Autisme : voici comment on peut, en 3145 signes, résumer tout ce que chacun devrait savoir

Bonjour

Bloguer c’est, aussi, forwarder. Ici (au risque d’irriter) les « dix messages clés » signés dans la Revue du Praticien (septembre 2019) par le Pr Catherine Barthélémy (Faculté de Médecine, Université de Tours –  catherine.barthelemy @univ-tours.fr), l’une des meilleures spécialistes françaises du syndrome autistique. Nous avons souligné.

« 1 L’autisme n’est pas un syndrome rare. Une personne sur 100 est atteinte, ce qui signifie 700 000 personnes en France, 7500 nouveau-nés par an.

2 L’autisme est un trouble du neurodéveloppement qui apparaît dans les premiers semestres de vie et qui n’est pas dû à une mauvaise relation mère-bébé mais à des anomalies structurelles et fonctionnelles, probablement anténatales, du cerveau dit «social».

3 Connaît-on la cause de l’autisme ? Les idées reçues restent vivaces, mettant en cause les vaccinations, le gluten, les métaux lourds… Ces relations causales n’ont jamais été validées par la science.

4 L’autisme ne concerne pas seulement l’enfant avant 3 ans, il évolue toute la vie. Beaucoup d’adolescents, d’adultes atteints de ces troubles n’ont pas encore reçu de diagnostic et de prise en charge adaptée. Le diagnostic « vie entière » est une priorité de santé publique dans notre pays.

5 Les formes cliniques de l’autisme sont nombreuses : on parle d’un spectre de l’autisme allant de formes légères avec parfois des talents exceptionnels jusqu’à des formes sévères, associées à des déficiences multiples et à des maladies comme l’épilepsie (dans 30% des cas chez l’adulte), qu’il faut traiter.

6 L’autisme n’atteint pas seulement les garçons: le tableau clinique chez les filles peut être trompeur car ces dernières ont des stratégies pour paraître socialement « conformes » et s’adapter à ce qu’on attend d’elles. On comptait classiquement 4 garçons pour 1 fille. Ce sex-ratio est actuellement remis en question.

7 L’intervention précoce est un facteur majeur d’évolution positive : la plasticité des réseaux nerveux du « cerveau social » est à son maximum dans les premières années de vie. Cela représente un capital de récupération et d’adaptation si la prise en charge pluridisciplinaire adaptée est très précoce, avant 3 ans.

8 Quelles interventions chez l’enfant ? Les interventions recommandées en France (ABA, TED, Denver, PECS, TEACCH) visent le développement de compétences sociales, de langage et pour certaines des apprentissages précis, centrés sur l’autonomie et l’adaptation à la vie en collectivité. Différents programmes complémentaires impliquent des professionnels (orthophonistes, psychomotriciens, ergothérapeutes, psychologues) toujours en lien étroit avec la famille et le médecin traitant.

9 Il n’y a pas de traitement pharmacologique curatif de l’autisme : la prescription de psychotropes, neuroleptiques en particulier, à visée comportementale, doit être rigoureusement justifiée (troubles du comportement sévères et résistants) et encadrée selon la réglementation de la Haute Autorité de santé. En cas de comorbidité, comme les troubles du sommeil ou de l’attention, la mélatonine ou le méthylphénidate peuvent être prescrits.

10 Le médecin traitant ou le pédiatre sont en première ligne : pour repérer, pour « accompagner » l’annonce du diagnostic, pour orienter vers une «plateforme » de diagnostic de proximité qui définira les projets d’interventions spécifiques, pour assurer le suivi somatique. Le médecin qui repère, diagnostique et prescrit est un acteur majeur du système de soins et d’accompagnement. »

A demain @jynau

Migraine : sans le bon géant Novartis, pourrait-on en parler dans les hôpitaux français ?

Bonjour

Le temps ne passe pas. Réception d’un message adressé par le service de presse du géant pharmaceutique suisse Novartis :

« Dans le cadre du mois’’consacré à la Migraine’’, le Centre Hospitalier Universitaire de Montpellier, en partenariat avec Novartis, organise une  Journée de sensibilisation dédiée à la migraine le jeudi 19 septembre 2019 au Centre Hospitalier Universitaire de Montpellier

« A cette occasion, le Professeur Anne Ducros, Chef du service Neurologie et présidente de la SFEMC (Société Française d’Étude des Migraines et Céphalées) animera la conférence ‘’Migraine : mieux la connaître pour la combattre’’ ».

