Peut-on dignement fêter l’Halloween 2019 sans avoir le droit de pouvoir s’alcooliser ?

Bonjour

31 octobre 2019. Halloween n’est plus ce qu’il était. Partout la sécurité sanitaire réduit le plein champ de nos libertés. Ce matin, avant l’aube, c’est une alerte officielle de toxicovigilance « sur les risques de confusion entre les courges alimentaires et les courges toxiques ».

« En effet, à l’approche d’Halloween et en pleine saison des citrouilles, potirons, potimarrons, pâtissons et autres cucurbitacées qui égaient les recettes d’automne, il est important de rappeler que toutes les « courges » ne sont pas comestibles. Certaines courges amères peuvent être à l’origine d’intoxication alimentaire parfois grave. »

Courges sucrées

Amertume nocturne, le même jour, avec la découverte de rideaux commerçants subitement baissés à Tours et dans les communes voisines. Affiché : un arrêté daté du 24 octobre signé de Corinne Orzechewski, Préfète d’Indre-et-Loire. Où l’on comprend que, sur la base de débordements précédents « la vente à emporter, le transport et la consommation sur la voie publique et dans les espaces publics de boissons alcooliques sont interdites du jeudi 31 octobre 17 heures jusqu’au vendredi 1er novembre à 9 heures ».

« Merci la préfète ! Merci Halloween ! » a tagué le client désappointé sur la vitrine d’un caviste réputé qui précise qu’il ouvrira demain à 9 heures sonnantes. On peut comprendre le client. On peut bien évidemment comprendre la préfète. Mais on comprend moins quand cette dernière nous précise que son interdiction « ne s’applique pas aux débits de boissons à consommer sur place légalement installé ainsi qu’à leurs terrasses qui sont considérées comme des extensions du débit de boissons ».

Est-ce dire que les débordements sont différents en fonction de l’origine spatiale des alcoolémies trop élevées ?  Ou que nous sommes ici dans la stricte déclinaison, par l’exécutif déconcentré, du concept de réduction des risques ? Corinne Orzechewski, Préfète d’Indre-et-Loire, ne nous le dit pas. Pour l’heure, dans les rues et avant les courges trop amères, de gentiles et bien polis enfants grimés quêtent des bonbons trop sucrés. S’inquiéter ?

A demain @jynau

Violences conjugales : nous faut-il lever le secret médical et reconnaître le «suicide forcé» ?

Bonjour

Que dira, dans sa sagesse, l’Ordre des médecins ? Nous sommes ici sur une nouvelle fontière de la réduction des risques – ceux réunis au sein de ce qu’il est convenu d’appeler les « violences conjugales ». Des violences qui, en France, ont leur « Grenelle », une secrétaire d’Etat (Marlène Schiappa) et deux nouvelle question d’ores et déjà posées au mégislateur. Les voici :

1 Faut-il lever le secret médical face à une femme (ou un homme) victime de violences conjugales ? Cette proposition a été discutée ce 29 octobre lors de la présentation des travaux des onze groupes de travail du « Grenelle » mobilisés depuis le 3 septembre. Cette proposition émane du ministère de la Justice. Il souhaite « permettre au médecin et à tout soignant de porter à la connaissance des autorités, sans l’accord de la victime, des faits de violences conjugales en cas de risque sérieux de renouvellement de celles-ci ». Le secrétariat d’État en charge de la Protection de l’enfance entend également « permettre aux professionnels de santé de signaler une situation de violence au sein du couple concernant une personne majeure, sans risquer un rappel du conseil de l’ordre en modifiant les dispositions législatives applicables en matière de secret professionnel ».

Mme Schiappa, dans une interview donnée à  La Croix  observe que « certains professionnels réclament un secret médical partagé par exemple entre les urgentistes, les avocats et la police pour mieux protéger les femmes ». Actuellement, la loi (article 226-14 du Code pénal) permet aux professionnels de santé de s’affranchir du secret médical uniquement dans des cas de privations ou de sévices infligés à « un mineur ou à une personne qui n’est pas en mesure de se protéger en raison de son âge ou de son incapacité physique ou psychique ».

Modifier la loi sur le secret médical ? C’est une proposition qui divise, et qui n’est pas sans susciter des interrogations sur l’impact qu’une telle mesure pourrait avoir sur la relation soignant-soigné, résume l’AFP. Des interrogations hautement justifiées. Où l’on en revient à la question de l’usage du trébuchet dans le calcul des risques et des bénéfices, de la prévention et de la sanction 1.

