Présidence des riches : le gouvernement va adoucir sa hausse de la fiscalité sur les cigares

Bonjour

C’est une information des Echos (Ingrid Feuerstein) – une information que la ministre de la Santé n’a pas commentée : les buralistes ont obtenu que le palais de l’Elysée fasse un « geste sur les cigares ». Le gouvernement a déposé  un amendement au projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2018. Il s’agit de réviser la trajectoire de hausse de la fiscalité des cigares et des cigarillos. « L’augmentation globale de la fiscalité est très légèrement atténuée, tout en respectant l’objectif de convergence des prix souhaité par le gouvernement », précise l’amendement, qui sera prochainement examiné au Sénat.  On appréciera les pincettes.

« Le plan de marche du gouvernement pour augmenter les prix du tabac, inscrit dans le budget de la Sécurité sociale, prévoyait initialement  une hausse encore plus marquée pour les produits de substitution (tabac à rouler, à mâcher ou cigares), afin d’éviter les effets de report, rappellent Les Echos. Avec pour intention que les tarifs de ces produits rattrapent progressivement ceux des cigarettes, sachant qu’à l’heure actuelle, leur fiscalité est plus avantageuse. »

Mais le gouvernement a composé. Avec les buralistes et leur ire continuelle. Avec la Fédération des fabricants de cigares qui jugeait « incompréhensible » cette trajectoire fiscale. Ses représentants avaient « pointé le risque que les fumeurs abandonnent les cigarillos pour revenir à la cigarette » (sic). D’où cette concession du gouvernement, « de manière à permettre au secteur de s’adapter aux évolutions prévues ». Les autres types de tabac (à priser, à rouler, à mâcher) ne sont pas concernés par ce « geste ».

Président fumeur de Havane

Le Sénat ? Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé vient de s’y exprimer. C’était lors de l’ouverture des Dixièmes rencontres de l’ association bronchopneumopathie chronique obstructive .

« Nous le savons, la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) est une maladie chronique très invalidante, dont la fréquence augmente sur notre territoire. Aussi implique-t-elle une activité médicale importante : le nombre d’hospitalisations se situe, chaque année, entre 100 000 et 160 000 (…)

« Le premier des facteurs de risque pour la bronchopneumopathie chronique obstructive, c’est le tabac. Deux décès par insuffisances respiratoires chroniques sur trois sont attribuables à la cigarette (…) je veux faire de la lutte contre le tabac auprès des plus jeunes, ma priorité. Deux adolescents de 17 ans sur trois fument tous les jours.

 « Ce sont donc 250 000 adolescents qui rentrent dans une consommation chronique de tabac. C’est pourquoi l’un des trois objectifs du programme national de réduction de tabagisme est d’aller, d’ici 2032, vers la première génération sans tabac : c’est l’engagement du président de la République. »

Qui sera président de la République française en 2032 ? Combien de BPCO ? Et qui, alors, dégustera des Havanes ?

A demain

 

Le prix à payer par le Pr Michel Aubier pour un remplacement et des liens d’intérêts

 

Bonjour

On peut sans mal imaginer que le Pr Michel Aubier pourrait regretter d’avoir remplacé Martin Hirsch devant la commission d’enquête sénatoriale sur le coût économique et financier de la pollution de l’air. Un remplacement demandé par le directeur général de l’AP-HP. C’était le 16 avril 2015. Nous sommes le 5 juillet 2017 et le spécialiste de pneumologie-allergologie, unanimement reconnu pour ses compétences (chef de service à l’hôpital Bichat de Paris, professeur à l’université Paris-Diderot et chercheur à l’Inserm), vient d’être condamné à six mois de prison (avec sursis) et 50 000 euros d’amende. La justice lui reproche de ne pas avoir déclaré aux sénateurs qu’il était rémunéré, parallèlement à ses activités hospitalo-universitaires, par le géant français Total.

Vérité (toute la)

Pour quelques gazettes c’est là une « première » doublée d’un « jugement historique et symboliquement fort » (Libération). De fait il s’agit d’une condamnation pour « faux témoignage » devant la représentation nationale. Celui qui est présenté comme un mandarin à la retraite encourait, pour ce délit, une peine de cinq ans de prison et de 75 000 euros d’amende.

