Rugby : nouvel « accident grave » après placage. La Fédération soumise à la question

Bonjour

Combien faudra-t-il encore de drames avant que Bernard Laporte, président de la FFR et le Dr Serge Simon, vice-président, prennent la mesure de leurs responsabilités ?

Le dimanche 9 décembre Nicolas Chauvin, 19 ans, joueur de l’équipe Espoirs du Stade français a été victime d’un arrêt cardiaque au cours d’un match organisé au stade Moga de Bègles (Gironde) face aux Espoirs de Bordeaux-Bègles. Nicolas Chauvin « ne s’est pas relevé » après un plaquage survenu à la 5e minute du match. Victime d’un arrêt cardiaque, il a été pris en charge par l’équipe médicale du club girondin. Un massage cardiaque a été pratiqué pendant près de vingt minutes. « Lorsque les pompiers et le SAMU sont arrivés sur les lieux, le pouls du joueur, toujours inconscient, était reparti et il a été transporté à l’hôpital » rapportent les médias.

Lundi 10 décembre le Stade français précisait que Nicolas Chauvin, se trouvait « en réanimation, dans un état grave », au CHU Pellegrin de Bordeaux. Le troisième-ligne aile « a été opéré en urgence d’une fracture de la deuxième cervicale », a précisé le club.

Réduire les risques

Cet accident n’est pas sans rappeler celui survenu le 10 août quand Louis Fajfrowski, 21 ans, joueur d’Aurillac (Pro D2) avait trouvé la mort à la suite d’un plaquage lors d’un match amical contre Rodez.

La justice avait conclu, en novembre, que cette mort était due à « un traumatisme thoracique précordial, responsable d’une commotion cardiaque létale sur un cœur pathologique ». Et le parquet a précisé que cette « mort accidentelle » était survenue « à la suite et non pas à cause d’un plaquage » subi par le joueur à mi-hauteur.

Cette mort avait relancé, au sein du rugby français, un très vif débat sur la réduction des risques auxquels sont exposés les  joueurs de rugby – risques sans cesse plus élevés du fait de l’évolution du jeu, de la violence croissante et des règles qui demeurent en vigueur. L’accident dont vient d’être victime Nicolas Chauvin soulève, à nouveau et de manière frontale, les mêmes questions – à commencer par celles de la modification de la hauteur maximale autorisées pour les placages. On attend, une nouvelle fois, les réponses de Bernard Laporte et du Dr Serge Simon.

A demain

@jynau

Comparer la femme à la jument : les gynécologues-obstétriciens rattrapés au tournant

Bonjour

Voilà bien un édifiant signe de notre temps. Strasbourg, 42e Journées du Collège national des gynécologues et obstétriciens français (CNGOF). Douce Alsace, tendres Journées. Qui, alors, prend garde à cette slide ?

«  Les femmes, c’est comme les juments, celles qui ont de grosses hanches ne sont pas les plus agréables à monter, mais c’est celles (sic) qui mettent bas le plus facilement  ».

Embrasement immédiat des « réseaux sociaux » : #jenesuispasunejument

Et bientôt les explications-excuses-mea culpa du Pr Israël Nisand, médiatique président du CNGOF. «  C’était totalement inapproprié, déplacé et j’ai éprouvé le besoin de présenter mes excuses au nom du Collège des gynécologues  » vient-il d’expliquer à l’AFP.

La slide faisait partie de la communication «  d’un jeune agrégé » ; une communication « parmi une dizaine de présentations sur les recommandations pratiques pour la protection du périnée au cours de l’accouchement  ». «  Pour ce jeune agrégé, il s’agissait de montrer comment on s’occupait des femmes au Moyen Âge et combien cela a changé aujourd’hui, ajoute le Pr Nisand. C’était à tout le moins maladroit. Il a tout de suite compris qu’il avait fait une grosse bêtise et il en est très malheureux.  »

Hashtag et Limousin

Dont acte. Reste l’embrasement. La slide a été projetée devant 1 200 congressistes : naissance immédiate du hashtag #jenesuispasunejument. Que dire de plus ? Que dire de mieux ? Que la phrase honnie est tirée de l’ouvrage Le Seigneur de Châlus d’Yves Aubard (2012),  un roman historique qui se passe au Moyen Âge « entre 967 et 969 ».

