Soudain, au pied de l’Arc de triomphe, Emmanuel Macron redonna vie aux «anciens démons»

Bonjour

Immanence ? En même temps le rationnel et son absolu contraire. La raison pure et l’agitation politique des spectres. Au lendemain des spectacles du 11 novembre 2018, la Une du Monde, quotidien certes parfois fourbu mais toujours debout :  « Macron : les anciens démons ressurgissent ». Aller page 15, juste après le Carnet.

« Dimanche 11 novembre, Emmanuel Macron avait convié à Paris plus de soixante-dix chefs d’Etat et de gouvernement pour les Cent ans de la fin de la Grande Guerre. Dans un hommage au Soldat inconnu, au pied de l’Arc de triomphe, le président a exhorté ses invités, dont Donald Trump et Vladimir Poutine, à ne pas céder aux sirènes du nationalisme, pour privilégier la coopération multilatérale, que ce soit au sein de l’Union européenne ou des Nations unies ».

Et puis ces extraits :

« Le 7  novembre 1918, lorsque le caporal clairon Pierre Sellier sonna le premier cessez-le-feu, vers 10  heures du matin, bien des hommes ne purent y croire, puis sortirent lentement de leurs positions, pendant que, de loin en loin, sur les lignes, les mêmes clairons répétaient le cessez-le-feu puis faisaient entendre les notes de la sonnerie aux morts, avant que les cloches ne répandent la nouvelle, à la volée, dans tout le pays.

Le 11  novembre 1918, à 11  heures du matin, il y a cent ans, jour pour jour, heure pour heure, à Paris comme dans toute la France, les clairons ont retenti et les cloches de toutes les églises ont sonné. C’était l’armistice. » (…)

« Avec les ombres de Peugeot, premier tombé, et de Trébuchon, dernier mort pour la France dix minutes avant l’armistice, voici l’instituteur Kléber Dupuy, défenseur de Douaumont, Apollinaire, Blaise Cendrars au régiment de marche de la Légion étrangère, les soldats des régiments basques, bretons ou marseillais, le capitaine de Gaulle que personne alors ne connaissait, Julien Green, l’Américain, à la porte de son ambulance, Montherlant et Giono, Charles Péguy et Alain Fournier tombés dans les premières semaines, Joseph Kessel venu d’Orenbourg en Russie.

Et tous les autres, tous les autres qui sont les nôtres, auxquels plutôt nous appartenons, et dont on peut lire les noms sur chaque monument, des hauteurs solaires de la Corse aux vallées des Alpes, de la Sologne aux Vosges, de la pointe du Raz à la frontière espagnole. Oui, une seule France, rurale et urbaine, bourgeoise, aristocratique et populaire, de toutes les couleurs où le curé et l’anticlérical ont souffert côte à côte et dont l’héroïsme et la douleur nous ont faits.

Durant ces quatre années, l’Europe manqua de se suicider. L’humanité s’était enfoncée dans le labyrinthe hideux d’affrontements sans merci, dans un enfer qui engloutit tous les combattants, de quelque côté qu’ils soient, de quelque nationalité qu’ils soient. »

Et cet invraisemblable chapelet : « 10  millions de morts ; 6  millions de blessés et mutilés ; 3  millions de veuves ; 6  millions d’orphelins ; des millions de victimes civiles ; un milliard d’obus tirés sur le seul sol de France ».

Suit un bien beau discours présidentiel, expliquant au peuple de France que « 1918 », c’était il y cent ans, que cela « peut sembler loin », mais que « c’était hier ». Et le président Macron de déclarer, avant de nous perdre une nouvelle fois dans une complexité itinérante et mémorielle :

« Je le sais, les démons anciens resurgissent, prêts à accomplir leur œuvre de chaos et de mort. »

Où  l’on en revient, comme dans le cas de l’alcool, des drogues et du sevrage, à la métaphore du « retour des démons ». Métaphore opérante ? Immanence ?

A demain

@jynau

 

 

  « Le 7  novembre 1918, lorsque le caporal clairon Pierre Sellier sonna le premier cessez-le-feu, vers 10  heures du matin, bien des hommes ne purent y croire, puis sortirent lentement de leurs positions, pendant que, de loin en loin, sur les lignes, les mêmes clairons répétaient le cessez-le-feu puis faisaient entendre les notes de la sonnerie aux morts, avant que les cloches ne répandent la nouvelle, à la volée, dans tout le pays.

