Perversité ou pas, le pédophile tourangeau restera emprisonné loin des Philippines

Bonjour

Loin du Flore et de la littérature, c’est une scène de la justice ordinaire. Mandé depuis la chambre de l’instruction de la cour d’appel d’Orléans le papier est publié dans La Nouvelle République du Centre Ouest (Vincent Baranger). « Il avait filmé ses « ébats » avec une philippine de 9 ans » Pied de page 4, édition d’Indre-et-Loire.

L’affaire trouve ses racines antipodiques dans une cyber-enquête de la police australienne qui, en 2017 avait permis de remonter à deux hôtels ayant servi de lieu de tournage à des scènes de viol sur mineur. Sur une vidéo filmée avec un portable, les enquêteurs sont parvenus à identifier « un quadragénaire tourangeau ayant des relations sexuelles avec une fillette des Philippines, âgée de 9 ans ».

« Aujourd’hui âgé de 48 ans, l’homme soutient avoir accepté cette proposition d’exploitation sexuelle d’une mineure… par un souteneur, qui serait l’oncle de la victime, moyennant de l’argent ‘’pour subvenir aux besoins de la famille’’, rapporte le quotidien régional. Il ne conteste pas les faits mais les relativise :‘’J’étais attaché à cette jeune fille.’’ » On peut voir là un grand classique du déni.

Jusqu’ici jamais condamné, l’homme a subi deux expertises psychiatriques. On apprend que la première le présente comme « un déviant, un pervers », qui exploite sexuellement des mineurs vulnérables car défavorisés.  Quant à la seconde, plus nuancée, elle observe  « des tendances pédophiles mais pas de dangerosité psychiatrique ». Là encore, un grand classique pour qui s’intéresse à la définition de la perversité 1 et aux divergences idéologiques des experts de la psychiatrie médico-légale.

Pour la défense :  Me Louise Thome, assure que son client « a un sentiment de honte » et souligne que « l’incarcération actuelle n’est pas le seul moyen de réinsérer son client ». Et d’insister sur la nécessité de « soins plus poussés » en contrôle judiciaire. Il faut aussi tenir compte de son projet de sortie :un hébergement à La Riche (Indre-et-Loire), chez sa nouvelle compagne ; une promesse d’embauche. Ajoutons une caution de 30.000 € est proposée pour appuyer ses garanties de représentation et la remise de son passeport. 

Pour la partie civile : Me Emmanuelle Descot, conseil de la partie civile administrateur ad hoc « France Victimes 37 » craint une reprise de contact du suspect avec Internet « qu’il maîtrise ».

Pour l’avocat général : Alexandra Pethieu, s’oppose à la libération. Il entend prévenir « un renouvellement de l’infraction ». Il évoque une déviance pédophile « ancienne » (admise par le Tourangeau et par les deux experts psychiatriques) « déviance » qui s’est accentuée au fil du temps. Quant à la caution proposée, la magistrate aimerait détenir des garanties sur la situation financière. De plus, dans cette belle région de « tourisme sexuel » des Philippines, la dimension internationale de trouble à l’ordre public subsiste : « L’inconcevable a été réalisé ! » Elle requiert une confirmation de l’ordonnance de refus de liberté.

Le détenu : il clame sa volonté de rester en France et de ne pas récidiver, indiquant qu’« aux Philippines, c’est un contexte de prostitution ».

Loin des Philippines, du Flore, des médias nationaux et de toute forme de littérature la cour d’appel d’Orléans a rejeté la demande de mise en liberté.

A demain @jynau

1 Perversité(psychopathologie) : « Anormalité de la conduite générale et spécialement des comportements à l’égard d’autrui et de la Société conduisant à des actes asociaux et inhumains accomplis avec indifférence affective à l’égard de la souffrance d’autrui, absence complète de culpabilité et satisfaction personnelle » (Mucch. Psychol. 1969). « Il n’y a perversité véritable que dans une indifférence morale rebelle prolongée: il ne faut donc pas confondre avec les pervers, les impulsifs ou les nonchalants moraux » (Mounier, Traité caract.,1946, p.728).

− P. méton., rare. Action, pratique immorale ou contre nature d’une telle personne. « L’une des perversités (…) en usage au commencement de ce siècle, était le luxe des rats. Un rat, mot déjà vieilli, s’appliquait à un enfant de dix à onze ans, comparse à quelque théâtre, (…) que les débauchés formaient pour le vice et l’infamie » (Balzac, Splend. et mis., 1844, p.18).

Alerter pour sauver les «bébés secoués» : l’affaire alimente une polémique sans précédent

Bonjour

On n’attaque pas sans risque la Haute Autorité de Santé (HAS). Il y a deux ans cette institution réactualisait ses recommandations pour lutter au mieux contre le syndrome du « bébé secoué » 1 : « Diagnostiquer les cas de bébé secoué et poursuivre la mobilisation contre les maltraitances infantiles ».

