Coronavirus – scandale: le Diamond Princess transformé en un «incubateur expérimental»

Bonjour

23/02/20. Rien ne va décidément plus au Japon. Au point que l’on en vient à s’interroger sur la tenue des Jeux Olympiques d’été (24 juillet-9 août) 2020.  

Un troisième passager est mort à bord du paquebot Diamond Princess, placé en quarantaine dans le port de Yokohama – annonce le ministère japonais de la santé. L’octogénaire japonais est mort d’une pneumonie précise un communiqué. Le Diamond Princess reste le plus important foyer de contagion hors de Chine. Sur 3711 personnes se trouvant initialement à bord, plus de 630 ont contracté le coronavirus.

Tokyo a aussi confirmé que le virus avait, finalement, été diagnostiqué chez une ex-passagère du Diamond Princess, rentrée chez elle par le train il y a quelques jours après avoir été considérée comme un cas négatif. Plus généralementTokyo vient de reconnnaître que vinf-trois passagers du Diamond Princess avaient pu quitter ce navire de croisière « mis en quarantaine » sans passer tous les examens médicaux requis pour déceler le nouveau coronavirus. «Nous regrettons profondément l’erreur opérationnelle de notre part qui a causé cette situation», a déclaré le ministre japonais de la Santé  lors d’une conférence de presse, affirmant que les passagers concernés seraient testés à nouveau pour le coronavirus.

Les autorités sanitaires japonaises ont autorisé cette semaine quelque 970 personnes à débarquer du navire après des tests apparemment négatifs au coronavirus. Or parmi ces personnes lâchées dans la nature, deux Australiens et une Israélienne ont été déclarés porteurs du virus à leur retour dans leur pays.

Passagers et membres d’équipage du bateau de croisière ont également été rapatriés dans leurs pays: trente-deux au Royaume-Uni, six en Roumanie et deux en Grèce. Tous les passagers japonais ont désormais quitté la navire mais des passagers étrangers attendent toujours à bord l’arrivée d’avions affrétés par leurs pays d’origine pour les rapatrier.

« Un des scandales sanitaires de notre nouveau siècle » 

Plus d’un millier de membres d’équipage du Diamond Princess devraient ensuite être placés en quarantaine pour quatorze jours. Beaucoup d’entre eux n’étaient pas placés à l’isolement car ils devaient assurer la marche du navire et le service à bord.Ils servaient notamment les repas aux passagers confinés dans leurs cabines, ce qui a suscité des critiques sur les risques de propager ainsi le virus à bord.

Des « critiques » ? Résumons. Partir en croisière en parfaite santé. Etre gardé prisonnier en compagnie de personnes infectées par un nouveau virus dont on ne connaît pas l’exacte virulence mais que l’on sait potentiellement mortel. Etre maintenu dans des conditions non conformes aux standards actuels de protection des personnes contre les agents pathogènes dangereux. Aucune chambre à pression négative pour isoler les personnes infectés, pas de désinfection à bord. Puis une multiplication des personnes infectées à un rythme et un taux d’attaque bien supérieur à celui observé dans la population générale (y compris à Wuhan). Et, pour l’heure, trois morts. Découvrir, en somme, que le confinement dans le bateau a été un sorte d’ « incubateur expérimental ».

Augmenter les risques au lieu de les réduire. « Il y a là, selon moi, un des scandales sanitaires de notre nouveau siècle » estime le Pr Antoine Flahault, directeur de l’Institut de Santé Globale (Faculté de Médecine, Université de Genève).

Les autorités sanitaires de Tokyo s’efforcent de justifier la procédure de quarantaine à bord choisie par le Japon, affirmant qu’il n’existait pas de structure médicale capable d’accueillir plus de 3000 personnes à la fois. Et d’ajouter qu’un hôpital japonais vient d’utiliser un médicament antigrippal, l’Avigan® ou favipiravir 1, pour traiter un patient infecté par le coronavirus. Le gouvernement japonais envisage de promouvoir un tel traitement s’il s’avérait efficace. On observera que le favipavir est produit par la société japonaise Toyama Chemical.

A demain

1 Voir, sur ce blog, le passé japonais, africain et français du favipiravir utilisé contre Ebola

Coronavirus-19 : le président chinois Xi Jinping sur le point de faire son premier mea culpa ?

