Grippe et « hécatombe » : les révélations du Parisien, les ombres de la canicule de 2003

 

Bonjour

Grippe, Marisol  Touraine est redevenue seine ; Le Parisien ne l’est pas qui nous promet des « révélations sur une hécatombe » (Elsa Mari, Florence Méréo et Vincent Mongaillard) :

« Sur la dernière semaine de 2016, le nombre de décès est bien supérieur à la moyenne, déjà habituellement élevée en janvier. Un diagnostic confirmé par l’Observatoire européen de la mortalité, dont les derniers chiffres sont tombés jeudi. Pour la première semaine de janvier, la France est en « excès important » de décès, tout comme l’Italie. Le Portugal traverse, lui, un phénomène ‘’très important’’ ».

 « La grippe va faire des milliers de morts cet hiver. Impossible pour l’heure de savoir si le bilan de 18 300 décès supplémentaires pendant l’épidémie de 2014-2015 sera dépassé. Mais ce qui est sûr, c’est que le fléau frappe très fort en cette saison de froid, alors même que son pic n’a pas encore été atteint à l’échelle nationale. » 

 Funéraire et marbrerie

Le quotidien cite le virologiste Bruno Lina (omniprésent dans tous les médias) qui évoque la virulence et la prégnance du A(H3N2), contemporain des pavés latins de 1968. Et Le Parisien d’aller plus loin que le marronnier des urgences et de s’intéresser à l’activité des entreprises de pompes funèbres et des crématoriums. A commencer par la Confédération des professionnels du funéraire et de la marbrerie (CPFM) :

« On est à l’extrême limite mais, pour le moment, on tient. Il ne faudrait surtout pas que ça s’amplifie, sinon on ne pourrait plus avoir un accompagnement idéal. Une agence nous a dit que son activité habituelle du mois de janvier avait été cette année réalisée en moins de deux semaines. Par rapport à 2015, soit c’est plus fort, soit c’est plus concentré dans le temps. »

 Certification électronique des décès

Et Le Parisien de décliner : «  Un centre funéraire : «On a dû rappeler des employés en vacances» » ; « A Lyon, les familles doivent patienter » ;  « Le crématorium du Père-Lachaise saturé » ; « Un prêtre en Essonne constate «Un tiers d’enterrements en plus» ».

Tout ceci n’est pas sans rappeler les premières alertes (non entendues) des entreprises funéraires de la petite et de la grande couronne parisienne lors de la canicule de 2003 – lorsque Jean-François Mattei, alors ministre de la Santé (gouvernement Raffarin), témoignait de sa sérénité au journal télévisé. Ces interrogations sur la surmortalité qui sera enregistrée imposent, aussi, de soulever une nouvelle fois la question de la numérisation des certificats médicaux de décès.

En toute logique les autorités sanitaires devraient, dans un pays aussi moderne et centralisé que la France, pouvoir disposer en temps réel des causes médicales de décès et des chiffres associés. Quatorze années après la canicule de sinistre mémoire, la grippe de 2017 vient nous le rappeler.

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Crash-Germanwings : les médecins allemands d’Andréas Lubitz blanchis par la justice allemande

Bonjour

La justice allemande a, lundi 9 janvier, annoncé qu’elle classait sans poursuites son enquête dans le crash de l’avion de Germanwings dans les Alpes françaises en mars 2015. « Les investigations n’ont pas apporté d’indices suffisants ni tangibles sur des responsabilités extérieures de personnes encore vivantes » dans l’entourage familial ou médical du pilote et au sein de son entreprise, a indiqué à l’Agence France Presse Christoph Kumpa, porte-parole du parquet de Düsseldorf, qui dirigeait l’enquête en Allemagne.

Cette même enquête a déterminé que le crash de l’avion a bel et bien été délibérément provoqué par le copilote Andreas Lubitz, 27 ans dépressif et suicidaire de longue date. C’est lui qui a profité de l’absence momentanée du commandant de bord pour s’enfermer dans le cockpit et précipiter l’avion sur la montagne. Le crash de l’appareil, qui reliait Barcelone à Düsseldorf, a fait 150 morts (dont 144 passagers).

