Cocaïne en France : baisse constante de nos prix. 71,5 euros le gramme bien dosé et livré

Bonjour

13 décembre 2019. Derniers résultats de « TREND », dispositif national de détection des phénomènes émergents de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT)  1. Ils dessinent une France inédite, une cartographie des souffrances, de la misère et des consommations de substances illicites. A ce titre ils mettent en lumière les impasses du législatif, l’incurie de l’exécutif, l’extension constante de l’ubérisation-numérisation de la société française. Et plus généralement la rémanence de tous les obstacles s’opposant à une véritable politique de réduction des risques. Extraits (nous soulignons) :

« Après le recours aux livraisons à domicile et aux SMS promotionnels des trafiquants en direction des usagers les plus insérés, le dispositif souligne désormais l’importance prise par les « centrales d’achat » (Bordeaux, Lyon, Marseille, Metz, Paris et Seine-Saint-Denis, Toulouse). Ces dernières, de même que de plus en plus de petits réseaux, utilisent des messageries telles que Snapchat, Whatsapp ou Instagram.

« De plus en plus, certains réseaux rationalisent leur activité en reprenant les méthodes d’organisation des entreprises classiques : stratégies marketing, diminution des stocks ou flexibilisation de la main-d’œuvre. Le darknet apparaît quant à lui comme une source croissante d’approvisionnement pour de petits trafics. Internet est également privilégié pour l’achat de NPS dont les cannabinoïdes de synthèse, notamment en vue de la fabrication d’e-liquides, ou pour certaines formes concentrées de cannabis (huile, wax) »

Concernant les usagers, TREND évoque « l’état sanitaire particulièrement dégradé et l’aggravation des difficultés rencontrées par les plus précaires ».

« Plusieurs sites (Lille, Lyon, Paris, Rennes, Toulouse) mentionnent une intensification des opérations policières (contrôles, fouilles corporelles, délogements) alors que les évacuations de squats sont signalées par toutes les coordinations. En parallèle, les professionnels de la prise en charge constatent que l’inexistence ou la saturation des structures adaptées aux personnes sans domicile est un obstacle majeur à la mise en œuvre d’un accompagnement. Parmi les différentes populations précaires repérées, TREND souligne la visibilité accrue de jeunes usagers (15-25 ans) polyconsommateurs. Le dispositif relève aussi l’augmentation des arrivées d’usagers d’Europe de l’Est, singulièrement de Géorgie.

« Beaucoup de ces usagers pratiquent l’injection, particulièrement de médicaments opioïdes. Enfin, après Paris et Rennes, Bordeaux, Lyon et Marseille évoquent la présence accrue de mineurs non-accompagnés originaires d’Algérie ou du Maroc, parfois engagés dans des parcours de délinquance. Consommateurs de médicaments divers, ces jeunes sont également concernés par des usages détournés de prégabaline (Lyrica®), molécule prescrite contre les douleurs neuropathiques, comme anticonvulsivant ou pour certains troubles anxieux. Après Marseille et Lyon, Bordeaux, Rennes, Paris et la Seine-Saint-Denis signalent un développement de ces usages. »

On notera d’autre part la « disponibilité en hausse d’une diversité de produits ».

« TREND insiste sur l’accessibilité élargie de la cocaïne en pointant la visibilité accrue de la cocaïne basée (ou crack). Sur le territoire national la concurrence entre les multiples filières d’approvisionnement et réseaux de revente favorise la circulation d’un produit aux teneurs élevées dont le prix moyen diminue (71,5 euros le gramme). Les sites TREND observent des « transferts » et une intensification des usages de cocaïne chez des personnes déjà consommatrices d’autres psychotropes ou chez des jeunes en errance, alors que l’émergence d’usages chez de très jeunes majeurs, visibles en consultations jeunes consommateurs (CJC), est rapportée à Bordeaux, Lyon ou Metz.

