Les pharmaciens français n’ont jamais été aussi prêts de pouvoir faire des ordonnances

Bonjour

14 mars 2019. Réunis en commission des Affaires sociales les députés viennent de décider d’autoriser les pharmaciens à prescrire et délivrer des médicaments qui ne pouvaient jusqu’ici être obtenus qu’avec une ordonnance médicale. C’est la suite d’un feuilleton politique centré sur des « pathologies bénignes » comme des « cystites aiguës » ou des « angines ». Un affaire, celle du « pharmacien-prescripteur »  qui commence à échapper à celui qui l’a voulue : le Dr Thomas Mesnier, urgentiste puis député (LREM, Charente).

« Ce texte vise à permettre aux pharmaciens de délivrer selon un protocole mis en place par la Haute Autorité de Santé des médicaments dont la liste serait fixée par arrêté dans le cadre de pathologies bénignes du quotidien, a-t-il plaidé  devant la commission des Affaires sociales. Cela se ferait dans le cadre d’un exercice coordonné, qu’il s’agisse d’équipes de soins primaires, de maisons de santé pluri-professionnelles, de centres de santé ou de communautés professionnelles territoriales de santé » et « sous réserve d’une formation ad hoc des pharmaciens sur ces dits protocoles et d’un lien obligatoire réalisé auprès du médecin traitant. »

Où l’on comprend, sans même être urgentiste ou député que l’on touche là à de puissants symboles. Et que ce contact ne peut que déclencher de violentes réactions. Agnès Buzyn semble l’avoir compris qui n’a pas caché un certain embarras devant les velléités de son jeune confrère.  Elle aimerait « trouver une voie de sortie par le haut » :

« Il me semble important de réussir à avancer sur ce sujet, soit par le biais d’une expérimentation, d’un article 51, soit de travailler aujourd’hui avec les professions médicales pour aboutir à une forme d’accord. Le passage en force peut nous mettre en difficulté et je souhaiterais avoir la semaine qui vient pour trouver une voie de passage avec les syndicats médicaux ? »

« Simplifier le quotidien »

Le Dr Olivier Véran neurologue hospitalier avant d’être député (LREM, Isère) a appuyé l’initiative de son collègue tout en cherchant à rassurer ses confrères. « On ne va pas demain « shunter » le médecin au profit du pharmacien. Il s’agit de simplifier le quotidien d’un certain nombre de Français et de normaliser certaines pratiques qui ont déjà lieu ». Ininiative sans grand succès.  MG France est exaspéré par ce grand remplacement qui aurait pour effet de  »shunter » l’examen clinique et la quête du diagnostic.

«  La sécurité des patients est aussi en jeu, et ce n’est pas acceptable ! On ne peut pas résumer une réponse à un symptôme par un médicament, pour diagnostiquer une cystite il faut d’abord une démarche clinique et ensuite, on oriente le patient vers un spécialiste, vers les urgences ou on fait une prescription. »

Le Syndicat des médecins libéraux dénonce cette obstination politique à vouloir doter les pharmaciens d’officine de compétences diagnostiques qu’ils n’ont pas. Et de s’élever contre « la dissémination du droit de prescription » et « le double discours » de la ministre. Même refus frontal pour la FMF : elle refuse que les pharmaciens puissent cumuler les fonctions de diagnostic, de délivrance, et de vente des médicaments.

On pourrait presque, ici, parler de conflits d’intérêts et de politique d’augmentation potentielle des risques. Et de syndicats jouant, étrangement, le rôle de lanceurs d’alerte.

A demain

@jynau

 

Premier mort de la rougeole en France en 2019. Une situation « inacceptable » (Agnès Buzyn)

 

Bonjour

Donnée par Santé Publique France l’information commence à être reprise en boucle par les médias « d’information continue » : on a recensé le premier mort dû à une infection par le virus de la rougeole depuis le début de l’année. Une encéphalite.

« Depuis le 1er janvier 2019, 350 cas de rougeole ont été déclarés (vs 966 cas sur la même période en 2018), dont 100 (29%) hospitalisés (5 en réanimation), 27 (8%) compliqués de pneumopathies, 1 décès (encéphalite).

– 90% des cas sont survenus chez des sujets non ou mal vaccinés.

– 51 départements ont déclaré au moins 1 cas au cours de la période.

