Coronavirus : un premier chat infecté par un malade a été identifié. Qu’en penser ?

Bonjour

28/03/2020. En d’autres temps le sujet serait passé inaperçu. Tel ne peut plus être le cas aujourd’hui.  « Pour la première fois depuis le début de la pandémie de Covid-19, un chat a été infecté par le nouveau coronavirus en Belgique, ont indiqué vendredi les autorités sanitaires belges. L’animal a été contaminé par son maître qui était malade. résume Le Figaro (Yohan Blavignat) Selon les chercheurs, le chat a eu des symptômes respiratoires et digestifs transitoires. Grâce à une méthode de séquençage, les chercheurs ont détecté le génome du virus. Depuis, l’animal a récupéré et se sent mieux. »

S’inquiéter ? Les spécialistes sont ici rassurants, excluant tout risque de contamination de l’animal à l’homme. Le Sars-CoV-2 peut se transmettre de l’homme vers l’animal mais «il n’y a pas de raison de penser que les animaux peuvent être vecteurs de l’épidémie dans notre société», assure le Dr Emmanuel André, un des porte-parole des autorités belges sur cette pandémie.

Contacté par Le Figaro, Gilles Salvat, directeur délégué à la recherche à l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail) et auteur d’un récent avis fort documenté sur cette question,  explique que le risque pour l’homme d’infecter son animal de compagnie est «assez faible». L’inverse, une contamination de l’homme par l’animal, est «encore plus faible, voire négligeable». Selon lui, les animaux comme les chats ou les chiens sont des «culs-de-sac épidémiologiques». En d’autres termes ils peuvent très rarement être contaminés et malades ; pour autant ils ne vont pas transmettre le virus à l’homme ou à un autre animal.

En outre les cas de contamination d’animaux domestiques sont extrêmement rares. À Hong Kong, les autorités avaient fait état de deux cas, deux chiens, lors d’une campagne de dépistage menée sur dix-sept chiens et huit chats vivant au contact de personnes porteuses du virus.  Une autre étude réalisée en Corée du Sud et aux États-Unis portant sur quatre mille chiens et chats dans des régions où sévit le Covid-19 n’a pas permis de retrouver de cas positifs. «L’infection de ce chat en Belgique est donc exceptionnelle», conclut Gilles Salvat.

« L’animal de compagnie est bien plus un ami qu’un danger ».

Pour autant l’Académie nationale française de médecine estime qu’il est désormais indispensable de formuler de nouvelles recommandations et précautions. Il s’agit notamment de renforcer les mesures habituelles de biosécurité vis-à-vis des nombreux agents pathogènes pouvant être transmis (aérosols, salive, déjections) par les animaux de compagnie (chien, chat, furet, rongeurs notamment) – une réalité souvent ignorée des propriétaires. « Il importe de se laver fréquemment les mains lorsque l’on s’occupe de l’animal (litière, promenade, alimentation, etc.), surtout s’il a été caressé, et il ne faut pas le laisser lécher le visage » souligne l’Académie.

Il importerait aussi, selon elle, de « séparer le propriétaire ayant le Covid-19 de son animal de compagnie pendant la période où le malade peut être excréteur du virus ». « Autant que possible, il faudrait instaurer une quarantaine permettant de limiter tout contact rapproché de l’animal avec les autres membres de la famille (animal dans la chambre, par exemple) » expliquent les académiciens, médecins et vétérinaires.

Ils ajoutent toutefois : « ces  recommandations ne doivent pas faire oublier que dans un foyer où une personne malade a le Covid-19, le risque pour les personnes vivant sous le même toit est bien plus lié aux contacts avec ce malade qu’avec l’animal de compagnie » Et ajoute que, tout particulièrement en période de confinement, « l’animal de compagnie est bien plus un ami qu’un danger ».

