Coronavirus : faudrait-il, désormais, l’espérer chez tous les Français âgés de plus de 70 ans ?

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Il est d’ores et déjà présent dans les inconscients ; que ces derniers soient ou non structurés comme le langage. Et il émerge là où il ne le devrait pas. « Un député LRM a-t-il souhaité « un coronavirus chez les plus de 70 ans » ? » titrent Les Décodeurs du Monde.

Où l’on découvre un extrait vidéo d’un débat sur BFM-TV qui a suscité de nombreux commentaires sur les réseaux sociaux. Le député La République en marche (LRM, Val -d’Oise) Dominique Da Silva y déclare :« Il faudrait espérer un coronavirus qui viendrait atteindre les plus de 70 ans » (la vidéo est visible ici).

« Pour bon nombre de commentateurs, résume Le Monde, l’affaire est entendue : le parlementaire verrait d’un bon œil une hausse de la mortalité des plus âgés, solution radicale pour équilibrer le système des retraites. C’est par exemple ce que sous-entend ce message d’un militant insoumis sur Twitter : Jean Hugon@JeanHugon3.Plusieurs sites Internet peu scrupuleux ont mis en exergue une partie de ses propos en ce sens, et des photomontages le martèlent également.

« C’est joli, les Français vont apprécier…»

Accuser Dominique Da Silva de souhaiter qu’une maladie engendre une disparition massive de seniors français ? Les choses sont en réalité plus claires lorsqu’on resitue son intervention dans son contexte.

Dominique Da Silva était l’invité de BFM-TV samedi 24 janvier à 12 h 10 pour un débat sur la réforme des retraites, face au délégué national du Rassemblement national (RN) Jean-Lin Lacapelle. Ce dernier y a longuement critiqué le projet du gouvernement, l’accusant de vouloir faire « travailler plus pour gagner moins » à la retraite. C’est pour défendre le projet de la majorité à laquelle il appartient que Dominique Da Silva a tenu ces propos. Voici précisément sa réponse au délégué général du RN :

« Ecoutez, si l’espérance de vie s’allonge, croyez-moi que votre projet de prendre sa retraite à taux plein à 60 ans, personne n’y croit. C’est moins que la réforme des socialistes… Je ne pense pas que les Français puissent croire un seul instant qu’avec un allongement [de l’espérance de vie], ou alors il faudrait espérer un coronavirus qui viendrait atteindre les plus de 70 ans car je ne vois pas comment on pourrait équilibrer. Ce que vous proposez, cela ne tient pas la route. » 

« Son intention était donc, sous couvert d’ironie, de dénoncer le supposé manque de réalisme de la position du RN sur les retraites – et non d’espérer un pic de mortalité de personnes âgées, conclut Le Monde. Reste que sur le fond, l’intervention de M. Da Silva peut sembler confuse et maladroite. Ce que son interlocuteur, Jean-Lin Lacapalle, n’a pas manqué de souligner : « C’est joli, c’est bien comme argument, les Français vont apprécier… »

De la difficulté, en somme, de manier (au sujet des retraites) ce bien joli verbe : espérer.

« À la longue, ils eussent pu prononcer avec Guillaume d’Orange qu’« il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer ». Ambrière, Gdes vac.,1946, p. 220.

A demain @jynau

Coronavirus : peut-on désormais, sans danger, utiliser la métaphore de la «Cocotte-minute®»

Bonjour

Tout évolue à très grande vitesse sur le front du « corona » (nouvelle abréviation médiatique). Où l’on voit désormais certains médias interroger avec componction les experts sur le fait de savoir « s’ils en font trop ou pas assez ». Où l’on voit, aussi, se multiplier à l’infini les nouvelles sources d’interrogations : « masques », « portiques », « quarantaine », « incubation », « thermomètre frontal », « mutations », « chambres d’isolement à pression négative/positive » etc.

