Peu banal : les industriels des bières, spiritueux et apéritifs au chevet de l’alcoolisation fœtale

Bonjour

Hasard ou fatalité ? Au moment où se développe une action originale contre les bières hyperalcoolisées, réception d’un peu banal communiqué. Il est signé « Prévention et Modération », association créée par trois géants :  « Brasseurs de France », « Les Spiritueux » et « Fédération Française des Vins d’Apéritif ». Extraits :

« Les organisations professionnelles de la bière, des spiritueux et des vins d’apéritif viennent de conclure un partenariat avec l’association SAF France pour contribuer à la sensibilisation des femmes aux Troubles Causés par l’Alcoolisation Fœtale (TCAF). Les 2.000 entreprises et 15.000 salariés de la bière, des spiritueux et des vins d’apéritif contribueront ainsi à amplifier la communication du message « zéro alcool pendant la grossesse », notamment à l’occasion des éditions du SAFTHON 1. « Prévention et Modération »est d’ores et déjà engagée dans la mise en œuvre du Plan de Prévention des filières remis au Président de la République en juin 2018, en étroite collaboration avec Vin & Société. »

« Prévention et Modération » ?  Elle représente l’ensemble des entreprises productrices et distributrices de bière, spiritueux et vins d’apéritif. Et elle va « s’appuyer sur cette très grande représentativité pour développer des programmes de sensibilisation auprès des professionnels de la production et de la distribution ». « Nous ambitionnons également de contribuer de façon significative à la prévention des comportements à risque, comme le montre ce premier partenariat d’envergure avec l’association SAF France », indique Michel Gayraud, président de Prévention et Modération.

En pratique, les programmes de l’association se développeront principalement dans trois directions officielles :

  • « Prévention des comportements à risque : outre les femmes enceintes, l’association ciblera en priorité le public sensible des jeunes consommateurs pour prévenir les comportements de binge drinking et tendre par ailleurs à l’application effective de l’interdiction de toute vente d’alcool à des mineurs (sic). »
  • « Promotion des comportements responsables : l’association s’attachera à favoriser la responsabilité dans la consommation en valorisant le bon usage des boissons alcoolisées, directement auprès des consommateurs ou par l’intermédiaire des professionnels de la distribution. »
  • « Engagement des professionnels : l’association coordonnera enfin les actions d’autorégulation de la filière en matière de communication et de commercialisation, et favorisera la généralisation à tous les opérateurs des meilleures pratiques des entreprises ».

Réactions de Axel Kahn et William Lowenstein

Que dire de plus ? « Nous sommes là, comme d’habitude, devant une stratégie cache-sexe, nous répond le Pr Axel Kahn, président de la Ligue contre le cancer. Certes le rappel de la nécessité d’une éviction de l’alcool chez la femme enceinte est évident et, en même temps, une manière peu contraignante de s’acheter une vertu  pour pas cher. Cela les dispense de reconnaître leur lourde responsabilité dans la mise à disposition aisée aux femmes des produits en cause, dont les bières ultra-alcoolisées. » 

Que dire de plus ? « Une réaction ? Tout d’abord la tristesse, nous répond le Dr William Lowenstein, président de SOS Addictions. Nos budgets de Santé Publique, nos politiques sont-ils si faibles qu’il faille espérer une action (ô combien nécessaire !) de prévention avec Brasseurs & Co ? La seconde réaction est une interrogation. Cette stratégie d’alliance (de partenariat) entre « Big Alcool » et une association (SAF France) soutenue (partenariat également) par l’Académie Nationale de Médecine est-elle susceptible de mieux protéger du syndrome d’alcoolisation foetale que les ergotages bicaméraux sans fin sur la taille du logo ‘’interdit aux femmes enceintes’’ sur l’étiquette des bouteilles de boissons alcooliques ? »

Pour le Dr Lowenstein nous sommes pleinement ici dans le « stratégique real politik ». Après Big Tobacco développant la Vape ou le tabac chauffé verra-t-on Big Pharma diffuser les antidotes pour les victimes d’opioïdes promus sans prudence ni vergogne quelques années auparavant par certains de ses membres ? Vertigineux. »

A demain @jynau
 

1 Initié par l’association SAF France, le SAFTHON se positionne comme un mouvement citoyen pour la défense des Droits des enfants et le Droit à l’égalité des chances. Il est destiné à mieux sensibiliser aux risques de la consommation d’alcool pendant la grossesse en répondant aux questions du grand public et en récoltant des fonds pour mener ses missions de prévention, d’accompagnement, de formation et de recherche.

