Cannabis : Agnès Buzyn doit nous dire si les buralistes seront les distributeurs exclusifs

Bonjour

Denis Sommer est a priori un homme très sympathique. « Ouvrier et syndicaliste pendant 15 ans chez PSA Sochaux, j’ai choisi de reprendre mes études à l’âge de 35 ans pour m’ouvrir de nouvelles portes professionnelles, dit-il de lui. Dès lors, mon rapport à l’entreprise et au monde du travail en a été profondément bouleversé. J’ai exercé plusieurs métiers, dont celui de gestionnaire d’entreprise, avant d’enseigner l’économie et la gestion d’entreprise au lycée. Fondateur et animateur du MRAP (Mouvement contre le Racisme et pour l’amitié entre les Peuples) dans le Pays de Montbéliard, j’ai toujours pensé que la solidarité s’exprimait avant tout par des actes. Aussi, ma famille et moi avons accueilli des enfants du Secours Populaire pendant les vacances d’été. Nous avons hébergé des réfugiés pendant plusieurs mois à notre domicile, notamment une famille dont les enfants étaient scolarisés ici, alors qu’ils étaient sous la menace d’expulsion. »

Denis Sommer, 60 ans, a été élu le 18 juin 2017 député macronien de la 3e circonscription du Doubs – et ce après avoir quitté le PS dont il a porté les couleurs comme élu local pendant plus de quinze ans. Il n’est pas, on le sait, le seul à avoir effectué un tel voyage sans espoir, dit-on, de retour.

On retrouve aujourd’hui M. Sommer dans les colonnes du Journal Officiel, posant une question à la non moins macronienne Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé :

« M. Denis Sommer interroge Mme la ministre des solidarités et de la santé sur l’ouverture croissante d’échoppes qui vendent du cannabis légal appelé « CBD », substance dépourvue des principes actifs inscrits sur la liste des stupéfiants. En effet, ce produit contient moins de 0,2 % en THC et il doit être obtenu à partir de variétés et de partie de plantes autorisées.

« Or celui-ci est vendu par n’importe quel commerçant alors même que l’appellation « cannabis » peut avoir un effet pervers sur le comportement des usagers, notamment des adolescents. La prévention qui est un axe fort de la politique de santé, porte semble-t-il ses fruits concernant la lutte anti-tabac avec le passage au paquet neutre ainsi que par l’augmentation progressive du prix du paquet de cigarette.

« Cette prévention nécessaire a entraîné une perte substantielle des recettes pour le réseau des buralistes. Or, actuellement, il n’existe pas de règlementation fixant un cadre à la vente du cannabis légal. Il serait toutefois important pour le consommateur de connaître la provenance, la traçabilité et la qualité des produits qu’il consomme, tout en encadrant les prix.

« Aussi, il lui demande si un cadre législatif est prévu pour la vente du cannabis légal et quel est son horizon. Il lui demande par ailleurs s’il est envisagé que le réseau des buralistes soit le distributeur exclusif de celui-ci. »

Nous sommes quelques-uns, buralistes ou plus largement citoyens, à attendre les réponses d’Agnès Buzyn.

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Pourquoi un chirurgien orthopédiste s’est -il pendu dans son bureau de l’hôpital Simone Veil ?

Bonjour

Rien (ou presque) n’avait filtré. Mais rien ne plus être caché. Ainsi ce papier du Parisien : « Val-d’Oise : émotion à l’hôpital d’Eaubonne après le suicide d’un chirurgien ».

