Homosexualité à traiter par la psychiatrie : le pape François irresponsable ou coupable ?

Bonjour

La démonstration vient d’en être faite par le pape François : il est désormais possible de faire le buzz depuis un aéroplane. A un journaliste qui, dans son avion, lui demandait ce qu’il répondrait à des parents découvrant les orientations homosexuelles de leur enfant, le souverain pontife a répondu qu’« il y a beaucoup de choses à faire par la psychiatrie, pour voir comment sont les choses ». Plus précisément :

« Je leur dirais premièrement de prier, ne pas condamner, dialoguer, comprendre, donner une place au fils ou à la fille. Quand cela se manifeste dès l’enfance, il y a beaucoup de choses à faire par la psychiatrie, pour voir comment sont les choses. C’est autre chose quand cela se manifeste après vingt ans. Je ne dirai jamais que le silence est un remède. Ignorer son fils ou sa fille qui a des tendances homosexuelles est un défaut de paternité ou de maternité. »

Ceci fut dit entre Ciel et Terre, le 26 août 2018, entre Dublin et Rome. Acté par des journalistes qui, statistiquement, ne peuvent tous être mécréants. Des mots qui, depuis quelques heures, alimentent le subconscient des infernaux réseaux sociaux internationaux. Dans ce ciel mêlé, au grand jour français : les associations tricolores de défense des droits LGBT (lesbiennes, gays, bi, trans). Elles viennent de dénoncer des propos papaux « irresponsables ».

Où l’on en revient au gouffre, religieux et républicain, séparant la responsabilité assumée de la culpabilité auto-refusée (Georgina Dufoix – affaires du sang contaminé).

Et les LGBT de rappeler, fort justement et avec le soutien de l’AFP, que l’homosexualité ne figure plus sur la liste des maladies mentales de l’OMS. Depuis longtemps ? Pas vraiment…  Depuis 1990. Pour Clémence Zamora-Cruz, porte-parole de l’Inter-LGBT, les propos du pape « renvoient à l’idée que l’homosexualité est une maladie. Or, s’il y a une maladie, c’est cette homophobie ancrée dans la société qui persécute les personnes LGBT ».

Soigner sans savoir

Clémence :  « Ces paroles sont choquantes car elles ciblent les enfants. Des études ont démontré que le risque de suicide était plus élevé que la moyenne chez les jeunes LGBT ». « Graves et irresponsables ces propos incitent à la haine des personnes LGBT dans nos sociétés déjà marquées par des niveaux élevés d’homophobie et de transphobie », a par ailleurs réagi #SOS Homophobie.

 « J’aimerais que le pape François n’utilise pas les homosexuels pour qu’on cesse de parler des prêtres pédophiles », commente encore Catherine Michaud, présidente de GayLib, mouvement LGBT de centre droit, qualifiant les mots papaux « d’irresponsables, outranciers et homophobes ». Quant à l’Association des familles homoparentales :

« Il est très étonnant d’entendre régulièrement des conseils et des jugements moraux de l’Eglise au sein de laquelle certaines personnes sont incapables de dénoncer des actes pédo-criminels commis par des prêtres, qui devraient être les premiers à bénéficier de soins psychiatriques ».

On attend désormais la lecture des propos papaux par les servants de la pratique psychiatrique. Une discipline que l’on espère, loin du Vatican, sinon athée, du moins solidement agnostique – à des fins thérapeutiques.

A demain

 

Homosexualité et hérésie : le pape François préconise la prière et la psychiatrie

Bonjour

Ce devait être un voyage historique. Le retour restera dans l’histoire. Confronté, en Irlande, au fléau récurrent des abus sexuels commis par des prêtres sur des enfants le pape François a, dans l’avion qui le ramenait à Rome eut des propos qui ne manqueront pas, a minima, d’inquiéter. Entre terre et ciel Jorge Mario Bergoglio, 82 ans,  a ainsi recommandé, dimanche 26 août 2018, le recours à la psychiatrie lorsque des parents constatent des penchants homosexuels chez leurs enfants.

