Homéopathie et politique : cinq député.e.s vont-ils être exclu.e.s du parti macroniste ?

Bonjour

La foudre va-t-elle s’abattre ? Après leur collègue « anti PMA pour toutes » exclue de leur groupe 1 cinq députés « marcheurs » viennent de franchir la ligne rouge macronienne.. Ils affichent, dans Le Journal du Dimanche, leur opposition à la volonté du Prince exprimée par sa fidèle ministre des Solidarités et de la Santé : dérembourser les granules dites homéopathiques.

Ces cinq rétifs cosigne une tribune avec quarante députés de « divers bords » emmenés par Paul Molac, 57 ans (Morbihan, Libertés et Territoires) riche personnalité culturelle et politique bretonne et française 2. Cinq élus dont la diversité dit tout de la richesse problématique du parti présidentiel. Cinq élus qui ne redoutent pas de prendre des risques politique. Par ordre alphabétique : 

1 Blandine Brocard (Rhône), 37 ans. « Elue depuis 2017. A travaillé comme juriste pour l’association des maires ruraux de France pendant dix ans. En octobre 2017, elle prend part à une conférence de presse avec Laurence Cohen (Parti communiste français) et Michèle Rivasi (Europe Écologie Les Verts) pour réclamer un moratoire avant d’étendre les obligations vaccinales pour les jeunes enfants, comme prévu par le gouvernement. Cette initiative est mise en cause par Richard Ferrand, alors président du groupe macroniste. »  

2 Jean-François Cesarini (Vaucluse), 48 ans. « Enfant et adolescent, il connaît une scolarité mouvementée et sera renvoyé de plusieurs établissements. Plus tard, il obtient un DEA en philosophie. À la suite du décès de son père, il hérite de l’affaire familiale (Cebillord et La Crémaillère). Toutefois, la succession n’est pas simple et sera marquée par plus de dix ans de procès contre sa mère pour faux, usage de faux et détournement d’argent (…)

« Il a contribué à la French Tech Culture, en devenant en 2015 l’un des cofondateurs (de l’incubateur de start up The Bridge (…) Durant le Festival Off d’Avignon de 2018, il se produit presque tous les soirs dans une pièce de théâtre, Demain vite !  Il y interprète le rôle d’un professeur qui donne une conférence sur les mérites du siècle à venir. Il est aussi parolier et a ainsi offert une chanson Taïwanà une délégation venue de ce pays. Il est d’ailleurs le président du groupe d’amitié parlementaire à l’Assemblée nationale entre la France et Taiwan, le groupe d’études à vocation internationale sur les questions liées à l’expansion de l’économie taïwanaise. 

« En octobre 2018, dans le cadre de l’examen du projet de loi de financement de la Sécurité sociale, il mène un groupe de 34 députés LREM qui défendent un amendement visant à rendre plus progressive la hausse de la CSG : celui-ci est adopté en commission des Affaires sociales grâce au renfort de députés de l’opposition et de certains MoDem, contre l’avis du groupe LREM et du rapporteur général du PLFSS, Olivier Véran, ce qui occasionne « un remontage des bretelles » de la part de Gilles Le Gendre, président du groupe LREM. »

3 Yves Daniel (Loire-Atlantique), 65 ans. « Rejoint le Parti socialiste en 2010. Investi par ce parti pour les élgislatives de 2012 il bat le député sortant et devient  membre de la commission des Affaires économiques et de la commission des Affaires européennes. Rejoint La République en marche ! au législatives de 2017 et il est réélu au second tour avec 61,79 % des voix face au candidat des Républicains. »

4 Stéphanie Kerbarh (Seine-Maritime), 43 ans. « Mère de deux enfants. Elle est médiatrice économique dans l’industrie et administratrice de l’association Obsar (« Observatoire des achats responsables »). Lors de l’élection présidentielle elle soutient la candidature d’Emmanuel Macron.  Elle est investie par la La République en marche ! pour être candidate aux législative. Elue  avec 62,94 % face à une candidate du Front national. Siège à la commission du développement durable et de l’aménagement du territoire, au sein de la majorité parlementaire. Elle est par ailleurs présidente du groupe d’études RSE – Responsabilité sociale des entreprises et membre du groupe d’études économie verte et économie circulaire. »