« Responsable de lésions cérébrales graves, parfois fatales, le syndrome du bébé secoué (SBS) survient lorsqu’un adulte secoue un bébé par exaspération ou épuisement face à des pleurs qu’il ne supporte plus. En raison de son démarrage précoce et de son caractère répétitif, le SBS constitue une des maltraitances infantiles les plus graves. Chaque année, plusieurs centaines d’enfants en sont victimes en France. Il touche en majorité des nourrissons, garçons, de moins de 1 an et le plus souvent de moins de 6 mois. Ne pas diagnostiquer cette maltraitance expose à un risque majeur de récidive et à des séquelles sévères à vie ou au décès. »

Ce syndrome est la principale cause de mortalité et de morbidité au cours de la maltraitance du jeune enfant. En l’absence d’observatoire national, l’incidence en France est estimée « à plusieurs centaines de cas » – et entre 14 et 56 cas pour 100 000 enfants de moins de douze mois/an selon les études étrangères.

Puis on apprenait, il y a quelques jours, qu’un avocat, Me Grégoire Etrillard, et une association de familles, Adikia (« Nos bébé sont malades, nous risquons la prison ») , avaient écrit à la Haute Autorité de santé (HAS) pour demander l’abrogation des recommandations relatives à ce « traumatisme cranio-cérébral non accidentel ». « Il est urgent que ces recommandations, beaucoup trop affirmatives, et sur certains points fausses, soient abrogées », résumait Me Etrillard, lors d’un point presse tenu le 2 décembre à Paris – propos rapportés par Le Monde (Sandrine Cabut). Dans son argumentaire de vingt-cinq pages, l’avocat, qui défend une cinquantaine de familles « faussement accusées », arguait que « les excessives certitudes exprimées par ces recommandations ont envahi la sphère judiciaire au point d’en être régulièrement le fondement unique ». Or, poursuivait-il, les conséquences sont dramatiques puisque cela aboutit, « à cause d’un diagnostic présenté comme “certain” et que nul ne peut remettre en cause, au placement d’enfants, à la séparation d’avec la famille et à la condamnation d’innocents à de lourdes peines ».

Emeline Hautcœur, vice-présidente de l’association Adikia, qui représente trois cents familles : « Ce sont des vies brisées, des couples qui se séparent, des personnes qui ont tenté de mettre fin à leurs jours. C’est un enfer, on apprend à vivre avec, mais on ne s’en remet pas ».

« Un diagnostic de secouement qui serait devenu trop systématique »

Le Monde rappellait aussi que le SBS (sujet très sensible en raison de sa gravité potentielle, et du contexte de protection de l’enfance) est au cœur d’une controverse scientifique qui dépasse largement la France. « Au Royaume-Uni, aux Etats-Unis, au Canada, ou encore en Suède, des médecins et des publications remettent en question la façon dont est porté le diagnostic de secouement, qui serait devenu trop systématique, sans tenir compte d’autres cause possibles des lésions observées.

Dans son courrier envoyé à la présidente de la HAS, Me Etrillard soulignait que les recommandations sur le SBS sortent de la compétence de cette autorité. « Présentées comme étant adressées aux praticiens dans le cadre de leur démarche de soins, elles sont en réalité une injonction de signalement et un manuel d’expertise à destination du monde judiciaire », écrit-il. L’avocat estime aussi que les recommandations « se montrent affirmatives sur de nombreux sujets non démontrés ou controversés, ne présentant ainsi pas les gages d’impartialité attendus d’une telle publication sur le plan scientifique ». Il souligne au passage qu’elles ont été éditées « par un groupe de travail dont ni la présidente ni les chargés de projet ne sont spécialistes en neurologie pédiatrique ».

Le Monde citait encore le Dr Jean-Claude Mselati, pédiatre, réanimateur, et expert agréé par la Cour de cassation. « Ces recommandations de la HAS s’appuient sur une large bibliographie, mais celle-ci est assez malhonnête, car elle occulte quasiment toute la littérature scientifique qui ne va pas dans le sens des rédacteurs, accusait-il.  Aujourd’hui, tout nourrisson avec un peu de sang autour du cerveau est considéré comme secoué par la dernière personne qui était avec lui quand les symptômes sont apparus. Il n’y a plus aucune réflexion ni nuance ».

Contester les recommandations c’est se tromper de sujet

Sollicitée par Le Monde, la HAS expliquait qu’elle allait se donner le temps d’étudier le document. Elle avait deux mois pour réagir à la demande d’abrogation. A défaut, Me Etrillard et l’association Adikia prévoyaient de porter le dossier devant le Conseil d’Etat.