Fin sanglante

Les enquêteurs allemands ont tenté de déterminer s’il y avait eu des « négligences » de la part des nombreux médecins qui ont examiné le pilote dépressif et suicidaire. Entendre par « négligences » des médecins qui n’auraient pas fait part de ses troubles dépressifs de leur patient à son employeur Germanwings, filiale low cost de Lufthansa.

Le copilote, Andreas Lubitz, 27 ans  avait été embauché par Germanwings en septembre 2013. Il passait régulièrement une visite médicale pour renouveler son certificat médical de classe 1. On connaît la suite, les épisodes dépressifs, le syndrome « d’épuisement professionnel », le refus de renouvellement de son certificat médical, puis l’acceptation avec une mention signalant la nécessité d’« examens médicaux spécifiques réguliers ». Jusqu’à la fin, sanglante.

Que croyait-vous qu’il arriva ? « L’enquête a montré que les médecins savaient que Lubitz était dans un état de souffrances psychiques, état qui n’a toutefois pas été diagnostiqué comme « cliniquement dépressif » » explique aujourd’hui M. Kumpa. Mieux encore : selon M. Kumpa « le copilote n’a parlé de ses pulsions suicidaires ni à ses médecins, ni à ses proches, ce qui implique qu’aucun d’entre eux n’était en mesure d’en parler à Germanwings, qui ne savait donc rien de son état réel ». Et voilà pourquoi votre fille est muette : la justice allemande referme le dossier. La médecine du travail ne sera pas inquiétée, pas plus que la compagnie.

Quarante-et-un médecins, dont plusieurs psychiatres

On verra bientôt si la lecture si la même lecture prévaut de ce côté-ci du Rhin : une enquête pour homicides involontaires est toujours instruite à Marseille afin de déterminer le niveau de connaissance de la compagnie concernant l’état mental du copilote, une procédure – ce qui pourrait (le cas échéant) déboucher sur un procès.

Les proches des victimes ont également introduit une procédure aux Etats-Unis contre l’école de pilotage par laquelle est passée Andreas Lubitz, habilité à voler alors qu’il avait été examiné par de nombreux médecins les années avant la catastrophe. Persuadé qu’il était en train de perdre la vue, ce que les analyses n’ont en rien confirmé, il avait consulté quarante-et-un médecins dans les cinq années précédentes, dont plusieurs psychiatres. Quarante-et-un médecins qui ne se sont pas parlés, n’ont pas parlé.

Suite à la catastrophe, l’Agence européenne de sécurité aérienne (AESA) avait préconisé un meilleur suivi médical des pilotes, notamment par le biais d’examens psychologiques et toxicologiques renforcés. Qui, aujourd’hui, sait ce qu’il en est ? Une certitude, toutefois : une certaine proportion de pilotes confient, sous le sceau de l’anonymat, avoir des idées suicidaires.

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Vitamine D et nouveau-né décédé : le mystère de l’autopsie, un coup de fil déplacé au Figaro

Bonjour

Il est des affaires qui n’en finissent pas. Et est des pratiques antiques que l’on pensait définitivement abandonnées. On peut, aujourd’hui 7 janvier, lire quelques lignes peu banales dans Le Figaro – quotidien qui a révélé la mort du nouveau-né à qui on venait d’administrer quelques gouttes d’Uvestérol D.

Le journal raconte ainsi avoir reçu, jeudi 5 janvier un coup de téléphone de Claude Pigement, vice-président du Conseil d’administration de l’Agence du médicament (ANSM).

Le Dr Claude Pigement est une personnalité bien connue dans les milieux médicaux comme des journalistes spécialisés. Il a, très longtemps, été le « monsieur santé » du Parti socialiste (successivement délégué puis responsable national à la santé entre 1985 et 2008). Ce médecin gastro-entérologue, a été élu en 2013 à la vice-présidence de l’ANSM.

« Go-between » 

Le Quotidien du Médecin expliquait alors qu’à ce poste non exécutif, il seconderait la présidente et devrait jouer un rôle de « go-between » entre le Pr Dominique Maraninchi, alors directeur général de l’Agence et la ministre de la Santé Marisol Touraine. « L’ANSM est une  jeune agence en construction, qui devra trouver ses marques entre le « travail de fond et la gestion des urgences » déclarait-il. « À son poste de vice-président, le Dr Pigement entend prendre sa part à ces nouveaux défis » ajoutait Le Quotidien du Médecin.