– Tout cas de rougeole, dès le stade de la suspicion, doit être signalé sans délai à l’ARS concernée »

Depuis le début de l’année 2019, la rougeole, maladie très contagieuse qui peut causer des complications graves voire fatales (encéphalite, pneumonie, perte de vision), a touché 350 personnes, soit nettement moins que sur la même période en 2018 (966), selon le point hebdomadaire publié mercredi. 

« Afin de protéger l’anonymat de la patiente décédée, aucune information ne pourra être communiquée sur les lieux et date de décès », a précisé un porte-parole de Santé publique France. On en sait pas, notamment, si cette personne était vaccinée. Ce qui est regrettable au vu des polémique que cette vaccination continue d’alimenter.

Vaccination généralisée obligatoire

Pour Agnès Buzyn la situation française est « inacceptable ». « 90 % des cas sont survenus chez des sujets non ou mal vaccinés », précise Santé publique France. La région Auvergne-Rhône-Alpes est la plus touchée, avec notamment un foyer de 53 cas (36 suspects et 17 confirmés) dans la station de ski de Val Thorens (en majorité des travailleurs saisonniers) et 5 cas dans les vallées voisines (Savoie).

Fin février une famille française infectée a été placé en quarantaine au Costa Rica, un pays qui avait enregistré son dernier cas autochtone en 2006 et poursuit une campagne gratuite de vaccination. Selon le ministère de la santé costaricain, l’enfant français n’était pas vacciné. Cette famille venait de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, précise Santé publique France.

Sur l’ensemble de l’année 2018, trois personnes sont mortes de la rougeole sur 2 800 cas enregistrés. L’OMS et l’Unicef ont récemment alerté face à la recrudescence de cette maladie virale dans le monde. Selon l’Unicef, dix pays, dont le Brésil, l’Ukraine et la France, sont responsables de trois quarts environ de l’augmentation totale des cas en 2018.

En France, le vaccin a été récemment rendu obligatoire pour les enfants nés après le 1er janvier 2018. Auparavant, il faisait partie des vaccins recommandés. Et, d’ores et déjà une question, médicale et politique, émerge dans le champ médiatique : celle d’une immunisation généralisée obligatoire pour l’ensemble de ceux qui n’ont jamais été vaccinés.

A demain

@jynau

L’écologiste Yannick Jadot s’explique, enfin, sur les vaccins, les lobbies et Michèle Rivasi

Bonjour

Yannick Jadot est tête de liste Europe Écologie-Les Verts (EELV) aux élections européennes. Il est ce matin l’invité de RTL (Elisabeth Martichoux). D’emblée sur le grill avec une question sur le comportement plus qu’ambivalent de sa collègue Michèle Rivasi concernant la vaccination et les vaccins 1. Est-il, sur ce point, ennuyé  ? Où l’on découvre qu’il est, pour le moins, embarrassé. Extraits :

« Ce qui me pose un problème c’est le procès qui est fait à Michèle Rivasi. Nous avons dans ce pays un problème depuis quelques années de consentement à la vaccination. Avec ce qui s’est passé sur la grippe H1N1 2, les centaines de millions d’euros qui ont été perdus, les millions de vaccins qui ont été détruits, vous vous souvenez les queues tout ça … On a eu une réduction extraordinaire du consentement à la vaccination dans ce pays et c’est extrêmement dangereux.

 « Michèle Rivasi elle est vaccinée, ses enfants sont vaccinés .. comme je suis vacciné, mes enfants sont vaccinés…J’imagine que c’est la même chose pour vous… Elle a toujours dit qu’elle était pour les vaccins… Simplement on a parfois dans ce pays des collusions d’intérêt entre la décision publique et les grands labos pharmaceutiques. Le travail que fait Michèle Rivasi c’est d’obliger d’imposer la transparence sur les labos pharmaceutiques, sur l’Agence du médicament au niveau européen comme au niveau français (…)

 « Le problème c’est qu’on a dans notre pays le sentiment que les décisions des autorités publiques qui sont prises sur les vaccins ne sont pas 100% prises pour l’intérêt général, pour la santé publique, mais sont également prises pour favoriser des labos pharmaceutiques (…)

