Pays-Bas : depuis neuf ans recluse dans une cave, la famille attendait sagement la «fin des temps»

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Survivalisme ou psychiatrie ? L’étrange est partout, à commencer par le fil de l’AFP et cette dépêche mandée des Pays-Bas : six adultes (un homme et probablement ses cinq enfants) viennent d’être retrouvés par la police néerlandaise dans le sous-sol d’une ferme isolée du nord du pays. Ils y vivaient reclus depuis neuf ans pour, dit un média local, «attendre la fin des temps». La mère serait morte en 2010 et aurait, peut-être, été enterrée à proximité du domaine.

Lors d’une conférence de presse Roger de Groot, maire de Ruinerwold, village où se trouve la ferme perdue au milieu des champs et entourée d’arbres, a déclaré : «Je n’ai jamais rien vu de tel auparavant», La police a précisé dans un tweet avoir «trouvé six adultes, qui sont actuellement pris en charge». «Tous les scénarios sont encore ouverts. Une enquête est en cours». Combien de scenarii ?

« Il parlait d’une manière enfantine »

« C’est l’un des fils, âgé d’environ 25 ans, qui a permis cette découverte, rapporte l’AFP. Sale, vêtu de vieux vêtements, les cheveux en bataille, il s’était rendu dimanche soir dans un bar du village dans un état ‘’confus’’, demandant de l’aide, a raconté le gérant du café, Chris Westerbeek, à la chaîne locale RTV Drenthe. Le jeune homme a affirmé ne pas être sorti de la maison ‘’depuis neuf ans’’, a-t-il rapporté. ‘’Il a dit qu’il n’était jamais allé à l’école et semblait très confus. Il parlait d’une manière enfantine’’, a poursuivi Chris Westerbeek. »

Arrivée sur les lieux, la police a arrêté un homme de 58 ans, le locataire de la ferme, «pour ne pas avoir coopéré à l’enquête». Il ne s’agissait cependant pas du père de famille mais d’un ressortissant autrichien. Les personnes découvertes «avaient un mode de vie autarcique» dans la propriété depuis neuf ans, et plusieurs des enfants, désormais adultes, «n’ont pas été inscrits dans le registre des naissances», a indiqué le maire.

Selon RTV Drenthe, la famille vivait dans le sous-sol «dans l’attente de la fin des temps» et certaines des personnes découvertes «n’avaient aucune idée de l’existence d’autres personnes» dans le monde. La famille possédait un potager et d’une chèvre, d’après ce média. La famille a été relogée dans un parc de vacances situé à proximité, selon les médias locaux. Un sous-sol aux Pays-Bas ? Un « parc de vacances » à Ruinerwold, ? Partout règne l’étrange.

A demain @jynau

Agnès Buzyn «surveille»-t-elle les mails des médecins ? Nos précisions sur un titre critiqué

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Ecrire, bloguer c’est, parfois, donner l’impression d’exagérer. Ainsi ce titre : « Pourquoi Agnès Buzyn surveille-t-elle les mails des médecins hospitaliers tentés par la grève ? ». Un titre né des déclarations publiques de la ministre des Solidarités et de la Santé

« Ils ne le savent pas mais je suis dans la boucle de mails des médecins qui s’écrivent au sujet de leur envie de faire grève. Je suis sidérée, d’abord de leur méconnaissance du système, du nombre d’informations fausses dont ils disposent et sur lesquelles ils basent leurs raisonnements et à quel point leurs solutions sont des solutions de court terme qui ne régleront pas le problème. »

Pour sa part Le Quotidien du Médecin évoquait ici une « prise de risque », celle de critiquer l’implication de certains médecins hospitaliers dans le Collectif inter-hôpitaux et la grève nationale annoncée pour le 14 novembre.  Plusieurs lecteurs nous ont fait part de leur surprise et de leurs critiques. « Bien qu’elle ne me soit pas sympathique je trouve vache (un coup bas en fait) de dire qu’elle « surveille » les mails. A lire le titre on dirait qu’elle les espionne de façon illégale, nous écrit ainsi Umberto Ucelli.  Il se trouve que les médecins (aussi) s’écrivent des courriels à destinataires nombreux, sorte de forum. Donc elle est parmi probablement des dizaines de destinataires et elle lit ce qu’on lui adresse sans voir forcément qu’elle parmi les destinataires. »

Sans doute faut-il ici revenir aux définitions de « surveiller » : Nos critiques retiennent celle-ci : « Observer les agissements d’adversaires potentiels, les lieux d’où peut survenir le danger » ; ou celle-là : « Se tenir informé, par des moyens policiers, des activités de personnes jugées suspectes, du comportement de collectivités, de groupes, de lieux à risques. »

Pour notre part nous ne songions qu’à : « Observer quelqu’un avec une certaine attention pour comprendre son comportement. » Aucun « coup bas », donc. Mais, sans doute, la nécessité de mieux s’expliquer.