Quinze jours auront suffit. Aujourd’hui la HAS publie une « mise au point » dont le ton en dit long sur l’irritation qui est la sienne : « La HAS réaffirme l’importance de sa recommandation sur le diagnostic de syndrome du bébé secoué. MISE AU POINT – Mis en ligne le 19 déc. 2019 ». Extraits (nous soulignons) :

« Interpellée sur sa recommandation sur le diagnostic du syndrome du bébé secoué, la HAS réaffirme, avec l’ensemble des organisations professionnelles et associations de patients qui ont été mobilisées pour les élaborer 2, l’importance de ses travaux et le rôle essentiel des professionnels de santé dans le repérage, le diagnostic et la prévention de ces maltraitances à enfant. Elles refusent de laisser sans réaction la mise en cause de la compétence et de la probité scientifique de leurs experts. (…)

« Aujourd’hui, avec l’ensemble des sociétés savantes et associations qui ont mené ce travail sur le syndrome du bébé secoué, la HAS tient à souligner la qualité de cette recommandation alors qu’elle fait l’objet de contestations de la compétence voire d’une remise en cause inacceptable de la probité scientifique des membres du groupe du travail. »

 Pour la HAS, tout bien pesé les choses sont assez simples : contester les recommandations c’est se tromper de sujet. On ne s’attaque pas impunément à la Haute Autorité de Santé.

A demain @jynau

1 Sur ce thème : Nau J.-Y. Au cœur des cerveaux des « bébés secoués » Rev Med Suisse 2019; volume 15. 1198-1199

2 Cette « mise au point » est signée des instititions et responsables suivants : Haute Autorité de Santé – Pr Dominique Le Guludec ; Société française de neurologie pédiatrique – Pr Stéphane Auvin ; Société française de neurochirurgie – Pr Emmanuel Gay ; Conseil national professionnel de neurochirurgie – Dr Thierry Faillot ; Conseil national professionnel de pédiatrie – Pr Brigitte Chabrol ; Société française de pédiatrie – Pr Christophe Delacourt ; Société francophone d’imagerie pédiatrique et prénatale – Dr Hervé Brisse ; Société française de radiologie – Pr Jean-François Meder ; Société française de médecine légale – Pr Valéry Hédouin ; Société française de médecine physique et de réadaptation – Pr Isabelle Laffont ; Conseil national professionnel de médecine d’urgence – Pr Dominique Pateron ; Conseil national professionnel de radiologie – Pr Louis Boyer ; Conseil national professionnel d’anesthésie-réanimation – Dr Laurent Heyer ; Conseil national professionnel de médecine légale et d’expertise médicale – Pr Sophie Gromb ; Collège infirmier français – Marie-Claude Gasté ; Conseil national professionnel d’ophtalmologie (Académie française de l’ophtalmologie) – Pr Béatrice Cochener ; Syndicat national des médecins de PMI – Dr Pierre Suesser ; Collège national des sages-femmes – Adrien Gantois ; Collège national pour la qualité des soins en psychiatrie (CNPP-CNQSP) – Dr Maurice Bensoussan ; Collège de la médecine générale – Pr Paul Frappé ; France traumatisme crânien – Dr Emmanuel Chevrillon ; Société française de pédiatrie médico-légale – Dr Martine Balençon ; Société Française de Neurochirurgie Pédiatrique – Pr Didier Scavarda.

Vaccination anti-HPV: pourquoi Agnès Buzyn ne l’impose-t-elle pas aux filles et aux garçons ?

Bonjour

Communiqué d’Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé : « La ministre des Solidarités et de la santé Agnès Buzyn se félicite de la recommandation de la Haute autorité de santé (HAS) publiée ce jour visant à étendre aux jeunes garçons la vaccination contre les papillomavirus humains et souhaite que cette recommandation soit intégrée dans le calendrier des vaccinations 2020 pour une mise en œuvre d’ici l’été ».

Ainsi donc la ministre « se félicite » et la ministre « souhaite ». Pourquoi ne pas dire qu’elle « décide » ? Rappel ministériel :

« Associée au dépistage du cancer du col de l’utérus, la vaccination contre les papillomavirus humains, appelée couramment vaccination contre les HPV (sic) constitue la meilleure stratégie de lutte contre ce cancer qui provoque en France près de 1000 décès par an chez les femmes. La vaccination contre les HPV est actuellement recommandée pour les jeunes filles âgées de 11 à 14 ans, avec un rattrapage jusqu’à 19 ans, et pour les hommes âgés de moins de 26 ans ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH).

« Les stratégies vaccinales évoluent au cours du temps et de nombreux pays ont étendu cette vaccination à tous les garçons. Les garçons sont en effet également infectés par ces virus HPV et les transmettent à leurs partenaires. Près de 25 % des cancers provoqués par les HPV surviennent chez les hommes. C’est pourquoi la ministre des Solidarités et de la Santé avait saisi la Haute Autorité de Santé (HAS) de ce sujet. »

On savait déjà qu’après analyse des données de littérature et consultation publique menée jusqu’au 27 novembre, la HAS souhaitait étendre cette vaccination aux jeunes garçons entre 11 et 14 ans – avec un rattrapage jusqu’à 19 ans.