2 Punir le « suicide forcé » – à ne pas confondre avec le « suicide assisté ».

Le suicide forcé (ou suicide imposé) désigne une méthode d’exécution  selon laquelle le condamné est amené à se suicider pour éviter la mise en œuvre d’une menace perçue comme pire que sa propre mort (torture, chantage à l’emprisonnement, à l’assassinat de ses proches, la perte de son honneur ou de sa position sociale). Cas le plus connu : Socrate et la cigüe (primauté de la vertu sur la vie : la vie du corps est subordonnée à la pensée).

Il s’agirait plus simplement ici de menacer : créer, dans le code pénal, une circonstance aggravante pour les cas de harcèlement moral dans lesquels les violences psychologiques ont conduit la victime à se donner la mort.  L’expression est certes quelque peu ambiguë. Florent Boitard, secrétaire général de l’Union syndicale des magistrats. « Contrairement à ce que peut laisser entendre ce terme, il ne s’agit pas d’une personne qui est contrainte de se donner la mort par un autre individu qui lui braque un pistolet sur la tempe par exemple ».

Yael Mellul, ancienne avocate et présidente du groupe de travail sur les violences psychologiques et l’emprise, dans le cadre du « Grenelle » : le suicide forcé est l’aboutissement des violences psychologiques exercées sur la victime (humiliations, insultes, isolement, chantage, etc.). La victime se suicide comme un acte ultime de libération de toutes les souffrances endurées, mais aussi parce que la honte et la culpabilité deviennent insupportables.

« Le nombre de suicides forcés reste peu documenté, observe France Inter (Lorélie Carrive). Plusieurs études réalisées en France, au Royaume-Uni et aux États-Unis tendent néanmoins à considérer qu’ils représentent 12% des suicides. C’est ce ratio qui est appliqué par les experts indépendants Psytel, qui ont fourni une estimation pour les besoins du Grenelle des violences conjugales. Selon eux, 217 femmes se seraient données la mort en raison des violences exercées sur elles par leur conjoint, en 2018. »

Il existe certes la notion de « harcèlement moral sur conjoint » qui a fait son apparition en 2010 dans le code pénal, L’auteur de l’infraction encourt 3 ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende (lorsque les faits ont causé une incapacité de travail inférieure ou égale à 8 jours) ; 5 ans d’emprisonnement et 75 000 euros d’amende lorsqu’ils ont causé une incapacité de travail supérieure à 8 jours ou lorsqu’ils ont été commis devant un mineur. 

Pour autant rien n’est prévu en cas de décès de la victime. Proposition : modifier le code pénal (article 222-33-2-1 et suivant) pour y ajouter une circonstance aggravante, en cas de suicide ou de tentative de suicide. Le responsable serait alors jugé devant une cour d’assises et passible de 20 ans de réclusion criminelle,comme pour les violences volontaires ayant entraîné la mort. En viendrons-nous là ?

A demain @jynau

1 Sur ce thème on se reportera avec grand intérêt au récent travail de la Haute Autorité de Santé : « Violences conjugales : quel rôle pour les professionnels de santé ? » 2 octobre 2019

Vente de tabac et jeux d’argent : pourquoi le gouvernement est-il aux abonnés absents?

Bonjour

Le chat absent, les souris comprennent parfois que l’heure est venue de cesser de danser. C’est le cas aujourd’hui avec le chat-Etat et les vingt-cinq mille souris-buralistes. L’affaire est racontée sur le site de ces dernières, où l’on parle réglementation et éthique.

Constat. Nous l’avons à plusieurs reprises écrit sur ce blog : l’interdiction de vente des cigarettes au moins de 18 ans n’est pas appliquée en France. L’exécutif semble se soucier comme d’une guigne de l’application d’une loi promulguée pour prévenir l’entrée précoce dans l’esclavage du tabac. A moins d’imaginer qu’il le souhaire pour augmenter le volume de ses recettes. Le phénomène vient d’être confirmé par une enquête du Comité national contre le Tabagisme (CNCT) qui a évalué, à la demande du ministère de la Santé, l’effectivité de la mesure dix ans après son entrée en vigueur.

