L'étrange et la transparence : l’affaire Delevoye et celle du petit cimetière d’Estramiac (Gers)

Bonjour

Comprendre l’étrange. Bien des affaires criminelles et politiques se résument à un impératif : faire la transparence. Ainsi en est-il de ce nouveau feuilleton en marge de la crise sociale dite « des retraites » : l’affaire Jean-Paul Delevoye, 71 ans, et la découverte des étrange failles de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique  – une  autorité administrative indépendante créée par la loi relative à la transparence de la vie publique du 11 octobre 2013 en remplacement de la Commission pour la transparence financière de la vie politique.

« La Haute Autorité est chargée de recevoir, contrôler, avec l’administration fiscale, et publier les déclarations de situation patrimoniale et les déclarations d’intérêts de certains responsables publics: membres du gouvernement. Elle peut également être consultée par ces mêmes responsables publics sur des questions de déontologie et de conflit d’intérêts relatifs à l’exercice de leur fonction et émettre des recommandations à la demande du Premier ministre ou de sa propre initiative. »

Quête de la transparence. Changeons de focale avec l’Agence France Presse. Une femme de 90 ans, en grande partie dénudée, a été découverte morte dans le cimetière de la micoscopique commune d’Estramiac (Gers).

C’est un homme venu déposer des fleurs au cimetière qui a donné l’alerte samedi, vers 18 heures. «Elle était allongée sur le dos, sur une pierre tombale, le torse entièrement dénudé, et le pantalon de pyjama au niveau des genoux , a détaillé Charlotte Beluet, procureure de la République. Les causes de sa mort n’ont pas encore été identifiées (…) mais le médecin légiste qui est arrivé sur place le soir-même a pu constater un certain nombre de blessures ante mortem, des fractures costales qui pourraient être post-mortem, et une légère plaie à la tête.»

Une autopsie médico-légale pratiquée ce 16 décembre permettra-t-elle de mieux comprendre ? D’ores et déjà les enquêteurs de la gendarmerie de la brigade de recherche d’Auch, épaulés par ceux de la section de recherche de Toulouse, ont pu identifier la femme, une résidente de la commune de Saint-Clar, à quelque 10 km d’Estramiac. C’est sur la tombe de son défunt mari qu’elle avait été placée. Son fils, qui vivait avec elle, a été interpellé le 15 décembre à son domicile. Il a aussitôt été placé en garde à vue pour «homicide sur ascendant». Pour la procureure cette qualification est «susceptible d’évoluer en fonction des résultats de l’autopsie». Et la procureure d’ajouter : «Selon ses premières déclarations, il affirme avoir trouvé sa mère morte et, ne sachant que faire, l’avoir transporté jusqu’au cimetière ».

Au-delà de l’étrange, bien des affaires criminelles et politiques se résument à un impératif : faire la transparence. Ne serait-ce que pour comprendre.

A demain @jynau

Qui était Moussef A, «déséquilibré ensanglanté» mort après des coups de taser policiers ?

Bonjour

Ne pas toujours désespérer des médias. Nous évoquions le silence autour de la mort d’un homme « déséquilibré» qui « déambulait ensanglanté » dans les rues des Lilas, près de Paris. Un homme âgé de 36 ans est mort dans l’après-midi du 12 décembre 2019 après avoir reçu des coups de taser lors de son interpellation par la police. Et après ? La suite nous est donnée par Le Parisien : Seine-Saint-Denis : l’errance sanglante de Moussef A., le déséquilibré tué aux Lilas (Maxime François avec Nathalie Revenu). Où le diagnostic psychiatrique ne semble plus faire de doute : « bouffée délirante ».