Trois ans plus tard le « go-between » entre en action : il appelle Le Figaro. Et Le Figaro entend une sonnerie politique : « il s’agit de défendre l’ANSM et la ministre Marisol Touraine dans la gestion calamiteuse de l’affaire Uvestérol D ». Que dit le Dr Pigement ?

« Les choses ont été faites en temps et en heure. L’ANSM a été transparente (…) Je ne réponds pas aux si. Avec des si, on mettrait l’Agence en bouteille (…) On n’est pas là pour refaire le match ou pour rejouer la partie. »

 « Go-between » ou pas, il est des métaphores que l’on se devrait d’éviter après la mort d’un nouveau-né.

Retrouvée morte aux urgences de Cochin

Nous évoquions, hier, à propos de cette mort, l’incompréhensible attitude du pédiatre présent qui n’avait pas proposé pas d’autopsie « devant la cause évidente du décès et anticipant un probable refus des parents »

 « On peut penser que c’est là une erreur, ce pédiatre oubliant que le refus des parents n’est en rien un élément pouvant, in fine, interdire la pratique d’une autopsie médico-légale, écrivions-nous alors. Cette autopsie a-t-elle, depuis, été pratiquée à la demande du procureur de la République ? ».

On nous indique aujourd’hui que le procureur d’Evry n’a pas demandé d’autopsie médico-légale. Il y a donc eu permis d’inhumer et le bébé a été enterré au Mali. Le même cas de figure, totalement incompréhensible, s’était déjà produit dans l’affaire de la femme retrouvée morte, il y aura bientôt trois ans, dans la salle d’attente de l’hôpital Cochin. Nous avions traité ce sujet sur le site Slate.fr « Urgences de Cochin: faute d’autopsie, on ne saura jamais la vérité ».

Article 74 du code pénal :

« En cas de découverte d’un cadavre, qu’il s’agisse ou non d’une mort violente, mais si la cause en est inconnue ou suspecte, l’officier de police judiciaire qui en est avisé informe immédiatement le procureur de la République, se transporte sans délai sur les lieux et procède aux premières constatations.

Le procureur de la République se rend sur place s’il le juge nécessaire et se fait assister de personnes capables d’apprécier la nature des circonstances du décès. Il peut, toutefois, déléguer aux mêmes fins, un officier de police judiciaire de son choix.

Sur instructions du procureur de la République, une enquête aux fins de recherche des causes de la mort est ouverte. Dans ce cadre et à ces fins, il peut être procédé aux actes prévus par les articles 56 à 62, dans les conditions prévues par ces dispositions. A l’issue d’un délai de huit jours à compter des instructions de ce magistrat, ces investigations peuvent se poursuivre dans les formes de l’enquête préliminaire. »

Posologie

Les investigations sur les causes de la mort d’un nourrisson ont été confiées au pôle santé publique du parquet de Paris. Ce dernier poursuit l’enquête pour « recherches des causes de la mort » après le dessaisissement du parquet d’Évry, initialement compétent car le nouveau-né est mort dans l’Essonne.

« Selon nos informations, les parents de la victime de Grigny ne parlent, ni le lisent le français, ce qui a nui à la compréhension de la posologie, indique L’Express. A ce jour, ils n’ont pas déposé de plainte. »

Il est des affaires qui n’en finissent pas.

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Affaire de la vitamine D et de la mort d’un nouveau-né : la parole est à la firme concernée

 

Bonjour

Habituellement les firmes impliquées dans les « affaires sanitaires » gardent le silence. Tel n’est pas le cas du laboratoire Crinex, fabriquant de l’UvestérolD® accusé potentiel de la mort, à Paris, d’un nouveau-né âgé de dix jours – une affaire qui commence à faire grand bruit et qui voit Le Figaro mettre en cause l’absence de réactivité de l’Agence nationale de sécurité des médicaments (ANSM).

« Crinex » ? C’est est un laboratoire indépendant familial fondé en 1928 par l’arrière-grand-père de l’actuel dirigeant. Il a pour principale spécialité, la prévention des maladies des nourrissons et l’hygiène buccodentaire. Il emploie 27 salariés et a réalisé, en 2015, un chiffre d’affaire de 20 millions d’euros.