Qui parviendra à faire le ménage des antalgiques devant le comptoir des pharmacies d’officine ?

Bonjour

En plein procés du Mediator, alerte de l’Agence du médicament : aspirine, paracétamol et ibuprofène ne devraient être présents que sur les rayonnages sitiés derrière les comptoirs des pharmacies d’officine. Cela se dit ainsi : « l’ANSM souhaite qu’ils ne soient plus en libre accès et soient tous placés derrière le comptoir du pharmacien, renforçant ainsi son rôle de conseil auprès des patients ». L’ANSM souhaiterait que cette mesure entre en vigueur dès janvier 2020.

Une « phase contradictoire » est en cours  dit l’Agence – une procédure mené non pas auprès des pharmaciens mais « auprès des laboratoires concernés » – comprenne qui pourra. En quoi les « laboratoires » sont-ils concernés par l’agencement d’une pharmacie d’officine privée ? Et pourquoi la police du médicament ne peut-elle pas, au nom de la santé publique, imposer ici sa volonté ? Incidemment, pourquoi ne pas récompenser les pharmaciens qui n’use pas de cette liberté ?

On sait que le paracétamol et les AINS sont les médicaments les plus utilisés en automédication comme antalgiques (anti-douleurs) ou antipyrétiques (anti-fièvre) tant chez les adultes que chez les enfants. On sait aussi que ces médicaments sont efficaces sans, corollaire, être toujours dénués de risques hépatiques et rénaux (le surdosage de paracétamol constitue la première cause de greffe hépatique d’origine médicamenteuse en France). Or comment imaginer un « bon usage de ces médicaments d’utilisation courante », l’ANSM souhaite qu’ils ne soient plus en libre accès et soient tous placés derrière le comptoir du pharmacien, renforçant ainsi son rôle de conseil auprès des patients qui souhaitent en disposer en particulier sans ordonnance.

Cette mesure s’inscrit « dans la continuité des actions menées par l’ANSM » pour sécuriser l’utilisation de ces médicaments. Attendez vous à savoir, dans les prochains mois, qu’un message figurera sur les boîtes des médicaments contenant du paracétamol afin d’alerter sur le risque pour le foie en cas de surdosage. D’ici là on saura peut-être si le ménage des antalgiques a été fait devant les comptoirs. Et par qui.

A demain @jynau

VIH : les généralistes pourront prescrire la prophylaxie pré-exposition (Agnès Buzyn)

Bonjour

C’est un communiqué dont deux lignes vont alimenter une polémique discrète mais montante sur les risques infectieux associés à la prophylaxie pré-exposition (PrEP). Un communiqué de presse intitulé : « Recul du VIH en France, Agnès Buzyn salue un progrès pour la santé sexuelle en France ». Un communiqué publié à la veille de la tenue à Lyon de la  « sixième conférence de reconstitution des ressources du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme » , La ministre des Solidarités et de la Santé, se félicite des dernières données de 2018, publiées par Santé publique France, qui montrent un recul du VIH en France : le nombre de personnes ayant découvert leur séropositivité au VIH diminue de manière significative par rapport à 2017 (-7%). Objectifs inchangés : « mettre fin à l’épidémie de sida d’ici 2030 » (sic) et  « faire évoluer les représentations sociales ».

« Le nombre de personnes ayant découvert leur séropositivité VIH en France (données issues de la déclaration obligatoire) a été estimé à 6 200 en 2018. La diminution observée entre 2013 et 2018 pour les personnes nées en France est de 16% pour les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes (HSH), et de 22% chez les personnes contaminées par rapports hétérosexuels. En revanche ce nombre reste stable chez les femmes hétérosexuelles nées à l’étranger, et a significativement augmenté chez les HSH nés à l’étranger de +38% sur la même période. »

Conclusion : il est nécessaire de poursuivre les actions engagéeset derenforcer, en parallèle d’une approche en population générale, une approche ciblée en direction des populations les plus exposées au VIH. Traduction : l’importance de la prévention diversifiée doit être rappelée:le dépistage du VIH, le traitement comme prévention  (une charge virale indétectable = pas de transmission du VIH), la prophylaxie pré exposition (PrEP) et le traitement post-exposition (TPE). Sans sans oublier que « le préservatif qui reste l’outil de base de la prévention protégeant également des autres infections sexuellement transmissibles (IST) ».