Où l’on voit, enfin, certains hauts responsables commencer à puiser dans le grand sac des métaphores. Ainsi la ministre Agnès Buzyn user de celle de l’incendie qui, comme chacun sait, doit être au plus vite circonscrit.  Ainsi le Pr Arnaud Fontanet (Institut Pasteur de Paris), qui dans Le Monde, a recours à un outil généralement utilisé en cuisine. Le Monde (Rémi Barroux) lui demande si l’OMS aurait dû décréter un « état d’urgence internationale ».

Ne pas oublier de dépressuriser

«  C’est difficile à dire, répond le pastorien. On se rend compte que la déclaration de l’OMS a été très débattue : retardée d’un jour, avec un communiqué qui indique que les membres du comité avaient des avis différents, ce qui exceptionnel. Pour déclarer une ‘’urgence de santé publique de portée internationale’’, il faut que ce soit soudain, grave, d’une ampleur mondiale et que la réponse nécessite une action coordonnée à l’échelle internationale. Or, pour le moment, la dimension mondiale est encore incertaine, puisque dans tous les pays où des cas ont été enregistrés, il n’y a pas eu de cas secondaire, c’est-à-dire pas de personne secondairement infectée dans l’entourage du cas importé. Même si on se rend compte qu’il y a une cocotte-minute en Chine. Qu’en sera-t-il dans quinze jours ? »

Attendons quinze jours, donc. Dans l’attente, la « Cocotte-minute® » (marque déposée depuis soixante-sept ans par SEB, célèbre acronyme de « Société d’Emboutissage de Bourgogne »). Un objet devenu culte également connue sous le nom d’ « auto-cuiseur » : ustensile de cuisine constitué d’un récipient en métal épais hermétiquement clos par un couvercle équipé d’une valve de dépressurisation. Il permet de cuire les aliments sous haute pression. Où l’on retrouve incidemment la notion de pression, avec tous les risques et dangers qui y sont associés. La Chine a-t-elle su manier comme il convenait la petite valve de dépressurisation ?

A demain @jynau

Mais comment a-t-on réussi à lessiver le corps des soignants hospitaliers? (France Culture)

Bonjour

Il y a le texte, essentiel 1 : le Pr Stéphane Velut, chef de service de neurochirurgie du CHU de Tours éclaire une piste jusqu’ici ignorée (ou très largement sous exploitée) : celle du langage comme symptôme, ce langage « managérial » qui en quatre décennies a envahi la sphère d’un hôpital devenu industrie. Un langage qui l’étouffe 2

« (…) Pourquoi, à l’hôpital, faut-il subir le métalangage du Leader mondial du consulting visant à nous faire avaler un «beau projet»? L’épithète apparaît devant toute perspective risquant de faire grincer des dents. En l’occurrence, il s’agit d’un «nouvel hôpital» dont le nombre réduit de lits devra être compensé par une «optimisation de nos pratiques» qui étaient jusque-là, dit le communicant, «parfaitement inappropriées».

Ce beau projet comportant moins de lits, il faudra concrètement réduire cette fameuse DMS (Durée moyenne de séjour), autrement dit: limiter le stock de gens et en accélérer le flux. C’est pourtant simple. Il nous montre fièrement le plan d’un «hôpital-aéroport». Comment en sommes-nous arrivés là, à devoir subir ce langage repris par l’administration et destiné à nous faire admettre cette perspective intenable? (…) »

« Prière de redimensionner le capacitaire »

Il y a désormais le complément radiophonique 3. Un modèle d’émission où productrice-animatrice laisse (enfin) l’invité parler, accepte ces silences où l’on perçoit la pensée s’élaborer. Trente-trois minutes concentrées durant lesquelles l’auditeur s’approche, au mieux, de la déconstruction en cours du modèle hospitalier français. D’un corps soignant désabusé, puis désenchanté, puis « lessivé », puis en état de désarroi.