« Tout commence aux alentours de 10 heures, lorsque les riverains de ce quartier calme situé à la limite de Bagnolet repèrent l’homme au physique corpulent et grand — par ailleurs connu des forces de l’ordre pour des antécédents psychiatriques et des délits de droits commun — déambuler pieds nus dans les jardins des pavillons de la rue de Noisy-le-Sec, rapportent nos confrères. Quelques minutes plus tard, l’homme, ‘’tout en restant muet’’, pénètre dans le domicile d’Alain P, un homme âgé de 72, ans, le rouant de coup, ainsi que sa fille, avant que le père de famille ne parvienne à le mettre en fuite. »

« Il était très agité, victime d’une bouffée délirante extrêmement puissante, a déclaré cet homme au Parisien. Avait-il pris du crack ? Était-il malade ? Je ne sais pas… Il a tenté de défoncer à coups de pied le toit d’un petit cabanon. On lui a demandé : mais monsieur, que faites-vous ? Là, il s’est rué sur moi, est entré dans le couloir, m’a frappé à poings fermés. Je me suis défendu. Ces secondes m’ont semblé éternelles. »

Puis Moussef se précipite ensuite à l’étage, empoigne sa fille. Alain P. se précipite pour le ceinturer. L’agresseur lui fait dévaler les escaliers la tête la première. « J’aurais pu y rester. Je me suis dit qu’il ne fallait pas qu’il me mette hors d’usage, il y avait ma femme et ma fille […] Je me suis battu. C’était de l’ordre de l’instinct de survie, dit-il. Heureusement que je n’ai pas d’arme chez moi… ». Le Parisien :

« La séquence dure « une à deux minutes ». Une fois mis à la porte, Moussef A. se réfugie dans un buisson, devant la maison. Recroquevillé, il trouve des briques, qu’ils commencent à se fracasser sur la tête de toutes ses forces. « On aurait dit un oiseau affolé dans une maison qui n’arrive pas à trouver la sortie alors que la fenêtre est grande ouverte », assure d’une voix triste Alain P. « On a plutôt le sentiment qu’il cherchait à se suicider qu’à tuer quelqu’un. C’était comme un suicide offensif », analyse un policier. »

Puis la « folle course » se poursuit dans la rue. « Il se frappait le visage de toutes ses forces », « s’éclatait violemment la tête contre des portails », relatent des riverains, encore « secoués » par ces images. « Il a aussi cassé la vitre d’une porte cochère pour récupérer le verre et tenter de frapper hommes ou femmes qu’il croisait sur son chemin, raconte une voisine. Ça a duré une demi-heure. Des passants hurlaient. ». Le Parisien :

« Dans sa fuite, l’homme, le corps ensanglanté, trouve refuge dans une boulangerie où les forces de l’ordre le confinent durant près d’une heure. « Il perdait beaucoup de sang, témoigne le patron du commerce. On s’est enfui, lui est resté seul, menaçant les policiers, qui restaient à la porte, avec un couteau très tranchant de 40 cm qu’il a trouvé sur place. La boutique était inondée de gaz lacrymogène. Il suffoquait à l’intérieur. » Selon un autre témoin, « il leur jetait des palettes, en plus du couteau, il avait un pschitt à vitres, et au lieu d’utiliser la lame, il leur pulvérisait du liquide. Il n’avait pas conscience de ce qu’il faisait » Pour le maîtriser, les policiers, dont l’un se fait mordre dans le feu de l’action, font alors usage, à deux reprises, de leur pistolet à impulsion électrique. »

Encore « sous le choc », des commerçants, « extrêmement peinés par cette histoire », assurent qu’il a crié « Allahou akbar » quand les agents sont arrivés mais qu’il était juste en plein délire ». « L’homme n’était d’ailleurs pas connu pour radicalisation ni fiché », ajoute un policier. « Bouffée délirante » avec antécédents psychiatriques. C’est ainsi que la presse nous apprend comment un homme délirant a pu mourir aux Lilas, dans l’après-midi du 12 décembre 2019, après avoir reçu des coups de taser policiers.

