Soupçonné de neuf empoisonnements mortels : non, le Dr Péchier ne passera pas Noël à Besançon

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C’est un petit soubresaut dans une affaire dont les médias peinent à prendre la mesure ; l’affaire Frédéric Péchier, anesthésiste soupçonné de vingt-quatre empoisonnements dont neuf mortels. La cour d’appel de Besançon a, le 18 décembre, rejeté une requête du Dr Péchier qui demandait à passer Noël chez lui, près de Besançon.

La défense de l’anesthésiste avait plaidé devant la chambre de l’instruction de la cour d’appel la modification temporaire du contrôle judiciaire du praticien, interdit de séjour dans le secteur de Besançon, afin de lui permettre de passer une semaine avec sa famille pendant les fêtes de Noël, a précisé la même source.

 « C’est inadmissible qu’il demande ça, il faut respecter les familles », a déclaré à l’AFP le père du petit Teddy, l’une des victimes. Opéré des amygdales en 2016 alors qu’il avait 4 ans, l’enfant avait survécu à deux arrêts cardiaques. « Les neuf morts, on sait où ils passeront Noël », a ajouté le père.

« S’il existait la moindre preuve matérielle je ne serais pas là »

Le Dr Péchier a été mis en examen pour vingt-quatre empoisonnements de patients entre 2008 et fin 2016 – neuf sont décédés. Il est soupçonné d’avoir « pollué » les poches de perfusion de ces patients (âgés de 4 à 80 ans), pour provoquer des arrêts cardiaques puis démontrer ses talents de réanimateur et discréditer des collègues de cliniques de Besançon avec lesquels il était en conflit.  Ce qu’il « conteste farouchement ». L’anesthésiste a été maintenu en liberté sous contrôle judiciaire, avec obligation de quitter Besançon. Il réside désormais chez ses parents à Poitiers.

Il y a six mois il avait donné un entretien en exclusivité à La Nouvelle République (Emmanuel Coupaye). « Depuis deux ans, je clame mon innocence, et je la clame toujours, affirmait-t-il. Moi, je connais le fond du dossier, je ne suis donc pas surpris de cette situation. Mais je comprends que ça choque les gens avec toutes les accusations lancées contre moi. Ce que je retiens, c’est que le dossier n’est pas si clair que ça et qu’il n’y a pas de preuves de ma culpabilité. Vous pensez bien que sinon, je serais en détention. Sur les vingt-quatre cas que l’on me reproche, s’il existait la moindre preuve matérielle ou le moindre témoignage, je ne serais pas là. »

Son avenir ? « Il est catastrophique. Je sais que ma carrière est finie, disait-il. Je ne ferai plus d’anesthésie, c’est impossible. Comment voulez-vous que je sois serein en endormant un patient, vous allez repenser à tout, au moindre pépin, on va venir me voir. Ma vie professionnelle est foutue, quinze ans d’études pour rien. J’ai le bac en poche pour retravailler, voilà ! »

A demain @jynau

Meurtres de l'homme aux mains coupées et de l'infirmière de Montargis: misère et toxicomanie

Bonjour

L’affaire faisait songer au formidable Hary Hole inspecteur dans la police criminelle norvégienne. Hole, flic alcoolique, dépressif, en proie à des problèmes sexuels et conjugaux, cynique, en rupture de ban et commis d’office par sa hiérarchie dans des affaires à la lisière du surréalisme  – autant dire sympathique (Jo Nesbø). Une affaire qui aurait vu Hole dans le Gâtinais pauvre (quadrant nord-est du Loiret, France).

Rouvrons le dossier. Lundi 21 octobre, 7h15, les passants découvrent un cadavre en bordure d’un champ situé sur la commune de Pannes. C’est celui de Karine Foucher, infirmière libérale, 42 ans. Le corps a été lardée de plusieurs coups de couteau au thorax, au cou et au visage. Les mains sont attachées par un câble téléphonique. Son véhicule est retrouvé avec des traces de sang à l’intérieur, non loin des lieux du drame. L’autopsie menée le 22 octobre confirme l’origine de sa mort par arme blanche. Originaire de Ferrières-en-Gâtinais,  Karine Foucher effectuait sa tournée habituelle qu’elle commençait à 6h le matin.

