« Euthanasie » : le Conseil d’État va déclencher l’ire des partisans de sa légalisation

Bonjour

C’est un événement qui soulèvera, bien naturellement, quelques gros remous dans les champs militants et politiques. Dans le rapport qu’il vient de rendre public  ( « Révision de la loi de bioéthique : quelles options pour demain ? ») après l’avoir remis au Premier ministre le Conseil d’Etat traite des questions d’actualité relative à la « fin de vie ».

Dans quel cadre sommes-nous aujourd’hui ? En l’état du droit, quatre séries de règles structurent, en France, la relation entre le médecin et son patient dans les derniers moments de son existence : la possibilité́d’accéder à̀des soins palliatifs, le droit du malade de refuser ou d’arrêter son traitement, le refus de l’obstination déraisonnable et l’interdiction pour le soignant de provoquer la mort délibérément.

Pour le conseil d’Etat les choses sont claires : les dispositions actuelles (issues des lois dites Leonetti et Claeys-Leonetti) qui encadrent les décisions d’arrêt des traitements « permettent de répondre à l’essentiel des demandes sociales d’une aide médicale à mourir, dans la mesure où elles donnent la possibilité au malade d’obtenir l’arrêt de l’ensemble des traitements qui lui sont prodigués, une sédation profonde et continue maintenue jusqu’au décès et, le cas échéant, une intervention médicale ayant, comme le prévoit l’article L. 1110-5-3 du code de la santé publique, ‘’comme effet d’abréger la vie’’ ».

Encore faut-il que « l’accès à des soins palliatifs de qualité » soit assuré – et ce « car il s’agit d’une condition indispensable à l’expression d’une volonté libre et éclairée du patient dans les derniers moments de la vie et, plus largement, un préalable à toute réflexion éthique aboutie sur la question de la fin de vie ».

Fantasmes de toute-puissance face à la mort

Autre sujet : « l’assistance au suicide ». La loi française ne permet certes pas, en l’état, de répondre aux demandes d’aides à mourir « de patients n’étant pas en situation de fin de vie ou ne bénéficiant pas de soins indispensables à leur survie dont ils pourraient demander l’interruption ». « Ces cas sont cependant marginaux » estime le Conseil d’État qui souligne ne pas juger « souhaitable de modifier l’état du droit qui prohibe l’aide au suicide et l’euthanasie ». Et ce en raison à la fois du caractère récent de la loi Claeys-Leonetti (adoptée dans un large consensus au terme d’un débat approfondi) mais aussi, précisément et paradoxalement, en raison « des carences persistantes en matière d’accès aux soins palliatifs » – sans oublier  « l’impact symbolique particulièrement négatif pour les personnes les plus vulnérables » (sentiment imposé de l’indignité ou de l’inutilité de leur vie).

Tout ceci, venant après un récent rapport de l’Inspection Générale des Affaires Sociales conforte la Société Française d’Accompagnement et de Soins Palliatifs (SFAP) dans la justesse de ses convictions et de son action 1 :

« Avec le Conseil d’Etat, la SFAP réaffirme avec force qu’un patient ne peut exprimer une volonté libre et éclairée s’il ne bénéficie pas du traitement adapté de sa douleur par des soins palliatifs. La SFAP peut témoigner, forte de son expérience quotidienne auprès de milliers de patients en fin de vie, que les demandes d’euthanasie motivées par la douleur disparaissent avec une prise en charge adaptée par les soins palliatifs.

« L’étude du Conseil d’Etat fait preuve d’une juste humilité en soulignant que le législateur ne peut caresser de fantasmes de toute-puissance face à la mort, mais l’Etat n’est pas pour autant impuissant : il doit permettre à tous d’avoir accès à des soins palliatifs de qualité. »

Or le Conseil d’Etat dénonce l’inégal accès aux soins palliatifs tandis que la SFAP déplore encore les fortes baisses des moyens subies par les services de soins palliatifs, une formation bien trop lacunaire des étudiants en médecine, le trop faible nombre de professeurs associés etc. Le moment est venu, selon elle, pour les pouvoirs publics, d’engager une action politique courageuse. Question : comment agir pour que l’Etat (le pouvoir exécutif et le président de la République) suivent ici, au plus vite et au mieux, les recommandations de celles et ceux qui ont pour mission de le conseiller ?