5 Benoît Potterie (Pas-de-Calais), 51 ans. « Effectue des études d’audio-prothèse puis s’installe comme opticien à Saint-Omer. Il détient en 2017 huit magasins dans la région des Hauts-de-France. Elu député de la 8e circonscription du Pas-de-Calais avec 56,79 % des voix face à une candicate du Front national au second tour des élections législatives 2017. En août 2018, il cosigne, avec une vingtaine de députés LREM, une tribune qui appelle à « aller plus loin » dans les possibilités d’ouverture dominicale des commerces. »

Les arguments des signataires de cette tribune ne sont en rien originaux.  Selon eux,« l’homéopathie répond à un réel besoin médical. Elle contribue indéniablement à diminuer la consommation médicamenteuse et ainsi à combattre l’antibiorésistance reconnue comme un problème majeur en termes de santé humaine et animale au niveau international. »

« Il est difficile d’accepter l’idée selon laquelle cette pratique, qui a longtemps été reconnue par les autorités et la communauté médicale, exercée pendant plus de deux cents ans par des médecins formés, et inscrite à la pharmacopée française en 1965, puisse soudainement être reléguée au rang de “fake médecine” »  ajoutent-ils.

Où l’on en vient à se demander, après tant d’autres (élus ou pas) s’il est besoin d’espérer pour entreprendre et de réussir pour persévérer.

A demain @jynau

1 Agnès Thill, députée de l’Oise, ex-macroniste  aujourd’hui « non-inscrite » pour cause de dissidence éthique signe également cette tribune

2 Paul MOLAC, Député du Morbihan, Libertés et Territoires, Emmanuelle ANTHOINE, Députée de la Drôme, Les Républicains, Sophie AUCONIE, Députée d’Indre-et-Loire, UDI et Indépendants, Ian BOUCARD, Député du Territoire de Belfort, Les Républicains, Blandine BROCARD, Députée du Rhône, La République en Marche, Xavier BRETON, Député de l’Ain, Les Républicains, Moetai BROTHERSON, Député de Polynésie Française, Gauche Démocrate et Républicaine, Fabrice BRUN, Député de l’Ardèche, Les Républicains, Michel CASTELLANI, Député de Haute-Corse, Libertés et Territoires, Jean-François CESARINI, Député du Vaucluse, La République en Marche, Jean-Michel CLEMENT, Député de la Vienne, Libertés et Territoires, Josiane CORNELOUP, Député de Saône-et-Loire, Les Républicains, Yves DANIEL, Député de Loire-Atlantique, La République en Marche, Olivier DASSAULT, Député de l’Oise, Les Républicains, Béatrice DESCAMPS, Députée du Nord, UDI et Indépendants, Frédérique DUMAS, Députée d’Ile-de-France, Libertés et Territoires, Olivier FALORNI, Député de Charente-Maritime, Libertés et Territoires, Michel FANGET, Député du Puy-de-Dôme, Mouvement Démocrate et apparentés, Yannick FAVENNEC, Député de Mayenne, Libertés et Territoires, Laurent FURST, Député du Bas-Rhin, Les Républicains, Bruno JONCOUR, Député des Côtes d’Armor, Mouvement Démocrate et apparentés, Sandrine JOSSO, Députée de Loire-Atlantique, Libertés et Territoires, Régis JUANICO, Député de la Loire, Socialistes et apparentés, Stéphanie KERBARH, Députée de Seine-Maritime, La République en Marche, François-Michel LAMBERT, Député des Bouches-du-Rhône, Libertés et Territoires, Marc LE FUR, Député des Côtes d’Armor, Les Républicains, Gilles LURTON, Député d’Ille-et-Vilaine, Les Républicains, Josette MANIN, Députée de Martinique, Socialistes et apparentés, Sophie METTE, Députée de la Gironde, Mouvement Démocrate et Apparentés, Bertrand PANCHER, Député de la Meuse, Libertés et Territoires, Eric PAUGET, Député des Alpes Maritimes, Les Républicains, Bernard PERRUT, Député du Rhône, Les Républicains, Maud PETIT, Députée du Val-de-Marne, Mouvement Démocrate et apparentés, Christine PIRES BEAUNE, Députée du Puy-de-Dôme, Socialistes et apparentés, Bérangère POLETTI, Députée des Ardennes, Les Républicains, Benoît POTTERIE, Député du Pas-de-Calais, La République en Marche, Frédéric REISS, Député du Bas-Rhin, Les Républicains, Jean-Luc REITZER, Député du Haut-Rhin, Les Républicains, Mireille ROBERT, Députée de l’Aude, La République en Marche, Eric STRAUMANN, Député du Haut-Rhin, Les Républicains, Agnès THILL, Députée de l’Oise, Non-inscrite, Patrice VERCHERE, Député du Rhône, Les Républicains, Michèle VICTORY, Députée de l’Ardèche, Socialistes et apparentés, Stéphane VIRY, Député des Vosges, Les Républicains, Michel ZUMKELLER, Député du Territoire de Belfort, UDI et Indépendants.

