Alerte pandémique chinoise: découverte d’un virus grippal porcin transmissible à l’humain

Bonjour

30/06/2020. Désormais, prendre date face aux premières alertes infectieuses virologiques potentiellement pandémiques. Agnès Buzyn ne dirait pas le contraire qui est aujourd’hui entendue par la Commission d’enquête de l’Assemblée nationale ; et qui devra répondre de ses actes quand elle était puissante ministre des Solidarités et de la Santé.

Prendre date, en cette fin juin 2020 : une équipe de chercheurs universitaires chinois annoncent publiquement avoir es découvert une souche de virus de grippe porcine présentant toutes les caractéristiques capables de provoquer une future pandémie ; une étude parue lundi dans la revue scientifique américaine PNAS. : « Prevalent Eurasian avian-like H1N1 swine influenza virus with 2009 pandemic viral genes facilitating human infection » PNAS first published June 29, 2020 https://doi.org/10.1073/pnas.1921186117. Un travail dirigé par Jinhua Liu (Key Laboratory of Animal Epidemiology and Zoonosis, Ministry of Agriculture, College of Veterinary Medicine, China Agricultural University, 100193 Beijing, China)

Une alerte aussitôt relayée par la BBC (Michelle Roberts). On sait de longue date que les porcs sont des hôtes intermédiaires dans le processus de formation et d’émergence  des virus des vagues grippales pandémiques humaine. Et l’on se souvient de la pandémie de grippe A(H1N1) de 2009. Les chercheurs chinois expliquent avoir identifié un virus E A(H1N1) « réassorti » (possédant des gènes internes dérivés de pdm / 09 et TR) – un virus dénommé G4, qui est devenu prédominant dans les populations porcines depuis 2016. Comme le virus pdm / 09, les virus G4 ont toutes les caractéristiques essentielles de un virus pandémique candidat. « Il est préoccupant de constater que les travailleurs travaillant à proximité immédiate de ce animaux présentent une séroprévalence élevée pour le virus G4, soulignent-ils. Il est urgent de contrôler les virus G4 E A(H1N1)dominants chez les porcs et de surveiller étroitement les populations humaines, en particulier les travailleurs de l’industrie porcine. »

Un rappel salutaire quant au risque de l’émergence de pathogènes zoonotiques

Leur surveillance sérologique a montré que 10,4% (35/338) des travailleurs porcins étaient positifs pour le virus G4 E A(H1N1) – ceux âgés de 18 à 35 ans ayant des taux de séropositivité de 20,5% (9/44), indiquant que un accroissement du potentiel infectieux chez les humains. « Une telle infectiosité augmente considérablement les possibilités d’adaptation du virus chez l’homme et soulève des inquiétudes quant à l’émergence éventuelle de virus pandémiques » soulignent encore les auteurs de l’étude.

« De 2011 à 2018, 30.000 prélèvements nasaux ont été réalisés sur des porcs dans les abattoirs de dix provinces chinoises et dans un hôpital vétérinaire, permettant d’isoler 179 virus de grippe porcine. La majorité était de la nouvelle variété, qui est devenue dominante chez les porcs depuis 2016, résume l’AFP. Les chercheurs ont ensuite réalisé diverses expériences en laboratoire et sur des furets, des animaux très utilisés dans la recherche sur la grippe car leurs symptômes sont comparables à ceux des humains: ils ont de la fièvre, toussent et éternuent. Ils ont observé que les virus G4 étaient plus infectieux, se répliquaient dans des cellules humaines et provoquaient chez les furets des symptômes plus graves que d’autres souches. En outre, selon des tests in vitro, l’immunité obtenue après contact avec les virus humains de la grippe saisonnière ne protègerait pas contre le G4. »

Le passage du virus dans la population générale ne fait plus aucun doute – sans pour autant que l’on dispose de preuve d’une transmission d’humain à humain – point de départ des épidémies émergentes. «L’inquiétude est que les infections d’humains par les virus G4 ne mènent à une adaptation humaine et n’augmentent le risque d’une pandémie humaine» résument ces chercheurs qui réclament la mise en place d’une surveillance étroite des populations travaillant au contact des porcs.

«Ces résultats sont un rappel salutaire que nous courons constamment le risque de l’émergence de pathogènes zoonotiques, a commenté auprès de la BBC James Wood, chef du département de médecine vétérinaire à l’université de Cambridge. Un rappel salutaire, aussi, que des animaux d’élevage, avec qui les humains sont plus en contact qu’avec des animaux sauvages, sont la source d’importantes pandémies virales.»

Quel ministre, en France, s’intéresse aujourd’hui à l’alerte lancée depuis Pékin ?

A demain  @jynau

Du cannabis désormais livré comme les burgers Uber : que peuvent Castaner et la police ?

Bonjour

30/06/2020. C’est à déguster sur Slate.fr : « La crise du Covid-19 a confirmé l’efficacité de la livraison de drogue à domicile » (Julie Profizi) . Où l’on apprend que si les trafics ont chuté pendant le confinement une pratique a néanmoins été mise en lumière: la livraison de stupéfiants chez les consommateurs.

