Les caméras de vidéosurveillance sur le point de franchir la porte des abattoirs de France

 

Bonjour

Il faut, ce matin, imaginer heureux  Olivier Falorni député ex-PS, Charente-Maritime. L’Assemblée nationale a, dans la nuit et de façon totalement inattendue, voté l’obligation d’installer des caméras de surveillance dans les abattoirs. Le gouvernement ne s’y est pas opposé. Si tout va bien (si la future majorité ne s’y oppose pas) cela se ferait à compter de l’an prochain.

Restera à traiter la question, hautement délicate, des abattages dits « rituels ». « Nous sommes en train de travailler avec les cultes » a fait savoir Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture et porte-parole du gouvernement.

Ainsi donc, à partir du 1er janvier 2018 (et après expérimentation) « des caméras [seront] installées dans tous les lieux d’acheminement, d’hébergement, d’immobilisation, d’étourdissement, d’abattage et de mise à mort des animaux ». C’est ici la suite du combat mené avec constance par l’association L214 et mis en scène par quelques médias dont Le Monde.  Les images-choc diffusées avaient suscité beaucoup d’émotion et poussé le gouvernement à bâtir un plan gouvernemental en faveur du bien-être animal.

Primaire de la gauche

Des députés avaient parallèlement travaillé le sujet, créé une commission d’enquête et rédigé une proposition de loi portée par le député Falorni et comprenant cette « mesure phare » sur les caméras dans les abattoirs. Leur victoire a été acquise malgré l’opposition de quelques députés de droite et du centre. Ces derniers pronostiquent déjà la mort des « petits abattoirs » incapables selon eux de s’acquitter de cette nouvelle charge.

Les minutes de l’Assemblée nationale retiendront que l’obligation d’installer des caméras a été adoptée par 28 voix contre 4. L’hémicycle était plus que dégarni : la France politique regardait alors d’autres images transmises par des caméras : celles du premier débat télévisé de la primaire de la gauche. Il n’y fut aucunement question de souffrances animales.

A demain

 

Grippe aviaire : le gouvernement annonce le sacrifice d’un million de palmipèdes

 

Bonjour

En langage diplomatique on parle, face à « l’influenza aviaire hautement pathogène H5N8 » d’une « évolution de la stratégie de lutte pour éradiquer le virus dans les départements touchés ». En pratique cela se traduira par « un abattage de tous les palmipèdes en parcours extérieur d’une zone définie par le ministre en charge de l’agriculture,  incluant une partie des départements du Gers, des Landes et des Hautes Pyrénées ».

Sans atteindre celle de la Corée du sud (confrontée à une pénurie nationale d’œufs) la situation française est grave.  Depuis le début du mois de décembre 2016, 89 foyers d’infuenza aviaire H5N8 hautement pathogène ont été identifiés dans des élevages français en particulier dans la zone sud-ouest. Ce nouveau virus particulièrement agressif pour les élevages de volailles et se diffuse rapidement. La situation sanitaire évolue de façon différente selon les zones considérées : alors que certaines zones réglementées se stabilisent (notamment dans les départements du Tarn, de l’Aveyron et de Lot-et-Garonne), une zone concentrant la majorité des derniers foyers en date confirmés, incluant une partie des départements du Gers, des Landes et des Hautes-Pyrénées, n’est pas encore stabilisée.

Eradication

La puissante Direction générale de l’alimentation explique avoir réuni, aujourd’hui 4 janvier, les membres du Conseil national d’orientation de la politique sanitaire animale et végétale. Ordre du jour :  discuter et valider une évolution de la stratégie d’éradication du virus. Conclusion :

« L’objectif de la stratégie de dépeuplement, qui a été validée, vient compléter les dispositions européennes déjà en place pour protéger les zones à forte densité d’élevages (notamment la zone de Chalosse) et empêcher la progression de la maladie dans les zones qui ne sont pas encore stabilisées.

« Ainsi, un abattage de tous les palmipèdes en parcours extérieur d’une zone définie par le Ministre en charge de l’agriculture, incluant une partie des départements du Gers, des Landes et des Hautes Pyrénées  va être opéré. Le principe est d’abattre rapidement les espèces les plus touchées à ce jour par le virus à savoir les palmipèdes prêts à gaver de cette zone. (…)

Du 5 au 20 janvier

« Devant l’urgence de stopper au plus vite la propagation de ce nouveau virus, les opérations d’abattage des palmipèdes concernés débuteront dès le 5 janvier et se termineront vers le 20 janvier. La réussite de cette stratégie repose sur la mobilisation de l’ensemble des professionnels de la filière, des vétérinaires et des services de l’État afin que les mesures de biosécurité les plus strictes soient appliquées.

