Volte-face : Emmanuel Macron fait une croix sur son trop célèbre «quoiqu’il en coûte»

Bonjour

20/08/2020. Sourire. Soutenir la presse en difficulté. Et décalquer le monde d’avant. Ainsi donc le citoyen devra se procurer Paris Match (numéro 3720) pour retrouver les dernières confidences d’Emmanuel et Brigitte Macron – accompagnées des « photos exclusives » du couple présidentiel en vacances dans le Var.

« Le couple présidentiel nous a ouvert les portes de sa résidence (sic) de Brégançon, à Bormes-les-Mimosas (Var). Emmanuel Macron s’est confié à Paris Match, notamment sur la crise sanitaire et économique liée à la pandémie de Covid-19 en France » explique l’hebdomadaire dont la gloire fut, au siècle passé, d’associer le poids (des mots) au choc (des photos).

Soupesons les mots imprimés. Ce fut, pour le président de la République « un été sur la brèche ». « Même en vacances, son emploi du temps est millimétré, surtout quand surgissent les crises et les drames, résume l’hebdomadaire. Le 11 août, il convoquait en réunion virtuelle deux conseils de défense, l’un consacré au rebond des cas de Covid-19, l’autre à la situation au Niger qui a coûté la vie à six Français. »

« Le risque zéro n’existe jamais dans une société »

Paris Match le confirme : l’accélération de la circulation du Covid en France est dans tous les esprits. Paris Match l’affirme : le président de la République veut à tout prix éviter «d’être débordé». « Les Français ont une anxiété légitime, liée au virus, que l’on doit accepter. On vit en temps réel un phénomène épidémique totalement neuf., déclare-t-il sur papier glacé. Nous devons lui donner un cadre, permettre aux scientifiques d’avancer, accélérer sur les vaccins, garantir leur accès, apporter la meilleure réponse sanitaire compte tenu de ce que l’on sait, tester, tracer, isoler, organiser nos urgences, prévenir, généraliser le port du masque lorsque c’est nécessaire.»

Question politique : Un nouveau confinement est-il possible ? «Nous avons des stratégies très localisées, comme ce qui s’est passé en Mayenne, et allant jusqu’à un reconfinement ciblé qu’on pourrait instaurer si la situation l’imposait. (…) On ne peut pas mettre le pays à l’arrêt, parce que les dommages collatéraux d’un confinement sont considérables. Le risque zéro n’existe jamais dans une société. Il faut répondre à cette anxiété sans tomber dans la doctrine du risque zéro.»

Où  l’on entend la fin de la trop célèbre et solennelle formule du « quoiqu’il en coûte » du 12 mars 2020. Cinq mois ont passé. La malencontreuse métaphore du « nous sommes en guerre » commence à être oubliée. On ne parlera pas de victoire sur un virus trop souvent anthropomorphisé. Qui a dit que le risque zéro existait ? Depuis les hauteurs et soleil du fort de Brégançon le message présidentiel est clair : nous allons, ici et là, devoir apprendre à vivre avec le virus-ennemi, passer de l’épidémie à l’endémie. Quoiqu’il en nous en coûte.

A demain @jynau

Covid – rentrée scolaire : inquiets, les pédiatres français alertent les parents et le gouvernement

Bonjour

19/09/2020. C’est, au nom de la santé publique, une nouvel affrontement entre une fraction du corps médical et le gouvernement. Un affrontement que n’a pu prévenir (pourquoi ?) le Conseil scientifique en charge de conseiller le pouvoir exécutif.

« Covid-19 : les pédiatres « inquiets devant l’organisation de la rentrée telle qu’elle se profile » résume Le Monde (Pascale Santi). Dans une lettre ouverte, sept sociétés savantes de la discipline 1 préconisent notamment une vaccination accrue contre la grippe et la gastro-entérite, le recours à des tests plus rapides que les PCR et des règles plus claires face aux suspicions de cas en collectivité. Extraits :

« Les pédiatres, très rapidement, dès le mois d’avril, avaient insisté sur l’importance pour les enfants de la reprise scolaire et sur le fait que qu’ils sont moins souvent contaminés par le SARS-CoV-2, moins souvent malades et moins contaminants que les adultes. Nous avons plaidé dès la fin du confinement, pour une reprise scolaire effective précoce, fluide et maitrisée.

« Cependant, aujourd’hui, nous ne pouvons que nous montrer inquiets devant l’organisation de la rentrée telle qu’elle se profile, tant sur le plan de la prévention que de celui de la prise en charge des enfants. La persistance de la circulation du virus en France accompagnée, ces dernières semaines, d’une augmentation significative du nombre de cas dans certaines régions, rend effectivement la situation délicate et nécessite d’adopter des mesures adaptées mais raisonnables et efficaces.

