Coronavirus : soudain Philippe Douste-Blazy accusa l’OMS d’incurie. Mais pourquoi ?

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25 janvier 2020. Ce sont, sur France Info, vingt-cinq minutes qui ne sont pas sans intérêt. Comme un retour vers un passé en cours d’effacement. Où l’on retrouve le Dr Philippe Douste-Blazy, 67 ans, qui fut maire de Lourdes et (souvent) ministre sous François Mitterrand et Jacques Chirac. Il fut aussi secrétaire général adjoint des Nations unies. Avant de vouloir devenir, à tout prix, Directeur général de l’OMS. Sans succès. Trois ans plus tard le revoici interrogé sur l’épidémie naissante de coronavirus. Et le voici, hasard ou fatalité, d’accuser la « filiale santé » des Nations unies (195 pays).

Commettant une erreur sur l’acide nucléique du coronavirus, et déplorant méchamment la gestion onusienne de l’épidémie, il salue le travail de la ministre de la Santé française Agnès Buzyn, qui « a eu complètement raison d’être très transparente » (sic) » : « Ce qu’elle a dit est vraiment du bon sens : ne pas aller dans les urgences, appeler le 15″. La France « jusque-là, ne fait absolument aucune erreur ». Il ajoute aussi que si le virus du sida avait été transmissible par voie aérienne ou par les mains il y aurait, aujourd’hui une « sous-population mondiale ». Pour autant il « ne faut pas paniquer » et attendre un peu.

Un virus « de portée internationale »

« L’OMS n’a toujours pas dit qu’il s’agit d’une épidémie à portée internationale. Je pense qu’il faut qu’elle le fasse », a affirmé l’ancien ministre, rappelant que l’épidémie avait déjà touché « la Chine, le Japon, le Vietnam, la Thaïlande, Taïwan, les États-Unis ou encore la France ». C’est normal de dire qu’aujourd’hui ce virus est à portée internationale et je demande au directeur général de l’OMS de le faire, en tant qu’ancien ministre de la Santé et en tant qu’ancien secrétaire général adjoint des Nations unies.

Selon lui la position actuelle de l’OMS sur le coronavirus s’explique « parce qu’il y a énormément de pressions, c’est compliqué, ça veut dire que les déplacements seraient moins importants, que l’économie serait impactée ». « Je vous signale qu’il y a un avion de Wuhan [ville chinoise placée en quarantaine] qui est arrivé à Charles de Gaulle jeudi, il y a quelques heures », a pointé l’ancien ministre, tout en précisant qu' »il ne s’agit pas d’arrêter les déplacements entre la Chine et les autres pays » et qu’il convient d’attendre d’en savoir plus sur « la dangerosité » du virus. « Mais Wuhan, il faut arrêter les vols », a-t-il estimé.

On précisera que le comité de l’OMS en charge de ce dossier sanitaire politique et diplomatique majeur est le Pr Didier Houssin, personnalité réputée qui fut notamment, en France, Directeur général de la santé de 2005 à 2011. Il n’a pas, pour l’heure, commenté les accusations de son confrère et compatriote.

A demain @jynau

Coronavirus : l’affolement menace, la métaphore de l’incendie, la quarantaine en question

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25 janvier 2020, l’affaire se structure déjà en feuilleton pré-catastrophe. Trois premiers cas en France. Le virus progresse en Chine et « à l’international ». La grande métropole de Wuhan, épicentre chinois de l’épidémie, est depuis deux jours « coupée du reste du monde » – ou presque. La zone de confinement vient d’être été élargie à 56 millions de personnes, soit pratiquement toute la province du Hubei.

« Les trains sont à quai, les autoroutes fermées, précise l’AFP. En dehors du Hubei, les autorités ont annoncé la mise en place de mesures de dépistage du virus dans tout le pays. Le 24 janvier 450 médecins et autre personnel médical de l’Armée populaire de libération (APL) sont arrivés par avion pour intensifier la lutte contre le virus. Certains d’entre eux ont l’expérience du virus Ebola et du Sras, un virus similaire au coronavirus qui a contaminé près de 1 300 de personnes et fait 41 morts dans toute la Chine, selon le dernier bilan livré par les autorités chinoises. Sur le total des malades, 237 sont dans un état critique, d’après les chiffres officiels. »

L’agence de presse Chine nouvelle a précisé que les militaires, qui appartiennent aux armées de terre, de l’air et à la marine, étaient arrivés vendredi soir. Ils doivent être répartis dans les hôpitaux de la ville qui accueillent un grand nombre de patients de la pneumonie virale. Parmi eux figurent des spécialistes des maladies respiratoires et infectieuses, des maladies nosocomiales et des soins intensifs.

A Paris, Agnès Buzyn n’a pas craint, au risque d’ajouter à l’affolement, d’user de la métaphore de l’incendie. « Nous avons aujourd’hui les premiers cas européens, probablement parce que nous avons mis au point le test très rapidement et que nous sommes capables de les identifier, a-t-elle déclaré. Il faut traiter une épidémie comme on traite un incendie, très vite repérer la source » et la « circonscrire le plus vite possible. »

Un point-presse quotidien est prévu par le ministère de la Santé. Et la question est d’ores et déjà soulevée de savoir si Mme Buzyn pourra raisonnablement continuer à être sur tous les fronts : épidémie naissante, réforme des retraites, crise de l’hôpital – sans parler de la course à la mairie de Paris.