A demain @jynau

Messieurs, tout ce qu’il vous faut savoir avant le médicament contre la chute de vos cheveux

Bonjour

Que ferions-nous sans notre Agence du médicament ? L’ANSM publie aujourd’hui une fiche d’information « à destination des hommes qui prennent actuellement du Propecia® et génériques (finastéride) pour traiter la chute de leurs cheveux ou pour lesquels la prescription est envisagée ». Où l’on voit que la transparence progresse :

« Elaborée en concertation avec les associations de patients et les professionnels de santé concernés, cette fiche vise à renforcer l’information des patients sur le risque de survenue de certains effets indésirables, tels que des troubles psychiatriques et/ou de la fonction sexuelle associés à la prise de finastéride ». Cette fiche rappelle :

  • les bénéfices escomptés au regard des risques associés à la prise de ce médicament indiqué dans certaines formes peu évoluées de calvitie (alopécie androgénétique) chez l’homme âgé de 18 à 41 ans ;
  • l’intérêt de s’accorder un délai de réflexion avant de commencer ce traitement de longue durée ;
  • la conduite à tenir en cas d’effets indésirables (diminution de la libido, troubles de l’érection, problème d’éjaculation tel qu’une diminution du volume de l’éjaculat, dépression) ;
  • et notamment l’arrêt du traitement en cas de modification de l’humeur.

Destinée à être remise par le médecin lors de la consultation et par le pharmacien au moment de la délivrance, cette fiche est un outil de dialogue entre le patient et ses professionnels de santé. Elle est également téléchargeable sur le site de l’ANSM.

L’ANSM poursuit par ailleurs ses investigations dans le double objectif d’améliorer les connaissances sur les effets indésirables du finastéride et de renforcer la sécurité d’utilisation de ce médicament. L’utilisation du finastéride 1 mg fait actuellement l’objet d’une surveillance étroite tant au niveau européen que national. Il importe que les informations relatives à sa sécurité soient largement partagées.

Avant d’en arriver à son retrait ?

A demain @jynau

«Voyage aux confins de l’esprit» : le LSD, la conscience, les addictions et la dépression.

Bonjour

Conseil de lecture (exempt de tout conflit d’intérêts) pour esprits curieux n’ayant pas froid aux yeux.

Titre : « Voyage aux confins de l’esprit. Ce que le LSD et la psilocybine nous apprennent sur nous-mêmes, la conscience, la mort, les addictions et la dépression ».

Auteur : Michael Pollan

Préface du Dr Bertrand Lebeau-Leibovici et de Vincent Verroust

Traduction de Leslie Talaga et Caroline Lee

Louanges : « Après avoir lu les premières pages vous ne pourrez plus vous arrêter ! » (The New York Times). « Convaincant et palpitant » (The Guardian).

Editions : Quanto. WWW.editionsquanto.com 440 pages 24,50 euros

Présentation de l’éditeur : « Le LSD et les champignons magiques, des reliques des années hippies? Détrompez-vous. Ces substances psychédéliques font aujourd’hui leur grand retour en recherche clinique et les perspectives qu’elles ouvrent sont extraordinaires. Elles révèlent les mécanismes de notre conscience grâce auxquels nous donnons du sens à notre vie et appréhendons les autres et le monde. Elles permettent le traitement de la dépression, des addictions (tabac, alcool) ou de notre anxiété à l’approche de la mort, dans des temps très courts et avec un taux de réussite remarquable.

« Afin de comprendre la réalité de cette révolution en cours, ce qu’elle peut nous apprendre sur nous-mêmes et la nature des expériences dont il est question, le journaliste et écrivain Michael Pollan a mené l’enquête, à la première personne. Au fil de ses rencontres avec des patients, des chamans modernes, des guides spirituels et la nouvelle génération de scientifiques qui cartographient notre cerveau, nous le suivons dans des lieux où il ne s’était jamais aventuré, parfois même jusqu’au plus profond de lui-même. Voyage aux confins de l’esprit est un succès mondial traduit en seize langues. Il est le témoignage fascinant de ce que nous sommes et de ce à quoi pourrait ressembler l’avenir de la conscience ».

Nous y reviendrons sous peu.

