Infirmière poignardée : le ministre Olivier Véran aura-t-il le courage de lui rendre hommage ?

Bonjour

Le 13 février une infirmière, âgée de 30 ans, était mortellement poignardée à l’arme blanche par un patient d’une unité psychiatrique à Thouars, dans les Deux-Sèvres. L’infirmière, mère de deux enfants, a été agressée par un patient, âgé de 20 ans, qui cherchait à quitter cette unité psychiatrique du Centre hospitalier Nord Deux-Sèvres. Il lui a porté un coup de couteau au thorax, manquant de blesser également une autre infirmière. Héliportée au CHU de Poitiers, la jeune femme est morte dans l’après-middi.

Ce drame a rapidement suscité une vive émotion dans la communauté nationale des soignants en psychiatrie. D’emblée  Le Monde renvoyait à « La psychiatrie ‘’au bord de l’implosion’’ en France » (18 septembre 2019). Puis vint un texte remarquable du « Printemps de la psychiatrie ». 

« (…) Il est inacceptable qu’une professionnelle de santé meurt dans l’exercice de ses fonctions. Il est inacceptable qu’une personne hospitalisée pour des soins recourt à un tel acte de violence. Il est également inacceptable que toute cette horreur se produisent dans le climat de destruction de l’hôpital public et de la psychiatrie publique en particulier (…)

« Ce que nous savons, de manière générale, c’est que depuis 2008 l’augmentation des moyens en psychiatrie finance exclusivement du sécuritaire (chambres d’isolement, caméras de surveillance, renforcement de la hauteur des murs…). Aucun investissement dans des moyens humains n’a été fait sauf à créer des unités pour malades difficiles et des unités d’hospitalisation spécialement aménagées (UHSA) pour les détenus.

«  Douze ans plus tard, après des mois de lutte, les soignants sont toujours dans la rue pour dénoncer la honte quotidienne dans l’exercice de leur travail, l’indignité des conditions d’accueil et de soins des patients, les tensions régnantes à l’hôpital tant avec l’administration, entre collègues, avec les usagers etc.

«  Depuis plus d’une dizaine d’années, les rapports du contrôleur général des lieux de privation de liberté indiquent la déshumanisation globale qui règne dans la psychiatrie publique, le sous-effectif, le manque de formation, les maltraitances ordinaires… Quand allons-nous arrêter ces politiques criminelles qui sont un terrain propice à ce que le pire surgisse ? »

Partager la peine de la famille endeuillée

Nous sommes le 19 février et l’on parle à nouveau de la mort de l’infirmière poignardée. C’était à l’Assemblée nationale lors des questions au gouvernement. Caroline Fiat, 43 ans, est une députée « insoumise » élue de Meurthe-et-Moselle. Elle est aussi la première aide-soignante à siéger dans l’Hémicycle. Caroline Fiat a ; hier, voulu rendre hommage à l’infirmière poignardée en réclamant une minute de silence, démarche à laquelle s’est opposé le président Richard Ferrand (LREM).

 «Nous avons passé le week-end à n’entendre parler, bien malgré nous, que de l’élection municipale à Paris, occultant toute l’actualité, notamment le 14 février où le personnel hospitalier s’est mobilisé pour clamer son amour à l’hôpital public, a-t-elle expliqué. Pire encore, a été passé sous silence le meurtre d’une jeune collègue (…) poignardée à mort par un patient. »

On attendait, ici, un consensus, une preuve, fût-elle fugace, de cette humanité qui avait tant manqué aux députés marcheurs lors de l’affaire du congé parental après le deuil d’un enfant. C’était oublier le macronien Richard Ferrand, ancien socialiste devenu président de l’Assemblée nationale.

Caroline Fiat : « Alors que je propose de rendre hommage à une professionnelle de santé assassinée en observant une minute de silence à sa mémoire, le Président de l’Assemblée nationale me retire la parole ! Ce refus n’honore pas notre Assemblée. #DirectAN #psychiatrie #QAG Or dès qu’un fonctionnaire d’Etat décède dans l’exercice de ses fonctions, il est d’usage de lui rendre hommage par une minute de silence dans cet Hémicycle.»

