Le trop maigre mea culpa de Michèle Rivasi, écologiste qui est «pour la vaccination»

Bonjour

Méchamment taclée il y a peu par Agnès Buzyn (Le Parisien), défendue ce matin par Yannick Jadot (RTL) la controversée Michèle Rivasi a finalement choisi de répondre via un communiqué de presse. « Depuis quelques semaines je suis caricaturée en militante anti vaccins, dit-elle. Ce qui s’apparente à une campagne calomnieuse, vise à disqualifier mon combat politique. Je ne peux laisser passer de telles attaques sans mot dire. »

C’est une profession de foi doublée d’un petit mea culpa. Mais d’abord une auto-présentation :

« Scientifique de formation, diplômée de l’Ecole Normale Supérieure et agrégée en biologie, fondatrice du premier laboratoire indépendant sur la radioactivité en France (la CRIIRAD), je rejette depuis toujours l’obscurantisme. J’avance sous le double drapeau de l’intérêt général et de la santé publique. Amiante, levothyrox, prothèses mammaires je me suis battue toute ma vie pour faire respecter la santé des gens et contre les mensonges des lobbies. Mon combat depuis toujours a été pour la transparence et l’information des citoyens. »

Ceci posé, sa réponse d’aujourd’hui « vise à rétablir la vérité et à rassurer celles et ceux qui ont pu être troublés ».

« J’écris pour terrasser l’hydre de la rumeur et du soupçon. Que les choses soient claires : je ne remets pas en cause l’utilité de la vaccination, et je sais ce que les vaccins ont apporté en termes de progrès sanitaires au 20ème siècle, de lutte contre la mortalité infantile… »

Et le mea culpa :

« J’ai malheureusement commis une erreur regrettable en invitant il y a deux  ans dans un débat M. Wakefield. Si c’était à refaire, je ne le referais pas : son étude dépubliée [sic] par The Lancet et son film ne m’ont pas convaincue. L’indigence des arguments avancés suffit à discréditer la thèse et l’auteur. »

Précisons. Mme Rivasi parle ici d’Andrew Wakefield, tristement connu à l’échelon international pour avoir volontairement commis une succession de fraudes majeures ayant eu pour conséquences de laisser croire à une relation de cause à effet entre le vaccin rougeole-oreillons-rubéole (vaccin ROR) et une invraisemblable « entérocolite autistique » (autistic enterocolitis).

Invitation malheureuse et inappropriée

Les « travaux » d’Andrew Wakefield furent publiés en 1998 dans The Lancet avant d’être contestés, décryptés, dénoncés. Puis une enquête d’un reporter du Sunday Times (Brian Deer) établit l’existence de conflits d’intérêts d’ordre financier. D’autres investigations furent menées qui conduisirent à la rétractation de la publication du Lancet en février 2010. Et à la mise au ban de la communauté médicale internationale de l’auteur.

Il reste donc à comprendre comment, sept ans plus tard (en février 2017), Mme Rivasi a jugé nécessaire d’inviter Andrew Wakefield à participer à un débat officiel au sein du Parlement européen. Violemment critiquée elle n’avait, alors, visiblement pas pris la mesure de l’ampleur de son erreur.  De ce point de vue les trois lignes de son communiqué de presse de ce jour ne sont pas, loin s’en faut, suffisantes pour lever les doutes qu’elle entretenait depuis deux ans sur ce sujet

« Cette invitation malheureuse et inappropriée a donné une occasion en or aux lobbies de la santé de m’attaquer directement ou indirectement ajoute-t-elle. Qu’ils sachent pour autant que je ne les crains pas et qu’on ne me fera pas taire. »

Il faudra, pour cela, qu’elle revienne avec tous les détails sur cette bien malheureuse invitation qui ruine toujours sa profession de foi :

« Je l’affirme donc haut et fort : je suis pour la vaccination ; pour la protection de la santé. C’est pour cette raison que je réclame depuis des années, et en ai parlé directement avec la ministre de la Santé, des études indépendantes sur les adjuvants (aluminiques notamment) utilisés dans les vaccins, sur l’effet cocktail des onze vaccins sur les nourrissons de moins de 18 mois) et une amélioration de la pharmacovigilance concernant les produits de santé. »

« Chacun doit comprendre que l’opacité crée le doute, conclut-elle. Chacun doit se convaincre que qui veut rétablir la confiance demande la clarté. » En est-elle pleinement convaincue ? Et quand fera-t-elle, concernant Wakefield, la pleine lumière ?

