat en justice

Bonjour

04/03/2020. Pouvait-on, dans le désordre actuel, faire l’économie de cette nouvelle affaire ? Des médecins généralistes viennent de saisir la justice : ils « exigent de l’Etat », dans le contexte de l’épidémie due au nouveau coronavirus, de pouvoir disposer de masques FFP2. C’est Me Fabrice Di Vizio, spécialiste de la défense des professions de santé,  qui vient de l’annoncer à la presse : il a saisi le tribunal administratif de Paris en référé. Objectif : « exiger de l’État la fourniture de masques FFP2 » à tous les généralistes libéraux exerçant sur le territoire national.


Dans son référé, l’avocat fait valoir que « les médecins de ville, exerçant sous la forme libérale sont des acteurs de premier plan en matière de lutte contre l’épidémie de Covid-19, en ce que la mission de diagnostic et d’identification du virus leur incombe au premier chef. » Le ministère de la Santé a annoncé la distribution de masques chirurgicaux, mais pas de masques FFP2, généralement présentés comme assurant une meilleure protection.

Stocks français au plus bas

« Mes clients médecins généralistes demandent de leur fournir, ainsi qu’à l’ensemble de leurs confrères et consœurs les seuls masques qui peuvent les protéger efficacement – les masques de type FFP2, explique Me Fabrice Di Vizio. Le principe de précaution doit être respecté, comme l’a rappelé l’ancienne ministre de la Santé elle-même – et conformément aux recommandations de la Société française d’hygiène hospitalière ! »

L’avocat prend bien soin de rappeler que « que les médecins de ville, exerçant sous la forme libérale sont des acteurs de premier plan en matière de lutte contre l’épidémie, en ce que la mission de diagnostic et d’identification du virus leur incombe au premier chef ». Il a bien entendu que le ministre de la Santé et des Solidarités a annoncé la distribution de masques chirurgicaux, mais que ceux-ci « sont insuffisants pour protéger les professionnels de santé de la maladie ». Une affirmation quelque peu contredite, référence scientifique à l’appui (JAMA), par le Dr Jérôme Salomon, Directeur général de la Santé, lours de son « point presse » du 3 février.

Le référé vise à enjoindre l’État de « distribuer des masques de type FFP2 aux médecins généralistes, sous astreinte financière de 1 000 euros par jour de retard ». Question : que se passera-t-il si, comme l’a expliqué le Dr Olivier Véran, les stocks français de masques FFP2 sont au plus bas ? Que dira, alors, référé ou pas, le droit ?

A demain @jynau

Coronavirus post-Mao : le contrôle de l’épidémie est-il compatible avec la démocratie ?

Bonjour

Les régimes autoritaires contrôlent-ils mieux les vagues épidémiques que les régimes pleinement démocratiques ? Question en attente. « Pas de panique ! De la discipline et un minimum de confiance mutuelle … » vient de préconiser Jean-Luc Mélenchon sur France Inter.

Au même instant on apprenait, grâce à l’AFP, qu’en Chine  homme venait d’être condamné à mort pour avoir poignardé et tué deux fonctionnaires à un barrage contrôlant la présence de potentiels porteurs du nouveau coronavirus.

Ma Jianguo, 23 ans, a été condamné à mort dimanche 1er mars par un tribunal local. Le 6 février, conduisant un minivan, il avait refusé de s’arrêter à un poste de contrôle de l’épidémie à Honghe, un village dans la province du Yunnan, frontalière du Vietnam, et son passager avait tenté de dégager les obstacles bloquant la route, explique le tribunal local.

Crime « extrêmement haineux »

Un fonctionnaire filmait la scène sur son téléphone portable. Ma Jianguo lui avait alors donné un coup de couteau à la poitrine et à l’abdomen. Avant de s’en prendre à un autre homme venu à la rescousse, ajoute le communiqué du tribunal de Honghe. Les deux fonctionnaires sont morts de leurs blessures. Le tribunal a estimé que Ma Jianguo n’avait «pas obéi» aux cadres locaux, «ignoré la loi nationale» relative à l’épidémie et commis un crime «extrêmement haineux».