« Cette propagation des usages de cocaïne, qui reste limitée à l’échelle de la population générale, concerne d’abord la forme poudre, sniffée par les usagers les plus insérés et davantage injectée chez les plus précaires ou dépendants. Le produit est aussi de plus en plus consommé sous sa forme base et fumé. Alors que le seul marché organisé et pérenne de crack reste parisien, un élargissement de la pratique du basage est constaté, y compris en zones rurales (Lille, Lyon, Marseille). Certains usagers socialement intégrés parviennent à maîtriser leurs prises en le consommant ponctuellement.

« Pour les populations plus vulnérables, le passage à la cocaïne basée, très addictive, coïncide souvent avec une perte de contrôle des consommations, une dégradation rapide de l’état de santé et de la situation socio-économique. L’impact sanitaire de cette situation se traduit par la forte augmentation des demandes de soins, une part croissante des intoxications reportées et une hausse des décès impliquant la cocaïne. »

 A demain @jynau

1 « Tendances récentes et nouvelles drogues » (TREND) a été créé en 1999 par l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies. Il assure une veille sur les phénomènes émergents dans le champ des produits psychoactifs et décrit des populations particulièrement consommatrices. Ces éléments de connaissance visent à éclairer les pouvoirs publics et les professionnels en contact avec les usagers. TREND appuie ses investigations sur un réseau de 8 coordinations implantées à Bordeaux, Lille, Lyon, Marseille, Metz, Paris, Rennes et Toulouse dotées d’une stratégie commune de collecte et d’analyse de l’information. Celles-ci mettent en œuvre des outils d’observation qualitatifs (observations ethnographiques, entretiens…) et recueillent leurs données auprès d’acteurs (usagers, intervenants du secteur socio-sanitaire et de l’application de la loi, etc.) dont l’ancrage local contribue à une meilleure compréhension des spécificités territoriales. Les espaces urbains (rue, squats, structures d’accueil des usagers) et festifs techno (alternatif, commercial, festif gay, gay-friendly) sont les deux principaux champs investigués par les coordinations.

Alcoolisme: Agnès Buzyn va-t-elle, royalement, rembourser le baclofène à hauteur de … 15% ?

Bonjour

Pas homéopathique, mais presque. Et, quoi qu’on pense par ailleurs, une forme de mépris des malades de l’alcool. On attend ici le couperet d’Agnès Buzyn.  L’information est tombée aujourd’hui, transmise par les vigies du Flyer (Mustapha Benslimane). Où l’on apprend que le Baclocur® (baclofène) a obtenu de la HAS un Service Médical Rendu (SMR) faible, ouvrant droit au remboursement à… 15% : « Baclofène BACLOCUR, comprimé pelliculé sécable Première évaluation » (nous soulignons):

« Avis favorable au remboursement pour réduire la consommation d’alcool, après échec des autres traitements médicamenteux disponibles, chez les patients adultes ayant une dépendance à l’alcool et une consommation d’alcool à risque élevé (> 60 g/jour pour les hommes ou > 40 g/jour pour les femmes). Cet avis est conditionné à la collecte de données d’efficacité et de tolérance dans un délai maximal de 3 ans en vue d’une réévaluation.

« La prise en charge de l’alcoolodépendance a fait l’objet de recommandations nationales par la Société française d’Alcoologie. Le baclofène, constitue, en association à un suivi psychosocial axé sur l’observance thérapeutique et la réduction de la consommation d’alcool, une option thérapeutique de dernier recours pour réduire la consommation d’alcool chez les patients adultes ayant une dépendance à l’alcool avec consommation d’alcool à risque élevé (> 60 g/jour pour les hommes ou > 40 g/jour pour les femmes), ne présentant pas de symptômes physiques de sevrage et ne nécessitant pas un sevrage immédiatement. Le bénéfice potentiel du traitement est conditionné par l’observance du patient. Conformément au RCP, son utilisation doit s’accompagner d’un suivi médical rapproché en particulier pendant la phase de titration. La dose journalière maximale de baclofène est de 80 mg par jour. Le RCP précise par ailleurs qu’en l’absence d’efficacité après 3 mois de traitement, celui-ci doit être arrêté de façon progressive et qu’il n’existe pas de données issues d’études au-delà de 12 mois. »

Aotal®, Esperal® Revia® Selincro® et … Baclocur®. 