 « Administrée par l’institut BVA auprès d’un échantillon représentatif de 527 débits de tabac, l’enquête menée en avril et mai montre que les cigarettes restent largement accessibles aux mineurs, résume le site des buralistes. Deux groupes d’enfants, l’un de 12 ans (tous non-fumeurs), l’autre de 17 ans (fumeurs et non-fumeurs), ont joué les « clients mystère » pour le test. Les jeunes, filles et garçons, étaient vêtus de manière à ne pas piéger le buraliste sur leur âge, et accompagnés à distance d’un adulte.

 Mépris de l’affichage obligatoire

Le contrôle de pièce d’identité par le buraliste n’est intervenu qu’une fois sur cinq. 65 % des buralistes ont accepté de vendre des cigarettes aux jeunes de 17 ans ; 10 % à des enfants de 12 ans. « La vente intervient même dans 93 % des cas quand l’adolescent est fumeur, sans doute parce qu’il est habitué à se rendre dans un bureau de tabac » ajoute Emmanuelle Béguinot, directrice générale du CNCT. Les manquements à la loi sont plus fréquents dans les moyennes et grandes villes que dans les régions rurales. En Ile-de-France, 92 % des buralistes ont vendu du tabac aux adolescents du groupe des 17 ans, qu’ils soient fumeurs ou non.

Toujours plus fort : plus de 40 % des buralistes ne respectent pas l’affichage obligatoire rappelant l’interdiction de vente des produits du tabac aux mineurs. Le CNCT demande d’insister sur la formation des buralistes, mais aussi de renforcer les contrôles et les sanctions, en incluant la fermeture administrative en cas de récidive. Le contrevenant encourt actuellement une contravention de 4ème classe de 135 euros. « C’est un problème que nous devons régler collectivement, avec le ministère de la Santé et les Douanes qui exercent leur tutelle sur les débitants de tabac » propose Yves Martinet, président du CNCT. Une tutelle qui, ici, précisément, ne s’exerce pas. Et une ministre de la Santé qui ne parle que du la hausse du prix du tabac (servant ainsi la martingale fiscale de l’Etat).

Des chiffres proprement accablants

Le jour même de la publication de l’enquête CNCT / BVA) Philippe Coy, patron des buralistes a donné de la voix : « Les chiffres sont accablants, les résultats ne sont pas acceptables et nous devons nous sensibiliser plus encore sur ce sujet ». M. Coy y revient aujourd’hui dans le dernier numéro du Losange (magazine de la profession) Extraits :

« Vous connaissez mon caractère volontaire et ma franchise d’expression au service de notre profession. Je sais que je vais surprendre et même irriter.  Mais j’affirme que nous allons collectivement vers de graves problèmes mettant en péril notre statut si nous ne prenons pas à bras-le-corps ce sujet de l’interdiction de la vente aux mineurs. Je parle de l’interdiction de vente aux moins de 18 ans telle qu’elle doit être respectée concernant la vente de tabac, de produits du vapotage, de jeux, d’alcool.

« Notre statut requiert l’application stricte de la réglementation. Notre éthique exige qu’elle soit exercée rigoureusement. Je sais pour les vivre moi aussi, tous les problèmes, incidents et anicroches, soulevés par cette obligation réglementaire et morale : l’ado au physique trompeur ; les intimidations ; l’erreur en pleine affluence ; l’employé négligeant; le papa qui veut absolument offrir un jeu à son rejeton, etc.

« Il n’empêche, cette interdiction, il n’y a que nous, responsables de nos établissements, qui soyons garants qu’elle sera effectivement et totalement respectée, j’insiste. »

M. Coy, patron des buralistes, insiste. Comment ne pas l’en féliciter? Mais comment, dans le même temps, ne pas être, au minimum, inquiet d’observer qu’aucun représentant de l’exécutif sanitaire n’ait le courage minimal de traiter du sujet. A quoi sert l’exécutif s’il ne fait pas respecter la loi ?

A demain @jynau

Prostitution et cohésion sociale : pourquoi tant de différences entre Strasbourg, Paris et Narbonne?

Bonjour

Après celle dite périphérique, comment décrire la vieille France profonde ? Faute de s’adonner aux riches joies du reportage les médias, depuis quelques décennies déjà, privilégient les travaux des sociologues. Moins coûteux en « notes de frais ». Tenus pour être sinon plus objectifs, du moins plus proches d’une réalité chiffrée dotés des apparences du scientifique.