A demain @jynau

Agressions sexuelles, attouchements d’enfants : sursis pour le pédopsychiatre expert judiciaire

Bonjour

Selon que vous serez expert judiciaire ou que vous ne le serez pas ? Il y a quelques jours un pédpsychiatre âgé de 71 ans comparaissait devant le tribunal correctionnel de Poitiers pour cinq agressions sexuelles – accusé de s’être livré à des attouchements notamment sur des enfants et adolescents. L’AFP nous apprenait alors que le parquet avait  requis cinq ans de prison pour «des actes décalés, inutiles à la pathologie des patients» à l’encontre de l’expert en pédopsychiatrie, Philippe Jouin.

Ce spécialiste de l’enfance avait effectué toute sa carrière au centre hospitalier de La Roche-sur-Yon (Vendée), s’était dit étonné qu’on puisse lui reprocher ces agressions sexuelles «par personne abusant de l’autorité que lui confère sa fonction», entre septembre 2010 et janvier 2014.

La justice avait dépaysé le dossier à Poitiers : le médecin (qui a réalisé près de 10.000 expertises pour les institutions judiciaires vendéennes pendant plus de trente ans) ne pouvait raisonnablement être jugé en Vendée. Des membres de son équipe avaient transmis en janvier 2014 à la direction de l’hôpital les curieux examens du Dr Jouin, radié par la suite en 2015 par son conseil de l’Ordre. Une enquête administrative avait par la suite fait état d’examens injustifiés, touchers rectaux ou vaginaux, sur des enfants et adolescents, filles et garçons vulnérables hospitalisés en psychiatrie dans l’unité psychiatrie infanto-juvénile dirigée par le Dr Jouin.

« Viols de mineur par personne ayant autorité »

« Ainsi, une jeune fille avait subi une pénétration digitale pour vérifier qu’il ‘’ne s’agissait pas de vaginisme’’, rapporte l’AFP. ‘’En aucun cas, ça ne fait partie de votre mission!’’, s’est indigné la présidente du tribunal correctionnel. ‘’Je suis assez méticuleux, je ne dis pas que j’ai bien fait mais il n’y avait pas d’autres moyens pour établir un diagnostic’’, s’est-il défendu. Une femme de 61 ans qui se plaignait de douleurs lombaires avait dû subir, lors d’une expertise, un examen vaginal poussé et prolongé du psychiatre. »

L’AFP ajoute que selon un collège d’experts, aucun doute n’était permis : le pédopsychiatre est largement sorti de sa sphère de compétence, osant pratiquer des examens intrusifs, injustifiés médicalement et qui plus est sur des patients souvent jeunes et vulnérables- des pratiques totalement étrangères aux missions d’expertises confiées par la justice. Le Dr Jouin, lui, a justifié les faits par des nécessités médicales ou des demandes émanant de ses patients.  Les faits de « viols de mineur par personne ayant autorité » reprochés au début des investigations, avaient été (pourquoi ?) requalifiés en « agression sexuelle ».

Etrange entre-soi médico-judiciaire. Le 21 novembre le pédopsychiatre a été condamné par le tribunal correctionnel de Poitiers à deux ans de prison avec sursis. Il devra verser 10.000 euros d’amende et plus de 15.000 euros aux parties civiles. Et devra aussi être inscrit au ficher des auteurs d’infractions sexuelles.

A demain @jynau 

Après « Les Possédées » de Loudun, les étranges liasses de billets d’un village anglais

Bonjour

Dans la préface à ses « Possédées de Loudun » Michel de Certeau (1925-1986), prêtre jésuite, philosophe, théologien et historien a ces mots :

 « D’habitude l’étrange circule discrètement sous nos rues. Mais il suffit d’une crise pour que, de toutes parts, comme enflé par la crue, il remonte du sous-sol, soulève les couvercles qui fermaient les égouts et envahisse les caves, puis les villes. Que le nocturne débouche brutalement au grand jour, le fait surprend chaque fois ? Il révèle pourtant une existence d’en dessous, une résistance interne jamais réduite. Cette force à l’affût s’insinue dans les tensions de la société qu’elle menace. » 