« Il est certain qu’avec la rentrée scolaire et le retour en collectivité des plus petits, le risque de survenue de contamination par le SARS-CoV-2, aussi bien chez les enfants que chez les adultes qui les encadrent, est réel. Cependant, le poids sanitaire de cette rentrée pour les enfants va dépendre des mesures appliquées face au nombre élevé de situations de suspicion de la maladie en raison des symptômes très peu spécifiques, la plupart du temps engendrés par d’autres agents pathogènes viraux ou bactériens. Certes, le respect des protocoles sanitaires dans les lieux d’accueil tels que les crèches, écoles, centre de loisirs… et le renforcement des mesures d’hygiène dans la société, devraient permettre une réduction de la transmission des épidémies hivernales habituelles, mais certainement pas leurs disparitions totales, a fortiori au sein des collectivités d’enfants. »

Leur première inquiétude concerne les tests de diagnostic COVID par PCR chez l’enfant. Selon eux la pratique des prélèvements naso-pharyngés quasi-systématiques (tels qu’ils sont recommandés aujourd’hui) chez les enfants présentant une fièvre, des signes respiratoires ou digestifs « n’est pas si anodine qu’elle peut le paraître ». « Ces tests actuels naso-pharyngés, outre leur aspect désagréable et nécessairement répétitifs chez les enfants (les épisodes viraux durant la saison froide étant bien plus fréquents chez l’enfant que chez l’adulte, 6 à 8 par an chez le nourrisson), ont un rendement modeste, un coût certain et nous expose à des refus des enfants et/ou des parents » écrivent-ils. Sans parler des délais souvent non négligeables pour la réalisation du test et l’obtention des résultats diminuent leur efficacité sur le dépistage et la prise en charge des clusters.

Leur deuxième inquiétude (et non des moindres) concerne les vaccinations. Si le SARS-CoV-2 continue de circuler cet hiver, il va obligatoirement s’ajouter aux virus saisonniers habituels (VRS, grippe, rotavirus…). Des difficultés sont à prévoir pour les jeunes enfants qui sont chaque hiver, particulièrement touchés par ces virus, notamment ceux vivant en collectivité. « Nous soutenons pleinement les prises de position de l’Académie nationale de médecine visant à renforcer la vaccination contre la grippe et à généraliser la vaccination contre le rotavirus des petits nourrissons, plaident les pédiatres. En effet, la vaccination contre le rotavirus en période de pandémie de COVID-19 offrirait deux avantages supplémentaires : d’une part, ne pas alourdir la charge de soins et « le fardeau » des structures sanitaires en diminuant de façon drastique les épisodes de gastro-entérites chez les petits nourrissons, d’autre part, réduire la fréquence chez l’enfant des opportunités de suspecter une COVID-19 et ses conséquences. »  Quinze pays européens recommandent déjà le vaccin contre le rotavirus en routine, dont six des sept pays limitrophes de la France…

Leur troisième inquiétude concerne la conduite à tenir en cas de dépistage d’un sujet atteint de COVID-19 (enfant ou adulte) dans une collectivité. Bien que le risque d’infection des enfants et de transmission entre eux semble réduit, il sera très difficile d’éviter des épisodes de contamination par le SARS-CoV-2 au sein des collectivités (crèches, écoles…), préviennent-ils. Il est donc nécessaire de bien définir les mesures à prendre en cas de dépistage d’un enfant ou d’un adulte porteur du SARS-CoV2 au sein d’une collectivité. « A ce jour, les remontées que nous avons, sont pour le moins anarchiques : des écoles ou des crèches ont été fermées parfois en raison de la présence d’une seule personne présentant une PCR positive, voire même une sérologie positive sans PCR et avant toute enquête, écrivent-ils. Si des stratégies claires et précises ne sont pas définies, il nous semble que la rentrée scolaire risque d’être chaotique avec des fermetures de classes voire d’écoles non justifiées par des raisons sanitaires ou épidémiologiques et dans tous les cas fortement délétères pour les enfants et leurs apprentissages. »

Et ensuite ? Les pédiatres signataires sont bien évidemment « prêts à contribuer à la réflexion des autorités de santé et à relayer le plus efficacement possible les décisions qui seront prises ». Selon eux « la contribution de la santé scolaire à cette réflexion est naturellement indispensable ». Mais dans quel état se situe, en France, la « santé scolaire » ? On attend au plus vite les réponses des services du ministre Jean-Michel Blanquer.

A demain @jynau

1 Association française de pédiatrie ambulatoire ; Association Clinique et Thérapeutique du Val de Marne (Société Française de Pédiatrie) ; Groupe de pathologie infectieuse pédiatrique (Société Française de Pédiatrie) Groupe de pédiatrie tropicale (Société Française de Pédiatrie) ;  Groupe francophone de réanimation et d’urgences pédiatriques (Société Française de Pédiatrie) ; Groupe de pédiatrie générale (Société Française de Pédiatrie) ; Groupe francophone de gastroentérologie, hépatologie et nutrition pédiatrique (Société Française de Pédiatrie)

Les Français seront-ils contraints et forcés de se faire vacciner, gratuitement, contre le Covid ?