« À la veille des annonces du gouvernement, le 17 mars, face au risque de pénurie, les dealers d’Île-de-France ont dû faire face à une demande exceptionnelle, explique Slate.fr. ‘’J’ai acheté 400 euros d’herbe le lundi’’, lance Paul, un consommateur de 25 ans, habitant dans les Hauts-de-Seine. Une aubaine pour les dealers. «On a fait des chiffres indécents, on a pris pas mal de risques mais avec brio», se félicite H., dealer parisien. Son réseau a enchaîné les livraisons dans la capitale et en proche banlieue pendant plus de 48 heures d’affilée.

Puis le 15 mai, Christophe Castaner, toujours ministre de l’Intérieur, a annoncé au siège de l’Ofast (Office antistupéfiants) une baisse de 30 à 40% des trafics. Néanmoins, le ministre de l’Intérieur a mis en garde contre des «nouvelles pratiques», notamment la livraison à domicile. La vie moderne, en somme avec l’effacement des interdits via la technologie. Les plateformes de commande ont d’abord concerné les consommateurs et consommatrices de drogues comme la cocaïne, des gens aisés ou habitant en centre-ville… Avant de s’élargir au cannabis.

Acheter son équipement aux couleurs de la société 

Pour «des personnes qui ne sont pas à l’aise à l’idée de se rendre dans les fours, ces lieux de deals établis dans des endroits un peu chauds», explique à Slate.fr le sociologue David Weinberger, chercheur à l’Institut national des hautes études sur la sécurité et la justice . Florian, policier de la BAC de Paris, a constaté cette généralisation: «Avant les consommateurs de tout Paris allaient à Saint-Ouen pour acheter leur dose.» Il observe, de fait, une désertion des lieux de deals habituels. Pour David Weinberger, cette nette évolution indique «la professionnalisation des méthodes de vente. Ça se voit en France comme partout dans le monde». 

Le confinement a bousculé la livraison et ses modalités, éprouvant «l’ingéniosité criminelle», selon les mots du ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner. Chaque déplacement devant alors être justifié avec une attestation, le risque pour les «coursiers» a augmenté. Les doses minimales de commande sont alors passées chez la plupart des distributeurs de 50 euros à 100 euros. 

« Afin de réduire drastiquement le risque de contrôle sur les routes, nombre de «coursiers» ont eu recours au même stratagème: se grimer en livreurs de repas, type Deliveroo ou Uber Eats, rapporte encore Slate.fr 1. Quoi de mieux pour justifier un déplacement lié au travail qu’une grosse enseigne arborée sur le vélo ?  Mieux : certains coursiers sont d’ailleurs de vrais livreurs, qui arrondissent leurs revenus en vendant de la drogue ; une minorité. La plupart travaillent exclusivement pour un réseau de livraison de stupéfiants. Il suffit pour cela d’acheter son équipement aux couleurs de la société  – très facile à trouver d’occasion sur internet.

«Pour nous les dealers, il y a un avant et un après confinement, confie H. à Slate.fr. Ça nous a prouvé qu’on pouvait s’adapter à tout, malgré les risques. Il y a des trucs et des astuces, qu’on gardera bien après le déconfinement.» Les forces de l’ordre sont prévenues : les produits illicites modifiant les états de conscience sont désormais livrés à domicile, un peu après les repas. Que feront les « guetteurs » ? Que pourra faire la police ? A quand la dépénalisation contrôlée du cannabis ?

A demain @jynau

1 Sur ce thème , on lira avec intérêt : « La vente à emporter dans la restauration va-t-elle s’inscrire dans la durée? » (Alexane Pelissou) Slate.fr 30 juin 2020

Covid-19: voulez-vous savoir quel sera, en France, le prix du remdesivir de Gilead Sciences ?

Bonjour

29/06/2020. On savait le controversé remdesivir 1 depuis peu potentiellement autorisé en Europe. Restait à trancher la douloureuse question du prix. Nous avons la réponse aujourd’hui dans une « lettre ouverte de Daniel O’Day, CEO, Gilead Sciences ». Extraits :

« Dans les semaines qui se sont écoulées, depuis que nous connaissons l’intérêt du remdesivir contre la COVID-19, le prix que nous pourrions fixer pour ce médicament a suscité de nombreuses questions. Ces interrogations sont compréhensibles. Notre traitement expérimental, le remdesivir, est le premier antiviral à avoir démontré une amélioration clinique des patients atteints de la COVID-19 dans les essais cliniques et il n’existe pas de règles préétablies pour déterminer le prix d’un nouveau médicament en situation de pandémie. »  

Daniel O’Day dit « être conscient de la responsabilité importante qui lui incombe dans la fixation des prix du remdesivir et de la nécessité d’être transparent quant à sa décision ». Puis, après avoir analysé la situation avec le plus grand soin et de nombreuses discussions, il est désormais en mesure de faire connaître sa décision et de l’expliquer. Objectif : « aider le plus grand nombre de patients le plus rapidement possible et de manière responsable ». « Cette approche nous a guidés dans nos choix pour trouver des réponses rapides et établir la sécurité et l’efficacité du remdesivir, pour augmenter nos capacités de production, ainsi que lorsque nous avons décidé de faire don de l’intégralité de nos stocks de remdesivir jusqu’à la fin du mois de juin » souligne-t-il.  

