#Prière de vous faire soigner ultérieurement #Plus de médicaments #Veuillez nous excuser

Bonjour

Voici, une nouvelle fois, une attaque lancée contre la muraille de Big Pharma. Et la dénonciation d’un système pharmaceutique et politique sur lequel tous ou presque se sont jusqu’ici cassés les dents. Cette fois c’est une association de lutte contre le sida et les hépatites en France et en Europe reconnue d’utilité publique (« AIDES »)  qui part à l’assaut.

La campagne, lancée aujourd’hui, est diffusée sur les réseaux sociaux. A travers trois visuels et une vidéo elle « interpelle sur les menaces qui pèsent sur l’accès universel aux médicaments, et avec lui sur notre système de santé solidaire ».

Pourquoi maintenant ? Parce qu’un Français-e sur quatre a déjà été confronté-e à une pénurie de médicaments, avec parfois des répercussions graves sur sa santé : augmentation des symptômes, hospitalisations etc. Parce que les nouveaux médicaments qui arrivent sur le marché atteignent des prix records – 300 000 euros annoncés pour des nouvelles thérapies contre le cancer – sans réelle justification. Parce que ces sommes fragilisent la pérennité de notre système de soins solidaire. Er parque que, de plus en plus fréquemment, aucun accord entre laboratoire pharmaceutique et Etat n’est trouvé.

Palais de l’Elysée

Comment en est-on arrivé là ? A cause d’un « système opaque et complexe » : Un système de brevets qui permet aux laboratoires de prolonger leurs monopoles de façon souvent injustifiée ; une  réglementation européenne qui allonge les périodes de monopole et retardent l’arrivée sur le marché de génériques plus abordables ; un Etat qui n’utilise pas tous les outils à sa disposition pour encadrer les pratiques de l’industrie ; le secret des affaires.

Et, dans la foulée, AIDES d’exhorter au « courage politique » pour mettre fin à ce « système délétère » et parvenir à « un système plus égalitaire et pérenne ». Obtenir notamment la transparence des laboratoires et de l’Etat sur les négociations de prix et les investissements en recherche et développement, afin de fixer des prix justes et abordables ; la  fin des monopoles abusifs en diversifiant et rendant plus rigoureux les critères de délivrance de brevets ; la révision des législations européennes qui obstruent l’accès aux médicaments et le  renforcement des obligations de l’industrie en matière de plan de pénuries pour garantir un accès continu aux médicaments essentiels.

Où l’on en viendrait à regretter qu’AIDES ne soit pas présente à la première conférence de presse solennelle donnée aujourd’hui même, par le locataire du Palais de l’Elysée. Et que cette association reconnue d’utilité publique soit absente de la compétition pour les élections politiques européennes.

A demain

@jynau

 

Vincent Lambert : sera-t-il «euthanasié» ou ses «traitements» vont-ils être «interrompus» ?  

Bonjour

Ne pas ajouter au malheur du monde. Dans la tragique affaire Vincent Lambert, trouver les mots justes, nommer au mieux les choses.

24 avril 2019, nouvelle décision du Conseil d’Etat : « 24 avril 2019 | Décision contentieuse. Interruption des traitements de M. Vincent Lambert. Le Conseil d’État juge légale la décision d’interrompre les traitements de M. Vincent Lambert. » On appréciera l’usage qui est fait, par les magistrats de la plus haute juridiction administrative, du mot « interruption » quand il s’agit, plus précisément d’arrêt définitifs. Et non pas des « traitements » mais bien de l’alimentation et de l’hydratation d’une personne malade qui, nous assure-t-on, a conservé son réflexe de déglutition. Extrait de la décision.