Les gendarmes de Montargis sont alors alertés de la disparition de Jacques Samson, 84 ans, un habitant de Chalette-sur-Loing.  Il se rendent à son domicile, situé à 2 km de Pannes et découvrent son cadavre disposé en travers de son lit, caché par plusieurs couvertures. L’autopsie démontre qu’il est mort après avoir reçu plusieurs coups de poing à la tête. L’homme a d’autre part « été amputé des deux mains post-mortem ». Les deux mains n’ont pas été retrouvées précisera  Nicolas Bessone,  le procureur de la République d’Orléans.

Jacques Samson était l’un des patients de l’infirmière – et l’un des premiers à qui elle rendait visite le matin. Un chouchou et une pince à cheveux cassée appartenant à Karine Foucher ont été retrouvés au domicile de Jacques Samson. L’enquête se poursuit pour retrouver le ou les auteurs de ce double meurtre. Le mobile du double meurtre n’est donc pour l’heure pas établi. Rien ne semble avoir été  été volé au domicile de Jacques Samson mais des traces de fouilles ont été constatées. « Aucune hypothèse n’est écartée à ce stade de l’enquête » déclarait le procureur – sans préciser à quelles hypothèses il songeait.

S’adonne à la prostitution occasionnelle

Il aura fallu moins de trois semaines aux gendarmes section de recherches d’Orléans. Les deux suspects, Messaoud et Fazia M., selon Le Parisien,  (Jérémie Pham-Lê) nient leur implication, en «se rejetant partiellement la responsabilité des faits», a précisé le procureur de la République d’Orléans.  

La rumeur populaire dans le Gâtinais pauvre laissait déjà croire à la présence d’une forme de tueur sadique, « signant ses crimes par l’amputation ». Dans les faits : un frère et une sœur issus d’un milieu social plus que défavorisé. Après 48 heures de garde à vue, Fazia et Messaoud M., âgés de 40 et 33 ans, ont été mis en examen  pour « homicides aggravés » et « atteinte à l’intégrité physique d’un cadavre » avant d’être placés en détention provisoire. Ils sont soupçonnés d’avoir tué Jacques Samson et Karine Foucher.

La sœur et le frère vivaient à moins de 300 mètres du domicile de Jacques Samson. « Les investigations des gendarmes ont permis de les impliquer sur la foi d’éléments scientifiques, de téléphonie et des témoignages, a déclaré au Parisien  le procureur de la République d’Orléans, Nicolas Bessone. En garde à vue, ils ont nié toute implication. Il faut donc rester prudent sur le mobile, mais la piste crapuleuse apparaît privilégiée. »

« Mère de sept enfants, Fazia M. n’a aucun emploi et s’adonne à la prostitution occasionnelle, rapporte Le Parisien. Elle vit dans un pavillon d’un étage, décrit comme ‘’sale et désordonné’’. Son frère Messaoud, lui, est un toxicomane accro à l’héroïne et la cocaïne. Ce marginal loge chez sa sœur aînée depuis sa sortie de prison après avoir été condamné dans une affaire de stupéfiants. »

Ajoutons qu’un troisième suspect, Mehmet S., a été mis en examen pour non-dénonciation de crimes et écroué. Compagnon épisodique de Fazia M., ce quinquagénaire n’est pas soupçonné à ce stade d’avoir été présent lors des tueries. Cinq autres suspects interpellés, proches des M., ont tous été relâchés et mis hors de cause.