Désarroi dont l’auteur redoute qu’il finisse par « avoir raison de son abnégation ». Un monde dont nul ne sait encore s’il résistera au métalangage et à la fabrique du consentement. S’il saura « s’adapter à la transversalité de projet pour parvenir à une meilleure agilité… ». « Se transformer d’hôpital de stocks en hôpital de flux… ». Non pas « réduire le nombre de lits » mais « redimensionner le capacitaire ». Hôpital de demain, hôpital sans humain ?  

A demain @jynau

1 Velut S,  L’hôpital une nouvelle industrie. Le langage comme symptôme  Editions Gallimard. Collection Tracts. 3,90 euros

2 La novlangue managériale a infesté l’administration hospitalière Slate.fr, 21 janvier 2020

3 Gesbert O, La grande table des idées, Stéphane Velut  France Culture, 24 janvier 2020  Avec la rediffusion du remarquable témoignage du Pr  Agnès Hartemann, chef du service diabétologie de la Pitié-Salpêtrière (16/01/2020)

Christophe Castaner et la «PMA pour toutes»: les préfets sont priés de ne pas «diverger»

Bonjour

Silence de marbre dans les rangs de la préfectorale. C’est une affaire à bien des égards édifiante. Où l’on apprend que Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur, vient de convoquerle préfet des Pays de la Loire pour le rappeler à « ses obligations » après des propos critiques sur l’ouverture de la PMA « à toutes les femmes ». Une affaire rapportée dans le détail par Médiacités.  (Anthony Torzec). Extraits :

« La réputation de Claude D’Harcourt n’est plus à faire. Le préfet de Loire-Atlantique et des Pays de la Loire est connu pour son style direct. « Cash », même. Trop ? C’est la question qui se posait, hier soir, à l’issue de son discours de vœux prononcé devant les responsables des services de l’État, les élus locaux, parlementaires, représentants des religions et des associations. Au milieu d’un portrait bien sombre de l’année 2019 – année « de fractures, de violences » qui lui « laisse un sentiment de lassitude, d’impuissance » -, le représentant de l’État dans la Région sort soudain de son devoir de réserve pour exprimer ses doutes à propos du projet de loi du gouvernement sur l’ouverture de la procréation médicalement assistée à toutes les femmes. « Le projet de loi bioéthique porte une rupture anthropologique majeure », lâche-t-il, reprenant l’expression employée par l’Académie de médecine en septembre dernier. Un avis « un peu daté » avait jugé, à l’époque, la ministre de la Santé Agnès Buzyn. « A titre personnel, je ne suis pas sûr que cette loi favorise les repères auxquels aspirent nos concitoyens », poursuit le préfet. »

Puis le préfet d’Harcourt poursuit son discours centré autour des malaises de la société française, citant notamment « L’archipel français », récent ouvrage du politologuecentré autour du malaise de notre société, les travaux du philosophe et historien Marcel Gauchet ou encore François Mauriac (1885-1970). Où l’on comprend qu’un préfet peut aussi lire, penser et partager ses idées.

Mais Médiacités de s’interroger. Simple usage de sa liberté d’expression ou entorse à la loyauté dû par le représentant de l’Etat au Gouvernement ? « Le principe de neutralité du service public interdit au fonctionnaire de faire de sa fonction l’instrument d’une propagande quelconque », indique le site fonction-publique.gouv.fr. Cette « obligation de réserve est particulièrement forte pour les titulaires de hautes fonctions administratives en tant qu’ils sont directement concernés par l’exécution de la politique gouvernementale ».      

« Les avis divergents ne sont pas les bienvenus au sein de la fonction publique ».

Médiacités n’en resetra pas là :  « Si personne ne bronche dans le salon de la préfecture aux dorures XVIIIe, chacun a bien retenu la sortie préfectorale. Un élu en particulier ne cache pas sa satisfaction : le vice-président (Les Républicains) du conseil régional des Pays de la Loire Sébastien Pilard. Tout juste rentré de la manifestation parisienne de dimanche « contre la PMA pour toutes », il juge le préfet « courageux » avant d’expliquer à Mediacités qu’il aimerait « que certains politiques aient le même courage ».