 « Les opérations de dépeuplement seront financées par l’Etat.  Les services de l’Etat sont mobilisés pour aider les professionnels à faire face à cette nouvelle crise sanitaire. »

Aucun chiffre précis n’est donné quant au nombre de palmipèdes concernés mais on estime que celui d’un million peut être raisonnablement avancé. Aucun détail n’est fourni quant aux techniques utilisées pour « dépeupler ».

A demain

Foie gras : Nagui et Marcela Iacub n’en veulent plus. Et ils réclament que nous n’en mangions pas

 

Bonjour

Un malheur peut ne pas arriver seul. Ainsi, aujourd’hui en France la multiplication des foyers de grippe aviaire H5N8 qui tétanise les élevages du grand Sud-Ouest. Et puis ces propos signés de Nagui et de Marcella Iacub dans une tribune que vient de publier  Le Monde. Une tribune exclamative simplement titrée : « Interdisons la production de foie gras en France ! ».

Marcella Iacub, 52 ans, est une personnalité atypique dans le paysage médiatique français. Juriste, essayiste, paradoxale sur le féminisme elle est, pour tout dire, inscrite dans une longue quête provocatrice. En 2013, cette directrice de recherches au CNRS avait gagné en notoriété à la suite de la publication de son livre Belle et Bête — inspiré de sa relation avec Dominique Strauss-Kahn. Ses lecteurs la retrouvèrent ensuite dans la célèbre émission  Les Grosses Têtes, sur RTL.

On ne présente pas Nagui. Les deux signent, dans Le Monde,  une tribune avec un « collectif » médiatique assez hétéroclite 1 que réunit la détestation de l’existence, en France, dufoie gras (de canard).

Berceau français

La provocation ne manque pas de sel. Les auteurs font d’emblée valoir que les premières victimes de l’épizootie de grippe aviaire « sont d’abord et avant tout, les canards ! » – animaux qui meurent, par milliers, des suites de la maladie ou des campagnes d’abattage menées à titre ‘’préventif’’. » Lisons la suite :

« Quand on sait que le foie gras est un foie malade – les canards étant atteints de la stéatose hépatique –, la filière du foie gras – et donc du canard gras – n’en est plus à une maladie près ! Certains d’entre nous ont grandi dans le sud de la France, berceau français du foie gras. En tout cas, depuis notre tendre enfance, nous avons tous été bercés par une petite musique sur la place importante du foie gras sur la table des fêtes de fin d’année et tout l’imaginaire qui va avec : convivialité, gastronomie, tradition – même si la production de foie gras ne prend son essor qu’au XIXe siècle. Des fêtes sans foie gras ne seraient pas des fêtes dignes de ce nom ! »

De fait, pour certains, non ! Et pas les plus aisés de notre société.

Inséminations forcées

Suit un passage pédagogique où le collectif explique comment est produit le foie gras : canes « inséminées de force artificiellement » (sic) ; canetons femelles tués à la naissance, « généralement par broyage » ; vingt-trois millions de femelles chaque année qui sont broyées ou gazées à la naissance ; quarante millions de canards  gavés par pompe hydraulique ou pneumatique à l’aide d’un embuc métallique d’une vingtaine de centimètres enfoncé dans l’œsophage.

Et que l’on ne fasse pas de différence entre l’industriel sadique et le gentil gaveur producteur : « il n’y a pas de gavage heureux ».

Vient la confession collective :

«  Nous aussi, nous aimons partager des moments conviviaux en famille et entre amis durant cette période particulière que sont les fêtes de fin d’année. A une époque pas si lointaine, le foie gras en faisait partie et était bien présent sur nos tables. Pourtant, nous avons fait le choix de ne plus en consommer pour ne plus soutenir et encourager une activité tout entière fondée sur l’immense souffrance des canards. Pour mettre fin à cette souffrance, nous demandons que la production de foie gras soit interdite en France, comme elle l’est déjà dans de nombreux pays européens. »

Travail des enfants

Les auteurs ne nous disent malheureusement par quoi ils remplacent la stéatose hépatique. Ont-ils versé dans le végétarisme ? Sinon comment résolvent-ils leurs contradictions ?  Ils disent « souhaiter profondément que les relations que nous entretenons avec les animaux changent ». Ils entendent « construire une société bienveillante où les animaux auraient une véritable place dans une société fondée sur la justice ».