Scandales sanitaires et lobbies pharmaceutiques

 « On a toujours défendu l’obligation de vaccination, mais quand dans notre pays le consentement à la vaccination est en retrait il faut s’interroger pourquoi. Pourquoi les gens doutent des vaccins ? Parce que ce qui s’est passé sur le H1N1, ce qui s’est passé de manière générale sur Mediator, sur toute une série de scandales sanitaires pose la question de la place des lobbies pharmaceutiques (…)

 « On est pour les vaccins mais on veut simplement garantir que les vaccins qui sont donnés n’ont pas dans leur composition d’adjuvants dangereux. Nous voulons que l’Agence du médicament garantissent qu’il n’y a pas de conflits d’intérêts. Nous défendons la santé publique. Nous défendons la vaccination. Et nous voulons justement qu’il n’y ait pas le moindre doute sur le fait que toute décision des autorités publiques, de l’Agence du médicament est faite pour l’intérêt général (….)

 « On a dans ce pays des labos pharmaceutiques extrêmement puissants qui du fait des décisions des autorités publiques ont créé un doute/ Michèle Rivasi, comme tous les écologistes, sont pour la vaccination mais veulent lever tous les doutes sur les liens entre l’Etat et les labos pharmaceutiques. »

A demain

@jynau

1 Sur ce thème on conseillera « Antivax. La résistance aux vaccins, du XVIIème siècle à nos jours » de François Salvadori et Laurent-Henri Vignaud. Editions Vendémiaire

2 Principale responsable politique visée, Roselyne Bachelot, ministre de l’Ecologie (2002-2004) puis de la Santé (2007-2012) est aujourd’hui fréquemment sur RTL dans l’émission Les Grosses Têtes.

 

Calvitie :  MSD va-t-il rembourser les effets secondaires sexuels et suicidaires du Propecia®

Bonjour

Justice sans limite. Après le Levothyrox®, voici le Propecia® (finastéride) du géant pharmaceutique MSD. Bien connu des médias Me Charles Joseph-Oudin lancera prochainement une procédure judiciaire. C’est une information d’Europe 1.

« Alors qu’il est toujours autorisé sur le marché français et européen, le Propecia – un médicament contre la calvitie aux nombreux effets indésirables – une dizaine de victimes lance une procédure judiciaire contre lui. Le laboratoire MSD, et les autorités de santé, ont tardé à informer les patients et les médecins des effets indésirables et notamment de leur caractère irréversible. 

« Le Propecia, un médicament contre la calvitie qui contient du finastéride, provoque des baisses de libido, des problèmes d’érection ou encore des idées suicidaires. Autant d’effets secondaires souvent irréversibles dont les patients sont peu, voire pas, informés. C’est pourquoi une dizaine d’hommes lancent une procédure judiciaire pour défaut d’information, selon les informations d’Europe . »

Chutes de cheveux des hommes

Une vieille histoire, déjà que le Propecia® présent depuis vingt ans sur le marché français. Données officielles :

« Propecia® est préconisé dans le traitement des stades peu évolués de la chute des cheveux chez l’homme âgé de 18 à 41 ans (connue sous le nom d’alopécie androgénétique). Si après avoir lu cette notice, vous avez des questions sur la chute des cheveux chez l’homme, demandez plus d’informations à votre médecin. L’alopécie, fréquente chez l’homme, serait due à une combinaison de facteurs génétiques et d’une hormone spécifique, appelée dihydrotestostérone (DHT). La DHT contribue à réduire la phase de repousse du cheveu et à diminuer son volume.

 « Au niveau du cuir chevelu, Propecia® diminue sensiblement le taux de DHT, en bloquant une enzyme (5-alpha réductase type II) qui transforme la testostérone en DHT. Seuls les hommes à des stades peu évolués de l’alopécie, sans calvitie complète, peuvent espérer une amélioration après traitement par Propecia®. Après cinq ans de traitement, la progression de la perte de cheveux s’est ralentie chez la plupart des patients et au moins la moitié d’entre eux a présenté une amélioration plus ou moins importante de la repousse des cheveux. »

L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) avait alerté sur d’éventuels effets indésirables en 2012 :

« Propecia® (finastéride 1mg) est commercialisé en France depuis 1999, ainsi que dans plusieurs pays européens. En France, la consommation est stable depuis plusieurs années à un peu moins de 30 000 unités par mois (une boîte équivalant en moyenne à un mois de traitement).