Comment comprendre, quand on sait que le contesté Selincro® (46 euros la boîte de 14) est pris en charge à hauteur de 30% depuis plusieurs années. « On peut noter au passage une baisse continu du taux de remboursement des médicaments pour les troubles liés à l’usage d’alcool, observe Le Flyer. De 65% pour Aotal®, Esperal® et Revia® à 30% pour Selincro®, pour arriver à 15% pour Baclocur®. Le prochain candidat au remboursement risque de ne pas être remboursé du tout s’il peine à démontrer a priori une utilité plus grande que l’existant. Un peu comme si les médicaments pour les troubles liés à l’usage d’alcool servaient de moins en moins l’intérêt des patients et de la collectivité et un peu comme si l’alcool posaient de moins en moins un problème de Santé Publique. »

De se point de vue on se régalera, ici, à la lecture des échanges des membres de la Commission de Transparence du 6 novembre dernier.  « Dans les faits, cela ne changera pas grand-chose, souligne Le Flyer. Les mutuelles prendront en charge le remboursement complémentaire dans la plupart des cas et beaucoup de patients ont déjà une ALD 30 leur ouvrant un droit au remboursement à 100%. Mais, en termes de symbole …. on propose par cet avis que la solidarité nationale intervienne à hauteur de 15% dans la prise en charge d’un traitement dont les cliniciens ont jugé depuis 10 ans son utilité pour des patients, souvent en échec avec d’autres thérapeutiques. »

Et maintenant ? Il reste à Agnès Buzyn de décider. Aura-t-elle la lucidité pour ne pas dire le courage, d’octroyer un taux de remboursement digne d’un médicament qui aide ; jui aussi, à lutter contre le fléau de l’alcool. Le baclofène n’est pas un remède miracle. Mais, Mme Buzyn le sait, les miracles sont assez rares dans le champ de la lutte contre les addictions.

A demain @jynau

Messieurs, tout ce qu’il vous faut savoir avant le médicament contre la chute de vos cheveux

Bonjour

Que ferions-nous sans notre Agence du médicament ? L’ANSM publie aujourd’hui une fiche d’information « à destination des hommes qui prennent actuellement du Propecia® et génériques (finastéride) pour traiter la chute de leurs cheveux ou pour lesquels la prescription est envisagée ». Où l’on voit que la transparence progresse :

« Elaborée en concertation avec les associations de patients et les professionnels de santé concernés, cette fiche vise à renforcer l’information des patients sur le risque de survenue de certains effets indésirables, tels que des troubles psychiatriques et/ou de la fonction sexuelle associés à la prise de finastéride ». Cette fiche rappelle :

  • les bénéfices escomptés au regard des risques associés à la prise de ce médicament indiqué dans certaines formes peu évoluées de calvitie (alopécie androgénétique) chez l’homme âgé de 18 à 41 ans ;
  • l’intérêt de s’accorder un délai de réflexion avant de commencer ce traitement de longue durée ;
  • la conduite à tenir en cas d’effets indésirables (diminution de la libido, troubles de l’érection, problème d’éjaculation tel qu’une diminution du volume de l’éjaculat, dépression) ;
  • et notamment l’arrêt du traitement en cas de modification de l’humeur.

Destinée à être remise par le médecin lors de la consultation et par le pharmacien au moment de la délivrance, cette fiche est un outil de dialogue entre le patient et ses professionnels de santé. Elle est également téléchargeable sur le site de l’ANSM.