Régimes autoritaires et mise en quarantaine

Toujours en France, il faut lire Libération (Eloïse Bussy) : « Coronavirus : «On sait que la quarantaine est inefficace» ». Patrick Zylberman, « historien de la santé » réputé 1 ( également professeur émérite à l’Ecole des hautes études en santé publique) y traite du concept de « quarantaine » et de ses limites. Un sujet essentiel au vu de ce qui se trame aujourd’hui en Chine. Ecoutons-le :  

« La mesure était déjà expérimentée aux XIVe et XVe siècles en Italie, dans les villes où se propageait la peste. Aujourd’hui, cette maladie peut se soigner avec des antibiotiques, mais cette mesure reste appliquée dans certains pays où elle n’est pas encore bien prise en charge.

« On sait depuis cent cinquante ans que la mesure n’est pas efficace, car il y a toujours des personnes qui cherchent à quitter le territoire. C’est une décision impraticable, faite pour être enfreinte. Ce qui peut fonctionner, c’est le confinement à domicile. Ce fut le cas en 2003 dans un secteur de Singapour, une ville très hygiéniste, pour lutter contre une épidémie de SRAS. On a menacé les habitants de leur mettre un bracelet électronique s’ils sortaient de chez eux. Des équipes distribuaient chaque jour de la nourriture aux habitants confinés. La mesure a duré quelques semaines.

En 1916, il y a eu une mise en quarantaine dans plusieurs petites villes américaines au nord de New York après une épidémie de poliomyélite. La mesure a duré plusieurs semaines, et ce qui devait arriver arriva : il y a eu des troubles. »

Patrick Zylberman rappelle aussi qu’il n’y a jamais eu de mesure similaire prise dans l’Hexagone. « Cela a failli être le cas en 1955 après des cas de variole dans le Morbihan, mais les autorités ont renoncé. Les préfets ont, depuis 2003, la capacité de décider d’une zone d’exclusion si un nombre significatif de cas est détecté. En Chine une telle mesure avait déjà été prise en 2003, également pour des cas de SRAS. Les autorités chinoises aiment cette solution. Il existe d’ailleurs une thèse, qui date de 1848 et qui est discutée, qui dresse un lien entre les régimes autoritaires et la mise en quarantaine. C’est une mesure qui permet de rassurer les gouvernements. »

A demain @jynau

1 On peut également, avec le plus grand intérêt, l’écouter sur France Culture (25 janvier 2020)

Coronavirus : les trois premiers cas en France ! Attention, urgence : n’appelez que le 15 !

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C’était immanquable, c’est fait : les trois premiers cas de contamination par le « 2019 n-CoV » ont été confirmés en France. L’annonce en a été réservée, vendredi 24 janvier, à Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé. Il s’agit aussi des premiers cas européens, a-t-elle souligné lors d’une conférence de presse tenue en urgence, précisant que l’un des malades était hospitalisé à Bordeaux et les deux autres à Paris.

Le patient de Bordeaux est un Français de 48 ans d’origine chinoise, actuellement placé à l’isolement au CHU de Bordeaux. Il a été pris en charge le 23 janvier par SOS Médecins Bordeaux avec des symptômes grippaux classiques de fièvre et de toux.

Lors de cette consultation, le médecin lui a demandé s’il avait voyagé récemment, selon le récit de SOS Médecins publié sur Facebook. Celui-ci a déclaré revenir des Pays-Bas mais qu’il venait aussi de séjourner en Chine, dans la province de Wuhan. 

« Instantanément », le médecin est passé « en mode urgence absolue » : masque, isolement. En collaboration avec le SAMU de Gironde, le patient a été hospitalisé au CHU de Bordeaux pour bilan et observation. Un point d’information quotidien sera effectué par le ministère.

Agnès Buzyn a, sans surprise, déclaré être « extrêmement attentive » à l’évolution de la situation. Selon elle « nous aurons probablement d’autres cas ». Elle estime qu’il n’est pas possible de contrôler les « multiples voies » pour revenir de Chine : « On voit bien la difficulté, dans un monde comme le nôtre, de fermer les frontières, ça n’est en réalité pas possible. »

Dont acte. Et ensuite ? « Le moment est crucial, estime le Dr Agnès Ricard-Hibon, présidente de la Société française de médecine d’urgence (SFMU) et chef de service du SAMU 95, cité par Le Quotidien du Médecin . La transmission humaine est avérée par voie aéroportée ou manuelle. La population doit avoir le réflexe de faire le 15, plutôt qu’aller aux urgences ou dans les cabinets médicaux et prendre le risque de contamination en salle d’attente. On a la capacité d’éviter toute propagation en France en repérant très tôt les premiers cas possibles. »

Fièvre, courbatures, asthénie, symptômes respiratoires, toux, sueurs...

De même, lors d’une demande de rendez-vous au téléphone, les médecins traitants et leur secrétariat doivent réorienter leurs patients vers le 15 devant toute suspicion. « Il s’agit de patients de retour de voyage ou en contact avec quelqu’un de retour de voyage, en particulier en provenance de l’épicentre épidémique de Wuhan, poursuit le Dr Ricard-Hibon. Les symptômes ne sont pas spécifiques : fièvre, courbatures, asthénie, symptômes respiratoires, toux, sueurs… Au moindre doute, faire le 15. À l’aide de questionnaires très précis, prenant en compte notamment la chronologie et la géolocalisation, les patients sont classifiés en cas possibles ou exclus, explique-t-elle. Si le cas est possible et sans signe de gravité, des ambulanciers volontaires équipés sont habilités à assurer le transfert. S’il y a des signes de gravité, ce sont les équipes du SAMU qui viennent sur place. »