Bonjour

19/08/2020. C’est un formidable ballet à contre-temps. En France, le port du masque est progressivement imposé dans tous les endroits, ouverts et clos, de la cité. Rendu obligatoire pour des raisons de « santé publique » sans pour autant être gratuit. Et sans que l’exécutif, ici, ne s’explique…. Ce n’est là qu’un début. Qu’en sera-t-il quand les premiers vaccins anti-Covid apparaîtront sur le marché français ? Et pourquoi sommes-nous tenus dans l’ignorance totale ? Le gouvernement aurait-il peur, ici comme dans l’affaire des masques, de dire tout avant de clamer son contraire ?

On imagine difficilement, en France, que ces vaccins ne seront pas pris en charge (comme presque tous les autres) par la collectivité. Toujours au nom de la « santé publique ». Mais le chef de l’Etat, Jean Castex, Olivier Véran et tout le pouvoir exécutif l’imposeront-ils comme ils imposent, aujourd’hui le port du masque ? Combien d’épidémiologistes et de spécialistes du droit et de l’éthique, combien de virologistes et de responsables politiques, combien de ministres et démocrates éclairés phosphorent-ils aujourd’hui sur le sujet ? Et combien de militants anti-vaccinaux ?  Tous disposent désormais aujourd’hui de la solution adoptée par l’exécutif australien.

L’AFP nous apprend ainsi que l’Australie devrait rendre obligatoire la vaccination de sa population contre le coronavirus, sauf exemption médicale. Information donnée ce mercredi 19 août le Premier ministre australien Scott Morrison. Ce dirigeant (conservateur) avait annoncé la veille que son pays s’était assuré d’obtenir le vaccin «prometteur» que le groupe pharmaceutique suédo-britannique AstraZeneca est en train de développer avec l’université d’Oxford (Royaume-Uni). Et d’expliquer que l’Australie le fabriquerait et le distribuerait gratuitement à sa population.

Désespérer de disposer d’un peu de transparence républicaine ?

Et d’ajouter, le lendemain que se faire vacciner devrait «être obligatoire, dans la mesure de ce qui peut être obligatoire».  «Il y a toujours des exemptions à la vaccination, pour des raisons médicales, mais cela devrait être la seule», a déclaré Scott Morrison à la radio 3AW de Melbourne. Sera-ce plus simple aux antipodes, sur cette île-continent ? Face aux critiques des mouvements anti-vaccin, l’homologue de Jean Castex a affirmé que les enjeux étaient trop grands pour permettre à la maladie de continuer à se propager librement. «Nous parlons d’une pandémie qui a détruit l’économie mondiale et provoqué des centaines de milliers de morts dans le monde entier», a-t-il souligné.

Le gouvernement australien estime qu’il faudrait que 95% de la population soit immunisée pour l’éradication du virus. «Nous devons apporter la réponse la plus vaste pour que l’Australie renoue avec la normale». En Australie, précise l’AFP, la vaccination contre diverses maladies comme la poliomyélite ou le tétanos est déjà obligatoire avant l’entrée à l’école. Pour autant le débat (comme ailleurs) fait rage, certains citoyens voyant dans cette obligation une négation des libertés personnelles. Et en Australie comme ailleurs les groupes antivaccins, à l’œuvre en ligne, regorgent de théories du complot et d’accusations de désinformation sur les risques.

On sait que le vaccin d’Oxford-AstraZeneca est l’un des cinq vaccins actuellement en phase 3 des essais cliniques. Il semblerait que la rumeur laisserait entendre qu’il tiendrait la corde. Mais le citoyen ne sait pas combien de contrats, d’avances, de clauses secrètes et de promesses bilatérales ont été faites pour que certains pays puissent être les « premiers » à en disposer. Les chercheurs espèrent avoir des résultats d’ici la fin de l’année. L’Australie doit néanmoins encore signer un accord final avec AstraZeneca sur le prix du vaccin, et aucun fabricant local n’a été désigné pour l’instant. Le citoyen français, lui, n’apprend rien de L’Elysée, rien de Matignon, rien de Sanofi – et il désespère : à quand un peu de transparence vaccinale, démocratique et républicaine ?

A demain @jynau

A LIRE AUSSI : « Vaccins anti-Covid : les questions auxquelles devra répondre le gouvernement » Slate.fr 7 août 2020

Pourquoi diable Vladimir Poutine n’a-t-il pas osé se faire vacciner avec son « Spoutnik V » ?

Bonjour

12/08/2020. Qu’aurait fait le tsar ? Et Lénine ? Et Joseph Staline ? Pour Vladimir Poutine on sait : il n’a pas osé – et il a laissé sa fille jouer le rôle de la cobaye. C’est le début d’une nouvelle affaire. Pour l’heure le président russe a réussi à inonder les médias planétaires en affirmant lors d’une conférence de presse, mardi 11 août, que la Russie avait développé le « premier » vaccin contre le nouveau coronavirus. La preuve : une autorisation réglementaire de développement a été donnée par le ministère de la santé russe à l’Institut Nikolaï Gamaleïa, un centre de recherche d’Etat en épidémiologie et microbiologie situé à Moscou… Aucune publication scientifique. Des rumeurs distillées ici et là. Un parfum de guerre froide moderne.