Le 11  novembre 1918, à 11  heures du matin, il y a cent ans, jour pour jour, heure pour heure, à Paris comme dans toute la France, les clairons ont retenti et les cloches de toutes les églises ont sonné.

 

C’était l’armistice. »

(…)

« Avec les ombres de Peugeot, premier tombé, et de Trébuchon, dernier mort pour la France dix minutes avant l’armistice, voici l’instituteur Kléber Dupuy, défenseur de Douaumont, Apollinaire, Blaise Cendrars au régiment de marche de la Légion étrangère, les soldats des régiments basques, bretons ou marseillais, le capitaine de Gaulle que personne alors ne connaissait, Julien Green, l’Américain, à la porte de son ambulance, Montherlant et Giono, Charles Péguy et Alain Fournier tombés dans les premières semaines, Joseph Kessel venu d’Orenbourg en Russie.

Et tous les autres, tous les autres qui sont les nôtres, auxquels plutôt nous appartenons, et dont on peut lire les noms sur chaque monument, des hauteurs solaires de la Corse aux vallées des Alpes, de la Sologne aux Vosges, de la pointe du Raz à la frontière espagnole. Oui, une seule France, rurale et urbaine, bourgeoise, aristocratique et populaire, de toutes les couleurs où le curé et l’anticlérical ont souffert côte à côte et dont l’héroïsme et la douleur nous ont faits.

Durant ces quatre années, l’Europe manqua de se suicider. L’humanité s’était enfoncée dans le labyrinthe hideux d’affrontements sans merci, dans un enfer qui engloutit tous les combattants, de quelque côté qu’ils soient, de quelque nationalité qu’ils soient. »

Et cet invraisemblable chapelet : « 10  millions de morts ; 6  millions de blessés et mutilés ; 3  millions de veuves ; 6  millions d’orphelins ; des millions de victimes civiles ; un milliard d’obus tirés sur le seul sol de France ».

Suit un bien beau discours présidentiel, expliquant au peuple de France que « 1918 », c’était il y cent ans, que cela « peut sembler loin », mais que « c’était hier ». Et le président Macon de déclarer, avant de se perdre une nouvelle fois dans une complexité itinérante et mémorielle :

« Je le sais, les démons anciens resurgissent, prêts à accomplir leur œuvre de chaos et de mort. »

Où  l’on en revient, comme dans le cas de l’alcool, des drogues et du sevrage, à la métaphore du « retour des démons ».

A demain

@jynau

 

Temps modernes : le Crédit Agricole s’attaque au désert médical de la Place de la Concorde

Bonjour

Que restera-t-il demain du souvenir des années profondément houellebecquiennes que nous traversons ? Quelles images marquantes ? A coup sûr celles de la désertification médicale de la France – une France désormais constituée de cités et de territoires. Il ne restera plus qu’à dissoudre l’Assurance Maladie pour retrouver, hurlants, les loups du Moyen-Age.

Un symptôme nous est adressé depuis les luxueux bureaux en acajou du Crédit Agricole, cette chère vieille « banque verte » (sic) qui vogue sur son deuxième centenaire et sur plus de trente-deux milliards d’euros de chiffre d’affaire. Le Crédit Agricole qui a industrialisé nos campagnes, endetté à vie nos jeunes paysans avant de s’étendre à l’international. Et puis, soudain, ce mail du Crédit Agricole d’Ile-de-France:

« Avec seulement 93,2 médecins pour 100.000 habitants, Paris n’est que 20ème du classement des villes de France les mieux dotées en médecins généralistes. Le Crédit Agricole d’Ile-de-france, en tant que banque mutualiste et régionale, souhaite lutter contre les inégalités territoriales à l’accès aux soins et s’engage dans un partenariat exclusif. »

Lisons. En partenariat avec Initiative Ile-de-France et plusieurs collectivités, le Crédit Agricole d’Ile-de-France a mis en place un partenariat pour accompagner les professions libérales de santé et faciliter leur installation. Cette collaboration permet concrètement :

« 1. La création d’un fonds de dotation, alimenté par le Crédit Agricole d’Ile-de-France, la Région Île-de-France et la Caisse des Dépôts, dont le but est de distribuer des Prêts d’honneurs Santé Initiative (PSI) aux jeunes qui s’installent. Ils pourront bénéficier d’un prêt à taux 0% pouvant atteindre 30 000€ sur cinq ans, compléter par un prêt sur-mesure de la banque régionale pour financer le reste du projet d’installation.