Le Vatican ne pourra pas, demain, plaider l’ambiguïté Un journaliste a demandé au pape François ce qu’il dirait à des parents constatant les orientations homosexuelles de leur enfant.

« Je leur dirais premièrement de prier, ne pas condamner, dialoguer, comprendre, donner une place au fils ou à la fille. Quand cela se manifeste dès l’enfance, il y a beaucoup de choses à faire par la psychiatrie, pour voir comment sont les choses. C’est autre chose quand cela se manifeste après vingt ans. Je ne dirai jamais que le silence est un remède. Ignorer son fils ou sa fille qui a des tendances homosexuelles est un défaut de paternité ou de maternité. »

 Analyses et commentaires ne tarderont guère. Et on perçoit la confusion des genres. Le jour même, à Dublin, lors d’une grande messe en plein air, le pape François avait égrené une litanie de « Nous demandons pardon » pour « chaque scandale » dans lequel l’Eglise catholique était impliquée. « Le pape a aussi reconnu que des membres de la hiérarchie catholique avaient cherché à couvrir les péchés de leurs collègues et n’avaient pas fait preuve de compassion pour les victimes », écrit l’Irish Examiner.

Contrition et confession

Le pape faisait notamment référence aux crimes sexuels, dans un pays où près de 15.000 personnes ont déclaré depuis 2002 avoir été victimes d’abus – mais aussi à d’autres scandales ayant impliqué l’Église irlandaise pendant une bonne partie du XXe siècle, notamment les séparations forcées entre les enfants nés hors mariage et leurs mères, considérées comme des « pécheresses ».

« Je n’avais jamais entendu parler de ces femmes » a assuré le pape François aux journalistes (toujours dans l’avion le ramenant au Vatican). Pas plus qu’il ne connaissait l’existence de ces « hôpitaux, je ne sais pas comment ils les appellent, ou de ces écoles dirigées par des nonnes, qui proposaient les enfants à l’adoption ». Selon The Irish Independent, le pape avait aussi devant les pèlerins venus à Knock qualifié les actions de l’Église de « répugnantes » et a déclaré que les abus commis en Irlande étaient une « plaie ouverte »

Faut-il faire un lien entre ces actes de contrition et ces propos concernant l’homosexualité et la psychiatrie 1 ? Comment ne pas voir ici une inquiétante forme de régression ? Un retour des démons issus des mariages forcés entre médecine et religion ?

On peut, sur ce sujet, conseiller une lecture qui peut éclairer : « Psychiatrie et homosexualité Lectures médicales et juridiques de l’homosexualité dans les sociétés occidentales de 1850 à nos jours » de Malick Briki – 232 pages – 16 x 22 cm. Un format idéal pour toutes celles et ceux qui aiment lire en avion.

A demain

1 « Quand l’homosexualité était une maladie » Slate.fr, 24 juillet 2011

OGM, maïs et cancers : Gilles-Eric Séralini, désavoué, persiste et signe – toujours dans L’Obs

Bonjour

Au croisement de la science et du journalisme, ce fut une tornade sans précédent. Un cas d’école devenu «l’affaire Séralini». Coup de tonnerre dans un ciel serein: l’annonce avant l’heure de la publication, le 19 septembre 2012 d’une étude scientifique incompréhensible pour qui n’était pas un spécialiste plus que pointu du sujet. Intitulée «Long term toxicity of a Roundup herbicide and a Roundup-tolerant genetically modified maize» elle est signée d’un chercheur français militant, Gilles-Éric Séralini(université de Caen) et publiée dans Food and Chemical Toxicology, une revue sans prestige, un média spécialisé comme il en existe des centaines.

A priori aucune chance de reprise dans les médias généralistes.

C’était compter sans une mise en scène préalablement orchestrée, une tractation secrète et bien peu reluisante: des journalistes signant un invraisemblable pacte de confidentialité leur assurant une «exclusivité». Une mise en scène qui vit au final  Le Nouvel Observateur afficher, en couverture et en exclusivité, que les «OGM» étaient des «poisons» (…).

