Empoisonnements : rebondissement glaçant dans l’affaire du médecin anesthésiste de Besançon


Bonjour

C’est une affaire qui peine à prendre de l’ampleur. Une affaire pourtant qualifiée de « glaçante » par Le Parisien (Louise Colcombet avec Jean-Michel Décugis). Une affaire qui avait émergé en mars 2017 et progressé quelques semaines plus tard avec la mise en examen, pour sept « empoisonnements », du Dr Frédéric Péchier, 47 ans, médecin anesthésiste à Besançon. Il avait alors été laissé en liberté en dépit des charges qui pesaient sur lui. Placé sous contrôle judiciaire il avait interdiction d’exercer.

Les sept cas concernaient des patients âgés de 37 à 53 ans qui avaient subi, entre 2008 et 2017, des interventions chirurgicales ne présentant pas de difficultés particulières. Ils avaient néanmoins fait des arrêts cardiaques, deux étant morts et les cinq autres ayant pu être ranimés.

L’enquête avait pu établir que des doses potentiellement létales de potassium et d’anesthésiques avaient été administrées volontairement, provoquant les arrêts cardiaques. Les soupçons s’étaient portés sur le Dr Péchier qui exerçait dans les deux cliniques privées concernées. Ce médecin était suspecté d’avoir sciemment introduit dans les poches de réhydratation des patients des produits à dose létale (anesthésiques locaux ou chlorure de potassium), provoquant artificiellement des arrêts cardiaques. Et ce pour mettre ensuite en valeur ses compétences (unanimement reconnues) de spécialiste de la réanimation. On avait alors évoqué la notion de « frisson de la réanimation ».

Réclusion criminelle à perpétuité

Depuis plus rien, ou presque, dans les médias. Et puis, aujourd’hui, rebondissement avec de nouvelles interrogations : ce médecin est-il ou nom impliqué dans « plusieurs dizaines d’autres incidents médicaux suspects » ? C’est ce que tentent de découvrir les enquêteurs qui ont prolongé mercredi 15 mai sa garde à vue de vingt-quatre heures, vient de faire savoir le procureur de la République de Besançon, Etienne Manteaux. L’interrogatoire du Dr Péchier s’achèvera au plus tard jeudi 16 mai à 9 heures. Et il s’inscrit bel et bien dans le cadre d’une enquête préliminaire ouverte à l’époque en parallèle de sa mise en examen, en mars 2017.

Elle porte sur « une cinquantaine de signalements d’ événements indésirables graves » survenus dans des cliniques où l’anesthésiste exerçait, « selon une source proche du dossier ». Certains de ces incidents pourraient dissimuler des « faits d’empoisonnement potentiels », a précisé cette « source ».

Pour Me Randall Schwerdorffer, l’un des avocats du médecin on est toutefois « très en dessous d’une cinquantaine de cas » suspects. Son client, a-t-il déclaré mardi soir à l’AFP« collabore à la procédure d’enquête préliminaire » et « est toujours sur la même ligne de défense qui consiste à dire qu’il n’a jamais été impliqué de près ou de loin dans un empoisonnement ».

« Depuis deux ans, les enquêteurs ont passé au crible le passé professionnel du docteur Péchier, qui a majoritairement exercé à la clinique Saint-Vincent, avec un passage de quelques mois, en 2009, à la polyclinique de Franche-Comté, rapporte Le Parsien. Ils ont repris l’ensemble de ses interventions, croisé des tableaux de présence, et fait examiner les dossiers médicaux des cas suspects à des experts pour préparer la garde à vue. Ils ont également procédé, en décembre dernier et avec l’accord des familles concernées, à quatre exhumations pour retrouver des traces de produits. »

Or la technique médico-légale a ses limites potassiques et plusieurs personnes décédées de façon « suspecte » ont été incinérées. Reste l’examen des dossiers médicaux – plusieurs de ces cas, classés comme erreurs médicales, avaient fait l’objet de procédures d’indemnisation. Le client de Me Randall Schwerdorffer sera-t-il, à l’issue de sa garde à vue, mis en examen pour de nouveaux « empoisonnements » et placé en détention provisoire ? Les dés seront bientôt jetés.