Mais juin tire à sa fin… Lisons Daniel O’Day, cet écrit constituant un événement dans le monde habituellement triplement feutré de Big Pharma :  

« Dans des circonstances normales, le prix d’un médicament est corrélé à ce qu’il apporte aux patients. Les premiers résultats de l’étude NIAID ont montré que le remdesivir permettrait de raccourcir d’en moyenne quatre jours le rétablissement chez des patients hospitalisés atteints de la COVID-19. En prenant l’exemple des États-Unis, une sortie plus rapide de l’hôpital permettrait de faire une économie d’environ 12 000 $ par patient. Ainsi, en considérant ces seules économies immédiates pour le système de santé, nous pouvons voir l’intérêt du remdesivir. A cette donnée économique, il faut également prendre en compte l’intérêt pour les patients de voir leur séjour à l’hôpital raccourci.  

« Nous avons décidé de fixer le prix du remdesivir bien en dessous de ce montant. Afin de permettre un accès large et équitable et faire face au besoin médical de par le monde, nous avons fixé un prix de 390 $ par flacon pour les gouvernements des pays développés. Sur la base des schémas de traitement actuels, la grande majorité des patients devrait recevoir un traitement d’une durée de 5 jours soit six flacons de remdesivir, ce qui équivaut à un montant total de 2 340 $.  

« Une des principales raisons ayant guidé notre décision est de limiter la nécessité de négociations sur le prix pays par pays. Nous avons fixé ce prix pour rendre le traitement abordable dans l’ensemble des pays développés. Ce prix sera proposé à tous les gouvernements des pays développés dans lesquels l’utilisation du remdesivir est autorisée. Au prix de 390 $ par flacon, le remdesivir devrait permettre aux systèmes de santé de réaliser des économies.  

« Aux États-Unis, le même prix de 390 $ par flacon s’applique. En raison de la façon dont le système américain fonctionne et des systèmes de compensations existants, le prix pour les compagnies d’assurance privées américaines sera de 520 $ par flacon. Ce prix et les programmes gouvernementaux en place, ainsi que l’aide supplémentaire de Gilead le cas échéant, devraient permettre à tous les patients d’avoir accès au remdesivir.  

« Dans les pays en développement où les ressources, les infrastructures et l’économie des systèmes de santé sont si différentes, nous avons conclu des accords avec des fabricants de génériques pour fournir le traitement à un coût nettement inférieur. Ces solutions alternatives sont conçues pour garantir que tous les pays du monde pourront donner accès au traitement. »  

« En fixant ce prix, nous avons tenu compte de nos responsabilités. Tout d’abord en veillant à ce que le prix ne soit en aucun cas un obstacle à un accès au traitement rapide et large mais aussi en poursuivant nos études en cours sur le remdesivir et en maintenant nos recherches à long terme sur les antiviraux. Cet investissement continu sur l’innovation scientifique est susceptible de pouvoir aider les générations à venir. Comme pour de nombreux autres aspects de cette pandémie, la fixation du prix d’un médicament dans ce contexte reste sans précédent. Nous nous sommes donc adaptés et nous pensons que ce prix du remdesivir est juste et responsable alors que le monde continue à subir les conséquences humaines, sociales et économiques de cette pandémie. »  

Comment mieux défendre son camp ? La France acceptera-t-elle sans sourciller « 390 $ par flacon »  2 ? Qu’en dira le Pr Didier Raoult promoteur de l’hydroxychloroquine et contempteur officiel français du remdesivir et de Gilead ? Et qui nous dira la vérité sur les « conflits d’intérêts » dénoncés par le microbiologiste marseillais devant les députés ?

A demain @jynau  

1 Gilead présente ainsi son médicament : « Le remdesivir est un antiviral qui est étudié dans plusieurs essais cliniques internationaux en cours. Dans le contexte actuel d’urgence de santé publique et au vu des données cliniques disponibles, le statut d’autorisation du remdesivir varie d’un pays à l’autre. Dans les pays où le remdesivir n’est pas autorisé par l’autorité de santé locale, il est considéré comme un médicament en cours de développement, dont la tolérance et l’efficacité ne sont pas établies. 

« Le remdesivir n’a pas été approuvé par la FDA, pour quelque utilisation que ce soit. Aux États-Unis, la FDA a émis une autorisation d’utilisation d’urgence (EUA) du remdesivir pour le traitement de patients hospitalisés atteints d’une forme sévère de COVID-19. Cette autorisation est temporaire, peut être révoquée et ne remplace pas la procédure formelle de dépôt, revue et autorisation d’un nouveau médicament. Pour plus d’informations sur l’utilisation autorisée du remdesivir et les exigences obligatoires de l’EUA aux États-Unis, veuillez consulter la Fiche de données à destination des professionnels de santé et la Lettre d’autorisation de la FDA, disponibles www.gilead.com/remdesivir