A demain

1 Créée en 1990, La SFAP (Société Française d’Accompagnement et de Soins Palliatifs) est une association reconnue d’utilité publique qui fédère 10.000 soignants et 6.000 bénévoles engagés dans les soins palliatifs. Elle rassemble également 350 associations françaises d’accompagnement.

Fin de vie, mode d’emploi :  comment faire pour ne pas en venir, demain, à une loi pro-euthanasie   

 

Bonjour

Un document essentiel sur un sujet où règne le plus grande confusion. Un document dont devrait s’emparer toutes celles et ceux qui ferraillent et se déchirent sur le thème des droits des personnes en fin de vie. C’est un rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) auquel les médias généralistes n’ont sans soute pas apporté l’attention qu’il mérite : « Évaluation de l’application de la loi du 2 février 2016 sur la fin de vie » (Pr L.Barret, S.Fillion, L-C.Viossat).

Depuis un quart de siècle, en France, une législation complexe sur la « fin de vie » a été progressivement élaborée. Dernier épisode en date : la loi du 2 février 2016, dite loi « Claeys-Leonetti » – une loi qui confère le droit d’établir des directives anticipées contraignantes et de demander une sédation profonde et continue jusqu’au décès. L’IGAS a été chargée d’évaluer l’application de cette loi et son rapport était attendu comme un élément décisif pour justifier ou non la nécessité de modifier une nouvelle fois la loi -dans le sens réclamé par les militants de l’ « Association pour le droit de mourir dans la dignité ».

Deux ans après la promulgation de la loi l’IGAS observe « l’absence d’informations consolidées à l’échelle nationale et compte tenu de la rareté des études disponibles ». Les autuers du rapport expliquent donc que les investigations de leur mission se sont notamment appuyées sur : de très nombreux entretiens avec les professionnels de la santé et du secteur médico-social, les experts, les associations de patients, etc., à Paris et dans quatre régions (Île-de-France, Grand Est, Pays-de-la-Loire, Centre-Val de Loire) ; la visite d’une trentaine d’établissements ou services sanitaires ou médico-sociaux, publics ou privés ; l’analyse de dossiers médicaux de patients décédés ayant fait l’objet une sédation profonde ; deux séries de questionnaires auprès des agences régionales de santé et des institutions sanitaires et médico-sociales.

Dans l’attente de la lecture d’Agnès Buzyn

Au terme d’un long et remarquable travail d’évaluation les auteurs n’estiment pas nécessaire de bouleverser les textes législatifs et réglementaires en vigueur –  du moins si les recommandations qu’ils formulent sont suivies d’effet : trente recommandations pratiques afin « de conforter l’appropriation progressive de cette loi sur le terrain », « d’en assurer une application plus homogène et plus rigoureuse », et « de mieux prendre en compte la situation spécifique de certains patients particulièrement vulnérables au regard de leur pathologie ou de leur environnement ». Extrait de leurs conclusions :

« Il reste néanmoins beaucoup de chemin à parcourir pour que les patients, leurs familles et leurs proches ainsi que les médecins hospitaliers et libéraux et les soignants connaissent suffisamment la législation en vigueur, dans toute sa complexité et sa subtilité, et plus encore qu’ils se l’approprient dans toutes ses dimensions. On est également loin d’une mise en œuvre rigoureuse des dispositions de la loi du 2 février 2016 y compris les plus fondamentales et les plus protectrices, comme la procédure collégiale, ou les plus sensibles comme la sédation profonde et continue jusqu’au décès. »

Ce rapport de l’IGAS fait suite à un avis (radicalement opposé) du Conseil Economique et Social ainsi qu’à la publication de la synthèse des Etats généraux menés par le Comité consultatif national d’éthique (CCNE) en vue de la révision des lois de bioéthique en 2019. Agnès Buzyn avait expliqué à plusieurs reprises attendre ce rapport avant de se prononcer sur l’opportunité d’un nouveau projet de loi sur la fin de vie. On attend sa lecture sur un sujet toujours aussi polémique et source d’affrontements violents  dans le champ politique. Quelles conclusions pratiques en tirera-t-elle ?