« Les effets indésirables sexuels (baisse de la libido, troubles de l’érection, troubles de l’éjaculation) ont été observés dans des études cliniques ayant conduit à l’autorisation de mise sur le marché (AMM), chez 1 à 10 patients pour 1000 patients traités. Ces effets sont considérés comme transitoires ou réversibles à l’arrêt du traitement et figurent dans le résumé des caractéristiques du produit et la notice initiale du médicament.

« Toutefois, des cas de troubles de l’érection persistant après l’arrêt du traitement et de cancer du sein chez l’homme ayant été rapportés au décours de la commercialisation et sans qu’un lien de cause à effet ait pu être établi, ces effets potentiels ont été ajoutés à ces documents d’information respectivement en 2009 et en 2010.   A ce jour, en France, seuls deux cas de troubles sexuels persistants après l’arrêt de Propecia® ont été enregistrés dans la base nationale de pharmacovigilance.

Piqûre de rappel de l’ANSM en 2017 (dépression et idées suicidaires). Puis en février 2019 avec une « lettre aux professionnels ».

« Propecia®, Chibro-Proscar®, génériques. Des effets indésirables, tels que des symptômes et des troubles psychiatriques ainsi que des troubles de la fonction sexuelle ont été signalés pendant et après l’utilisation du finastéride. Les patients doivent être informés du risque de survenue de ces troubles :

o TROUBLES PSYCHIATRIQUES : Anxiété, changements de l’humeur, notamment humeur dépressive, dépression et moins fréquemment des pensées suicidaires. L’apparition éventuelle de ces symptômes doit être surveillée étroitement.

o TROUBLES SEXUELS : Dysfonction sexuelle (y compris dysfonction érectile, troubles de l’éjaculation et diminution de la libido). Les troubles de la fonction sexuelle, dans certains cas, peuvent persister après l’arrêt du traitement. »

Représentants des patients concernés

Mieux encore l’ANSM annonçait « s’engager à mettre à la disposition des patients traités ou envisageant un traitement par finastéride un document d’information supplémentaire afin, notamment d’assurer un meilleur niveau d’information sur les bénéfices et les risques du finastéride ». « Ce document sera élaboré en collaboration avec les représentants de patients concernés » ajoutait-elle.

Trop ? Trop tard ? Ces informations, depuis sept ans, ont-elles été correctement diffusées auprès des premiers concernées ? Me Charles Joseph-Oudin annonce à la presse qu’il lancera prochainement une procédure judiciaire. La première audience aura lieu au mois d’avril au tribunal de Nanterre, dans les Hauts-de-Seine. « Nous considérons que le laboratoire MSD, et les autorités de santé, ont tardé à informer les patients, mais aussi les médecins, des effets indésirables et notamment de leur caractère irréversible, a-t-il déclaré sur Europe 1. Et c’est ce que nous démontrerons devant le juge. C’est ce qui doit appeler de leur part une indemnisation ».

Aucun montant n’a encore été évoqué. Me Joseph-Oudin aurait, sous le coude, soixante-dix dossiers. L’affaire Propecia® ne fait-elle que commencer ?

A demain

Dépressions : trente ans après le Prozac, voici Spravato®, la kétamine en spray nasal

Bonjour

« La Food and Drug Administration vient de donner son feu vert pour la mise sur le marché américain de l’eskétamine, nous apprend via la Revue Médicale Suisse, la newsletter des sociétés médicales cantonales romandes: (Stephany Gardier). Cette molécule sera réservée aux patients présentant une dépression résistante aux traitements standards. Le médicament sera disponible sous forme de spray nasal mais son usage devrait être restreint à un cadre hospitalier. En effet, l’eskétamine peut provoquer dans l’heure suivant son administration des effets secondaires importants (euphorie intense et sensation de dissociation notamment). Une demande d’autorisation de mise sur le marché a été déposée à l’Agence européenne du médicament fin 2018. »

Il s’agit ici de la spécialité Spravato® commercialisée par Janssen Pharmaceuticals, Inc. « C’est une évolution majeure dans le traitement de la dépression » a d’ores et déjà déclaré à l’AFP le Dr Pierre de Maricourt, chef de service de l’hôpital Sainte-Anne à Paris (qui a participé à deux des essais cliniques de phase 3 financés par Janssen, concernant les patients atteints de dépression résistante aux traitements habituels et la lutte contre les risques imminents de suicide chez les personnes déprimés). Ce sera a priori un traitement à délivrance hospitalière en raison de la nécessité d’une surveillance du patient dans l’heure qui suit l’administration du médicament. On ne le prend pas tous les jours et pas à la maison. »

La dernière évolution majeure dans le traitement de la dépression remonte à une trentaine d’années avec la mise sur le marché de la célébrissime fluoxétine (Prozac®). « Notre programme de recherche très complet sur l’eskétamine sous forme de spray nasal démontre un profil risques-bénéfices positif pour des adultes souffrant d’une dépression résistant aux traitements » actuels, a indiqué Husseini K. Manji, responsable des thérapies dans le domaine des neurosciences chez Janssen.