Scandale américain des opiacés : représentation de Tartuffe au Louvre, salle des Antiquités

Bonjour

De l’intérêt de l’adhésivité enrubannée. Mercredi 17 juillet, un journaliste de l’Agence France Presse a pu constater que les panneaux de plusieurs salles du Louvre consacrées aux Antiquités orientales étaient recouverts de morceaux de ruban adhésif pour masquer la mention « aile Sackler », encore gravée sur les plaques. Contactée, la direction du célèbre musée n’était pas en mesure de préciser quand ce masque avait été posé.

« Sackler » :  patronyme de riches mécènes américains accusés, via leur firme pharmaceutique Purdue Pharma d’être directement et gravement impliqués dans ce qu’il est convenu d’appeler la « crise des opiacés » aux Etats-Unis -un scandale sanitaire majeur sur fond de commerce massif de puissants antalgiques addictifs..

Or cette section du Louvre arborait le nom de cette famille américaine depuis un don que cette dernière avait fait en 1996. Le 1er juillet dernier l’association américaine PAIN (acronyme de « Prescription Addiction Intervention Now », « Intervention contre l’addiction aux prescriptions maintenant ») organisait une manifestation devant le Louvre pour  réclamer à la direction de débaptiser cette aile. Menée par la photographe Nancy Goldin, ancienne accro aux antidouleurs, l’organisation milite pour inciter les institutions culturelles à s’éloigner de la famille Sackler, au vu de son rôle dans la crise des opioïdes responsable de dizaine de milliers de morts aux Etats-Unis.

Le président du Louvre, Jean-Luc Martinez, a réagi sur RTL en expliquant que le musée n’a « pas à débaptiser ces salles puisqu’elles ne portent plus le nom de Sackler » : les règles internes à l’institution prévoient que le « nommage » d’une salle dure « vingt ans » maximum, avait-il expliqué. Le nom Sackler ne serait donc plus associé au Louvre, selon lui, depuis 2016. Le musée aurait-il oublié d’effacer les mentions « aile Sackler » sur ses panneaux depuis trois ans ? Interrogé à ce sujet, à tout autre commentaire la direction du musée s’est refusée.

Quirrons le Louvre. Quelques pas et voici la Comédie française. Chef d’œuvre, Acte III, scène 2.

« (…) Tartuffe, tirant un mouchoir de sa poche.

 Ah ! mon Dieu ! je vous prie,
Avant que de parler, prenez-moi ce mouchoir.

Dorine

Comment !

Tartuffe

 Couvrez ce sein que je ne saurais voir.
Par de pareils objets les âmes sont blessées,
Et cela fait venir de coupables pensées. (…) »

A demain @jynau

Oui, Agnès Buzyn a laissé la porte grande ouverte à la pratique de la médecine homéopathique

Bonjour

C’est fait : comme elle s’y était engagée, la ministres des Solidarités et de la Santé a rencontré les représentants du lobby français pro-homéopathie : sept représentants d’un collectif ,composé du Syndicat National des Homéopathes français (SNMHF), de l’Association Homéo-Patients France (AHP France), de la Société Savante d’Homéopathie (SSH) et de 14 autres organisations de patients, de professionnels de santé et d’entreprises du médicament 1. Une rencontre « en vue d’échanger sur sa décision de dérembourser les médicaments homéopathiques ». Au terme de cette rencontre, un communiqué destiné à la presse.