Pour Agnès Buzyn « le déploiement de la PrEP doit se poursuivre et des travaux sont en cours pour permettre aux médecins généralistes d’initier une telle prophylaxie ». Ce faisant la ministre des Solidarités et de la Santé semble ignorer les alertes lancées (avec quelques difficultés dans les médias généralistes) 1 par des spécialistes des maladies sexuellement transmissibles, au premier rang desquels le Pr Eric Caumes chef du service des maladies infectieuses à la Pitié Salpêtrière et ses confrères auteurs de « Retour des infections sexuellement transmissibles : vers une épidémie de l’ampleur du sida ? » (The Conversation) :

« Ces dernières années, le développement de la PrEP n’a pas arrangé la situation des Infections Sexuellement Transmissibles (IST) dans la population des HSH. Disponible en France depuis 2016, ce protocole consiste pour les personnes séronégatives, donc non porteuses du virus, à prendre en prévention le traitement contre le VIH. Les 12 000 à 15 000 personnes qui ont recours à la PrEP prennent des médicaments en continu (un comprimé tous les jours) ou “à la demande” (un comprimé avant un rapport, puis un comprimé durant au moins 2 jours après une prise de risque sexuel). Des études récentes, en France comme en Australie, confirment malheureusement que cette prévention médicamenteuse – efficace uniquement contre le VIH tant que la personne prend le traitement – entraîne une diminution du port du préservatif et une augmentation des prises de risque. Ce qui se traduit sans surprise, par une augmentation des autres IST. »

A demain @jynau

1 Sur ce thème : Infections sexuellement transmissibles: le procès fait à la PrEP Rev Med Suisse 2019; volume 15. 1640-1641

On aura bientôt oublié qu’il existait des médicaments homéopathiques remboursés

Bonjour

Voulu par Agnès Buzyn après quelques étranges atermoiements, le rouleau à dérembourser fonctionne désormais comme annoncé : quatre mois après l’avis de la Haute Autorité de Santé concluant oficiellement à l’absence d’efficacité avérée des produits homéopathiques, deux arrêtés attendus publiés ce mardi 9 novembre au Journal Officiel  organisent leur déremboursement complet – et ce à compter du 1er janvier 2021.

Premier arrêté : c’est un document peu banal qui énumère le nom des centaines de médicaments homéopathiques qui vont être radiés de la liste des spécialités pharmaceutiques remboursables. Toutes les formes sont concernées (granules, comprimés, ampoules, pommade…) ainsi que les nomenclatures homéopathiques, allant d’Arnica montana ou Influenzinum à Nux vomica. 

Second arrêté :  il met fin à la prise en charge par l’Assurance-maladie des préparations homéopathiques, réalisées par les pharmaciens, « en l’absence d’intérêt démontré pour la santé publique ». Cet arrêté complète un décret  publié fin août qui modifiait les conditions de remboursement des préparations homéopathiques.

Dans les deux cas, le déremboursement complet interviendra comme prévu au 1er janvier 2021. Entre-temps, il appartiendra à l’Union nationale des caisses d’Assurance-maladie (UNCAM) de fixer la baisse du taux de prise en charge au 1er janvier 2020 à 15 %.  Signe qui ne trompe pas : le déremboursement est signé de l’adjoint à la sous-directrice de la politique des produits de santé et de la qualité des pratiques et des soins (F. Bruneaux) et par le sous-directeur du financement du système de soins (N. Labrune).

On aura bientôt oublié, en France, que certains médicaments homéopathiques étaient remboursés sans avoir prouvé leur efficacité scientifique et ce en vertu d’un statut dérogatoire dont les raisons resteront longtemps encore à expliquer. Leur taux de remboursement, fixé à 65 % en 1984, avait été ramené à 35 % en 2003 puis à 30 % en 2011. Oublié aussi qu’en 2018 les remboursements de spécialités homéopathiques avaient représenté 126,8 millions d’euros sur environ 20 milliards pour l’ensemble des médicaments pris en charge par la collectivité.