Dans une tribune publiée dans Le Monde le 28 février dernier, 156 députés (dont 122 étiquetés La République en marche)  demandaient ainsi qu’une nouvelle loi soit adoptée « sans délai ».  « Il convient de donner aux malades en fin de vie la libre disposition de leur corps et, c’est essentiel, de leur destin. C’est pourquoi nous, députés issus d’horizons différents, proposons de légiférer en ce sens au cours de l’année 2018 », écrivaient-ils.  Ces élus liront-ils le rapport, essentiel, de l’IGAS ? Oseront-ils appréhender la véritable complexité, médicale et politique, du sujet ?

A demain

Soins palliatifs via les vidéos virales : « J’accompagne la vie, je ne donne pas la mort »

Bonjour

#laviepaslamort. Qui, hier encore, aurait imaginé la la Société Française d’Accompagnement et de Soins Palliatifs (SFAP) prendre une telle initiative ?  A l’occasion de son prochain congrès (Marseille, 19-21 juin), et au vu « des débats en cours », elle lance une «campagne en  ligne»  et  «sur  les  réseaux  sociaux».

La présidente de SFAP, la Dr Anne de la Tour et la vice-présidente se sont prêtées à l’exercice : voici leur vidéo qui  « peuvent servir d’exemple » : Pour les soignants : https://www.youtube.com/watch?v=qSWPL-Vom2g.. Pour les bénévoles : https://www.youtube.com/watch?v=SblMtnF7Mfk

En pratique, rien de plus simple : « Je suis _____ (dire votre profession), j’accompagne la vie, je ne donne pas la mort » pour les soignants ou  « Je suis _____ (dire votre profession, ou que vous etes bénévoles d’accompagnement), j’accompagne la vie, pas la mort » pour les bénévoles.

Postez ensuite votre vidéo avec le hashtag #laviepaslamort sur vos comptes (facebook et Twitter).

« Nous  souhaitons,  par  ce  moyen,  employer  une communication percutante et diffuser autant un message de fond que de forme. Sur la forme, nous voulons aussi montrer la diversité des intervenants (infirmiers, aide-soignants, médecins, bénévoles, hommes, femmes, jeunes et moins jeunes), les placer du côté de la vie (de façon à contrer la perception des soins palliatifs comme d’un service ‘’mouroir’’) et de souligner que c’est bien la vie que les bénévoles accompagnent, y compris le deuil des proches. »

A demain

1 Créée en 1990, la Société Française d’Accompagnement et de Soins Palliatifs est une association reconnue d’utilité publique qui fédère 10.000 soignants et 6.000 bénévoles engagés dans les soins palliatifs. Elle rassemble environ 350 associations françaises d’accompagnement.

PMA : le président Macron partage-t-il encore l’opinion d’Emmanuel le candidat ?

 

Bonjour

Dimanche 3 juin 2018. Orages sans fin sur la France. C’est une exclusivité de La Croix (Loup Besmond de Senneville): « Un dîner sur la PMA discrètement organisé à L’Elysée en présence d’Emmanuel Macron ». C’était le 23 mai et la soirée a duré plus de trois heures. Menu : procréation et génomique. Mais, pour l’essentiel, la question phare : celle de l’extention ou pas de la technique de l’insémination artificielle avec sperme de donneur à des femmes seules ou à des couples de femmes – ce que les médias généralistes réduisent à « PMA ».

Chacun a eu une dizaine de minutes pour s’exprimer, au cours d’un premier tour de table, avant d’engager une discussion. Côté pro : des médecins comme François Olivennes et Israël Nisand, le président de l’association des familles homoparentales, Alexandre Urwicz, et une adhérente d’« IciMamaSolo ». Face à eux, Tugdual Derville, délégué général d’Alliance Vita et le père Brice de Malherbe, docteur en théologie, spécialiste de bioéthique.