2 « Covid-19 : Efficacité, prix, disponibilité, ce que l’on sait sur le remdesivir de Gilead » (Nicolas Vuidez) Industrie Pharma

Découverte d’une «absurdité administrative» à l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris

Bonjour

28/06/2020. Encore une découverte due à l’épidémie ; une trouvaille qui réjouira celles et ceux qui entendent bien en finir avec un hôpital public devenu industrie 1. Cela se passe dans le plus grand ensemble hospitalier d’Europe : l’Assistance Publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP). Et l’affaire est racontée dans le Journal du Dimanche par Martin Hirsch, directeur général de l’ensemble ; un petit papier en complément d’un autre (Anne-Laure Barret), édifiant, qui rapporte que les malades de la Covid-19 ne disposent pas de mutuelles « se voient réclamer des milliers d’euros après un passage en réanimation ». On découvre ainsi que l’épidémie met en lumière un phénomène jusqu’ici resté dans l’ombre, celui « des factures impayées qui gonflent la dette des établissements ».

C’est ici qu’intervient Martin Hirsch qui en appelle à « mettre fin à la folie de la paperasse ». Pour tardif qu’il soit, son appel mérite d’être entendu.

Martin Hirsch : « Il y a un paradoxe en France : on cotise beaucoup pour l’Assurance maladie, mais les soins les plus critiques et les plus coûteux ne sont pas les mieux couverts. Et si cette faiblesse n’est pas perceptible pour une grande partie de la population, elle peut être catastrophique pour certains patients, sans mutuelle. Ce problème me préoccupe depuis de nombreuses années. J’avais, avec d’autres, plaidé pour un ‘bouclier sanitaire’ quand j’étais Haut-commissaire aux solidarités actives, en 2007. Un rapport a été vite enterré. » L’auteur ne dit malheureusement pas qui, il y a treize ans, a procédé à l’enterrement. Ni s’il a, depuis, remis l’ouvrage sur le métier.

« Débureaucratiser l’hôpital »

Martin Hirsch, toujours : « Là, le problème devrait sauter aux yeux de tous : demander un ticket modérateur de plusieurs milliers d’euros à des patients qui sortent de réanimation après avoir été malades du ­Covid-19 ? N’est-ce pas absurde ? A l’heure où on cherche à tirer les leçons du ­Covid – dont il faut rappeler qu’il touche davantage les plus vulnérables socialement – et à ­’débureaucratiser’ l’hôpital, il y a là une occasion historique de résoudre un double problème : les inégalités d’accès aux soins et la folie de la ­paperasse. A ­l’AP-HP, on a plus de personnel pour s’occuper de ces formalités administratives – 1.500 employés – que de manipulateurs radio pour faire des radiothérapies, des scanners et des IRM.»

L’idéal, selon lui, serait de supprimer ce ticket modérateur à l’hôpital. L’Assurance maladie pourrait payer la totalité du séjour et se faire rembourser auprès des mutuelles ce qui leur revient. « C’est demandé, dit-il par tous les acteurs hospitaliers car ça simplifierait grandement la vie de l’hôpital et consoliderait ses finances. » Le sujet est-il acté au « Ségur de la santé » ? Le ministre Olivier Véran, ancien hospitalier est-il informé de cette absurdité ?

On croit ne pas avoir bien saisi. On relit : « A ­l’AP-HP, on a plus de personnel pour s’occuper de ces formalités administratives – 1.500 employés – que de manipulateurs radio pour faire des radiothérapies, des scanners et des IRM. » Depuis quand ? Pourquoi le découvre-t-on maintenant ? Et l’on voudrait que les soignants ne soient pas en colère ? Quinze jours après une première journée de mobilisation très suivie, les hospitaliers annoncent qu’ils battront à nouveau le pavé, mardi 30 juin, pour réclamer plus de moyens.

A demain @jynau

1 « L’hôpital une nouvelle industrie. Le langage comme symptôme » (Editions Gallimard, collections Tracts) du Pr Stéphane Velut, chef du service de neurochirurgie du CHU de Tours.

Diplomatie : le virus de la pandémie est-il ou non désormais détenteur d’un «passeport» ?

Bonjour

27/06/2020. Il n’y aura pas de touristes américains en France cet été. Ni en Europe. Et pas plus de touristes russes. Les ambassadeurs des pays membres de l’Union européenne viennent de parvenir à un accord sur une proposition de réouverture des frontières extérieures à quatorze pays, le 1er juillet. Frontières fermées : celles avec les Etats-Unis, la Russie, Israël, la Turquie et l’Arabie saoudite, la situation de la pandémie de Covid-19 y étant jugée plus grave qu’en Europe. Frontières réouvertes, celles de l’Australie, du Canada, de la Corée du Sud, du Japon, de la Nouvelle-Zélande, du Rwanda, de la Thaïlande, de l’Uruguay, des trois Etats du Maghreb (Algérie, Maroc, Tunisie) et des trois Etats des Balkans (Géorgie, Monténégro, Serbie). Comme il fait encore partie de l’UE durant la période de transition, avant le Brexit, le Royaume-Uni serait traité comme un Etat membre. Le cas de la Chine n’a pas encore été tranché.