A demain @jynau

1 Cellule de veille scientifique Covid-19 de l’Académie nationale de Médecine – composée de Patrick Berche, Jeanne Brugère-Picoux, Yves Buisson, Anne-Claude Crémieux, Gérard Dubois, Didier Houssin, Dominique Kerouédan et Christine Rouzioux, avec la contribution de Jean-Luc Angot et Eric Leroy

Chiens, chats et Covid-19 : les dérangeantes recommandations de l’Académie de médecine

Bonjour

25/03/2020. C’est une prise de position qui aura un large écho. L’Académie nationale de médecine vient, le cadre de la pandémie due au Sars-Cov-2, virus responsable de la maladie Covid-19, de répondre à deux questions qui concernent, en France, quelques dizaines de millions de personnes :  « Y a-t-il un risque à côtoyer un animal domestique ? » « Mon animal domestique court-il un risque d’être contaminé ? »

L’Académie nationale de médecine (qui rassemble médecins et vétérinaires) a « analysé ces questions en vue de faire quelques recommandations ». On disposait déjà de deux avis éminents sur les risques de contamination de l’animal à l’homme : celui de  l’Organisation de la santé animale (OIE, avis du 9 mars 2020) et celui de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses, avis du 11 mars 2020). Dans les deux cas les experts avaient, autant que faire se peut, été rassurants.

On sait en effet que parce qu’ils sont spécifiques d’espèce, la grande majorité des coronavirus présents chez les animaux de compagnie (comme chez les animaux de ferme) sont sans aucun danger pour l’Homme. Seuls certains coronavirus (Betacoronavirus), dont le réservoir naturel est la chauve-souris, ont la capacité de franchir la barrière d’espèce et de déclencher une zoonose chez l’Homme, parfois source d’une épidémie (Sras en 2003 ; Mers en 2012 ; et Covid-19 en 2020). Il est d’autre part établi, à ce jour, qu’il n’y a pas de démonstration scientifique sur le risque de contamination de l’Homme par le virus à partir des animaux domestiques, ni sur le risque de contamination avec réplication et forte excrétion virale d’un animal domestique à partir d’un malade ayant le Covid-19.

Pour autant l’Académie nationale de médecine estime, dans un communiqué 1, qu’il est désormais indispensable de formuler de nouvelles recommandations :

  • Renforcer les mesures habituelles de biosécurité vis-à-vis des nombreux agents pathogènes pouvant être transmis (aérosols, salive, déjections) par les animaux de compagnie (chien, chat, furet, rongeurs notamment) et souvent ignorés du propriétaire. Il importe de se laver fréquemment les mains lorsque l’on s’occupe de l’animal (litière, promenade, alimentation, etc.), surtout s’il a été caressé, et il ne faut pas le laisser lécher le visage ;
  • Séparer le propriétaire ayant le Covid-19 de son animal de compagnie pendant la période où le malade peut être excréteur du virus. Autant que possible, il faudrait instaurer une quarantaine permettant de limiter tout contact rapproché de l’animal avec les autres membres de la famille (animal dans la chambre, par exemple). 

L’Académie ajoute que le virus responsable du Covid-19 est proche du SARS-CoV qui avait été responsable de l’épidémie de Sras de 2003. « Le Sars-CoV a pu être isolé chez plusieurs espèces animales dont le chien viverrin, les chats ou infecter expérimentalement des furets et des rongeurs (cobayes et hamsters), le plus souvent sans signes cliniques, observe-t-elle.  La possibilité d’un portage du virus par les animaux de compagnie est évoquée depuis la découverte à Hong Kong de deux chiens positifs alors que leurs propriétaires avaient le Covid-19. »

Il faut toutefois ajouter que le suivi du premier chien placé en quarantaine pendant 14 jours à partir du 26 février, puis testé à six reprises, a permis de noter un très faible taux de virus dans les voies respiratoires et la cavité buccale, puis des résultats négatifs ainsi que l’absence d’anticorps sériques témoignant d’une infection transitoire. Ajouter aussi que la présence du virus dans les déjections n’a pas été démontrée alors que celles-ci sont souvent riches en coronavirus chez les animaux réservoirs. « Le deuxième chien testé positif le 18 mars est sous quarantaine et sous surveillance, note enfin l’Académie. Les deux chiens n’ont jamais présenté de signes cliniques. Ces données scientifiques suggèrent que le Covid-19 peut se transmettre aux chiens à partir du propriétaire contaminé. Rien n’indique en revanche, pour le moment, que les chiens peuvent à leur tour contaminer, par des aérosols ou la salive, des personnes non infectées ou d’autres animaux rencontrés (par exemple dans la rue). »

Et pour ne rien simplifier le communiqué de l’Académie se termine ainsi : « ces  recommandations ne doivent pas faire oublier que : -dans un foyer où une personne malade a le Covid-19, le risque pour les personnes vivant sous le même toit est bien plus lié aux contacts avec ce malade qu’avec l’animal de compagnie ; tout particulièrement en période de confinement, l’animal de compagnie est bien plus un ami qu’un danger ».