Aujourd’hui un bien intéressant papier du Monde (Solène Cordier) consacré à la prostitution 1. Où l’on revient sur la loi n° 2016-444 du 13 avril 2016 « visant à renforcer la lutte contre le système prostitutionnel et à accompagner les personnes prostituées » : abrogation du délit de racolage ; pénalisation des « clients ». Où l’on revient, aussi, sur le credo gouvernemental (Marlène Schiappa) actuel fondé sur des chiffres discutables (environ 30 000 prostitué.e.s en France ; 85 % de femmes dont 93% étrangères) :

« La prostitution en France recouvre des manifestations très diverses : prostitution de rue ou via Internet, prostitution étudiante, prostitution de femmes, d’hommes ou de personnes transgenre… Si le phénomène est difficile à quantifier, il ressort cependant des données existantes que les personnes prostituées sont principalement des femmes, et que l’immense majorité de celles qui sont prostituées sur la voie publique par un proxénète ou un réseau de traite à des fins d’exploitation sexuelle.

« La prostitution a progressivement cédé la place depuis une quinzaine d’années à l’exploitation sexuelle et la traite des êtres humains, dominée par des réseaux criminels internationaux qui utilisent de multiples modalités de contrainte. La précarité et la vulnérabilité sont des facteurs déterminants d’entrée et de maintien dans la prostitution. La prostitution est un univers marqué par des violences d’une extrême gravité et des séquelles psychologiques et physiologiques majeures. La prostitution est considérée comme une violence en soi, plus précisément une violence faite aux femmes. »

Les nostalgiques du délit de racolage

Le Monde résume le travail des  sociologues Hélène Pohu et Jean-Philippe Guillemet – travail effectué pour le compte de la Fondation Scelles (favorable à la loi) et de la Direction générale de la cohésion sociale (DGCS). Et montre l’hétérogénéité de la situation dans un pays pourtant nettement plus jacobin que la moyenne.

La loi, donc, trois ans après. Comment est-elle appliquée ? Constat : si les aspects les plus médiatisés de la loi (la pénalisation des clients et les parcours de sortie de la prostitution) sont bien identifiés, les autres mesures (stages de sensibilisation, prévention auprès de la jeunesse, lutte contre le proxénétisme sur Internet) sont souvent encore ignorées. Mais encore ? Une variété des pratiques et un inégal « degré de mobilisation » des acteurs locaux (préfets, procureurs, associations) entre Bordeaux, Paris, Narbonne et Strasbourg. Ici Paris fait figure de modèle en matière d’ « interdiction d’achat d’actes sexuels », d’accompagnement social des prostituées, de lutte contre le proxénétisme et de prévention des pratiques prostitutionnelles.

Sur 4 000 interpellations au niveau national, Paris à elle seule en recense 2 263, Bordeaux 300. A Narbonne, 88 clients ont été verbalisés, tandis qu’à Strasbourg, seules … trois interpellations ont eu lieu, en 2017 (la proximité de l’Allemagne, où la prostitution est légale ?). Les auteurs voient là une réticence de bon nombre de fonctionnaires de police (« nostalgiques du délit de racolage » – sic), à appliquer cette mesure.

La même hétérogénéité prévaut pour la mise en place du volet social de la loi. Dans les quatre villes étudiées, seules 83 personnes se sont engagées « dans un parcours de sortie de la prostitution » : (74 à Paris, 6 à Strasbourg, 3 à Bordeaux, aucune à Narbonne). Au niveau national global, on en compte 183, selon les données de la DGCS. Des chiffres d’une extrême faiblesse compte tenu du nombre de prostituées qui exercent en France. On attend désormais la publication (avant la fin de l’année) d’une évaluation nationale de la loi, coordonnée par les inspections générales des ministères de l’Intérieur, de la Justice et de la Santé.

Pour l’heure il n’est pas interdit de penser que la pratique du reportage permettrait de mieux comprendre ce qu’il en est de l’impact de la loi dans la France, profonde ou pas.

A demain @jynau

1 Prostituer (se) Accomplir par intérêt ou par obligation une tâche dégradante, déshonorante ou rebutante; renoncer à sa dignité pour des motifs d’intérêts. Homais inclina vers le pouvoir. Il rendit secrètement à M. le préfet de grands services dans les élections. Il se vendit enfin, il se prostitua (FLAUBERT., MmeBovary, t. 2, 1857, p. 205).