Très tôt, les gendarmes de la section de recherches d’Orléans ont eu la conviction que les deux meurtres étaient l’œuvre de locaux. « Le travail n’était pas professionnel et l’ensemble du périple meurtrier a eu lieu dans un rayon d’un kilomètre », confie un proche de l’enquête. Les gendarmes ont pu reconstituer le trajet des suspects grâce à l’iPhone de l’infirmière tuée, retrouvé dans une poubelle sur un parking de Pannes (Loiret).On peut reconstituer désormais les faits. Dans la matinée du 21 octobre, Fazia et Messaoud M. se seraient d’abord introduits chez Jacques Samson en vue de le cambrioler. Le vieil homme se serait débattu et aurait été roué de coups au visage jusqu’à en succomber. Les tueurs seraient ensuite tombés « fortuitement » sur Karine Foucher, venue administrer des soins à son patient diabétique.

« Ils auraient alors ligoté l’infirmière de 42 ans puis l’auraient transportée vivante dans son 4X4 jusqu’à un distributeur de Châlette afin d’y effectuer un retrait de 800 euros avec sa carte bancaire, ajoute Le Parisien. C’est à bord du véhicule qu’ils auraient ensuite mortellement poignardé la mère de famille avant de déposer son corps en lisière d’une route de Pannes. L’analyse du bornage du téléphone de l’infirmière révèle que les suspects seraient retournés chez Jacques Samson pour une raison indéterminée. Est-ce à ce moment-là qu’ils lui auraient tranché les mains ? S’agissait-il d’éliminer d’éventuelles traces ADN ? Toujours est-il que les bourreaux de l’octogénaire, visiblement paniqués, font même une halte… au domicile de Fazia M., ce qui signe les crimes. »

Un personnage de roman noir

Dernière étape : le 4X4 de Karine Foucher est garé sur un parking de Pannes, des traces de sang plein l’habitacle. Son téléphone est jeté. Les meurtriers présumés n’ont pas été assez prudents : l’ADN de Fazia M. a été relevé sur un mégot de cigarette et une boîte de boule Quiès chez Jacques Samson, ainsi que sur la portière du 4X4 et l’aisselle de Karine Foucher. Messaoud M., lui, a été identifié comme étant l’homme encapuchonné qui effectue le retrait d’argent et abandonne le véhicule de l’infirmière à Pannes. Les caméras ont filmé sa silhouette.

Appât du gain, sans doute. Mais les enquêteurs restent intrigués par le déchaînement de violences. Et rien n’a été dérobé chez Jacques Samson, ancien cheminot à la pension modeste. Fazia M., décrite comme « séductrice », connaissait le retraité. En 2017, elle avait effectué des tâches ménagères chez lui. Elle savait qu’il laissait son domicile ouvert. Pour ne rien simplifier elle avait été visée par une plainte de Jacques Samson pour une histoire de chèques falsifiés. Selon Fazia M., il s’agissait de « dédommagements » après des « comportements déplacés » du vieillard. Or selon des témoins « la victime aurait rémunéré la suspecte pour quelques caresses consenties ». La plainte de Jacques Samson avait été classée sans suite.

« Fazia M. est un personnage de roman noir, a confié un proche de l’enquête. Elle a un côté maléfique et une certaine emprise sur les hommes, qu’elle fréquentait en nombre. » Roman noir, grande misère et toxicomanie. A ce jour les mains du vieil homme n’ont pas été retrouvées.

A demain @jynau

L'étrange et la transparence : l’affaire Delevoye et celle du petit cimetière d’Estramiac (Gers)

Bonjour

Comprendre l’étrange. Bien des affaires criminelles et politiques se résument à un impératif : faire la transparence. Ainsi en est-il de ce nouveau feuilleton en marge de la crise sociale dite « des retraites » : l’affaire Jean-Paul Delevoye, 71 ans, et la découverte des étrange failles de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique  – une  autorité administrative indépendante créée par la loi relative à la transparence de la vie publique du 11 octobre 2013 en remplacement de la Commission pour la transparence financière de la vie politique.