« L’émotion est à son comble à l’hôpital Simone Veil d’Eaubonne, où un chirurgien orthopédique a mis fin à ses jours le 1er juillet dernier, dans son bureau, lors de sa garde. Des collègues de son service, qui s’inquiétaient de ne pas le voir revenir alors que des interventions étaient programmées, l’ont retrouvé pendu. Ce médecin expérimenté a été placé immédiatement en réanimation, où il est décédé le dimanche 8 juillet. Celui-ci n’a laissé aucune explication sur son geste. »

Le Parisien ajoute qu’une assistance psychologique a aussitôt été mise en place « assurée par un cabinet extérieur » (sic) et toujours opérationnelle. L’établissement hospitalier a par ailleurs mis en place « une réduction d’activité du service », en concertation avec les hôpitaux environnants. « On était sous un effet de sidération très importante, explique-t-on du côté de la direction de l’établissement. Il y a une vraie cohésion de la communauté médicale, et avec la famille. Aujourd’hui personne ne connaît vraiment les motivations de ce geste. Mais le fait que cela ait eu lieu sur le lieu de travail ne laisse personne indifférent. De ce fait, on est en train de revoir tous nos dispositifs de prévention. »

Corde

Le hasard et/ou la fatalité fait/font que l’hôpital Simone Veil d’Eaubonne avait été choisi en février dernier par le Édouard Philippe pour présenter un plan de transformation de l’hôpital. Il s’agissait, en février, d’en finir avec les rafistolages (sic).Plan présidentiel aujourd’hui en rade/cale sèche.

« Cela a été extrêmement dur à vivre, dit le secrétaire de la section CGT de l’hôpital. Pour l’instant, nous n’avons pas d’explication. Le fait que ce soit sur le lieu de travail ne met pas de côté toute la dimension personnelle, mais ce n’est pas anodin. Pour moi, le fait que ça se passe dans le service pointe l’organisation du travail. »

Le Parisien : « Des collègues évoquent deux autres cas de suicide parmi le personnel, ces dernières années. Une assistante sociale et une infirmière auraient mis fin à leurs jours, hors de l’établissement. Une enquête judiciaire a été ouverte, ainsi qu’une enquête de l’inspection du travail. Le CHSCT va par ailleurs lancer une expertise. »

Le Quotidien du Médecin précise que le mort était un chirurgien orthopédiste âgé de plus de 50 ans (information de la direction de l’hôpital). Pendaison dans son bureau. Il exerçait dans cet l’hôpital depuis trois ans. L’hôpital a organisé une cérémonie pour lui rendre hommage. Le gouvernement a présenté ses condoléances par le biais de l’agence régionale de santé Ile-de-France.

Mais encore ? La directrice de l’hôpital ne s’« explique pas un tel acte ». Interrogée sur d’éventuels messages d’alerte reçus en amont elle assure n’avoir eu « aucun élément pour expliquer un geste comme ça, ni personnel ni professionnel, qui aurait permis de savoir ce qui allait se passer ». « Le fait que cela se soit passé sur le lieu de travail nous interroge, évidemment », ajoute-t-elle.

Nous aussi. Evidemment.

A demain

 

Argent : le gouvernement taxera-il demain les parents refusant de faire vacciner leurs enfants ?

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C’est une affaire des antipodes. Elle est rapportée par Slate.fr. Dans le cadre de sa politique vaccinale (dite «pas de piqûres, pas d’argent») le gouvernement australien va accentuer  les sanctions financières pénalisant les parents qui refusent de faire vacciner leurs enfants : il se verront privés de l’équivalent de 18€ (A$28) d’avantages fiscaux par enfant non-vacciné – et ce tous les quinze jours.

Jusqu’ici les parents australiens opposés à la vaccination de leur progéniture perdaient 468€ d’avantages fiscaux par enfant à chaque fin d’année. Avec le nouveau système la somme globale ne varie guère mais les autorités parient sur les vertus d’un « rappel constant » de la sanction. D’autre part celles et ceux qui gagnent plus de 50€ par jour pourraient être exposés des sanctions financières supplémentaires.

La politique du gouvernement australien vise à contrecarrer l’audience grandissante des discours d’opposition vaccinale : la proportion d’enfants non-vaccinés de manière délibérée est passé de 0,23% en décembre 1999 à 1,77% en décembre 2014. Le ministre australien des Services sociaux, Dan Tehan explique sans nuance que la répression financière est  nécessaire à la protection de la santé publique : « l’immunisation est la manière la plus sûre de protéger les enfants de maladies évitables. Les parents qui ne vaccinent pas leur enfants les mettent en danger ainsi que les enfants des autres».