Et si, malgré tout, un patient vient consulter au cabinet d’un médecin ? Alors le port du masque est recommandé pour le patient et le soignant, le temps que le classement se fasse au téléphone par le SAMU. « Le patient doit être mis en isolement tant que le diagnostic n’est pas exclu. »

Ce n’est pas tout. Pour le Dr Ricard-Hibon, les détecteurs de fièvre sont « une fausse sécurité ». Certains patients ne sont pas repérés car ils sont encore en incubation ou ont pris un antipyrétique, comme le paracétamol. Les mesures d’information de la population sont capitales. En France, le dispositif du 15 est très bien organisé depuis les dernières alertes sanitaires. Dans la grande majorité des cas, le diagnostic est exclu et cela permet de rassurer. C’est le réflexe essentiel à avoir dans ce contexte en France. » 

A demain @jynau

Urgent coronavirus: l’OMS embarrassée, alerte de la Direction Générale française de la Santé

Bonjour

Urgent. 22 janvier 2020. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a décidé de prolonger d’une journée sa réunion d’urgence concernant le nouveau virus, qui a fait 17 morts en Chine. «Nous avons besoin de plus d’informations», a déclaré le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, à l’issue d’une réunion cruciale à Genève. «Nous prenons la situation extrêmement sérieusement», a-t-il ajouté, évoquant d’«excellentes discussions» avec les services de santé des pays touchés (Chine, Japon, Corée du Sud, Thaïlande).

L’OMS devait décider mercredi de déclarer ou non une «urgence de santé publique de portée internationale». Cette qualification a été utilisée jusqu’ici pour de rares cas d’épidémies nécessitant une réaction internationale vigoureuse, dont la grippe porcine H1N1 en 2009, le virus Zika en 2016 et la fièvre Ebola, qui a ravagé une partie de l’Afrique de l’Ouest de 2014 à 2016 et la RDC depuis 2018.

Nous relayons ici d’autre part un dgs-urgent@dgs-urgent.sante.gouv.fr :

« De nouveaux éléments sont disponibles sur la situation de cas groupés de pneumopathies à nouveau coronavirus (2019-nCoV) déclarés à Wuhan en Chine en début d’année.

La situation épidémiologique est évolutive et l’European Center for Diseases Control and Prevention a modifié son analyse de risque. Le risque d’importation en France est désormais considéré comme modéré et le risque de diffusion de la maladie dans la population française est considéré très faible :https://www.ecdc.europa.eu/en/novel-coronavirus-china


La transmission interhumaine du virus est désormais avérée, d’où l’importance des précautions gouttelettes. Des contaminations nosocomiales de soignants n’ayant pas respecté ces précautions ont été rapportées en Chine.

Nous vous prions de prendre connaissance de la fiche « Repérer et prendre en charge un patient suspect d’infection à nouveau coronavirus 2019 » développée par la mission nationale COREB: https://www.coreb.infectiologie.com/UserFiles/File/procedures/2019-ncov-fichesoignants22janv-vf.pdf


Nous vous rappelons que tout professionnel de santé prenant en charge un patient suspect d’infection par le 2019-nCoV doit prendre contact avec le Samu-Centre 15 pour analyse et mise en place des premières mesures de prise en charge. Il conviendra de ne pas l’orienter d’emblée vers les structures d’accueil des urgences afin d’éviter le contact avec d’autres patients.

La définition de cas est disponible sur le site de Santé publique France : https://www.santepubliquefrance.fr/maladies-et-traumatismes/maladies-et-infections-respiratoires/infection-a-coronavirus/articles/cas-de-pneumonies-associees-a-un-nouveau-coronavirus-2019-ncov-a-wuhan-en-chine


De façon générale, il est rappelé que la prise en charge d’un patient présentant des signes respiratoires infectieux doit s’accompagner de la mise en place de protection chez le patient (masque chirurgical, hygiène des mains) et le professionnel de santé (masque, lunettes et hygiène des mains). Vous trouverez des informations complémentaires sur le site du Ministère des Solidarités et de la Santé : https://solidarites-sante.gouv.fr/coronavirus »

A demain @jynau

Nouveau virus pathogène chinois : Pékin dit-il au reste du monde la pleine et entière vérité ?

Bonjour

Officiellement tout va presque mieux dans le meilleur des mondes viraux possible : les leçons du SRAS (2002-2003) ont été tirées et Pékin collabore comme le ferait Paris, Londres ou Berlin. On ne compterait que  45 personnes contaminées par un nouveau virus de la famille du Syndrome respiratoire aigu sévère. Vraiment ? Telle n’est pas la lecture d’un groupe d’experts de l’Imperial College de Londres – par ailleurs collaborateurs de l’OMS : « Estimating the potential total number of novel Coronavirus cases in Wuhan City, China »

Selon eux 1 723 personnes (95% CI: 427 – 4,471) pourraient en fait avoir été contaminées – et ce au vu de l’ensemble des informations disponibles au 12 janvier. Les auteurs, dirigés par le Pr Neil M. Fergusonneil.ferguson@imperial.ac.uk), ont notamment fondé leurs calcul  sur le nombre de cas (officiellement) détectés jusqu’à présent hors de Chine – deux en Thaïlande et un au Japon – pour estimer le nombre des personnes vraisemblablement infectées à Wuhan, capitale de la province du Hubei (centre de la Chine), où la totalité des cas chinois ont été signalés depuis le mois dernier.