L’un des apports principaux des travaux de Michel de Certeau se situe au niveau des pratiques culturelles qu’il relève dans la société contemporaine. Aux antipodes de Michel Foucault il récuse la thèse selon laquelle les individus sont des êtres passifs et dépossédés – les masses ne sont pas un tout homogène. Il existe en leur sein des fonctions créatives, cachée dans un ensemble de pratiques quotidiennes – aux antipodes de ceux qui sont au pouvoir ou aspirant à y accéder. D’où, parfois, l’émergence de l’étrange – dont le pouvoir devrait se méfier mais face auquel il est radicalement démuni.

Croire en l’existence d’un «bon Samaritain»

Où l’on en vient à mystérieuse apparition de liasses de billets de banque dans les rues d’un ancien village minier du nord-est de l’Angleterre – phénomène qui plonge les habitants et la police dans la perplexité. Le mystère nous est rapporté par l’AFP.  A treize reprises depuis 2014, les habitants ont trouvé dans le village de Blackhall Colliery, souvent sur le trottoir, des liasses de billets de 20£ (23 euros) totalisant pour la plupart 2000£ chacune.

 «Ces liasses ont chaque fois été laissées à la vue de tous, par exemple sur le trottoir, et retrouvées par des habitants qui les ont remises» à la police, a expliqué l’enquêteur John Forster, de la police de Durham, en rendant hommage au sens civique des villageois. La trouvaille la plus récente, lundi dernier, était déjà la 4ème de l’année, a-t-il précisé dans un communiqué, évoquant l’existence d’un «bon Samaritain» (sic). 

Des villageois interrogés par le quotidien The Guardian spéculent quant à eux sur l’existence d’un «millionnaire caché» ou encore d’un «Père Noël de Blackhall». «C’est peut-être quelqu’un qui essaie d’aider -un lutin du Père Noël, j’espère que c’est ça», a déclaré un habitant.  Comme de nombreux villages miniers, Blackhall Colliery a traversé une passe difficile après la fermeture des mines dans les années 1980.

Le village est aussi connu au Royaume-Uni comme lieu de tournage, sur sa plage, d’une scène du film Get Carter, avec Michael Caine, l’histoire d’un gangster peu scrupuleux qui collecte les dettes non payées des prêteurs sur gages de Las Vegas.

« D’habitude l’étrange circule discrètement sous nos rues….. »

A demain @jynau

Mais pourquoi diable les soignants sont-ils à ce point désespérés quant à l’avenir de leur métier ?

Bonjour

Perte de sens. Tout est sombre. « J’aime mon métier mais je ne conseillerais pas à mes enfants de l’exercer ». On commence à entendre l’antienne. La voici à nouveau confirmée par d’inquiétantes données chiffrées 1 : deux médecins sur trois ne recommanderaient pas à un proche de devenir soignant. Idem pour cinq infirmiers sur dix des infirmiers et presque autant pour les aides-soignants font le même constat. « Ces résultats sont en parfaite osmose avec le sentiment des carabins sur l’avenir de la médecine, ajoute Le Quotidien du Médecin. Une enquête dévoilée la semaine dernière par l’Association nationale des étudiants en médecine de France (ANEMF) montre que 46,5 % des carabins partagent cette opinion.

Sur le panel de médecins pessimistes, l’immense majorité redoute les conséquences de la réduction du personnel et de la stagnation voire de la baisse des budgets  sur leur métier au quotidien. Plus de neuf médecins sur dix estiment que la relation patient-praticien n’évoluera pas dans le bon sens pensent que le patient verra de plus en plus le soignant comme un « prestataire de santé ». Pour les rares optimistes la relation patient-praticien évoluera positivment et ce notamment grâce à l’expertise du patient sur sa pathologie. Résumé :

« L’étude  dresse, une fois de plus, le portrait d’un système de santé en déclin. Les répondants déclarent à 66,8% être en souffrance physique et/ou morale alors qu’ils étaient 58% en 2018. Les résultats mettent en exergue le peu d’espoir que les soignants ont en une amélioration de leurs conditions de travail : 86,6% des soignants se déclarent pessimistes quant à l’avenir quand seuls 13,4% d’entre eux se déclarent optimistes.