Pénétration forcée

En 2015 The Sunday Morning Herald (repris par Slate.fr-Nadia Daam) avait rapporté de quelle manière les actions anti-vaccinales pouvaient être menées en Australie :

« L’Australian Vaccination-skeptics Network (AVN), un groupe anti-vaccins, a publié sur sa page Facebook  une image stupéfiante: la photo d’une femme ceinturée et bâillonnée par un homme, accompagnée du texte suivant: «PENETRATION FORCEE: Pas vraiment un scandale quand c’est une injection de vaccin et un médecin.»

« Pas de doute possible, le groupe assimile bien la vaccination aux violences sexuelles et les médecins à des violeurs. Sans grande surprise, la comparaison a fait bondir les associations de défense de victimes de violences. Le quotidien australien rapporte les propos de Fiona McCormack, présidente d’une association de lutte contre les violences domestiques, qui a estimé que cette campagne était «irresponsable et inappropriée».

La porte-parole du ministre de la santé a, elle, appelé le groupe à retirer la photo de leur page Facebook et à présenter des excuses publiques. Dont acte (…)  Si la photo a été supprimée, le groupe n’a cependant pas estimé que sa première initiative méritait des excuses. Selon le Sydney Morning Herald, ils ont répondu que ’’le post n’était pas de mauvais goût mais simplement honnête. Ce qui est de mauvais goût, c’est que le gouvernement élu nous force à vacciner nos enfants alors que nous ne croyons pas que c’est bon pour leur santé.’’»

Aux antipodes des antipodes l’épidémie de rougeole a déjà, cette année, touché 643 personnes au Royaume-Uni (contre 217 cas pour l’année 2017).  Et ce alors même que le pays a atteint le taux recommandé de 95% de vaccination des moins de 5 ans contre la rougeole, les oreillons et la rubéole.

Vérité et mensonges

« Les cas anglais sont très probablement importés d’autres pays car les taux de vaccination pour la rougeole n’ont jamais été aussi bas en Europe (France, Roumanie, Grèce et Italie) provoquant la mort de quarante-huit personnes à travers l’Union européenne en 2016 rapporte encore Slate.fr. Si des personnes se sont détournées du triple vaccin dans les années 1990, c’est notamment à cause d’un médecin, Andrew Wakefield, qui avait publié une étude affichant la possibilité d’un lien entre le vaccin et l’autisme. » On sait, depuis, ce qu’il en était de la vérité. Et ce qui demeure des mensonges.

 En France, où le gouvernement a décidé de rendre obligatoire onze vaccins pédiatriques, la méfiance demeure vis-à-vis de l’immusiation à des fins de prévention. Pour n’être pas aussi radical qu’en Australie le discours néo-antivaccinal n’en est pas moins d’une particulière efficacité. Et aucune sanction financière directe des parents n’est envisagée par le gouvernement. Ces sanctions sont d’un autre ordre , concernant notamment l’entrée en crèche et à l’école :

« Les parents des enfants nés après le 1er janvier 2018 devront présenter à partir du 1er juin 2018, leur carnet de santé – pages vaccination – dûment tamponné ou un document signé par le professionnel de santé attestant de la réalisation des vaccinations pour être admis en crèche, ou dans toutes les collectivités d’enfants : écoles, centre de loisirs, colonies. Les personnes ou structures responsables d’accueillir l’enfant vont donc vérifier au regard de ces documents que les vaccinations obligatoires correspondant à l’âge de l’enfant ont bien été réalisées. Si l’enfant n’est pas à jour de ses vaccinations, ils ne pourront donc pas entrer en collectivité. En crèche ou à l’école, seule une admission provisoire est possible, les parents ayant alors 3 mois pour procéder aux vaccinations. En cas de refus persistant, le responsable de la structure est fondé à exclure l’enfant. »

Il est encore trop tôt pour dire ce qu’il en sera de l’adhésion réelle aux nouvelles obligations vaccinales. Trop pour savoir si, un jour, la France en viendra, ici, à imiter l’Australie. Mais pas trop tard pour commencer à y songer.