A demain @jynau

Quatre policiers tués à Paris : cinq jours pour passer du «coup de folie» à «l’hydre islamiste»

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Tout va de plus en plus vite, y compris et surtout pour les médias ainsi, corollaire, que pour le pouvoir exécutif. Cinq jours après l’attentat ayant coûté la vie à quatre fonctionnaires de la Préfecture de police de Paris (PP) le président de la République Emmanuel Macron a rendu hommage, mardi 8 octobre, aux victimes – des victimes tuées par « leur collègue radicalisé », un agent administratif de la PP habilité secret-défense.

Le 3 octobre on apprenait que le tueur était est membre de la Direction du renseignement (DR-PP), qui aurait eu « un coup de folie ». L’assaillant « n’avait jamais présenté de difficultés comportementales », assurait aussitôt le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner. La psychiatrie en première ligne, donc. Le 5 octobre, « rebondissement islamiste » aux conséquences policières et politiques que nul ne peut encore imaginer. L’assaillant «aurait adhéré à une vision radicale de l’islam» et était en contact avec des individus de la «mouvance islamiste salafiste» indiquait Jean-François Ricard, procureur antiterroriste.

Nous sommes le 8 octobre. Le chef de l’Etat, accompagné du Premier ministre, Edouard Philippe, et des ministres de la justice, Nicole Belloubet, et des armées, Florence Parly, a prononcé un discours (solennel autant qu’inquiétant, presque orwellien) dans la cour de la préfecture. Il a promis un « combat sans relâche » « face au terrorisme islamiste », appelant « la nation toute entière » à « se mobiliser » face à « l’hydre islamiste » 1 :

« Une société de vigilance. Voilà ce qu’il nous revient de bâtir. Savoir repérer au travail, à l’école, les relâchements, les déviations. Cela commence par vous, fonctionnaires, serviteurs de l’Etat. Faisons bloc, tous ici réunis face au terrorisme. Nous mènerons toujours le combat et à la fin nous l’emporterons, car nous avons cette force d’âme. Nous le faisons pour nos morts, pour nos enfants, nous le faisons pour la nation. »

 « Trop souvent nous avons parlé, fait des lois puis sommes revenus au quotidien, comme si de rien n’était », a-t-il regretté, après s’être incliné devant les cercueils des quatre victimes. « Ce n’est en aucun cas un combat contre une religion, a-t-il précisé. Mais contre son dévoiement, qui conduit au terrorisme. »

Avant ce discours du chef de l’Etat, le ministre de l’intérieur, Christophe Castaner, avait remis la Légion d’honneur, à titre posthume, aux quatre victimes : Damien Ernest, Anthony Lancelot, Brice Le Mescam, Aurélia Trifiro. Pour l’heure le pouvoir exécutif ne parle plus de psychiatrie, reconnaît un « dysfonctionnement d’Etat » mais se refuse à parler d’une « affaire d’Etat ».

A demain @jynau

1 Hydre :  MYTHOL. Serpent monstrueux à sept têtes qui repoussaient, à raison de deux pour une, à mesure qu’on les tranchait.

− P. métaph. [Symbole du mal qui se renouvelle ou s’étend dangereusement sans qu’on puisse le détruire] Quand Bossuet descendit dans la carrière, la victoire ne demeura pas longtemps indécise; l’hydre de l’hérésie fut de nouveau terrassée (Chateaubr., Gén., t. 1, 1803, p. 5).

Il était clair que l’hydre de l’anarchie était sortie de sa boîte et qu’elle se démenait dans le quartier (Hugo, Misér., t. 2, 1862, p. 402).

L’hydre fasciste qui a presque submergé le monde d’un flot de sang (Déclar. univ. Homme,1949, p. 12).

B. − ZOOL. Polype d’eau douce, de très petite taille, ayant la faculté de régénérer les parties de son corps qui lui sont enlevées, dont la reproduction a lieu par bourgeonnement et par œufs, et appartenant à la classe des Hydrozoaires :

Pourquoi rit-on avec une alcoolémie record, une boulangerie et une tondeuse à gazon ?