« Emmanuel-neutralité »

« De son côté, Emmanuel Macron a, semble-t-il, peu parlé, se contentant d’introduire les débats et de les clore, un peu après minuit, résume La Croix. ’Il a dit que nous étions désormais au carrefour des possibles, ouvert par la technologie, et que nous pouvions désormais introduire dans la loi quelques-uns de ces possibles’’, rapporte un participant. Selon plusieurs invités, le président ne s’est pas clairement exprimé en faveur de la PMA, restant dans une forme de neutralité. »

« Une attitude très différente de celle tenue lors d’un autre dîner à l’Elysée, mi-février, cette fois sur la fin de vie. Emmanuel Macron avait alors expressément fait part de ses réserves sur le suicide assisté. ‘’Le suicide est toujours un acte violent’’, qu’il soit aidé ou non, avait ainsi déclaré le chef de l’État, ajoutant, soucieux de clarifier les définitions, que les mots ’suicide’’ et ‘’assisté’’ relevaient à son sens ‘’d’un oxymore’’. »

Où l’on en vient à se demander, s’agissant de la « PMA » si le président Emmanuel Macron est-il du même avis que le candidat. « Il est favorable à l’ouverture de la procréation médicalement assistée pour les femmes seules et les couples de femmes », confiait son entourage au Figaro, en mars 2017, confirmant une information d’iTélé. Une fois élu il précisait toutefois : « afin de ne pas réitérer les erreurs du passé, le calendrier de cette réforme sera soigneusement préparé. J’attendrais que le Comité national d’éthique ait rendu son avis pour pouvoir construire un consensus le plus large possible ».

Puis ce Comité rendit son avis en juin 2017. Feu vert sous condition, accompagné d’oppositions ainsi que de nombreuses et graves questions éthiques et pratiques 1. Uen problématique reprise avec brio, il y a quelques jours, par le biologistes Jacques Testart et Marie-Angèle Hermitte dans les colonnes du Figaro.

Les naïfs de la nouvelle majorité

Et maintenant ? Mardi 5 juin 2018  à la Maison de la Chimie, à Paris le « rapport de synthèse » des États Généraux de la Bioéthique sera présenté à la presse par le Comité consultatif national d’éthique. Suivra la mécanique républicaine qui conduira à un avant-projet de loi de révision de la loi de bioéthique de 2011. Puis à un projet de loi. Or tout ceci risque d’être plus mouvementé que prévu par les naïfs de la nouvelle majorité.

Début mai Libération faisait état de doutes croissants , dans les milieux « bien informés » quant à la volonté d’Emmanuel Macron de concrétiser sa promesse de la « PMA pour toutes ». Puis, le 29 mai, le même Libération publiait une tribune de quelques parlementaires de la majorité présidentielle 2 « rappelant leur attachement à l’extension de la procréation médicale assistée à toutes les femmes, célibataires, en couple hétérosexuel ou en couple lesbien ». A dire vrai, un bien pauvre argumentaire.

Au total il faut voir là une série de symptômes convergents : le président ne partage plus tout à fait l’opinion du candidat. On y ajoutera, pour s’en convaincre, la désormais célèbre et solennelle sortie du président de la République française  devant l’institution catholique, aux Bernardins. Et on rappellera que, encore candidat, Emmanuel Macron ne se cachait pas de percevoir le mystique au sein du politique.

Nous ne sommes qu’en juin de l’année 2018. Orages annoncés sur la France.

A demain

1 Onze des trente-neuf membres du Comité national d’éthique n’avaient pas voté cet avis : Mmes et MM Christiane Basset, Yves Charpenel, Sophie Crozier, Pierre-Henri Duée, Anne Durandy-Torre, Jean-Noël Fiessinger, Florence Gruat, Jean-Pierre Kahane, Frédérique Kutten, Dominique Quinio et Jean-Louis Vildé