Bonjour

23/02/2020. Un virus peut-il conduire l’un des maîtres du monde à faire son autocritique ? C’est ce qui semble en passe de se produire en Chine où le président Xi Jinping, né en 1953, vient d’annoncer que l’épidémie du nouveau coronavirus constitue la plus grave urgence sanitaire à frapper la Chine depuis la fondation du régime communiste en 1949. Rappelons que l’actuel président de la république populaire de Chine.

C’est le 1er octobre 1949, Mao Zedong proclame sur la place Tian’anmen, la fondation de la république populaire de Chine. Le nouveau pouvoir veut mettre en place un nouvel ordre économique et social à la fois inspiré de l’exemple soviétique  et adapté aux réalités chinoises. Dans un premier temps, cherchant d’abord à reconstruire un pays ravagé, il se contente de réformes relativement modérées, inspirées de celles déjà mises en place dans ses anciens bastions du temps de la guerre civile. Le rythme des réformes s’accélère pourtant rapidement, et de nombreuses personnes, soupçonnées de ne pas collaborer avec le régime, sont exécutées. On connaît la suite.

Soixante-dix ans plus tard l’épidémie de COVID-19 «est une crise, une grande épreuve pour nous», déclare Xi Jinping, selon des propos rapportés par la télévision nationale. Il a également reconnu «des lacunes» dans la réponse au coronavirus. Une grande première qui laisse imaginer des sanctions. Comparée à celle du SRAS en 2002 l’épidémie d’aujourd’hui s’avère « très difficile à prévenir et à maîtriser », a déclaré le numéro un chinois lors d’une réunion rassemblant les plus hauts dirigeants du pays. 

Comment dit-on, en chinois, mea culpa ?

A demain @jynau

Coronavirus politique : non, Olivier Véran n’appelle pas à une « restriction des libertés »

Bonjour

23/02/20. Bulletin officiel quotidien 78 767 cas, 2461 morts. Dans le train qui le conduisait à Saint-Etienne (Loire) le nouveau ministre de la Santé, surbooké,  s’est confié au Parisien (Florence Méréo). «Nous nous préparons à une épidémie», prévient-il. Cela donne ceci :

Craindre de nouveaux cas en France ?« D’autres cas, c’est très probable. Une épidémie? Nous nous y préparons. Aujourd’hui, il ne reste plus qu’un seul malade en France, hospitalisé à Lyon. Son état de santé n’est pas préoccupant. Tous les autres, mis à part un homme de 80 ans qui est décédé, sont sortis, guéris et ne sont pas contagieux. J’ai fait  le choix de mettre en quarantainetous les Français rapatriés vendredi 21 février en provenance d’une zone rouge en Chine, c’est-à-dire où le risque de transmission virale est important. Ils seront placés en confinement pendant quatorze jours dans un centre de vacances du Calvados. A ce stade, rien n’indique que l’un d’eux est infecté. Nous restons en alerte maximale. »

« Se préparer » ? « Nous multiplions le nombre de laboratoires équipés en tests de diagnostic pour atteindre une capacité de plusieurs milliers d’analyses par jour et sur tout le territoire, contre 400 aujourd’hui. Nous poursuivons également l’équipement en masques. Santé publique France travaille avec les entreprises françaises qui en fabriquent, en plus des commandes déjà passées à l’étranger. J’ai réuni mardi une soixantaine de décideurs en matière de santé car le partage d’informations et le retour d’expérience sont essentiels. »

« Cela semble donc très sérieux… » « Bien sûr que c’est sérieux, et nous nous mettons en situation. Si l’épidémie atteint l’Europe, je veux que nous soyons pleinement opérationnels. Je suis particulièrement attentif à la situation en Iran, en Corée du Sud où le nombre de cas augmente, ou encore au Japon, et plus près de nous en Italie, où un malade est décédé sans avoir été en Chine ni en contact connu avec un autre malade. »

Le ministre n’appelle pas à une restriction des libertés

Notre consœur va plus loin en rappellant au ministre qu’il y a quelques jours, sur France Inter il n’a pas craint de saluer la « réactivité » de la Chine communiste, précisant qu’il serait impossible de « réaliser cela dans un pays dans lequel les réseaux sociaux seraient ouverts ». Est-ce dire qu’il estime, lui ancien socialiste, que la censure peut constituer une arme efficace face à un fléau épidémique ?