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Rires contagieux dans les rédactions, rires sur les ondes radiophoniques, succès assuré sur les réseaux sociaux. L’affaire est rapportée par La Montagne (Antoine Jézéquel). En ces termes :

«  A presque trois grammes d’alcool par litre de sang, il aurait voulu se rendre à la boulangerie au volant de sa tondeuse à gazon. Un habitant de la commune de Cognat-Lyonne (Allier) a effectué une sortie de route, samedi 5 octobre, en fin de matinée. Il aurait perdu le contrôle de son véhicule et fini sa course dans une clôture. L’accident n’a pas fait de blessé. La particularité de cet incident ? Le conducteur, âgé de 37 ans, était au volant…de sa tondeuse à gazon autoportée. Il aurait déclaré aux forces de l’ordre, ‘’vouloir aller acheter le pain’’. De plus, il présentait un taux d’alcool de 2,90 g/L dans le sang. »

Le cas n’est pas unique. Depuis que les « tondeuses-tracteurs à gazon » existent, les archives des quotidiens régionaux regorgent de ce type de faits divers alcoolisés pimentés. Aujourd’hui l’histoire du Cognatois fait rire, comme les précédentes. Entendu sur RTL : « On espère qu’en plus il n’avait pas fumé de l’herbe …! ».  Question : pourquoi, quand elle ne fait pas pleurer, l’ivresse déclenche-t-elle le rire ?

A demain @jynau

Policiers tués de Paris: rebondissement islamiste. Que restera-t-il, demain, du «coup de folie» ?

Bonjour

L’heure devient d’une extrême gravité. On connaît désormais son nom : Mickaël Harpon, informaticien de 45 ans, travaillait depuis 2003 à la Direction du renseignement de la préfecture de police de Paris (DRPP). A tué à l’arme blanche, le 3 octobre, quatre fonctionnaires de ses collègues sur son lieu de travail. D’emblée syndicats, autorités et médias ont évoqué « un coup de folie ». L’assaillant « n’avait jamais présenté de difficultés comportementales », avait aussitôt déclaré le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, ce que confirmaient plusieurs syndicats de police. Ni le ministre, ni les syndicats, ni les médias n’expliquaient ce que pouvait désigner la formule « coup de folie ». Mais, déjà, certains médias annonçaient que l’auteur de l’attaque s’était converti à l’islam depuis 18 mois – ajoutant aussitôt ne pas savoir s’il existait un lien entre sa conversion et ce « passage à l’acte ».

Quarante-huit heures plus tard, rebondissement aux conséquences policières et politiques que nul ne peut encore imaginer : l’assaillant «aurait adhéré à une vision radicale de l’islam» et était en contact avec des individus de la «mouvance islamiste salafiste», a indiqué samedi Jean-François Ricard, procureur antiterroriste, cité par l’AFP. Les premières investigations ont relevé son «approbation de certaines exactions commises au nom de cette religion», «son souhait de ne plus avoir certains contacts avec des femmes», «sa justification» des attentats de Charlie Hebdo en 2015, «son changement d’habitude vestimentaire depuis quelques mois», a déclaré le procureur antiterroriste lors d’une conférence de presse.

Procédure pour violences conjugales

Mickaël Harpon abandonnait «toute tenue occidentale au profit d’une tenue traditionnelle pour se rendre à la mosquée», a encore révélé le procureur. Les investigations ont aussi «permis de faire apparaître des contacts entre l’auteur des faits et plusieurs individus, susceptibles d’appartenir à la mouvance islamiste». Cet homme au casier judiciaire vierge mais qui avait fait l’objet d’une procédure pour violences conjugales en 2009 s’était converti à l’islam il y a «une dizaine d’années», a précisé le procureur Ricard, qui a décrit dans le détail le parcours du tueur jeudi, évoquant une scène «d’une extrême violence».

L’assaillant a acheté le matin même de l’attaque deux couteaux, un «couteau de cuisine métallique» de 33 centimètres, et «un couteau à huîtres», qu’il a dissimulés sur lui. C’est à l’aide de ces couteaux qu’il a attaqué, entre 12h53 et 13 heures, plusieurs de ses collègues, avant d’être abattu par un policier stagiaire dans la cour de la préfecture.

L’étude de la téléphonie de son épouse, dont la garde à vue, débutée jeudi, a de nouveau été prolongée samedi pour 48 heures, a révélé que le couple avait «échangé 33 SMS, le matin des faits entre 11h21 et 11h50». «Au cours de cette conversation, l’auteur des faits a tenu des propos à connotation exclusivement religieuse qui se sont terminés par ces deux expressions: « Allah akbar » puis « suis notre prophète bien aimé, Muhammad, et médite le Coran »», a relaté le procureur. Il aurait, selon les témoignages dans son entourage, tenu «des propos similaires dans la nuit».

Où l’on mesure, la somme des questions majeures désormais soulevées, aux confins de la religion et de la psychiatre, du pouvoir policier et du pouvoir politique.