Enjeux médicaux et sociétaux

Sans doute ne combat-on bien que ce que l’on connaît. Aussi le géant suisse mettra-t-il à disposition des visiteurs, un stand d’information sur la migraine dans le hall du CHU. Les « patients migraineux » mais aussi le « grand public » pourront-ils ainsi « se documenter » sur cette pathologie. Pour résumer l’affaire :

« Le Centre Hospitalier Universitaire de Montpellier et Novartis s’engagent à accompagner les patients migraineux dans la prise en charge et l’accompagnement médical de leur pathologie et à sensibiliser le plus grand nombre en réalisant ensemble cette journée de sensibilisation dédiée à la migraine. »

D’autres établissements hospitaliers français sont concernés. Ainsi la même opération, le même jour, sera organisée grâce à Novartis avec le Centre d’Évaluation et de Traitement de la Douleur du Centre Hospitalier de Valenciennes. A cette occasion, plusieurs stands d’information, de prévention et de dépistage seront tenus par des professionnels de santé et des experts au sein de cet établissement hospitalier – et ce « afin d’aborder les enjeux médicaux et sociétaux de cette maladie comme, notamment, la migraine au travail ou le risque d’abus médicamenteux ».

Ne pas abuser, voilà la clef.

A demain @jynau

Vraie fausse nouvelle et maladie d’Alzheimer : mais pourquoi certains médias font-ils ça ?

Bonjour

Lire le journal ?. Il aura donc suffit, début août 2019, d’un article du Guardian (Kevin Rawlinson), pour relancer, en France, le moteur médiatique alternatif rêves/cauchemars. Un papier assurant que des chercheurs avaient mis au point un « test sanguin » permettant de détecter Alzheimer « 20 ans » avant les premiers symptômes, a été repris par plusieurs médias français.

« Avec toutes les confusions et imprécisions de l’original » accuse Arrêt sur Images (Juliette Gramaglia) . « Un pas de géant », « une avancée majeure », « une petite révolution »… Depuis quelques jours, plusieurs médias généralistes sont à la fête. La raison : on aurait trouvé « un test sanguin pour détecter la maladie [d’Alzheimer] 20 ans avant qu’elle ne se déclare » (20 Minutes) BFMTV, LCI, France Bleu, Franceinfo, Midi Libre, La Provence, La Nouvelle République plusieurs sites d’information ont ainsi relayé, avec des formulations semblables ».

Tout, ici, remonte ici à une publication dans Neurology, « High-precision plasma β-amyloid 42/40 predicts current and future brain amyloidosis ».Un travail américain ;158 personnes en bonne santé volontaires ; la recherche sanguine de deux types de protéines bêta amyloïdes ; un PET-Scan pour de visualiser les dépôts pathologiques cérébraux ; Un autre PET-Scan quelques mois plus tard ; des corrélations ultérieures entre les résultats sanguins et l’évolution des images.

Boules de cristaux

Le Figaro (Cécile Thibert) a voulu en savoir plus – et a interrogé le Pr Bruno Dubois directeur de l’Institut de la mémoire et de la maladie d’Alzheimer de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière (AP-HP). «C’est un travail de qualité, ils montrent que la présence de protéines bêta amyloïdes dans le sang est corrélée à la présence de plaques amyloïdes, dit-il. Mais le fait d’avoir des plaques ne veut absolument pas dire que l’on va développer la maladie. Certaines personnes en ont et ne seront jamais malades. En revanche, tous les malades d’Alzheimer ont des plaques. C’est une condition nécessaire mais pas suffisante».

Nous sommes en 2019 etil n’existe aucun moyen de prédire la maladie d’Alzheimer. « Et quand bien même cette boule de cristal existerait, elle ne serait pas d’une grande aide: il n’existe aucun traitement permettant de ralentir ou de guérir la maladie » assène Le Figaro. «En clinique, chez les personnes qui n’ont aucun symptôme, nous ne faisons pas de dépistage. Même si nous détections des lésions, que pourrait-on faire à part leur dire ’’je n’ai rien à vous proposer’’?», confirme le neurologue parisien.

Ce qui ne signifie pas qu’il faut baisser les bras : il est possible de limiter le risque de développer la maladie en agissant sur les principaux leviers: faire de l’exercice, éviter le tabac et l’alcool, surveiller l’état de ses artères (cholestérol, glycémie, tension artérielle, poids) et avoir une alimentation équilibrée

Sans oublier de stimuler sans cesse son cerveau. Notamment en lisant les journaux.

A demain @jynau