A demain

@jynau

Dignité : l’Etat français peut-il imposer de radiographier les os des mineurs étrangers ?

Bonjour

« Nous restons convaincus qu’on ne peut pas protéger les enfants en se fondant sur un risque avéré d’erreur médicale : cela disqualifie et la médecine et la protection de l’enfance. Cette décision parlementaire faisant fi délibérément du risque d’erreur important de ces tests pour cet usage est incompréhensible et irresponsable. Nous continuerons à agir pour que la pratique des tests radiologiques osseux dans ce cadre disparaisse. »

 C’était il y a, précisément, trois ans. Plusieurs institutions médicales montaient sur les barricades médiatiques. « Il est encore temps de restaurer toute sa noblesse au projet de loi de protection de l’enfance en renonçant à une procédure inopérante, stigmatisante, génératrice d’arbitraire, en un mot « contre-éthique », envers des jeunes qui appellent, non pas la suspicion, mais à notre protection, écrivaient les signataires dans Le Monde . Nous en appelons à la représentation nationale : il faut exclure tout recours à un examen médical, notamment aux tests d’âge osseux, pour établir l’âge civil des mineurs étrangers isolés. »

Le Parlement venait alors d’adopter définitivement la nouvelle proposition de loi relative à la protection de l’enfant. C’est un texte qui n’a guère fait gronder les foules. Il comprend différentes mesures destinées à améliorer le dispositif de protection de l’enfance – des mesures qui, dans l’ensemble, ont été  bien reçues par les milieux professionnels de la santé et de l’action sociale.

Mais ce texte inscrivait aussi dans la loi le possible usage des tests radiologiques osseux pour établir l’âge des mineurs isolés étrangers. François Hollande, son gouvernement et le Parlement n’ignoraient pourtant rien de l’absence totale de fiabilité de ces tests pour cet usage. Ils n’ignoraient rien non plus de la demande d’y renoncer définitivement, formulée par les plus hautes instances médicales, scientifiques, éthiques et des droits de l’enfant, maintes fois évoquée lors des débats parlementaires. Marisol Touraine, alors, était restée muette.

Obsolescence et dignité

L’Académie nationale de médecine, le Haut Comité de santé publique, le Comité national d’éthique avaient tous affirmé qu’un tel examen n’est nullement fiable pour établir l’âge civil d’une personne aux confins de l’enfance et de l’âge adulte – avec une marge d’erreur se situant entre dix-huit et vingt-quatre mois. De plus le détournement d’examens médicaux pour une finalité administrative, bien loin de protéger, risquait d’empêcher d’obtenir un droit au séjour, et constituait ce que les signataires de la tribune du Monde nommaient, avec raison, faute éthique.

Trois ans plus tard la question est solennellement posée : le recours aux tests osseux sur des mineurs étrangers isolés – pour déterminer leur âge – est-il conforme à la Constitution ? Une question à laquelle vont devoir répondre les membres du Conseil constitutionnel via une  question prioritaire de constitutionnalité (QPC) déjà évoquée sur ce blog.

Utilisés dans de nombreux pays européens pour déterminer l’âge des jeunes migrants lorsqu’un doute subsiste, ces tests de maturité osseuse sont très critiqués, notamment par les associations d’aide aux migrants, par certains médecins et professionnels de la justice, rappelle l’AFP. En cause : leur caractère obsolète – ils reposent sur des données statistiques collectées dans les années 1930-1940 sur une population américaine et bien portante – et leur marge d’erreur, d’au moins dix-huit mois pour les 16-18 ans, la tranche d’âge concernée.