En avril 2015, avant de s’exprimer devant les sénateurs, le Pr Aubier avait prêté serment en promettant de dire « toute la vérité». Puis il avait déclaré n’avoir « aucun lien d’intérêt avec les acteurs économiques». « Sauf que, comme nous l’avons révélé un an plus tard, en mars 2016, il était en fait employé par le pétrolier Total depuis 1997 comme médecin-conseil des dirigeants du groupe, en plus d’être membre du conseil d’administration de la Fondation Total » rappelle Libération. Le quotidien souligne aussi que cet expert longtemps apprécié des médias (pour exposer les effets du diesel et de la pollution atmosphérique sur la santé) percevait en moyenne « autour de 100 000 euros par an de Total » (soit environ la moitié de ses revenus annuels) pour « neuf demi-journées par mois».

Pulluler

On ne commente pas une décision de justice ; mais, contacté par Libération, le sénateur (LR) Jean-François Husson (qui représentait le Sénat, partie civile, à l’audience) estime que la décision du tribunal est « équilibrée et juste». « J’imagine que celles et ceux qui seront demain auditionnés devant une commission d’enquête parlementaire prêteront une attention plus importante à ce qu’ils disent et à leur comportement », ajoute-t-il. On ne commente pas un jugement du tribunal correctionnel de Paris présidé par Evelyne Sire-Marin ; mais Nadir Saïfi, vice-président de l’ONG Ecologie sans frontières (et conseiller parlementaire de la sénatrice Leïla Aïchi), se dit « extrêmement satisfait » de la décision du tribunal:

« C’est un message fort à tous les Michel Aubier et tous les Claude Allègre [ancien ministre de l’Education connu pour ses propos climatosceptiques] qui pullulent dans la communauté scientifique et qui, pour des raisons bassement matérielles, n’hésitent pas à mettre la santé des gens en dangerCe message doit être reçu par la communauté scientifique dans son ensemble comme par les industriels. Il faut que l’on arrive à lutter contre la fabrique du doute, à discréditer ces gens qui sont payés par les industriels pour semer le doute sur la réalité scientifique de certains sujets graves, retardant ainsi la prise de décision publique. »

Suggérer

Pour la présidente du tribunal, Evelyne Sire-Marin, cette condamnation est  « proportionnée à la gravité des faits : mentir devant la représentation nationale ». Le tribunal a aussi condamné Michel Aubier à verser un euro de dommages et intérêts à l’AP-HP, elle aussi partie civile. Comment s’empêcher de commenter ? « Quand on représente son hôpital, on ne ment pas, ni devant le Sénat ni où que ce soit. Il y a un caractère exemplaire dans ce jugement, au sens où il montre que dura lex, sed lex» a déclaré Martin Hirsch.

« Le directeur général de l’AP-HP, Martin Hirsch, qui ‘’n’était pas au courant’’ des liens du médecin avec Total jusqu’à ce que nous l’appelions en mars 2016 pour les besoins de notre enquête » révèle Libération. Il ajoute un élément selon lui « frappant » : « Que ce soit devant le tribunal ou devant moi, à aucun moment Michel Aubier n’a semblé exprimer la conscience de l’existence d’un vrai problème. Et ce n’est pas faute de le lui avoir suggéré. »

 A demain

Mensonges : cinquante ans après, découverte de la sale vérité sur les cigarettes «légères»

 

Bonjour

Les mensonges dans toute leur splendeur. Ils éclatent dans une toute récente publication la revue du Journal of the National Cancer Institute : « Cigarette Filter Ventilation and its Relationship to Increasing Rates of Lung Adenocarcinoma ». Mensonges véritables, mensonges répétés à l’envi, amplifiés jusqu’à plus soif, relayés à l’infini par la publicité, mensonges par omission, mensonges tacitement acceptés par des fumeurs devenus esclaves du tabac et qui voulaient voir là une lueur de sortie.

Résumons : les cigarettes dites « légères » sont tout aussi dangereuses pour la santé que les « lourdes » ; pire elles ont probablement contribué au très net accroissement d’une forme de cancer du poumon. Telles sont les conclusions de l’étude signée par onze chercheurs travaillant dans diverses universités et centres de recherche américains sur le cancer. La commercialisation des cigarettes « light » (avec filtres ventilés) expliquerait selon eux l’augmentation des adénocarcinomes pulmonaires, lésion cancéreuse devenue la plus fréquente chez les fumeurs.