« Le juge des référés du Conseil d’État en déduit qu’étaient réunies les différentes conditions exigées par la loi pour que la décision d’arrêter l’alimentation et l’hydratation artificielles de M. Lambert, en accompagnant l’arrêt de ce traitement d’une sédation profonde et continue, puisse être prise par le médecin en charge du patient. En conséquence, il juge que cette décision ne peut être tenue pour illégale . »

Cette décision du Conseil d’Etat fait suite à une nouvelle requête en urgence déposée le 9 avril 2018 par les parents de Vincent Lambert pour tenter d’annuler la décision collégiale du CHU de Reims de suspendre les soins. La veille, le 8 avril 2018, le CHU avait pris collégialement la décision d’arrêter les soins – décision validée fin janvier par le tribunal administratif de Châlons-en-Champagne (Marne) qui avait jugé que « le maintien des soins et traitements » de Vincent Lambert constituait bien « une obstination déraisonnable ».

Et maintenant ?

« Vincent Lambert, handicapé, va être euthanasié (…) Condamner à mort Vincent Lambert, c’est signifier aux personnes handicapées que leur vie n’a aucune valeur aux yeux de la société, fait valoir Jean Marie Le Méné, président de la Fondation Jérôme Lejeune, qui dénonce cette décision et alerte sur la situation des autres patients en état pauci-relationnel qui risquent de connaître le même sort. »

« C’est le pire dénouement possible pour Vincent, pour ses parents, les frères et sœurs qui le soutiennent, pour ses amis et les 110 000 soutiens du comité, mais aussi pour les milliers de patients qui vivent en France dans le même état pauci-relationnel que Vincent, commente le comité de soutien à Vincent Lambert. Les experts mandatés par le Tribunal Administratif avaient eux-mêmes affirmé que sa prise en charge ne relevait pas de l’acharnement thérapeutique ou d’une obstination déraisonnable. Ils avaient préconisé son transfert (…)La justice en a décidé autrement et préfère avaliser des pratiques d’élimination des handicapés sous couvert de lutte contre l’acharnement thérapeutique et de la manière la plus hypocrite qui soit : en provoquant la mort de faim et de soif pour éviter d’avoir à pousser sur la seringue. »

Ce même comité assure toutefois décision du Conseil d’Etat n’est pas définitive. « Les avocats qui défendent la vie de Vincent ont annoncé de nouveaux recours, explique-t-il. En premier lieu devant les instances internationales défendant les droits des handicapés en application de conventions auxquelles la France a adhéré. »

Dans un communiqué publié peu après l’annonce de la décision du Conseil d’Etat, les parents de Vincent Lambert ont annoncé le dépôt de deux recours au fond, « sur des fondements différents ». L’un devant la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) et l’autre devant le Comité international de protection des droits des personnes handicapées (CIDPH) de l’ONU. « La décision du Conseil d’Etat n’est donc pas définitive et la décision de provoquer la mort de Vincent Lambert ne peut pas être exécutée », expliquent -ils.

Sollicité par Le Monde, Nicolas Hervieu, spécialiste du droit européen et chargé d’enseignement à Sciences Po a déclaré : « il est très vraisemblable que la CEDH rejette assez rapidement la demande, peut-être en quelques jours, car sa jurisprudence sur le sujet, établie lors de sa première décision dans l’affaire Lambert le 5 juin 2015, est claire ».

Et ce  juriste d’affirmer qu’il est par ailleurs possible que la France choisisse d’« ignorer » une « mesure provisoire » que pourrait prendre le CIDPH interdisant au CHU de mettre en œuvre la décision d’arrêt des traitements le temps qu’il se prononce. La France, ajouter au malheur du monde ?

A demain

@jynau

Des Gilets Jaunes ont bel et bien été «fichés» par l’AP-HP : qui va devoir démissionner ?

Bonjour

Le Canard enchaîné a fait mouche : à peine était-il, ce matin, dans les kiosques que la Direction générale de l’AP-HP prononçait un mea culpa – ce qui, en jargon administratif se dit : « SI-VIC : identification de cas d’utilisations inappropriées ». Où l’on voit, une nouvelle fois ,cette administration hospitalière tenter de rester dans le champ de l’entre-soi.