Aujourd’hui, pour la première fois peut-être de son histoire, s’adresse à la presse. Pour dire qu’il « s’en remet aux investigations scientifiques diligentées par l’ANSM en matière de sécurité du médicament Uvestérol D ». Pourrait-il faire autrement ? Ecoutons-le:

 « Selon le Centre Régional de Pharmacovigilance de l’Hôpital Cochin (CRPV), le décès d’un nouveau–né est survenu, en région parisienne, le 21 décembre dernier suite à l’administration d’une dose d’Uvestérol D. Le laboratoire CRINEX et son personnel, choqués par cette information, expriment leur compassion envers les parents. Ils souhaitent apporter tout leur concours aux autorités en charge de l’enquête, pour comprendre ce qui s’est passé.

« ‘La mort d’un nouveau-né est un événement tragique et nous ne pouvons que nous associer à la douleur des parents’’ a déclaré Philippe Paulmier, pharmacien responsable au sein du laboratoire CRINEX, avant de poursuivre : ‘’cela fait 25 ans que nous commercialisons ce produit et une dizaine de millions d’enfants ont été traités grâce à Uvestérol D, sans aucun décès à déplorer. La disparition de cet enfant nous sidère car après le déclenchement de l’alerte de pharmacovigilance, lié à des cas inquiétants de fausses routes et de malaises vagaux, nous avions mené à bien, depuis 2006, un plan rigoureux et très étudié d’amélioration globale de l’administration de notre produit, sous le contrôle de l’autorité en charge de la sécurité du médicament.’’ »

 Fausse route et nouvelle pipette

Et Crinex de rappeler que dès 2006, dans le cadre d’un Plan de Gestion de Risques (PGR), de nombreux efforts ont été entrepris pour rendre l’administration de ce produit encore plus sûre. Et Crinex de souligner ses mérites. A commencer par son « important plan d’amélioration de son produit portant sur le mode d’administration, le tout, sous le contrôle de pédiatres cliniciens et de l’ANSM ». A suivre par sa conception « d’une nouvelle pipette qui diffuse le liquide via plusieurs petits trous (évents latéraux), pour éviter un jet trop puissant central, susceptible de provoquer une fausse route ». Sans oublier ses travaux sur la formulation de ce médicament, « afin de diminuer le volume d’administration de 70%, par concentration de la solution » (ainsi, pour un nouveau-né, la dose habituellement prescrite, 0,2 ml, représente l’équivalent de 4 gouttes).

Pour finir Crinex a participé (aux côtés de l’ANSM) à une importante campagne d’information du corps médical et hospitalier pédiatrique, afin que les parents de nouveau-nés et de prématurés soient sensibilisés aux bonnes pratiques d’administration par pipette de ce médicament, permettant d’éviter ainsi le risque de fausse route :

–        Toujours administrer le produit avant la tétée ou le biberon.

–        Utiliser exclusivement la pipette doseuse fournie avec le produit.

–        Installer l’enfant en position semi-assise. L’enfant doit être éveillé lors de l’administration.

–        Placer la pipette contre l’intérieur de la joue. Laisser l’enfant téter et si ce dernier ne tète pas, appuyer très lentement sur le piston de la pipette (écoulement goutte à goutte).

–        En cas de reflux gastro-oesophagien, de problèmes digestifs ou de troubles de la déglutition, ne pas administrer le médicament pur (le diluer dans un peu d’eau ou de lait) et l’administrer via une tétine.

–        Dans tous les cas, ne pas allonger l’enfant pendant et immédiatement après l’administration.

Invoquer la fatalité ?

Mieux encore : ces mesures d’information sont accompagnées de la remise de fiches conseils (incluant des dessins) aux parents, par le médecin ou le pharmacien, sur la manière d’administrer ce médicament (voir pièce jointe en PDF). Depuis 2013, ces schémas sont intégrés à la notice d’utilisation. L’investigation menée par l’ANSM sera versée au dossier de pharmacovigilance d’Uvestérol D. A ce stade, CRINEX se met à la disposition des autorités compétentes.

Dans l’attente des résultats de l’enquête, le laboratoire CRINEX a mis en place un numéro vert d’information, le 0 800 849 032, destiné aux parents et aux professionnels de santé.