L’ANSM poursuit par ailleurs ses investigations dans le double objectif d’améliorer les connaissances sur les effets indésirables du finastéride et de renforcer la sécurité d’utilisation de ce médicament. L’utilisation du finastéride 1 mg fait actuellement l’objet d’une surveillance étroite tant au niveau européen que national. Il importe que les informations relatives à sa sécurité soient largement partagées.

Avant d’en arriver à son retrait ?

A demain @jynau

Mutations du VIH : alerte aux premières contaminations sous prophylaxie pré-exposition

Bonjour

C’est une publication qui, au choix, rassurera ou sonnera comme une alerte : « Brief Report: Incidence of HIV in a Nationwide Cohort Receiving Pre-exposure Prophylaxis for HIV Prevention » (J Acquir Immune Defic Syndr. 2019 Dec 15;82(5):427-430.). Une information heureusement reprise par Le Quotidien du Médecin (Charlène Catalifaud).

Les auteurs américains rapportent six cas d’infection par leVIH chez des personnes sous prohylaxie pré-exposition (PrEP). Des données issue d’une « étude de cohorte rétrospective en vie réelle » menée sous l’égide de la Veterans Health Administration. Soit 825 personnes ayant démarré une PreP (emtricitabine/fumarate de ténofovir disoproxil, Truvada® et génériques) entre juillet 2012 et avril 2016 avec prise quotidienne – âge moyen 41 ans – durée médiane d’utilisation de la PreP : 8 mois.

Infectées malgré une prise correcte du traitement.

Quatre des personnes infectées ont fait état d’interruptions de traitement prophylactique allant de 4 à 162 jours. Elles ont été infectées au cours des périodes où elles n’étaient plus sous PrEP. Les deux autres personnes ont été infectées malgré une prise correcte du traitement. Et l’analyse génomique du VIH a montré que celui-ci était porteur d’une mutation appelée M184V au niveau de la transcriptase inverse, mutation associée à une résistance à l’emtricitabine, un des antirétroviraux de la PreP.

Rappelons qu’en France plus de 20 000 personnes ont depuis 2016 déjà eu recours à la PrEP  (derniers chiffres communiqués par l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé) 1.

« Les résultats actualisés montrent que la diffusion de la PrEP en France se poursuit et s’intensifie. Ainsi, le nombre de personnes de 15 ans et plus ayant initié un traitement par Truvada® ou générique pour une PrEP depuis 2016 atteint 20 478 au 30 juin 2019, soit le double du chiffre atteint fin juin 2018.  La grande majorité (80 à 85%) des utilisateurs renouvellent leur traitement d’un semestre à l’autre, suggérant un bon niveau de maintien de la PrEP  après son initiation.

« Les utilisateurs de la PrEP sont principalement des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH), âgés de 37 ans en moyenne, résidant en Ile-de-France ou dans une grande métropole. L’utilisation de la PrEP reste rare dans les DOM-TOM où, par ailleurs, les nouveaux diagnostics de séropositivité sont les plus nombreux. Conformément aux conditions de prescription actuelles (sic) l’initiation de la PrEP est très majoritairement effectuée à l’hôpital  (dans 90% des cas). Il en est de même pour son renouvellement (85% des cas). »

 Autoriser les médecins généralistes à pouvoir prescrire ?

« Les chiffres illustrent la réelle appropriation de cette stratégie de prévention en France, en particulier parmi les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH), souligne l’ANSM. Toutefois, les efforts doivent être poursuivis afin d’assurer la plus grande accessibilité à la PrEP pour toutes les populations concernées en France. » C’est ainsi que le Conseil national de l’Ordre des médecins demande désormais (dans son dernier bulletin et par la voix du Dr Patrick Bouet, son président) que les généralistes puissent être, au plus vite, des «primo-prescripteurs ». Un décret en ce sens est annoncé pour le premier semestre 2020

S’inquiéter de la publication américaine et de la possible sélection de souches résistantes ? Rappeler l’essentiel, au risque de ne pas être entendu ? L’essentiel : l’utilisation du Truvada® dans la PrEP ne se comprend, raisonnablement, que  « dans une stratégie de prévention diversifiée de la transmission du VIH par voie sexuelle comprenant également la promotion de l’usage du préservatif,  le recours au dépistage régulier du VIH et des autres IST, la connaissance du statut virologique VIH du/des partenaires, le recours au « Treatment as Prevention (TasP) » chez le partenaire séropositif et le recours à la prophylaxie post-exposition ».