La liste devait être adoptée avant le 29 juin, à la majorité qualifiée. Cette décision aura-t-elle des conséquences politiques ? Si certaines pressions ont clairement été exercées et si des pays membres avaient d’évidentes difficultés à imaginer le bannissement de certaines nationalités – pour des raisons économiques, stratégiques, voire touristiques – un « engagement fort » a finalement prévalu, a affirmé une source diplomatique à notre confrère Jean-Pierre Stroobants (Le Monde).

« Les Vingt-Sept ont privilégié une prudente approche sanitaire. Ils ont pris en compte la situation épidémiologique dans les pays, l’incidence de nouvelles contaminations, la capacité de tests, les règles de prévention en vigueur, etc. explique-t-il. En retenant la notion de nouvelles infections au cours des quatorze derniers jours, les Européens excluaient de fait le Brésil, la Russie et les Etats-Unis, des pays où cette moyenne est actuellement beaucoup plus élevée que dans les pays de l’UE (16 par 100 000 habitants). »

Un élément génétique à la lisière de la vie et de l’inerte 

 Le principe a été admis à Washington, où le secrétaire d’Etat, Mike Pompeo, déclarait le 25 juin que son pays ne voulait « assurément pas causer des problèmes ailleurs » (sic). Il promettait aussi un travail en commun avec les Européens dans les prochaines semaines, « pour bien faire les choses ». Tout en espérant, ajoutait-il, que leurs décisions seraient bien « fondées sur la santé, sur la science ».

Et la politique ? Comment ne pas se souvenir des discours officiels de février où l’hypothèse de la fermeture des frontières était d’emblée exclue, au nom du danger d’un « repli nationaliste » ; et ce d’autant que cette fermeture était réclamée par le Rassemblement national. D’un côté on avait recours à une bien étrange métaphore humanisant le SARS-CoV-2, cet élément génétique à la lisière de la vie et de l’inerte : « ce virus n’a pas de passeport ». Et les « nationalistes » de répliquer : « ce virus n’a pas de passeport, mais les gens qui porte le virus en ont un ».

Dans sa désormais célèbre « Adresse aux Français » du 12 mars Emmanuel Macron avait malencontreusement lui aussi eu recours à cette métaphore. Tout en restant fort prudent sur le sujet. C’était il y trois mois :

« Ce virus n’a pas de passeport (…) Nous aurons sans doute des mesures à prendre, mais il faut les prendre pour réduire les échanges entre les zones qui sont touchées et celles qui ne le sont pas. Ce ne sont pas forcément les frontières nationales. Il ne faut céder là à aucune facilité, aucune panique. Nous aurons sans doute des mesures de contrôle, des fermetures de frontières à prendre, mais il faudra les prendre quand elles seront pertinentes et il faudra les prendre en Européens, à l’échelle européenne, car c’est à cette échelle-là que nous avons construit nos libertés et nos protections. »

Puis, le lendemain l’Union européenne décidait de fermer ses frontières et celles de l’espace Schengen – en contradiction flagrante avec les règles de l’OMS… Aux épidémiologistes (et à l’OMS), désormais, de devoir répondre à une méchante question : la situation mondiale serait-elle différente si d’emblée, toutes les frontières avaient été fermées ?

A demain @jynau

Impensable mais vrai : des médecin cubains pour pallier la pénurie de spécialistes français

Bonjour

27/06/2020. Savoir se faire désirer. Ainsi donc nous sommes, déjà, dans le monde d’après. Quinze médecins cubains sont arrivés, vendredi 26 juin, en Martinique. Accueillis « avec les honneurs » nous dit Frances-Antilles. Loin de fuir leur  régime socialiste ils venaient aider la France à faire face à l’épidémie de coronavirus et, souligne l’AFP,  « pallier la pénurie de professionnels de santé ». Il s’agit d’une première pour la France. Bien étrange première.

Cette arrivée, ajoute l’AFP,  fait suite à l’adoption, en mars, d’un décret autorisant l’intervention de médecins cubains dans des départements et territoires d’outre-mer (Guyane, Martinique, Guadeloupe, Saint-Martin, Saint-Barthélemy, Saint-Pierre-et-Miquelon) afin de renforcer les équipes locales. Qui se souvient, en mars, avoir entendu parler d’un tel décret ?

Les quinze sont arrivés à l’aéroport du Lamentin, avec un drapeau cubain, par un vol spécial de la compagnie Air Antilles Express. Leur mission, qui durera trois mois, servira à « couvrir certaines spécialités ».  Cette équipe de médecins compte un pneumologue, deux spécialistes en médecine interne, un infectiologue, deux anesthésistes, trois radiologues, deux néphrologues, un hématologue, un urgentiste, un chef de brigade et un directeur administratif. La France est-elle à ce point en manque ?