2 Guillaume Chiche (Deux-Sèvres), Coralie Dubost (Hérault), Matthieu Orphelin (Maine-et-Loire) , Laetitia Avia (Paris), Thomas Mesnier (Charente),  Laurence Vanceunebrock-Mialon (Allier),  Raphaël Gérard (Charente-Maritime), Elise Fajgeles (Paris), Hugues Renson (Paris), Carole Grandjean (Meurthe-et-Moselle) Aurélien Tache (Val-d’Oise), Cécile Muschotti (Var), Pieyre-Alexandre Anglade (Français établis hors de France), Claire Pitollat (Bouches-du-Rhône), Sacha Houlié (Vienne), Stéphanie Rist (Loiret), Pierre Person (Paris), Sophie Beaudoin-Hubiere (Haute-Vienne), Damien Pichereau (Sarthe), Martine Wonner (Bas-Rhin), Mickaël Nogal  (Haute-Garonne), Didier Baichère (Yvelines), Delphine Bagarry (Alpes-de-Haute-Provence), Damien Adam (Seine-Maritime), Ludovic Mendes (Moselle), Laurent Saint Martin (Val-de-Marne), Florent Boudié (Gironde), Philippe Chalumeau (Indre-et-Loire), Guillaume Gouffier-Cha (Val -de-Marne), Eric Bothorel (Côtes d’Armor), Bérangère Abba (Haute-Marne), Marne Fabienne Colboc (Indre-et-Loire), Stéphane Testé (Seine-Saint-Denis), Dominique David (Gironde), Jean-Louis Touraine (Rhône), Anne Genetet (Français établis hors de France), Marie-Christine Verdier-Jouclas (Tarn), Stéphane Buchou (Vendée), Jean-Marie Fiévet (Deux-Sèvres), Olga Givernet (Ain), Denis Sommer (Doubs), Brigitte Bourguignon (Pas-de-calais), Valérie Gomez Bassac (Var), Joël Giraud (Hautes-Alpes), Jennifer de Temmerman (Nord), Frédéric Barbier (Doubs), Bérangère Couillard (Gironde).

 

Fumeur, savais-tu que ta Nicorette-Skin® te sera bientôt remboursée par la collectivité ?

 

Bonjour

C’est un communiqué rédigé par des publicitaires et destiné aux journalistes qui œuvrent dans le vaste champ de la santé. Leurs confrères politiques et économiques ne semblent pas conviés. Ce qui ne manque pas d’interroger. Un communiqué de presse qui ne manque pas de sel – accroché à une publication du Journal Officiel  du 16 mai.

Nous sommes ici dans un domaine nouveau en France : le « remboursement des substituts nicotiniques  par la sécurité sociale ».

« Egalité pour tous face au sevrage tabagique : NICORETTESKIN®16h, deviennent suite à cette publication les premiers et seuls patchs nicotiniques à date, à répondre à l’appel ! » assure le fabricant : le « laboratoire Johnson & Johnson Santé Beauté France ». Ce dernier  s’engage désormais dans l’accès au sevrage tabagique pour tous en inscrivant au remboursement ses patchs NICORETTESKIN® 16h, premiers et seuls patchs nicotiniques à date, à être remboursés ».

Et de nous éclairer : « Dans le cadre du nouveau plan santé « priorité prévention », présenté le 26 mars dernier par le gouvernement, la prise charge ‘’classique’’ des substituts nicotiniques par la sécurité sociale a été annoncée. Il a toutefois été spécifié que « ce mouvement est progressif car il implique une démarche des laboratoires ». Et le laboratoire Johnson & Johnson Santé Beauté France est le premier. Pourquoi ? Comment ? Et, surtout, pourquoi si tard ? Nous ne le saurons pas à la lecture de ce communiqué….

Cigarette électronique

En savoir plus ? Le Dr Anne-Laurence Le Faou, responsable du centre ambulatoire d’addictologie, à l’hôpital européen Georges-Pompidou (APHP) à Paris et Présidente de la Société Francophone de Tabacologie, ainsi que le laboratoire Johnson & Johnson Santé Beauté France s’exprimeront (peut-être) sur ces sujets. Rendez-vous gratuit le 24 mai prochain, vers midi, dans un grand hôtel parisien.

Le « laboratoire Johnson & Johnson Santé Beauté France » y révélera « en avant-première » les résultats d’un sondage réalisé sur un panel de mille Françaisun sondage ayant pour objectif « d’évaluer l’impact du remboursement par la sécurité sociale des substituts nicotiniques ». La question aurait pu être posée différemment : les esclaves aimeraient-ils être aidés par la collectivité pour briser leurs chaînes addictives tabagiques qui, pour partie, profitent à l’Etat ?

On pourrait, aussi, s’intéresser, ici, à la cigarette électronique.

A demain

Quand Emmanuel Macron annoncera-t-il la création de la « Française du Cannabis » ?