« Certainement pas, répond-il. Et je regrette ce procès intenté sur un sujet aussi grave dans la période que nous connaissons. J’ai fait deux constats. Le premier est que la Chine dispose d’un système sanitaire réactif et de qualité. Le second, est que les Chinois n’ont pas le même degré de liberté que nous. En aucun cas je ne plaide aujourd’hui pour des mesures de confinement à grande échelle en France. Et je n’appelle à aucune forme de restriction des libertés. »

Le citoyen respire. C’est donc que les auditeurs de France Inter n’avaient rien compris. Ou que le jeune ministre ne maîtrise pas encore pleinement sa communication. Comme ce fut le cas, il y a quelques années Roselyne Bachelot, pharmacienne gaulliste devenue ministre – aujourd’hui humoriste sur RTL. Roselyne Bachelot elle aussi confrontée (2009-2010) à une vague pandémique grippale – vague suivie en France d’innombrables remous politiques.

S’inquiéter ?  Se rassurer ? Rester au milieu du gué ? On conseillera la lecture, sur thinkglobalhealth.org  de « What’s Next for COVID-19 ? Containment of the coronavirus would make an enormous difference to health around the world. Is it still possible? » (Tom Frieden). Le citoyen (non ministre) y découvre au moins douze raisons de nourrir un pessimisme raisonnable. Et au moins six de garder, malgré tout, espoir.

Rappelons qu’il n’est pas nécessaire de réussir pour persévérer à vouloir protéger les libertés.

A demain @jynau

Fin de la plaisanterie : l’Ordre sévit contre sept médecins ayant osé dénigrer l’homéopathie

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C’était il y a deux ans. Loin de lorgner sur Paris, Agnès Buzyn était alors ministre des Solidarités et de la Santé. Deux ans déjà et une  virulente tribune publiée dans Le Figaro : « 124 professionnels de la santé contre les ‘’médecine alternatives’’ ». Où l’on retrouvait des mots que l’on croyait oubliés – à commencer par celui de « charlatans » appliqués notamment à ceux qui professent et exercent la pratique homéopathique. Puis vinrent deux ans marqués par des polémiques et atermoiements multiples, par une invraisemblable volte-face ministérielle et, pour finir, par un déremboursement des spécialités concernées.

Dernier prolongement en date de l’affaire : les condamnations prononcées mercredi 19 février par la chambre disciplinaire de première instance (CDPI) de l’Ordre des médecins d’Ile-de-France. Six médecins ont écopé d’un blâme de la part de l’Ordre, nous apprend Le Quotidien du Médecin (Marie Foult) On trouve parmi eux le Dr Mathias Wargon, chef de service des urgences de l’hôpital Delafontaine de Saint-Denis – observons que le Dr Wargon est l’époux d’Emmanuelle Wargon, aujourd’hui secrétaire d’Etat auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire. Le Dr Wargon a plaisanté de sa sanction sur Twitter

Mathias Wargon@wargonm

« Non mais on deconne mais la sanction elle est tellement grave que …(je mets pas le nom des juges, je sais pas si on a le droit). Ayé je suis un voyou ».

Grave atteinte à la liberté de pensée et d’expression

Un autre médecin, jeune généraliste exerçsnt dans les Hauts-de-Seine et trésorier du « collectif Fake Med », a par ailleurs été sanctionné plus lourdement d’une suspension d’exercice de trois mois avec sursis. Ce praticien militant était visé par deux plaintes, l’une du Syndicat national des médecins homéopathes français (SNMHF), l’autre de l’Union collégiale, à laquelle l’Ordre départemental s’était associé.

« D’autres médecins attendaient encore leur condamnation par lettre recommandée avec accusé de réception, ou ne nous en ont pas encore fait part », indique au Quotidien du Médecin Cyril Vidal, président du collectif. En tout, une quarantaine de plaintes avaient été déposées contre ces médecins signataires. Le collectif Fake Med exprime, sa « colère » et son « incompréhension » devant la sévérité de ces sanctions et dénonce une atteinte « inadmissible » à la liberté d’expression.