Conçues pour leurrer

Ces résultats viennent confirmer les inquiétudes quant aux effets physiopathologiques véritables de ces cigarettes que l’industrie du tabac vantait comme étant moins nocives que les autres. Les cigarettes « light ont commencé à être commercialisées il y a un demi-siècle. « Elles ont été conçues pour leurrer les fumeurs et les responsables de la santé publique » accuse le Dr Peter Shields (Comprehensive Cancer Center, The Ohio State University and James Cancer Hospital, Columbus) qui a dirigé ce travail. Il faut écouter le Dr Shields :

« L’analyse de nos données suggère clairement un lien entre le nombre de trous ajoutés dans les filtres des cigarettes et un accroissement du taux d’adénocarcinomes du poumon au cours des vingt dernières années. Ce qui est particulièrement préoccupant c’est le fait que ces filtres à trous se trouvent sur pratiquement toutes les cigarettes vendues aujourd’hui. Ces filtres modifient la combustion du tabac ce qui produit plus de cancérigènes sous forme de particules fines qui atteignent les parties les plus profondes des poumons où se développent le plus souvent les adénocarcinomes. »

Agnès Buzyn

Les chercheurs estiment que les résultats de leur dernière étude devraient persuader la Food and Drug Administration de réglementer, voire d’interdire totalement les filtres ventilés aux Etats-Unis. Ils estiment également que des recherches seraient nécessaires pour confirmer qu’une élimination des trous dans les filtres n’entraînerait pas un accroissement de l’accoutumance à la nicotine ou une exposition accrue à des agents toxiques dans les cigarettes.

On aimerait savoir ce que les responsables de l’Inserm, les autorités sanitaires françaises et Agnès Buzyn, ancienne responsable de l’Institut National du Cancer et nouvelle ministre de la Santé (et des Solidarités) feront de la lecture de ce travail. Et quand.

A demain

 

 

 

Une fillette de 4 ans meurt d’une tuberculose pulmonaire et méningée au CHU de Rennes

 

Bonjour

Le spectre de la tuberculose. C’est une mort qui survient en pleine polémique nationale vaccinale. Une fillette de 4 ans est décédée des suites d’une tuberculose il y a quelques jours à l’Hôpital Sud de Rennes.  Sa famille vit à Vildé-Guingalan, près de Dinan (Côtes-d’Armor). Une campagne de dépistage est lancée dans son école maternelle. « Informée de ce cas très rare dans notre pays de nos jours, l’Agence Régionale de Santé (ARS) a organisé une réunion à destination des parents d’élèves de l’école à la salle des fêtes de Vildé-Guingalan, en présence d’un médecin et d’une infirmière » précise Ouest-France.

La fillette était scolarisée en classe de petite et moyenne section. Une campagne préventive de dépistage a été lancée. Les élèves des deux classes de maternelle de cette école seront notamment soumis à une radio pulmonaire, qui sera renouvelée dans trois mois.

L’école de Vildé-Guingalan

« ’’Ce protocole est proposé à toutes les personnes ayant eu un temps de contact cumulé de 8 heures lors des trois derniers mois ’’ a expliqué à Ouest France un médecin de l’ARS. Cela inclut donc les enfants de maternelle scolarisés avec la fillette, le personnel et les enseignants, ainsi que la famille et les proches. Ce dépistage sera proposé le 28 février, à l’école de Vildé-Guingalan. Les personnes concernées pourront également l’effectuer via leur médecin traitant. »

Le quotidien breton prend soin de préciser que ce cas mortel est différent des cas de méningite détectés à Broons, au sud de Dinan. Mi-décembre, au collège Jean-Monnet, deux élèves de quatrième avaient développé une méningite d’origine bactérienne (à méningocoques). L’ARS avait alors lancé une campagne de vaccination auprès de 600 personnes en janvier.

L’enfant n’était pas vaccinée

Le cas a été notifié à l’ARS de Bretagne le 2 février dernier. « La fillette présentait une atteinte méningée mais aussi une atteinte pulmonaire, a précisé au Quotidien du Médecin le Dr Pierre Guillaumot, médecin-inspecteur de santé publique à l’ARS de Bretagne. Elle n’était pas vaccinée car elle ne faisait pas partie des populations chez qui le BCG reste recommandé 1. En raison de la contagiosité – l’enfant était BK+ – une campagne de dépistage va être proposée aux personnes qui ont été en contact avec elle pendant plus de 8 heures dans les trois derniers mois à moins de deux mètres. » En cas de découverte d’une infection tuberculeuse latente, un traitement antituberculeux est mis en route.