« La Haute Autorité est chargée de recevoir, contrôler, avec l’administration fiscale, et publier les déclarations de situation patrimoniale et les déclarations d’intérêts de certains responsables publics: membres du gouvernement. Elle peut également être consultée par ces mêmes responsables publics sur des questions de déontologie et de conflit d’intérêts relatifs à l’exercice de leur fonction et émettre des recommandations à la demande du Premier ministre ou de sa propre initiative. »

Quête de la transparence. Changeons de focale avec l’Agence France Presse. Une femme de 90 ans, en grande partie dénudée, a été découverte morte dans le cimetière de la micoscopique commune d’Estramiac (Gers).

C’est un homme venu déposer des fleurs au cimetière qui a donné l’alerte samedi, vers 18 heures. «Elle était allongée sur le dos, sur une pierre tombale, le torse entièrement dénudé, et le pantalon de pyjama au niveau des genoux , a détaillé Charlotte Beluet, procureure de la République. Les causes de sa mort n’ont pas encore été identifiées (…) mais le médecin légiste qui est arrivé sur place le soir-même a pu constater un certain nombre de blessures ante mortem, des fractures costales qui pourraient être post-mortem, et une légère plaie à la tête.»

Une autopsie médico-légale pratiquée ce 16 décembre permettra-t-elle de mieux comprendre ? D’ores et déjà les enquêteurs de la gendarmerie de la brigade de recherche d’Auch, épaulés par ceux de la section de recherche de Toulouse, ont pu identifier la femme, une résidente de la commune de Saint-Clar, à quelque 10 km d’Estramiac. C’est sur la tombe de son défunt mari qu’elle avait été placée. Son fils, qui vivait avec elle, a été interpellé le 15 décembre à son domicile. Il a aussitôt été placé en garde à vue pour «homicide sur ascendant». Pour la procureure cette qualification est «susceptible d’évoluer en fonction des résultats de l’autopsie». Et la procureure d’ajouter : «Selon ses premières déclarations, il affirme avoir trouvé sa mère morte et, ne sachant que faire, l’avoir transporté jusqu’au cimetière ».

Au-delà de l’étrange, bien des affaires criminelles et politiques se résument à un impératif : faire la transparence. Ne serait-ce que pour comprendre.

A demain @jynau

Qui était Moussef A, «déséquilibré ensanglanté» mort après des coups de taser policiers ?

Bonjour

Ne pas toujours désespérer des médias. Nous évoquions le silence autour de la mort d’un homme « déséquilibré» qui « déambulait ensanglanté » dans les rues des Lilas, près de Paris. Un homme âgé de 36 ans est mort dans l’après-midi du 12 décembre 2019 après avoir reçu des coups de taser lors de son interpellation par la police. Et après ? La suite nous est donnée par Le Parisien : Seine-Saint-Denis : l’errance sanglante de Moussef A., le déséquilibré tué aux Lilas (Maxime François avec Nathalie Revenu). Où le diagnostic psychiatrique ne semble plus faire de doute : « bouffée délirante ».

« Tout commence aux alentours de 10 heures, lorsque les riverains de ce quartier calme situé à la limite de Bagnolet repèrent l’homme au physique corpulent et grand — par ailleurs connu des forces de l’ordre pour des antécédents psychiatriques et des délits de droits commun — déambuler pieds nus dans les jardins des pavillons de la rue de Noisy-le-Sec, rapportent nos confrères. Quelques minutes plus tard, l’homme, ‘’tout en restant muet’’, pénètre dans le domicile d’Alain P, un homme âgé de 72, ans, le rouant de coup, ainsi que sa fille, avant que le père de famille ne parvienne à le mettre en fuite. »