 On y apprend qu’Agnès Buzyn a confirmé la décision de déremboursement – à partir de janvier 2021, avec un passage au taux de 15% au premier janvier 2020. « Sans nier l’utilité de l’homéopathie, les bénéfices pour les patients et la légitimité des médecins à orientation homéopathique, elle a rappelé qu’elle s’était uniquement conformée à l’avis de la Haute Autorité de Santé, peut-on lire dans ce communiqué. Nous le regrettons profondément pour les patients et professionnels de santé, d’autant plus que cet avis ne tient pas compte de la spécificité du médicament homéopathique. »

 Et puis on lit ceci :

 « Nous avons bien pris note de l’écoute de Mme la Ministre à l’égard de nos préoccupations concernant les impacts de cette décision sur les professionnels de santé, les patients et les salariés. Nous avons pris acte de son ouverture quant à l’opportunité de mener de nouvelles études en vue d’une réévaluation des médicaments homéopathiques. Madame la Ministre a également rappelé que la décision ne devait remettre en cause ni la place de l’homéopathie dans l’offre de soins, ni la liberté d’accès des patients à cette thérapeutique. »

En d’autres termes, à l’exception de la programmation du déremboursement rien ne change sous le ciel de France. Une « réévaluation » de l’efficacité des spécialités contestées n’est pas à exclure. La discipline continuera à être enseignée, la spécialité reconnues et les consultations prises en charge par la collectivité. Et, déjà, des mutuelles annoncent qu’elles prendront en charge à 100% les médicaments déremboursés – parfois à grand renfort de publicité comme Alptis (pleine page dans Le Monde) Quant au « collectif », il déclare : Quant au « collectif », il déclare :

« Nous restons déterminés à poursuivre la mobilisation collective pour maintenir l’homéopathie comme discipline médicale exercée par des professionnels de santé formés et intégrée dans notre système de soins, au bénéfice des millions de patients qui y ont recours. »

Pour l’heure rien ne filtre sur les actions à venir du camp d’en face.

A demain @jynau

 1 Société homéopathique internationale de soins de support en oncologie – SHISSO, Société Française d’Homéopathie – SFH, Fédération Nationale des Sociétés Médicales Homéopathiques de France- FNSMHF, Syndicat National de la Préparation Pharmaceutique – SN2P, CNP MEP Médecine Anthroposophique, CNP MEP Médecine Homéopathique, Fédération Française des Sociétés d’Homéopathie – FFSH, Centre Homéopathique de France – CHF – Centre de santé Saint- Jacques, Centre d’Enseignement de Développement de l’Homéopathie- CEDH, Institut National Homéopathique Français – INHF Paris, Collectif Safemed, Boiron, Lehning, Weleda.

Homéopathie: Michèle Rivasi et Boiron exhortent Emmanuel Macron à revenir sur sa décision

Bonjour

C’est l’heure du coûte que coûte. Michèle Rivasi, tout d’abord, militante verte bien connue. Agnès Buzyn, sur RTL, vient (une nouvelle fois) de la tacler, l’accusant notamment d’être « anti-vaccins » et mettant en doute sa rigueur scientifique. Michèle Rivasi qui se présente comme « députée européenne EELV et diplômée de l’Ecole normale supérieure et agrégée en biologie ». Voici son message :

« Le Président Emmanuel Macron approuve le déremboursement total à horizon 2021 de l’homéopathie, médecine complémentaire ayant des adeptes en France, et ce malgré le million de citoyens pétitionnaires. Voici revenu le temps de l’inquisition, de l’uniformisation, de la science réductionniste. Cela va entraîner le retour des guérisseurs sans formation.

Pourtant, des meta analyses remettent en cause l’explication par le seul effet placebo. Affirmer son inefficacité est faux meme si des études cliniques manquent. Le gouvernement et la ministre Agnès Buzyn  manifestent par cette décision de déremboursement leur volonté d’éradiquer une pensée et des pratiques médicales différentes.