On sait aussi qu’en dépit des recommandations officielles la situation actuelle est un échec considérable : une couverture vaccinale des jeunes filles inférieure à 20% (à rapprocher de l’objectif de 60 % du plan cancer 2014-2019). « La vaccination étendue à tous les jeunes garçons est une décision scientifique et éthique qui permettra, quelle que soit leur orientation sexuelle, de bénéficier d’une protection individuelle, mais aussi comme pour la vaccination des jeunes filles, d’améliorer la protection de leurs partenaires » explique aujourd’hui Agnès Buzyn.

Reste que les mêmes causes produiront les mêmes effets. Où l’on en vient à se demander pourquoi la ministre, soucieuse de science et d’éthique (sans parler de réduction des risques…) ne décide pas d’imposer cette vaccination à l’ensemble de la jeune population française. S’en expliquera-t-elle ?

A demain @jynau

Vaccinations et journalisme : Michel Cymes ou la méchante tentation de la censure médiatique

Bonjour

Où l’on découvre, une fois encore, que la tentation du mieux est l’ennemi mortel du bien. Et que le diable n’est pas toujours où l’on croit. Ainsi, aujourd’hui, l’ex-animateur du magazine de la santé, de France 5. Omniprésent dans les médias, il leur demande de ne plus donner la parole aux « anti-vaccins ». Michel Cymes, le 18 septembre sur le plateau de C à vous, l’émission de … France 5 :

« Arrêtez de donner la parole aux anti-vaccins et tout rentrera dans l’ordre », a déclaré le médecin (ORL de formation). C’est selon lui d’autant plus important que la suspicion à l’égard de la vaccination est plus importante en France que dans le reste de l’Europe. « 20 % de la population européenne, en moyenne, a des doutes sur l’innocuité des vaccins. On est à 40 % en France ! », a-t-il rappelé devant les caméras de France 5 ajoutant que, « on est dans une situation dramatique parce qu’on laisse parler tous ces gens là ».

Cette sortie médiatique a, dit-on, été très diversement appréciée sur le Web, certains internautes accusant cet animateur-médecin de vouloir restreindre la liberté d’expression. Et Michel Cymes de se justifier : « Ce sont des gens dangereux, et vous venez de montrer la dangerosité de ces gens qui font circuler des fake news, des rumeurs pour des réalités scientifiques. » 

L’ORL répondait ici à une question sur l’insuffisance de la couverture vaccinale contre certains papillomavirus humains. Cette vaccination est aujourd’hui recommandée pour toutes les filles entre 11 et 14 ans (avec rattrapage éventuel entre 15 et 19 ans), ainsi que pour les hommes de moins de 26 ans ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes. Or le taux de la couverture vaccinale complète des jeunes filles de 16 ans dépasse à peine les 20%. Il s’agit d’un des plus faibles taux de tous les pays qui ont recommandé cette vaccination.

Censurer pour faire taire ? L’histoire, sans parler de démocratie ni même de Voltaire 1, démontre à quel point cette solution est sans issue. Souvent pire que le mal que l’on veut combattre. Mieux vaut, ici, quitter Cymes et France 5 pour gagner Libération et  Jeremy Ward, chercheur postdoctoral en sociologie au Groupe d’étude des méthodes de l’analyse sociologique de la Sorbonne (Gemass) : « Hésitation vaccinale : la France championne du monde ? ». Voici un large extrait de cette tribune :

« (… Dans l’espace public, la diffusion récente de ces méfiances [vis-à-vis de certains vaccins] est le plus souvent expliquée par le développement d’Internet et par la montée de la défiance envers les institutions, voire envers la science. Il est vrai qu’Internet facilite l’accès aux arguments critiques des vaccins et que, depuis vingt ans, les autorités sanitaires ont été au cœur d’une série de scandales publics qui ont durablement entaché leur réputation. Cependant, se focaliser sur ces deux éléments occulte trois phénomènes cruciaux, comme nous le rappelons avec mes quatre coauteurs dans une récente publication 2.

L’augmentation de la part de la population ayant des réserves quant au vaccin a surtout eu lieu depuis la controverse sur la campagne de vaccination contre la grippe A en 2009 (même si une controverse émerge à la fin des années 90 autour du vaccin contre l’hépatite B). Puis suivit une succession de débats en continu portant sur le vaccin contre les papillomavirus, le recours aux vaccins multivalents, et l’usage d’aluminium dans la composition du vaccin.