En Chine, les autorités à tous les niveaux ont adopté des restrictions de circulation drastiques et des mesures de confinement à travers le pays pour enrayer la propagation du nouveau virus apparu fin 2019. Des villages et des quartiers entiers se barricadent depuis janvier derrière des barrages dans l’espoir d’échapper à l’épidémie. Wuhan, la métropole du centre de la Chine d’où s’est propagée l’épidémie, et la province du Hubei dont elle est la capitale, sont de facto coupés du monde depuis le 23 janvier, toutes les liaisons ayant été suspendues.

NB:  « La gestion musclée du coronavirus en Chine. Le pays use d’une manière forte héritée de Mao » de Richard Arzt, Slate.fr, 2 mars 2020

A demain @jynau

Des «vers» retrouvés dans le lait infantile Gallia. Le géant alimentaire Danone ne comprend pas

Bonjour

C’est une « information RTL » de nature à faire frémir nombre de parents. Aujourd’hui en France cinq familles ont découvert des larves ou des vers dans des boîtes de lait infantile de la marque Gallia. Deux d’entre elles ont d’ores et déjà porté plainte.Après la Bretagne, le Puy-de-Dôme et les Landes, c’est dans le Var et les Bouches-du-Rhône que deux autres familles ont trouvé des vers dans leurs boîtes de lait de la marque Gallia Galliagest 0-6 mois. RTL :

« Dans le Var, Sarah a fait cette horrible découverte le 4 janvier dernier alors qu’elle s’apprête à faire le biberon de son fils d’un mois. « Je vois comme une toile d’araignée dans la boite, donc je secoue un peu la boite et dans le fond il y avait un ver, une larve d’un centimètre et demi. Du coup j’ai attendu que mon conjoint arrive, j’ai mis la larve dans la cuillère doseuse et je l’ai renvoyée à la pharmacie. On a prévenu toutes les pharmacies aux alentours pour donner le numéro de série parce que ce lait, le Galliagest, ne se trouve pas dans les supermarchés mais dans les pharmacies », raconte-t-elle. »

Sarah a décidé de porter plainte, comme les familles de Bretagne et du Puy-de-Dôme. Plainte pour intoxication alimentaire comme cette femme dont la fille de 3 mois et demi a régurgité un ver de 6 cm de long après avoir été malade pendant 3 semaines sans que les médecins trouvent l’origine de ses symptômes.

« On ne porte pas plainte pour avoir des dédommagements mais pour que Gallia réponde à nos questions, que ça ne reste pas comme ça en interne sans réponse. C’est une démarche pour leur dire : attention, il se passe quelque chose, ce n’est pas normal qu’il ait tous ces cas en si peu de temps qui ressortent. Peut-être que ça ne vient pas de l’usine mais si ça vient de l’entrepôt de stockage ou de l’acheminement, ce n’est pas de notre responsabilité mais de la leur. »

Et Gallia (propriété du groupe Danone) ? Sa réponse :

« En l’état des informations à date transmises et sans que les boîtes de lait ne nous aient été retournées pour analyse, plusieurs hypothèses peuvent expliquer la présence d’un insecte : les conditions de transport, de stockage en entrepôt, de conservation, etc. En ce qui concerne, la chaîne de production, nous rappelons que la poudre de lait ne transite pas à l’air libre. Elle chemine dans des tuyaux fermés et est conditionnée sous atmosphère protectrice avec moins de 2% d’oxygène, rendant de fait impossible la survie d’un organisme vivant dans ces conditions. »

Etrange, donc. Le géant explique aussi avoir besoin de « faire des analyses plus poussée »s sur ses boîtes de lait. Il mis en place un « numéro vert » (0800 202 202) pour rassurer celles et ceux qui redoutent, désormais, des laits contaminés.

A demain @jynau