Mais moins que d’obsolescence il s’agit bien de dignité. Il y a quelques jours les ONG Médecins du monde et le Secours catholique, ainsi que la Ligue des droits de l’homme, le Syndicat de la magistrature et la Cimade réclamaient l’interdiction de ces tests. Ils dénonçaient « l’absence de pertinence scientifique et éthique de ces tests et leur caractère attentatoire aux droits de l’enfant » et critiquent notamment « l’exposition d’enfants à des rayons irradiants, potentiellement dangereux pour la santé, sans aucune finalité thérapeutique ». Déontologie et dignitéon eût aimé que le Conseil de l’Ordre des médecins français ne soit pas, ici, muet.

A demain

@jynau

1 Il s’agissait de la « Société française pour la Santé de l’Adolescent « (SFSA), de la « Société française de pédiatrie » (SFP), du « Syndicat national des médecins de protection maternelle et infantile » (SNMPMI), de l’ « Association Nationale des Maisons des Adolescents » (ANMDA), de l’ « Association Française de Pédiatrie Ambulatoire » (AFPA) ainsi que de l’ONG « Pédiatres du monde »

 

Rougeole : fake news, anti-vax et vraie flambée mondiale. Au moins 136 000 morts en 2018.

Bonjour

Dépassons Val Thorens, la Savoie, et gagnons Genève. On entend déjà les oukases des anti-vax radicaux. Mais, raisonnablement, quelle autre solution que la vaccination ?

Jeudi 14 février, l’Organisation Mondiale de la Santé a alerté : flambée de rougeole dans le monde – bond d’environ 50 % des cas signalés l’an dernier par rapport à 2017. « Quand nous voyons les cas signalés augmenter de 50 %, nous savons que nous nous dirigeons dans la mauvaise direction », a déclaré la Pr Katherine O’Brien, directrice du département « Vaccination et produits biologiques » à l’OMS ».  « Nos données montrent qu’il y a une augmentation substantielle [du nombre] des cas de rougeole, précise-t-elle. Nous le constatons dans toutes les régions. Nous observons des épidémies qui se prolongent et qui prennent de l’ampleur. »

L’AFP rapporte ces données. A la mi-janvier, près de 229 000 cas de rougeole (chiffre provisoire) avaient été signalés dans le monde pour 2018, contre environ 170 000 en 2017.  « Toutes les régions ont vu une hausse des cas l’an dernier », a souligné la Dr Katrina Kretsinger, responsable médicale du Programme élargi de vaccination de l’OMS. Epidémies en Ukraine, à Madagascar, en République démocratique du Congo, au Tchad et en Sierra Leone. « Dans la région Europe, environ 83 000 cas ont été signalés en 2018 jusqu’à présent, dont 53 000 en Ukraine » précise-t-elle.

Et la Dr Kretsinger de rappeler que la rougeole, infection virale hautement contagieuse et pouvant être gravissime dans les pays sous-développés. Elle peut, depuis quelques décennies, être efficacement prévenue à l’aide de deux doses d’un vaccin « sûr et efficace ». Et l’OMS de déplorer « la diffusion de fausses informations sur le vaccin » – « notamment dans les pays riches ».

Démocratie et contraintes

Est-ce là un retour vers l’ancien monde ? Selon l’OMS le nombre des cas de rougeole recensés dans le monde avait diminué jusqu’en 2016. « Nous reculons par rapport aux progrès réalisés et nous ne reculons pas parce que nous n’avons pas les outils pour empêcher cela, nous avons les outils pour éviter la rougeole. Nous reculons, car nous n’arrivons pas à vaccinerles enfants » déplore la Pr O’Brien.

Pour cette spécialiste la principale raison de cet échec dans la vaccination des enfants est que ceux « qui en ont le plus besoin n’ont pas accès au vaccin ».  De ce point de vue les chiffres de l’OMS sont le triste reflet de l’augmentation du nombre des « Etats fragiles, des urgences sanitaires et des réfugiés ». « Les enfants qui ne sont pas vaccinés sont les plus pauvres, ceux qui vivent dans les communautés les plus marginalisées, cela peut être des enfants de réfugiés, de migrants » dit-elle.

Il est aussi, d’autres enfants, dans les pays riches et démocratiques, dont les parents sont opposés à la vaccination. Des pays où les pouvoirs publics estiment ne pas avoir d’autres outils que le recours à l’obligation. Et où les fausses nouvelles galopent sur les réseaux sociaux.