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L’opération-éclair d’un janissaire du président Macron en faveur de la « PMA pour toutes »

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Grouchy ou Blücher ? Blücher ou Grouchy ? Ce fut Chiche. Guillaume Chiche : jeune député des Deux-Sèvres. Lendemain de 14 juillet 2018: « L’élu de la majorité Guillaume Chiche espère élargir aux célibataires et aux lesbiennes la procréation médicalement assistée ».

Une affaire parfaitement menée, donc. Au lendemain du rapport du Conseil d’Etat ce fut François de Rugy qui, du haut du Perchoir déclara sur BFMTV souhaiter une proposition de loi (débarrassant dans le même instant le président de la République et son gouvernement) ; puis aujourd’hui un entretien miraculeusement accordé au «JDD» par  l’ancien socialiste, membre de la garde rapprochée de Dominique Strauss-Khan  puis de Jean-Paul Huchon.

Guillaume Chiche qui, explique Le Monde, fait partie d’une petite dizaine de députés formant « la garde avancée d’Emmanuel Macron, au Palais-Bourbon comme dans les médias. Des janissaires dévoués corps et âme au chef de l’État, qui ne dépendent que de lui, ne rendent de comptes qu’à lui ». Chiche pro-PMA pour toutes mais/et qui proposait dans un rapport parlementaire publié fin mars 2018 la suppression du quotient familial.

«Ma proposition de loi ouvre la PMA à toutes», explique-t-il aujourd’hui – tout en se défendant (sic) de «chercher à mettre la pression sur le gouvernement». Son texte ?  il «contient l’ouverture de la PMA à toutes les femmes, y compris aux célibataires et aux couples lesbiens, et le remboursement par la Sécurité sociale».

Insupportable

« Aujourd’hui, il existe une discrimination insupportable dans l’accès à une pratique médicale. Je veux la supprimer le plus rapidement possible : j’explore tous les moyens pour garantir l’égalité entre les femmes » dit-il encore. Où l’on voit que le député de la Sèvre niortaise fait bien peu de cas de ce qui est de l’ordre de la thérapeutique et de ce qui ne l’est pas.

En harmonie parfaite avec M. De Rugy, le janissaire de Niort pressent que son texte pourra être adopté « avant la fin 2018 ». Mais le grognard craint en même temps que des « militants obscurantistes » ne cherchent à « refaire le match de la mobilisation contre le mariage pour tous ».  Ces rétrogradesaveuglés, à défaut d’empêcher l’élargissement de la PMA, pourraient « s’opposer à son remboursement par l’assurance maladie – ce qui aboutirait à une discrimination financière ». Où l’on voit, déjà, les éléments de langage qui fleuriront sur le champ de bataille.

Enfin, M. Chiche explique que sa proposition de loi « contient la double filiation maternelle », c’est-à-dire que « les deux femmes d’un couple homosexuel seront reconnues comme mères de l’enfant né d’une PMA ». Il souhaite aussi que la filiation des enfants nés d’une gestation pour autrui, interdite en France mais réalisée à l’étranger, soit automatiquement reconnue. Un argument dont le camp d’en face se servira pour, sur l’échiquier démocratique, jouer le coup de la « pente glissante ». Belle partie de rhétorique éthique en perspective.