A demain @jynau

1 Ce communiqué a été préparé par la Cellule de veille scientifique Covid-19 de l’Académie Nationale de Médecine composée de Patrick Berche, Jeanne Brugère-Picoux, Yves Buisson (président), Anne-Claude Crémieux, Gérard Dubois, Didier Houssin (secrétaire), Dominique Kerouédan et Christine Rouzioux, avec la contribution de Jean-Luc Angot et Eric Leroy

Coronavirus animalier : faudra-t-il, demain éradiquer ou sauver les derniers pangolins ?

Bonjour  

La quête du « réservoir-hôte-intermédiaire » de l’épi-pandémie ! C’est l’un des sous-ensemble les plus prisés des médias. On y retrouve le frisson des bestiaires, l’appel de la forêt et la démonstration que tout n’est finalement pas bon dans la diversité biologique de la planète. Nouveau coronavirus : on avait initialement parlé de la chauve-souris, incidemment du serpent. Cap aujourd’hui sur le pangolin (du malais pengguling : « enrouleur ») ce membre (généralement inconnu sous nos latitudes) d’une famille de « mammifères insectivores édentés dont le corps allongé est en grande partie recouvert d’écailles ». Vivent dans les régions tropicales et équatoriales d’Afrique et d’Asie. Particulièrement ciblé par les braconniers (viande très appréciée, réservoir médicamenteux). Voit sa population s’effondrer – classé comme espèce en danger critique d’extinction.   Dans son Dictionnaire superflu à l’usage de l’élite et des bien nantis, le regretté Pierre Desproges évoque « un artichaut à l’envers avec des pattes, prolongé d’une queue à la vue de laquelle on se prend à penser qu’en effet, le ridicule ne tue plus ».

Or c’est bien ce pangolin est aujourd’hui soupçonné d’être le réservoir intermédiaire du nouveau coronavirus 2019-nCoV – et ce en facilitant son passage de la chauve-souris à l’homme. C’est du moins l’hypothèse avancée par des chercheurs de l’Université d’agriculture de Chine du Sud. Après avoir testé plus d’un millier d’échantillons d’animaux sauvages, les scientifiques de l’université ont découvert que les séquences du génome des virus trouvés sur les pangolins étaient identiques à 99 % à celles des coronavirus. Information rapporté », vendredi 7 février, par l’agence de presse officielle Xinhua.

« Pour l’heure, les détails de ces travaux n’ont pas été rendus publics, et cette hypothèse doit être prise avec prudence : au début de l’épidémie, une équipe avait estimé que le serpent avait pu servir d’hôte intermédiaire, avant d’être démentie par d’autres analyses génétiques » nous prévient Le Monde (Hervé Morin). Et le dernier vespéral de la capitale de nos apprendre qu’une étude parue en 2019 dans la revue Viruses donne un certain crédit à l’accusation du pangolin.

Cité par Le Monde, Edward Holmes (Université de Sydney), spécialiste de l’évolution des virus à ARN (dont font partie les coronavirus), l’hypothèse du pangolin-intermédiaire est « extrêmement intéressante » – alors qu’il avait rejeté celle du serpent. « Nous avons besoin de plus de données », a-t-il indiqué sur son compte Twitter. Mais selon lui, « cela pourrait être analogue à la situation de la chauve-souris et du dromadaire avec le MERS ». Ce coronavirus avait infecté 2 500 personnes et tué 858 d’entre elles entre février 2012 et décembre 2019, principalement en Arabie saoudite. Dans ce cas, c’est le camélidé qui a constitué l’hôte intermédiaire entre la chauve-souris et l’homme