Faudra-t-il voir là l’œuvre de la fatalité ? On attend désormais les précisions de la direction générale de l’ANSM et celles du ministère de la Santé.

A demain

 

Citoyen conducteur, voici ce que la police pourra chercher dans ton sang, ta salive et tes urines

 

Bonjour

Vous prenez le volant ? Placez dans la boîte à gant le Journal Officiel de la République française daté du 15 décembre. Ou l’afficher sur vos écrans portables. Un « arrêté » 1 y détaille ce que seront, dorénavant, les épreuves de dépistage prévues aux articles R. 235-3 et R. 235-4 du code de la route.

Entendons-nous bien : il s’agit ici,  à partir d’un simple recueil de salive ou de salive, de rechercher la présence d’une (ou de plusieurs) substance(s) témoignant de l’usage de stupéfiants. Des stupéfiants appartenant aux quatre familles suivantes : cannabiniques, amphétaminiques, cocaïniques, opiacés. Extraits de ce qui peut, désormais, être imposé par la maréchaussée :

Recueils salivaires

Ils s’effectuent, réglementairement, dans un flacon muni d’un couvercle en assurant l’étanchéité, sans additif, incassable et d’une contenance au moins égale à 100 millilitres.

Le dépistage, à partir d’un recueil salivaire, est réalisé au moyen de tests salivaires respectant les seuils minima de détection suivants :

S’agissant des cannabiniques :  9-tétrahydrocannabinol (THC) : 15 ng/ml de salive ;

S’agissant des amphétaminiques : amphétamine : 50 ng/ml de salive ; métamphétamine : 50 ng/ml de salive ; méthylène dioxymétamphétamine (MDMA) : 50 ng/ml de salive ;

S’agissant des cocaïniques : cocaïne ou benzoylecgonine : 10 ng/ml de salive ;

S’agissant des opiacés :  morphine : 10 ng/ml de salive ; 6 mono acéthylmorphine : 10 ng/ml de salive.

Dilution aidant, le dépistage, à partir d’un recueil urinaire, est réalisé au moyen de tests de dépistage respectant des seuils minima légèrement différents.  Les tests de dépistage urinaire peuvent être acquis et détenus par les forces de l’ordre pour l’usage exclusif du médecin requis conformément à l’article R. 235-3 du code de la route.

Modalités relatives aux analyses et examens

En cas de prélèvement salivaire, prévu au I de l’article R. 235-6 du code de la route, le nécessaire mis à disposition de l’officier ou l’agent de police judiciaire pour le prélèvement, comprend : un collecteur destiné au recueil de la salive et des cellules buccales ; un flacon ou tube permettant la conservation du prélèvement ; une enveloppe de conditionnement destinée à enfermer et identifier le prélèvement.

En cas de « demande du conducteur » d’un prélèvement sanguin en vue d’un examen technique ou d’une expertise, prévu au troisième alinéa du I de l’article R. 235-6 du code de la route, le nécessaire mis à disposition du praticien chargé d’effectuer le prélèvement comprend : un tampon de stérilisation sans alcool ; un tube à prélèvement sous vide de 10 ml avec héparinate de lithium et étiquettes ; une aiguille à prélèvement sous vide qui accompagne le tube de prélèvement avec l’adaptateur adéquat ; un contenant permettant l’apposition d’un scellé et la protection du tube à prélèvement sous vide.

Fémorale ou sous-clavière

La salive est prélevée grâce à un collecteur placé dans la cavité buccale selon la procédure indiquée sur la notice d’emploi. Le prélèvement doit être effectué par le conducteur lui-même, sous le contrôle de l’officier ou l’agent de police judiciaire. Le sang est prélevé par ponction veineuse dans le tube à prélèvement sous vide. Le ou les tubes sont agités par retournement pour prévenir la coagulation du sang.

Le prélèvement et la conservation des échantillons sanguins en cas de décès du ou des conducteurs impliqués, prévus à l’article R. 235-8 du code de la route, sont pratiqués par prélèvement de sang veineux périphérique au niveau d’une veine fémorale ou sous-clavière, ou de sang intracardiaque, sur fluorure de sodium dans chacun des deux flacons en verre avec capsule de téflon et bouchon à vis.