En cas de procés, rappelle Le Parisien, le Dr Frédéric Péchier, 47 ans, encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

A demain

@jynau

Homéopathie française : il y a bien mieux à faire que de se contenter de la «dérembourser»

Bonjour

15 mai 2019. La commission de la transparence de la Haute Autorité de santé doit adopter aujourd’hui un avis sur le déremboursement des spécialités homéopathiques auxquelles, dit-on, sont attachés vingt millions de Français – de sspécialités et une pratique médicale dénoncées depuis quelques mois comme une forme de supercherie. L’affaire a pris une tournure politique et après bien des atermoiements Agnès Buzyn a dû se rendre à la raison raisonnante : demander à la HAS (qu’elle a présidée) de faire le point scientifique sur un sujet qui, précisément, dépasse ce cadre 1. C’était, simplement, gagner du temps.

« L’homéo patit » ose le Libération du jour – qui ajoute, humour, « Les granules ont les boules ». A dire vrai les jeux sont faits et la Commission de la transparence de la Haute autorité de santé (HAS) ne saurait se dédire. Il s’agit là d’une instance scientifique composée de médecins, pharmaciens, spécialistes en méthodologie et épidémiologie, qui évalue les médicaments ayant obtenu leur autorisation de mise sur le marché lorsque le laboratoire qui les commercialise souhaite les voir remboursés par la Sécurité sociale.

Ses membres avaient déjà eu à réaliser l’évaluation de l’efficacité de quatre spécialités homéopathiques en vue de maintenir leur remboursement et, il y a un an glissaient dans leur avis un commentaire politique«La Commission s’étonne du maintien du taux de remboursement à 30% des médicaments homéopathiques à nom commun compte tenu du taux de remboursement à 30% voire 15% de médicaments ayant fait la preuve de leur efficacité ».

On attend avec le plus grand intérêt l’avis qui doit être adopté ce 15 mai  par la même Commission de la transparence – avis qui, dit-on, devra rester secret durant un certain temps. Pour « donner la possibilité aux industriels de l’homéopathie la possibilité de se défendre en appel».

Mélasse homéopathique

Sans l’attente, élargissons la focale et ouvrons le numéro daté de mai de la Revue Médicale Suisse (Rev Med Suisse 2019; volume 15.936-936). Et découvrons le texte de Jacques Dubochet , 76 ans, citoyen suisse, lauréat du Prix Nobel de chimie millésime 2017 pour ses travaux en cryo-microscopie électronique. C’est  aussi un spécialiste de « l’énergisation de l’eau ».  Il traite ici de l’importance que prennent les « médecines » alternatives de tous bords – et s’inquiète de la perspective où un marasme idéologique en vienne à étouffer la médecine scientifique basée sur l’évidence.

 Extraits :

« Oui, je m’inquiète, beaucoup. Homéopathie (je m’y intéresse depuis longtemps), acupuncture, médecine ayurvédique, bioénergies, énergisation de l’eau (c’est mon rayon), et aussi, pour être à la mode, l’horreur des ondes électromagnétiques qui nous rendent tous malades. Nous nageons dans une mélasse de fake sciences. Pourtant, l’homéopathie ne fait de mal à personne, l’énergie vitale de l’eau est très amusante, la 5G et la fuite technologique en avant, tant mieux si elle est un peu bloquée par la révolte populaire. Pourquoi s’en inquiéter ?

Parce que nous croyons que, pour progresser, pour que le monde se développe harmonieusement, il faut être raisonnable ; il faut accepter que la nature soit notre seul maître. Nous ne sommes pas assez intelligents pour inventer ses lois dans nos petites têtes. Les élucubrations d’esprits farfelus, même s’ils récoltent d’étonnants – et de détonants succès populistes, sont néfastes et dangereuses. »

Pour autant le Nobel n’entre pas en campagne contre les médecines alternatives, ni contre les douteuses croyances à propos du méfait des ondes.

« Il faut choisir ses combats. Les miens se rapportent à la convivialité, à l’éducation pour tous, à notre climat qu’il faut sauver et à la défense d’une médecine humaniste. Défense d’une médecine humaniste ! Nous sommes révoltés de voir la médecine squattée par la course aux profits portée par le trio des assureurs et des cliniques privées ainsi que par les lobbys des spécialistes. (…)  Revenons à l’homéopathie contre laquelle je ne lutterai pas. Pourquoi a-t-elle tant de succès ? Pourquoi même tant de médecins s’y adonnent-ils ? Une raison saute aux yeux. La première consultation homéopathique dure une heure peut-être. Une heure de questions. Comment vous sentez-vous, où avez-vous mal, la tête, plutôt à gauche ou plutôt à droite ? Ah, je vous ai entendu, je vois ! Mon expérience de Prix Nobeliste a plein d’aspects intéressants. Que croyez-vous qu’il se passe quand une personne que je rencontre apprend la nature de son partenaire ? On pourrait imaginer qu’il aimerait savoir en quoi celui-ci est spécial, quelle impression ça fait d’être reçu par le Roi, combien ça rapporte… ? Rien du tout, il parle ! Il raconte sa vie, il veut se faire écouter.