Il en appelle l’Ordre national, l’exhorte à prendre une décision « de droit », « au-delà des intérêts personnels et corporatistes, au-delà des croisades locales » et à laver l’honneur de l’institution ordinale en annulant ces décisions prises « dans un contexte d’audiences entachées d’irrégularités ». « Lors d’une audience, une médecin homéopathe siégeait dans le jury, indique Cyril Vidal. Or on ne peut pas être à la fois juge et partie ! »

Deux jours plus tard  le président du Conseil national de l’instance ordinale, le Dr Patrick Bouet, a finalement indiqué qu’il allait « faire appel à titre conservatoire » de ces affaires jugées par la CDPI d’Ile-de-France. « Il s’agit d’appels sur la forme, compte-tenu de la composition de la formation du jugement », a-t-il précisé. Hypocrisie ou non, on ne sait donc toujours pas, malheureusement, ce que l’Ordre national pense, sur le fond, de l’homéopathie et des homéopraticiens.

A demain @jynau

« Coronavirus: le pire est-il bientôt à venir ? » Comme un début de panique en Italie

Bonjour

22/02/20. Bulletin officiel quotidien 77 362 cas, 2360 morts. Hier l’OMS tirait la sonnette mondiale d’alarme. Aujourd’hui Le Parisien prend le relais français : « Coronavirus : le pire est-il à venir ? Après une relative accalmie, l’épidémie semble repartir, avec l’apparition de nouveaux foyers. Un premier Européen infecté est décédé vendredi soir en Italie. »

L’Italie, précisément. Il faut ici lire le papier de notre confrère Jérôme Gautheret, correspondant du Monde dans ce pays ami : « Forte inquiétude en Italie face à l’épidémie de coronavirus ».

Vendredi soir 21 février, peu avant 23 heures, les autorités sanitaires y ont annoncé le premier décès sur le sol italien depuis le début de la crise. Et son profil comme son parcours n’ont rien de rassurant : en effet, il n’a jamais mis les pieds en Chine, et n’a jamais été en contact avec un malade connu. Une « anomalie qui renvoie aux inquiétudes exprimées la veille à Genève par le Directeur général de l’OMS : « Bien que le nombre total de cas à l’extérieur de la Chine reste relativement faible, nous sommes préoccupés par le nombre de cas sans lien épidémiologique clair, tels que les antécédents de voyage ou les contacts avec un cas confirmé » avait ainsi déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus lors d’une conférence de presse.

« La victime s’appelle Adriano Trevisan. Cet homme de 78 ans, maçon à la retraite, était hospitalisé depuis dix jours à Schiavonia, dans la province de Padoue (Vénétie). Il a commencé à développer la maladie alors qu’il était convalescent d’autres pathologies. Extrêmement faible, il n’avait jamais été jugé transportable dans l’hôpital du chef-lieu », explique Jérôme Gautheret.  

Selon les informations transmises par le gouverneur de la région Vénétie l’homme n’avait eu aucun contact suspect durant les derniers jours, pas plus que le second malade identifié, un homme de 67 ans originaire du même petit bourg de Vo Euganeo. Des tests doivent être pratiqués dans les prochaines heures sur pas moins de 4 200 personnes, des habitants des environs et des membres du personnel médical.

Zizanie onusienne. Des têtes devront bientôt tomber

« Si la situation en Vénétie est jugée préoccupante, c’est en Lombardie que l’épidémie a provoqué dans les dernières heures, la mise en place des mesures les plus radicales, peut-on encore lire dans Le Monde. Plus précisément dans la province de Lodi, vers laquelle tous les regards convergent désormais. Là ont été identifiés quinze nouveaux cas. Dix communes de la zone, parmi lesquelles les plus importantes sont Codogno, Castiglione d’Adda et Casalpusterlengo, ont été mises en « isolement ». Dans cette zone, rassemblant environ 50 000 résidents, les écoles, les administrations et les bars ont été fermés, tandis que les habitants étaient appelés à rester chez eux. Des images de Codogno, survolée par un drone en fin de journée, montraient une petite commune aux rues soudain désertées, et aux airs de ville fantôme. »

Focus sur  l’hôpital de la ville où est  hospitalisé un patient de 38 ans « qui semble à l’origine de la contagion ». Hospitalisé dans un état jugé très grave, il aurait contaminé sa femme, enceinte de huit mois, ainsi qu’au moins trois clients d’un bar où il avait ses habitudes. Cinq membres du personnel soignant ont aussi été contaminés. Dans l’après-midi de vendredi, l’hôpital a été fermé au public.