Bonjour

Voilà une question à laquelle Emmanuel Macron, président libéral, n’échappera pas avant la fin de son mandat. Formé aux meilleures écoles de la République, enseignant la philosophie « libérale », auteur prolixe Gaspard Koenig a été croqué comme un jeune homme pressé. Il est aussi président du think-tank GenerationLibre, qu’il a lancé en 2013 et où il défend cette substance à très haut risque qu’est le libéralisme.

« Gaspard Koenig a difficilement arrêté le café mais assume une consommation, épisodique, de cannabis, révélait, hier, Le Journal du Dimanche.  Au nom de « la liberté individuelle » et « à condition d’être majeur et informé » ». Un grand classique. Et en exclusivité l’annonce que GénérationLibre, publiait un rapport de deux experts – rapport prônant une légalisation du cannabis en France : production, régulation, distribution. Ces deux experts sont Francis Caballero, avocat et militant anti-tabac et le Pr. Amine Benyamina, psychiatre, spécialiste des addictions (hôpital Paul-Brousse, Villejuif). Leur argumentaire est connu :

« Troisième substance psychoactive la plus consommée au niveau mondial, juste après le tabac et l’alcool, le cannabis constitue aujourd’hui un véritable phénomène de société. Coûteuse et inefficaces, notamment en matière de santé publique, les politiques de prohibition sont de plus en plus critiquées et contestées. Face à ce constat, de plus en plus d’Etats choisissent alors le chemin de la légalisation du cannabis.

En France, où 17 millions de personnes déclarent avoir consommé du cannabis au moins une fois dans leur vie, cette alternative reste encore inenvisagée et très peu discutée. En témoigne le rapport d’information parlementaire le plus récent dont les conclusions écartent toute perspective de légalisation et concluent à un renforcement de la répression déjà à l’oeuvre en la matière.

La légalisation se justifie du simple point de vue utilitariste de la santé publique. Elle permet d’éradiquer les trafics, de contrôler la qualité des produits, et d’améliorer les programmes de prévention, notamment en direction des mineurs – sans même mentionner les bénéfices économiques. »

Plus original, les deux options de légalisation étudiées : celle d’une légalisation contrôlée par un « monopole d’Etat de production et de distribution du cannabis » ; et celle d’une légalisation par le marché. Et, surprise, le philosophe libéral dit « reconnaître que le choix de cette légalisation par monopole est probablement plus facile à appliquer et à se faire accepter en France que la légalisation par le marché. Elle est conforme à la tradition colbertiste de notre pays ».

« Cannaboutiques » et « cannabistrots »

Comment s’organiserait la distribution de ce nouveau produit légalisé ? Francis Caballero nous explique tout dans le détail – soit un modèle calqué sur les PMU, débits de boissons et de tabac.

« Comme pour la production, la Française du cannabis ne distribuera pas ellemême le cannabis légal. Elle fera appel à des distributeurs agréés auxquels elle délivrera des licences comme l’administration le fait déjà pour les débits de boissons ou les bureaux de tabac. Ceux-ci devront se soumettre à des règles de fonctionnement définies dans leur contrat tant ce qui concerne les produits vendus que les taxes perçues à cette occasion. Ils se procureront leur marchandise auprès de la Française du cannabis qui jouera le rôle de transformateur des produits de l’agriculture et de répartiteur des commandes des distributeurs. »

Dans le système qu’il défend, la distribution se fera dans un circuit séparé des circuits existants de l’alcool, du tabac ou des produits pharmaceutiques. Il y aura deux catégories de débits, selon qu’il s’agit de débits à emporter ou à consommer sur place. On propose d’appeler « cannaboutiques » ceux qui donnent seulement la possibilité d’acheter le produit et « cannabistrots » ceux qui permettent aux fumeurs de consommer ensemble pour se retrouver.

« Le nombre et la répartition des débits restent à préciser, mais du fait de l’existence du monopole de distribution, la concurrence entre débits sera limitée. Une fois agréé par la Française du cannabis, le débitant aura un territoire protégé, un peu comme les pharmacies. Cela relève du bon sens dans la mesure où le nombre de points de vente dépend de l’ampleur du marché.