A demain

 

Coûte que coûte, la « PMA pour toutes » : mouvements de troupes et manœuvres politiques

Bonjour

Grouchy ou Blücher ? On attendait le gouvernement à l’automne et ce fut, hier, François de Rugy. Le 12 juillet, sur le plateau de BFM TV, le président de l’Assemblée nationale s’est prononcé en faveur de l’ouverture de la procréation médicalement assistée à « toutes les femmes ». Il l’avait déjà fait. Mais désormais il espère publiquement, du haut des ors du Perchoir, voir les député.e.s de la majorité déposer une proposition de loi en ce sens – et ce  « avant la fin de l’année». Une demande du locataire du Palais de l’Elysée ? Une aide politique fournie sans même que la demande soit exprimée ?

« C’est l’engagement que nous avions pris lorsque nous étions candidats aux législatives», a-t-il justifié. Ajoutant qu’il s’agissait également « d’un engagement du président de la République ». Une prise de position et des rappels qui font suite au rapport du Conseil d’État soulignant que du strict point de vue juridique, «rien n’impose au législateur d’ouvrir aux couples de femmes et aux femmes seules» l’accès à la PMA, «mais rien n’impose non plus le ‘statu quo’».

« Le président de l’Assemblée nationale s’était déjà prononcé en faveur d’une accélération de la législation sur la PMA, rappelle Le Figaro. En septembre dernier, il assurait sur France Inter : ‘’tous les éléments du débat sont connus et archiconnus depuis des années’’. Marlène Schiappa, secrétaire d’État à l’égalité femmes-hommes avait elle aussi, quelques jours plus tôt, assuré que l’engagement formulé d’ouvrir la procédure à l’ensemble des femmes par le candidat Macron serait respecté. »

Reste à savoir qui doit prendre l’initiative. Pour François de Rugy aucun doute : c’est aux députés de la majorité, de faire une proposition de loi, accompagnés par «tous ceux qui voudraient s’y associer» déposent une proposition de loi en ce sens. Et M. de Rugy d’assurer être optimiste quant à l’existence d’une «majorité prête à l’adopter». Pour lui il ce sujet ne doit pas être dissous dans la révision de la loi de bioéthique prévue pour 2019.

Débats envenimés

La manoeuvre est concertée. Peu auparavant, devant le Congrès le chef de file des députés LREM Richard Ferrand avait affirmé qu’il faudrait « sans tarder inscrire à notre agenda l’élargissement à la procréation médicalement assistée comme l’interrogation sur la fin de la vie ». Or le gouvernement a déjà maintes fois fait savoir que la « fin de vie » ne figurerait pas dans le projet de loi bioéthique. Et le Conseil d’Etat estime que cette question n’a pas, pour l’heure, à être posée au législateur.

Autre grognard en marche participant à l’opération politique : le député Matthieu Orphelin, qui avait co-signé en mai (avec une cinquantaine d’autres élus LREM) une tribune en faveur de la PMA pour toutes. Il juge aujourd’hui « important de concrétiser l’engagement pris ». Et il faut le faire « assez rapidement pour ne pas tomber dans le piège de ceux qui voudraient tenter d’envenimer les débats ».

Envenimer ? En face on semble peiner  pour s’organiser. Dans un entretien à L’Opinion de jeudi, le vice-président des Républicains Jean Leonetti a réaffirmé son opposition à la « PMA pour toutes ». Il estime que « la mobilisation possible » sur ce sujet pourrait constituer un risque pour le président de la République. Un président qui ne cesse de dire que cette entreprise ne peut se faire que dans une France apaisée.

« La PMA ne passera pas comme une lettre à la poste car les gens se mobiliseront », a déclaré la députée de l’Hérault Emmanuelle Ménard (apparentée au FN) dans un entretien à Sud Radio. Selon elle les réseaux de la « Manif pour tous » sont « encore très mobilisés ». Rendez-vous pris pour la rentrée.

A demain

Etudes de médecine : sommes-nous vraiment à la veille de la fin d’un «gâchis humain» ?