Comment mener au mieux, ici, une politique efficace de réduction des risques ? Se rassurer à tout prix ou donner l’alerte ?

A demain @jynau

1 L’accès au Truvada® dans la PrEP a été possible en France dès janvier 2016 dans le cadre d’une RTU, et depuis le 1er  mars 2017, le Truvada® bénéficie d’une extension d’AMM dans la PrEP.

Affaire Kulik. Tentative de suicide et découverte d’un poison interdit mais toléré : le Temik®

Bonjour

Un cas hors du quotidien des salles de justice. Le 6 décembre 2019, quelques secondes après l’énoncé du verdict par la présidente de la cour d’assises d’Amiens le condamné Willy Bardon avale du Temik®, (Bayer). L’enquête ouverte par le parquet doit notamment déterminer comment il a pu se procurer cette substance, et  «si c’est un acte qui avait été prémédité, organisé et de quelle manière». Il avait confié à un proche qu’il «attenterait à ses jours s’il était condamné».

Cet accusé de 45 ans comparaissait libre. Il  avait toujours clamé son innocence – mais venait d’être condamné à 30 ans de réclusion pour l’enlèvement et la séquestration suivis de mort et le viol d’Elodie Kulik, une employée de banque de 24 ans, en janvier 2002 à Tertry (Somme). Comateux le condamné a aussitôt été transféré dans le service de réanimation du CHU de la ville.

«Le produit ingéré (…) est un pesticide appelé le Temik®. C’est un produit extrêmement dangereux dont la commercialisation est extrêmement réglementée sur le territoire français et européen et qui a des effets à la fois sur le système nerveux et le système cardio-vasculaire», a peu après indiqué le procureur d’Amiens Alexandre de Bosschère. Il a des effets en une dizaine ou une quinzaine de minutes. Il n’est normalement pas en accès pour des personnes qui ne correspondent pas à la réglementation.»

Interdit mais autorisé pour des usages « sur betteraves »

Autorisé pour la première fois en 1970 le Temik® a pour principe actif l’aldicarbe – famille chimique des carbamates –  effet insecticide et nématicide ; essentiellement utilisé dans la culture de la betterave. Ce pesticide du géant allemand Bayer a progressivement été interdit dans les années 2000.

Aujourd’hui, en France, cette substance active n’est pas autorisée dans la composition de préparations bénéficiant d’une AMM. Un délai dérogatoire est toutefois accordé pour des usages « sur vignes et betteraves ». Selon un avis paru au Journal Officiel du 18 avril 2003, cette dérogation s’applique au produit Cardinal®, à base d’aldicarbe et de fipronil, pour des utilisations sur betterave, au produit Témik® 10 G, à base d’aldicarbe, pour des utilisations sur betterave et vigne,

Il ne doit pas être très difficile de parvenir à se procurer ce poison. Notamment dans le nord de la France, pays de betteraves. Le Figaro rappelle ainsi que le Temik® a été évoqué dans des affaires d’empoisonnement d’animaux. En 2013, une dizaine de chats en avaient été victimes à Haisne (Pas de Calais). En 2018, les deux chiens d’une famille d’Emmerin (Nord) avaient également été empoisonnés au Temik : seul l’un des deux avait pu être sauvé.