La recherche et la confirmation des produits stupéfiants dans le sang ou dans la salive, prévus à l’article R. 235-10 du code de la route, s’effectuent en utilisant la technique dite « de chromatographie couplée à la spectrométrie de masse ».

La recherche dans le sang des médicaments psychoactifs ayant des effets sur la capacité de conduire des véhicules est effectuée, à la demande du conducteur, en utilisant au moins une technique dite de « chromatographie couplée à la spectrométrie de masse ».

Volant ou pas, on ne lit jamais assez le Journal Officiel de la République française.

 A demain

1 « Arrêté du 13 décembre 2016 fixant les modalités du dépistage des substances témoignant de l’usage de stupéfiants, et des analyses et examens prévus par le code de la route et abrogeant l’arrêté du 5 septembre 2001 modifié fixant les modalités du dépistage des substances témoignant de l’usage de stupéfiants, et des analyses et examens prévus par le code de la route ».

Cet arrêté est notamment signé du Pr Benoît Vallet, Directeur Général de la Santé,

H1N1: voici le temps de l’indemnisation des victimes collatérales du vaccin antigrippal

Bonjour

Quand la justice dicte ses lois. Première judicaire à Grasse sur l’autoconservation du sang de cordon. Première judiciaire à Strasbourg : le tribunal administratif de la ville vient de juger que les proches d’une jeune fille souffrant de narcolepsie (après avoir été vaccinée contre le virus A(H1N1) de la pandémie grippale – 2009/2010) devaient être indemnisés. Bien entendre : les proches et non la jeune fille elle-même. Cette nouvelle affaire est rapportée par Libération (Eric Favereau).

« C’est une première. Plusieurs membres d’une même famille, victimes indirectes du vaccin contre la grippe H1N1, ont été indemnisées par le tribunal administratif de Strasbourg, fin novembre. Il s’agit du père d’une jeune fille, Julie, qui avait développé une narcolepsie avec cataplexie à la suite de cette vaccination. »

Voici le texte du jugement du 30 novembre :

«Considérant qu’il résulte de l’instruction que la jeune Lucie a été, du fait de sa narcolepsie, atteinte d’un déficit fonctionnel temporaire évalué à 50%, que son dommage esthétique permanent et temporaire est estimé à 3/7 et les souffrances endurées à 4/7, que son état de santé a eu des répercussions sur son activité étudiante, sur ses activités d’agrément et qu’il est probable qu’il en aura sur sa vie professionnelle à venir, que sa perte d’autonomie est importante et nécessite une assistance significative de ses parents ; compte tenu qu’il n’est pas contestable que ces préjudices subis par Lucie et causés par sa narcolepsie ont des répercussions sur ses proches, en l’occurrence ses parents et sa sœur, dans la mesure où son état de santé les affecte moralement et perturbe leur quotidien, ils sont ainsi fondés à demander à l’Oniam l’indemnisation du préjudice d’affection, ainsi que du préjudice dit « d’accompagnement » qui doit être analysé comme un préjudice lié aux troubles dans les conditions d’existence.»

Vingt-cinq mille euros

Et la justice évalue le préjudice à chacun des parents de Lucie à la somme de 10 000 euros et, pour la sœur de cette dernière, à 5 000 euros.

 « La narcolepsie est un trouble du sommeil qui se caractérise par une somnolence excessive au cours de la journée, avec des accès de sommeil incontrôlables, explique l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). Elle peut s’accompagner, à la suite d’une émotion, de pertes soudaines du tonus musculaire (cataplexie). Chaque année, environ 900 nouveaux cas de narcolepsie sont dénombrés en France, le plus souvent chez des adolescents ou des adultes jeunes ». Le lien entre narcolepsie et la vaccination contre la grippe H1N1 n’est  généralement plus discuté aujourd’hui (lire la mise au point de l’ANSM en 2013). En 2013, 18 dossiers avaient été acceptés par l’Office national d’indemnisation des accidents médicaux (Oniam). La moyenne des indemnisations se situe autour de 338 000 euros

Une centaine de personnes

Où l’on retrouve, à la source directe de l’information, , Me Charles Joseph-Oudin qui s’est confié à Libération : « En France il doit y avoir plus d’une centaine de personnes touchées, et j’ai moi-même plus de 60 dossiers». Les cas suspects correspondent le plus souvent à des personnes ayant été vaccinées avec Pandemrix® (GSK).

