Une fillette de 4 ans meurt d’une tuberculose pulmonaire et méningée au CHU de Rennes

 

Bonjour

Le spectre de la tuberculose. C’est une mort qui survient en pleine polémique nationale vaccinale. Une fillette de 4 ans est décédée des suites d’une tuberculose il y a quelques jours à l’Hôpital Sud de Rennes.  Sa famille vit à Vildé-Guingalan, près de Dinan (Côtes-d’Armor). Une campagne de dépistage est lancée dans son école maternelle. « Informée de ce cas très rare dans notre pays de nos jours, l’Agence Régionale de Santé (ARS) a organisé une réunion à destination des parents d’élèves de l’école à la salle des fêtes de Vildé-Guingalan, en présence d’un médecin et d’une infirmière » précise Ouest-France.

La fillette était scolarisée en classe de petite et moyenne section. Une campagne préventive de dépistage a été lancée. Les élèves des deux classes de maternelle de cette école seront notamment soumis à une radio pulmonaire, qui sera renouvelée dans trois mois.

L’école de Vildé-Guingalan

« ’’Ce protocole est proposé à toutes les personnes ayant eu un temps de contact cumulé de 8 heures lors des trois derniers mois ’’ a expliqué à Ouest France un médecin de l’ARS. Cela inclut donc les enfants de maternelle scolarisés avec la fillette, le personnel et les enseignants, ainsi que la famille et les proches. Ce dépistage sera proposé le 28 février, à l’école de Vildé-Guingalan. Les personnes concernées pourront également l’effectuer via leur médecin traitant. »

Le quotidien breton prend soin de préciser que ce cas mortel est différent des cas de méningite détectés à Broons, au sud de Dinan. Mi-décembre, au collège Jean-Monnet, deux élèves de quatrième avaient développé une méningite d’origine bactérienne (à méningocoques). L’ARS avait alors lancé une campagne de vaccination auprès de 600 personnes en janvier.

L’enfant n’était pas vaccinée

Le cas a été notifié à l’ARS de Bretagne le 2 février dernier. « La fillette présentait une atteinte méningée mais aussi une atteinte pulmonaire, a précisé au Quotidien du Médecin le Dr Pierre Guillaumot, médecin-inspecteur de santé publique à l’ARS de Bretagne. Elle n’était pas vaccinée car elle ne faisait pas partie des populations chez qui le BCG reste recommandé 1. En raison de la contagiosité – l’enfant était BK+ – une campagne de dépistage va être proposée aux personnes qui ont été en contact avec elle pendant plus de 8 heures dans les trois derniers mois à moins de deux mètres. » En cas de découverte d’une infection tuberculeuse latente, un traitement antituberculeux est mis en route.

En Bretagne et en 2015 cent-quatre vingt dix cas de tuberculose ont été signalés (dont sept chez enfants de moins de 15 ans) et sept cas de méningites tuberculeuses (essentiellement chez des personnes âgées).

L’incidence de la tuberculose maladie diminue en France chaque année. C’est ce phénomène qui a été l’un des facteurs qui a conduit les autorités sanitaires à suspendre l’obligation vaccinale en juillet 2007. Et à passer d’une vaccination universelle obligatoire à une vaccination ciblée recommandée chez les enfants à risque de tuberculose. Un bilan réalisé en 2012 (« Bulletin épidémiologique hebdomadaire » du 12 juin 2012, n° 24-25) ne montrait pas d’impact du changement de politique vaccinale. Une vaccination antituberculeuse qui soulève, elle aussi, de considérables problèmes pratiques comme nous l’expliquions il y aura bientôt un an.

A demain

1 Depuis août 2007 la vaccination par le BCG ne peut plus être exigée à l’entrée en collectivité mais « fait l’objet d’une recommandation forte pour les enfants à risque élevé de tuberculose ». Pour les enfants exposés à un risque élevé de tuberculose, la vaccination par le BCG est recommandée dès la naissance. Les nourrissons âgés de moins de 3 mois sont vaccinés par le BCG sans test tuberculinique préalable. Chez les enfants à risque non vaccinés, la vaccination peut être réalisée jusqu’à l’âge de 15 ans. L’intradermoréaction (IDR) à la tuberculine préalable à la vaccination doit être réalisée à partir de l’âge de 3 mois pour éviter de vacciner un enfant qui aurait déjà été infecté. La vaccination ne s’applique qu’aux personnes ayant une intradermoréaction à la tuberculine négative.