A demain @jynau

Charlatanisme: l’Ordre n’aura pas de pitié pour les huit médecins de l’abbaye de Sainte-Croix

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On se souvient de l’affaire de l’essai clinique sauvage et de ce qui devait en résulter : grosse ire ordinale après l’essai clinique sauvage de l’abbaye de Sainte-Croix de Saint-Benoît. L’affaire rebondit aujourd’hui à l’échelon national. On apprend ainsi que le Conseil national de l’Ordre des médecins (CNOM) réuni en session, a décidé de porter plainte devant la juridiction ordinale contre huit médecins « d’ores et déjà identifiés comme étant liés au « Fonds Josefa », mis en cause dans des essais thérapeutiques illégaux sur des maladies neuro-dégénératives ».

Motifs gravissives : pour violation notamment des articles 15 (Recherches impliquant la personne humaine), 39 (Charlatanisme) et 40 (Risque injustifié) du code de déontologie. « Il s’agit de trois membres du directoire et de cinq membres du comité consultatif du Fonds, acteurs directs ou ayant eu selon toute vraisemblance à connaître des essais cliniques illégaux sur des patients atteints notamment des maladies de Parkinson et d’Alzheimer » annonce l’Ordre.

M. Jean-Bernard Fourtillan n’étant pas médecin, il fait par conséquent déjà l’objet d’une plainte pour exercice illégal de la médecine portée en juin 2019 par le Conseil départemental de la Vienne de l’Ordre des médecins. Le Conseil national de l’Ordre des médecins a par ailleurs pris la décision de se constituer partie civile dans le volet pénal de cette affaire. Cela lui permettra d’avoir accès au dossier et pleinement connaissance du développement de cette affaire. Ce n’est pas tout : le CNOM se réserve le droit, en fonction des avancées de l’enquête, d’entamer de nouvelles procédures disciplinaires à l’encontre de médecins dont il s’avérerait qu’ils seraient liés directement ou indirectement à ces essais cliniques.

L’affaire de l’essai clinique sauvage de l’abbaye ne fait que commencer.

A demain @jynau

A Paris, quatre policiers sont tués, poignardés par un cinquième, abattu : un « coup de folie » ?

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Dans les médias, soudain, une nouvelle vague montante d’émotion nourrie d’incompréhension. Un agent administratif de la préfecture de police de Paris (informaticien, vingt ans de maison) a, le 3 octobre, tué quatre fonctionnaires à l’arme blanche, sur son lieu de travail, avant d’être abattu. L’agression s’est produite en début d’après-midi dans les locaux de la préfecture, l’un des lieux les plus sécurisés de la capitale française, sur l’île de la Cité. « Le mobile à ce stade n’est pas connu », a déclaré Loïc Travers, secrétaire national adjoint Ile-de-France du syndicat Alliance.  Les circonstances laissent supputer qu’il a commencé dans le cadre et à proximité de son bureau avant d’en sortir et d’attaquer d’autres collègues ». 

L’assaillant est membre de la Direction du renseignement (DR-PP), qui aurait eu « un coup de folie » et « porté des coups de couteau avant d’être abattu par des fonctionnaires de police dans la cour de la préfecture ». Sourd et muet, l’agresseur a d’abord tué sa supérieure hiérarchique puis a poignardé deux autres personnes dans un escalier puis un dernier dans la cour de la préfecture où il a été abattu par un de ses collègues.

« Jamais de difficultés comportementales« 

Le parquet national antiterroriste, « en observation », a fait savoir à Reuters qu’il ne s’était pas saisi de l’affaire à ce stade. « C’est malheureusement un fait divers » (sic), a dit sur BFM TV Jean-Marc Bailleul, secrétaire général du syndicat des cadres de la sécurité intérieure. Frédéric Guillot, délégué CGT à la préfecture de police de Paris : « On connaît avec beaucoup de tristesse un épisode de suicides dans la police, mais qu’un collègue se retourne contre d’autres, de mémoire ça n’est jamais arrivé ».

« L’agression s’est déroulée sur fond de malaise latent dans les rangs de la police, rappelle Reuters. Plusieurs milliers de fonctionnaires ont manifesté la veille à Paris pour exiger une amélioration de leurs conditions de travail, mais aussi clamer leur mal-être face à une ‘’haine du flic’’ qu’ils jugent de plus en plus préoccupante en France. Cinquante-deux policiers se sont suicidés depuis janvier. »

L’assaillant « n’avait jamais présenté de difficultés comportementales », a déclaré le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, ce que confirment plusieurs syndicats de police. Un « conflit personnel » ? Pour l’heure ni le ministre, ni les syndicats ni les médias n’expliquent ce que peut désigner la formule « coup de folie ». Et, déjà, certains médias annoncent que l’auteur de l’attaque s’était converti à l’islam depuis 18 mois – ajoutant aussitôt ne pas savoir s’il existe un lien entre sa conversion et ce « passage à l’acte ».

A demain @jynau