L’épidémie due au coronavirus est pour l’instant stabilisée dans l’île où l’on compte 240 personnes infectées depuis le début de l’épidémie et 14 morts. Des lors pourquoi ces renforts ? « Cette action de coopération médicale internationale est organisée dans le cadre de la pandémie Covid-19, en réponse à une demande de renforcement de certaines spécialités médicales, au CHUM et à la clinique Saint-Paul », explique la collectivité territoriale de Martinique, dans un communiqué. Cette mission vise aussi  à « faciliter les échanges de pratiques entre les équipes médicales de Martinique et leurs homologues cubains dans le contexte international de la gestion de la Covid-19 », et à « modéliser une coopération médicale plus active au sein de la Caraïbe » (sic).

Les quinze seront confinés pendant une semaine, avant de pouvoir prendre leur poste. Il leur sera ensuite dispensé des cours intensifs de français. La France devient ainsi le troisième Etat européen (après l’Italie et Andorre) à recevoir l’aide directe de professionnels de santé cubains. L’île socialiste a mis en place de longue date l’exportation de services médicaux, qui constitue l’un des moteurs de son économie. Et c’est ainsi que, progressivement, nous quittons le monde d’avant.

A demain @jynau

The Lancet : 216 médecins dénoncent la «torture» dont est victime Julian Assange

Bonjour

26/06/2020. S’indigner ? Jouer les blasés ? Voilà une publication du Lancet qui ne sera pas rétractée. Un document qui pourrait aussi, malheureusement, faire date : « The ongoing torture and medical neglect of Julian Assange ». Les 216 signataires de trente-trois pays plus qu’inquiets de l’état de santé et des conditions de détention de Julian Assange. Selon eux situation dans laquelle se trouve Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks, s’apparente à de la « torture ».

« Il ne s’agit pas d’un travail de recherche ou de diagnostic, précise Le Monde (Martin Untersinger). Ses auteurs n’ont pas examiné directement Julian Assange et l’on n’y apprend rien sur la situation médicale de l’Australien. Il s’agit en fait d’un éditorial de médecins appartenant à un collectif de soutien à M. Assange, toujours incarcéré dans une prison du sud-ouest londonien dans l’attente de la deuxième partie de son procès en extradition, qui doit se tenir en septembre. »

Faut-il rappeler que Julian Assange (informaticien, journaliste et  »cybermilitant ») est au cœur d’une affaire politico-judiciaire d’envergure internationale depuis 2010 – à la suite notamment de révélations accablantes sur la manière dont les Etats-Unis et leurs alliés mènent la guerre en Irak et en Afghanistan – avant d’être accusé d’agressions sexuelles en Suède ?

« Une escalade dans les tactiques de torture psychologique »,

L’état de santé de M. Assange fait désormais régulièrement l’objet d’alertes de la part de ses défenseurs qui espèrent pouvoir user de cet argument pour faire barrage à son extradition vers les Etats-Unis, où il encourt 175 ans de prison pour avoir publié, il y a dix ans, des documents secrets.

Les médecins signataires du Lancet dénoncent en particulier les « violations continues des droits humains et juridiques de M. Assange, aux mains des autorités judiciaires et pénitentiaires au cours de la procédure d’extradition ». « Ils se font là l’écho des reproches déjà formulés à plusieurs reprises par les avocats du fondateur de WikiLeaks, notamment sur son isolement dans la prison de haute sécurité de Belmarsh et la grande difficulté que rencontrent ses avocats pour s’entretenir avec lui et préparer sa défense » souligne Le Monde. Ainsi, rappellent-ils que, pendant la première partie du procès en extradition, en février, « il a été cantonné à un box en vitres pare-balles d’où il lui était impossible de suivre l’audience, on lui a refusé de s’entretenir avec ses avocats. Il a été fouillé à nu, menotté onze fois, déplacé dans onze cellules différentes et certains documents confidentiels de sa défense ont été saisis ».

« L’isolation et une stimulation insuffisante sont des techniques de tortures majeures, capables de déclencher un désespoir important, de la désorientation, de la déstabilisation et la désintégration de fonctions mentales et psychologiques cruciales », écrivent les signataires. Ces derniers dénoncent aussi le refus de la justice britannique d’accorder une libération conditionnelle afin de la protéger de la pandémie de Covid-19, particulièrement virulente en milieu carcéral. « M. Assange court un risque important de contracter le coronavirus et d’y succomber » affirment-ils.

La publication du texte survient deux jours après que la justice américaine a annoncé un renforcement de l’accusation qui le vise. Cette annonce constitue « une escalade dans les tactiques de torture psychologique », a dénoncé l’une des co-autrices de la lettre, Lissa Johnson, dans un communiqué.  Le 21 octobre dernier, l’Australien de 48 ans était apparu désorienté au cours de sa première apparition en public en six mois, bredouillant pendant une audience à Londres et semblant avoir des difficultés à se rappeler sa date de naissance. C’était le 3 juillet 1971 à Townsville. Il y aura bientôt quarante-neuf ans. S’indigner ?

A demain @jynau

En dépit des critiques du Pr Didier Raoult, feu vert européen pour le remdesivir de Gilead

Bonjour

26/06/2020. Remdesivir et Gilead. Ce sont deux des cibles favorites du Pr Didier Raoult qui ne voit là qu’inefficacité et conflits d’intérêts – comme il l’a rappelé devant la Commission d’enquête de l’Assemblé nationale. Pour autant le comité des médicaments à usage humain (CHMP) de l’Agence européenne du médicament (EMA) vient de recommander l’octroi d’une autorisation de mise sur le marché conditionnelle à Veklury (remdesivir) de la firme américaine Gilead pour le traitement du COVID-19 chez les adultes et les adolescents souffrant de pneumonie nécessitant un supplément d’oxygène.