« 2. Un accompagnement spécifique des jeunes professionnels de Santé par des experts spécialisés pour assurer le succès de leur installation et pérenniser leur activité. »

Prochaines étapes pour le Crédit Agricole dans le domaine de la Santé : « être davantage présents auprès des futurs professionnels de santé au cours de leurs études », conclut Alain Levallois, responsable du « marché des professionnels » (sic).

SansMonDoc

Que restera-t-il demain du souvenir de nos années profondément houellebecquiennes ? Ceci, peut-être, adressé aux journalistes étiquetés « santé ».

« Noël arrive à très grands pas et beaucoup de français profitent de cette période des fêtes pour se retrouver en famille. Mais, entre le froid, la neige ou la fatigue accumulée de l’année, c’est également à ce moment que beaucoup tombent malades. Grâce à MesDocteurs.com, l’unique plateforme interactive de téléconseil et de téléconsultation médicale en France, docteurs et spécialistes répondent 7 j/7, 24 h/24, sans prise de rendez-vous ou de délai d’attente de diagnostic, à toutes les questions d’ordre médical !

Médecine générale, mais aussi pédiatrie, gynécologie, ORL, dentaire, dermatologie ou encore psy… L’objectif premier de MesDocteurs est de délivrer des informations médicales fiables, de mettre en contact des personnes en attente de conseils médicaux et des médecins qualifiés. Les médecins de la plateforme sont donc diplômés en France et garantissent évidemment le secret médical.   Quel coût ?  Via le chat, ou par téléphone, les tarifs vont de 1,9 € à 5,9€ par question et le site offre la première question. Le patient n’a rien à craindre pour ses données qui sont entièrement sécurisées. »

Et d’ajouter : « Depuis le 15 septembre dernier, l’Assurance-maladie rembourse les téléconsultations pratiquées par les médecins traitants, au même tarif qu’une consultation classique : 25 euros pour un généraliste, 30 euros pour un spécialiste. MesDocteurs a, à cette occasion, développé son nouveau service, AvecMonDoc, qui permet aux médecins et à leurs patients d’effectuer des téléconsultations par visioconférence remboursées comme des consultations classiques (sic) ».

A demain

@jynau

Brigitte Macron et Félix Fénéon – les écrits du passé aideront-ils à sublimer le tweeter ?

Bonjour

Modeste et trop long hommage à l’immense Félix Fénéon 1 – lui qui eût pu inspirer l’univers du tweeter.

« Brigitte Macron, très engagée dans le domaine du handicap, vient de visiter le nouveau site d’assemblage d’autotest VIH® à Villiers-le-Bel. L’autotest VIH® « Made in France » est assemblé par des travailleurs handicapés de l’ADEP (Association de Défense et d’Entraide des Personnes handicapées).

 AAZ, PME française concepteur et fabricant d’autotest VIH®, avait sollicité en mai dernier le cabinet de Brigitte Macron. Elle.il se félicite.nt de sa venue ce jour pour mettre en lumière: le travail de cent-trente personnes handicapées, le « Made in France »,la lutte contre le VIH. »

 Fénéon aurait-il eu recours aux liens hypertextes ? Ces derniers ruinent-ils les vertus de l’ellipse ? L’humour écrit d’aujourd’hui est-il encore de la même veine que celui du siècle passé ? Ce sont là quelques questions posées aux spécialistes de l’œuvre de  Fénéon, anarchiste prophétique.

A demain

1 Fénéon F. Nouvelles en trois lignes. Editions Macula

 

 

Harcèlements à l’hôpital : les administratifs auront-ils bientôt la peau des salles de garde ?

 

Bonjour

Tout diriger, de la cave au grenier, dans les espaces hospitaliers. Martin Hirsch, directeur général de l’AP-HP, mesurait-il la portée de son annonce « anti-harcèlement sexuel » quand il évoquait hier, à haute voix, l’effacement les fresques des « salles de garde » ? Effacer pour mieux régenter. C’est là une bien vieille histoire, aussi vieille que celle des internes, de leurs « tonus », de leurs rituels. Deux siècles au bas mot, pas loin d’un millénaire selon d’autres calculs.