On lira la suite  sur Slate.fr : « Affaire Séralini: six ans après, l’heure des comptes ».

Puis on lira dans L’Obs les réponses de Gilles-Eric Séralini : « On détourne des fonds publics pour discréditer mes travaux sur les OGM ! ». Des réponses convenues dans un un hebdomadaire l’image est, sur ce sujet et depuis six ans, bien tristement écornée ; et ce faute d’avoir fait, sinon un mea culpa religieux, du moins une auto-critique.

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Listériose : en France un aliment contaminé fait 63 morts et 22 avortements. C’était quand ?

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On s’en souvient : c’était au mois de juin de l’ancien monde. « Selon le ministère de la santé, une mystérieuse épidémie de listériose a fait au moins vingt morts et entraîné cinq avortements depuis quelques mois sur le territoire français, pouvait-on lire dans Le Monde d’alors. La listériose est une maladie bactérienne habituellement peu fréquente dont la source de contamination peut être alimentaire. Parfois responsable chez l’adulte de manifestations neuroméningées, sa forme la plus fréquente est la listériose du nouveau-né, contaminé par la mère lors de la grossesse, ou lors de l’accouchement, par des sécrétions infectées. En moyenne, une quinzaine de cas de listériose provenant d’une même souche sont recensés chaque année en France. Mais, en trois mois, depuis le début du mois d’avril, les services de la santé ont relevé une  » élévation anormale « , exactement 99 cas, dont 20 mortels. »

Outre l’alerte diffusée aux médecins, les services du ministère ont mis en place un système de surveillance et d’investigation comprenant une cellule d’alerte composée de cinq médecins et d’un membre des services vétérinaires du ministère de l’Agriculture et de la forêt.

« Langue de porc en gelée »

 Au mois de septembre le dernier bilan arrêté le 8 septembre par le ministère de la Santé et de l’action humanitaire précisait que l’épidémie de listériose avait entraîné la mort de 48 personnes et a provoqué 13 avortements. Contrairement aux prévisions, cette épidémie continuait sa progression et touchait 70 départements contre 53 en juillet.

Février de l’année suivante, toujours Le Monde : L’épidémie de ces derniers mois a été responsable, en définitive, de 63 décès et à l’origine de 22 avortements. Les résultats de cette étude épidémiologique soulèvent de graves questions médico-légales. La  » langue de porc en gelée  » peut être fabriquée, soit de manière artisanale et vendue dans les charcuteries, soit de manière industrielle et commercialisée dans les grandes surfaces. Il semble que l’épidémie qui a sévi sur l’ensemble du territoire français trouve son origine dans des fabrications industrielles. Curieusement, les enquêteurs ne donnent toutefois pas la ou les marques concernées ni le nom du ou des producteurs, ce qui va jeter l’opprobre sur la totalité de ces préparations quelle qu’en soit l’origine. »

Même jour, même journal : « Une politique de santé publique est en train de naître en France. Amorcée par l’action du groupe dit des cinq  » sages « , ce mouvement s’est accéléré avec les différentes  » affaires  » qui, ces dernières années ont mis en lumière, souvent de manière dramatique, les graves insuffisances de pans entiers du système médical français. Ce mouvement bénéficie depuis peu de l’action impulsée par M. Bernard Kouchner, ministre de la Santé et de l’action humanitaire. Profitant du résultat obtenu dans l’identification des causes alimentaires de la récente épidémie nationale de listériose, il convient d’exposer les raisons d’être et les modalités de fonctionnement du tout jeune  » réseau national de santé publique’’ (RNSP) qui vient d’être mis en place dans notre pays.