Accuser la chauve-souris, les dromadaires et les pangolins ? Nullement nous assure Neil D’Cruze, un responsable de l’organisation Protection mondiale des animaux (WAP). Condamner l’homme, au contraire, responsable du commerce d’espèces sauvages. « Un commerce responsable de terribles souffrances pour les animaux et qui met en danger la santé des humains, assure-t-il. Si nous voulons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour prévenir les épidémies de maladies mortelles telles que le coronavirus, alors une interdiction permanente du commerce des espèces sauvages, en Chine et dans le monde, est la seule solution. »

A demain @jynau

Promesse ministérielle : un jour prochain les porcelets français ne seront plus castrés «à vif»

Bonjour

Nous avions entendu sa promesse concernant la fin du broyage-destruction des millions de poussins mâles.  Mardi 28 janvier Didier Guillaume tenait une conférence de presse consacrée aux mesures gouvernementales en faveur du bien-être animal. Le ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation est revenu sur le sujet : « l’objectif, c’est de forcer les entreprises, la recherche, à faire cela fin 2021 (…) trouver la technique qui marche à grande échelle ».Parmi les voisins de la France, la Suisse a mis en place cette interdiction depuis le 1er janvier. Le mode d’abattage « au moyen du CO2 » y reste autorisé.

Outre les poussins mâles détruits-broyés le ministre a traité de la douloureuse question des porcelets. Promis-juré : « fin 2021, il n’y aura plus de castration des porcelets à vif », a-t-il assuré, en ajoutant que son ministère allait « publier des textes réglementaires dans les toutes prochaines semaines pour aller vers l’interdiction des pratiques douloureuses dans l’élevage ».

Pourquoi castrer « à vif » des porcelets ? La castration, explique-t-on, ermet d’obtenir des porcs plus gras, tout en évitant l’odeur nauséabonde de verrat que peut dégager à la cuisson le gras de certains mâles « entiers ». « Nous avons travaillé avec les vétérinaires prêts à élaborer un protocole pour une prise en charge complète de la douleur », a expliqué M. Guillaume.

Le bien-être de l’éleveur réclame-t-il les souffrances de ses bêtes ?

 Les défenseurs des animaux en général, des porcelets en particulier, ne sont pas satisfaits. « La véritable annonce serait de fixer une échéance pour l’arrêt de la castration et n’autoriser que les alternatives sauf exceptions pour certaines productions », a réagi l’association de protection des animaux CIWF. Selon elle « la prise en charge de la douleur est une fausse bonne solution ». Elle a également déploré l’absence d’annonce pour l’interdiction de vente des œufs de poules élevées en cage, comme s’y était engagé Emmanuel Macron lors de la campagne présidentielle.

Pour sa part l’association Welfarm, qui milite pour la protection des animaux de fermes, « la seule alternative viable, aussi bien pour les animaux que pour les éleveurs, est l’arrêt pur et simple de la castration, autrement dit l’élevage de mâles entiers ou l’immunocastration ».

« La pratique de la castration chirurgicale des porcelets est de plus en plus remise en cause en raison de la douleur que l’opération entraîne pour l’animal, nous expliquent des spécialistes. Cette pratique est motivée par le fait que les viandes de certains porcs mâles entiers présentent, aux stades usuels d’abattage, des odeurs désagréables qualifiées d’odeurs sexuelles. Outre la douleur infligée à l’animal pendant et après l’opération, la castration se traduit aussi par une baisse sensible des performances en termes d’efficacité alimentaire et de teneur en muscles de la carcasse. Une première alternative consiste à pratiquer une anesthésie et/ou une analgésie pour atténuer la douleur pendant et après l’opération. L’immunocastration (un vaccin spécifique inhibant le développement sexuel) est une deuxième alternative envisageable. Enfin, il est également possible de ne rien faire et d’élever les animaux entiers (non castrés). »

Pourquoi faire quelque chose plutôt que rien ? « Aujourd’hui, le bien-être animal, ce n’est pas la fin de l’élevage, c’est mieux d’élevage, a expliqué le ministre Guillaume aux journalistes. Il y a le bien-être animal, mais je suis aussi attaché au bien-être de l’éleveur, c’est très important. » On aurait aimé poser une question au ministre : le bien-être de l’homme réclame-t-il les souffrances de ses bêtes ?