Se livrer aux désirs sexuels d’une personne, le plus souvent pour des motifs d’intérêt; en partic., se livrer à la prostitution publique. La femme Cuche, cette misérable abandonnée qui se prostituait à tous les hommes, dans les trous de la côte, pour trois sous ou pour un reste de lard (Zola, Joie de vivre,1884, p. 1004)

Fait divers : une infirmière et l’un de ses patients retrouvés assassinés, près de Montargis (Loiret)

Bonjour

Pour un peu on songerait à évoquer Jo Nesbø. L’affaire est rapportée par franceinfo (Fabienne Marcel) . Lundi 21 octobre, 7h15, es passants découvrent un cadavre en bordure d’un champ situé sur la commune de Pannes (Gâtinais pauvre, quadrant nord-est du Loiret). Celui  de Karine Foucher, infirmière libérale, 42 ans. Le corps a été lardée de plusieurs coups de couteau au thorax, au cou et au visage. Les mains sont attachées par un câble téléphonique. Son véhicule est retrouvé avec des traces de sang à l’intérieur, non loin des lieux du drame. L’autopsie menée le 22 octobre confirme l’origine de sa mort par arme blanche. Originaire de Ferrières-en-Gâtinais,  Karine Foucher effectuait sa tournée habituelle qu’elle commençait à 6h le matin.

Les gendarmes de Montargis sont alors alertés de la disparition de Jacques Samson, 84 ans, un habitant de Chalette-sur-Loing.  Il se rendent à son domicile, situé à 2 km de Pannes et découvrent son cadavre disposé en travers de son lit, caché par plusieurs couvertures. L’autopsie démontre qu’il est mort après avoir reçu plusieurs coups de poing à la tête. L’homme a d’autre part « été amputé des deux mains post-mortem ». Les deux mains n’ont pas été retrouvées a précisé Nicolas Bessone,  le procureur de la République d’Orléans. Le seront-elles ?

Les bien mal nommés « faits divers »

Jacques Samson était l’un des patients de l’infirmière – et l’un des premiers à qui elle rendait visite le matin. Un chouchou et une pince à cheveux cassée appartenant à Karine Foucher ont été retrouvés au domicile de Jacques Samson. L’enquête se poursuit pour retrouver le ou les auteurs de ce double meurtre. Le mobile du double meurtre n’est donc pour l’heure pas établi. Rien ne semble avoir été  été volé au domicile de Jacques Samson mais des traces de fouilles ont été constatées. « Aucune hypothèse n’est écartée à ce stade de l’enquête » a déclaré le procureur – sans préciser à quelles hypothèses il songeait.

Karine Foucher, était présidente départementale du Syndicat national des infirmières et infirmiers libéraux. Son meurtre a causé une vive émotion chez les Montargois.  La direction du Centre hospitalier a décidé de mettre en place une cellule psychologique destinée aux infirmiers et infirmières libéraux. Le maire de Montargis, Benoît Digeon, par ailleurs président du Centre communal d’action sociale gérant le pôle de Service de soins infirmiers à domicile, a demandé que les trente infirmières et aides-soignantes de ce service puissent aussi en bénéficier si elle le souhaitaient.

Pour sa part, l’Ordre national des infirmiers estime que ce drame « fait écho à la trop grande vulnérabilité que subissent nombre d’infirmières et d’infirmiers dans leur cadre de leur exercice professionnel ». « Dans la presse, les bien mal nommés « faits divers » relatifs à des actes de violence graves subis par des infirmiers se font de plus en plus nombreux ajoute-t-il. Dans son dernier rapport, l’Observatoire national des violences en milieu de santé faisait état d’une hausse de 6% des signalements. Les infirmiers sont la profession de santé qui subit le plus d’actes de violence, devant les aides-soignants et les médecins. Quant aux actes de violence les plus extrêmes, avec armes, ils sont passés de 1% en 2018 à 2% en 2019. »

A demain @jynau

Pays-Bas : depuis neuf ans recluse dans une cave, la famille attendait sagement la «fin des temps»

Bonjour

Survivalisme ou psychiatrie ? L’étrange est partout, à commencer par le fil de l’AFP et cette dépêche mandée des Pays-Bas : six adultes (un homme et probablement ses cinq enfants) viennent d’être retrouvés par la police néerlandaise dans le sous-sol d’une ferme isolée du nord du pays. Ils y vivaient reclus depuis neuf ans pour, dit un média local, «attendre la fin des temps». La mère serait morte en 2010 et aurait, peut-être, été enterrée à proximité du domaine.