Le mutisme de Santé Publique France

Différents niveaux de  » maillage épidémiologique  » sont organisés autour du noyau exécutif, petite équipe de médecins, de statisticiens, d’informaticiens, tous détachés de leur corps d’origine et basés à l’hôpital national de Saint-Maurice. Ce groupe est dirigé par le Pr Jacques Drucker (CHU de Tours), spécialiste de santé publique, formé dans le public, puis dans le privé (groupe Mérieux), à l’épidémiologie d’intervention et de prévention. Le premier cercle d’intervention est celui des médecins inspecteurs des directions départementales de l’action sanitaire et sociale. L’objectif à ce niveau est de renforcer les activités de nature épidémiologique. Le deuxième cercle repose sur la mise en place d’unités régionales d’épidémiologie d’intervention. Outre son conseil scientifique (composé de seize membres) le réseau national de santé publique comprend pour l’essentiel trois partenaires : le ministère de la santé (direction des hôpitaux, direction générale de la Santé), l’INSERM, et l’Ecole nationale de santé publique. Son budget, pour l’année 1993, a pu être fixé à 25 millions de francs.

Un quart de siècle plus tard le RNSP a évolué, grossi, mué, est devenu Santé Publique France. Qui, bizarrement, ne communique pas sur la méthode lui ayant permis de mettre en lumière ce qu’est devenu la gigantesque affaire Lactalis. Hier on exposait la méthode en cachant la marque. Aujourd’hui c’est l’inverse. Pourquoi ?

A demain

L’affaire Lactalis n’en finit plus : après Leclerc, voici Auchan, Carrefour et Système U …

Bonjour

Lactalis, Acte III, scènes 3, 4 et 5. Après le gentil Michel-Edouard Leclerc, le redoutable géant Auchan. Ce dernier a reconnu mercredi 10 janvier avoir vendu 52 boîtes de lait infantile Lactalis qui auraient dû être retirées de ses rayons en raison d’une contamination aux salmonelles 1. « Malgré le retrait effectif de 36 000 produits, 52 produits supplémentaires – des boîtes de lait infantile – ont échappé à la vigilance de nos équipes et ont été vendus après la date du rappel sur 28 magasins (hypermarchés et supermarchés) », écrit Auchan, qui se dit « consterné et présente ses excuses pour ces erreurs subies par ses clients ».

Mêmes excuses renvoyant aux mêmes faits, toujours inexpliqués : les boîtes de lait infantile concernées ont été produites dans l’usine Lactalis de Craon (Mayenne).  Auchan vient de finir son inventaire quelques heures après celui de Michel-Edouard Leclerc.

Mais encore ? Le 2 janvier, explique Auchan, « un magasin a reçu une livraison comprenant des références concernées par le rappel du 21 décembre. Suite à cette anomalie, Auchan Retail France a lancé un audit approfondi de la situation dans chacun de ses magasins afin de vérifier la parfaite application de la procédure de rappel. Des clients ont d’ores et déjà été informés, permettant le rappel des produits incriminés, les derniers clients sont en train d’être identifiés et contactés. »

Et le géant Auchan, petitement, de se défausser : « comme toutes les enseignes françaises, Auchan Retail France a reçu trois messages successifs de rappel de la société Lactalis concernant des références de produits de nutrition infantile. L’entreprise a aussitôt mis en œuvre ses procédures de rappel interne, transmis les consignes et informations nécessaires à la mise en œuvre immédiate du rappel à l’ensemble de ses 641 points de vente et sites marchands en France ».

« Lactalis » … Décidément, une étrange affaire – l’ombre portée des futurs scandales sanitaires  inhérents à l’agro-alimentaire industriel associé à la grande distribution.

A demain

1 Après Leclerc et Auchan les groupes Carrefour et Système U ont également reconnu, mercredi 10 janvier, avoir eux aussi commercialisé des produits Lactalis qui auraient dû être retirés de la vente en raison d’une possible contamination par des salmonelles

 

Harcèlements à l’hôpital : les administratifs auront-ils bientôt la peau des salles de garde ?