« Comment l’AP-HP pourra-t-elle encore continuer à nier ? » écrivions-nous il y a quelques heures  au sujet du fichage des Gilets Jaunes hospitalisés lors des manifestations dans la capitale – une affaire d’importance qui avait conduit, fait remarquable, le Conseil national de l’Ordre des médecins à saisir la CNIL.

La Direction générale de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) avait au départ rejeté les accusations de « fichage » avant que la Direction Générale de la Santé ne la désavoue, reconnaissant que le système avait « été activé »  sur l’ensemble du territoire national les 8 et 15 décembre 2018 – puis, ponctuellement selon la situation locale par les agences régionales de santé ou les SAMU.  »

Puis le  20 avril dernier la même direction générale se défendait via un communiqué de presse intitulé « Mise au point sur un prétendu ‘’fichage’’ de patients ». Or Le Canard enchaîné de ce 23 avril rapporte que la méthode a été à nouveau utilisée le samedi 20 avril lors de l’acte XXIII du mouvement des Gilets Jaunes. « Le 20 avril, en pleine manifestation, la directrice de cabinet du patron de l’AP-HP, Martin Hirsch, avait même relancé les responsables d’hôpitaux : ‘’Nous vous rappelons qu’il convient de renseigner SI-VIC (système d’information pour le suivi des victimes) pour la régulation sanitaire’’. »

« Chaussettes vertes à petits pois, manque orteil pied droit »… 

Dans un premier temps, la direction générale de l’AP-HP avait tenté de rassurer tout le monde en affirmant que les informations recueillies ne contenaient pas le nom des patients. Puis de reconnaître plus tard que les documents contiennent bien le nom, l’âge, le sexe et les adresses des manifestants. Toutefois, ‘’dans le respect du secret médical’’, il ne comporterait ‘’aucune donnée sur la nature des blessures prises en charge’’. Le Canard enchaîné d’aujourd’hui démontrait le contraire – preuve à l’appui avec des extraits du fameux fichier.

« En plus de données permettant d’identifier les personnes blessées dans les rassemblements, il contient parfois des détails de contexte : « arrivé avec pompiers, traumatisme main gauche » ; « tir flashball, plaie arcade » ; « intoxication lacrymogène, chaussettes vertes à petits pois, manque orteil pied droit »… Le fichier est en outre actualisé en temps réel et consultable par un grand nombre de services, bien au-delà du ministère de la Santé.

Extrait du premier mea culpa de l’administration de l’AP-HP (nous soulignons):

« Comme cela avait été fait dans d’autres circonstances où SI-VIC a été déclenché et comme dans d’autres hôpitaux, tous les services de l’AP-HP ayant reçu des victimes ont renseigné la base SI-VIC, ce qui a permis de pouvoir comptabiliser le nombre de blessés, de les localiser et de pouvoir mobiliser les services d’accueil d’urgences en fonction de l’afflux ou non de blessés. Au cours des premiers mois 2019, SI-VIC a été déclenché onze fois, trois fois pour des manifestations « gilets jaunes » et huit fois pour des incendies, explosions (rue de Trévise), intoxications dans une école (Créteil)…

« L’application SI-VIC ne comporte sur la page principale aucune ligne qui aurait pour objet ou pour effet de recueillir des informations médicales. Dans l’immense majorité des cas, les informations renseignées dans SI-VIC comportent comme commentaire le mode d’entrée (« amené par les pompiers ») ou le mode de sortie (« retour à domicile ») ou des éléments évitant les erreurs d’identification des victimes. Cependant, à la suite des investigations conduites pour vérifier certains éléments parus dans la presse, il apparaît que les onglets « commentaire » de l’application ont pu être utilisés pour mentionner des éléments de nature médicale. Cette pratique n’a été identifiée que de façon marginale ; à ce stade de nos investigations (trois services concernés un ou deux samedis) la case « commentaires » a été remplie de manière inappropriée pour rajouter des informations que les équipes pensaient utiles sur la nature de la blessure.