« Il était très agité, victime d’une bouffée délirante extrêmement puissante, a déclaré cet homme au Parisien. Avait-il pris du crack ? Était-il malade ? Je ne sais pas… Il a tenté de défoncer à coups de pied le toit d’un petit cabanon. On lui a demandé : mais monsieur, que faites-vous ? Là, il s’est rué sur moi, est entré dans le couloir, m’a frappé à poings fermés. Je me suis défendu. Ces secondes m’ont semblé éternelles. »

Puis Moussef se précipite ensuite à l’étage, empoigne sa fille. Alain P. se précipite pour le ceinturer. L’agresseur lui fait dévaler les escaliers la tête la première. « J’aurais pu y rester. Je me suis dit qu’il ne fallait pas qu’il me mette hors d’usage, il y avait ma femme et ma fille […] Je me suis battu. C’était de l’ordre de l’instinct de survie, dit-il. Heureusement que je n’ai pas d’arme chez moi… ». Le Parisien :

« La séquence dure « une à deux minutes ». Une fois mis à la porte, Moussef A. se réfugie dans un buisson, devant la maison. Recroquevillé, il trouve des briques, qu’ils commencent à se fracasser sur la tête de toutes ses forces. « On aurait dit un oiseau affolé dans une maison qui n’arrive pas à trouver la sortie alors que la fenêtre est grande ouverte », assure d’une voix triste Alain P. « On a plutôt le sentiment qu’il cherchait à se suicider qu’à tuer quelqu’un. C’était comme un suicide offensif », analyse un policier. »

Puis la « folle course » se poursuit dans la rue. « Il se frappait le visage de toutes ses forces », « s’éclatait violemment la tête contre des portails », relatent des riverains, encore « secoués » par ces images. « Il a aussi cassé la vitre d’une porte cochère pour récupérer le verre et tenter de frapper hommes ou femmes qu’il croisait sur son chemin, raconte une voisine. Ça a duré une demi-heure. Des passants hurlaient. ». Le Parisien :

« Dans sa fuite, l’homme, le corps ensanglanté, trouve refuge dans une boulangerie où les forces de l’ordre le confinent durant près d’une heure. « Il perdait beaucoup de sang, témoigne le patron du commerce. On s’est enfui, lui est resté seul, menaçant les policiers, qui restaient à la porte, avec un couteau très tranchant de 40 cm qu’il a trouvé sur place. La boutique était inondée de gaz lacrymogène. Il suffoquait à l’intérieur. » Selon un autre témoin, « il leur jetait des palettes, en plus du couteau, il avait un pschitt à vitres, et au lieu d’utiliser la lame, il leur pulvérisait du liquide. Il n’avait pas conscience de ce qu’il faisait » Pour le maîtriser, les policiers, dont l’un se fait mordre dans le feu de l’action, font alors usage, à deux reprises, de leur pistolet à impulsion électrique. »

Encore « sous le choc », des commerçants, « extrêmement peinés par cette histoire », assurent qu’il a crié « Allahou akbar » quand les agents sont arrivés mais qu’il était juste en plein délire ». « L’homme n’était d’ailleurs pas connu pour radicalisation ni fiché », ajoute un policier. « Bouffée délirante » avec antécédents psychiatriques. C’est ainsi que la presse nous apprend comment un homme délirant a pu mourir aux Lilas, dans l’après-midi du 12 décembre 2019, après avoir reçu des coups de taser policiers.

A demain @jynau

Un « déséquilibré ensanglanté » meurt après avoir reçu des coups de taser policiers. Et après?

Bonjour

Un homme présenté comme «déséquilibré» qui « déambulait ensanglanté » dans les rues des Lilas, près de Paris, est mort dans l’après-midi du 12 décembre 2019 après avoir reçu des coups de taser lors de son interpellation par la police. Information glanée par l’AFP de source policière confirmant une information du Point.

Prévenue par des témoins en fin de matinée, la police municipale avait d’abord tenté d’intervenir auprès de cet homme. Il arpentait la commune des Lilas, en Seine-Saint-Denis, le visage ensanglanté et menaçait de «tuer tout le monde», a expliqué cette source policière.