Ils ont aussi eu recours à la base de données des vols internationaux au départ de l’aéroport de Wuhan. « Pour que Wuhan ait exporté trois cas vers d’autres pays, il faut qu’il y ait beaucoup plus de cas que ce qui a été annoncé, a expliqué le Pr Ferguson à la BBC . Je suis nettement plus préoccupé que je ne l’étais il y a une semaine. »

On sait que cette nouvelle émergence épidémique alimente les craintes d’une réapparition d’un virus de type SRAS, hautement contagieux et directement transmissible au sein de la communauté humaine. La souche incriminée est d’ores déjà désignée : 2019-nCoV. L’enquête des autorités sanitaires chinoises a permis de déterminer que plusieurs patients contaminés travaillaient sur un marché de Wuhan spécialisé dans la vente en gros de fruits de mer et de poissons.

Un virus incroyable

« En dehors de Chine, les mesures de prévention se multiplient, observe l’AFP. Dernière en date : les Etats-Unis ont annoncé qu’ils allaient commencer à filtrer les vols en provenance de Wuhan à l’aéroport de San Francisco et à l’aéroport John F. Kennedy de New York – où atterrissent des vols directs de Wuhan –, ainsi qu’à celui de Los Angeles, où sont assurées de nombreuses correspondances. Les passagers seront examinés par les équipes médicales sans pour autant systématiquement soumis à un prélèvement. »

La Thaïlande, où deux cas ont été recensés, a également renforcé les contrôles dans ses aéroports à l’approche des festivités du Nouvel An lunaire (25 janvier), une période qui suscite des inquiétudes quant à une éventuelle propagation du virus. A cette occasion, des centaines de millions de Chinois empruntent bus, trains et avions pour aller passer les fêtes en famille. Beaucoup partent également en vacances en Asie du Sud-Est. Les autorités de Hongkong ont elles aussi renforcé leurs mesures de contrôle aux frontières du territoire autonome, notamment avec des détecteurs de température corporelle.

Et en France ? La Direction générale de la Santé précise que tout patient présentant des signes respiratoires infectieux et « ayant séjourné dans la ville de Wuhan dans les 14 jours précédant le début des signes cliniques » doit en effet faire l’objet d’un signalement (contacter le SAMU-Centre 15 en cas de doute). Toute prise en charge d’un cas suspect doit « s’accompagner de la mise en place de protection chez le patient (masque chirurgical) et le professionnel de santé (masque, lunettes et hygiène des mains) ».

Pour l’heure, les déplacements en Chine ne font l’objet d’aucune restriction, mais le sujet est largement commenté sur le réseau social Weibo. « Ce virus est incroyable, il peut aller à l’étranger mais rester confiné » à Wuhan, ironisait un internaute cité par l’AFP pendant que certains soupçonnaient les autorités de minimiser la gravité de la situation. Le meilleur des mondes viraux possible.

A demain @jynau

Nouveau virus pathogène : Pékin n’exclut plus le risque de transmissions interhumaines

Bonjour

C’était prévisible, c’est chose faite : le risque que la pneumonie virale atypique récemment identifiée en Chine soit transmissible entre humains est «faible» mais «pas exclu». Message daté du mercredi 15 janvier et signé de autorités sanitaires chinoises. Ce début d’épidémie alimente les craintes d’une réapparition d’un virus de type Sras, comme celui qui avait tué quelque 650 personnes en Chine continentale et à Hong Kong en 2002-2003.

L’une des quarante-et-un malades recensés à Wuhan, foyer initial, a peut-être été contaminée par son mari. C’est l’avis de la Commission municipale locale de l’hygiène et de la santé. Dans un communiqué, elle a indiqué que l’époux en question travaillait sur un marché de gros de fruits de mer, où la plupart des cas ont été détectés jusqu’à présent. Or, sa femme dit ne jamais s’y être rendue. Le marché incriminé est fermé depuis le 1er janvier, sur décision des autorités.

«Aucune preuve explicite de transmission entre humains n’a été découverte depuis le début de cette épidémie liée à un nouveau coronavirus, a souligné la commission. La possibilité d’une transmission limitée entre humains ne peut être exclue, mais le risque d’une transmission inter-humaine continue est relativement faible».

« Moment charnière

On sait d’autre part que la maladie a été diagnostiquée chez une femme originaire de Wuhan lors de son arrivée en Thaïlande. Or, selon l’OMS, cette femme assure n’avoir pas fréquenté le marché de gros incriminé, selon l’OMS.À Hong Kong, les autorités ont renforcé leurs mesures de détection, avec notamment des points de contrôle des températures à destination des voyageurs arrivant dans ce territoire dit « semi-autonome ». Selon les autorités hongkongaises, 71 personnes s’étant rendues à Wuhan récemment ont été hospitalisées souffrant de fièvre et de problèmes respiratoires, mais 60 ont été autorisées à sortir et le virus n’a été diagnostiqué chez aucune d’entre elles.

Que savoir sur le sujet ? « Il s’agit d’un virus qui n’avait jamais été décrit. Il entre dans la famille des coronavirus, dont six étaient déjà connus, a expliqué à Libération (Eric Favereau) le Pr Arnaud Fontanet, qui dirige à l’Institut Pasteur de Paris l’unité de recherche et d’expertise en épidémiologie des maladies émergentes. C’est un septième, et il se révèle très proche de celui du virus du Sras. D’ailleurs dans le déroulé de cette épidémie, le scénario est le même qu’en 2003. Les autorités chinoises ont mis en avant un lieu de départ, à savoir un marché de ‘’sea food’’, où il y a certes du poisson mais pas seulement. Et c’est a priori plutôt dans la manipulation des autres animaux de ce marché que la contamination a pu se faire vers l’homme. Mais on ignore quel animal est le point de départ.