A demain

@demain

Rougeoles savoyardes : avant de partir vers les neiges, prière de vérifier votre état vaccinal.  

Bonjour

C’est une « bouffée épidémique », un cluster rougeoleux qui fait tache, information virale peu banale. 8 février : 18 cas enregistrés. Le 12 février ont était passé à 26 cas. Et l’Agence régionale de santé (ARS) Auvergne Rhône-Alpes de sonner une nouvelle fois l’alerte. Une alerte reprise en chaîne par de nombreux médias : les vacances scolaires d’hiver viennent de débuter pour la zone B et Val Thorens va, comme chaque année accueillir de nombreux touristes skieurs, français et étrangers.

Comment agir, comment prévenir sans déséquilibrer les recettes commerciales de la célèbre station – la plus haute d’Europe, 31 223 lits touristiques répartis dans 3 614 établissements ? L’ARS s’explique via un communiqué envoyé par l’intermédiaire de la mairie :

« L’objectif était de prévenir la population et les nombreux touristes, mais sans les inquiéter. La rougeole est une maladie très contagieuse, une personne contaminée par la rougeole peut en contaminer vingt autres, nous risquons d’autres nouveaux cas très rapidement. Nous avons expliqué la recrudescence des cas de rougeole et que la vaccination était le meilleur moyen de s’en protéger. Nous avons aussi rappelé qu’il faut être vigilant dès qu’il y a un cas suspect de rougeole : il est recommandé de porter un masque et de respecter les règles d’hygiène, en particulier le lavage des mains ».

De 85 % dans l’Ain à 71 % en Ardèche

« À ce jour, nous avons un foyer de 26 cas de rougeole sur la station de Val Thorens, indique le Dr Anne-Sophie Ronnaux-Baron, médecin responsable du pôle régional de veille sanitaire Auvergne Rhône-Alpes. Cette concentration de cas est préoccupante. L’épidémie touche essentiellement des professionnels saisonniers, qui ont entre 20 et 30 ans et qui côtoient des structures identiques (cafés, restaurants, hôtels), voire qui vivent dans la promiscuité. Un enfant est également concerné. Vendredi, nous en étions à 18 cas et ce mardi 12 février nous avons 8 cas supplémentaires. Nous expliquons que la maladie peut être grave, notamment chez les jeunes enfants de moins d’un an qui n’ont pas encore pu recevoir les vaccins, ainsi que chez les personnes fragiles immunodéprimées. Elle peut occasionner des atteintes respiratoires et neurologiques sévères pouvant être à l’origine de séquelles irréversible.s »

L’affaire à dire vrai dépasse Val Thorens, la Tarentaise et la Savoie. Au risque d’irriter les anti-vax on sait que la couverture vaccinale idéale est de  de 95 % – un objectif lointain, presqeu inaccessible en ces temps de méfiance généralisée. En région Auvergne Rhône-Alpes, elle varie de 85 % dans l’Ain à 71 % en Ardèche. Et les mêmes causes causant,, en altitude comme en plaine, les mêmes effets, la majorité des cas déclarés actuellement sont soit non vaccinés, soit vaccinés avec une dose seulement. « Nous recommandons à la population de vérifier sa vaccination et, si les personnes n’ont eu qu’une seule dose, elles doivent rapidement consulter leur médecin pour se faire vacciner pour la deuxième dose. Se faire vacciner dans les trois jours qui suivent le contact avec une personne ayant la rougeole permet encore de s’en protéger » assure l’ARS.

« Nous sommes également en train d’organiser une communication en anglais pour tous les touristes étrangers, annonce le Dr Ronnaux-Baron. Plus globalement, nous incitons toutes les personnes de la grande région Auvergne Rhône-Alpes à vérifier leur statut vaccinal et nous préconisons aux médecins de le vérifier systématiquement pour toutes les personnes qui consultent chez eux. »

En Ardèche tout particulièrement.

A demain

@jynau

Vierzon : les insupportables silences qui ont suivi la mort d’une petite fille aux urgences

Bonjour

Rien ne dit qu’une faute a été commise.