A demain @jynau

Alerte au Nexplanon®, implant contraceptif qui peut migrer dans les vaisseaux sanguins

 Bonjour

Trois ans plus tard, nouvelle et peu banale alerte : l’Agence du médicament (ANSM) met à nouveau en garde « les professionnels de santé » : risque de « lésions neuro-vasculaires au site d’insertion et de migration de l’implant contraceptif Nexplanon® dans les vaisseaux sanguins et dans le thorax ». Il s’agit ici d’un médicament contraceptif contenant de l’étonogestrel qui se présente sous la forme d’un petit bâtonnet inséré juste sous la peau vers l’intérieur du bras. L’affaire est d’importance : chaque année, environ 200 000 femmes ont recours à Nexplanon®, le seul implant contraceptif commercialisé en France – MSD-France remboursable à 65 % – Prix : 100,21 €

Cette alerte fait suite à la première lettre d’information diffusée en 2016 ainsi qu’à l’aboutissement de la procédure d’arbitrage européen lancée en juillet 2019 par l’ANSM, au regard de nouvelles « déclarations de migration ». L’heure est aujourd’hui au renforcement des mesures de réduction de ce risque et d’éclairer les professionnels sur la procédure d’insertion/retrait de l’implant et des femmes déjà porteuses – ou celles pour lesquelles la pose serait envisagée.

Dans les prochaines semaines, une lettre sera adressée aux professionnels pour rappeler l’existence d’un risque de lésions neuro-vasculaires au site d’insertion (pouvant se manifester par des fourmillements ou des troubles de la sensibilité dans la main) et de migration de l’implant notamment dans l’artère pulmonaire, potentiellement liés à une insertion profonde ou incorrecte de Nexplanon. Les femmes devront être informées de ces risques en amont de la consultation de pose. Les modalités de pose ou de retrait de l’implant seront alors également reprécisées.

« L’implant devra être inséré à la face interne du bras non dominant, juste sous la peau et le nouveau site d’insertion se situe en regard du triceps, à environ 8 à 10 cm de l’épicondyle médial de l’humérus et 3 à 5 cm postérieur sous le sillon qui sépare le biceps du triceps. Les femmes devront désormais recevoir remettre au moment de la pose de l’implant, une carte patiente complémentaire à la notice, les invitant à vérifier une à deux fois par mois la présence de l’implant et à contacter rapidement leur médecin ou leur sage-femme si elles ne le repèrent plus au toucher. »

Dès aujourd’hui l’ANSM invite toutes les femmes porteuses d’un implant contraceptif Nexplanon® à s’assurer par une palpation délicate qu’il est bien en place. Dans le cas contraire une consultation médicale doit être programmée. Et l’ANSM de recommande vivement aux professionnels de santé de se former en présentiel (sic) à la pose de ces implants.

Les premiers signalements de pharmacovigilance sur la migration de cet implant, notamment dans l’artère pulmonaire, datent de 2016. Ils avaient conduit à la mise en place de plusieurs mesures de réduction de ce risque au plan national et européen. Las, en  février 2019, deux enquêtes de pharmacovigilance montraient qu’en dépit de ces mesures le nombre de signalements de migration dans l’artère pulmonaire en 2017 était d’environ 3,17 pour 100 000 insertions. « Par ailleurs des informations issues des professionnels de santé ont fait apparaitre que le risque de migration de l’implant restait peu connu des professionnels concernés et des femmes, ajoute l’ANSM dans une forme a minima de mea culpa. A ce jour, 30 cas de migration d’implants Nexplanon® dans l’artère pulmonaire ont été signalés à l’ANSM. La cause exacte de ces migrations n’est pour l’instant pas identifiée.

A demain @jynau

L’étrange histoire de l’athlète endormie qui a été dopée à l’EPO à l’insu de son plein gré

Bonjour

Qui doit-on croire ? 