Sont considérés comme enfants à risque élevé les enfants qui répondent au moins à l’un des critères suivants : – enfant né dans un pays de forte endémie tuberculeuse ; – enfant dont au moins l’un des parents est originaire de l’un de ces pays ; – enfant devant séjourner au moins un mois d’affilée dans l’un de ces pays ; – enfant ayant un antécédent familial de tuberculose (collatéraux ou ascendants directs) ; – enfant résidant en Île-de-France, en Guyane ou à Mayotte ; – enfant dans toute situation jugée par le médecin à risque d’exposition au bacille tuberculeux, notamment enfant vivant dans des conditions de logement défavorables (habitat précaire ou surpeuplé) ou socioéconomiques défavorables ou précaires (en particulier parmi les bénéficiaires de la CMU, CMUc, AME…) ou en contact régulier avec des adultes originaires d’un pays de forte endémie.

 

 

 

Addictions: avec le Pr Dautzenberg, arrêtez de fumer tout en prenant du plaisir (2,99 €)

 

Bonjour

De la jouissance post-tabagique. Il faudra, un jour prochain, réactualiser le portrait du Pr Bertrand Dautzenberg. Médecin et enseignant (Université Pierre-et-Marine-Curie) c’est un spécialiste de pneumologie dans le temple de la Salpêtrière. C’est aussi un parcours atypique dans le cercle de la pneumologie, une volonté de sortir de la scientologie hospitalo-universitaire pour aller prêcher dans les déserts.

Après des années de prise en charge des cancers broncho-pulmonaires et des bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) il a fait le choix d’agir en amont. Non plus prendre en charge les conséquences mais s’attaquer à la cause première : l’addiction au tabac. Remonter dans l’échelle des causalités peut vous changer un homme.

Cigarette électronique

Car engager un tel combat (tous les prêcheurs le savent) c’est entrer sur le terrain politique – un sol sablonneux, montant, malaisé ; un terrain miné et parfois mal famé. C’est croiser le fer avec les puissants adversaires de la politique de réduction des risques. Et l’on sait qu’il en existe aussi, rémunéré sur des deniers publics, sous les marbres et les ors des ministères.

Bertrand Dautzenberg prêcheur est l’auteur de plusieurs livres sur le tabagisme 1. Il a coordonné en mai 2013 un rapport sur la cigarette électronique (une « revue bibliographique ») à la demande de Marisol Touraine, ministre de la Santé 2. Bientôt quatre ans ont passé. Marisol Touraine n’a (dramatiquement) pas changé. Le Pr Dautzenberg a, lui, découvert (via sa consultation e-cigarette de l’AP-HP) « l’importance du plaisir dans l’arrêt du tabac ».

Décortiquer sans stress

Comme souvent la découverte du plaisir peut vous changer un homme. Ici cela a conduit un médecin pneumologue « à repenser totalement son approche ».  Il publie aujourd’hui « Le plaisir d’arrêter de fumer » (First Editions) : « en finir avec le tabac, oui, mais sans stress et en y prenant du plaisir ! ». Soit un bréviaire miniature cédé pour 2,99 €. 3 Aux frontières du bénévolat ?  Avec un souci tout particulier pour la vape et les vapoteurs 4. Son éditeur présente l’opuscule ainsi :

« Vous êtes conscient des méfaits du tabac, vous savez qu’il met en péril votre santé et celle de votre entourage, qu’il est une dépense supplémentaire chaque mois et qu’il possède une véritable emprise sur votre mental et vos émotions. Peut-être avez-vous-même déjà fait des tentatives pour arrêter de fumer, sans succès…

Bertrand Dautzenberg, médecin et professeur de pneumologie, vous présente une méthode révolutionnaire pour rompre enfin avec le cercle vicieux de la cigarette. En plus de retrouver votre liberté, le but de la démarche est de vous faire prendre du plaisir à arrêter de fumer.

 « Comment ? Grâce à une approche psychologique et comportementale qui vous aidera à comprendre pourquoi vous fumez et à décortiquer les mécanismes de la dépendance. Vous serez ensuite invité à choisir un substitut nicotinique qui vous convient, afin de diminuer le nombre de cigarettes fumées chaque jour. En choisissant une autre forme de nicotine, l’arrêt se fait alors dans le calme, sans prise de poids, sans insomnie ni irritabilité.
Êtes-vous prêt à essayer ? »

A demain

Nous avons cosigné avec lui (dessins de Charb) : « Tout ce que vous ne savez pas sur la chicha »  éditions Margaux-Orange, 2007. Ouvrage épuisé.

2 « Cigarette électronique schizophrénique » Journalisme et Santé Publique 1er juin 2013.