Mieux encore : la vice-première ministre chargée des questions de santé, Tatiana Golikova, a dit espérer commencer dans les semaines à venir la vaccination des personnels médicaux, puis des enseignants. Le reste de la population devrait être vacciné à partir de sa mise en circulation, le 1er janvier 2021, selon le registre national des médicaments du ministère de la santé, consulté par les agences de presse russes citées par Le Monde. « Plus d’un milliard de doses »auraient été pré-commandées par vingt pays étrangers.

Humour russe ou pas ce vaccin a été baptisé « Spoutnik V » (V comme vaccin), en référence au satellite soviétique, premier engin spatial mis en orbite, en 1957, sous l’ère Nikita Khrouchtchev.

Vladimir Poutine, à propos de sa propre fille qui, assure-t-il, a participé aux essais cliniques du vaccin : « Après la première injection, elle a eu 38,5° C de fièvre, le lendemain un peu plus de 37,5° C, puis plus rien. Après la seconde injection, elle a à nouveau eu un peu de fièvre, vite retombée. Elle se sent bien, et sa concentration d’anticorps est élevée.»

Cette autorisation-décision russe intervient après moins de deux mois d’essais cliniques chez l’homme. Peut-on raisonnablement imaginer qu’elle ouvre la voie à l’utilisation à grande échelle de ce vaccin sur la population russe ? Et ce alors que rien n’est acquis quant à son efficacité et son innocuité ? Le ministère russe de la santé russe affirme que « des essais cliniques sur plusieurs milliers de personnes allaient continuer », mais que la double inoculation du vaccin « permet de former une immunité longue », pouvant durer « deux ans ».

« Décision insensée et dangereuse »

Rappel : dans un essai vaccinal, s’affranchir de la phase 3 c’est refuser de savoir si le vaccin est non seulement efficace mais aussi « éthique », qu’il n’y a pas de contre-indications sévères et d’effets secondaires plus ou moins rare et dangereux.

« Il n’y a pas de données connues concernant la qualité, l’efficacité et la sécurité du vaccin russe », a aussitôt réagi une porte-parole du ministère de la santé allemand, rappelant qu’au sein de l’Union européenne « la sécurité des patients est la première des priorités ». Et l’OMS d’affirmer qu’avant toute « pré-qualification » de sa part, elle devait examiner par des « procédés rigoureux » l’ensemble des données « recueillies lors d’essais cliniques ». Tous les médias occidentaux font appel à des spécialistes qui, dans leur majorité dénoncent l’initiative politique russe.

On peut aussi aller plus loin et lire, dans Libération (Christian Losson), l’entretien avec le chercheur suisse François Balloux, directeur de l’institut de génétique de l’University College de Londres. Extrait :

« C’est une décision insensée, et surtout dangereuse. Une décision politique qui intervient dans une course folle à l’armement au vaccin contre le Covid. C’est totalement irresponsable, quels que soient les faits. Si ce n’est pas une fake news, l’irresponsabilité demeure car les autorités russes vont administrer un vaccin en s’affranchissant de ses trois phases de développement nécessairesUn pari fou (…)

« La Russie veut damer le pion aux grandes démocraties occidentales, à commencer par les Américains. Le président russe est à la tête d’un Etat faible et très corrompu, et table peut-être sur un leadership interne. C’est un pari démagogique, géopolitique et moralement grave. Et terriblement dramatique car cela balaye tous les usages médicaux. Je ne dis pas cela facilement. »

Mais il y a peut-être plus grave encore : « Si par chance, l’issue s’avère positive, le procédé pour y parvenir met fin à un consensus médical, historique, centenaire, et accepté par la communauté scientifique qui impose d’être transparent et de respecter un protocole très encadré, explique François Balloux. Si, enfin, il y a des effets secondaires sévères, ce sera un désastre pour les personnes qui en seront victimes. Et cela renforcera encore la défiance envers les politiques sanitaires et, plus généralement, vis-à-vis des gouvernements. »

Où l’on en revient à la question centrale : pourquoi Vladimir Poutine dernier « petit père des peuples » en exercice,  ne s’est-il pas, glorieusement et publiquement, fait injecter le « Spoutnik V » ?

A demain @jynau

RU486: polémique, en Italie, sur l’assouplissement de l’utilisation de la «pilule abortive»

Bonjour

08/08/2020. Qui, en France, se souvient encore de la violente polémique sur le « RU486 » (mifépristone) cette « pilule abortive » ? Quatre décennies plus tard, dans une Europe que l’on présente comme unie, voici que la polémique émerge de l’autre côté des Alpes.