L’homme «visiblement déséquilibré» criait «Allah akbar» et se «frappait le visage avec une brique». Il avait fini par entrer dans une boulangerie. Alertés par la police municipale, des fonctionnaires de police dépêchés sur les lieux ont fait usage de leur pistolet à impulsion électrique pour l’interpeller.

L’un des agents a été « mordu », précise cette source. L’homme, en arrêt cardio-respiratoire, a été transporté vers un hôpital, où il est décédé quelques heures plus tard. La police judiciaire a été saisie. Cet homme avait 36 ans.

Qui, quel média, quel journaliste, quel écrivain, se penchera sur le « déséquilibré ensanglanté » mort après des coups de taser policiers dans les rues des Lilas, près de Paris?

A demain @jynau

L’étrange histoire de l’athlète endormie qui a été dopée à l’EPO à l’insu de son plein gré

Bonjour

Qui doit-on croire ? 

L’athlète française Ophélie Claude-Boxberger, 31 ans, est une athlète française atypique et de grand talent. Fille du spécialiste des courses de fond, Jacky Boxberger. Une personnalité hors du commun :  

« Elle débute l’athlétisme en septembre 2001 après avoir pratiqué plusieurs sports : danse, équitation, tennis, escalade et gymnastique au niveau national. Parmi les meilleures minimes françaises sur 1 000 m en 3 min 3 s, elle se consacre plus à ses études — ce qui engendre une progression assez lente — ainsi qu’à la musique qu’elle débute à l’âge de 5 ans jusqu’à obtenir son diplôme au conservatoire de Montbéliard après plus de douze années de piano. Après avoir obtenu un baccalauréat scientifique avec mention en 2006, elle devient professeur d’éducation physique et sportive après avoir réussi le CAPEPS et un master langage et intervention en 2010 à l’Université de Besançon. »

 Devient ensuite spécialiste des douloureuses épreuves de demi-fond ; rapides progrès ; quatre titres de championne de France espoirs sur 800 m et 1 500 m ; deux sélections en équipe de France jeune ; cinq fois championne de France Élite sur 1 500 m et 3 000 m en salle ainsi que sur 3 000 m steeple ; neuf sélections internationales A avec l’équipe de France ; une sélection en équipe d’Europe.

Puis, catastrophe : contrôlée positive à la célèbre érythropoïétine (EPO) le 18 septembre dernier ; annonce faite un mois plus tard. Son domicile est perquisitionné ; le pôle santé du parquet de Paris ouvre une enquête préliminairepour « détention et utilisation de substances vénéneuses » et « aide à l’utilisation de ces substances ». Elle se retrouve impliquée dans une controverse liée au médecin de l’équipe de France d’athlétisme, Jean-Michel Serra, blâmé pour s’être plaint du trop grand nombre de contrôle subis par l’athlète – dont il évoquait la fragilité psychologique et dont il est le compagnon.

« Injection lors d’un massage durant lequel elle s’était endormie » 

L’athlète, depuis, ne cesse de clamer son innocence, de démentir avoir eu recours au dopage. Puis, rebondissement : les déclarations d’une personne de son entourage aux gendarmes de l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique (Oclaesp). Alain Flaccus, compagnon de la mère de l’athlète (et qui fait partie de l’encadrement sportif de celle-ci) a déclaré lui avoir injecté de l’EPO à son insu. Information communiquée au Monde des sources proches de l’enquête, confirmant une révélation de L’Equipe.

M. Flaccus était entendu dans le cadre d’une garde à vue de quarante-huit heures, dans les locaux de la gendarmerie de Montbéliard (Doubs) – tout comme l’athlète. Il a précisé avoir « piqué » Ophélie Claude-Boxberger avec une seringue d’EPO la veille de la fin de son stage en altitude à Font-Romeu (Pyrénées-Orientales) – et ce « lors d’un massage durant lequel elle s’était endormie ». Il a dit s’être procuré lui-même l’EPO.