3 « Nous avons lancé cette collection de petits livres il y a maintenant vingt ans – et son succès continue, précise-t-on chez First Editions. D’autres maisons d’édition se sont également lancées dans des collections à petits prix. »

4 A lire, la recension de Sébastien Beziau : http://www.vapyou.com/dautzenberg-plaisir-arreter-fumer-livre/

Ici Paris : le Directeur Général de la Santé parle aux citoyens vaccinés et à ceux qui ne le sont pas

 

Bonjour

Publier des communiqués de presse à l’approche de minuit, quand ils s’endorment, est une nouvelle technique: elle permet  de tenir les journalistes en éveil perpétuel. Depuis Paris la Direction Générale de la Santé s’y emploie.

Il y avait eu, mi-novembre, celui de l’affaire (toujours pendante) des « trois morts du CHU de Nantes. Il y eut, cette nuit, celui destiné à prendre date contre l’épidémie (précoce) de grippe. Déjà, jeudi, le président de la République l’avait évoquée lors de sa visite en urgence à l’hôpital de Chambéry. En cette veille de Noël c’est la Direction générale de la santé qui nous rappelle les « bons gestes » pour se protéger et limiter la transmission des virus grippaux au sein de la population française.

Etablissements sensibilisés

L’épidémie est apparue début décembre dans l’Hexagone et progresse désormais « dans toutes les régions de France ». Les virus détectés sont essentiellement de type A(H3N2). C’est dire que l’infection « peut être particulièrement sévère chez les personnes à risque, en particulier les personnes âgées ». Or une augmentation notable des passages aux urgences, particulièrement chez les personnes âgées de 65 ans et plus, a déjà été constatée. Est-ce dire qu’elles n’étaient pas vaccinées, en dépit des recommandations officielles et des appels récurrents de Marisol Touraine ? Nul ne sait.

Aujourd’hui les « plus de 65 ans » représentent deux-tiers des « hospitalisations pour grippe ». Le ministère des Affaires sociales et de la Santé a immédiatement sensibilisé les établissements de santé afin qu’ils puissent activer, si nécessaire, leur dispositif « hôpital en tension ». Dans ce contexte, la Direction Générale de la Santé appelle à une vigilance toute particulière face à la progression de ce virus. Certes la vaccination « reste la meilleure protection » mais le temps court et l’heure est au pragmatisme : il existe des gestes simples qui contribuent à limiter la transmission de la maladie de personne à personne.

Bouche-nez-coude

Compte-tenu des délais (il est déjà bien tard pour se faire vacciner) il faut rappeler ce qu’il en est du « plan B ». Dès le début des symptômes grippaux, il est recommandé de  limiter ses contacts avec d’autres personnes, en particulier celles à risque (âgées de 65 ans et plus,  enceintes, atteintes de certaines maladies chroniques,  nourrissons). On peut aussi, en leur présence, porter un « masque chirurgical » (en vente dans toutes les bonnes pharmacies).  Ce n’est pas tout : se laver régulièrement les mains à l’eau et au savon (ou avec une solution hydro-alcoolique  pharmaceutique).  Il faut aussi « se couvrir la bouche et le nez avec le coude ou un mouchoir en cas de toux et/ou d’éternuement » 1.

Pour compléter : utiliser des mouchoirs en papier à usage unique et les jeter ; éviter les contacts rapprochés avec la personne grippée (tout particulièrement si l’on est soi-même à risque) ; se laver régulièrement les mains (notamment après tout contact avec le malade grippé). Plus généralement les proches de personnes âgées doivent être vigilants concernant leur état de santé. Il est recommandé de prendre des nouvelles des personnes les plus vulnérables et les plus isolées dans votre entourage. C’est ainsi : face aux ennemis, l’heure est à la vigilance réunissant les vaccinés et ceux qui ne le sont pas. Une autre forme, virale, de l’état d’urgence.

A demain

1 La diffusion, via les écrans mobiles, d’une courte vidéo pédagogique de la Direction Générale de la Santé serait, ici, du meilleur effet.

Rhume, alcoolémies, embolies : où est le dossier médical complet de Michel Polnareff ?

 

Bonjour

Une seule certitude : le pronostic vital est désengagé. Michel Polareff, annoncé dans un état gravissime a quitté sa chambre de l’American Hospital of Paris le 16 décembre. Il se cache depuis dans la suite d’un palace de la région parisienne où le JDD l’a retrouvé (Renaud Revel). Le journal dominical fait son miel de cette affaire médicale.  Il y  une semaine il révélait la complexité du dossier. Aujourd’hui il apporte de nouveaux éléments qui ne peuvent pas ne pas troubler. Résumé en trois points.