Au départ les faits avaient été rapportés par France Bleu Berry (Michel Benoît) : une petite fille de 4 ans est décédée le 23 janvier après avoir été admise aux urgences de l’hôpital de Vierzon. A son arrivée, la petite avait environ 38°C de fièvre, son père soupçonnait une gastro-entérite. L’enfant est mis sous perfusion. Selon son père, ce n’est que deux heures plus tard que l’état de sa fille s’est dégradée.

« Vers 14 h ou 15 h, ils ont donné plusieurs perfusions à ma fille, déclare-t-il à France Bleu. Le lendemain matin, le médecin nous a expliqué qu’il lui a donné des doses de cheval parce qu’il ne savait pas d’où venait la fièvre. »

Un scanner, une ponction lombaire ainsi qu’une réanimation à la suite d’un arrêt cardiaque seront pratiqués sur la jeune Allayanna. Sa famille affirme aussi à France Bleu que le médecin était constamment au téléphone avec le CHU de Tours (qui possède un hôpital pédiatrique renommé) « comme s’il ne savait pas comment procéder avec l’enfant ». Le corps de la fillette « était gonflé et du sang avait coulé par les yeux, le nez, les oreilles » explique encore son père qui a été autorisé à la voir après son décès, vers 20 heures . La famille soupçonne « une allergie » à l’une des perfusions ou de « trop fortes doses ». Selon le père, la famille n’est toujours pas informée des résultats de l’autopsie, pratiquée il y a deux semaines.

Le procureur de la République du Cher, Joël Garrigue, a ouvert une enquête pour rechercher les causes de la mort de l’enfant. « Depuis près de 3 semaines, les parents de la petite Allayama, ne savent toujours rien sur les raisons de la mort de leur enfant, vient de rapporter France 3. Ils n’en peuvent plus d’attendre. »

Rien ne dit qu’une faute a été commise.

A demain

@jynau

Vaccination: quelle sanction pour un homéopathe signant un faux certificat de contre-indication ?

Bonjour

C’est une histoire pour le Grand Débat National. Un fait divers édifiant, au croisement du médical et du politique.

Un médecin homéopathe exerçant à Angers vient d’être condamné par le Conseil départemental du Maine-et-Loire de l’Ordre des médecins – information rapportée par Le Parisien. Il était reproché au Dr François Beaudoin d’avoir, en février 2017, délivré un «certificat de complaisance» de «contre-indication» à la vaccination. Ce certificat avait été signé à la demande des parents, pour que leur enfant de deux ans puisse être admis à la crèche. On peut voir là une conséquence directe des nouvelles obligations vaccinales voulues et imposées par le gouvernement 1.

« Le certificat a été découvert par un médecin du CHU d’Angers, où était prise en charge la petite sœur de l’enfant, expliqua Le Figaro. Cette dernière, née prématurément, avait contracté la coqueluche par l’intermédiaire de l’enfant qui n’était pas vacciné. La coqueluche fait en effet partie des onze maladies contre lesquelles les parents ont l’obligation de faire vacciner leurs enfants nés depuis le 1er janvier 2018. Le médecin du CHU a alors signalé ce manquement auprès du conseil de l’Ordre. »

Le médecin homéopathe, âgé de 65 ans, a expliqué avoir été «poussé» par les parents à délivrer le certificat, et a précisé qu’il signait «en général peu de certificats de ce type». Il n’avait jusqu’alors jamais été sanctionné pour de tels actes. Pour se défendre il a fait valoir «le problème de la très difficile gestion des parents hostiles à la vaccination précoce de leurs enfants». La mère du petit garçon aurait ainsi expliqué que son enfant était sujet à des otites et des poussées d’eczéma pour convaincre le médecin de ne pas le vacciner.

La chambre disciplinaire du conseil de l’Ordre a quant à elle estimé que ce confrère avait «fait courir un risque injustifié à l’enfant et à son entourage» et qu’il avait «manqué à son obligation déontologique de vigilance sanitaire».  «Aujourd’hui, un médecin ne peut s’opposer à la vaccination sans motif prouvé scientifiquement», a rappelé le Dr Charles Rouessé, membre du conseil de l’Ordre du Maine-et-Loire.