Le patient sera le premier perdant du déremboursement de l’homéopathie. Idem pour la Sécu puisque les malades de tourneront vers des médicaments plus chers. Cela va priver l’homéopathie de la légitimité d’être enseignée en universités avec les médecins contrôlés et formés. Quelle déception !  »

On attend désormais avec le plus vif intérêt les déclarations de Yannick Jadot, chef de la délégation française EELV au Parlement européen.

« Agnès Buzyn assène des vérités qu’elle n’a pas vérifiées, c’est de l’amateurisme »

Aux côtés de Michèle Rivasi, les Laboratoires Boiron, leader mondial de ce secteur pharmaceutique. Et au micro du Monde (Paul Benkimoun et François Béguin) Valérie Lorentz-Poinsot, directrice générale de ce puissant groupe. Extraits :

« Nous sommes tous extrêmement choqués et très en colère de la manière dont cette affaire se déroule depuis un an. C’est un massacre organisé que nous vivons. Je ne m’explique pas pourquoi tant d’agressivité et tant d’injustice par rapport à l’homéopathie, qui concerne des millions de Français et ne coûte quasiment rien. Elle représente 0,06 % du total des dépenses de santé en France. Dérembourser, c’est mettre à terre un champion français. A qui cela profite-t-il ?

« Je souhaite lever le voile sur toutes les incohérences et irrégularités qui ont eu lieu dans le cadre de ce travail depuis un an. Nous allons donc d’abord tenter d’infléchir la décision de Mme Buzyn, que je vais rencontrer demain, et également en appeler au président de la République. Il a changé d’avis sur le carburant ou le glyphosate ; il est possible qu’après discussion, il évolue sur l’homéopathie, car je pense qu’il n’a pas tous les éléments. Sinon, nous déposerons un recours pour excès de pouvoir auprès du Conseil d’Etat (…)

« Nous dénonçons la méthode, qui est incompréhensible, avec une succession de fuites organisées dans la presse depuis le début. Nous contestons également les pratiques de la HAS, qui n’avait pas les moyens de nous évaluer. Nous avons récupéré les minutes des discussions entre les membres de la commission de la transparence de la HAS. Elles sont dramatiques. De façon partiale, ils ont écarté tout ce qui était positif pour l’homéopathie, ce qu’ils reconnaissent eux-mêmes (…) il n’y a pas d’expert de l’homéopathie à la HAS. L’homéopathie doit être considérée dans sa spécificité. Lorsque Xavier Bertrand était ministre de la santé, il avait demandé une vaste étude, l’étude Epi 3, qui montrait que les traitements homéopathiques permettaient de diviser par deux les prises d’antibiotiques et d’anti-inflammatoires et par trois celles d’anxiolytiques. Il existe une étude majeure adaptée à l’homéopathie mais la HAS l’a écartée en utilisant le prétexte que les groupes de patients n’étaient pas comparables. Ce qui est faux, les groupes étaient tout à fait ajustés. »

« Agnès Buzyn assène des vérités qu’elle n’a pas vérifiées, c’est de l’amateurisme. On ne peut pas parler de carburant et des problématiques de pouvoir d’achat et dire le lendemain que les Français peuvent se payer l’homéopathie. Un déremboursement maintenu à 15 % aurait été complètement neutre pour l’Assurance-maladie, mais pas pour le pouvoir d’achat des Français.

« Nous sortons d’un débat public où le président de la République lui-même a dit qu’il fallait écouter les Français et a proposé que l’on passe le seuil du référendum d’initiative partagé à 1 million. En deux mois et demi, 1,2 million de signatures ont été recueillies en faveur du maintien du remboursement de l’homéopathie et on ne les écoute pas. Les Français veulent du remboursement sur ce type de risque. Les médecins vont prescrire d’autres traitements plus coûteux et délétères pour la santé, qui sont toxiques alors que l’homéopathie ne l’est pas. Il est encore temps pour la ministre et le chef de l’Etat de revenir sur cette décision. »

Coûte que coûte.