« Premier tome de ‘’La Saga des limousins’’, ’’Le Seigneur de Châlus’’ débute à la fin du Xème  siècle. Durant cette période, quatre souverains se succèdent à la tête du royaume de France occidentale. L’aventure commence avec Lou, enfant trouvé qui grandit à la forge de Tristan, son père adoptif. Au fil des ans, on le voit grandir, se marier et effectuer son ascension sociale.

« Suite au miracle des Ardents à Limoges et à l’ostention de la relique de Saint Martial, la guerre éclate entre Limousins et Périgourdins. Lou se retrouve alors au premier rang de ce conflit au côté de son suzerain. Yves Aubard base son récit sur des faits réels et propose une véritable fresque historique dans la lignée de Maurice Druon. »

Notre temps n’est plus vraiment au miracle des Ardents. Ni à l’ostention de la relique de Saint Martial. C’est un temps chaque jour un plus impatient, un peu plus violent, méchant, ardent. Jusqu’à quand ?

A demain

@jynau

 

Homéopathie, politique et remboursement : qui se moque de qui et jusqu’à quand ?

Bonjour

Ainsi donc Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé a chargé la Haute Autorité de santé (HAS) d’évaluer le « bien-fondé du remboursement de l’homéopathie ». Ainsi donc la polémique a repris de plus belle entre les farouches pros et les définitifs antis. Pomme de discorde : le remboursement (partiel) des dilutions « infinies » par l’Assurance maladie.

Et puis, au moment où émerge un étonnant appel médiatisé de cent trente-et-un Académiciens anti-homéopathie voici un nouveau recul d’un pouvoir exécutif que l’on dit en cours de dilution. Où l’on apprend que la même HAS fait savoir qu’elle ne rendra pas son « avis » (consultatif) en février 2019, comme promis. Plus vraisemblablement au printemps. Peut-être vers l’été. Voire, qui sait, en automne. Et rien ne permet d’exclure 2020. Non pas une reculade assure la HAS mais bien en raison  « du travail d’évaluation à accomplir ».

Ce serait, nous confie la HAS, « un travail immense d’évaluer l’homéopathie et son maintien au remboursement. » Une « immensité » ? Tout n’a-t-il pas a été dit, écrit et publié sur le sujet ? C’est qu’il s’agit ici, pour la HAS, d’évaluer avec « la plus grande rigueur » et ce dans un immense esprit « d’ouverture » – « pour ne pas passer à côté d’éléments qu’on pourrait lui reprocher ». Et la HAS de souligner qu’il existait plus de 1 000 souches de granules – et autant d’opérations de soupèsement sur d’étranges trébuchets, transparents et ouverts à tous les vents.

Nous venons de résumer tout ceci. En omettant un détail – dans un dossier il est vrai chaque jour plus épais. Un détail daté de juillet dernier et imprimé sur la mémoire de ce blog : «  Remboursement de l’homéopathie : sérieux avertissement à Agnès Buzyn et au gouvernement ». Où nous citions un titre sans précédent  : « La Commission s’étonne du maintien du taux de remboursement à 30% des médicaments homéopathiques à nom commun compte tenu du taux de remboursement à 30% voire 15% de médicaments ayant fait la preuve de leur efficacité ».

Avertissement

C’était un avertissement on ne peut plus parlant de la Commission de la transparence de la Haute autorité de santé (HAS) : une instance scientifique composée de médecins, pharmaciens, spécialistes en méthodologie et épidémiologie. Elle évalue les médicaments ayant obtenu leur autorisation de mise sur le marché (AMM), lorsque le laboratoire qui les commercialise souhaite les voir remboursés par la Sécurité sociale. Cette Commission a aussi pour mission de donner un avis aux ministres chargés de la Santé et de la Sécurité sociale sur la prise en charge des médicaments par la Sécurité sociale et /ou pour leur utilisation à l’hôpital.