En Bretagne et en 2015 cent-quatre vingt dix cas de tuberculose ont été signalés (dont sept chez enfants de moins de 15 ans) et sept cas de méningites tuberculeuses (essentiellement chez des personnes âgées).

L’incidence de la tuberculose maladie diminue en France chaque année. C’est ce phénomène qui a été l’un des facteurs qui a conduit les autorités sanitaires à suspendre l’obligation vaccinale en juillet 2007. Et à passer d’une vaccination universelle obligatoire à une vaccination ciblée recommandée chez les enfants à risque de tuberculose. Un bilan réalisé en 2012 (« Bulletin épidémiologique hebdomadaire » du 12 juin 2012, n° 24-25) ne montrait pas d’impact du changement de politique vaccinale. Une vaccination antituberculeuse qui soulève, elle aussi, de considérables problèmes pratiques comme nous l’expliquions il y aura bientôt un an.

A demain

1 Depuis août 2007 la vaccination par le BCG ne peut plus être exigée à l’entrée en collectivité mais « fait l’objet d’une recommandation forte pour les enfants à risque élevé de tuberculose ». Pour les enfants exposés à un risque élevé de tuberculose, la vaccination par le BCG est recommandée dès la naissance. Les nourrissons âgés de moins de 3 mois sont vaccinés par le BCG sans test tuberculinique préalable. Chez les enfants à risque non vaccinés, la vaccination peut être réalisée jusqu’à l’âge de 15 ans. L’intradermoréaction (IDR) à la tuberculine préalable à la vaccination doit être réalisée à partir de l’âge de 3 mois pour éviter de vacciner un enfant qui aurait déjà été infecté. La vaccination ne s’applique qu’aux personnes ayant une intradermoréaction à la tuberculine négative.

Sont considérés comme enfants à risque élevé les enfants qui répondent au moins à l’un des critères suivants : – enfant né dans un pays de forte endémie tuberculeuse ; – enfant dont au moins l’un des parents est originaire de l’un de ces pays ; – enfant devant séjourner au moins un mois d’affilée dans l’un de ces pays ; – enfant ayant un antécédent familial de tuberculose (collatéraux ou ascendants directs) ; – enfant résidant en Île-de-France, en Guyane ou à Mayotte ; – enfant dans toute situation jugée par le médecin à risque d’exposition au bacille tuberculeux, notamment enfant vivant dans des conditions de logement défavorables (habitat précaire ou surpeuplé) ou socioéconomiques défavorables ou précaires (en particulier parmi les bénéficiaires de la CMU, CMUc, AME…) ou en contact régulier avec des adultes originaires d’un pays de forte endémie.

 

 

 

Addictions: avec le Pr Dautzenberg, arrêtez de fumer tout en prenant du plaisir (2,99 €)

 

Bonjour

De la jouissance post-tabagique. Il faudra, un jour prochain, réactualiser le portrait du Pr Bertrand Dautzenberg. Médecin et enseignant (Université Pierre-et-Marine-Curie) c’est un spécialiste de pneumologie dans le temple de la Salpêtrière. C’est aussi un parcours atypique dans le cercle de la pneumologie, une volonté de sortir de la scientologie hospitalo-universitaire pour aller prêcher dans les déserts.

Après des années de prise en charge des cancers broncho-pulmonaires et des bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) il a fait le choix d’agir en amont. Non plus prendre en charge les conséquences mais s’attaquer à la cause première : l’addiction au tabac. Remonter dans l’échelle des causalités peut vous changer un homme.

Cigarette électronique

Car engager un tel combat (tous les prêcheurs le savent) c’est entrer sur le terrain politique – un sol sablonneux, montant, malaisé ; un terrain miné et parfois mal famé. C’est croiser le fer avec les puissants adversaires de la politique de réduction des risques. Et l’on sait qu’il en existe aussi, rémunéré sur des deniers publics, sous les marbres et les ors des ministères.

Bertrand Dautzenberg prêcheur est l’auteur de plusieurs livres sur le tabagisme 1. Il a coordonné en mai 2013 un rapport sur la cigarette électronique (une « revue bibliographique ») à la demande de Marisol Touraine, ministre de la Santé 2. Bientôt quatre ans ont passé. Marisol Touraine n’a (dramatiquement) pas changé. Le Pr Dautzenberg a, lui, découvert (via sa consultation e-cigarette de l’AP-HP) « l’importance du plaisir dans l’arrêt du tabac ».