On tend à penser que la défiance à l’égard des vaccins est le produit d’un manque de compréhension scientifique de la vaccination et que, par conséquent, les médecins, principales sources d’information et de conseil sur ces questions, devraient être immunisés contre ces doutes. Ce n’est pourtant pas le cas. Les résultats d’une étude réalisée en 2014 par mes collègues de Marseille montrent que près de 14 % des médecins généralistes avaient des doutes sur l’utilité ou la sécurité de certains vaccins et que près de 20 % d’entre eux pensaient que l’on vaccine contre trop de maladies. Cela traduit notamment la détérioration des relations entre médecins et autorités sanitaires dans un contexte de multiplication des scandales, de crise de financement de l’hôpital public et de négociations tendues autour de l’assurance maladie.

« On parle beaucoup des «antivaccins» : ces militants, qui n’ont jamais accepté le principe scientifique de la vaccination, préfèrent les médecines alternatives et nient la légitimité de l’Etat (corrompu) à s’introduire dans le corps de leurs enfants. Seulement, les mouvements antivaccins ont historiquement été très peu puissants en France, notamment en comparaison aux Etats-Unis ou à la Grande-Bretagne. Cela s’est notamment traduit par l’absence des controverses sur la sécurité des vaccins avant le milieu des années 90 alors que l’Angleterre a connu des débats sur la vaccination contre la coqueluche à la fin des années 70 et les Etats-Unis sur le vaccin diphtérie-tétanos-coqueluche au début des années 80.

Travailler, restaurer la confiance

« Or, les groupes au cœur de ces controverses récentes ont choisi de se distancier des antivaccins traditionnels. Ces nouveaux acteurs restreignent leur critique à un nombre limité de vaccins ou de substances qu’ils contiennent (par exemple celui contre les papillomavirus ou l’usage d’aluminium) tout en affirmant publiquement leur attachement au principe de la vaccination. Ces patients, médecins, militants, sont plus proches de mouvements sociaux mainstream (droits des patients, santé environnementale…) que des mouvements radicaux associés à l’antivaccinalisme (médecines alternatives, complotisme…). Ce positionnement moins radical explique en partie la succession des controverses évoquée plus tôt. Il permet à ces acteurs d’apparaître plus crédibles auprès du public, des journalistes et des médecins. Ce changement dans le paysage de la critique vaccinale se retrouve au niveau du public : les suspicions sont concentrées sur ces vaccins controversés et une toute petite minorité rejette toute forme de vaccination.

« Face à cette situation et à l’efficacité limitée des outils de communication à leur disposition, les autorités françaises ont opté pour la coercition. Depuis le 1er janvier 2018, les enfants doivent être à jour des 11 vaccins recommandés s’ils veulent être gardés en collectivité. La France est loin d’être seule à faire ce choix. Depuis cinq ans, de nombreux gouvernements ont renforcé leurs obligations et sanctions pour non-vaccination (Italie, Australie, Californie…) ou envisagent cette possibilité (Allemagne, Pologne…). Il est vrai que les obligations ont souvent eu pour effet d’augmenter les taux de vaccination. Cependant, leur mise en place a parfois eu pour résultat de générer de larges mouvements de résistance ainsi qu’une méfiance dans une large portion du public, comme en Angleterre au XIXe siècle ou en ce moment en Allemagne.

« Après un an, les premières conséquences de cette nouvelle loi semblent être positives. Les taux de vaccination ont augmenté et la part de Français se méfiant des vaccins semble avoir diminué. Mais près d’un tiers des parents se déclarent toujours opposés à ces obligations et plus de 20 % sont encore «hésitants». Face à ces résultats encourageants, le risque principal est donc de devenir complaisant et de laisser l’obligation faire tout le travail. Il faut continuer à travailler à restaurer la confiance dans les vaccins. Surtout, la défiance vis-à-vis de ces derniers reflète des problèmes plus larges dans le système de santé public français, comme la rupture entre certains médecins et les autorités sanitaires. Restaurer la confiance dans les vaccins ne peut que passer par un travail sur le système de santé dans son ensemble. »

Censurer ? Nullement. S’expliquer ? Souvent. Abdiquer ? Jamais.

A demain @jynau

1 « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire. » Il s’agit ici d’une phrase non sourcée, sans doute jamais écrite mais peut-être dite, reflète parfaitement l’homme, sa pensée, sa vie et même son style. D’où la fortune historique et somme toute méritée de cette citation apocryphe.

2 «Vaccine Hesitancy and Coercion : All Eyes on France», Jeremy K. Ward, Patrick Peretti-Watel, Aurélie Bocquier, Valérie Seror and Pierre Verger, Nature Immunology, 2 septembre 2019.

Mais qui a décidé de faire une telle publicité pour inciter le citoyen à se faire vacciner ?  