Le Quotidien du Médecin (Martin Dumas Primbault) ajoute que l’institution ordinale s’est saisie de cette affaire pour alerter la profession sur les dangers des certificats de « complaisance » en matière vaccinale.  Après le premier signalement, le conseil du Maine-et-Loire avait adressé un premier courriel à tous les généralistes et pédiatres du département pour leur rappeler, certes, leur droit de faire appel à leur clause de conscience pour refuser de vacciner un enfant, mais à condition seulement de transférer le patient vers un confrère.

Chasse aux sorcières

Mais au vu de l’ampleur médiatique prise par cette affaire, l’Ordre a jugé nécessaire d’adresser une mise en garde à tous les directeurs de crèche l’information suivante :

« Le conseil de l’Ordre lutte contre les certificats de complaisance de contre-indication médicale à la vaccination. Ainsi, en cas de certificat médical de contre-indication à la vaccination pour un enfant accueilli dans votre Etablissement d’accueil des jeunes enfants, il est nécessaire d’en informer le médecin de votre structure ou, à défaut, le médecin de PMI de votre secteur pour suites à donner. »

 « Il faut battre en brèche le refus de la vaccination, a déclaré au Quotidien le Dr Luc Fouché, président du conseil de l’Ordre du Maine-et-Loire et généraliste à Seiches-sur-le-Loir.C’est notre conviction générale !  Le médecin peut avoir ses convictions mais il doit respecter la loi. » Selon lui les praticiens délivrant des certificats de contre-indication à la vaccination doivent se protéger. « Le certificat d’un généraliste seul ne suffit pas, il faut s’entourer d’un service hospitalier d’allergologie, d’immunologie ou de pédiatrie pour prouver qu’il y a une contre-indication, souligne-t-il. Nous ne menons pas une chasse aux sorcières, mais les médecins doivent prendre conscience de leurs actes. »

A Angers le praticien fautif a été condamné six mois d’interdiction d’exercer dont quatre avec sursis. Une peine qui devra être exécutée à compter du 1er mars.

A demain

@jynau

1 Information officielle destinée aux parents:

« Pour que votre enfant soit admis en crèche ou dans les autres collectivités d’enfants (école, centre de loisirs, colonie, garde par une assistante maternelle…), vous devez présenter les pages vaccination du carnet de santé (fournir une photocopie) ou un document signé par un professionnel de santé autorisé à pratiquer les vaccinations et attestant de la réalisation des vaccinations obligatoires en fonction de l’âge de votre enfant.

 Si l’enfant n’est pas à jour de ses vaccinations obligatoires, seule une admission provisoire est possible en crèche, chez une assistante maternelle ou à l’école. Les parents ont alors trois mois pour régulariser la situation en fonction du calendrier des vaccinations. Si les vaccinations ne sont pas pratiquées dans ce délai, l’enfant ne pourra pas être maintenu en collectivité.

 Pour les enfants nés avant le 1er janvier 2018, seules les vaccinations contre la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite sont exigées pour leur entrée en collectivité. Toutefois, toutes les autres vaccinations du calendrier vaccinal sont indispensables pour protéger ces enfants des maladies infectieuses évitables par la vaccination. Pour en savoir plus consulter le site vaccination-info-service »

Le médecin qui cachait aux médias l’argent touché de Big Pharma – et ce qui lui arriva

Bonjour

Une grande première française. Ethique, Déontologique. Juridique. Médiatique. Financière. C’est aussi « une sanction disciplinaire lourde de symbole » estime Le Quotidien du Médecin (Loan Tranthimy). Reste à connaître le poids exact du symbole quand la section est un « avertissement ».

C’est l’histoire du Dr Robert Cohen, spécialiste de pédiatrie à Saint-Maur (Val-de-Marne) par ailleurs habitué des médias généralistes. Il était interrogé, début 2017, sur les nouvelles obligations vaccinales – et, plus précisément, s’exprimait le 9 février sur deux radios nationales (France Info puis RTL- première radio de France).