La question de l’indemnisation des proches était, de fait, consubstantielle à celle de l’indemnisation des personnes vaccinées. On sait désormais ce qu’il en est. Comme dans le cas de l’autorisation de l’autocongélation du sang de cordon cette décision de justice ne sera pas sans suites.

A demain

Pacemaker Medtronic®: les suites kafkaïennes de la tragédie funéraire de Bourges

 

Bonjour

Les tragédies ne sont pas faites pour s’éterniser. Celle de Bourges, cité de Jacques Cœur, n’a que trop duré. Nous venons d’en découvrir la trame. La suite ajoute à l’insupportable.

Au départ, donc, le service de cardiologie du CHU de Tours (Indre-et-Loire). Un médecin implante, chez une femme de 81 ans, un stimulateur cardiaque modèle Micra Medtronic®. Il s’agit d’un pacemaker spectaculairement miniaturisé, sans sonde, qui peut être implanté au sein des cavités cardiaque via la veine fémorale. Un dispositif  dont on retrouve la trace officielle le 18 octobre sur le site de la Haute Autorité de Santé.

Manque de respect

Peu de temps après, le 22 novembre, sa patiente décède à son domicile, non loin de Bourges (Cher). Au moment des formalités funéraires la famille signale la présence de cet implant. Medtronic® affirme que son nouveau matériel (à la différence des anciens) est compatible avec l’incinération ou l’inhumation. Or, à Bourges, les différentes autorités affirment le contraire à la famille. Commence alors une somme de difficultés chaotiques, invraisemblable. « Une forme de manque de respect » dit, sobrement, la famille.

Les différentes parties concernées (le fabricant, les pompes funèbres, les services de l’Etat) annoncent tour à tour : l’impossibilité technique (puis légale) du retrait du pacemaker par un chirurgien ; le refus réitéré du procureur de la République de mandater un médecin légiste pour ce cas de mort naturelle reconnue par le SAMU 18 ; l’impossibilité légale de faire ce geste par un thanatopracteur ; le refus de la mairie d’autoriser la fermeture du cercueil et donc tout déplacement permettant éventuellement de faire cette crémation dans un autre crématorium…

Nous avons expliqué, sur le site Slate.fr, les raisons de cet imbroglio tragique 1. Nous sommes aujourd’hui onze jours après la mort.  « Notre mère, notre sœur se trouve toujours face à un trou noir, véritable vide juridique sans solution aucune, explique la famille à qui peut l’entendre.  Son corps doit être conservé sine fine en chambre funéraire puis prochainement en “cellule négative”…. Notre famille, effondrée et meurtrie, se voit ainsi refuser : toutes obsèques, et cérémonie religieuse catholique ; tout adieu digne de la société; tout travail de deuil face à l’inconnu… ».

Jacques Cœur et Jean-Christophe Ruffin

On a vu ce qu’il en est du procureur de la République de Bourges : il « a refusé par deux fois de désigner un médecin légiste pour effectuer l’explantation qui permettrait la crémation ou l’inhumation. Sans aucune explication.  Nathalie Colin, nouvelle préfète du Cher, ne semble pas plus soucieuse d’user de son pouvoir pour trouver une humaine solution. Reste  Pascal Blanc, maire de Bourges depuis deux ans.

Hier, 2 décembre, les services municipaux ont, entre deux portes, donné à la famille un document autorisant le transport du corps du funérarium de  Bourges au crématorium de Bordeaux Mérignac. Là, en dépit des textes réglementaires, la crémation pourrait se faire sans explantation de l’implant. Cinq cents kilomètres au bas mot, en passant par Tours. La mairie serait disposée (pourquoi ?) à prendre en charge les frais du transport.

Les tragédies ne sont pas faites pour s’éterniser. Celle de Bourges, cité de Jacques Cœur et de Jean-Christophe Ruffin, durera encore : faute de place aucune crémation n’est envisageable, à Bordeaux-Mérignac, avant le 12 décembre prochain.

A demain

1 « Le casse-tête tragique du nouveau pacemaker miniature qui interdit d’organiser des obsèques » Slate.fr 1er décembre 2016.