 

Bonjour

Officiellement c’est terminé : une croix sur les Epreuves Classantes Nationales informatisées (ECNi), cet infernal bachotage-couperet à bac + 6. La voie ouverte à une sélection un peu plus éclairée des futures et futurs médecins ?  Les ECNi avaient, en 2016, succédé aux «épreuves classantes nationales» (ECN) qui, en 2004, avaient pris la place du célèbre «concours de l’internat de médecine» –institution qui, depuis deux siècles, avait gentiment évolué au rythme des avancées de la profession comme de celles de la société.

Ainsi donc, il y a quatorze ans (et pour des raisons qui restent encore à expliquer), apparut une croix faite sur l’internat; un second cycle s’achevant sur cette épreuve obligatoire et bachotante, classante et nationale. Avec, en prime, la promotion de la «médecine générale» élevée au rang de «spécialité médicale». Une entreprise jacobine et touristique en diable: selon son classement, le futur médecin choisissait son centre hospitalier universitaire d’affectation, ainsi que l’une des onze «filières» et les services où il effectuerait des stages de six mois.

La suite sur Slate.fr : « Les études de médecine vont enfin devenir efficaces »

A demain

Mais pourquoi diable manque-t-il 19 000 médecins statutaires dans les hôpitaux français ?

Bonjour

Alerte. Les établissements hospitaliers français souffrent d’un manque chronique de médecins titulaires : plus de 19 000 postes y étaient « statutairement vacants » au début de cette année – données du rapport annuel du Centre national de gestion des praticiens hospitaliers (CNG). Un sujet brièvement résumé par l’AFP. Le taux de « vacance statutaire » pour les postes à temps plein « a progressé de 0,9 point entre 2017 et 2018 » et s’établissait au 1er janvier à 27,4%, indique le rapport. Cela correspond à 15 052 postes « budgétés »mais pas « occupés statutairement » par des praticiens hospitaliers (PH).

Une grande partie de ces postes à temps plein sont toutefois « provisoirement occupés » par des praticiens contractuels : une étude du CNG réalisée en janvier 2017 estimait leur nombre à plus de 12 000. Pour les postes de PH à temps partiel, la vacance statutaire culminait à 47 % au début de 2018, soit 4 039 titulaires manquants.

Le taux de « vacance statutaire » varie selon les régions : dans les deux catégories (temps plein et temps partiel), il est supérieur à la moyenne en Bourgogne-Franche-Comté, Centre-Val de Loire et Normandie, mais inférieur en Bretagne, Ile-de-France et Provence-Alpes-Côte d’Azur. Les disparités varient aussi selon les spécialités médicales : l’anesthésie-réanimation, l’ophtalmologie et la radiologie font partie des moins pourvues, à l’inverse de la pédiatrie, de la chirurgie infantile et de la dermatologie.

Entre 2000 et 3000 euros la journée

« Et pendant ce temps là Agnès Buzyn continue de pilonner les hospitaliers intérimaires dans les médias », observe Le Quotidien du Médecin. Le 10 juillet, sur RMC/BFMTV Agnès Buzyn a ainsi expliqué qu’un « bras de fer » était engagé avec les médecins intérimaires sur l’abrogation du édcret plafonnant leur rémunération.

« Comme à l’accoutumée, la ministre de la Santé, qui semble s’être trouvé un nouveau cheval de bataille, s’est montrée offensive sur le sujet, résume Le QuotidienDepuis l’entrée en vigueur du décret, ces médecins sont rémunérés 1 400 euros la journée, M. Bourdin. On parle du salaire mensuel moyen de beaucoup de Français !’’.

Agnès Buzyn est allée plus loin, en évoquant même le salaire de ’2 000 à 3 000 euros la journée’’ de certains praticiens qui ‘’profitent des failles du système’’ en préférant travailler ’une semaine par mois en intérim ‘’ plutôt que d’accepter un poste de praticien hospitalier à temps plein. » En revanche, dans cet entretien de dix minutes, la ministre n’est pas revenue sur l’énième report de la réforme sur l’hôpital, annoncé la veille par Emmanuel Macron. »

A demain