L’hypothèse renforcée d’une contamination interhumaine ne peut qu’inquiéter. « On peut toutefois noter qu’il n’y a pas eu de cas de contamination au sein d’une même famille, ni avec le personnel soignant, ce qui est encourageant, souligne le Pr Fontanet. Nous sommes à un moment charnière. Cela peut s’arrêter là, mais l’épisode du Sras nous a montré que des imprévus étaient possibles. Au départ, la souche du Sras était, par exemple, peu virulente et peu transmissible. Puis elle a muté, allant vers un virus beaucoup plus transmissible et bien plus pathogène. Il y a eu ainsi des épisodes où une personne a pu en contaminer cinquante autres. Là, on est sur un épisode qui semble contenu, mais il peut y avoir des secousses qui changent le scénario. La bonne nouvelle, c’est que tout le monde se montre vigilant. Et jusqu’à présent réactif. »

A demain @jynau

SRAS : le nouveau virus chinois a déjà atteint la Thaïlande. L’OMS est alertée. S’alarmer ?

Bonjour

SRAS: syndrome respiratoire aigu sévère. Sommes-nous de retour en 2003 quand le SRAS chinois (800 morts) inquiéta durant quelques mois la planète ? Un premier cas de la nouvelle pneumonie chinoise a été identifié en Thaïlande, a annoncé lundi l’Organisation mondiale de la santé (OMS), précisant qu’il s’agissait d’un voyageur venu de Chine.

 Que sait-on aujourd’hui ? Qu’une nouvelle souche de coronavirus (CoV) pourrait être à l’origine d’une épidémie de pneumonies apparue mi-décembre 2019 dans le Hubei (centre de la Chine). Quelques dizaines de cas ont été diagnostiqués dans la région, puis d’autres à Hongkong.  Les autorités chinoises ont « déclaré que les tests en laboratoire permettaient d’exclure le SRAS-CoV (virus du syndrome respiratoire aigu sévère), le MERS-CoV (virus du syndrome respiratoire du Moyen-Orient), la grippe, la grippe aviaire ou un adénovirus », explique l’OMS. Par conséquent, un nouveau coronavirus ne peut être exclu. »

Le Monde rapporte que le 9 janvier, la chaîne publique chinoise CCTV a confirmé qu’une équipe de médecins chinois avait réussi à déterminer toute la séquence génomique du nouveau virus –  « une morphologie de type coronavirus ». On ne connaît toutefois ni son origine, ni sa durée d’incubation, ni le mode de transmission. L’OMS avait été informée dès le 31 décembre, par les autorités nationales, d’un groupe de cas de pneumonies d’une origine inconnue dans la ville de Wuhan, où vivent 11 millions de personnes. L’affection se manifeste par une fièvre accompagnée de difficultés respiratoires.

Sans surprise, un lien semble exister à Wuhan entre cette émergence et un grand marché aux poissons et produits de la mer, mais où se vendent également d’autres animaux : volailles, faisans, viandes d’animaux sauvages (chauves-souris, marmottes…). Plusieurs des malades y travaillent ou l’ont visité avant l’apparition de leurs symptômes. Les autorités municipales de Wuhan l’ont fermé jusqu’à nouvel ordre le 1er janvier et ont procédé à des opérations de nettoyage et de désinfection.

Surveillance des déplacements humains aériens

Jusqu’à présent la famille des coronavirus humains comptait six membres : quatre donnant des infections respiratoires généralement bénignes et deux provoquant des pneumonies potentiellement mortelles: le SRAS-CoV, responsable du syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS), et le MERS-CoV, à l’origine du « syndrome respiratoire du Moyen-Orient ».

Nouvelle donne ce 13 janvier : un cas vient d’être identifié en Thaïlande. Dans un communiqué, l’OMS a indiqué avoir été officiellement informée par les autorités sanitaires thaïlandaises de ce premier cas. «Compte tenu de l’évolution de la situation, le directeur général de l’OMS, le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, va consulter les membres du Comité d’urgence et pourrait convoquer une réunion de ce comité dans un bref délai», a ajouté l’OMS. La femme infectée (immédiatement hospitalisée) voyageait en provenance du Wuhan. Un diagnostic clinique de pneumonie légère a d’abord été posé, puis «des tests de laboratoire ont confirmé que le nouveau coronavirus en était la cause», a détaillé un porte-parole de l’OMS, Tarik Jasarevic, à l’AFP.

S’alarmer ?  «La possibilité que des cas soient identifiés dans d’autres pays n’était pas inattendue et renforce la raison pour laquelle l’OMS demande une surveillance active et une préparation continue dans d’autres pays», a souligné l’organisation onusienne. Le séquençage génétique du virus que la Chine a mis en partage le 12 janvier « permet à un plus grand nombre de pays de diagnostiquer rapidement les patients ».

On attend désormais, en cas de progression virale internationale, les premières mesures de surveillance (voire de restriction) des déplacements humains aériens.

A demain @jynau

Mourir de la e-cigarette ? La vérité sur la «maladie sans nom» est publiquement dévoilée

Bonjour

Le rideau est enfin levé; un nom nous est donné. Spécialistes et observateurs affûtés le pressentaient mais l’affaire peut enfin être expliquée au plus grand nombre comme, fort heureusement  aujourd’hui dans les colonnes du  Figaro (Cécile Thibert).