«La députée macroniste et candidate à la mairie de Nantes Valérie Oppelt exprime pour sa part sa « surprise ». « Peut-être que le préfet devrait rencontrer les acteurs de ce sujet », conseille-t-elle, en précisant qu’elle a voté cette loi en première lecture. D’habitude si prompt à monter au créneau sur ces questions de société, le président du conseil départemental de Loire-Atlantique, Philippe Grosvalet, préfère « ne pas faire de commentaire ».

Puis voici que le préfet d’Harcourt est convoqué en urgence à Paris, par le ministère de l’Intérieur, mercredi 22 janvier. Pour Christophe Castaner, ces propos constituent une « faute ». Le ministre « a demandé au préfet d’Harcourt de réagir dans la journée », voulant « lui rappeler ses obligations ». « Les avis divergents ne sont pas les bienvenus au sein de la fonction publique ».

A l’issue de cet entretien, le préfet des Pays de la Loire faisait paraître un communiqué dans lequel « il reconnaît que son expression, même s’il a précisé qu’il s’agissait de son opinion personnelle, dès lors qu’elle était publique, était inadéquate (…). Il a eu ce matin l’occasion de fournir ces explications au ministre de l’Intérieur, qui lui a rappelé ses obligations ».

Pour le sénateur socialiste Jean-Pierre Sueur, un préfet « a tout à fait le droit d’avoir sa conception, mais lorsqu’il exerce une mission officielle, il se doit de représenter le gouvernement. Il ne peut pas dire le contraire de ce que disent Nicole Belloubet ou Agnès Buzyn dans le même temps devant le Sénat ». Où comment inciter à faire durablement silence dans les rangs de la vieille préfectorale.

A demain @jynau

Découvrez comment le langage managérial en vient à étouffer les espaces hospitaliers français

Bonjour

Répétons-nous. Voilà un opuscule (3,90 euros) essentiel pour qui veut comptendre la crise majeure dont souffre le monde hospitalier français : « L’hôpital une nouvelle industrie. Le langage comme symptôme ». Editions Gallimard, collections Tracts. Un document majeur signé du du Pr Stéphane Velut, chef du service de neurochirurgie du CHU de Tours.

On sait que cette crise ne cesse, depuis un an, de prendre de l’ampleur et d’inquiéter le plus grand nombre. Nous observons aussi que face à ce mouvement sans précédent en France, le président de la République et le gouvernement semblent désormais comme dépassés. Les quelques réponses techniques et financières annoncées au fil des mois par Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, sont vite apparues comme déconnectées de la réalité et des ressentis. Et la ministre, formée dans ce monde hospitalier, apparaît désormais sinon comme discréditée du moins comme ne pouvant plus être sérieusement écoutée.

C’est ainsi que nous commençons, collectivement, à prendre conscience d’un mal plus profond : après avoir incarné la charité, puis avoir développé la compétence voici que l’hôpital public français est, pour la première fois de son histoire, en quête de son identité, de sa raison d’être. C’est dans ce contexte que nous est offerte cette analyse originale – une réflexion qui intègre le foisonnement, rarement exploré, d’un  langage managérial qui a envahi et étouffe l’hôpital public français. Où l’on retrouve quelques-unes des perversités du/de la novlangue imaginé.e par George Orwell dans son 1984.

Répétons-nous, une document essentiel dont Slate.fr vient de publier un extrait : « La novlangue managériale a infesté l’administration hospitalière ».

A demain @jynau

Jekyll et Hyde : une bien étrange découverte de chercheurs français au sein du sang humain

Bonjour

Le vivant est, en réalité, toujours un peu plus complexe qu’imaginé. La preuve nous en est aujourd’hui apportée par une équipe de chercheurs français travaillant (notamment) au sein d’une équipe de l’Inserm basée à Montpellier. Une preuve publiée dans The FASEB Journal : « Blood contains circulating cell‐free respiratory competent mitochondria » 1. Où l’on apprend qu’il existe, dans le sang humain circulant, des « mitochondries complètes et fonctionnelles ». « Ces organites responsables de la respiration des cellules n’étaient jusqu’à présent retrouvés hors de ces dernières que dans des cas très particuliers, résume l’Inserm. Ces résultats apportent des connaissances inédites en physiologie et ouvrent la voie à de nouvelles pistes thérapeutiques. »