Le remdesivir devient ainsi le premier médicament contre le COVID-19 à être recommandé pour autorisation dans l’UE. « Les données sur le remdesivir ont été évaluées dans un délai exceptionnellement court grâce à une procédure d’examen continu, une approche utilisée par l’EMA lors des urgences de santé publique pour évaluer les données dès qu’elles sont disponibles, précise l’Agence. À partir du 30 avril 2020, le CHMP a commencé à évaluer les données sur la qualité et la fabrication, les données non cliniques, les données cliniques préliminaires et les données de sécurité à l’appui des programmes d’utilisation compassionnelle, bien avant la présentation de la demande d’autorisation de mise sur le marché le 5 juin. »

L’évaluation du dossier est maintenant terminée par la recommandation, qui est principalement basée sur les données de l’étude NIAID-ACTT-11, parrainée par le National Institute of Allergy and Infectious Diseases (NIAID) des États-Unis, ainsi que des données à l’appui d’autres études sur le remdesivir. L’étude NIAID-ACTT-1 a évalué l’efficacité d’une cure prévue de dix jours de remdesivir chez plus de 1000 patients hospitalisés avec COVID-19. Le remdesivir a été comparé au placebo et la principale mesure de l’efficacité était le délai de récupération des patients (défini comme n’étant plus hospitalisé et / ou nécessitant de l’oxygène à domicile ou hospitalisé mais ne nécessitant pas d’oxygène supplémentaire et ne nécessitant plus de soins médicaux continus )

A quel véritable prix sera-t-il commercialisé ?

Un effet qui pourra apparaître bien modeste – par ailleurs contesté par un essai clinique mené en Chine. « Dans l’ensemble, l’étude a montré que les patients traités par le remdesivir se rétablissaient après environ 11 jours, contre 15 jours pour les patients sous placebo, précise l’Agence qui ne fait pas état de la controverse. De plus cet effet n’a pas été observé chez les patients atteints d’une maladie légère à modérée: le délai de récupération était de 5 jours pour le groupe remdesivir et le groupe placebo.  

Pour autant, compte tenu des données disponibles, l’Agence européenne « a considéré que l’équilibre des avantages et des risques s’était révélé positif chez les patients atteints de pneumonie nécessitant un supplément d’oxygène; c’est-à-dire les patients atteints d’une maladie grave ». Le remdesivir est administré par perfusion et son utilisation est limitée aux établissements de santé dans lesquels les patients peuvent être surveillés de près; la fonction hépatique et rénale doit être surveillée avant et pendant le traitement, le cas échéant. Le traitement doit commencer par une perfusion de 200 mg le premier jour, suivie d’une perfusion de 100 mg par jour pendant au moins 4 jours et pas plus de 9 jours.

La Commission européenne, qui a été tenue informée par l’EMA tout au long de l’évaluation, devrait accélérer le processus décisionnel de manière à accorder une autorisation de mise sur le marché conditionnelle dans les prochains jours permettant ainsi, après les Etats-Unis, la commercialisation du produit dans l’UE Deux questions se poseront alors : celle de l’approvisionnement et celle du prix facturé. Deux sujets qui seront sans doute très précisément étudiés, depuis Marseille, par le Pr Didier Raoult.

A demain @jynau

Epidémie : Emmanuel Macron a mis en place sa propre mission d’évaluation de son action

Bonjour

25/06/2020. Plus que surprenante, provocatrice, l’idée avait émergé début juillet. On la croyait, depuis, avoir rejoint les tiroirs en ébène du Palais de l’Elysée. On avait tort. Elle vient de se concrétiser : Emmanuel Macron a installé, jeudi 25 juin, la mission chargée d’évaluer la gestion de la crise du coronavirus par l’exécutif. On peut le dire autrement : l’exécutif installe sa propre mission d’évaluation de son action.

Officiellement cette « mission indépendante nationale sur l’évaluation de la gestion de la crise du Covid-19 et sur l’anticipation des risques pandémiques » doit permettre de « tirer les leçons » de la crise et « d’en sortir renforcé et mieux préparé à l’avenir », selon sa feuille de route. Pour intéressant qu’il soit l’objectif et la méthode font bien peu de cas du législatif et des commissions d’enquête du Parlement.

Cette entreprise sera présidée par le Pr Didier Pittet, infectiologue et épidémiologiste suisse et devra rendre ses conclusions d’ici la fin de l’année. Outre le Pr Pittet : Raoul Briet, ancien président de chambre de la Cour des comptes ; Laurence Boone, chef économiste de l’OCDE ; Anne-Marie Moulin, directrice de recherche émérite au CNRS ; et Pierre Parneix, médecin de santé publique au CHU de Bordeaux,  spécialiste des questions d’hygiène hospitalière.