Cette Commission avait alors dû réaliser l’évaluation de l’efficacité de quatre spécialités homéopathiques en vue de maintenir leur remboursement, procédure automatique programmée tous les cinq ans. Ces substances sont actuellement sur le marché sans indication thérapeutique ni posologie – charge revient aux prescripteurs de les déterminer en fonction de leurs patients.

Or, coup de théâtre, la Commission de la transparence affirmait d’entrée « ne pas pouvoir se prononcer sur le ‘’service médical rendu’’ par ces spécialités ».

Comment dès lors expliquer que le remboursement de ces produits soit toujours en vigueur alors que leur « Service Médical Rendu » n’a jamais été évalué ? Comment justifier cette situation alors que l’Académie de médecine comme les Académies des sciences européennes avaient, depuis longtemps, tranché la question scientifique : en l’absence de toute substance active détectable, les spécialités homéopathiques ne peuvent, en toute rigueur, avoir d’action propre.

« C’est là une exception française, rapportions-nous. Une exception qui date de trente-quatre ans : la publication au Journal Officiel d’un arrêté daté du 12 septembre 1984 signé par Georgina Dufoix, alors la ministre des Affaires sociales et de la solidarité nationale du gouvernement de Laurent Fabius.

Trente-quatre ans plus tard l’abcès tricolore reste entier. Depuis le dernier printemps Agnès Buzyn s’est plusieurs fois exprimée, la ministre des Solidarités et de la Santé variant notablement de position sur le sujet. Avant de déclarer  le 24 mai sur France Inter qu’elle envisageait de conditionner le remboursement de l’homéopathie à une évaluation scientifique stricte, ajoutant par ailleurs que le débat sur le déremboursement serait ouvert durant l’été.

C’était en mai. Puis vint la sortie symptomatique, en juillet, de la HAS. Puis nous voici en hiver. Celui des Gilets Jaunes.

A demain

 

 

Gilets Jaunes: la France aura-t-elle un nouveau «contrat social» providentiel pour Noël ?

Bonjour

On peut considérer Brune Poirson, 38 ans, comme un poisson pilote dans le grand océan politico-médiatique national. Ainsi la secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire vient-elle de parler de « contrat social ». Elle l’a fait en écho des propos de Jean-Yves Le Drian, 71 ans, ancien socialiste  aujourd’hui ministre de l’Europe et des Affaires étrangères. Et – qui sait ? – prochain Premier ministre.

Pour l’heure, face aux Gilets Jaunes, le ministre Jean-Yves Le Drian, comme tous ses collègues du gouvernement, est inquiet. Très inquiet « pour la démocratie et les institutions françaises ».  Il l’a amplement dit au Grand Jury RTL/Le Figaro/LCI. :

« Je suis ministre des Affaires étrangères, je voyage partout dans le monde et je sais, pour le constater dans certains pays, combien la démocratie est fragile; elle peut être aussi fragile chez nous et donc j’appelle au ressaisissement, par le dialogue, parce que c’est notre manière d’être. Quand j’entends un certain nombre de déclarations, je suis inquiet.

« Lisez l’ensemble des déclarations y compris d’un certain nombre d’acteurs majeurs de la France Insoumise (…) J’entends dire ‘’l’insurrection est là, l’insurrection est en marche’’: c’est pas la République ça, à ma connaissance« .  « Quand j’entends des propos tenus sur le rond-point des Champs-Elysées comme quoi Macron finirait comme Kennedy, je dis qu’il y a des risques pour la RépubliqueC’est insupportable qu’un élu reçoive une balle dans une enveloppe, ce sont des méthodes de mafia, il faut qu’on les condamne collectivement.