Spectaculaires effets secondaires

Il y a deux ans, à l’occasion d’une publication dans The Lancet Psychiatry,  Paul Keedwell, psychiatre à l’Université de Cardiff, déclarait : « la kétamine dans le traitement de la dépression est l’une des découvertes les plus excitantes en psychiatrie depuis des années. Cependant, plus de recherche est nécessaire ainsi qu’un registre qui permette aux chercheurs de partager de nouveaux résultats, positifs ou négatifs ». Un point de vue alors entièrement partagé, en France, par le Dr William Lowenstein, président de SOS Addictions.

L’eskétamine/kétamine antidépresseur agirait très vite – au bout de quelques jours – comparée à la plupart des autres spécialités commercialisés actuellement dans cette indication – qui peuvent mettre plusieurs semaines avant d’avoir un effet.

L’une des craintes suscitée par son utilisation réside dans les possibles et spectaculaires effets secondaires. En effet, la kétamine (utilisée en anesthésie-réanimation) est aussi surnommée « Special K », « Kit Kat » ou encore « vitamine K » ; c’est alors une drogue euphorisante intensifiant les perceptions sensorielles et pouvant conduire à des sensations de dissociation, de décorporation, de mort imminente.

Selon Janssen des effets secondaires de ce type ont été observés pendant les essais cliniques moins d’une heure après la prise du médicament – quand les patients étaient encore sous surveillance des équipes médicales – avant de se dissiper le même jour. Le Spravato® pourra être inhalé une ou deux fois par semaine précise le laboratoire – qui estime ne pas être inquiet quant au risque d’addiction. Ce qui reste à démontrer.

A demain

@jynau

1 En France la kétamine en tant que matière première est inscrite sur la liste des stupéfiants par l’arrêté du 8 août 1997. Ce classement était justifié par l’apparition de cas d’abus en milieu médical et l’émergence d’une consommation de kétamine dans les milieux festifs (« rave-party »), confirmée par une enquête réalisée en 2000 et 2001. Selon cette enquête, les produits impliqués, quand ils étaient identifiés, étaient le plus souvent des médicaments vétérinaires, plus fortement dosés que les médicaments à usage humain.

Levothyrox : 4 113 plaignants déboutés ; Merck économise 41,13 millions d’euros d’indemnités

Bonjour

Deux ans plus tard un rideau judiciaire est tombé sur une bien étrange affaire médicale. Le tribunal d’instance de Lyon a débouté, mardi 5 mars, les 4 113 plaignants qui poursuivaient le groupe pharmaceutique allemand Merck dans le cadre de « l’affaire du Levothyrox ».

Ces plaignants poursuivaient le géant allemand dans une action collective pour « défaut d’information » dans le changement de la formule du Levothyrox – une modification de formule datant de mars 2017 qui, selon de nombreux malades, était à l’origine des symptômes plus ou moins graves, plus ou moins handicapants (crampes, vertiges, pertes de mémoire, fatigue extrême, insomnies, désordres digestifs…). Les plaignants réclamaient 41,13 millions d’euros d’indemnités.

Une enquête avait aussi été ouverte en septembre 2017 pour « tromperie aggravée, atteintes involontaires à l’intégrité physique et mise en danger d’autrui » et le parquet avait même pris le 30 novembre des « réquisitions supplétives » pour « homicide involontaire ».

Grosse déception

Or le tribunal a notamment estimé que Merck avait œuvré dans les règles, et de concert avec les autorités sanitaires françaises. L’un des avocats des plaignants, Me Christophe Lèguevaques, n’a pas caché sa profonde déception à la lecture de cette décision. Il a déclaré à l’agence Reuters que ses clients pourraient faire appel.