Le gouvernement italien a décidé d’assouplir ses conditions d’utilisation a annoncé samedi 8 août le quotidien (centre-gauche) La Repubblica. Selon cette information exclusive en une du journal de centre-gauche, les nouvelles recommandations du ministère de la Santé permettront aux femmes souhaitant avorter d’avoir recours à la pilule RU486 en ambulatoire – alors que jusqu’ici trois jours d’hospitalisation étaient recommandés.

Interrogé par La Repubblica (et cité par l’AFP) le ministre de la Santé Roberto Speranza a défendu son choix : «Les arguments scientifiques sont très clairs. Le Conseil supérieur de la Santé et les sociétés de gynécologie et d’obstétrique ont exprimé un avis favorable. Ces nouvelles recommandations représentent un progrès important».

En Italie, pays où la tradition catholique résiste, le recours à l’avortement, légalisé en 1978, est compliqué par le fait que 70% des gynécologues invoquent l’objection de conscience pour ne pas pratiquer d’IVG. « La pilule abortive représente actuellement 20% des avortements, la méthode chirurgicale étant la plus répandue. Cette décision permet aussi de mettre fin aux disparités entre régions, qui en Italie sont compétentes en matière de santé, résume l’AFP.  En juin, une polémique avait éclaté lorsque la présidente de la région Ombrie, Donatella Tesei, membre de la Ligue (extrême droite), avait interdit le recours à la pilule abortive sans hospitalisation. Cette décision, condamnée par les partis de gauche et des intellectuels comme Roberto Saviano, avait entraîné des manifestations de protestation de milliers de femmes. » 

Tradition catholique ? L’assouplissement du recours à la pilule abortive a suscité de nombreuses réactions. Le journal de la conférence épiscopale italienne Avvenire a dénoncé «une annonce surprise, dévoilée seulement à La Repubblica», qui «ouvre la voie à l’avortement pharmacologique à domicile».  Le Parti démocrate (PD, centre-gauche, au pouvoir) a salué une décision «juste» en faveur de «l’avortement pharmacologique, sûr et moins invasif que par voie chirurgicale», tandis que le parti Fratelli d’Italia (extrême droite) a fustigé «une décision absurde et dangereuse».

C’est ainsi qu’aujourd’hui, faute d’harmonie, qu’une Europe, cahin-caha, se construit.

A demain @jynau

Masques et chloroquine : Twitter se doit-il d’effacer les vrais mensonges de Donald Trump?

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28/07/2020. Est-ce cela, le Nouveau Monde ? Twitter a retiré dans la soirée du lundi 27 juillet au soir une vidéo postée par le président américain Donald Trump. Selon Twitter l’homme-le-plus-puissant-de-la-planète « diffusait de fausses informations sur le nouveau coronavirus » «Les tweets accompagnant la vidéo violent notre politique concernant la désinformation sur le Covid-19», a indiqué à l’AFP un porte-parole qui s’est refusé à donner plus d’informations, notamment sur le nombre de personnes ayant pu regarder la vidéo.

La vidéo avait déjà été retirée par Facebook, a indiqué un porte-parole du premier réseau social mondial. «Nous avons supprimé cette vidéo parce qu’elle partageait de fausses informations sur les remèdes et les traitements du Covid-19», a-t-il expliqué. Cette vidéo montrait un groupe de médecins faisant des déclarations trompeuses et fausses sur la pandémie de coronavirus. Selon The Washington Post, plus de quatorze millions de personnes l’ont regardée via Facebook.

C’est quelques heures plus tard que le président Donald Trump a tweeté plusieurs clips de la même vidéo à ses abonnés (ils sont ….84,2 millions). La vidéo affirme que les masques ne sont pas nécessaires pour arrêter la maladie ; (un propos qui n’est pas sans entrer avec certaines résonances en France). Pendant une demi-heure, toujours selon le quotidien américain, il a aussi partagé quatorze tweets pour défendre (comme le Pr Didier Raout de l’IHU de Marseille) l’utilisation de l’hydroxychloroquine (dont plusieurs études scientifiques ont montré l’inefficacité dans le traitement du Covid-19). Donald Trump Jr, le fils du président, a vu son compte sur le réseau social être suspendu pendant 12h pour avoir partagé le même type de vidéo.

La planète des réseaux sociaux sait que Twitter est la principale « plateforme de communication » de Donald Trump –  mais elle découvre aussi depuis quelques semaines que ce réseau a pris ses distances, n’hésitant pas à « sanctionner » des tweets infondés du président américain. Twitter a notamment signalé comme trompeurs des propos de Donald Tump sur le « vote par correspondance ». Puis elle avait dénoncé un autre tweet pour «apologie de la violence»: «Les pillages seront immédiatement accueillis par les balles», déclarait alors Donald Trump au sujet des manifestations qui dégénéraient parfois en émeutes.