L’athlète française Ophélie Claude-Boxberger, 31 ans, est une athlète française atypique et de grand talent. Fille du spécialiste des courses de fond, Jacky Boxberger. Une personnalité hors du commun :  

« Elle débute l’athlétisme en septembre 2001 après avoir pratiqué plusieurs sports : danse, équitation, tennis, escalade et gymnastique au niveau national. Parmi les meilleures minimes françaises sur 1 000 m en 3 min 3 s, elle se consacre plus à ses études — ce qui engendre une progression assez lente — ainsi qu’à la musique qu’elle débute à l’âge de 5 ans jusqu’à obtenir son diplôme au conservatoire de Montbéliard après plus de douze années de piano. Après avoir obtenu un baccalauréat scientifique avec mention en 2006, elle devient professeur d’éducation physique et sportive après avoir réussi le CAPEPS et un master langage et intervention en 2010 à l’Université de Besançon. »

 Devient ensuite spécialiste des douloureuses épreuves de demi-fond ; rapides progrès ; quatre titres de championne de France espoirs sur 800 m et 1 500 m ; deux sélections en équipe de France jeune ; cinq fois championne de France Élite sur 1 500 m et 3 000 m en salle ainsi que sur 3 000 m steeple ; neuf sélections internationales A avec l’équipe de France ; une sélection en équipe d’Europe.

Puis, catastrophe : contrôlée positive à la célèbre érythropoïétine (EPO) le 18 septembre dernier ; annonce faite un mois plus tard. Son domicile est perquisitionné ; le pôle santé du parquet de Paris ouvre une enquête préliminairepour « détention et utilisation de substances vénéneuses » et « aide à l’utilisation de ces substances ». Elle se retrouve impliquée dans une controverse liée au médecin de l’équipe de France d’athlétisme, Jean-Michel Serra, blâmé pour s’être plaint du trop grand nombre de contrôle subis par l’athlète – dont il évoquait la fragilité psychologique et dont il est le compagnon.

« Injection lors d’un massage durant lequel elle s’était endormie » 

L’athlète, depuis, ne cesse de clamer son innocence, de démentir avoir eu recours au dopage. Puis, rebondissement : les déclarations d’une personne de son entourage aux gendarmes de l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique (Oclaesp). Alain Flaccus, compagnon de la mère de l’athlète (et qui fait partie de l’encadrement sportif de celle-ci) a déclaré lui avoir injecté de l’EPO à son insu. Information communiquée au Monde des sources proches de l’enquête, confirmant une révélation de L’Equipe.

M. Flaccus était entendu dans le cadre d’une garde à vue de quarante-huit heures, dans les locaux de la gendarmerie de Montbéliard (Doubs) – tout comme l’athlète. Il a précisé avoir « piqué » Ophélie Claude-Boxberger avec une seringue d’EPO la veille de la fin de son stage en altitude à Font-Romeu (Pyrénées-Orientales) – et ce « lors d’un massage durant lequel elle s’était endormie ». Il a dit s’être procuré lui-même l’EPO.

Pour l’heure l’athlète est toujours suspendue par l’Agence française de lutte contre le dopage (AFLD). Interrogée par l’Est républicain à l’issue de sa garde à vue, Ophélie Claude-Boxberger a dénoncé « une machination » : « J’ai enfin compris des choses, compris comment on avait retrouvé de l’EPO dans mon corps. Les faits sont là. Cette personne a profité d’un instant de faiblesse psychologique et physique. Il y aurait préméditation, volonté de nuire à ma carrière sportive et exercice illégal de la médecine (sic)».

Les déclarations d’Alain Flacus suscitent toutefois des interrogations chez les enquêteurs. L’intéressé a en effet changé plusieurs fois de version durant sa garde à vue. Ces nouvelles révélations n’éteignent d’ailleurs pas la procédure ouverte par l’AFLD, qui dit continuer « de mener l’enquête préalable à la saisine de la commission des sanctions ». « La sportive pourra apporter toute explication et tout élément matériel de preuve dans le cadre de sa défense », a expliqué l’instance dans une déclaration à l’Agence France-Presse.

Qui croira-t-on ?

A demain @jynau