Pour l’heure, le rouleau à dérembourser fonctionne comme annoncé.

A demain @jynau

Charlatanisme: l’Ordre n’aura pas de pitié pour les huit médecins de l’abbaye de Sainte-Croix

Bonjour

On se souvient de l’affaire de l’essai clinique sauvage et de ce qui devait en résulter : grosse ire ordinale après l’essai clinique sauvage de l’abbaye de Sainte-Croix de Saint-Benoît. L’affaire rebondit aujourd’hui à l’échelon national. On apprend ainsi que le Conseil national de l’Ordre des médecins (CNOM) réuni en session, a décidé de porter plainte devant la juridiction ordinale contre huit médecins « d’ores et déjà identifiés comme étant liés au « Fonds Josefa », mis en cause dans des essais thérapeutiques illégaux sur des maladies neuro-dégénératives ».

Motifs gravissives : pour violation notamment des articles 15 (Recherches impliquant la personne humaine), 39 (Charlatanisme) et 40 (Risque injustifié) du code de déontologie. « Il s’agit de trois membres du directoire et de cinq membres du comité consultatif du Fonds, acteurs directs ou ayant eu selon toute vraisemblance à connaître des essais cliniques illégaux sur des patients atteints notamment des maladies de Parkinson et d’Alzheimer » annonce l’Ordre.

M. Jean-Bernard Fourtillan n’étant pas médecin, il fait par conséquent déjà l’objet d’une plainte pour exercice illégal de la médecine portée en juin 2019 par le Conseil départemental de la Vienne de l’Ordre des médecins. Le Conseil national de l’Ordre des médecins a par ailleurs pris la décision de se constituer partie civile dans le volet pénal de cette affaire. Cela lui permettra d’avoir accès au dossier et pleinement connaissance du développement de cette affaire. Ce n’est pas tout : le CNOM se réserve le droit, en fonction des avancées de l’enquête, d’entamer de nouvelles procédures disciplinaires à l’encontre de médecins dont il s’avérerait qu’ils seraient liés directement ou indirectement à ces essais cliniques.

L’affaire de l’essai clinique sauvage de l’abbaye ne fait que commencer.

A demain @jynau

Déremboursée, l’homéopathie ne pourra plus désormais, être enseignée hors de l’Université

Bonjour

Dans le contexte actuel, l’affaire ne manque pas de sel. Réuni en session plénière, le Conseil national de l’Ordre des médecins vient d’adopter, à une très large majorité, une décision « mettant fin aux conditions dérogatoires du droit au titre vis à vis de l’homéopathie ». Et, dans le même temps, l’Ordre d’organiser l’avenir de cette pratique dont les spécialités viennent d’être déremboursées.

Qui s’en souvient ?  Depuis depuis 1974 l’homéopathie était reconnue par l’Ordre des médecins comme « orientation d’activité ». Et depuis 1984, les médecins en faisant la demande devaient justifier d’une formation de trois cents heures, « universitaire ou non ». En 1974, puis à nouveau en 1997 et en 2007, l’Ordre des médecins avait émis le souhait que soit « éventuellement créé » (sic) un Diplôme Interuniversitaire (DIU) d’homéopathie, qui aurait permis de faire évoluer ce droit au titre.

« En effet, parmi les critères généraux d’évaluation aujourd’hui à l’œuvre pour accorder le droit au titre figurent notamment l’exigence d’une formation universitaire validée de type DIU, d’une formation qui respecte les règles de déontologie médicale, d’une formation n’ayant pas de lien d’intérêt avec l’industrie pharmaceutique souligne l’Ordre. Dorénavant, l’exigence pour qu’un ‘’éventuel DIU’’ ouvre le droit au titre en homéopathie sera conforme aux dispositions communes à l’ensemble des titres. »

Dans sa sagesse le Conseil national ordinal « en appelle ainsi aux Universités à travailler ensemble à l’élaboration éventuelle (re-sic) d’une maquette de diplôme plus globale à propos de l’intégration des médecines complémentaires et alternatives, dont la reconnaissance du droit au titre pourrait être secondairement débattue par l’Ordre (re-re-sic) ».