A demain @jynau

L’homéopathie déremboursée et les riches dîners de François de Rugy en l’hôtel de Lassay

Bonjour

Hasard ou fatalité ? Quand Agnès Buzyn, sur RTL, explique ce 10 juillet quand, comment et pourquoi les médicaments homéopathiques ne seront plus remboursé voilà, sur France Inter, que François Goullet de Rugy doit s’expliquer sur des dîners dont les factures seront réglées par les citoyens français. Et au risque de faire le jeu des extrêmes et des désabusés les médias s’en donnent à cœur joie.

 « En période de disette budgétaire, la dépense passe mal auprès de certains fonctionnaires de l’Assemblée, résume Le Monde. Le site d’information en ligne Mediapart révèle, mercredi 10 juillet, que François de Rugy a organisé entre octobre 2017 et juin 2018 au moins une dizaine de dîners dans les salons de l’hôtel de Lassay, lorsqu’il était président de l’Assemblée nationale, sans lien apparent avec ses fonctions.

Parmi les convives identifiés par Mediapart (Fabrice Arfi) figurent notamment des membres de sa famille et des amis de sa femme Séverine, journaliste à Gala. Interrogé par le site d’information, le célèbre éditorialiste Jean-Michel Aphatie, invité par l’intermédiaire de sa femme, une proche de Mme de Rugy, raconte : « J’ai hésité à y aller parce que si le déjeuner est un espace de travail, le dîner est un espace ambigu. (…) J’ai vite compris que cela n’avait pas beaucoup de sens d’être là pour moi. Ce n’est pas un dîner de travail. Et si c’était à refaire, non, je ne le referais pas. » (sic)

Défendre sa femme

Sur France Inter, celui qui est devenu ministre, d’Etat, ministre de la Transition écologique et solidaire a qualifié l’article de Mediapart de « grotesque » et « pamphlétaire » : « La réalité, c’est que, élu président de l’Assemblée nationale, j’ai mis un peu d’ordre dans la gestion de certains budgets. J’ai réduit la retraite des députés, supprimé les avantages des anciens présidents de l’Assemblée… » Et d’ajouter :

« J’assume que ma femme ait pu participer, je défendrai ma femme. Nous n’avons rien à nous reprocher (…). [Quant aux invités], ce ne sont pas des amis, certains nous les connaissions, d’autre pas (…), c’est ça le propre d’avoir des relations de travail. » A Mediapart, François Goullet de Rugy avait assuré qu’il s’agissait de « dîners informels liés à l’exercice de [ses] fonctions avec des personnalités issues de la société civile », pour « répondre à l’exigence de représentation liée à [sa] fonction ».

Saint-Valentin et déjeuner de mariage

Mais ce n’est pas tout. Selon d’autres éléments (également recueillis par Mediapart),  les moyens de l’Assemblée nationale auraient également été utilisés pour organiser le dîner de Saint-Valentin du couple en 2018. « Le service de restauration de l’hôtel de Lassay a eu la délicate attention, sans qu’aucune demande préalable ne leur soit faite, de décorer la table de François de Rugy et son épouse », a justifié l’entourage du ministre au site d’information.

L’ancien président de l’Assemblée nationale avait déjà été épinglé par la presse en juillet 2018, pour avoir notamment organisé le déjeuner de son mariage à l’hôtel de Lassay, le 17 décembre 2017. Il avait alors affirmé avoir remboursé une partie importante des frais engagés par l’Assemblée nationale.

Sur RTL, Agnès Buzyn explique qu’une grande partie des médicaments homéopathiques ne sont pas remboursés.

« Ces médicaments coûtent très peu chers. Nous avons fait des calculs, quand on regarde les 1% des Français qui consomment le plus l’homéopathie, des très gros consommateurs, ils sont remboursés au plus fort de 25 euros par mois, c’est-à-dire de 2 euros par mois. »
« Cela ne peut pas grever le budget des Français car cela coûte très peu cher. Je pense que cela ne créera pas de la médecine à deux vitesses pour ceux qui souhaitent vraiment continuer à en consommer. Sachant que beaucoup de médicaments homéopathiques aujourd’hui sont consommés sans jamais avoir été remboursés. » 

Hasard médiatique ou fatalité politique ? Prendre le risque, en rapportant tout ceci, de faire le jeu des extrémistes ?