Alors, ne nous étonnons pas du succès de l’homéopathie et comprenons qu’elle répond à un vrai besoin que la médecine traditionnelle néglige de plus en plus. (…) Allez, on se bouge ! C’est urgent ! Viiiite ! Redonnons sa place prépondérante à l’écoute. C’est peut-être la meilleure voie pour que notre médecine redevienne humaniste. La mélasse homéopathique et co. retrouvera naturellement sa juste place. »

Politique et mélasse homéopathique. Agnès Buzyn lit-elle la Revue Médicale Suisse ?

A demain

@jynau

1 Sur ce thème : « La guerre de l’homéopathie touche peut-être bientôt à sa fin » Slate.fr 4 avril 2019

Démocratie psychogène : le Colorado s’autorise la consommation des champignons hallucinogènes

Bonjour

Un papier de Slate.fr et  dépêche de l’Agence France Presse nous éclairent sur l’évolution des mœurs au-delà de l’Atlantique. Le gouverneur de l’État américain de Géorgie vient de signer un projet de loi interdisant l’avortement à partir du moment (environ six semaines) où les battements de cœur d’un fœtus pouvaient être détectés. Dans le même temps Denver, capitale du Colorado, est devenue, mercredi 9 mai, la première ville des Etats-Unis à dépénaliser l’usage des champignons hallucinogènes.

Appelés à se prononcer par référendum, les électeurs ont dit oui à 50,56 %. « Les partisans de cette mesure avaient d’autant plus de mal à en croire leurs yeux que les chiffres provisoires publiés dans la nuit laissaient penser qu’elle serait rejetée par une courte majorité, résume l’AFP. Au total, plus de 176 000 électeurs se sont exprimés sur cette « initiative 301 » qui vise à ce que l’arrestation pour possession et consommation de champignons à psilocybine – pour les personnes de plus de 21 ans et à titre personnel – devienne ‘’la moindre des priorités des forces de l’ordre dans la ville et le comté de Denver’’. »

Elévations spirituelles

Les « champignons » resteront toutefois techniquement « illégaux » et leur vente constituera toujours un délit. Une initiative similaire avait échoué l’an dernier en Californie et n’avait pu être soumise au vote populaire. Denver était devenue en 2005 la première grande ville américaine à légaliser (déjà par référendum)  la possession de petites quantités de cannabis. L’usage récréatif de cannabis est légal depuis 2014 dans l’ensemble de l’Etat du Colorado. Puis une traînée de poudre : le cannabis est aujourd’hui légal à titre récréatif dans dix Etats américains, dont la Californie, et dans plus de 30 Etats (sur 50) à titre médical.

Selon diverses études, la psilocybine, principe actif des « champignons », ne serait pas source d’addiction voire permettrait « de lutter contre la dépression et la dépendance aux opiacés ». « Les êtres humains utilisent ces champignons depuis des milliers d’années comme traitement, rite de passage, vecteur d’élévation spirituelle (…) », affirme sur son site le groupe Decriminalize Denver, qui avait annoncé en janvier avoir recueilli suffisamment de signatures pour que son initiative fasse l’objet d’un référendum.

« Denver est en train de devenir la capitale mondiale de la drogue, avait alors regretté auprès de CNN Jeff Hunt, un responsable de l’université catholique du Colorado. Nous n’avons à vrai dire aucune idée de l’effet à long terme de ces drogues sur les habitants du Colorado ». Où l’on voit que, parfois, les religions ne sont d’aucun secours pour prédire notre avenir.

A demain

@jynau

 

L’argent sale des médicaments : projecteur sur les grossistes-répartiteurs « short liners »

Bonjour

Esprit de lucre aidant, tout n’est pas toujours reluisant dans le monde du médicament. Ainsi cette information peu banale que vient de distiller l’Agence nationale chargée de contrôler la qualité et l’éthique de ce vaste secteur : « Grossistes-répartiteurs : l’ANSM prend des mesures à l’encontre des « short-liners » ».