« Le danger c’est la mise en cause de nos propres institutions, de notre vivre ensemble (…) Le président de la République doit fixer maintenant le grand cap de ce mouvement pour aller vers le nouveau contrat social indispensable »

Elément de langage

Et peu après heures plus tard, Brune Poirson, de faire de ce concept historique 1 un nouvel « élément de langage ».

« Cela ne doit pas être un débat d’entourloupes, de leurres, mais de propositions qui puissent ensuite être remontées, regroupées pour faire en sorte que l’on marche vers un nouvel Etat providence, un nouveau contrat social dans le pays, a encore expliqué Jean-Yves Le Drian. On ne réforme par un pays uniquement par le haut (…) Je pense que l’heure des territoires est arrivé. Je pense que l’on ne prend pas suffisamment en compte l’impact social et politique des mesures que nous sommes amenés à prendre. »

Autant de mots qui, dans la bouche d’un poids lourd de la Macronie, sonne comme un désaveu de la majorité à laquelle il avait fait le choix d’adhérer et qu’il avait aidé à constituer.  Comment comprendre ? Jean-Yves Le Drian s’est refusé à toute conjecture sur l’avenir politique du Premier ministre Edouard Philippe.

La Bretagne, après Le Havre,  à Matignon ? « Ce n’est pas mon sujet, dit aujourd’hui cet enfant de Lorient.  Je suis ministre des Affaires étrangères. J’ai beaucoup de travail dans un monde très compliqué où il y a des tensions majeures. Je remplis ma tâche avec beaucoup de plaisir. » Pour un peu on en douterait.

A demain

@jyau

1 « Du contrat social » : « Le contrat social ou Principes du droit politique » est un ouvrage de philosophie politique de Jean-Jacques Rousseau, publié en 1762. Cette œuvre « a constitué un tournant décisif pour la modernité et s’est imposée comme un des textes majeurs de la philosophie politique, en affirmant le principe de souveraineté du peuple fondé sur  les notions de liberté, d’égalité, et de volonté générale. » On connaît la suite.

 

Demain, grâce aux «corps intermédiaires», Macron va retrouver le cœur des Français

Bonjour

Tous l’exhortaient, c’est fait. Au lendemain de l’acte IV des Gilets Jaunes, Emmanuel Macron s’adressera à la Nation. Ce sera le lundi 10 décembre à 20 heures. L’Elysée n’a pas donné dans l’immédiat de précisions, mais chacun sait que le président est sommé de toutes parts d’apporter une « réponse politique forte » pour « faire retomber la fièvre » qui parcourt le pays.

Et d’ici là ? Du concentré de symbolique. Le président de la République recevra « l’ensemble des forces politiques, territoriales, économiques et sociales ». L’heure est plus que grave. Il recevra Gérard Larcher, président du Sénat, Richard Ferrand, président de l’Assemblée nationale Richard Ferrand, Patrick Bernasconi, président du Conseil économique, social et environnemental – mais aussi les présidents des associations d’élus, les responsables confédéraux des syndicats représentatifs (CGT, CFDT, FO, CFE-CGE et CFTC), ainsi que trois organisations patronales (Medef, CPME et U2P).

Que sait-on ? Qu’Emmanuel Macron annoncera des « mesures concrètes » et « immédiates ». Sans pour autant  annoncer de « coup de pouce » supplémentaire au Smic, au-delà de la hausse de 1,8 % attendue en janvier. Mais encore ? Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, devenue fidèle parmi les fidèles, a pour sa part assuré qu’Emmanuel Macron allait « vouloir tester un certain nombre d’hypothèses » avec ces « corps intermédiaires » qu’il ignorait ostensiblement jusqu’à présent.