A demain @jynau

Homéopathie, argent et politique : la suite du feuilleton, avec Agnès Buzyn et Emmanuel Macron

Bonjour

Comment s’en lasser ? Si l’on en croit Les Echos, après plusieurs jours d’hésitations, le chef de l’État aurait « conforté ce 9 juillet  » Agnès Buzyn dans son choix de dérembourser totalement l’homéopathie. « Dix jours après les conclusions de la Haute Autorité de Santé, Emmanuel Macron a finalement opté pour un déremboursement total de l’homéopathie, et non partiel comme le préconisait notamment Xavier Bertrand », affirme le quotidien économique.   

« Si cet arbitrage est définitivement confirmé, il s’agirait d’une victoire politique pour Agnès Buzyn qui a pesé de longue date en faveur du déremboursement, assure Le Quotidien du Médecin.  Ce 9 juillet, lors d’une séance de questions devant le Sénat, la ministre a indiqué qu’elle s’exprimerait sur le remboursement de l’homéopathie demain10 juillet. »

« Victoire » pour Agnès Buzyn qui serait « confortée » ? C’est là une bien étrange façon de réécrire l’histoire. Le 12 avril 2018, invitée de la matinale sur RMC-BFM TV, Agnès Buzyn annonçait, au début de la touremnte, que les spécialités homéopathiques continueraient à être remboursées par l’assurance maladie, même si c’est «probablement un effet placebo». «Les Français y sont attachés. Si cela peut éviter le recours à des médicaments toxiques, je pense nous y gagnons collectivement. Voilà, ça ne fait pas de mal ! », osait alors la ministre qui fut la cible d’innombrables moqueries sur les résaux sociaux 1.

Puis cette même ministre assura qu’elle ne déciderait pas mais qu’elle s’en remettrait à l’avis de la Haute Autorité de Santé. Et aujourd’hui elle « aurait pesé de tout son poids » ? On en reste coi.

Et puis ces mots d’Agnès Buzyn, dans Le Parisien du 10 juillet : « Pourquoi je dérembourse l’homéopathie » (sic)

« J’ai toujours dit que je suivrais l’avis de la Haute Autorité de santé (HAS), j’ai donc décidé d’engager la procédure de déremboursement total. Il sera effectif au 1er janvier 2021. Mais pour se laisser le temps de la pédagogie et accompagner les patients, j’ai souhaité organiser une période de transition. À partir du 1er janvier 2020, nous mettons donc en place une année de remboursement intermédiaire à 15 %, contre 30 % aujourd’hui. Cela laissera aussi le temps aux industriels de s’organiser.

« La règle est que tout ce qui est financé par la solidarité nationale est d’abord évalué par la HAS, qui renouvelle son avis sur le service médical rendu tous les cinq à dix ans pour la grande majorité des traitements. Seuls les médicaments homéopathiques y ont échappé. En 1984, la ministre des Affaires sociales de l’époque [Georgina Dufoix], a décidé de son remboursement sans passer par cette procédure. C’était un choix (…)  Face à l’actuelle controverse dans l’opinion publique, j’ai saisi la HAS le 1er août 2018 (…) Je suis donc son avis qui recommande le déremboursement. »

« Plus d’un million de Français ont exprimé leur désaccord dans une pétition. Ce sera une mesure impopulaire. Vous serez « la » ministre qui dérembourse… » avance Le Parisien. Agnès Buzyn :

« Oui, je l’assume. Car, déjà, une grande partie de ces médicaments ne sont pas remboursés. Pour les 1200 autres, consommés par environ 7 millions de Français en 2018, la somme moyenne remboursée est de 18 euros par an, soit moins de 1,5 euro par mois. L’an passé, les plus grands consommateurs n’ont reçu que 25 euros de l’Assurance maladie. Ils représentent moins de 1 % des Français. Je ne pense donc pas que cette mesure freinera le recours à l’homéopathie. »

Dérembourser sans freiner ? Nous y reviendrons.