Le contexte : depuis le début de l’été, les États-Unis font face à une épidémie sans précédent de cas d’atteintes pulmonaires graves et atypiques, parfois mortelles. Selon les derniers chiffres publiés par les CDC américains (Centers for disease control and prevention), 54 personnes sont décédées et on recense 2506 hospitalisations. « L’arme du crime ? La cigarette électronique. Ou plutôt, ce que les utilisateurs ont mis dedans » résume Le Figaro. C’est ainsi que la « maladies sans nom » du départ est désormais étrangement désignée : « E-cigarette, or vaping, product use associated lung injury » (EVALI). Une pathologie américaine  pour laquelle toutes les données disponibles sont dans le (toujours) prestigieux  New England Journal of Medicine.

« D’après cette étude, financée par les institutions sanitaires américaines, ces cas d’atteintes pulmonaires seraient liés à des liquides de vapotage achetés sur le marché noir et coupés avec de l’acétate de vitamine E, une substance potentiellement nocive, résume Le Figaro. les fluides pulmonaires de 51 autres patients ont été analysés: 94% contenaient de l’acétate de vitamine E à un niveau détectable. La quasi-totalité des échantillons n’ont pas révélé la présence d’autres substances toxiques. En parallèle, les scientifiques ont analysé les fluides de 99 personnes en bonne santé, dont 18 vapoteurs. Aucun ne contenait d’acétate de vitamine E. »

Exécutif allergique à la réduction des risques

Ce travail conforte pleinement l’hypothèse officielle des autorités sanitaires américaines. Début novembre, ces dernières avaient annoncé avoir retrouvé de l’acétate de vitamine E dans la totalité des échantillons de fluides pulmonaires prélevés sur 29 victimes. Cette substance est habituellement utilisée dans les produits cosmétiques ou en tant que complément alimentaire. Aucun danger. Mais quid de son inhalation ? On dispose désormais de la réponse à la question – sans connaître encore pleinement l’intimité de la cascade physiopathologique (altération directe des cellules pulmonaires par l’acétate ou via un gaz toxique produit lors du chauffage de la e-cigarette). Plusieurs études sont en cours (notamment chez l’animal) pour décrypter le sujet.

Dr Anne Schuchat, directrice adjointe des CDC :  «Compte-tenu de tous ces résultats, nous pouvons conclure que cette épidémie explosive de cas d’atteintes pulmonaires peut être attribuée à l’exposition à des produits de vapotage contenant du THC, qui contiennent également de l’acétate de vitamine E. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’autres substances dans la cigarette électronique ou dans les produits de vapotage qui ne provoquent pas d’atteintes pulmonaires. »

Aucun cas d’EEVALI en France. Où, après une vague de désinformations coupables, l’on comprend que la cigarette électronique n’est pas la cause mais, le cas échéant, le vecteur. Où l’on peut, aussi de féliciter de la récente mise au point éclairée de la vieille Académie nationale de médecine :

« Il ne faut pas accuser le contenant d’être nocif alors que c’est le contenu qui est en réalité nocif et responsable de l’alerte américaine. En France, nombre de fumeurs qui s’apprêtaient à passer à la vaporette au lieu du tabac ne doivent pas hésiter puisque l’HAS en a fait un produit utile à l’arrêt du tabac et qui a fait ses preuves. »

Un Académie aussitôt méchamment attaquée par les militants radicaux d’Alliance contre le tabac. Où l’on mesure, une nouvelle fois, la somme des énergies dont il faut disposer pour œuvrer dans le vaste champ de la réduction des risques – a fortiori quand le pouvoir exécutif s’y révèle, comme souvent aujourd’hui en France, radicalement allergique.

A demain @jynau

Cigarette électronique et maladie «sans nom»: les vitamines, prises médiatiquement en grippe?

Bonjour

La maladie sans nom ne l’est plus. Les autorités sanitaires américainesont officiellement annoncé vendredi 8 novembre avoir très probablement percé le mystère des maladies pulmonaires « liées au vapotage » : une huile de vitamine E ajoutée dans des recharges au cannabis vendues sur le marché noir. Cette huile et cette pratique étaient d’ores et déjà soupçonnée comme à l’origine d’une pathologie qui a touché plus de 2000 vapoteurs américains et causé 39 décès. Quasi-confirmation aujourd’hui avec la découverte de l’agent chez 29 patients dont les fluides pulmonaires ont été analysés par les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC).

« Ces analyses apportent la preuve directe que l’acétate de vitamine E est le principal responsable de lésions dans les poumons » a déclaré Anne Schuchat, directrice adjointe des CDC, précisant qu’aucune autre toxine potentielle n’avait pour l’instant été détectée dans les analyses.

« La vitamine E est normalement inoffensive. Elle s’achète sous forme de gélule à avaler ou d’huile à appliquer sur la peau, mais elle est nocive une fois inhalée ou chauffée. L’acétate est le nom chimique de la molécule, explique Radio Canada. Le porte-parole de Santé Canada Éric Morrissette a déclaré que l’acétate de vitamine E n’était pas autorisé dans les produits de vapotage de cannabis canadiens. Néanmoins, il dit que Santé Canada et l’Agence de la santé publique du Canada surveillent activement la situation de la maladie causée par le vapotage (sic). »

Le Tweeteur intempestif de la Maison Blanche

Le schématisme, la caricature et le réductionnisme médiatiques conduiront-ils sous peu à accuser la vitamine E per se après la condamnation définitive de la cigarette électronique ? Pour sa part l’AFP souligne que cette annonce des CDC intervient quelques heures après l’annonce par le président américain Donald Trump de sa volonté de faire passer l’âge minimum pour acheter des cigarettes électroniques aux Etats-Unis de 18 à 21 ans. La déclaration présidentielle s’inscrit dans un plan plus vaste pour réduire le vapotage chez les jeunes – plan qui sera dévoilé « la semaine prochaine ». « Nous allons annoncer une initiative très importante sur le vapotage. Nous devons particulièrement prendre soin de nos enfants, donc nous allons avoir une limite d’âge de 21 ans environ », a déclaré le milliardaire-président à des journalistes.