« Très, très bien » (Agnès Buzyn)

« Je trouve ça très, très bien, avant de faire des annonces, qu’il échange avec les corps intermédiaires qui représentent la nation. Et je pense que c’est important de rappeler le fait que les corps intermédiaires sont indispensables », a déclaré la ministre sur le plateau de LCI. En écho, nouveau mea culpa de Benjamin Griveaux porte-parole du gouvernement :

« Nous avons sous-estimé le besoin de nos concitoyens de prendre la parole, de dire les difficultés qui sont les leurs et d’être associés à la construction des solutions (…) [Le président] saura retrouver le chemin du cœur des Français ».

Comme un parfum de fin du Nouveau Monde politique et la résurgence, étrange, des deux corps du RoiPatrick Boucheron :

« Parce qu’il est naturellement un homme mortel, le roi souffre, doute, se trompe parfois : il n’est ni infaillible, ni intouchable, et en aucune manière l’ombre de Dieu sur Terre comme le souverain peut l’être en régime théocratique. Mais dans ce corps mortel du roi vient se loger le corps immortel du royaume que le roi transmet à son successeur. »

A demain

@jynau

Capitalisme et addictions : faire une croix sur le tabac pour mieux s’enrichir avec le cannabis

Bonjour

On peut, certes, s’en amuser, laisser la métaphore filer. « De la cigarette à la fumette, il n’y a qu’un pas, que vient de franchir au triple galop le propriétaire de Marlboro, la marque au cow-boy. Le groupe américain Altria a en effet annoncé, vendredi 7 décembre, avoir misé 1,8 milliard de dollars (1,6 milliard d’euros) pour s’emparer de 45 % du capital de la société canadienne Cronos, rapporte Le Monde. De quoi mettre du beurre dans les épinards de cette PME – qui vient de lancer sa marque de cannabis Spinach – et, pour ses actionnaires, de décrocher le jackpot, alors que le chiffre d’affaires de Cronos ne pèse guère plus qu’un nuage de fumée (3 millions de dollars). Altria devient ainsi le premier cigarettier à se laisser séduire par le marché de la marijuana, qu’il espère lucratif. Il est notamment soucieux de trouver un nouveau souffle face à la baisse de la consommation du tabac et aux incertitudes liées à l’avenir du vapotage. »

Le site des buralistes français s’intéresse au sujet. Il nous précise que cet investissement « représente une nouvelle opportunité de croissance excitante pour Altria », a commenté le PDG de l’entreprise, Howard Willard, dans un communiqué annonçant l’opération. Y aurait-il, dans, ce monde d’autres excitations que dans le champ de la croissance ?

Précision : cet investissement donne à Altria la possibilité de participer à un « secteur émergent au niveau mondial » qui « devrait connaître une croissance rapide au cours de la prochaine décennie » : entendre émergence de la consommation (légale) de cannabis dans la foulée canadienne.

« L’opération est aussi l’occasion pour Altria d’investir dans des produits « complémentaires » à son cœur de marché, le tabac » précise lemondedutabac.com. Comment mieux dire l’homogénéité et la rapacité capitalistique au cœur de l’addiction ? En comme rien n’est simple cette paracité peut aussi se nourrir de la réduction des risques. Ainsi, selon The Wall Street Journal, le « propriétaire de Marlboro, la marque au cow-boy » est aussi en discussions pour prendre une participation dans Juul Labs, une start-up qui efait un malheur sur le marché des e-cigarettes aux États-Unis ».

« Cronos, ajoute le site des buralistes, est basé à Toronto et commercialise aussi bien du cannabis à usage thérapeutique qu’à usage récréatif et ambitionne de construire un ‘’portefeuille de marques iconiques’’ (sic). »

« Les alcooliers avaient ouvert la voie, rappelle Le Monde. En août, le propriétaire de la bière Corona, le groupe américain de spiritueux Constellation Brands, a fait sensation, en déboursant près de 4 milliards de dollars pour monter au capital de la société canadienne Canopy Growth et en détenir 38 %. Les brasseurs Molson Coors et Heineken, de leur côté, ont noué des partenariats avec des spécialistes de la feuille verte afin de proposer des boissons non alcoolisées infusées au cannabis. Puis, mi-septembre, le géant des sodas, Coca-Cola, a dévoilé son intention de mettre une pincée de cannabidiol dans ses canettes. »

Il y a là de nouveaux gisements de développements psychotropes et fiscaux. La France demeurera longtemps en retard dans la marche vers cet Eldorado ?