 Richard Ferrand :  «Mme Fiat, nous sommes tous sensibles à l’émotion provoquée par le drame que vous venez d’évoquer, mais ainsi que je l’ai indiqué au président de votre groupe, l’usage limite la pratique des minutes de silence à des cas exceptionnels et solennels, et il ne peut y avoir dans cet hémicycle de minutes de silence à l’initiative d’un député ou d’un groupe» 

«Permettez-moi aussi de vous dire que sur tous les bancs siègent des professionnels de santé et que chacun ici partage la peine de la famille endeuillée», a-t-il poursuivi, avant de retirer parole à Caroline Fiat. La députée insoumise était debout, les larmes aux yeux.

Agnès Buzyn n’est plus ici pour donner son point de vue, elle qui, un instant, parla de redonner un souffle à la psychiatrie française. Aujourd’hui elle entend conquérir Paris, fait la une du Parisien (« Je n’ai peur de rien !») 1. A sa place, sur le banc du gouvernement, l’hyperactif Dr Olivier Véran. Aura-t-il le temps de partager la peine de la famille endeuillée, de rendre hommage à l’infirmière poignardée ?

A demain @jynau

1 Interrogée sur le fait qu’elle a quitté le ministère « en larmes », Agnès Buzyn répond :

« J’ai dû prendre ma décision d’être candidate en 24 heures. C’est normal d’avoir de l’émotion quand on quitte des gens qu’on aime. Partir d’un ministère dans lequel on a été pleinement engagée, qui correspond à ce que je suis en tant que femme, en tant qu’ ancien médecin, cela m’a obligée à évoluer en un temps très court. Ça n’enlève rien à mon envie d’exercer le mandat de maire. C’est le plus beau mandat. »

Suite à la mort de l'infirmière poignardée, le cri du «Printemps de la psychiatrie»

Bonjour

14 février 2020. Depuis l’aube les médias généralistes bruissent à l’unisson des ravages politiques induits par des « vidéos-intimes-à-caractère-sexuel-postées-sur-les réseaux-sociaux » 1. On trouve néanmoins quelques échos de la mort, le 13 février,  d’une infirmière, âgée de 30 ans mortellement poignardée à l’arme blanche par un patient d’une unité psychiatrique à Thouars, dans les Deux-Sèvres. Cette infirmière, mère de deux enfants, a été agressée par un patient, âgé de 20 ans, qui cherchait à quitter cette unité psychiatrique du Centre hospitalier Nord Deux-Sèvres. Il lui a porté un coup de couteau au thorax, manquant de blesser également une autre infirmière. Héliportée au CHU de Poitiers, la jeune femme est morte peu après.

Il y a quelques heures Le Monde renvoyait à « La psychiatrie ‘’au bord de l’implosion’’ en France » (18 septembre 2019). Il faut aussi, désormais, compter avec un texte du « Printemps de la psychiatrie » 2. Un exercice difficile puisque ses auteurs reconnaissent ne pas avoit les détails de l’enchaînement des faits, sur l’effectif du service, sur les conditions d’hospitalisation, sur l’état clinique de ce patient, sur l’état de saturation du service de l’hôpital … ce qui « les invite à la prudence ».

Pour autant ce texte (nous soulignons):

« Cette situation est inacceptable. Il est inacceptable qu’une professionnelle de santé meurt dans l’exercice de ses fonctions. Il est inacceptable qu’une personne hospitalisée pour des soins recourt à un tel acte de violence. Il est également inacceptable que toute cette horreur se produisent dans le climat de destruction de l’hôpital public et de la psychiatrie publique en particulier (…)

« Ce que nous savons, de manière générale, c’est que depuis 2008 l’augmentation des moyens en psychiatrie finance exclusivement du sécuritaire (chambres d’isolement, caméras de surveillance, renforcement de la hauteur des murs…). Aucun investissement dans des moyens humains n’a été fait sauf à créer des unités pour malades difficiles et des unités d’hospitalisation spécialement aménagées (UHSA) pour les détenus.

«  Douze ans plus tard, après des mois de lutte, les soignants sont toujours dans la rue pour dénoncer la honte quotidienne dans l’exercice de leur travail, l’indignité des conditions d’accueil et de soins des patients, les tensions régnantes à l’hôpital tant avec l’administration, entre collègues, avec les usagers etc.