« C’est une grosse déception pour moi et pour les malades qui attendaient une reconnaissance de la justice de leurs souffrances. Et on leur dit aujourd’hui que c’est simplement un problème sociologique et non pas juridique. Ces termes ne sont pas acceptables pour les malades. »

La « reconnaissance de ses souffrances par la justice », vaste et bien délicat sujet. Qui, ici, a fauté ? Et quels termes pourraient, par ces malades, être acceptés ?

A demain

@jynau

 

Agnès Buzyn fait une croix sur l’obligation du BCG pour les professionnel.le.s de la santé

Bonjour

On l’attendait depuis si longtemps qu’on l’avait oublié. Puis le voici : « Décret n° 2019-149 du 27 février 2019 modifiant le décret n° 2007-1111 du 17 juillet 2007 relatif à l’obligation vaccinale par le vaccin antituberculeux BCG . Un décret signé d’Agnès Buzyn. A compter du 1er avril prochain l’obligation vaccinale par le vaccin antituberculeux BCG sera « suspendue » pour « certaines activités et professions ». « Publics concernés » :

« Etudiants en vue de l’exercice de professions médicales et pharmaceutiques et des professions à caractère sanitaire et de caractère social ; personnes et personnels exerçant une activité dans les établissements accueillant des enfants de moins de 6 ans, dans les laboratoires d’analyses médicales, dans les établissements pénitentiaires, dans les services de probation, dans les établissements et services de la protection judiciaire de la jeunesse ; personnels soignants et susceptibles d’avoir des contacts répétés avec des malades tuberculeux dans les établissements de santé, dans les hôpitaux des armées et l’Institution nationale des invalides, dans les dispensaires ou centres de soins, dans les centres et consultations de protection maternelle infantile, dans les établissements d’hébergement et services pour personnes âgées, dans les structures prenant en charge des malades porteurs du virus de l’immunodéficience humaine ou des toxicomanes, dans les centres d’hébergement et de réinsertion sociale, dans les structures contribuant à l’accueil de personnes en situation de précarité, dans les foyers d’hébergement pour travailleurs migrants ; assistantes maternelles ; sapeurs-pompiers des services d’incendie et de secours. »

Guyane et Mayotte

« C’était attendu depuis plusieurs années, a expliqué au Quotidien du Médecin le Pr Daniel Floret, président du Comité technique des vaccinations. Le Haut Conseil de la santé publique avait rendu un avis en 2017 en ce sens. C’était très discutable de faire une obligation pour un vaccin à l’efficacité limitée chez l’adulte. D’autant plus que la proportion de jeunes non vaccinés dans l’enfance pour le BCG va aller en croissant, depuis la levée de l’obligation de ce vaccin en 2007 chez l’enfant. »

Vaccin controversé, à l’efficacité hautement discutée, le BCG ne fait pas partie des onze vaccins rendus obligatoires avant l’âge de deux ans pour les nourrissons nés à partir du 1er janvier 2018. Précision toutefois pour ceux qui, en France, seraient en quête de doses 1 : il faudra demander le « BCG AJVaccines », nouveau vaccin en remplacement du vaccin « BCG SSI ». Il est produit par le laboratoire AJVaccines (titulaire de l’autorisation de mise sur le marché), qui a racheté le site de production du vaccin « BCG SSI ».

Le « BCG AJVaccines » est distribué en France par le laboratoire Centre Spécialités Pharmaceutiques (CSP) : distribution à titre exceptionnel et transitoire (doses de vaccin initialement destinées au marché finlandais) depuis le 5 décembre 2018, avant une remise à disposition normale prévue au cours du deuxième trimestre 2019.

C’est écrit : la tuberculose est loin d’avoir disparu; pour autant on aura bientôt oublié jusqu’aux noms d’Albert Calmette et de Camille Guérin

A demain

@jynau

1 Pour les enfants « exposés à un risque élevé  » de tuberculose, la vaccination par le BCG est recommandée à partir de l’âge d’un mois, idéalement au cours du deuxième mois. Toutefois, pour les enfants originaires de Guyane, de Mayotte ou ayant un membre de l’entourage atteint d’une tuberculose récente (moins de 5 ans), la vaccination est recommandée avant la sortie de la maternité. Le vaccin peut être co-administré avec les vaccins prévus à l’âge de 2 mois. Chez les enfants à risque non vaccinés, la vaccination peut être réalisée jusqu’à l’âge de 15 ans.