Qui ne le souhaiterait ? Mais en quoi la croix sur le foie gras aidera-t-elle à la construction de ce temple de la bienveillance ? On est d’autant plus dérangé par le propos que les auteurs avancent un argument redoutable. Le voici :

«  L’argument économique n’est souvent que le paravent du conservatisme aveugle. Défendant le travail des enfants, la chambre de commerce de Mulhouse affirmait déjà en 1837 : ’Leur coopération est d’une nécessité absolue et la question de leur admission en général en serait une question de vie ou de mort pour nos fabriques.’’  Cependant, nous avons été capables en Europe d’évoluer vers d’autres pratiques et l’économie ne s’est pas pour autant effondrée. »

Osons le mot : ce parallèle historique entre le travail des enfants et le gavage des canards est assez délicat à avaler.

A demain

1 Françoise Armengaud, philosophe ; Aurélien Barrau, astrophysicien, professeur, université Grenoble-Alpes ; Pierre-Emmanuel Barré, humoriste ; Adélaïde De Clermont-Tonnerre, romancière et journaliste ; Jean-Baptiste Del Amo, écrivain ; GiedRé, chanteuse ; Marcela Iacub, juriste, CNRS ; Thomas Lepeltier, historien et philosophe des sciences ; Guillaume Meurice, humoriste ; Nagui, animateur, producteur et comédien ; Philippe Reigné, juriste, Conservatoire national des arts et métiers ; Matthieu Ricard, biologiste et fondateur de Karuna-Shechen ; Mathieu Vidard, journaliste

Oiseaux infectés de mauvais augure : tout le territoire métropolitain est désormais menacé

 

Bonjour

L’Histoire repasse rarement les plats mais les mêmes causes produisent (assez souvent) les mêmes effets. Il y eut le Pas-de-Calais. Puis, peu après, le Tarn.  Le Nord, le Sud-Ouest. Puis la faune sauvage de la Haute-Savoie. Aujourd’hui, 6 décembre 2016 les doutes ne sont plus permis : celui ou celle qui remplacera le Premier ministre sortant devra faire avec une nouvelle menace, virale et animale.

A la suite de la découverte de plusieurs foyers d’influenza aviaire hautement pathogène H5N8 dans des élevages du Sud-Ouest et de cas dans la faune sauvage dans le Pas-de-Calais et la Haute-Savoie, le ministère de l’Agriculture, de l’agroalimentaire et de la Forêt vient de « relever le niveau de risque vis-à-vis de la maladie au niveau « élevé » sur l’ensemble du territoire national ».

Virus meurtrier

C’est là une conséquence directe de la qualité de surveillance des services déconcentrés de l’Etat. Mais c’est aussi la prise en compte de « l’évolution rapide de la situation sanitaire en France et dans plusieurs pays d’Europe » et, surtout, de « la dynamique de propagation du virus ». Un virus hautement meurtrier.

Le niveau de risque avait déjà, à la mi-novembre, été relevé de « négligeable » à « modéré » sur l’ensemble du territoire national. Et dans les zones humides considérées comme des zones à risque particulier (elles constituent des arrêts sur la route des oiseaux migrateurs) le risque avait atteint  niveau « élevé ». Mais rien n’y a fait : certains des foyers découverts ces derniers jours se situent en dehors de ces zones..

Filets, lâchers et marchés

Le risque « élevé » sur l’ensemble du territoire national entraîne la mise en place de mesures de protection renforcées sur l’ensemble du territoire national, à savoir :

– l’obligation de confinement ou de pose de filets permettant d’empêcher tout contact avec les oiseaux sauvages pour tous les élevages commerciaux de volailles (sauf dérogation précisée par arrêté) et toutes les basses-cours (sans dérogation possible)

– l’interdiction de tout rassemblement de volailles vivantes, et en particulier des marchés de volailles vivantes. Les rassemblements peuvent avoir lieu sous dérogation, si notamment des dispositions sont mises en œuvre pour éviter tout risque de contamination par les oiseaux sauvages d’eau (oiseaux de la faune sauvage susceptibles d’être infectés par l’influenza aviaire) et entre volailles issues de différents élevages.