Bonjour

Couvercle sur les vertus du colloque singulier. Et place à la publicité financée par nos deniers ! Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, vient de donner le coup d’envoi national de la 14ème  Semaine Européenne de la Vaccination (SEV) – du 24 au 30 avril. C’est là une vaste opération onusienne centralisée. Elle vise à rappeler à la population l’importance de se faire vacciner – et de mettre à jour ses vaccinations. Message officiel :

« Dans la continuité des actions en faveur des vaccinations, le ministère des Solidarités de la Santé et Santé publique France lancent pour la première fois en France une grande campagne de promotion de la vaccination. Sur un ton positif et mobilisateur, le thème ‘’La meilleure protection c’est la vaccination’’ rappelle qu’il s’agit du moyen de prévention le plus efficace et le plus sûr contre de nombreuses maladies infectieuses potentiellement graves telles que les méningites, la rougeole, la coqueluche ou encore le tétanos.

«La campagne a pour objectif de réaffirmer les bénéfices de la vaccination en vue de renforcer la confiance. Elle s’adresse à toute la population, en particulier aux parents de jeunes enfants. Elle sera diffusée à la télévision du 21 avril au 11 mai et visible sur le web, les réseaux sociaux et dans la presse. »

 Où l’on comprend que seule une telle publicité, « positive et mobilisatrice », permet de « renforcer la confiance » dans les vertus collectives de l’immunisation. Et cette publicité serait, nous dit-on « une première en France ». Qui l’a commandée , imaginée, élaborée ? Combien a-t-elle coûté ? Le citoyen l’ignore. Quel impact aura-t-elle sur ceux et celles qui, assez nombreux dans la population générale, doutent de l’efficacité et de l’innocuité vaccinales ? Une réflexion est-elle en cours sur ce thème ? Nul, dans la population, ne sait.

« Adhésions aux perceptions positives »

 Faute de disposer de ces données le citoyen méditera celles que vient de lui révéler l’exécutif sanitaire : « les premiers résultats encourageants de la mise en œuvre des 11 vaccinations obligatoires du petit enfant ». Pitch officiel : « La couverture vaccinale des nouveau-nés progresse, de même que les perceptions positives de leurs parents sur la vaccination »:

« Santé publique France a comparé les couvertures vaccinales à 7 mois des nourrissons nés entre janvier et mai 2018, avec celles des nourrissons nés entre janvier et mai 2017, pour les vaccinations contre la coqueluche, l’haemophilus influenzae de type b, l’hépatite B, le pneumocoque et le méningocoque C. La couverture vaccinale contre ces maladies infectieuses a connu une nette amélioration avec : +36,4 points de couverture vaccinale de la 1ère dose du vaccin contre le méningocoque C ; +5,5 points pour l’utilisation du vaccin hexavalent (diphtérie, tétanos, poliomyélite, coqueluche, hépatite B et infections à haemophilus influenzae de type b);  +1,4 point de couverture vaccinale de la 1ère dose du vaccin contre le pneumocoque. »

Mieux encore : les couvertures vaccinales « s’améliorent également chez les enfants non soumis à l’obligation » : celle de la première dose du vaccin contre la rougeole, les oreillons et la rubéole (ROR) chez les enfants ayant eu 12 mois en 2018 est de 87,2% (elle était de 85,0% chez ceux ayant eu 12 mois en 2017) ; de la première dose du vaccin HPV (recommandé) chez les jeunes filles de 15 ans nées en 2003 est de 29,1%, alors qu’elle était de 26,2% chez les jeunes filles nées l’année précédente).

 Et désormais « les parents reconnaissent l’importance des vaccinations ». Trois quarts d’entre eux « adhèrent à l’idée » que les nouvelles obligations vaccinales vont permettre de réduire les épidémies (77%). L’obligation vaccinale est majoritairement bien acceptée par les parents d’enfants nés en 2017 et en 2018, puisque deux tiers d’entre eux (67%) déclarent y être favorables.

Qu’en est-il du tiers restant de ces parents ? Seront-ils convaincus par la prochaine « publicité télévision- web-réseaux sociaux-presse » ? Faut-il redouter l’inverse ? Pourquoi ne pas s’en tenir aux vertus collectives du colloque singulier ?

 A demain

@jynau

Autisme : Emmanuel Macron présentera-t-il ses excuses à l’ensemble des psychiatres français ? 

Bonjour

Elle voulait, d’un mouvement du menton,  « changer la donne », elle est parvenue à liguer contre elle tous les pédopsychiatres et psychiatres du service public. Sophie Cluzel, 58 ans, est depuis près de deux ans, secrétaire d’Etat chargée des Personnes handicapées. Elle s’exprimait le 1er avril dernier,  sur les ondes de RMC (1er avril). Et elle a très volontiers succombé à l’invitation « anti-psy » de Jean-Jacques Bourdin :

« J-J B : Il va falloir que l’on arrête une fois pour toutes de placer ces enfants autistes devant des psychiatres …

S.C. : Complètement d’accord avec vous ! C’est bien pour ça qu’on change la donne, qu’on arrête de parler de psychiatrie, qu’on parle vraiment d’une très bonne prise en charge, très très précoce

– Ce n’est pas un enfant qui a perdu la raison … ! Certainement pas !