Où l’on voit que le concept de la réduction des risques sanitaires est loin d’être perçu et compris par le Tweeteur intempestif de la Maison Blanche. Où l’on observe aussi que le même a fait part de ses inquiétudes sur l’impact que pourraient avoir des restrictions trop lourdes sur l’avenir de cette industrie naissante. Son administration pourrait ainsi revenir sur son projet d’interdire purement et simplement les cigarettes électroniques aromatisées, annoncé en septembre. « Nous devons veiller sur de nombreuses personnes, y compris les emplois [sic], a dit le milliardaire new-yorkais. C’est devenu une grande industrie, nous allons nous en occuper. »

Entre le drame et la farce, tout est politiquement dit.

A demain @jynau

Inespéré : la e-cigarette est «probablement» une aide efficace pour arrêter de fumer

Bonjour

C’est une étape importante dans la -déjà- longue histoire de la Révolution des Volutes. Et la démonstration que petit à petit l’oiseau de la réduction des risques fait son nid dans l’immense jungle du tabagisme et dans méandre du principe politique de précaution. Après nombre d’addictologues, d’esprits éclairés et d’un ancien Directeur général de la Santé, deux sociétés savantes hier encore rétives viennent de progresser dans leur perception du phénomène : la Société de Pneumologie de Langue Française (SPLF) et la Société Francophone de Tabacologie (SFT).

A l’occasion du Mois sans tabac elles « proposent dans un document une information sur la cigarette électronique ; information basée sur l’analyse des données scientifiques publiées ; document destiné avant tout aux fumeurs envisageant d’utiliser la cigarette électronique comme outil d’aide au sevrage tabagique ; document signé du Pr Nicolas Roch, président de la SPLF et de la Dr Anne-Laurence Le Faou, présidente de la SFT. Extraits :

La dépendance. « La dépendance tabagique a deux composantes : 1- Une dépendance physique liée au manque de nicotine (indépendante de la volonté) qui peut être comblée par apport de nicotine non-fumée médicamenteuse (patchs, pastilles, comprimés, inhaleurs, sprays ou comprimés sub-linguaux) et/ou non médicamenteuse (cigarette électronique). La varénicline qui bloque certains récepteurs nicotiniques est aussi un traitement efficace de la dépendance physique à la nicotine. 2- Une dépendance psychologique et comportementale.

Les traitements. « Les traitements médicalement validés sont ceux qui ont fait l’objet d’essais cliniques. Ils ont démontré qu’ils augmentaient les chances de l’arrêt du tabac avec un rapport bénéfice/risque positif. C’est le cas de tous les substituts nicotiniques et de la varénicline, remboursés en France ainsi que du bupropion, non remboursé. Ces traitements (à l’exception de l’inhaleur, des Nicorette Microtab et du spray de nicotine) sont remboursés par l’assurance maladie sans reste à charge pour les patients atteints d’une maladie de longue durée (en particulier dans le domaine des troubles respiratoires pour l’insuffisance respiratoire liée à la BPCO ou à l’asthme, pour le cancer du poumon ou la tuberculose), le reste à charge de 35% est payé par la complémentaire santé dans les autres cas. Ces traitements restent les traitements recommandés par les autorités de santé pour tous les fumeurs dont ceux atteints de maladies respiratoires.

La cigarette électronique. « Que sait-on de la toxicité de la cigarette électronique ? En utilisation normale Les émissions de la cigarette électronique contiennent moins de substances toxiques que la fumée du tabac. Elles peuvent induire toutefois des effets biologiques mesurables. Les conséquences cliniques et épidémiologiques (santé publique) à long terme de l’utilisation des cigarettes électroniques, à ce jour, ne sont pas connues. Les études bien conduites cliniques et épidémiologiques concluantes sont nécessaires pour évaluer le bénéfice et les risques exacts de leur utilisation.

Les cas de toxicité pulmonaire rapportés aux USA. « Ces cas ont concerné 1888 personnes à la date du 31 octobre 2019 dont 37 décès. Ces cas sont liés aux liquides que certains utilisateurs de cigarette électronique ont mis dans le réservoir. Dans 75- 80% des cas, ces liquides étaient fabriqués ou achetés hors du commerce officiel et contenaient des huiles de cannabis, du cannabis synthétique ou d’autres produits assimilés et souvent de l’acétate de vitamine E (produits formellement interdits dans liquides pour cigarettes électroniques en Europe). Il s’agissait donc du détournement d’usage du dispositif c’est-à-dire dans le cadre d’un usage récréationnel et non dans l’objectif de l’arrêt de la consommation du tabac. En absence d’identification de l’agents ou des agents causaux provoquant ces pneumopathies, il est recommandé de n’utiliser que les liquides commercialisés, de ne pas acheter des liquides dans la rue et de pas utiliser des huiles de cannabis ou d’autres produits non commercialisés.  En France le Directeur général de l’ANSES qui assure le contrôle des liquides pour cigarettes électroniques, a affirmé qu’aucun des liquides commercialisés en France ne posait de problème sanitaire. Intérêt de la cigarette électronique dans la sortie du tabac

Mais encore. « La cigarette électronique est utilisée le plus souvent sans aide médicale par des fumeurs qui veulent soit réduire leur tabagisme, soit arrêter de fumer. Selon Santé Publique France,

1) les données recueillies après le Mois sans tabac 2016 montrent que la cigarette électronique est de loin le produit le plus utilisé dans l’arrêt du tabac avec aide : 27% contre 18% pour les substituts nicotiniques et 10% pour le recours aux professionnels de santé.