« ‘’Un burn-out à 28 ans, après 5 ans d’exercice … donnez-nous les moyens de rester humains !’’ – G., infirmer, Eure-et-Loir.  66,8% des soignants interrogés déclarent être en souffrance physique et / ou morale. C’est une augmentation importante au regard de l’année 2018 où 58% des soignants déclaraient ressentir un épuisement moral et physique.

« En avril 2018, une étude de l’Ordre national des Infirmiers montrait que près de 10 % des infirmiers avaient très souvent ou quelques fois des idées suicidaires et qu’ils étaient près de 60 % à craquer très souvent ou quelques fois en raison de leur travail. Le baromètre 360 medics corrobore cette étude puisque 79,9% des aides-soignants et 69,1% des infirmiers déclarent aujourd’hui être en souffrance physique et/ou morale. Ce résultat édifiant traduit une réalité du monde médical : les soignants sont massivement exposés aux risques psychosociaux, et le nombre de suicides de soignants ne cesse d’augmenter. Une enquête de l’association Soins aux Professionnels de Santé (SPS) révélait, en 2017, que sur la moitié des 700 professionnels de santé interrogés (médecins, pharmaciens, infirmiers, aides-soignants, salariés comme libéraux), plus de 40% d’entre eux disent connaître un confrère qui a fait une tentative de suicide. »

Voilà les derniers chiffres. Il reste à aller au-delà du constat. Qui s’y attaquera ?

A demain @jynau

1 « Enquête sur le moral des soignants 2019 » de « 360 medics ». Elle a été réalisée sur la base d’un questionnaire autoadministré sur le web auprès de la communauté d’étudiants en santé et de professionnels de santé́ en exercice du 18 septembre au 11 octobre 2019. 6 956 répondants ont été pris en compte. L’analyse statistique et la pondération par type d’exercice professionnel ont été réalisés par AplusA à partir des données fournies par la DRESS. Parmi les répondants, 47,7% d’infirmiers, 17,6% de médecins, et 15% d’aide soignants, 19,7% issus d’autres professions de santé. 59,4% exercent en structure publique, 23,2% en structure privée et 17,4% exercent en libéral. 55,3% ont entre 25 et 45 ans, 24,5% d’entre eux ont moins de 25 ans et 20,2% d’entre eux ont plus de 45 ans.

« 360 medics » se présente ainsi : c’est une startup lyonnaise lancée en 2014 ayant développé une application et une interface web qui réunissent toutes les ressources et tous les outils utiles à la pratique quotidienne des soignants. « 360 medics est aujourd’hui la seule application à œuvrer pour l’amélioration de la qualité des soins en mettant à disposition des soignants des informations médicales fiables, pertinentes et actualisées en temps réel ». Fondée par Grégoire Pigné (CEO), Clotilde Petit (COO) et Romain Bruckert (CTO), la startup a levé 1 million d’euros auprès de Kreaxi, Crédit Agricole Création et plusieurs « business angels » en 2017. L’application fédère à ce jour plus de 200 000 soignants parmi lesquels 80 000 médecins en France.

« AplusA » se présente ainsi : l’un des principaux acteurs à l’international – et le leader français – des études de marché Santé, intervenant dans plus de 75 pays. Depuis 1990, les équipes d’AplusA (riches de plus de 140 collaborateurs permanents uniquement dédiés aux marchés de la Santé) ont géré des études sur pratiquement l’ensemble des problématiques des industries de santé et développent constamment de nouvelles solutions et outils pour répondre à l’évolution des besoins de ses clients : industrie pharmaceutique, biotech, dispositifs médicaux, santé grand public, assurances, institutions telles que la CNAM…