– l’interdiction de lâchers de gibiers à plume sur tout le territoire national. Les lâchers de faisans et de perdrix peuvent être, eux, autorisés sous certaines conditions, tout comme l’utilisation des appelants.

Guerre

Plus précisément le ministère rappelle que des mesures de biosécurité strictes doivent être respectées dans toutes les exploitations de volailles et par toutes les personnes susceptibles de rentrer dans les élevages de volailles du territoire national. « La gestion de ce nouvel épisode d’influenza aviaire dépend de la mobilisation et l’engagement de tous les acteurs du secteur » dit-il.

Cela ressemble à une déclaration de guerre. C’en est une.

A demain

Nuages sur les foies gras de canards français : un nouveau foyer de grippe aviaire identifié

 

Bonjour

Une mauvaise nouvelle chasse l’autre. Communiqué du ministre de l’Agriculture, porte-parole d’un gouvernement en sursis :

 « Un premier foyer d’influenza aviaire hautement pathogène H5N8 a été confirmé le 1er décembre 2016 par le laboratoire national de référence de l’Anses dans une exploitation de canards située dans le Tarn (commune d’Almayrac). Une forte mortalité des canards avait été signalée et a entraîné des prélèvements pour analyse en début de semaine. Parmi les 5000 canards que comportait l’exploitation, 2000 canards sont morts. »

Abattages préventifs

Le même virus H5N8 a été détecté pour la première fois en France le 27 novembre dernier. C’était alors sur des canards sauvages dans le Pas-de-Calais. De nombreux cas ont été déclarés en Europe ces dernières semaines sur des oiseaux migrateurs mais également en élevage de volailles. Le rôle des oiseaux migrateurs apparaît prépondérant dans la diffusion de ce virus particulièrement contagieux et destructeurs chez les oiseaux (mais inoffensif pour l’homme).

Dans le Tarn, la Direction départementale de la protection des populations a immédiatement mis en place les mesures de gestion et de protection prévues par la réglementation européenne. Une zone de protection de 3 km et une zone de surveillance de 10 km sont mises en place autour de l’élevage. Et les canards de l’exploitation infectée vont être abattus. La suite est connue : des « abattages préventifs » d’animaux seront réalisés dans les exploitations « épidémiologiquement liées » au foyer détecté ; une surveillance renforcée sera mise en place autour de ces exploitations ; une zone de protection de 3 km ainsi qu’une zone de surveillance de 10 km vont également être mises en place.

Réflexes protectionnistes

On peut se rassurer : ces nouveaux cas ne présentent aucun lien avec l’épisode survenu l’an dernier dans le Sud-Ouest de la France. Pour autant cette découverte d’un premier foyer dans un élevage commercial ne permettra pas à la France de recouvrer le 3 décembre, comme envisagé, son statut de pays indemne de virus de grippe aviaire hautement pathogènes. On assure, au ministère de l’Agriculture, que les normes internationales de l’OIE sur la « régionalisation » des maladies animales doivent s’appliquer, et que les exportations des produits de l’aviculture française doivent se poursuivre. Sera-ce le cas ? Le passé montre que dans ce domaine les réflexes protectionnistes nationalistes prennent vite le pas sur les réglementations internationales.

Pour l’heure le ministère de l’Agriculture appelle à la plus grande vigilance  les vétérinaires, les éleveurs, les chasseurs, les propriétaires particuliers de basses-cours et tous les autres détenteurs d’oiseaux. Il faut « tout mettre en œuvre pour protéger la France de la propagation de ce virus ». Urgence rouge : « signaler de toute mortalité d’oiseaux ».

A demain

Les premiers canards français porteurs du H5N8 ont été abattus à proximité de Calais

 

Bonjour

L’infection était dans l’air. Début novembre le ministre français de l’Agriculture nous avait demandé de signaler tous les oiseaux morts que nous serions susceptibles de rencontrer. Des cas d’influenza aviaire hautement pathogène H5N8 avaient alors été détectés chez des oiseaux sauvages en Hongrie, en Pologne, en Allemagne, en Croatie, aux Pays-Bas, au Danemark – mais aussi également autour du lac de Constance, à la frontière entre la Suisse, l’Allemagne et l’AutricheStatistiquement il y a avait peu de chances que la France soit épargnée. Elle ne l’aura pas été.