Cette situation peut s’expliquer par le fait que le « mémo SI-VIC », élaboré par l’AP-HP dans le souci de pouvoir disposer des informations permettant d’une part de dimensionner et d’orienter le patient vers les ressources spécialisées disponibles (ex : ophtalmologie, service de prise en charge des polytraumatisés), d’autre part, faisant suite au retour d’expérience de situations sanitaires graves, de faciliter l’identification des victimes, comporte un élément, sur la case commentaires « l’onglet commentaires permet d’ajouter toutes les informations utiles concernant la pathologie ou le type de blessure, l’intitulé exact du service… ». Cette précision, qui avait été mentionnée dans un souci de bonne prise en charge des patients, n’aurait pas dû apparaître ; au contraire, il aurait dû être rappelé qu’aucune information médicale ne devait être saisie. 1 »

Et ensuite ?

On explique au citoyen que des  instructions sont actuellement données pour corriger ces éléments. Et que l’ARS et l’AP-HP « diligentent une inspection pour objectiver de façon transparente l’utilisation qui a été faite de l’application dans ces dernières semaines ». Une transparence diligentée par les administrations directement concernées…

On attend désormais les explications que devra apporter, sur ce dossier, Agnès Buzyn. La ministre des Solidarités et de la Santé, « exaspérée » par le sujet,  avait affirmé, le 7 février dernier sur Europe 1 (à partir de 7’) : « Je ne demanderai jamais aux soignants de ficher les malades qui arrivent ! Connaître le nombre de personnes hospitalisées qui seraient soit des “gilets jaunes”, soit des forces de l’ordre, ça n’est pas comme ça que fonctionnent les hôpitaux, et heureusement ! ». Malheureusement il apparaît que parfois les choses sont un peu plus compliquées. Et inappropriées.

A demain

@jynau

1 François Crémieux, directeur général adjoint de l’AP-HP a, mercredi 24 avril, reconnu sur Europe 1 qu’il ne s’agissait pas de fautes individuelles mais bien d’une erreur de la direction générale.

Affaire des Gilets Jaunes fichés : la direction de l’AP-HP pourra-t-elle encore continuer à nier ?

Bonjour

L’heure de la vérité approche à grands pas : Le Canard enchaîné persiste, signe et met dans le plus grand embarras la direction générale de l’AP-HP – de même que la ministre des Solidarités et de la Santé.

On sait que l’affaire des « Gilets Jaunes hospitalisés fichés » concerne l’usage qui a pu ou non pu être fait du désormais célèbre système « SI-VIC ». Elle s’était constituée avec les révélations de Mediapart, Libération et du Canard enchaîné.  Jusqu’à l’entrée en scène du Conseil national de l’Ordre des médecins suivie du  dépôt d’une première plainte contre X pour violation du secret professionnel.

La direction générale de l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) avait rejeté les accusations de « fichage » avant que la Direction Générale de la Santé ne la désavoue, reconnaissant que le système avait « été activé »  sur l’ensemble du territoire national les 8 et 15 décembre 2018puis, ponctuellement selon la situation locale par les agences régionales de santé ou les SAMU.  »

Identification des victimes

Le 20 avril dernier la direction générale de l’AP-HP se défendait via communiqué de presse intitulé « Mise au point sur un prétendu ‘’fichage’’ de patients » rappelant ce qu’est le fichier SI-VIC (ainsi que le fichier SINUS). Or Le Canard enchaîné de ce 23 avril rapporte que la méthode a été à nouveau utilisée le samedi 20 avril lors de l’acte XXIII du mouvement des Gilets Jaunes. Et ce en dépit des premières révélations, des inquiétudes déontologiques de l’Ordre des médecins, de la saisie de la Cnil et des premières actions en justice. « Le 20 avril, en pleine manifestation, la directrice de cabinet du patron de l’AP-HP, Martin Hirsch, aurait même relancé les responsables d’hôpitaux : ‘’Nous vous rappelons qu’il convient de renseigner SI-VIC (système d’information pour le suivi des victimes) pour la régulation sanitaire’’. »