A demain @jynau

A demain @jynau

1 Voir « La guerre de l’homéopathie touche peut-être bientôt à sa fin » Slate.fr 4 avril 2019

Alerte rouge au paracétamol-Doliprane®: «dépasser le dosage peut détruire le foie !»

Bonjour

C’est une exclusivité donnée au Parisien (Florence Méréo), affaire aussitôt développée sur les ondes de RTL. Tout aurait commencé il y a précisément un an : le 12 juillet 2018 on apprenait, grâce à la procureure de la République de Strasbourg révélait que le décès de Naomi Musenga (jeune femme qui n’avait pas été prise en charge par le Samu local) aurait eu pour origine première une intoxication au paracétamol.

Agée de 22 ans, à l’agonie lors de sa conversation avec une opératrice du Samu, Naomi était victime « d’une intoxication au paracétamol absorbé par automédication sur plusieurs jours ». « La destruction évolutive des cellules de son foie a entraîné une défaillance de l’ensemble de ses organes conduisant rapidement à son décès » expliquait la procureure.

L’affaire de Naomi fut amplement médiatisée. Un mois plus tard, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) lançait « une consultation publique pour sensibiliser le public ». « 2 300 personnes y ont participé, dont 75 % de particuliers. La démocratie sanitaire a fonctionné » explique aujourd’hui au Parisien le Dr Dominique Martin, directeur général de l’ANSM. Et 97 % des répondants ont opté pour « l’ajout d’un message clair sur les boîtes » 1.

Ce sera bientôt chose faite. La mention sera écrite en lettres majuscules rouges et est surmontée d’un triangle d’alerte : « Surdosage = danger. Dépasser la dose peut détruire le foie ». « Il s’agit d’un message majeur. Nous le voulions direct et visible. C’est pourquoi, afin d’être vu par tout le monde, il sera apposé sur la face avant des boîtes. À l’arrière, nous avons opté pour un rappel pédagogique des bonnes pratiques », explique encore le Dr Martin.

Paracétamol (Doliprane®, Efferalgan®, Fervex® Dafalgan® etc.). L’affaire est d’importance : ce sont lesmédicaments les plus vendus de France, sans jamais de rupture de stock. Médicaments en vente libre dans les pharmacies ; une consommation en hausse de 53 % en dix ans ; un milliard de boîtes commercialisées chaque année et pour l’essentiel une consommation-automédication ».

Le nouveau pictogramme dévoilé par Le Parisien-Aujourd’hui en France, va apparaître sur les deux cents spécialités de paracétamol seul ou en association avec d’autres substances. D’ici là on écoulera les stocks (durant neuf mois). « Il est très important d’informer, car le risque n’est pas connu. On ne sait pas que l’excès de paracétamol peut avoir des conséquences dramatiques sur le foie, notamment chez les personnes dénutries, qui consomment de l’alcool ou qui en abusent pour calmer, par exemple, une rage de dent » précise le Pr Cyrille Ferray, gastro-entérologue et hépatologue à l’hôpital Paul Brousse de Villejuif (Val-de-Marne).

Pour le directeur général de l’ANSM le surdosage est la première cause de greffe hépatique après intoxication médicamenteuse. Combien de cas ? Le Dr Martin ne le dit pas. Il n’existe curieuseent pas de données précises sur les incidents liés à la molécule mais le directeur général estime avoir « suffisamment d’informations pour en faire une question de santé publique ». C’est aussi une question de deniers publics. Selon l’Observatoire français des médicaments antalgiques (OFMA), 52 % de la population a eu, en 2018, « au moins » une ordonnance remboursée de paracétamol. Parmi eux, 11,3 % ont eu au minimum six délivrances au cours de l’année. « Cela donne une idée de la proportion de patients avec un usage potentiellement chronique de paracétamol », souligne le Pr Nicolas Authier, président de l’OFMA.

En faire trop ? Trop en faire ? Où l’on voit, finalement, comment un fait divers peut alimenter ce qu’il est convenu d’appeler démocratie sanitaire.

A demain @jynau

1 Personne en semble avoir imaginé de demander aux pharmaciens d’officine de rappeler systématiquement à leurs clients les dangers du surdosage.