2) il est estimé que 700 000 fumeurs ont arrêté de fumer en 7 ans avec la cigarette électronique seule ou en association avec d’autres aides.

Mais encore (bis). « Les données scientifiques actuellement disponibles sont toutefois insuffisantes pour conclure avec certitude que la cigarette électronique est un traitement efficace et sûr pour aider les fumeurs à arrêter de fumer. Un essai publié récemment dans le New England Journal of Medicine montre qu’il y a près de deux fois plus d’arrêt à un an avec la cigarette électronique qu’avec les substituts nicotiniques.

« L’utilisation prolongée de la cigarette électronique De nombreux utilisateurs continuent à fumer tout en vapotant. Cette situation laisse persister les risques du tabagisme. Ces vapo-fumeurs doivent être mieux substitués en nicotine par ajout de patchs et optimisation de la prise de nicotine par la cigarette électronique. Chez les fumeurs sevrés du tabagisme grâce à la cigarette électronique, un avis médical est recommandé en cas de dépendance persistante à la nicotine. En cas de consommation de cigarette électronique au-delà de 12 mois après l’arrêt du tabac 1,2, l’arrêt de la cigarette électronique est conseillé s’il n’existe aucun risque de retour au tabac. Cas particulier des maladies respiratoires chroniques Il est préférable d’utiliser un des traitements médicamenteux recommandés pour l’arrêt du tabac et remboursés en France : substituts nicotiniques ou varénicline, plutôt que la cigarette électronique.

Pour conclure. « Ne plus fumer est le premier objectif à poursuivre chez les fumeurs, notamment porteurs de maladies respiratoires chroniques. La cigarette électronique est probablement une aide efficace pour arrêter de fumer. Elle doit dans ce cas être utilisée de façon transitoire (en l’absence de donnée précise sur ses effets à long terme) en vue de l’arrêt de la consommation tabagique. Elle doit être proscrite chez les non-fumeurs. Fumer et vapoter dans le même temps n’est pas une solution, car cette conduite ne réduit pas les risques liés au tabac. »

Il ne faut probablement jamais désespérer.

A demain

1 Réaction-questions du Dr Anne Borgne (SOS Addictions) :  » 12 mois? Pourquoi pas 6 ou 24 ? D’où sort cette durée, de quelles données de la science? Ces donneurs de leçons frileux de ne pas s’avancer tant que la preuve scientifique de 25 000 études n’est pas faite peuvent-ils nous donner la référence concernant cette durée ? »

2 Réaction- commentaires de Sébastien Béziau, vice-président de #sovape. « Je partage ce point de vue.  AUCUN fondement pour limiter la durée à 12 mois. Ils font appel à une science soit-disant inexistante et incapable de démontrer une innocuité absolument indémontrable par définition. Mais quelle référence pour cette affirmation, à part le doigt mouillé ?

L’emploi permanent des conditionnels / potentiels est insupportable – et ne fait que renforcer les doutes chez les consommateurs, fumeurs, et même vapoteurs. Aucun risque, c’est pas possible, tout le monde est d’accord. Beaucoup moins de risque, c’est une certitude.

La phrase : « L’existence aux USA de cas de toxicité pulmonaire rapportée à l’utilisation de cigarettes électroniques inquiète les fumeurs qui envisagent l’arrêt du tabac et les vapoteurs’’… fait persister l’amalgame entre LA vape et la consommation de produits frelatés et illicites.

Même l’explication est douteuse « Dans 75-80% des cas, ces liquides étaient fabriqués ou achetés hors du commerce officiel’’… Cela laisse à penser que les 20-25% restants sont des produits « normaux ». NON !! Les 20-25% des cas sont seulement des gamins qui n’ont pas « avoué » les produits qu’ils ont consommé.

Pour ce qui est de l’étude ECSMOKE, elle ne démontrera pas grand chose, si ce n’est comparer UN liquide / UN taux de nicotine (12 = trop faible) / UN arôme / UN appareil Vs UN médicament. Soir 1/100000e des possibilités de combinaisons possibles pour utiliser le vapotage, rien à voir avec l’usage courant. Il faudrait cesser de dire que cette étude compare LA vape. C’est FAUX.

Quant aux « non-fumeurs » qui ne doivent pas y toucher… L’expérience américaine avec un taux de tabagisme juvénile qui a plongé à moins de 6% VS 25% en France, ne fait se poser de questions à personne ?

Le problème est très complexe, certes, mais doit-on le trancher sans aucun débat ? Pas de question sociale, éducative, vision globale de santé publique, pas de regard sur les faits ?   J’imagine que ce communiqué a donné lieu à d’âpres échanges en interne, avec beaucoup de bonne volonté, on sent bien la SFT qui veut bien / mieux faire… Mais le résultat est-il vraiment de nature à rassurer ? »