Pour l’heure l’athlète est toujours suspendue par l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD). Interrogée par l’Est républicain à l’issue de sa garde à vue, Ophélie Claude-Boxberger a dénoncé « une machination » : « J’ai enfin compris des choses, compris comment on avait retrouvé de l’EPO dans mon corps. Les faits sont là. Cette personne a profité d’un instant de faiblesse psychologique et physique. Il y aurait préméditation, volonté de nuire à ma carrière sportive et exercice illégal de la médecine (sic)».

Les déclarations d’Alain Flacus suscitent toutefois des interrogations chez les enquêteurs. L’intéressé a en effet changé plusieurs fois de version durant sa garde à vue. Ces nouvelles révélations n’éteignent d’ailleurs pas la procédure ouverte par l’AFLD, qui dit continuer « de mener l’enquête préalable à la saisine de la commission des sanctions ». « La sportive pourra apporter toute explication et tout élément matériel de preuve dans le cadre de sa défense », a expliqué l’instance dans une déclaration à l’Agence France-Presse.

Qui croira-t-on ?

A demain @jynau

Confirmation : le couple avait bien mis fin a ses jours dans sa véranda, à Châtillon-en-Bazois

Bonjour

Ici et là, au fil des dépêches, l’émotion née des tragédies du quotidien. Et, corollaire, la trame de possibles traductions romanesques. 27 novembre 2019. On apprend la vérité officielle sur un  couple d’une soixantaine d’années, retrouvé mort dans leur véranda le 9 mai dernier à Châtillon-en-Bazois (Nièvre). «Ils souhaitaient mettre ensemble fin à leurs jours.» L’information a été donnée à l’AFP par le parquet de Nevers.

Le mari pratiquait le tir sportif et détenait à ce titre une autorisation de détention d’arme à feu. La piste « homicide suivi d’un suicide » avait évidemment été évoquée dès le début de l’enquête. Puis l’hypothèse criminelle avait rapidement été écartée par les enquêteurs au profit de la piste d’un « acte convenu au sein du couple ». «Les résultats des autopsies et des analyses médico-légales, croisés avec les constatations criminalistiques et balistiques, confirment l’hypothèse selon laquelle le couple souhaitait mettre fin à ses jours ensemble», a indiqué la procureure de la République de Nevers, Alexa Carpentier.

Conclusions officielles : l’homme a tiré sur sa femme, qui était assise face à lui, «à bout touchant au milieu du front» avant de se tirer «une balle dans la tête avec la même arme, en se positionnant aux côtés de son épouse. Cette dernière n’avait aucune lésion de défense et est restée statique, sans réaction, ce qui permet aux enquêteurs de déduire qu’elle avait la volonté de mourir.

Dépression

Le dossier a été classé sans suite, au motif d’«extinction de l’action publique». « Il n’y avait aucun antécédent judiciaire ou signalement évoquant des violences au sein de ce couple, souligne le parquet. Les investigations ont par ailleurs établi que madame était dépressive et avait des problèmes de santé depuis de nombreuses années».

Tragédies et souffrances du quotidien. Habitant à Saint-Denis-en-Val (Loiret) un père de 32 ans et une mère de 29 ans ont été mis en examen mercredi 27 novembre à Orléans pour violences sur mineurs de 15 ans par ascendant. Information rapportée France Bleu Orléans. Ils sont plus que soupçonnés de maltraitance sur leurs trois jeunes enfants. Un médecin a constaté des hématomes sur le visage et près des yeux pour les deux garçons du couple, âgés de trois et six ans, et trois fractures crâniennes pour la petite fille âgée de seulement 18 mois.

Le parquet d’Orléans a aussitôt demandé le placement en détention provisoire des parents. C’est le juge des libertés et de la détention qui décidera. Les trois enfants ont quant à eux été placés en famille d’accueil.

A demain @jynau