1 L’ordinateur du van Mercedes utilisé par Michel Polnareff confirme que le samedi 3 décembre le véhicule a quitté le très chic hôtel Peninsula (19 avenue Kléber) à 14h 52 pour atteindre l’Hôpital Américain (Neuilly) à 15h05. Or des sites d’information évoquaient la maladie de la star et le diagnostic de son médecin dès 14h55. Peut-on poser un diagnostic d’embolie pulmonaire bilatérale avant l’examen approfondi du malade ? Si oui, comment ? Et, peut-on en faire publiquement état ? Le corps d’une star est-il du domaine public ?

2 L’exemplaire du dossier médical du chanteur transmis au producteur Gilbert Coullier, à sa demande, est (selon le JDD) « incomplet » : aucune IRM ni angiographie, aucun scanner thoracique ni radio pulmonaire (seuls examens susceptibles d’attester l’existence d’une embolie) n’ont été versés à ce dossier. Dans quelles conditions peut-on transmettre un dossier médical au producteur d’une star âgée de 72 ans ? Qui, dans le cas d’une hospitalisation à l’Américain, est habilité à effectuer une telle transmission ? Que pourra, confronté à ces interrogations, nous enseigner le Conseil de l’Ordre des Médecins ?

3 Le JDD évoque, une nouvelle fois et sans fards, l’appétence qu’aurait la star pour les boissons alcooliques, cocktails de palaces ou, dernièrement, vins de Champagne – et ce « dans une attitude peu conforme à la description inquiétante livrée par son entourage ».

Et maintenant ? « On peut considérer qu’il est guéri, mais il reste en mauvais état » a déclaré sur BFMTV le désormais célèbre Dr Philippe Siou, l’un de ses médecins personnels. Il n’est pas totalement remis. Il est parti en convalescence pour plusieurs semaines. » « Guéri » de quoi ? Quel est ce « mauvais état » ? Où est le dossier médical complet ? Quand la star sera-t-elle vraiment hors de tous les dangers ?

A demain

«Parrains siciliens» et «putains académiques» le Pr Philippe Even radié de l’Ordre des médecins

 

Bonjour

Les pages se tournent, les étoiles pâlissent, l’Ordre condamne. Se souviendra-t-on, demain, que c’est le 13 décembre 2016 que le Pr Philippe Even, 84 ans, fut radié de l’Ordre des médecins. Certains de ceux qui, parmi ses élèves, l’ont connu au temps de sa gloire hospitalo-universitaire en parlent encore avec une indéfinissable émotion. D’autres, dont nous sommes, ne peuvent oublier la triste foucade médiatico-politique  de la ciclosporine-miracle du sida – octobre 1985.

Provocations en série

Trente et un ans ont passé. Laennec est devenu un enclos pour milliardaires. La chapelle est debout, certes, mais ne pointe plus le ciel. Et le Pr Even vient d’être radié d’un Ordre où il fut inscrit pendant un demi-siècle. Les pragmatiques diront qu’il l’a bien cherché. Les pragmatiques ont souvent raison.

L’histoire est d’une grande simplicité qui se réduit à une série de provocations. Il y avait d’abord eu, en tandem avec le Pr Bernard Debré, 72 ans (Les Républicains, Paris) une curieuse série de gros livres dénonçant les innombrables « médicaments inutiles ou dangereux ». Puis, en septembre 2015, sortit un pamphlet ciblé sur les statines : « Corruption et crédulité en médecine » (Cherche-Midi).

« Pourquoi les firmes pharmaceutiques fabriquent-elles des maladies qui n’existent pas ? Comment falsifient-elles les études de centaines de médicaments ? Comment l’industrie pharmaceutique est-elle devenue la plus riche du monde ? Les faits ici dénoncés sont violents. Avec l’aide d’un petit nombre de médecins universitaires déloyaux, à sa solde, sans qui elle ne pourrait rien, l’industrie pharmaceutique, devenue la première du monde, engrange des bénéfices colossaux. Infiltrée à tous les niveaux décisionnels nationaux et internationaux, politiques, administratifs, universitaires et médicaux, elle est aujourd’hui, selon l’ONU, hors de tout contrôle. »

Déconsidération de la profession

Tout n’était pas faux, mais tout était outrancier. L’ancien hospitalo-universitaire y associait certains de ses confrères à des  noms d’oiseaux, les qualifiant de « putains académiques » et de « parrains, au sens sicilien du terme ». Il en avait déjà fait beaucoup. Ici c’était trop. Pour l’Ordre, les propos tenus dans ce livre contrevenaient à l’article 31 du code de déontologie qui dispose que « tout médecin doit s’abstenir, même en dehors de l’exercice de sa profession, de tout acte de nature à déconsidérer celle-ci ». On peut lire ici ce qu’en écrivait, alors, le pudique Figaro.