Les grossistes-répartiteurs sont ceux qui, en aval de Big Pharma, réalisent les opérations d’achat, de vente, de stockage et de distribution de médicaments. A ce titre ils disposent d’autorisations délivrées par l’ANSM pour ces activités. Et le code de la santé publique leur impose des obligations de service public. Or c’est précisément ici que certains grossistes-répartiteurs font défaut et sont désignés comme étant des »short liners ». Voici ce que nous dit l’ANSM :

« Attirés par la rentabilité du marché, notamment par le biais des exportations parallèles, les « short-liners » développent leur activité sans respecter tout ou partie de leurs obligations, en particulier de disposer d’une collection suffisante de médicaments, ce qui nécessite des capacités de stockage adéquates, et d’être en mesure de livrer les officines dans les 24 heures. Ces obligations entraînent un coût non négligeable dans le fonctionnement des grossistes-répartiteurs mais sont indispensables à l’approvisionnement approprié et continu des patients en France.»

Plus grave encore :

« Cette problématique est essentielle et va au-delà de la question d’équité entre les acteurs de ce marché. Elle peut favoriser l’introduction des médicaments falsifiés dans la chaîne légale de distribution, compliquer la traçabilité et entraîner un assèchement du marché car certains « short-liners » achètent des médicaments à moindre coût en France pour les revendre dans d’autres pays européens. »

Or les  inspections, conduites par les Agences Régionales de Santé  en lien avec l’ANSM, ont mis en évidence qu’il existe encore (sic) des grossistes-répartiteurs qui ne remplissent pas leurs obligations de service public. En 2018, l’ANSM a  prononcé cinq injonctions et cinq sanctions financières à l’encontre de ces grossistes-répartiteurs, dits « short-liners », pour un montant total de 480 500 €.

On observera que l’ANSM se garde bien de donner les noms et de détailler les pratiques de ceux qui « ne respectent pas leurs obligations ». Ceux qui peuvent « faciliter l’introduction des médicaments falsifiés dans la chaîne légale de distribution », « compliquer la traçabilité » et « entraîner un assèchement du marché ». Ceux qui, en somme, joue avec la santé publique pour faire coûte que coûte de l’argent. On observera tout cela, et on se demandera pourquoi.

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@jynau

 

Comment faire pour ne pas tuer son chat parasité en le traitant comme un simple chien

Bonjour

Quel média dira la richesse des agences nationales françaises en charge du « sanitaire » ? Qui sait, par exemple que l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) dispose en son sein d’une Agence nationale du médicament vétérinaire et, partant, d’un dispositif de pharmacovigilance vétérinaire. Où l’on apprend grâce à ces structures que « des réactions graves voire mortelles chez des chats traités avec les antiparasitaires pour chiens à base de perméthrine ».

Avec l’arrivée du printemps, synonyme de période de traitement antiparasitaire des animaux domestiques, cette Agence rappelle aux « propriétaires de chats » (sic) de ne pas traiter leur animal avec les médicaments vétérinaires contenant de la perméthrine. Ces médicaments peuvent entraîner des troubles neurologiques (tremblements, convulsions) pouvant être mortels, le chat étant incapable d’éliminer cette substance. Et avec certaines formulations concentrées comme les produits en pipettes, quelques gouttes peuvent suffire à induire des effets graves chez les animaux les plus sensibles.

Laver le félin au liquide vaisselle

« L’Anses enregistre, depuis plusieurs années, des réactions indésirables graves voire mortelles chez des chats traités avec ces antiparasitaires externes dans le cadre du dispositif de pharmacovigilance vétérinaire qu’elle met en œuvre via l’Agence nationale du médicament vétérinaire. Des accidents continuent à se produire malgré les mesures de communication déployées auprès des vétérinaires et des propriétaires d’animaux et notamment l’étiquetage de la contre-indication absolue concernant le chat pour ces médicaments.»

En 2018, l’Agence a ainsi enregistré 122 déclarations d’effets indésirables chez des chats après administration de traitements à base de perméthrine, 54 ont été jugées graves et 6 chats sont morts suite à l’utilisation d’un de ces médicaments antiparasitaires autorisés chez le chien. Traduction : l’Agence rappelle aux propriétaires de chats de ne pas traiter leur animal avec les médicaments vétérinaires destinés aux chiens et contenant de la perméthrine. En cas d’exposition accidentelle, et même si des effets indésirables ne sont pas encore survenus, il est recommandé de laver le chat avec de l’eau tiède et du savon ou du liquide vaisselle (re-sic) et de demander rapidement conseil à un vétérinaire.