Un premier cas d’influenza aviaire hautement pathogène H5N8 a été confirmé le 26 novembre sur la commune de Marck (Pas-de-Calais), sur vingt canards sauvages – des canards utilisés comme appelants pour la chasse au gibier d’eau. Précisions à celles et ceux qui ne sont pas familier de la chasse qu’un « appelant vivant » est un animal vivant destiné à attirer un animal –  pour le tuer ou pour le capturer.

Appelants abattus

A la frontière avec la Belgique les mesures de gestion ont été immédiatement mises en place par la Direction départementale de la protection des populations.

« La Direction a procédé à l’abattage de l’ensemble des appelants du site et également des appelants d’un autre site se trouvant à 4 km de Boulogne, qui avaient été en contact. Deux secteurs de surveillance renforcée dans les communes aux alentours ont été mis en place : dans ces secteurs, des visites  systématiques de vétérinaires vérifient l’application stricte des mesures de confinement et de biosécurité des élevages. »

« Le lieu de détention des oiseaux trouvés morts est situé au sein d’une zone dont le niveau de risque avait été réévalué et considéré comme élevé par arrêté ministériel du 16 novembre dernier, suite aux nombreux cas détectés en Europe tant au sein des populations d’oiseaux sauvages que d’élevages. La période de migration de certaines espèces joue certainement un rôle majeur dans la diffusion de ce virus. »

Enfin, et pour protéger autant que faire se peut le territoire national, le ministre de l’Agriculture rappelle à tout un chacun  l’importance de signaler toute mortalité d’oiseaux sauvages.

A demain

 

 

 

« Anti-Alzheimer »: contre Marisol Touraine, la droite républicaine les déremboursera

 

Bonjour

Il nous faudra désormais apprendre à entendre le Dr Dominique Stoppa-Lyonnet, 60 ans, généticienne et femme politique. La directrice du service d’oncogénétique de l’Institut Curie de Paris est aussi la porte-parole de François Fillon dans lequel beaucoup perçoivent désormais le futur président de la République. Mais ours et peaux, mieux vaut, pour l’heure, attendre la suite. Reste un dossier qui, du fait de sa radicale incohérence (associée à son coût) n’attendra pas : celui des médicaments « anti-Alzheimer ». Quatre médicaments inefficaces et potentiellement toxiques que la Haute Autorité de Santé veut dérembourser. Ce que Marisol Touraine ce refuse à faire. Et ce pour des raisons où la raison médicale semble assez peu avoir à faire.

Incompréhensible

Et demain ? Interrogés parle site  Pourquoidocteur, la porte-parole de François Fillon s’est exprimée. Dans les mêmes termes que son confrère porte-parole santé d’Alain Juppé : le médecin et député Jean Leonetti.

« La Haute Autorité de santé a retenu qu’il n’y avait pas de service médical rendu (pour ces médicaments, ndlr). Il n’est pas compréhensible que l’assurance maladie continue de les rembourser. 150 millions d’euros c’est 4 000 personnes qui pourraient être auprès des patients »

« On a des systèmes de contrôle qui nous montrent que tel médicament n’a aucune efficacité. On ne doit pas rembourser des médicaments qui sont inefficaces et qui donnent de faux espoirs à des malades pour qui nous n’avons pas encore trouvé de médicaments efficaces ».

La Haute Autorité de santé (HAS) a pour sa part résumé :

«  Une efficacité au mieux modeste des médicaments de la maladie d’Alzheimer associée à leur mauvaise tolérance, la nécessité d’une prise en charge globale des patients et des aidants intégrant des approches non médicamenteuses : la Commission de la Transparence de la Haute Autorité de Santé estime que l’intérêt médical de ces médicaments est insuffisant pour justifier leur prise en charge par la solidarité nationale. »

Faux espoirs

En dépit de cette position Marisol Touraine a tranché  :

« Il n’y aura pas de déremboursement dans l’état actuel des choses. [Tant qu’un] protocole de soins ne sera pas élaboré et mis en œuvre, la question du déremboursement ne peut pas et ne doit pas se poser. »

La ministre de la Santé a un peu trop vite parlé. La question est bel et bien ouvertement et publiquement posée. Elle constitue même, désormais, un parfait et très pédagogique sujet de politique, de santé et d’argent publics.

A demain