« La suppression des salles de garde est un vieux rêve des « administratifs », rappelle le Dr William Lowenstein, ancien de l’AP-HP et président de SOS Addictions. L’économe de salle de garde que j’ai été peut assurer d’une chose : les prédateurs ne venaient pas aux tonus : trop voyant ! Ah le vieux rêve de certains chefs de rayon … pouvoir harceler, abuser dans son coin, dans son bureau, avec la photo de sa femme et de ses enfants parfois retournée… »

La « salle de garde » a deux visages. C’est, bien sûr, le lieu clos d’un centre hospitalier où se réunissent les internes (et leurs invités) – repas, repos, détente. C’est aussi, au sens figuré, l’état d’esprit et les rituels qui règnent dans ce lieu. Effacer les fresques peut, dès lors, être perçu comme une agression contre une histoire et une culture communes. C’est  là le dernier symbole en date de la puissance montante de l’administratif sur le médical. Un administration qui, faute de connaître l’intérieur des corps et de lutter contre la mort, ne dépasse pas le grivois, l’obscène qui lui fait peur.

« Je la mettrai près de la morgue ! »

Le directeur général de l’AP-HP connaît sans aucun doute « Fermeture d’hôpitaux, quelles clefs ? » de Marie-Christine Pouchelle (Revue d’ethnologie française) ? Extrait :

« Les salles de garde furent et sont traditionnellement hostiles aux directions hospitalières. Aujourd’hui, les administratifs ne sont pas fâchés, par exemple, d’arguer de nécessités économiques pour en supprimer la cuisine, fondement de rituels conviviaux où se fabrique l’identité médicale. « Ils n’ont qu’à manger au self, comme tout le monde. »

Dans l’hôpital Pompidou en construction, la salle de garde n’avait pas été prévue, et il fallut la mobilisation des patrons pour qu’on lui trouve un lieu. « Je la mettrai près de la morgue ! » aurait lancé le directeur de l’hôpital. Ce contexte menaçant explique que certaines des fresques de la salle de garde de l’hôpital Boucicaut, qui avaient été peintes sur des panneaux de contreplaqué, furent finalement confiées au musée des Arts et Traditions Populaires (ATP).

Une telle donation, faite par l’entremise d’un jeune médecin, va à l’encontre du secret caractéristique de la culture des salles de garde. Elle a parfois été diversement commentée au sein du corps médical (« Rien ne doit sortir de la salle de garde »), comme chez le personnel des ATP, surpris par le caractère obscène des fresques en question. Cependant, c’est avec une jubilation manifeste que tout récemment, en cours d’opération, un chirurgien auquel je confirmais que les panneaux se trouvaient bien désormais dans les réserves du musée m’a indiqué comment retrouver son propre portrait sur la fresque en question. »

Dynamitage des exutoires

On peut certes connaître et ne pas partager tout ce que des non-médecins désignent comme des outrances de carabins. On pourrait même, parfois, les regretter. On ne saurait pour autant réclamer leur disparition, l’effacement des fresques, la démolition des « salles de garde », le self obligatoire, le dynamitage du partage et des exutoires.

« A ce compte, supprimons également Charlie, Rabelais, Virginie Despentes, Leila Slimani et toutes celles et ceux qui peignent des fresques de vie insupportables, ajoute le Dr Lowenstein.  Détruisons en urgence les bobines de MASH et l’insupportable sexisme médico-chirurgical de Robert Altman. Effaçons les affreux personnages incarnés perversement par Donald Sutherland et Elliott Gould qui pourraient induire de scandaleuses idées aux jeunes générations d’internes … Derrière l’objectif du soucieux et offusqué intérêt pour les  fresques, surfant sans vergogne sur l’actualité des prédateurs et autres criminels sexuels, l’idée est bien de tuer cette espace de résistance des médecins. »

« De toutes façons, nous connaissons tous le rêve absolu de nombre d’administratifs de l’AP-HP, ajoute l’ancien économe. C’est un hôpital sans lits, avec des e-malades et quelques médecins bien dressés …Mais il reste les salles de garde, la maison interdite !  Entre la bigoterie et les « maisons de tolérance des abus et harcèlement » il est un espace commun à promouvoir : celui du respect de l’autre et de soi-même. »

Nul ne saurait, depuis sa cabine, tout diriger, de la cave au grenier, dans les espaces hospitaliers.