Serait-ce donc cela, aussi, le Nouveau Monde ? On songe à Barack Obama qui fut président des Etats-Unis de 2009 à 2017. Comment ont-ils pu, comment avons-nous fait, pour, déjà, en être là ?

A demain @jynau

Hydroxychloroquine : il est, enfin, démontré qu’elle n’est pas efficace chez les macaques …

Bonjour

24/07/2020. Nouvelle étape dans la polémique autour de l’efficacité de l’hydroxychloroquine dans le traitement du Covid-19 : un nouvel essai n’est pas parvenu à démontrer son efficacité chez le macaque. C’est un travail publié dans Nature : « Hydroxychloroquine use against SARS-CoV-2 infection in non-human primates » ; un travail mené  conjointement par le CEA, l’INSERM, l’Institut Pasteur, le CNRS, l’université de Paris-Saclay, l’AP-HM, l’université Claude-Bernard Lyon-1, sans oublier … l’IHU Méditerranée Infection ; un travail résumé par l’Inserm.

« En temps normal, ce genre de travail chez l’animal est un préalable aux essais chez l’homme » rappelle fort justement Le Quotidien du Médecin (Damien Coulomb). Mais on sait, désormais, que la situation sanitaire épidémique a conduit de nombreuses équipes à court-circuiter cette étape. « À la lumière de ces résultats chez l’animal, ajoute Le Quotidien, les études chez l’homme pourraient se révéler vaines : ‘’ Nos données ne sont pas en faveur de l’usage de l’hydroxychloroquine, seule ou en association avec l’azithromycine’’, concluent les auteurs.

En pratique les chercheurs ont évalué l’activité antivirale de l’hydroxychloroquine in vitro ainsi que chez des macaques infectés par le SARS-CoV-2. Sans surprise l’hydroxychloroquine a partiellement confirmé son activité antivirale in vitro. En revanche, aucune stratégie médicamenteuse impliquant l’hydroxychloroquine, seule ou en association, ne s’est révélée efficace chez le macaque – et ce en dépit du recours à plusieurs scénarios (prophylaxie précoce ou plus tardive, seule ou en association avec l’azithromycine. L’hydroxychloroquine n’induit pas de protection contre l’infection, et ne réduit pas la virémie quand elle était administrée rapidement après l’infection.

Thuriféraires

Des détails ? Huit animaux ont servi de contrôle qui ont présenté majoritairement des signes cliniques légers avec des lésions pulmonaires systématiquement observées à l’imagerie dès le 2e jour – aucun des animaux du groupe contrôle n’a développé de forme sévère de la maladie. Puis un premier groupe (cinq singes) a été traité dès le premier jour de l’infection, avec 90 mg/kg d’hydroxychloroquine en monothérapie le premier jour, suivi d’une dose de 45 mg/kg par jour pendant 10 jours. Un autre groupe (quatre singes) a lui bénéficié d’une prise en charge précoce, mais avec une dose plus faible : 30 mg/kg le premier jour et 15 mg/kg les jours suivant. Et pour le traitement tardif par hydroxychloroquine, quatre animaux ont reçu le traitement 5 jours après leur infection.

« Nos résultats illustrent parfaitement les contradictions fréquentes entre les résultats in vitro et in vivo », résument les auteurs, qui rappellent que des problèmes similaires avaient été observés lorsqu’on a tenté d’utiliser l’hydroxychloroquine pour traiter d’autres infections virales comme la grippe, la dengue ou le chikungunya. Le Quotidien rappelle par exemple, en 2008, le Pr Xavier de Lamballerie (Unité des Virus Emergents, Aix Marseille Univ, IRD 190, INSERM 1207, IHU Méditerranée Infection) et Roger Le Grand (CEA) – les deux derniers auteurs de la nouvelle étude publiée dans Nature –  avaient montré que, en dépit de résultats encourageants in vitro, l’hydroxychloroquine augmentait le risque de comorbidité en cas d’infection à chikungunya. Les essais cliniques lancés à l’époque avaient dû être arrêtés en urgence.

On ajoutera qu’une nouvelle étude, brésilienne, publiée dans The New England Journal of Medicine : « Hydroxychloroquine with or without Azithromycin in Mild-to-Moderate Covid-19 » confirme, chez l’homme les observations faites chez le macaque. On attend, bien évidemment, les commentaires des thuriféraires méditerranéens.