A demain @jynau

Chats clonés chinois et solitaires: qu’en diront les amoureux fervents et les savants austères ?

Bonjour

Un quart de siècle après Dolly. On nous annonce, depuis la Chine, la création par l’homme du premier chat cloné. Et nous voici comme projeté aux frontières de la transhumanité. Une première de l’entreprise pékinoise (sic) Sinogène. Une première qui n’est percue que comme la marche vers l’objectif ultime : le clonage du panda.

Sept mois seulement après la mort de son chat baptisé ‘’Garlic’’, son propriétaire, Huang Yu, a eu la joie de retrouver son protégé, qui a été cloné. Garlic » est le premier chat cloné par Sinogene, une entreprise qui a déjà réussi le clonage d’une quarantaine de chiens depuis 2017. ‘’Ils se ressemblent à plus de 90 %’’, assure le jeune Chinois de 23 ans. Compter 32 000 euros (contre 48 000 euros pour un berger allemand). Un marché promis à un formidable développement.

Sphinx allongés clonés

Plus de 90 % de ressemblance ? Sera-ce suffisant pour les amoureux fervents, sans parler de tous les savants austères, eux qui, nous écrit Charles Baudelaire, aiment également dans leur mûre saison cette puissante douceur qui fait l’orgueil de leur maison ? Plus de 90 %, certes, mais que restera-t-il de la frilosité et de la sédentarité, de la science et de la volupté, du silence et de l’horreur des ténèbres ?

Un chat cloné n’inclinera-t-il pas au servage ? L’Erèbe le prendra-t-il alors comme son coursier funèbre ? Le cloné prendra-t-il, à 90 % seulement, les nobles attitudes des grands sphinx allongés au fond des solitudes ? Et qui nous dit, d’ailleurs, que ces mêmes sphinx ne seront pas, eux aussi, de pâles copies clonées  incapables de rêver ? Un chat cloné ? Que restera-t-il des reins féconds d’origine, des gerbes d’étincelles magiques, du sable fin et des parcelles d’or ?

Où retrouverons-nous, chinois transhumanistes ou pas, l’insondable de leurs prunelles mystiques ?

A demain @jynau

Cœur et non-profit : quand la Mayo Clinic vous pousse à adopter un chien de compagnie

Bonjour

Rochester. On ne présente plus la Mayo Clinic 1 symbole planétaire de la puissance de la médecine occidentale contemporaine. Clef de voûte sur un trépied familial :  William Worrall Mayo (1819-1911), William James Mayo (1861-1939) et Charles Horace Mayo (1865-1939). C’est aussi une oasis dans le désert du profit capitaliste ; il ne s’agit en rien d’une « clinique » mais bien d’un système de soins régional élargi (le Mayo Health System) offrant toute la gamme des soins ambulatoires et hospitaliers. C’est en outre une organisation de recherche médicale à l’échelle nationale. L’ancien nom n’aurait été gardé que pour des raisons historiques teintées de nostalgie.

Oasis au pays de Donald Trump : alors que dans la plupart des systèmes de soins les médecins sont payés à l’acte, à la Mayo Clinic les médecins perçoivent leur salaire indépendamment du nombre de leurs patients.

Et puis voici que l’on reçoit à en-tête de la Mayo, des communiqués de presse (en français) résumant et vantant les résultats de travaux publiés dans Mayo Clinic Proceedings. Comme celui-ci, claironnant : « Posséder un chien améliorerait votre santé cardiovasculaire ». Une traduction de l’analyse initiale des données issues de l’étude Kardiozive Brno 2030. Extraits :

« L’étude a établi pour la première fois une base de référence contenant des données sanitaires et socioéconomiques sur plus de 2 000 sujets dans la ville de Brno, en République tchèque, de janvier 2013 à décembre 2014. Des évaluations de suivi sont prévues tous les cinq ans jusqu’en 2030. Dans l’évaluation de 2019, l’étude a examiné 1 769 sujets ne présentant aucun antécédent de maladie cardiaque et les a notés sur la base des comportements et facteurs de santé idéaux selon Life’s Simple 7, tels que décrits par l’American Heart Association : indice de masse corporelle, régime alimentaire, activité physique, tabagisme, pression artérielle, glycémie et cholestérol total.