A demain

 

 

 

Stérilisation féminine : Essure® est sans danger; il est donc retiré du marché français

 

Bonjour

C’est un message sanitaire. Il est incompréhensible et rédigé en ces termes : « Le marquage CE de l’implant Essure est suspendu pour 3 mois ». Un cas d’école pour traducteurs, psychologues et sociologues affûtés. Sujet : comment peut-on en arriver à ce degré officiel de non-communication ?

Résumons : Essure® est le nom de marque d’un dispositif médical implantable de stérilisation définitive commercialisé par le géant allemand Bayer Pharma AG. Un dispositif au cœur d’une vive polémique.

En France, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) vient d’être informée que ce dispositif faisait désormais l’objet d’une suspension temporaire de son marquage CE par le National Standards Authority of Irelanddans le cadre de sa procédure de renouvellement. Cette suspension prend effet à compter du 3 août 2017 pour une période de 90 jours, soit jusqu’au 2 novembre 2017.

Rappel des stocks

L’ANSM ne dit rien, aux prescripteurs et à leurs patientes concernées, des raisons qui ont conduit à cette décision. Pour autant elle en détaille les conséquences :

« Au vu de cette information, le dispositif Essure® ne peut plus être mis sur le marché en France et en Europe durant la période de suspension temporaire du marquage CE. L’ANSM a demandé à la société Bayer Pharma AG de procéder au rappel des produits en stock auprès de tous les établissements de santé susceptibles de les détenir. En conséquence, il est demandé par mesure de précaution de ne plus implanter dès à présent le dispositif médical Essure. »

Est-ce à ce point urgent et grave ? Est-on ici dans l’administratif abscons ou dans le sanitaire pur et dur ? Voici ce que dit l’ANSM :

« Dans ce contexte, l’ANSM invite les femmes actuellement en attente d’une implantation par cette méthode de stérilisation définitive à se rapprocher de leur gynécologue pour envisager, en concertation, l’alternative la plus appropriée, sur la base d’une information complète relative aux moyens de contraception disponibles et leurs éventuels effets indésirables ».

La balance et l’implant

Où l’on entend que Georges Courteline demeure d’actualité. S’inquiéter ?

« En ce qui concerne les femmes porteuses d’un implant Essure®, l’ANSM rappelle l’avis du comité d’experts qu’elle a réuni le 19 avril 2017. Ce dernier a conclu que les données de la littérature, de la surveillance et les résultats de l’étude épidémiologique, portant sur plus de 100 000 femmes, ne remettaient pas en cause la balance bénéfice/ risque de cet implant. 

« Le comité d’experts rappelle également que les femmes présentant des symptômes (sic) doivent consulter leur médecin pour ne pas méconnaître une pathologie sous-jacente. En l’absence d’un tel diagnostic, l’intérêt d’un retrait peut être envisagé entre la femme concernée et le médecin. Pour les femmes qui n’ont pas de symptômes (re-sic), qui représentent l’immense majorité des femmes porteuses de l’implant Essure®, il n’y a aucun argument à ce jour pour conseiller le retrait. »

Nous n’en saurons pas plus. A cette exception près : « l’ANSM considère que la décision de suspension temporaire de trois mois du marquage CE prise par l’organisme notifié n’est pas de nature à remettre en cause à ce stade les recommandations du comité d’experts relatives à la prise en charge des femmes porteuses d’un implant Essure® ».

Et durant l’été l’ANSM poursuivra ses travaux en étroite collaboration avec les représentants associatifs, les professionnels de santé et les différents acteurs institutionnels concernés.

A demain

 

Alcool – arrogance et baclofène : êtes-vous plutôt un ancien, ou plutôt un moderne ?

Bonjour

Qui nous donnera la meilleure définition de la confraternité ? Comment prendre la mesure du temps qui passe au sein du corps médical ? Une aide substantielle pourra être apportée avec la lecture de l’échange auquel vient de donner lieu le baclofène ; le dernier rebondissement de la jeune histoire de ce (vieux) médicament dans la prise en charge de la dépendance alcoolique.

Il y a quelques jours, dans les colonnes du Quotidien du Médecin le Pr Jean-François Bergman écrivait sa vérité, peu amène, à l’endroit du baclofène et de ses thuriféraires. Retour de volée, aujourd’hui, signée de deux de ses confrères fins connaisseurs de la rhétorique baclofènienne : Renaud de Beaurepaire, psychiatre, chef de service à l’hôpital Paul Guiraud de Villejuif et Bernard Granger, professeur de psychiatrie à l’université Paris Descartes. Deux psychiatres face à un interniste.