C’est aussi l’histoire de l’association E3M (Entraide aux malades de myofasciite à macrophages) qui milite (très) activement pour la mise à disposition de vaccins sans adjuvants aluminiques. De ces deux histoires croisées émergea  bientôt une action devant la juridiction ordinale. Où l’on voit E3M reprocher au Dr Cohen non seulement ses convictions vaccinales, mais aussi -et en l’espèce surtout –  d’avoir omis de déclarer oralement ses liens d’intérêts avec la Big Pharma vaccinale (Pfizer, GSK, Sanofi Pasteur MSD et Novartis).

Horloges et symboles

Le Dr Cohen s’est défendu, faisant notamment valoir qu’il n’avait « jamais entendu personne déclarer de tels liens dans les domaines médicaux ou autres » sur les ondes médiatiques – en particulier dans le cadre de formats aussi courts. Sur ce strict point auditif le Dr Cohen n’a pas tort. Ce qui rajoute paradoxalement à la portée future  de sa condamnation. Car ce pédiatre  médiatique vient, bel et bien, d’être condamné par son Ordre. Tout est rapporté ici. Extraits :

« Le Dr Robert Cohen, pédiatre et membre du réseau Infovac 1, intervient régulièrement dans les médias au sujet de la vaccination. Début 2017, à l’occasion des débats autour de l’extension de l’obligation vaccinale, il a tenu des propos contestés par l’association E3M, notamment sur la question de l’aluminium vaccinal. De plus, il n’a pas déclaré ses liens d’intérêts avec l’industrie pharmaceutique, alors que la loi l’y oblige (articles L. 4113-13 et R 4113-110 du Code de santé publique). Pour ces raisons, l’association E3M a déposé plainte auprès de l’Ordre des médecins en février 2017 (lire les arguments) (…)

« Les sommes en jeu sont conséquentes : entre 2012 et 2018, le Dr Cohen a reçu 57 730€ à titre personnel (sans compter les soixante contrats sans montants déclarés), et 748 520 € pour l’association ACTIV qu’il a créée et dont il est le directeur scientifique (sans compter les quatorze contrats sans montants déclarés). Voir cette note pour plus d’informations. »

Après avoir pris connaissance des arguments développés par les parties, la Chambre disciplinaire de l’Ordre des médecins d’Île-de-France par un avertissement. Elle reconnaît ses liens d’intérêts « patents » avec les fabricants de vaccins Pfizer, GSK, Sanofi Pasteur MSD et Novartis.

Mais encore ? On rappellera que la loi française dispose que les médecins sont désormais « tenus de faire connaître » leurs liens d’intérêts au public, y compris (pour ne pas dire surtout) lorsqu’ils s’expriment « dans la presse écrite ou audiovisuelle ou par toute publication écrite ou en ligne ».

Un « avertissement » ? Bigre ! Une grande première française ?  Médiatique. Ethique, Déontologique. Juridique. Financière. « Une sanction disciplinaire lourde de symbole ». Certes. Mais  une question : qui, dans une France désormais privée de son auto-proclamé maître des horloges, possède la clef de la véritable balance des symboles ?

A demain

1« InfoVac-France » se présente comme une « ligne directe d’information et de consultation sur les vaccinations ». InfoVac précise « ne pas se substituer aux autorités de santé ». « Les recommandations et le calendrier vaccinal sont faits par le Comité Technique des Vaccinations (CTV), la Haute Autorité de Santé (HAS) et le Haut Conseil de Santé Publique (HCSP) et InfoVac n’émet aucune recommandation collective. Il fournit une aide à la vaccination individuelle des patients en fonction de leurs antécédents personnels et familiaux. De plus, InfoVac relaie et génère des informations vaccinales et relève parfois des incohérences dans les recommandations actuelles et en réfère aux autorités officielles. »

On peut le dire autrement : « InfoVac-France est un réseau d’experts qui se sont donnés pour mission de répondre rapidement aux questions liées aux vaccinations que se posent les médecinsLes consultants d’InfoVac sont des pédiatres avec une expertise particulière dans le domaine des maladies infectieuses et des vaccinations. Ils travaillent en réseau afin de garantir compétence, crédibilité, objectivité et homogénéité des réponses.