« Avoir accès à une information transparente, complète et lucide »

« Pour diriger cette mission, le vœu du président était de faire appel à une personnalité scientifique internationale mais francophone », explique-t-on à l’Elysée. Le Pr Pittet, qui œuvre aux hôpitaux universitaires de Genève et à l’Organisation mondiale de la santé (OMS), est notamment connu pour ses travaux sur l’hygiène hospitalière et pour avoir développé l’usage des solutions hydroalcooliques. Il s’agit pour les cinq membres de permettre « à chaque Français d’avoir accès à une information transparente, complète et lucide [sic] qui rappelle les faits, les remette en perspective et élabore des propositions pour renforcer notre système de riposte aux épidémies », souligne la lettre de mission signée par le chef de l’Etat.

Ils devront « comparer la riposte » française « à celle mise en œuvre chez nos voisins ». Ils porteront « une appréciation sur la pertinence, la rapidité, la proportionnalité de la réponse dans la gestion de la crise sanitaire, sociale et économique », alors que l’exécutif fait face aux critiques, notamment sur ses stocks de masques et de médicaments de réanimation.Un premier rapport d’étape, « consacré à l’analyse de la gestion de la crise et à la préparation d’une éventuelle seconde vague », est attendu en octobre.

Puis, « au plus tard pour la fin de l’année », un second rapport doit se pencher sur « l’anticipation du risque pandémique » qui pourrait de nouveau frapper la France. « Le rapport final sera rendu public , a assuré l’Elysée. Il ne s’agit en aucun cas de méconnaître les prérogatives du Parlement (…). Les commissions d’enquête parlementaires seront également riches d’enseignements. » Qui, au lendemain de l’audition du Pr Didier Raoult par les députés, pourrait encore en douter ?

A demain @jynau

Covid-19: plus d’un million de Français vont être systématiquement incités à se faire dépister

Bonjour

25/06/2020. Simple coïncidence ? Malmené hier par le Pr Didier Raoult devant les députés, Olivier Véran, ministre des Solidarités et de la Santé s’exprime aujourd’hui dans Le Monde (propos recueillis par Chloé HecketsweilerFrançois Béguin et Cédric Pietralunga). Pour dire quoi ? Notamment ceci :

« Nous lançons dans certains territoires une campagne de très grande ampleur qui s’adresse à tous les habitants. Près de 1,3 million de personnes vivant dans trente communes d’Ile-de-France vont ainsi recevoir des « bons » de l’Assurance-maladie leur proposant d’aller faire un test virologique dans n’importe quel laboratoire public ou privé, même s’ils n’ont pas de symptômes. L’objectif est d’identifier les éventuels clusters dormants, c’est-à-dire des foyers invisibles de personnes asymptomatiques. Il s’agit également de regarder s’il y a des différences entre les territoires sur la circulation et l’impact du virus. »

Le « profil » des communes retenues ?

« Ce sont des territoires à proximité de clusters identifiés, où l’on constate avec des opérations de « barnum » qu’il y a du réservoir viral, avec des personnes asymptomatiques, qui peuvent transmettre le virus sans le savoir. On est pour l’instant au stade de l’expérimentation pour regarder si cela correspond à un souhait des Français. Cette expérimentation pourra ensuite être étendue à d’autres régions. »

Le Monde fait observer au ministre qu’un ancien directeur général de la santé, William Dab, a assuré devant la commission d’enquête parlementaire qu’on aurait dû avoir un confinement ciblé plutôt que généralisé du pays, qu’il n’y a « aucun doute là-dessus ». Le ministre a-t-il, sur ce sujet, quelques regrets ?

« Non, je ne crois pas plus aux commentaires a posteriori qu’aux prévisions a priori. Je leur accorde à peu près la même valeur, celle de la sincérité d’un expert qui s’exprime sur une situation avec les éléments dont il dispose. »

On n’en saura malheureusement pas plus. Une « deuxième vague » ? S’y préparer. Aucune question sur les accusations du Pr Didier Raoult. Sera-t-il encore ministre après un remaniement que l’on dit imminent ? Ne plus se consacrer qu’à la Santé ? Oublier les Solidarités pour mieux se concentrer ? Laisser la place à son confrère Didier Raoult ? Non, il ne lâchera rien :

« Je suis ministre des Solidarités et j’y tiens. Il faut faire vivre politiquement les politiques de solidarité d’ici à la fin du mandat. Je ménage du temps, de l’énergie, de la motivation pour travailler les politiques de solidarité et faire des propositions ambitieuses pour les affaires sociales de notre pays. Je porte la création d’une cinquième branche de la Sécurité sociale pour la perte d’autonomie.

« Mon défi, c’est d’être capable de faire en même temps le Ségur, de gérer la crise du Covid et d’avoir une attention pour les personnes en perte d’autonomie. Les idées ne manquent pas, les projets ne manquent pas et on sera prêts. La question des plus précaires me préoccupe beaucoup. Je ne me sens pas débordé. La solidarité est très corrélée à la santé et au social. Mais je m’en remets à l’arbitrage du président et du Premier ministre. »

Comment pourrait-il faire autrement ?

A demain @jynau