Visions et raisons

L’envoi psychiatrique ne manque ni de sel ni d’acide formique :

« Avec une arrogance médicale d’un autre âge, le Pr Jean-François Bergman s’attaque une fois de plus au baclofène. S’attribuant des dons de visionnaire, il soutient que les faits lui donnent raison. Quels faits ? Ceux qu’il sélectionne parce qu’ils nourrissent sa hargne, ou l’ensemble des données disponibles, qui ne vont vraiment pas dans son sens ?

Son analyse des résultats des études Alpadir et Bacloville est sommaire, caricaturale et surtout partiale. Le Pr Bergmann oublie évidemment de citer d’autres études comme l’étude allemande Baclad, positive, et plusieurs essais positifs à faibles doses. »

Vieux clous

Et les deux psychiatres d’enfoncer les vieux clous mandarinaux :

« Comme ces vieux patrons à l’ancienne, il méprise la parole des patients et leurs témoignages. Il ignore aussi les nombreuses études de cohortes montrant elles aussi les effets favorables du baclofène. Le rapprochement avec l’homéopathie est assez ridicule.

« L’efficacité du baclofène dans l’addiction à l’alcool n’est plus vraiment un objet de questionnement car les éléments de preuve sont apportés. Nous en sommes aujourd’hui à définir la meilleure façon de l’utiliser pour maximiser le rapport avantages/inconvénients et ne pas faire courir de risques aux patients atteints d’une maladie qui, rappelons-le, provoque un décès prématuré toutes les onze minutes en France, près de 50 000 par an, et contre laquelle les autres traitements médicamenteux sont sans grande efficacité. »

A la fin de l’envoi

On lira ici la suite de l’envoi  et de l’estocade portée à ce confrère qui, selon les deux psychiatres, ne disposerait d’« aucune expérience de l’addictologie ». « Le vocabulaire qu’il emploie suffit à discréditer ses propos » concluent-ils. L’« arrogance médicale d’un autre âge » est une formule qui marque. Comme marquent tous les combats des vieux anciens et des jeunes modernes.

A commencer par Hernani et la bataille du même nom. « Je m’en vais, Monsieur, et vous venez » aurait alors dit le vieux Chateaubriand au frétillant Hugo. C’était il y aura bientôt deux siècles. Nous n’en sommes pas, heureusement, sortis. Ensuite ? L’ivresse (absolue, définitive, suicidaire) du pouvoir exécutif (1984, Orwell).

A demain

 

 

 

Affaire des vaccins : la ministre Agnès Buzyn et le mépris ressenti par les parents-citoyens 

 

Bonjour

Ce sera la polémique de l’été. Puis celle de l’automne – sans parler des saisons qui suivront. Comment l’exécutif parviendra-t-il (sans mal) à mettre en musique sa décision concernant les nouvelles onze obligations vaccinales ? Le Premier ministre Edouard Philippe II s’expliquera-t-il sur le sujet ? Pour l’heure l’homme est étrangement en tournée de promotion pour vendre un nouveau livre 1 – damant ainsi le pion médiatique à Emmanuel Macron. Et puis soudain, dans le vieux Libé, en ce lundi de tempête et sur le front vaccinal, une peu banale tribune parentale 2 : « Vaccins obligatoires, un geste politique autoritariste au profit des laboratoires ».

Une tribune en forme de lettre ouverte adressée à Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé. Où l’on retrouve toutes les trois principales têtes de chapitre d’une affaire multiforme et grossissante. Et des signataires qui qualifient de « scandale » les prochaines onze obligations vaccinales.

1 L’accusation réfutée d’être « sous-informés »

« Non, nous ne sommes ni inconscients ni mal informés. Non, il ne suffira pas de faire auprès de nous de la «pédagogie». Car nous savons que les vaccins ont permis de faire disparaître des épidémies invalidantes, voire mortelles. Nous sommes convaincus de l’importance de faire vacciner massivement les populations. Nous savons aussi que si une part significative de la population cesse de se faire vacciner, des épidémies, jusqu’ici disparues, referont surface. 