« Mitochondries » : Organites intracellulaires dont la fonction principale est de fournir aux cellules l’énergie dont elles ont besoin pour assurer leur survie et les fonctions qu’elles sont censées accomplir. Les cellules tirent leur énergie de molécules organiques (sucres, protéines, lipides) qu’elles puisent dans leur environnement. Ces molécules organiques une fois oxydées en présence d’oxygène fournissent des électrons à un ensemble de complexes protéiques formant la chaîne de transport des électrons encore appelée chaîne respiratoire. La chaîne respiratoire est localisée dans la membrane interne mitochondriale. Une deuxième fonction primordiale de la mitochondrie est sa participation active à la mort des cellules (apoptose ou mort cellulaire programmée). La mitochondrie a donc une double vie: elle assure la survie des cellules en leur fournissant de l’énergie sous forme d’ATP et, dans certaines circonstances, participe à leur destruction. C’est ‘le Dr Jekyll and Mr. Hyde’ de la cellule. (Pr Jean-Claude Martinou, Département de biologie moléculaire, Université de Genève).

On sait aussi que ces mêmes mitochondries, composées d’un ADN qui leur est propre, peuvent parfois être observées hors des cellules sous forme de fragments encapsulés dans des microvésicules. Dans certaines conditions très spécifiques les plaquettes sanguines sont également capables de libérer des mitochondries intactes dans l’espace extracellulaire

Les chercheurs de Montpellier gardaient en mémoire des observations antérieures montrant que le plasma sanguin d’une personne en bonne santé contenait jusqu’à 50 000 fois plus d’ADN « mitochondrial » que d’ADN « nucléaire ». Aussi ont-ils posé l’hypothèse que, pour être ainsi détectable et quantifiable dans le sang, l’ADN mitochondrial devait y être protégé par une structure suffisamment stable. Afin d’identifier cette dernière, une centaine d’échantillons de plasma sanguin ont été analysés.

Sept années de travaux

Et ce sont ces analyses qui ont révélé la présence dans la circulation sanguine de structures hautement stables contenant des génomes mitochondriaux entiers. Après examen de leur taille, de leur densité ainsi que de l’intégrité de l’ADN mitochondrial qu’elles contenaient, ces structures observées en microscopie électronique (jusqu’à 3,7 millions par ml de plasma sanguin) se sont révélées être des mitochondries intactes et fonctionnelles, résume l’Inserm.

 « Lorsque l’on considère le nombre élevé de mitochondries extracellulaires que nous avons trouvées dans le sang, on peut se demander pourquoi cela n’a pas été découvert auparavant » remarque Alain R. Thierry, directeur de l’équipe de chercheurs. C’est aussi une question à laquelle il ne répond pas. « Les mitochondries extracellulaires pourraient effectuer plusieurs tâches en tant que messagers pour l’ensemble de l’organisme » précise-t-il toutefois.

Ces mitochondries voyageuses pourraient ainsi être impliquées dans de nombreux processus physiologiques et/ou pathologiques nécessitant une communication entre les cellules. « Dr Jekyll et Mr. Hyde » au carré, en somme. Le vivant est peut-être un peu plus étrange que ne l’avait imaginé Robert Louis Stevenson

A demain @jynau

1 Zahra Al Amir Dache , Amaëlle Otandault, Rita Tanos et al  « Blood contains circulating cell‐free respiratory competent mitochondria »  https://doi.org/10.1096/fj.201901917RRCes travaux ont bénéficié du soutien du SIRIC Montpellier Cancer (Inserm/CNRS/Université de Montpellier/Institut du Cancer de Montpellier/CHU de Montpellier/Université Paul Valéry) financé par l’Inserm, l’INCa et la DGOS.