A demain

@jynau

 

Gilets Jaunes et Emmanuel Macron : combien devront-ils, demain, donner au Téléthon ?

Bonjour

La manne se tarit et la courbe chute : 80,3 millions en 2016-Garou, 75,6 millions en 2017-Zazie, 69,3 millions d’euros de promesses de dons pour l’édition 2018-Pascal Obispo qui vient de s’achever.  Une édition placée sous le thème de la « guérison »  mais organisée dans un « contexte perturbé » notamment par les Gilets Jaunes. Laurence Tiennot-Herment, présidente de l’AFM-Téléthon  parle aussi politique « d’un climat et d’un contexte social que l’on connaît, qui englobe une pression fiscale sur certains de nos donateurs, notamment des retraités impactés par la hausse de la CSG ».

 « Le paradoxe, c’est qu’en cette année 2018, on a pu vraiment montrer des avancées exceptionnelles obtenues grâce à la générosité publique », a-t-elle ajouté – rappelant que l’on pouvait continuer pendant une semaine à faire des dons par téléphone (3637) et sur telethon.fr« On aurait aimé battre des records », mais « il y a des années plus difficiles que d’autres », a résumé à la fin de l’émission Sophie Davant, coprésentatrice historique du Téléthon (depuis 1997).

Baptisée « Vaincre la maladie », l’édition 2018 a témoigné des premiers succès de la thérapie génique pour guérir certaines maladies génétiques rares « du sang, du foie et du système immunitaire » – avec, comme toujours,  des témoignages de familles et de chercheurs.

Le mur de l’impossible

« France 2 a notamment diffusé des images émouvantes de l’évolution après traitement d’un bébé atteint d’une maladie rare des muscles, la myopathie myotubulaire  rapporte l’AFP. Cette anomalie génétique entraîne une faiblesse musculaire extrême et une insuffisance respiratoire sévère. Mais douze semaines après avoir reçu une injection lui apportant un gène sain, dans le cadre d’un essai clinique de la société Audentes Therapeutics, le bébé tient assis seul et attrape des objets. »

Parmi les « défis » proposés, l’AFM-Téléthon avait invité les Français à organiser une « soirée crêpes » avec amis, voisins ou collègues, puis à indiquer sur un site dédié le nombre de galettes consommées et à verser un euro pour chacune d’entre elles …  Une cinquantaine de « YouTubeurs » et de joueurs célèbres de jeux vidéo se sont aussi lancés pour la deuxième année dans un « Téléthon gaming » diffusé sur la plateforme Twitch.

Mais des animations et autres « défis » (prévus à Paris, Bordeaux ou Rouen) ont été annulés en prévision des violences tenues pour inhérentes l’acte IV des Gilets Jaunes. Par précaution, le plateau de France Télévisions, prévu à l’origine sous deux grandes bulles transparentes place de la Concorde avait été rapatrié en studio.

Pour autant la très grande majorité des 20 000 points d’animation prévus pour récolter des dons a cependant été maintenue, avec 250 000 bénévoles mobilisés dans tout le pays selon l’AFM-Téléthon. Le temps n’est plus où, de 2003 à 2008, on dépassait systématiquement les 95 millions d’euros de promesses de dons.  Le modèle de la fête-quête s’use-t-il ? La générosité s’épuise-t-elle ? La parole devient-elle inaudible ? Le transhumanisme prend-il la place de la correction de la pathologie génétique ?

Laurence Tiennot-Herment l’affirme :  « On est à un tournant historique du Téléthon, on a fait tomber un mur de l’impossible ». Que découvrira-t-on derrière ?

A demain