 

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Tout diriger, de la cave au grenier, dans les espaces hospitaliers. Martin Hirsch, directeur général de l’AP-HP, mesurait-il la portée de son annonce « anti-harcèlement sexuel » quand il évoquait hier, à haute voix, l’effacement les fresques des « salles de garde » ? Effacer pour mieux régenter. C’est là une bien vieille histoire, aussi vieille que celle des internes, de leurs « tonus », de leurs rituels. Deux siècles au bas mot, pas loin d’un millénaire selon d’autres calculs.

« La suppression des salles de garde est un vieux rêve des « administratifs », rappelle le Dr William Lowenstein, ancien de l’AP-HP et président de SOS Addictions. L’économe de salle de garde que j’ai été peut assurer d’une chose : les prédateurs ne venaient pas aux tonus : trop voyant ! Ah le vieux rêve de certains chefs de rayon … pouvoir harceler, abuser dans son coin, dans son bureau, avec la photo de sa femme et de ses enfants parfois retournée… »

La « salle de garde » a deux visages. C’est, bien sûr, le lieu clos d’un centre hospitalier où se réunissent les internes (et leurs invités) – repas, repos, détente. C’est aussi, au sens figuré, l’état d’esprit et les rituels qui règnent dans ce lieu. Effacer les fresques peut, dès lors, être perçu comme une agression contre une histoire et une culture communes. C’est  là le dernier symbole en date de la puissance montante de l’administratif sur le médical. Un administration qui, faute de connaître l’intérieur des corps et de lutter contre la mort, ne dépasse pas le grivois, l’obscène qui lui fait peur.

« Je la mettrai près de la morgue ! »

Le directeur général de l’AP-HP connaît sans aucun doute « Fermeture d’hôpitaux, quelles clefs ? » de Marie-Christine Pouchelle (Revue d’ethnologie française) ? Extrait :

« Les salles de garde furent et sont traditionnellement hostiles aux directions hospitalières. Aujourd’hui, les administratifs ne sont pas fâchés, par exemple, d’arguer de nécessités économiques pour en supprimer la cuisine, fondement de rituels conviviaux où se fabrique l’identité médicale. « Ils n’ont qu’à manger au self, comme tout le monde. »

Dans l’hôpital Pompidou en construction, la salle de garde n’avait pas été prévue, et il fallut la mobilisation des patrons pour qu’on lui trouve un lieu. « Je la mettrai près de la morgue ! » aurait lancé le directeur de l’hôpital. Ce contexte menaçant explique que certaines des fresques de la salle de garde de l’hôpital Boucicaut, qui avaient été peintes sur des panneaux de contreplaqué, furent finalement confiées au musée des Arts et Traditions Populaires (ATP).

Une telle donation, faite par l’entremise d’un jeune médecin, va à l’encontre du secret caractéristique de la culture des salles de garde. Elle a parfois été diversement commentée au sein du corps médical (« Rien ne doit sortir de la salle de garde »), comme chez le personnel des ATP, surpris par le caractère obscène des fresques en question. Cependant, c’est avec une jubilation manifeste que tout récemment, en cours d’opération, un chirurgien auquel je confirmais que les panneaux se trouvaient bien désormais dans les réserves du musée m’a indiqué comment retrouver son propre portrait sur la fresque en question. »

Dynamitage des exutoires

On peut certes connaître et ne pas partager tout ce que des non-médecins désignent comme des outrances de carabins. On pourrait même, parfois, les regretter. On ne saurait pour autant réclamer leur disparition, l’effacement des fresques, la démolition des « salles de garde », le self obligatoire, le dynamitage du partage et des exutoires.