A demain @jynau

Alerte officielle sur les conséquences mortelles des «dons et deals» de méthadone

Bonjour

20/07/2020. Méthadone et naloxone, menaces. Pourquoi ce soudain réveil de l’Agence du médicament ?  « L’utilisation de la méthadone ne doit pas être banalisée en raison de sa toxicité propre, induisant un risque important de dépression respiratoire pouvant conduire au décès, rappelle l’ANSM. Nous rappelons également l’intérêt pour les patients et leur entourage de disposer sur soi d’un kit de naloxone prête à l’emploi, antidote des overdoses aux opioïdes. »

« En cas de mauvais usage, notamment automédication et en l’absence de dépendance, la méthadone est un médicament à risque élevé de surdose, parfois mortelle souligne pour sa part le Pr Nicolas Authier (CHU Clermont-Ferrand, SOS Addictions) psychiatre, spécialisé en pharmacologie et addictologie. Cela reste un médicament essentiel, à côté de la buprénorphine, dans la prise en soin des personnes avec un trouble de l’usage aux opioïdes dont l’héroïne. Ce médicament, depuis 1994, a sauvé de nombreuses vies, y compris en évitant des surdoses à l’héroïne. En cela son rapport bénéfice / risque reste très favorable en cas de juste prescription et de bon usage. Il faut donc informer les patients sur ce bon usage et former et responsabiliser les prescripteurs. » 

Comme souvent rien, ici, n’est simple. Si la hausse des prescriptions de méthadone, traitement de substitution aux opioïdes, est le signe, selon l’ANSM, d’une « amélioration de la prise en charge des usagers de drogue », en revanche l’usage détourné de la molécule l’inquiète.

« Nous demandons aux patients et aux usagers de drogues »

En 2018, la méthadone était impliquée dans 35 % des décès chez les usagers de drogue – d’après les données de l’étude DRAMES (Décès en relation avec l’abus de médicaments et de substances). « Son injection, son obtention illégale (don ou deal), sa consommation en milieu festif, de manière occasionnelle, par des sujets naïfs aux opioïdes, et parfois par des sujets mineurs » ont des « conséquences graves », rappelle l’ANSM.

L’Agence invite les professionnels de santé et les structures prenant en charge les usagers de drogue à renforcer les efforts de prévention et à « s’assurer que les patients, les usagers et leur entourage connaissent les risques d’overdose et de décès liés à la méthadone ». Chez les personnes ne consommant pas ou peu d’opioïdes, la dose létale est de 1 mg/kg. Le risque est également important pour celles qui initient un traitement, après un arrêt même court ou une diminution des doses (sortie de prison, sortie de sevrage), souligne l’ANSM.

Les professionnels de santé se voient par ailleurs rappeler l’importance d’informer sur la naloxone, antidote aux overdoses aux opioïdes, disponible sous forme de kit prêt à l’emploi, utilisable en l’absence d’un professionnel de santé. « Tout médecin peut en prescrire et toute pharmacie peut en délivrer, même sans ordonnance », est-il rappelé. Et puis ce message, essentiel :

« Nous demandons aux patients et aux usagers de drogues de ne jamais donner la méthadone à une autre personne, de ne pas la consommer en dehors de toute prescription ou pour un autre motif, de ne pas la consommer avec d’autres substances telles que l’alcool, l’héroïne, d’autres opioïdes, la cocaïne, des anxiolytiques ou la prégabaline, de la conserver dans un endroit hors de portée et de vue des enfants. Nous vous invitons à avoir en permanence sur vous un kit de naloxone prête à l’emploi, disponible avec ou sans ordonnance en pharmacie ou en centres de soins spécialisés (CSAPA, CAARUD). »

Comment mieux dire ? Mais combien de patients et d’usagers lisent-ils, aujourd’hui, les messages de l’Agence du médicament les concernant ?

A demain @jynau

Covid-19 et grossesse : le premier cas de transmission intra-utérine vient d’être démontré

Bonjour

14/07/2020. S’inquiéter ? Des médecins français viennent de rapporter le premier cas confirmé de contamination intra-utérine au Covid-19, dans une étude publiée mardi 14 juillet par Nature Communications:  « Transplacental transmission of SARS-CoV-2 infection » 1. Le nouveau-né est né en mars et souffrait de symptômes neurologiques associés à la maladie. « Nous avons montré que la transmission de la mère au fœtus est possible via le placenta dans les dernières semaines de grossesse », a expliqué à l’Agence France Presse le Dr Daniele De Luca (hôpital Antoine-Béclère, Clamart, et principale auteure de l’étude avec le Pr Alexandra Benachi.

Des précédentes études avaient certes suggéré  la possibilité d’une transmission prénatale de la mère à son enfant  mais, assure-t-elle, cette nouvelle étude en apporte des preuves. « Il faut analyser le sang maternel, le liquide amniotique, le sang du nouveau-né, le placenta, etc. Réunir tous ces prélèvements pendant une épidémie avec des urgences dans tous les sens n’était pas simple, c’est pourquoi c’était suspecté, mais pas démontré », a-t-elle expliqué.

L’équipe de Béclère a conduit cette étude sur une femme âgée de 23 ans, hospitalisée début mars pour un syndrome infectieux à 35 semaines de grossesse. La naissance s’étant faite par césarienne, tous les prélèvements ont pu être menés sur les réservoirs potentiels du virus SARS-CoV-2, dont la charge la plus forte a été trouvée dans le placenta. « Il est passé de là à travers le cordon ombilical vers le bébé, où il s’est développé », précise le Dr De Luca.