« Le débitant restera toutefois sous le contrôle du monopole qui pourra lui retirer son agrément s’il ne respecte pas les règles fondamentales de ce commerce, comme par exemple une interdiction de toute publicité commerciale sur les lieux de vente.  La Française du cannabis fixera des prix minimums par variété, étant précisé que les prix peuvent varier en fonction de la qualité des produits et de leur circuit de distribution, selon qu’il est court ou long. »

Au total l’expert estime qu’entre 33 000 et 79 000 emplois seraient ainsi créés dans l’économie française. « Il est tout de même stupéfiant de voir que les politiciens français qui parlent sans arrêt de l’emploi des jeunes ne s’intéressent pas à cette nouvelle source d’emplois marchands au profit de la jeunesse ! ». Sans oublier que la légalisation contrôlée fournirait des ressources fiscales et sociales à l’État. Si l’on fixe le prix moyen de production et de distribution à deux euros « avec taxe au col d’un euro le gramme (25% du prix de vente) et une TVA de 25% » cela rapporterait à la collectivité environ deux milliards d’euros. Un milliard pour l’État et un milliard pour la Sécurité sociale.

Au des dégâts du tabac et de l’impunité dont jouissent les buralistes français quelques questions pratiques restent encore à régler. Comme celle de la mise en œuvre de l’interdiction de la vente aux mineurs. Car Gaspard Koenig estime que le cannabis doit être réservé aux majeurs informés. Sans oublier le problème  « du développement du cerveau chez les jeunes » puisque certains médecins soutiennent que le cerveau mûrit jusqu’à 21 ans… ». Il ajoute : « Voilà le genre de discussions apaisées qu’il faut avoir plutôt que de se faire peur avec le mot ‘’droque’’ : le cannabis est moins addictif que le café et n’entrâine pas d’overdose ; tans que la consommation reste raisonnable et hors cas d’épilepsie, il ne provoque pas d’effets de long terme sur l’organisme. En tout cas pas plus que le sucre ou l’alcool… »

Où l’on voit que pour ce philosophe libéral l’important, en matière de consommation, est de conserver la raison. Ce qui est, très précisément, la pierre philosophale de la lutte contre les addictions.

A demain

 

 

Nouvelle affaire Michel Onfray : les AVC des philosophes plus difficiles à diagnostiquer ?

Bonjour

Bientôt la Terre entière le saura : Michel Onfray, 59 ans, philosophe que l’on ne présente pas, a été victime d’un AVC. Que l’Ordre se rassure : le secret médical n’a pas, ici, été violé.  C’est le malade lui-même qui raconte tout, dans le détail, depuis son lit d’hôpital parisien . Et ce dans une vidéo disponible sur sa web TV , vidéo intitulée « Je reviens ». Cinq minutes enregistrées le 4 février ; où l’on retrouve cette étonnante personnalité, ce cocktail de désinhibitions, de certitudes affichées, de colères plus ou moins rentrées, de renvois d’ascenseurs, de grenades lancées, d’ego disproportionné.

Cinq minutes dérangeantes durant lesquels le malade accuse, sans les nommer, les « quatre médecins »  qui n’ont pas su porter le bon diagnostic le concernant – alors même qu’il décrivait à la perfection ses symptômes, qu’il avait « déjà fait un AVC » et qu’il avait semble-t-il, omis de prendre ses médicaments. Au total une errance diagnostique d’une semaine avant que l’IRM n’établisse, enfin, la vérité. Une vérité à laquelle il n’avait pas songé.

Bonnes mains

Aujourd’hui ? Il assure que ses facultés d’élocution et de pensée ne sont pas atteintes, mais confie que sa fonction visuelle est partiellement amoindrie sur « le bord supérieur gauche ». Des données destinées à toutes celles et ceux qui, selon lui, auraient prié pour que cela se soit mal passé. « Je suis dans de bonnes mains, les analyses sont faites pour poser un bon diagnostic, puis un bon traitement, affirme-t-il, face à sa caméra. Je reviens très vite et ça repart comme en [19]40. »

Pourquoi une telle sortie ? Pour s’excuser de ne pas avoir pu assurer la première des quatorze conférence de deux heures qu’il devait donner au Centre international de Deauville, une salle de 1.500 places. Pourquoi Deauville ? Parce c’est là qu’il a pu trouver refuge après avoir été « éjecté » de Caen où, depuis des années, il officiait superbement.

A demain