Beaucoup de brouillards, donc. Mais une certitude ordinale : l’application de ces nouvelles dispositions sera effective pour les nouveaux et futurs inscrits à une formation universitaire à compter de ce jour.

A demain @jynau

Homéopathie : jusqu’en 2018 Agnès Buzyn croyait qu’il s’agissait de «principes actifs»

Bonjour

C’est juré : jusqu’en août dernier, elle ignorait que l’on buvait de l’alcool dans les loges VIP. Il y a quelques jours la ministre des Solidarités et de la Santé faisait une nouvelle confidence, de taille, sur sa connaissance de l’homéopathie. Un éclairage a contrario sur les vertus de faire venir au sein de l’exécutif d’éminents acteurs de la société civile.

Il faut, pour bien comprendre, remonter au 12 avril 2018. Ce jour-là Agnès Buzyn est l’invitée du perfide Jean-Jacques Bourdin dans la matinale de RMC/BFM TV. Deux mois auparavant, dans Le Figaro le 19 mars, des médecins s’en étaient pris avec virulence à l’homéopathie. D’autres praticiens, plus que favorables à cette pratique, ont répliqué en portant plainte devant l’Ordre des médecins contre leurs confrères signataires.

Continuer à rembourser ou pas ? L’homéopathie continuera à être remboursée avait, en souriant, assuré Agnès Buzyn. Et ce même si c’est « probablement un effet placebo » (sic).  « Les Français y sont attachés, si cela peut éviter le recours à des médicaments toxiques (re-sic), je pense nous y gagnons collectivement …. ça ne fait pas de mal ! ». Et Mme Buzyn de précise que parmi les médecines « non conventionnelles » l’homéopathie était « aujourd’hui  la seule à être remboursée ». Tollé immédiat chez les militants de la médecine fondée sur les preuves. Embarras en haut lieu. C’était le début d’une longue et passionnante affaire médicale, pharmaceutique et politique (que nous rapportâmes ici-même et sur Slate.fr) – une affaire qui se conclut finalement, dans la douleur, par la programmation du déremboursement des spécialités homéopathiques.

Foie de canard et piscine olympique

Comment une ministre longtemps médecin hospitalier, puis accumulant les responsabilités à la tête d’institutions sanitaires avait-elle pu s’exprimer ainsi sur l’homéopathie ? Le Point (Thomas Malher et Géraldine Woessler) revient sur cet édifiant épisode dans un portrait élogieux consacré à la ministre : « Agnès Buzyn, la meilleure d’entre eux ?». « Incollable sur les techniques de greffe et les immunosuppresseurs, l’élève brillante d’est fait recaler sur les granules appréciées des Français » écrit Le Point.

« Je viens d’une spécialité traitant de maladies graves, et l’homéopathie n’était pas dans mon champ de vision, se défend Agnès Buzyn. Et, nous dit Le Point, elle jure : « Je croyais qu’on diluait un principe actif ». Vraiment ? Avant de découvrir, « consternée », « qu’on prend un extrait de foie de canard et qu’on le dilue dans une piscine olympique, qui elle-même est diluée à l’échelon de la galaxie ».  On comprendra qu’il s’agit ici d’une liquide métaphore hépatique et interstellaire qui fait l’économie du « mal contre le mal » et de la « dynamisation ». Une métaphore qui n’explique pas que ce dossier éminemment politique n’ait pas en amont été travaillé, comme il se devait, par son cabinet.

Le Point : « Assise toute droite dans le lumineux bureau de son ministère, face à la tour Eiffel, Agnès Buzyn s’anime, écartant les bras sur le mode : que vouliez-vous que je fasse ? ».  Agnès Buzyn : « Une fois que j’ai su, je ne pouvais plus lâcher prise, ou bien je perdais  toute crédibilité dans le champ médical ». On connaît la suite, qui vit la ministre (enfin) informée de son dossier politique ne plus lâcher prise et, ainsi, ne pas perdre de crédibilité dans le champ médical – du moins dans le champ qui ne soigne pas, parfois, grâce à l’homéopathie.

A demain @jynau