– Non, il des troubles de la communication…

– Voilà …

– Des troubles d’interactions avec ses pairs, et donc c’est comme ça qu’on change la donne (…) »

‘Nous sommes atterrés »

Depuis l’ire couvait dans l’ensemble de la communauté psychiatrique française 1. Et voici, dix jours plus tard, ce communiqué : « Pédopsychiatres et psychiatres du service public exigent des excuses à la suite des propos outranciers de Sophie Cluzel, Secrétaire d’Etat au Handicap ». Un texte adressé à Sophie Cluzel avec copie « à Monsieur le président de la République à Madame la ministre des Solidarités et de la Santé ». Extraits :

« Psychiatres et pédopsychiatres du service public, nous sommes atterrés par votre sortie médiatique sur les ondes de RMC. Vous y avez affirmé votre volonté ‘’de ne plus placer les enfants autistes devant un psychiatre’’, en dénonçant une ‘’prise en charge inadéquate dans les hôpitaux psychiatriques où ils n’ont rien à faire’’. Vous avez même souhaité ‘’que l’on arrête de parler de psychiatrie’’.

« Nous vous demandons des excuses. Nous ne pouvons accepter la violence de vos propos et nous nous interrogeons sur les enjeux de votre intervention. Il ne peut s’agir d’erreurs à répétition. Après Marie-Arlette Carlotti, Ségolène de Neuville, les gouvernements se suivent, mais les secrétaires d’État au handicap lancent leurs bombes les unes après les autres à l’encontre du travail effectué par les psychiatres et les équipes hospitalières. Ils annulent ainsi les constats de notre ministre de tutelle réaffirmant la nécessité d’allouer plus de moyens à l’hôpital public. (…)»

« Nous ne rencontrons que très rarement ces enfants Asperger pour lesquels le plan de stratégie nationale contre l’autisme a d’ailleurs été fait, et donc ne s’adressant pas aux problématiques de la grande majorité des enfants et adultes ‘’TSA’’. Aussi nous ne pouvons accepter vos propos aussi grotesques que calomnieux. Nous tenons encore et encore à réaffirmer nos positions éthiques : Non, L’annonce du diagnostic TSA ne peut le plus souvent se suffire à lui-même (…) Non, nous ne pouvons pas abandonner les enfants ‘’TSA’’ et leurs familles alors que les risques d’exclusion sociale sont inhérents à ces troubles (…) Non, les services hospitaliers ne discriminent pas les patients. Ils accueillent tout type de troubles, y compris ceux qui sont à risque de faire exploser les institutions. (…) Non, nous ne réclamons pas le monopole (…) »

Emmanuel et Brigitte

« En nous désignant comme bouc émissaire de l’incurie de l’Etat, peut être retardez-vous le moment où les familles de vous demanderont des comptes ! Aux côtés des familles, nous souhaitons connaître vos propositions face au manque de places adaptées au sein des institutions médico-sociales, en particulier en ESAT et en foyer occupationnel. En interdisant ‘’le passage devant un psychiatre’’, vous évitez ainsi que des médecins ne se fassent les porte-voix des épreuves vécues par la majorité des TSA ‘’non haut niveau’’, présentant un retard global, sans accès langage, avec des comorbidités (auto-et/ou d’hétéro-agressivité). 

« En vous exprimant ainsi, vous effectuez un clivage dramatique entre les missions de la solidarité et de la santé et celles du handicap. Vous dissociez de façon toute à fait archaïque la souffrance physique, la souffrance psychique et la souffrance sociale. Vous apparaissez ainsi hors de la réalité vécue des humains présentant des handicaps et de leurs familles placés sous votre responsabilité (…)

«Aussi nous exigeons des excuses publiques pour vos propos disqualifiant nos compétences et notre engagement professionnel. Face à votre discours discriminant et glaçant, nous opposons nos inventions thérapeutiques ‘’ sur mesure ‘’  et notre détermination éthique qui sont des graines semées auprès des enfants les plus vulnérables et leurs familles et qui nous permettent de rêver en ce printemps nouveau. »

Sophie Cluzel s’excusera-t-elle ? Agnès Buzyn le fera-t-elle à sa place ? On peut imaginer qu’Emmanuel Macron (qui avec son épouse Brigitte avait, il y a un an, exprimé publiquement son engagement personnel concernant la prise en charge de l’autisme) aura à cœur de retisser le lien rompu entre son gouvernement et ces professionnels.

A demain

1 Le Conseil national professionnel de psychiatrie (qui regroupe l’ensemble des sociétés savantes et syndicats de psychiatrie) « condamne à l’unanimité et avec la plus grande fermeté les propos irresponsables et scandaleux de la secrétaire d’Etat aux personnes handicapées prononcés le 1er avril 2019.»