« Selon l’AP-HP, ce fichier, mis en place depuis les attentats de Paris, est utilisé ‘’en cas de situations sanitaires exceptionnelles’’, accident, incendie, attentat ou ‘’grand événement susceptible de conduire à un nombre important de victimes’’, explique Le Parisien (A.R.). Il permet de réguler les urgences et faciliter l’identification des victimes en cas d’attaque. Dans un premier temps, le patron de l’AP-HP a tenté de rassurer tout le monde en affirmant que les informations recueillies ne contenaient pas le nom des patients. Mais l’instance de reconnaître plus tard que les documents contiennent bien le nom, l’âge, le sexe et les adresses des manifestants. Toutefois, ‘’dans le respect du secret médical’’, il ne comporterait ‘’aucune donnée sur la nature des blessures prises en charge’’. Le Canard enchaîné  assure le contraire. »

Volatile acerbe

L’hebdomadaire satirique a en effet pu se procurer des extraits du fameux fichier. En plus de données permettant d’identifier les personnes blessées dans les rassemblements, il contient parfois des détails de contexte : « arrivé avec pompiers, traumatisme main gauche » ; « tir flashball, plaie arcade » ; « intoxication lacrymogène, chaussettes vertes à petits pois, manque orteil pied droit »… Le fichier est en outre actualisé en temps réel et consultable par un grand nombre de services, bien au-delà du ministère de la Santé. Les agents du ministère de la Justice, de l’Intérieur et des Affaires étrangères peuvent en effet y accéder. « Une passoire », commente Le Canard, qui met en exergue le fait que les policiers ont donc toutes les informations nécessaires pour interpeller les patients, parfois suspectés de dégradations ou violences, à peine rentrés chez eux. Les policiers blessés, eux, bénéficieraient de l’anonymat.

Enfin, le volatile acerbe rappelle qu’en décembre 2017, la Cnil avait autorisé le fameux fichier dans le contexte des potentielles tueries de masse mais « à condition que les établissements de santé informent les personnes – victimes et proches ». Voire, « leur remettent un document d’information », précise-t-il. Et de vérifier auprès d’un avocat, Me Alimi : « Sur mes quinze clients pris en charges dans les hôpitaux parisiens, aucun n’a été averti d’un tel fichage. » Cet avocat a, le 20 avril sur Twitter, lancé un appel sans précédent:  :

Arié Alimi Avocats@AA_Avocats Nous demandons à tout fonctionnaire ou medecin soucieux de la déontologie et de la loi de nous adresser confidentiellement les instructions du ministere de l’interieur ou de la santé sur le fichage des gilets jaunes blessés #GiletsJaunes @CCastaner @agnesbuzyn @MartinHirsch »

A demain

@jynau

 

 

 

Jeunes, alcools et vins: «La Revue du Praticien» en appelle à M. Blanquer et à Mme Buzyn

Bonjour

« Les enfants ne doivent pas être la cible du lobby viticole ! ». C’est le titre du vigoureux éditorial que signe, dans la dernière livraison de La Revue du Praticien, notre confrère Jean Deleuze, rédacteur en chef.  « Comment imaginer faire reculer significativement la mortalité (41 000 décès annuels), la morbidité et les violences engendrées par l’alcool alors que le lobby viticole, encouragé par la complaisance du président de la République, ne cesse de brouiller les messages de santé publique ? » demande-t-il. Et de dénoncer la propagande de Vin & Société, puissant lobby viticole, en direction des enfants est très choquante.