La «radicalisation» : qui nous dira de quoi elle peut bien, aujourd'hui être, ou non, le nom ?

Bonjour

19 janvier 2020. Une du Parisien : « L’inquiétante radicalisation ». Où l’on revient, notamment, sur l’affaire de l’ « exfiltration » d’Emmanuel Macron d’un théâtre parisien. Où l’on en vient, aussi, à s’interroger sur le symptôme que constitue le recours de plus en plus fréquent à ce mot dans les sphéres médiatiques et politiques. Brefs extraits de la richesse de la langue française :

« Radicalisation » : Rendre radical, intransigeant. « Mais dans les grandes crises, à l’occasion d’une épreuve qui me radicalise, en face d’une situation bouleversante qui m’attaque dans mes raisons dernières » (Ricœur, Philos. volonté, 1949, p. 71).

« Les marxistes purs comptent sur les militants − c’est-à-dire sur une action consciente et concertée − pour radicaliser les masses et susciter en elles cette conscience [de classe] » (Sartre, Sit. III, 1949, p. 195). Devenir plus extrême. « Le collectiviste se radicalisera » (Clemenceau, Iniquité, 1899, p. 362). Les antagonismes sociaux se sont radicalisés depuis mai 68 » (La Croix, 13 mai 1973ds Gilb. 1980).

Action de (se) radicaliser; résultat de cette action. « On a raison de remarquer que ce n’est pas la plus grande misère qui fait les révolutionnaires les plus conscients, mais on oublie de se demander pourquoi un retour de prospérité entraîne souvent une radicalisation des masses » (Merleau-Ponty, Phénoménol. perception, 1945, p. 509)

« La lutte contre la structure autoritaire de l’Université est et doit être une lutte radicale: elle peut provoquer une radicalisation du climat social général » (Le Nouvel Observateur, 27 mai 1968).

Mais encore ?

Que serait la radicalisation sans  « Radical » : Relatif à la racine, à l’essence de quelque chose. «  [La couleur vraiequi donne le sentiment de l’épaisseur et celui de la différence radicale qui doit distinguer un objet d’un autre » (Delacroix, Journal, 1854, p. 177).« Plaçons-nous à l’origine radicale des choses, c’est-à-dire en Dieu » (Hamelin, Élém. princ. représ., 1907, p. 26).

Qui a une action décisive sur les causes profondes d’un phénomène. « Sans savoir le remède à vos accès de spleen, je voudrais pouvoir le trouver. Mais il n’y en a pas de radical en ce monde: nous sommes tous tristes ou soucieux plus ou moins » (Sand, Corresp., t. 4, 1856, p. 89).

« La cure radicale consistant dans la suppression de la plaie chancrelleuse » (Demanche ds Nouv. Traité Méd.fasc. 5, 1 1924, p. 20).« Ransdoc annonçait une collecte de huit mille rats environ et l’anxiété était à son comble dans la ville. On demandait des mesures radicales, on accusait les autorités » (Camus, Peste, 1947, p. 1228).

Qui va jusqu’au bout de chacune des conséquences impliquées par le choix initial. « Le scepticisme d’Henry était un scepticisme naïf et actif, celui de Jules était plus radical et plus raisonné » (Flaub., 1reÉduc. sent., 1845, p. 268)

Qui appartient à, se développe près de la racine d’un végétal. « La partie verticale de la plante germant se couvre à un certain niveau de poils radicaux » (Plantefol, Bot. et biol. végét., t. 1, 1931, p. 147)

Sans oublier, pour finir:

« Parti radical » : parti politique français fondé en 1901 et mis en sommeil en 2017. Officiellement intitulé Parti républicain, radical et radical-socialiste, il est également appelé Parti radical valoisien à la suite de la scission de 1972, et abrégé en PRRRS, RAD, PR ou PRV, voire, selon une abréviation populaire, rad-soc. D’abord classé à l’extrême gauche de l’échiquier politique, il s’oriente progressivement vers le centre droit.

A demain @jynau