Quant au Syndicat national des psychiatres privés il écrit : «Face aux mensonges, à l’ignorance totale, au mépris et au déni pour le travail fourni et difficile des psychiatres, affichés par les représentants du peuple et certains médias qui les relaient nous sommes  scandalisés et exigeons qu’un débat soit organisé avec des représentants de la psychiatrie. Le sujet de l’Autisme est tristement devenu un enjeu politique ».

Le Conseil d’Etat pourrait-il finalement donner raison aux contestataires des vaccinations ?

Bonjour

De New York au Palais Royal. D’un côté de l’Atlantique Bill de Blasio vient d’avoir recours à la vaccination obligatoire contre la rougeole  dans sa mégapole. De l’autre les sages français du Conseil d’Etat ouvraient, en majesté, le dossier de la contestation à la vaccination. Et réveillaient du même coup la polémique née de la volonté gouvernementale (Agnès Buzyn) de rendre obligatoire onse vaccins pédiatriques. Il faut, ici, lire le papier riche et détaillé du Monde (EmeIine Cazi) pour saisir ce qu’il en est de la traduction juridique des arguments défendus par les « néo-antivax ».

Mercredi 10 avril, sous les ors du Palais Royal, deux requêtes commençaient à y être jugées au fond. D’abord celle  de la Ligue nationale pour la liberté des vaccinations. Ensuite celle de l’Institut pour la protection de la santé naturelle (IPSN) et un collectif de 3 047 personnes. La première dénonce le principe même de l’obligation des onze vaccinations pédiatriques. La seconde est en guerre contre la présence d’adjuvants à l’aluminium dans nombre de vaccins aujourd’hui obligatoires. Les deux se défendent, paradoxalement, d’être des « anti-vaccins ».

« Dans les deux cas, le rapporteur public – chargé de proposer la solution juridique qui lui semble la plus appropriée, mais à laquelle les juges ne sont pas tenus – a conclu au rejet des requêtes » résume Le Monde. Les décisions du Conseil d’Etat (qui « juge le droit ») ont été mises en délibéré et devraient être rendues avant l’été.

D’ici là partisans et opposants pourront lire Le Monde et méditer l’argumentaire de Rémi Decout-Paolini, rapporteur public  qui a rappelé que c’est grâce à une politique de vaccination massive que la variole a été déclarée éradiquée de la surface du globe en 1980, que les résistances aux vaccins ne sont pas nouvelles 1, que le fait d’« introduire des membres pathogènes inactivés dans un corps sain » a toujours suscité des débats, mais que la vaccination rencontre « un large consensus dans la population ».

Myofasciite et macrophages

Un audience qui n’a pas fait l’économie de la polémique sur les adjuvants aluminiques nourrie par les travaux controversés de l’équipe du Pr Romain Gherardi (hôpital Henri-Mondor, Créteil) et sa description de la « myofasciite à macrophages ». « Bien sûr, Rémi Decout-Paolini a entendu parler de ces recherches, note Le Monde. Mais ces observations sont ‘’limitées à très peu de cas’’, et ne l’ont été ’curieusement’’qu’en France. Par ailleurs, poursuit-il ‘’ il n’appartient pas au juge’’ de se prononcer sur de tels travaux et ‘’de faire valoir des études contestées au détriment du consensus de la communauté  scientifique’’. ‘’Compte tenu de l’état actuel des connaissances scientifiques’’insiste le rapporteur public, ’les pouvoirs publics’’n’ont aucune raison, de supprimer les adjuvants aluminiques qui ‘’ restent les plus sûrs et les plus efficaces’’ ».

Des conclusions aussitôt dénoncée par Me Françoise Thouin-Palat qui représentait le collectif opposé aux adjuvants à l’aluminium. Où l’on retrouve les quelques hésitations et embarras de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) sur ce sujet. Et où l’on parla, une nouvelle fois, de la nécessité de financer des études sur le sujet.

« Les montants estimés par le Pr Gherardi dépassent de très loin les capacités financières de l’ANSM en matière de financement de recherche, écrivait l’Agence en 2017. Et il ne rentre pas dans ses missions de financer des programmes de recherche de manière pérenne. Il est important de souligner que cette équipe de recherche ayant déposé un brevet, cela pourrait ouvrir à un financement privé et il serait contraire à la bonne utilisation de la subvention publique versée par l’ANSM que de supporter une activité privée lucrative. »

Rappelons qu’au sein du Conseil d’Etat le rapporteur public est seulement chargé de proposer la solution juridique qui lui semble la plus appropriée.  Mais que les juges ne sont nullement tenus, aussi raisonnables soient-elles, de suivre ses conclusions.

A demain

@jynau

1 « Antivax. La résistance aux vaccins, du XVIIème siècle à nos jours » de François Salvadori et Laurent-Henri Vignaud. Editions Vendémiaire