« Travaillant pour une multinationale (le groupe Unilever), cet homme n’a pas voyagé en Asie ces derniers temps, mais les experts évoquent la possibilité d’une contamination survenue le 1er février, lors d’une rencontre avec un collègue qui, lui, revenait de Chine, précise notre confrère. Ce dernier – que les spécialistes soupçonnent d’être le véritable « patient zéro » local, même s’il n’a jamais développé les symptômes – vit dans la province voisine de Piacenza, en Emilie-Romagne, où la fermeture des écoles a été décrétée, ainsi que l’annulation des manifestations sportives des prochains jours. »

Dans une conférence de presse tenue avec le ministre de la santé Roberto Speranza, lequel a détaillé les dispositions spéciales prises pour la zone de contagion, le gouverneur de la région Lombardie, Attilio Fontant, a assuré que ses concitoyens ne devaient pas prendre peur et que « ces mesures sont l’unique moyen possible pour bloquer l’épidémie ».

« Le pire est-il devant nous ? » « Le SRAS, en 2003, avait connu deux pics », rappelle au Parisien Patrick Zylberman, professeur émérite d’histoire de la santé à l’Ecole des hautes études en santé publique. Via Appia, sur les hauteurs aseptisées  de Genève le Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, général en chef de l’OMS multiplie les vieilles métaphores policières . «Ce virus est très dangereux. C’est l’ennemi public numéro un et il n’est pas traité comme tel », martèle-t-il désormais.

Où l’on comprend que, déjà, la zizanie contagieuse règne au sein du QG. Et que, si le pire devait survenir, des têtes devront bientôt tomber.

A demain @jynau

Covid-19 et liberté : comment Pékin va-t-il traiter ses milliers de prisonniers contaminés ?

Bonjour

Pékin a fait état,  vendredi 21 février, de quelque 500 cas de contamination au coronavirus survenus dans ses prisons – dont au moins 200 dans le même établissement pénitentiaire : Rencheng, à Jining dans la province du Shandong (est du pays). Ceci alimente les craintes sur de nouveaux foyers de propagation, ont indiqué les autorités sanitaires provinciales lors d’une conférence de presse. « La mise en oeuvre des mesures de prévention et de contrôle n’a pas été efficace », a reconnu Wu Lei, chef de l’administration pénitentiaire au Shandong. Sera-t-il limogé ?

Dans le même temps la diaspora ouïghoure alerte sur les risques d’une « contagion massive » par le virus dans les centres d’internement du Xinjiang dans le nord-ouest de la Chine. Des ONG et des experts affirment que des centaines de milliers de membres de cette ethnie musulmane sont détenus dans cette région, frappée pendant longtemps par de nombreux attentats djihadistes sanglants.

Dans le même temps, toujours, on apprend que la Chine pourrait lancer fin avril les premiers essais sur l’homme de vaccins contre le nouveau coronavirus. « Plusieurs équipes de recherche font appel à différentes techniques afin de concevoir un potentiel vaccin », a indiqué Xu Nanping, le vice-ministre des Sciences et Technologies. Parmi ces méthodes: l’utilisation d’un coronavirus inactivé, l’utilisation du génie génétique afin de produire des protéines faisant office d’antigènes, ou la modification de vaccins antigrippaux, a détaillé M. Zeng. Il n’a pas dit qui pourrait être désigné pour participer aux premiers essais cliniques.

A demain @demain

«Licence IV»: le gouvernement va créer dix mille sites de consommation de boissons alcooliques

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On attend (avec le plus vif intérêt) la réaction d’Olivier Véran, nouveau ministre des Solidarités et de la Santé. Edouard Philippe, Premier ministre entend « revitaliser » les déserts territoriaux français. A cette fin il vien d’annoncer   qu’il allait distribuer gratuitement 10 000 « Licence IV » pour les petites communes de moins de 3 500 habitants.

La licence IV est, dans la réglementation française, une autorisation créée le 24 septembre 1941 sous le régime de Vichy, pour les débits de boisson souhaitant vendre à consommer sur place les boissons de tous les groupes. La création de cette licence était jusqu’à peu interdite. Le seul moyen d’en obtenir consistait à l’acquérir, soit directement sur la commune concernée par le futur débit, soit sur une commune de la même région. Son prix varie en fonction de l’offre et de la demande sur la région ou la commune concernée. 