« Ce n’est donc pas par ignorance que nous sommes en France des millions de parents, de médecins et de professionnels à nous opposer à votre projet d’élargir l’obligation vaccinale chez les nourrissons et les jeunes enfants de trois à onze – c’est-à-dire à l’ensemble des vaccins recommandés en 2017. »

2 La contestation du discours mandarinal.

 « Non, la ‘’méfiance’’ des Français (médecins généralistes compris) n’est pas le fruit de la ‘’désinformation’’ comme l’explique, avec condescendance, le Pr Alain Fischer, président de la Concertation citoyenne sur la vaccination mise en place en 2016 par l’ex-ministre de la Santé. Elle est liée à un soupçon grandissant – et loin d’être seulement français – quant à l’ampleur des effets indésirables liés aux nouveaux vaccins plurivalents, du fait des adjuvants entrant dans leur composition.

 « Et ce soupçon est nourri par l’inertie des pouvoirs publics, qui se refusent de façon incompréhensible à y répondre par une pharmacovigilance accrue, relayée par des recherches indépendantes de tout intérêt industriel, ainsi que par l’application d’un principe de précaution pour le moins justifié par le climat de méfiance généralisée. »

 « Le 29 juin, dans les colonnes du Parisien, 200 grands médecins prenaient collectivement la parole pour soutenir la ministre de la Santé dans son projet. Ils parlaient à son propos de ‘’courage politique’’ ! Mais quel courage y a-t-il à user de la force pour contraindre le peuple sans lui accorder les lumières ? Le vrai courage ne consisterait-il pas plutôt à poser des limites à un pouvoir industriel et financier, qui agit et s’exprime en toute impunité ? »

 3 Le cadeau fait à quelques multinationales pharmaceutiques

« Mettre des limites aux grandes firmes pharmaceutiques serait-il devenu impossible ? Sinon, comment expliquer qu’une ministre de la Santé préfère rendre obligatoires les vaccins commercialisés par lesdites firmes plutôt que de leur imposer de commercialiser ceux qui sont obligatoires (le vaccin DTPolio, indisponible depuis 2008) ? Comment expliquer qu’elle se refuse à leur demander de réétudier la composition de ceux soupçonnés de présenter des risques pour la santé humaine ?

« La dépendance des pouvoirs publics envers les intérêts macroéconomiques est-elle si forte qu’au projet politique légitime d’une pharmacovigilance accrue et rigoureuse ainsi que d’une recherche de pointe sur les effets des nouveaux vaccins, il faille préférer le mépris et l’abandon des victimes de maladies d’origine vaccinale, et la mise à l’écart des quelques chercheurs courageux qui osent poursuivre la voie que leur indique la science ? »

Seconde citoyenne

Au final, comment conclure cette supplique sur papier et sur site ? En exhortant la ministre à faire preuve du « véritable courage politique » ; un courage qui ne consiste pas à « mépriser les voix citoyennes exprimant leur méfiance envers certaines formes de ces produits évidemment essentiels que sont les vaccins ». Où l’on perçoit l’hétérogénéité de la supplique. Où l’on perçoit, aussi, ce que peut être le profond embarras du politique. Et où l’on revient à la clef de voûte du dispositif désormais affiché par Edouard Philippe II : les modalités de la clause d’exemption : que réserve l’exécutif aux parents rétifs aux immunisations systématiques ?

Quand elle en aura fini avec son « Des hommes qui lisent » dédicacé par le Premier ministre, la ministre des Solidarités et de la Santé aura-t-elle une petite seconde citoyenne pour jeter un œil sur Libé ?

A demain

1 Message de France Culture : « Le Premier ministre Edouard Philippe sera en exclusivité dans les Matins d’été produits par Lucas Menget mardi 11 juillet de 8h20 à 8h40 pour la sortie de son livre Des hommes qui lisent (éditions JC Lattès) » (…) Edouard Philippe est Premier ministre. Il a été député et maire du Havre. Il est l’auteur de deux romans écrits avec Gilles Boyer : L’heure de vérité et Dans l’ombre. Interview à suivre en facebook live www.facebook.com/franceculture. Entretien à réécouter et podcaster sur franceculture.fr »

2 Cette tribune est signée de Mmes et Mrs Séverine et Christophe Angebault-Rousset, Miguel Benasayag, François Cam, Bastien Cany, Angélique Del Rey, Géraldine Gaudefroy-Demomby.