Décortiquer sans stress

Comme souvent la découverte du plaisir peut vous changer un homme. Ici cela a conduit un médecin pneumologue « à repenser totalement son approche ».  Il publie aujourd’hui « Le plaisir d’arrêter de fumer » (First Editions) : « en finir avec le tabac, oui, mais sans stress et en y prenant du plaisir ! ». Soit un bréviaire miniature cédé pour 2,99 €. 3 Aux frontières du bénévolat ?  Avec un souci tout particulier pour la vape et les vapoteurs 4. Son éditeur présente l’opuscule ainsi :

« Vous êtes conscient des méfaits du tabac, vous savez qu’il met en péril votre santé et celle de votre entourage, qu’il est une dépense supplémentaire chaque mois et qu’il possède une véritable emprise sur votre mental et vos émotions. Peut-être avez-vous-même déjà fait des tentatives pour arrêter de fumer, sans succès…

Bertrand Dautzenberg, médecin et professeur de pneumologie, vous présente une méthode révolutionnaire pour rompre enfin avec le cercle vicieux de la cigarette. En plus de retrouver votre liberté, le but de la démarche est de vous faire prendre du plaisir à arrêter de fumer.

 « Comment ? Grâce à une approche psychologique et comportementale qui vous aidera à comprendre pourquoi vous fumez et à décortiquer les mécanismes de la dépendance. Vous serez ensuite invité à choisir un substitut nicotinique qui vous convient, afin de diminuer le nombre de cigarettes fumées chaque jour. En choisissant une autre forme de nicotine, l’arrêt se fait alors dans le calme, sans prise de poids, sans insomnie ni irritabilité.
Êtes-vous prêt à essayer ? »

A demain

Nous avons cosigné avec lui (dessins de Charb) : « Tout ce que vous ne savez pas sur la chicha »  éditions Margaux-Orange, 2007. Ouvrage épuisé.

2 « Cigarette électronique schizophrénique » Journalisme et Santé Publique 1er juin 2013.

3 « Nous avons lancé cette collection de petits livres il y a maintenant vingt ans – et son succès continue, précise-t-on chez First Editions. D’autres maisons d’édition se sont également lancées dans des collections à petits prix. »

4 A lire, la recension de Sébastien Beziau : http://www.vapyou.com/dautzenberg-plaisir-arreter-fumer-livre/

Ici Paris : le Directeur Général de la Santé parle aux citoyens vaccinés et à ceux qui ne le sont pas

 

Bonjour

Publier des communiqués de presse à l’approche de minuit, quand ils s’endorment, est une nouvelle technique: elle permet  de tenir les journalistes en éveil perpétuel. Depuis Paris la Direction Générale de la Santé s’y emploie.

Il y avait eu, mi-novembre, celui de l’affaire (toujours pendante) des « trois morts du CHU de Nantes. Il y eut, cette nuit, celui destiné à prendre date contre l’épidémie (précoce) de grippe. Déjà, jeudi, le président de la République l’avait évoquée lors de sa visite en urgence à l’hôpital de Chambéry. En cette veille de Noël c’est la Direction générale de la santé qui nous rappelle les « bons gestes » pour se protéger et limiter la transmission des virus grippaux au sein de la population française.

Etablissements sensibilisés

L’épidémie est apparue début décembre dans l’Hexagone et progresse désormais « dans toutes les régions de France ». Les virus détectés sont essentiellement de type A(H3N2). C’est dire que l’infection « peut être particulièrement sévère chez les personnes à risque, en particulier les personnes âgées ». Or une augmentation notable des passages aux urgences, particulièrement chez les personnes âgées de 65 ans et plus, a déjà été constatée. Est-ce dire qu’elles n’étaient pas vaccinées, en dépit des recommandations officielles et des appels récurrents de Marisol Touraine ? Nul ne sait.

Aujourd’hui les « plus de 65 ans » représentent deux-tiers des « hospitalisations pour grippe ». Le ministère des Affaires sociales et de la Santé a immédiatement sensibilisé les établissements de santé afin qu’ils puissent activer, si nécessaire, leur dispositif « hôpital en tension ». Dans ce contexte, la Direction Générale de la Santé appelle à une vigilance toute particulière face à la progression de ce virus. Certes la vaccination « reste la meilleure protection » mais le temps court et l’heure est au pragmatisme : il existe des gestes simples qui contribuent à limiter la transmission de la maladie de personne à personne.