Lors d’une conférence de presse Roger de Groot, maire de Ruinerwold, village où se trouve la ferme perdue au milieu des champs et entourée d’arbres, a déclaré : «Je n’ai jamais rien vu de tel auparavant», La police a précisé dans un tweet avoir «trouvé six adultes, qui sont actuellement pris en charge». «Tous les scénarios sont encore ouverts. Une enquête est en cours». Combien de scenarii ?

« Il parlait d’une manière enfantine »

« C’est l’un des fils, âgé d’environ 25 ans, qui a permis cette découverte, rapporte l’AFP. Sale, vêtu de vieux vêtements, les cheveux en bataille, il s’était rendu dimanche soir dans un bar du village dans un état ‘’confus’’, demandant de l’aide, a raconté le gérant du café, Chris Westerbeek, à la chaîne locale RTV Drenthe. Le jeune homme a affirmé ne pas être sorti de la maison ‘’depuis neuf ans’’, a-t-il rapporté. ‘’Il a dit qu’il n’était jamais allé à l’école et semblait très confus. Il parlait d’une manière enfantine’’, a poursuivi Chris Westerbeek. »

Arrivée sur les lieux, la police a arrêté un homme de 58 ans, le locataire de la ferme, «pour ne pas avoir coopéré à l’enquête». Il ne s’agissait cependant pas du père de famille mais d’un ressortissant autrichien. Les personnes découvertes «avaient un mode de vie autarcique» dans la propriété depuis neuf ans, et plusieurs des enfants, désormais adultes, «n’ont pas été inscrits dans le registre des naissances», a indiqué le maire.

Selon RTV Drenthe, la famille vivait dans le sous-sol «dans l’attente de la fin des temps» et certaines des personnes découvertes «n’avaient aucune idée de l’existence d’autres personnes» dans le monde. La famille possédait un potager et d’une chèvre, d’après ce média. La famille a été relogée dans un parc de vacances situé à proximité, selon les médias locaux. Un sous-sol aux Pays-Bas ? Un « parc de vacances » à Ruinerwold, ? Partout règne l’étrange.

A demain @jynau

Agnès Buzyn «surveille»-t-elle les mails des médecins ? Nos précisions sur un titre critiqué

Bonjour

Ecrire, bloguer c’est, parfois, donner l’impression d’exagérer. Ainsi ce titre : « Pourquoi Agnès Buzyn surveille-t-elle les mails des médecins hospitaliers tentés par la grève ? ». Un titre né des déclarations publiques de la ministre des Solidarités et de la Santé

« Ils ne le savent pas mais je suis dans la boucle de mails des médecins qui s’écrivent au sujet de leur envie de faire grève. Je suis sidérée, d’abord de leur méconnaissance du système, du nombre d’informations fausses dont ils disposent et sur lesquelles ils basent leurs raisonnements et à quel point leurs solutions sont des solutions de court terme qui ne régleront pas le problème. »

Pour sa part Le Quotidien du Médecin évoquait ici une « prise de risque », celle de critiquer l’implication de certains médecins hospitaliers dans le Collectif inter-hôpitaux et la grève nationale annoncée pour le 14 novembre.  Plusieurs lecteurs nous ont fait part de leur surprise et de leurs critiques. « Bien qu’elle ne me soit pas sympathique je trouve vache (un coup bas en fait) de dire qu’elle « surveille » les mails. A lire le titre on dirait qu’elle les espionne de façon illégale, nous écrit ainsi Umberto Ucelli.  Il se trouve que les médecins (aussi) s’écrivent des courriels à destinataires nombreux, sorte de forum. Donc elle est parmi probablement des dizaines de destinataires et elle lit ce qu’on lui adresse sans voir forcément qu’elle parmi les destinataires. »

Sans doute faut-il ici revenir aux définitions de « surveiller » : Nos critiques retiennent celle-ci : « Observer les agissements d’adversaires potentiels, les lieux d’où peut survenir le danger » ; ou celle-là : « Se tenir informé, par des moyens policiers, des activités de personnes jugées suspectes, du comportement de collectivités, de groupes, de lieux à risques. »

Pour notre part nous ne songions qu’à : « Observer quelqu’un avec une certaine attention pour comprendre son comportement. » Aucun « coup bas », donc. Mais, sans doute, la nécessité de mieux s’expliquer.

A demain @jynau