« La page «Éducation des plus jeunes » de son site ne cache pas ses intentions en vantant un apprentissage qui «dès le primaire, favorisera un comportement responsable chez ces adultes avertis de demain», écrit Jean Deleuze.  Le site propose films et supports éducatifs ciblés selon les tranches d’âge: 3-6 ans, 6-9 ans, 9-14 ans, plus de 14 ans. On y trouve même la promotion de mallettes pédagogiques du goût à l’usage des classes de maternelles et des cours préparatoires ! Toute cette pédagogie très subtile qui vante l’histoire, le terroir, la sociabilité, la convivialité avec force de petits personnages souriants n’a évidemment qu’un but: la banalisation de la consommation d’alcool pour recruter de futurs consommateurs. »

Des « numéros spéciaux » en ligne du Petit Quotidien (pour les 6-10 ans) et de Mon Quotidien (pour les 10-14 ans) enfoncent le clou: «Nous avons la chance en France d’avoir une bonne connaissance de la cuisine de qualité et de la façon de la déguster. La gastronomie française est en effet riche et variée : fromages, foie gras, truffes… le vin aussi en fait partie ! Le bon vin pour le bon plat. Cela fait partie de nos traditions », peut-on lire dans le second.

« Noyé dans ce contenu, on distingue un petit encadré intitulé ‘’Attention à l’abus d’alcool’’ qui indique: ‘’Les adultes boivent du vin en famille ou entre amis pour célébrer des moments importants ou accompagner un bon repas, peut-on lire adns cet éditorial. C’est l’occasion de faire la fête, de partager, de se retrouver. Mais attention aux excès… À cause de l’alcool qu’il contient, le vin bu en trop grande quantité et/ou trop vite peut avoir des effets sur le corps : vertiges, nausées, endormissement… Ces effets exposent la personne à des risques plus graves : accidents, violences…’’. »

Jean Deleuze : « Comment parents et enseignants peuvent-ils accepter cette intrusion aussi grossière du lobby viticole auprès des enfants ? Mme Buzyn et M. Blanquer, faites cesser ce scandale ! ». Il est fort peu probable que ces deux ministres oseront passer, ici, à l’action 1.

Et reste ici entière la grande question, celle de l’apprentissage des mille et une facettes des réalités alcooliques – une question qui dépasse de loin les seuls vins et la seule sphère scolaire. Pour le coup un véritable sujet de société, une belle question politique à laquelle personne ne semble, aujourd’hui en France, en mesure de s’attaquer.

A demain

@jynau

1 On attend toujours le résultat des interminables négociations entre le gouvernement et les représentants du lobby viticole quant à la forme et à la taille du futur logo « zéro alcool durant la grossesse » qui devrait remplacer l’actuel (microscopique) sur toutes les bouteilles de boissons alcooliques.

 

Homéopathie déremboursée : accusé de fausseté, Xavier Bertrand persiste et chiffre

Bonjour

Séparer le bon grain de l’ivraie. Ici ou là les médias s’y emploient. Journal du Dimanche, 21 avril 2019. Page 11 « Le Vrai du Faux » (Géraldine Woessner). Sujet : « Le déremboursement de l’homéopathie est une fausse bonne idée et coûterait plus cher ! » vient de nous affirmer, sur Twitter, Xavier Bertrand. L’ancien ministre de la Santé, aujourd’hui à la tête des Hauts-de-France reprend ici ce qu’il déclarait au Monde il y a quatorze ans : « Dérembourser l’homéopathie serait une fausse bonne idée, car, aussitôt, on assisterait à un transfert des prescriptions sur l’allopathie, ce qui, économiquement, coûterait plus cher ».

On observera que Xavier Bertrand ne nous dit pas s’il y « croit ». En revanche il chiffre la « fausse bonne idée » : elle coûterait « 128 millions d’euros ». Une somme « que les Français devront payer de leur poche », affirme-t-il. Ce qui, bien évidemment « amputera leur pouvoir d’achat ».

Dilution/dynamisation

Or Le Journal du Dimanche soutient précisément le contraire ; dénonçant « les données sujettes à caution » qui sous-tendent les affirmation de l’ancien ministre (médicaments moins chers, moindre consommations médicamenteuses des patients suivis par des homéopathes). Et cite une étude de la Caisse nationale d’assurance maladie démontrant qu’en pratique les médicaments homéopathiques ne remplacent pas mais s’ajoutent aux spécialités classiques. Sans parler de la démonstration de l’efficacité, éternellement contestée, des effets autre placebo de la « dilution-dynamisation ».