Et éviter que les chats ne soient exposés accidentellement au produit dans les foyers où plusieurs animaux sont présents, il convient de tenir les chiens traités à l’écart des chats jusqu’à ce que le site d’application du traitement antiparasitaire sur le chien soit sec et de s’assurer que les chats ne puissent pas lécher le site d’application d’un chien traité. Vos chats puissants et doux, orgueil de la maison, frileux et sédentaires, vous en diront peut-être merci.

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@jynau

Alerte médicamenteuse incompréhensible : pénurie massive de Solupred® et Cortancyl®

Bonjour

Pourquoi ? Prescripteurs et pharmaciens ne le sauront pas. Pour l’heure le voici condamnés à faire avec la pénurie. De médicaments essentiels. Seule information disponible : « l’ANSM a été informée par les laboratoires commercialisant des médicaments à base de prednisone  (Cortancyl®  comprimés sécables et ses génériques) et de prednisolone (Solupred® comprimés effervescents et comprimés orodispersibles et ses génériques) de l’existence de fortes tensions d’approvisionnement (sic) Tous les laboratoires commercialisant ces spécialités sont concernés».

Cette situation « survient sur un fond de difficultés d’approvisionnement depuis plusieurs semaines ». Mais encore ? Rien. Sinon que l’ANSM a « mobilisé les industriels pour trouver des solutions permettant d’assurer l’approvisionnement ». Et qu’elle « met en œuvre des mesures afin de sécuriser l’approvisionnement de ces spécialités sensibles auprès des populations pour lesquelles les traitements par corticoïdes sont indispensables ». Et encore qu’elle « demandé aux laboratoires de mobiliser des stocks de leurs spécialités initialement destinés à d’autres pays et/ou de mettre en place des importations de spécialités similaires ».

Mais une mobilisation pour l’heure sans résultats : « dans ce contexte de tension, l’ANSM recommande d’ores et déjà de limiter l’utilisation de ces spécialités aux situations où elles sont médicalement indispensables et sans alternatives ». Pourquoi ? On ne le saura pas.

A demain

@jynau

Tuberculose : cette fille de la précarité et de la promiscuité s’installe dans la capitale

Bonjour

Ces sont quelques chiffres qui en disent malheureusement long. On les trouve dans le dernier Bulletin épidémiologique hebdomadaire 1. Où l’on apprend que le taux de déclaration de la tuberculose (qui avait diminué en Ile-de-France depuis  2000 et qui s’était stabilisé de 2011 à 2014) est en augmentation. Cette publication porte sur les cas de « tuberculose-maladie » déclarés en Ile-de-France entre 2015 et 2017.

En 2015, 1 758 cas de tuberculose confirmés ou probables ont été déclarés en Ile-de-France, 1 809 en 2016 et 1 927 en 2017, soit une croissance de 9,6 %. L’incidence (nombre de nouveaux cas rapportés à la population) est également en hausse : 15,8 cas pour 100 000 habitants en 2017 contre 14,6 en 2015.

Tous les départements franciliens ont franchi le seuil de dix cas de tuberculose/10 000 habitants en 2017. Des disparités infra-régionales sont observées avec notamment une augmentation du nombre de cas plus importante dans la capitale, atteignant un taux de 16,8/10 000  habitants en 2017.

Ce sont quelques mots qui disent tout :

« Le taux de déclaration chez les personnes nées à l’étranger a augmenté contrairement à celui observé chez les personnes nées en France qui, lui, a diminué. Parmi les cas de tuberculose déclarés en Île-de-France, une hausse est observée chez les hommes, chez les résidents en collectivité et, parmi les personnes nées à l’étranger, chez les primo-arrivants. 

« Les populations concernées par cette augmentation sont celles souffrant le plus de précarité et de promiscuité, notamment les personnes nées à l’étranger, en hébergement collectif ou sans domicile fixe et celles arrivées récemment en France. »

Conclusion apolitique des auteurs : «  Ces observations incitent à poursuivre et renforcer l’adaptation du dépistage de ces populations à risque ». On attend la confirmation des services de la (bien nommée) ministre des Solidarités et de la Santé.

A demain

@jynau

1 Mathieu P, Mounchetrou Njoya I, Calba C, Lepoutre A, Marc E, Silue  Y. Épidémiologie de la tuberculose en Île-de-France  : une augmentation des cas déclarés en 2016 et en 2017 ? Bull Epidémiol Hebd. 2019;(14):256-62. http://beh.santepublique france.fr/beh/2019/14/2019_14_2.html