« A ce compte, supprimons également Charlie, Rabelais, Virginie Despentes, Leila Slimani et toutes celles et ceux qui peignent des fresques de vie insupportables, ajoute le Dr Lowenstein.  Détruisons en urgence les bobines de MASH et l’insupportable sexisme médico-chirurgical de Robert Altman. Effaçons les affreux personnages incarnés perversement par Donald Sutherland et Elliott Gould qui pourraient induire de scandaleuses idées aux jeunes générations d’internes … Derrière l’objectif du soucieux et offusqué intérêt pour les  fresques, surfant sans vergogne sur l’actualité des prédateurs et autres criminels sexuels, l’idée est bien de tuer cette espace de résistance des médecins. »

« De toutes façons, nous connaissons tous le rêve absolu de nombre d’administratifs de l’AP-HP, ajoute l’ancien économe. C’est un hôpital sans lits, avec des e-malades et quelques médecins bien dressés …Mais il reste les salles de garde, la maison interdite !  Entre la bigoterie et les « maisons de tolérance des abus et harcèlement » il est un espace commun à promouvoir : celui du respect de l’autre et de soi-même. »

Nul ne saurait, depuis sa cabine, tout diriger, de la cave au grenier, dans les espaces hospitaliers.

A demain

 

 

 

Violences obstétricales : l’Ordre des médecins dénonce les accusations de Marlène Schiappa

Bonjour

L’Ordre après le Collège national des gynécologues et obstétriciens français : où l’on voit, se constituer une « affaire Marlène Schiappa » – du nom de la secrétaire d’Etat auprès du Premier ministre, chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes. Cette dernière est accusée par les gynécologues-obstétriciens d’avoir diffusé de fausses informations quant à la fréquence des épisiotomies pratiquées en France et à certaines violences médicales  dont les femmes seraient les victimes.

Résumé: le 20 juillet Mme Schiappa avait affirmé, lors d’une audition devant la délégation aux droits des femmes du Sénat, qu’il y avait « 75 % d’épisiotomies » en France et annonçait avoir commandé un rapport au Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes. « En France, on a un taux d’épisiotomies à 75 %, alors que l’OMS préconise, je crois normalement, d’être autour de 20-25 % (à neuf heures cinquante minutes sur la vidéo de l’audition). Il y a des pratiques obstétricales non consenties avec notamment des violences obstétricales, semble-t-il, particulièrement sur les femmes étrangères, les femmes très jeunes, et les femmes handicapées. »

Découragement

Dans un communiqué de presse assez inhabituel le Conseil national de l’Ordre des médecins dit « regretter » les propos de Mme Schiappa  « sur les violences obstétricales ». « Ces propos qui semblaient mal documentés pourraient aggraver la défiance des femmes envers le corps médical dans son ensemble, mais aussi décourager de possibles vocations pour des spécialités médicales aujourd’hui en souffrance en termes démographiques » souligne l’institution ordinale. Elle ajoute :

« La secrétaire d’Etat, en affirmant que le taux de recours à l’épisiotomie était de 75% en France lors d’accouchements, s’est manifestement fait le relais de propos visant à discréditer les gynécologues et obstétriciens français. La dernière enquête nationale périnatale, menée en 2010, faisait ainsi état d’un recours à l’épisiotomie dans 27% des accouchements, une baisse importante par rapport au décompte de 1998, qui s’élevait à 47%.

« Plus généralement, l’Ordre des médecins s’interroge sur l’accusation faite par Madame Schiappa selon laquelle ‘’les femmes étrangères, les femmes très jeunes et les femmes handicapées’’ seraient plus particulièrement victimes de violences obstétricales, accusation qui ne semble être corroborée par aucune étude publiée à ce jour. »

Bientraitance

Le Conseil national de l’Ordre des médecins regrette que la secrétaire d’Etat ait ainsi (« sans se rapprocher au préalable de professionnels qui auraient été en mesure de lui apporter des informations mises à jour et documentées ») « attaqué l’ensemble d’une profession dont la bientraitance envers les femmes est la tâche quotidienne ».

Face à la situation ainsi créée l’Ordre demande à la secrétaire d’Etat chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes, d’être reçu avec des représentants du Collège national des gynécologues et obstétriciens français. Objet de la rencontre : « évoquer ce qu’est aujourd’hui la réalité de l’exercice des gynécologues et obstétriciens en France ». Aucune demande officielle de mea culpa.

A demain