« Edouard Philippe veut permettre la création de 10 000 bistrots dans les campagnes » résume, en Bretagne, Le Télégramme :

« Edouard Philippe a choisi un café-restaurant, « Le P’tit campagnard », à Girancourt, dans les Vosges. Pas par hasard. D’abord, parce qu’il s’agit d’un établissement rural, situé à 15 minutes d’Epinal, qui était en vente depuis trois ans et qui risquait de disparaître. Et ensuite, parce que ce fameux café-restaurant est l’un des bénéficiaires de la seconde initiative du gouvernement : l’opération 1 000 cafés portée par le groupe d’économie sociale et solidaire SOS. En Bretagne, deux communes ont également été retenues : Guilligomarc’h (29) et Sains (35). »

Bistrots versus soignants

« Là où nous attendons des soignants, du service public de qualité, de l’emploi, de l’aide à la personne, nous aurons donc des bistrots ! Cette décision, qui ravira certainement le lobby alcoolier, envoie un message désastreux sur le plan de la santé publique. Car toutes les études démontrent que le niveau d’alcoolisation d’un pays est directement lié à l’offre et à l’accessibilité en boissons alcooliques. »

Alors que le succès du Défi de janvier/Dry January à la française a montré la prise de conscience de la population quant au risque alcool, le gouvernement a décidé de l’accroitre en incitant les gens à boire davantage sous prétexte de convivialité. Nul doute que les conséquences se feront sentir mécaniquement, de façon immédiate, sur le niveau des ivresses, le nombre d’accidents de la route dans ces zones où la voiture est souvent le seul moyen de locomotion, et à long terme sur les maladies, dont de nombreux cancers.

Un gouvernement en mal d’imagination pour revitaliser les zones rurales qui ne propose en dernier recours que l’alcool, synonyme dans ce cas de désespérance et d’aggravation des inégalités sociales de santé, et à terme de morts, de maladies, de handicaps et de violence. On pouvait souhaiter un meilleur départ au nouveau ministre de la Santé. »

« Convaincre , un peu ivre, son voisin que l’alcool est bon pour la santé. »

On peut aussi élargir la focale politique et addictologique. Comme le Dr William Lowenstein, président de SOS Addiction  qui rapproche cette annonce d’un papier du Monde citant une redoutable étude française (« Prescription Opioid Retail Sales and Socioeconomic Conditions in France »)  établissant un lien entre consommation d’antalgiques majeurs et pauvreté :

« La désertification s’imbrique avec la pauvreté. Retisser un réseau social, digne et protecteur, sans alcool et sans opioïdes, est-il possible pour « les pauvres »?  Notamment ds les campagnes françaises ? La question devrait même s’étendre au cannabis, dont la culture pourrait relancer quelques départements en difficulté.

Le gouvernement a tranché, sociologiquement sûr de sa recette. Comme d’habitude, la prévention des conduites addictives, ne saurait être une priorité. Une licence IV pour faire revivre les déserts français, qu’en penserait Saint-Exupery : « j’ai toujours aimé le désert. On s’assoit sur une dune de sable. On ne voit rien. On n’entend rien. Et cependant, quelque chose rayonne en silence. » ?

 Demain, on s’assiéra au bar, on entendra une chaîne d’info en continu au dessus des verres, on grattera des jeux dits de hasard et on pourra s’abreuver pour vivre ensemble, et parfois convaincre , un peu ivre, son voisin que l’alcool est bon pour la santé. »

On attend (avec le plus vif intérêt) la lecture d’Olivier Véran, nouveau ministre des Solidarités et de la Santé

A demain @jynau

NB Négrita®. Territoires désertifiés ou pas, les ondes radiophoniques diffusent depuis peu, à la veille des fêtes de Mardi-Gras (25 février) de lourdes incitations publicitaires à user de cette boisson lors l’élaboration de crêpes, beignets et autres gourmandises sucrées. Le site de la marque précise : « Petit-déjeuner, déjeuner, goûter, salée, sucrée, hivernale ou encore estivale : découvrez toutes les occasions pour réaliser des recettes avec le rhum Négrita! »