L’étude a comparé les notes obtenues en matière de santé cardiovasculaire par l’ensemble des propriétaires d’animaux de compagnie avec celles des personnes n’en possédant pas. Ensuite, elle a comparé les propriétaires de chiens à d’autres propriétaires d’animaux de compagnie et aux personnes n’en possédant pas. L’étude démontre un lien entre le fait de posséder un chien et la santé cardiaque, ce qui s’avère conforme à la déclaration scientifique de l’American Heart Association relative aux avantages de posséder un chien en termes d’activité physique, d’engagement et de réduction du risque de maladie cardiovasculaires. ».

Selon les auteurs les résultats obtenus renforcent l’idée selon laquelle des personnes pourraient adopter, sauver ou acheter un chien – et ce dans un strict souci d’amélioration de leur santé cardiovasculaire – à la seule condition que le fait de posséder ce chein les amène à un mode de vie plus actif sur le plan physique. Où l’on perçoit que le chat ne convient pas.

Pour le Dr Francisco Lopez-Jimenez,  président de la division de cardiologie préventive au sein de Mayo Clinic,  le fait d’avoir un chien peut inciter les propriétaires à sortir, à se déplacer et à jouer avec leur chien régulièrement. Le fait de posséder un chien est également lié à une amélioration de la santé mentale dans d’autres études et à une diminution de la perception d’isolement social, deux facteurs de risque de crise cardiaque. Où l’on comprend que, finalement, le nec plus ultra serait, sous un même toit, de parvenir à faire s’entendre chien et chat.

A demain @jynau

1 Elle, se présente ainsi : « Mayo Clinic est une organisation à but non lucratif, engagée dans l’innovation dans la pratique, la formation et la recherche cliniques. Elle offre une oreille bienveillante et fournit une expertise et des réponses à tous ceux qui souhaitent guérir (sic). Rendez-vous sur Mayo Clinic News Network pour obtenir d’autres actualités de Mayo Clinic et Les coulisses de la Mayo Clinic pour en savoir plus sur Mayo

Didier Guillaume : après les piques sur la corrida, les Vandales de la peste porcine africaine

Bonjour

Plus qu’une charge un sacerdoce. Hier un peu de plaisir sanguin au Pays Basque – alimentant aussitôt une polémique politique et taurine. Aujourd’hui bris de glaces et menaces virales en Meurthe-et-Moselle. Diagonale de l’Espagne à la Belgique. Ne reculer devant aucun sacrifice.

On se souvient que depuis le début de l’année, un plan d’action d’envergure a été déployé dans le nord-est de la France. Objectif : faire face à la menace pour l’élevage porcin que constituent les cas de peste porcine africaine (PPA) détectés en Belgique à un jet de maïs, de l’autre côté de notre frontière.

Huit millions d’euros ministériels

« Pour faire face à cette menace, nous rappelle le ministère, plus de cent-dix kilomètres de clôture ont été érigées dans les départements des Ardennes, de la Meuse et de la Meurthe-et-Moselle . Et ce pour protéger notre territoire en cohérence avec les mesures prises également en Belgique. D’autres mesures telles que le dépeuplement des populations de sangliers, qui peuvent véhiculer le virus, ou l’investissement par les éleveurs dans des mesures de biosécurité ont été prises mobilisant l’ensemble des acteurs : éleveurs, filière porcine, chasseurs, pouvoirs publics. Le coût de ces mesures, s’élève à huit millions d’euros pour le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation. »

 C’est dire si Didier Guillaume, ministre, « condamne avec fermeté les actes de vandalisme commis sur les installations mises en place en Meurthe-et-Moselle ». Certes, à  ce jour, aucun cas de peste porcine africaine n’a été détecté en France. La situation reste cependant évolutive en Belgique et la vigilance de tous les acteurs doit être maintenue. Didier Guillaume le dit avec force : « tout doit être donc mis en œuvre pour que la France garde son statut indemne de PPA et ainsi préserver la filière porcine de cette menace économique et sanitaire majeure ».

Plus qu’un sacerdoce, une vocation.

A demain @jynau