On peut aussi traiter différemment du sujet : soutenir que la collectivité ne saurait raisonnablement prendre en charge des préparations ne correspondant pas aux standards actuels de la médecine fondée sur les preuves. Et que les préparations homéopathiques garderont leurs effets si elles sont payées par ceux à qui elles ont été prescrites. C’est dire si le sujet est éminemment politique. Et c’est dire tout l’intérêt qu’il faudra accorder à la décision de déremboursement (ou pas) que prendra (avant l’été)  Agnès Buzyn qui occupe aujourd’hui le fauteuil qu’occupa, jadis, Xavier Bertrand.

A demain

@jynau

« Suicidez-vous ! » : partie de Paris, l’épidémie a atteint la gendarmerie de Landivisiau

Bonjour
Jusqu’où ? Des tags aux « messages explicites » ont, le dimanche de Pâques, été trouvés  sur les murs de la gendarmerie de Landivisiau –  information révélée par Le Télégramme. On pouvait lire « suicidez vous », « flics suicidés ; flics à moitié pardonnés » ou encore « ACAB » (all cops are bastards,  « tous les policiers sont des salauds »).

« Laurence Claisse, la maire de la commune bretonne a été prévenue en début de matinée, vers 9 h. Elle s’est rendue sur place et ne cache pas sa colère, rapporte FR3 Bretagne (Emilie Colin).  Jointe par téléphone elle se dit « scandalisée ». « Les gendarmes sont des humains, ils sont là pour nous servir, nous protéger. Je suis solidaire évidemment. » Elle ajoute avoir croisé plusieurs habitants. Tout comme elle, ils n’ont pas caché leur écœurement. Des enquêteurs d’investigation criminelle se sont rendus sur les lieux. Les services techniques municipaux ont ensuite entrepris le nettoyage dès le matin. »
Soutien des plus hautes autorités

Interrogé, le commandant du groupement de gendarmerie du Finistère, le colonel Duvinage reste réservé quant aux motivations du ou des auteurs. « Il peut s’agir soit d’un individu isolé, soit d’un groupe d’individus. La seule chose qu’on peut dire c’est qu’il y a une signature anarchiste, souligne-t-il (notamment les mentions « ACAB »). Ces faits « inacceptables » ont suscité chez les gendarmes « dans un premier temps de la surprise – ce n’est pas habituel d’avoir des tags dans ces termes – et une très grande détermination à identifier les individus et les présenter devant la justice. Nous avons reçu le soutien des plus hautes autorités, ce qui nous renforce dans notre détermination et dans notre action. Ce n’est pas comme cela qu’on impressionne des gendarmes. Des gendarmes ne se laissent pas impressionner par quelques tags. »

Après ses propos de samedi sur l’ « ignominie » Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur, a une nouvelle fois vivement réagi  : « Ces faits sont d’une extrême gravité. Les banaliser, ce serait donner raison à leurs auteurs qui doivent être identifiés et livrés à la Justice. J’y veillerai. Indéfectible soutien à nos policiers et gendarmes à qui nous devons -tous- respect et gratitude ».

Le parquet de Brest a ouvert une enquête pour « dégradations graves sur un bien d’utilité publique et outrages sur personnes dépositaires de l’autorité publique ». Et une nouvelle fois cette question : pourquoi ne pas ouvrir pour « incitation au suicide » ?

A demain

@jynau

PS Un Gilet Jaune âgé de 69 ans a été placé en garde à vue à la gendarmerie de Caussade (Tarn-et-Garonne) révèle France Bleu Occitanie. Il avait affiché sur la lunette arrière de sa camionnette le slogan « flic suicidé, à moitié pardonné ». Il devait être présenté le 23 avril devant le parquet de Montauban pour « outrage à personnes dépositaires de l’autorité publique » et risque un an de prison.