Mauvaise et bonne nouvelles

Vingt-quatre heures après sa naissance, le nouveau-né, de sexe masculin (2540 grammes) avait présenté des symptômes sévères – dont une rigidité des membres et des lésions du système nerveux cérébral. Ces symptômes ont finalement disparu d’eux-mêmes, avant que les médecins ne tranchent quant à un traitement – et ce en l’absence de thérapeutique connue contre la Covid-19. 

Le suivi sur deux mois de vie a montré un examen neurologique amélioré (hypertonie améliorée, motricité normale) ainsi qu’une imagerie par résonance magnétique montrant une réduction des lésions de la substance blanche. La croissance et le reste de l’examen clinique étaient normaux.

« La mauvaise nouvelle, c’est que ça puisse se produire. La bonne nouvelle est que c’est rare – très rare même rapporté à la population », a commenté Daniele De Luca, toujours à l’AFP. S’inquiéter ? Ou, comme Marian Knight, professeure de santé maternelle et infantile à l’université d’Oxford (qui n’a pas participé à l’étude) rappeler que le principal message pour les femmes enceintes ne varie pas : prévenir le risque infectieux grâce aux « gestes barrière » – et au port du masque.

A demain @jynau

1 Vivanti, A.J., Vauloup-Fellous, C., Prevot, S. et al. Transplacental transmission of SARS-CoV-2 infection. Nat Commun 11, 3572 (2020). https://doi.org/10.1038/s41467-020-17436-6

Covid-19 : contaminé, Emmanuel Macron révèle «qu’il ne prendrait pas de chloroquine»

Bonjour

14/07/2020. Suffirait-il de poser une question via un blog pour obtenir une réponse présidentielle ? Hier : « Masque : Emmanuel Macron va-t-il annoncer l’obligation de le porter dans les lieux publics ? » Un sujet exemplaire, aux confins du sanitaire et du politique. Alors que des voix de plus en plus nombreuses s’élevaient pour réclamer cette obligation, Jean Castex, nouveau Premier ministre, refusait de répondre, expliquait que le sujet était « à l’étude ». Sans doute était-ce pour laisser la place au président de la République.

Le chef de l’Etat vient de s’exprimer depuis le palais de l’Elysée lors d’un entretien télévisé diffusé en direct sur France 2, TF1, France Inter et les chaînes d’information en continu. Il était interrogé (par Léa Salamé et un Gilles Bouleau pugnace) pour ce premier entretien en direct depuis une conférence de presse datant d’avril 2019.

Questionné sur les éléments laissant craindre une reprise de l’épidémie de Covid-19 en France Emmanuel Macron a déclaré :

« Nous avons des signes que ça repart quand même un peu, nous devons prévenir et nous préparer. Et donc, il faut continuer d’appliquer les gestes barrières. Là-dessus, on voit des faiblesses. J’ai demandé qu’on passe une étape au gouvernement et je souhaite que dans les prochaines semaines, on rende obligatoire le masque dans tous les lieux publics clos. »

Sans doute à partir du 1er août. Pourquoi attendre si longtemps ? La question ne lui a malheureusemnt pas été posée.

Une question que l’on n’attendait pas

En revanche une question que l’on n’attendait pas. Interrogé sur ce qu’il ferait s’il avait les symptômes d’une contamination par le SARS-CoV-2 le président de la République a assuré qu’il « ne prendrait pas de chloroquine ». « Non, non, non » a-t-il dit. Un désaveu massif des recommandations et des pratiques du Pr Didier Raoult dont tout laissait penser qu’il était très proche. Il n’avait pas informé le microbiologiste de cette décision. Et de confier qu’il lui arrivait, lors de « pathologies qu’il a parfois, de s’automédiquer ». Pour autant il a compris, au vu des données scientifiques sur la Covid-19, qu’il n’y avait pas aujourd’hui de « traitement stabilisé ». « S’il n’y a pas de traitement, je ne vais pas en prendre, a-t-il ajouté. Je m’en remettrait aux médecins qui me suivent (…) pour éviter que ça dégénère.»

Rappelant que la France est « le pays des Lumières » il a dit croire à la « rationalité scientifique » Soulignant toutefois que le Pr Raoult est «un grand scientifique», Emmanuel Macron a expliqué qu’il trouvait  «normal» et « légitime » que ce dernier participe du débat scientifique sur la chloroquine. «Ce n’est pas au président de la République ou à un politique de trancher un débat scientifique avec des critères politiques», a-t-il souligné.

 Et d’ajouter ces mots, assez terribles pour le microbiologiste marseillais : « Cela n’est pas plus à un homme scientifique quand bien même il devient une personnalité publique d’acter des croyances scientifiques. La science a ses processus de vérification. Et c’est comme ça, je crois, que l’on se porte mieux ».

Où l’on voit qu’en ce 14 juillet 2020 le port du masque n’était pas, au croisement du politique et du sanitaire, la seule question à poser au président de la République.

A demain @jynau