Bouche-nez-coude

Compte-tenu des délais (il est déjà bien tard pour se faire vacciner) il faut rappeler ce qu’il en est du « plan B ». Dès le début des symptômes grippaux, il est recommandé de  limiter ses contacts avec d’autres personnes, en particulier celles à risque (âgées de 65 ans et plus,  enceintes, atteintes de certaines maladies chroniques,  nourrissons). On peut aussi, en leur présence, porter un « masque chirurgical » (en vente dans toutes les bonnes pharmacies).  Ce n’est pas tout : se laver régulièrement les mains à l’eau et au savon (ou avec une solution hydro-alcoolique  pharmaceutique).  Il faut aussi « se couvrir la bouche et le nez avec le coude ou un mouchoir en cas de toux et/ou d’éternuement » 1.

Pour compléter : utiliser des mouchoirs en papier à usage unique et les jeter ; éviter les contacts rapprochés avec la personne grippée (tout particulièrement si l’on est soi-même à risque) ; se laver régulièrement les mains (notamment après tout contact avec le malade grippé). Plus généralement les proches de personnes âgées doivent être vigilants concernant leur état de santé. Il est recommandé de prendre des nouvelles des personnes les plus vulnérables et les plus isolées dans votre entourage. C’est ainsi : face aux ennemis, l’heure est à la vigilance réunissant les vaccinés et ceux qui ne le sont pas. Une autre forme, virale, de l’état d’urgence.

A demain

1 La diffusion, via les écrans mobiles, d’une courte vidéo pédagogique de la Direction Générale de la Santé serait, ici, du meilleur effet.

Rhume, alcoolémies, embolies : où est le dossier médical complet de Michel Polnareff ?

 

Bonjour

Une seule certitude : le pronostic vital est désengagé. Michel Polareff, annoncé dans un état gravissime a quitté sa chambre de l’American Hospital of Paris le 16 décembre. Il se cache depuis dans la suite d’un palace de la région parisienne où le JDD l’a retrouvé (Renaud Revel). Le journal dominical fait son miel de cette affaire médicale.  Il y  une semaine il révélait la complexité du dossier. Aujourd’hui il apporte de nouveaux éléments qui ne peuvent pas ne pas troubler. Résumé en trois points.

1 L’ordinateur du van Mercedes utilisé par Michel Polnareff confirme que le samedi 3 décembre le véhicule a quitté le très chic hôtel Peninsula (19 avenue Kléber) à 14h 52 pour atteindre l’Hôpital Américain (Neuilly) à 15h05. Or des sites d’information évoquaient la maladie de la star et le diagnostic de son médecin dès 14h55. Peut-on poser un diagnostic d’embolie pulmonaire bilatérale avant l’examen approfondi du malade ? Si oui, comment ? Et, peut-on en faire publiquement état ? Le corps d’une star est-il du domaine public ?

2 L’exemplaire du dossier médical du chanteur transmis au producteur Gilbert Coullier, à sa demande, est (selon le JDD) « incomplet » : aucune IRM ni angiographie, aucun scanner thoracique ni radio pulmonaire (seuls examens susceptibles d’attester l’existence d’une embolie) n’ont été versés à ce dossier. Dans quelles conditions peut-on transmettre un dossier médical au producteur d’une star âgée de 72 ans ? Qui, dans le cas d’une hospitalisation à l’Américain, est habilité à effectuer une telle transmission ? Que pourra, confronté à ces interrogations, nous enseigner le Conseil de l’Ordre des Médecins ?

3 Le JDD évoque, une nouvelle fois et sans fards, l’appétence qu’aurait la star pour les boissons alcooliques, cocktails de palaces ou, dernièrement, vins de Champagne – et ce « dans une attitude peu conforme à la description inquiétante livrée par son entourage ».

Et maintenant ? « On peut considérer qu’il est guéri, mais il reste en mauvais état » a déclaré sur BFMTV le désormais célèbre Dr Philippe Siou, l’un de ses médecins personnels. Il n’est pas totalement remis. Il est parti en convalescence pour plusieurs semaines. » « Guéri » de quoi ? Quel est ce « mauvais état » ? Où est le dossier médical complet ? Quand la star sera-t-elle vraiment hors de tous les dangers ?

A demain