La plainte de l’Ordre avait été enregistrée le 16 octobre 2015, quelques semaines après la décision du Pr Even d’être désinscrit du tableau ordinal.  Contacté par le Quotidien du Médecin, le radié définitif  (il ne fera pas appel) dit prendre l’affaire avec détachement. « Je suis retraité depuis l’an 2000, et je suis désinscrit, à ma demande, du tableau de l’Ordre. Cette radiation ne me fait ni chaud ni froid, et les procès qu’on me fait ne me concernent pas. Tout ce que je souhaite, c’est pouvoir continuer à écrire mes livres ».

Laennec n’est plus. On attend le prochain.

A demain

Camel® et diesel : Mme Hidalgo ose le tabagisme contre la pollution atmosphérique

 

Bonjour

Depuis « Mad Men » on ne se méfie jamais assez des publicitaires. Et le danger est encore plus grand avec les communicants. Confrontée à un épisode de pollution atmosphérique que l’on dit « sans précédent » (une véritable déluge médiatique) la mairie de Paris vient de lancer une « campagne en ligne ».

 « La pollution à Paris n’est pas une fatalité, et on va le démontrer », a déclaré Anne Hidalgo lors d’une conférence de presse. La maire de Paris, ennemie déclarée de l’automobile venait de rencontrer une délégation de pneumologues. Sa campagne de publicité comporte un slogan original :

« La pollution automobile à Paris, il faut que ça s’arrête    #STOPPOLLUTION».

Camel®, Mad Men et cigarette électronique

On ne sait pas comment ni quand mais, c’est certain, cela s’arrêtera.  Cette formule choc roule à grande vitesse sur les réseaux sociaux. Il s’agit de « confronter les Parisiens à la réalité ». Celle  de la pollution de l’air, celle de ses conséquences sur la santé. On sait aussi, depuis « Mad Men », que les génies publicitaires fonctionnent essentiellement par association d’idées plus ou moins alcoolisées.  A Paris l’un d’entre eux a trouvé cette formule qui  eu l’heur de plaire à Mme la Maire :

« Sarujan a arrêté de fumer il y a deux ans. Et pourtant cette semaine il a respiré l’équivalent de sept paquets de cigarettes.»

On ne sait pas qui est Sarujan. Pas plus que l’on ne sait si l’équivalent « Diesel-Camel®  »  allégué ici est exact. Pour Mme Hidalgo  la circulation automobile est responsable de 55 % de la pollution dans la capitale. Sarjuan a donc fumé l’équivalent d’un peu plus de trois paquets et demi de cigarette de tabac provenant directement de véhicules à moteur. Bien évidemment si Sarujan était toujours fumeur il faudrait additionner. Ce qui ne serait pas nécessaire s’il était passé à la cigarette électronique  – ce que ni ma maire de Paris ni la ministre de la Santé ne lui on jamais conseillé de faire.

Pneumologues piétons

 Une partie des pneumologues présents aux côtés de Mme Hidalgo 1 avaient (nous rappelle le site des buralistes)  défendu dans une tribune publiée dans le JdD en septembre dernier le projet de piétonisation des voies sur berges de la Seine (à Paris). Et ils avaient appelé à des mesures « courageuses » pour améliorer la qualité de l’air. « La pollution tue et rend malade », ont-ils martelé à la mairie. On les entend nettement moins contre le tabac vendu par l’Etat.

Selon Santé publique France, la pollution de l’air est à l’origine de 48 000 décès prématurés chaque année en France. Celle due au tabac dépasse les 80 000. Alors : interdire la voiture et laisser fumer dans Paris ?

A demain

1 Pr Bruno Housset, pneumologue, chef du service de pneumologie au centre hospitalier intercommunal de Créteil et président de la Fondation du souffle ; Pr Jocelyne Just, pneumopédiatre, cheffe du service d’allergologie pédiatrique, hôpital Armand-Trousseau, Présidente de la Société française d’allergologie ; Pr Thomas Similowski, pneumologue, chef du service de pneumologie et réanimation médicale, groupe hospitalier Pitié-Salpêtrière-Charles-Foix, président du Fonds de recherche en santé respiratoire ; Dr Gilles Dixsaut, médecin hospitalier, Assistance Publique-Hôpitaux de Paris, président du Comité de Paris contre les maladies respiratoires ; Pr Alexandre Duguet,  pneumologue, vice-doyen de la faculté de médecine Pierre et Marie Curie Paris 6.