«  Depuis plus d’une dizaine d’années, les rapports du contrôleur général des lieux de privation de liberté indiquent la déshumanisation globale qui règne dans la psychiatrie publique, le sous-effectif, le manque de formation, les maltraitances ordinaires…

« Quand allons-nous arrêter ces politiques criminelles qui sont un terrain propice à ce que le pire surgisse ? Politiques de santé qui non seulement n’arrangent rien mais aggravent encore plus la situation et sa brutalité. »

Sanctuaire couvert par la dissuasion nucléaire

S’ils ne savent rien des causes précises du drame deThouars, il connaissent bien, en revanche,  « la catastrophe qui sévit dans l’hôpital public dans son ensemble et dans les secteurs de psychiatrie en particulier ».  « Nous vivons au quotidien des drames : des personnes qui se suicident, des professionnels en burn-out, des usagers attachés et enfermés quand ils ne sont pas mis à la rue faute de structures ambulatoires, des familles qui ne sont pas entendues ni écoutées… »

Ils observent encore, depuis leur spécialité, que « la violence de la société s’infiltre dans tous les espaces de la société » et que « le monde du soin n’y échappe pas ».

Pour que des drames de la sorte ne puissent pas se répéter facilement, il faudrait, selon eux, « pouvoir prendre le temps de soigner, prendre le temps d’écouter et d’apaiser, avoir le temps de se soigner, créer un climat de confiance entre toutes les personnes présentes dans les lieux de soins… ». Il faudrait, au minimum, « sanctuariser les secteurs du lien humain et d’arrêter d’appliquer des logiques comptables, gestionnaires et déshumanisants qui renforcent toujours plus le terreau favorable au pire ».

Comment traduit-on, dans la novlangue managériale de l’hôpital décrite par le Pr Stéphane Velut 3 , le terme « sanctuariser » (Donner à un territoire le caractère d’un sanctuaire couvert par la dissuasion nucléaire) ?

A demain @jynau

1 Une affaire sordide autant que tristement éclairante quant au poids des « réseaux sociaux » dans le champ politique – une affaire dans laquelle réapparaît l’omniprésent et toujours inquiétant Dr Laurent Alexandre.

2 Voir ici le texte et les signataires du  manifeste « Pour un renouveau des soins psychiques »

3 Velut S,  L’hôpital une nouvelle industrie. Le langage comme symptôme  Editions Gallimard. Collection Tracts. 3,90 euros

Une infirmière, 30 ans, a été mortellement poignardée par un patient âgé de 20 ans (AFP).

Bonjour

14 février 2020, quelques lignes de l’AFP. Hier une infirmière, âgée de 30 ans, a été mortellement poignardée à l’arme blanche par un patient d’une unité psychiatrique à Thouars, dans les Deux-Sèvres. L’infirmière, mère de deux enfants, a été agressée par un patient, âgé de 20 ans, qui cherchait à quitter cette unité psychiatrique du Centre hospitalier Nord Deux-Sèvres. Il lui aurait porté un coup de couteau au thorax, manquant de blesser également une autre infirmière. Héliportée au CHU de Poitiers, la jeune femme est morte dans l’après-midi.

L’agresseur présumé, âgé de 20 ans, interné depuis une quinzaine de jours, a été interpellé et placé en garde à vue, après avoir été vu par un psychiatre. « Une enquête de flagrance a été ouverte pour meurtre et tentative de meurtre sur des personnes chargées d’une mission de service public », a annoncé le parquet. L’enquête a été confiée à la police judiciaire de Poitiers. « Une des priorités de l’enquête est de savoir comment le suspect s’est procuré une arme blanche », a précisé Natacha Rateau, procureure de la République à Niort.

« Ce genre de tentative de fuite arrive régulièrement, mais il était impossible de prévoir que ce patient serait armé d’un couteau », a observé un des collègues de la victime. « Cela met en lumière le manque de moyens de l’hôpital en général et de la psychiatrie en particulier », a-t-il dénoncé. Le Monde renvoie ici à « La psychiatrie ‘’au bord de l’implosion’’ en France » (18 septembre 2019).

14 février 2020. Nouvelle journée nationale des colères hospitalières. Agnès Buzyn est à nouveau l’invitée de France Inter. Epidémie de coronavirus ; pataquès de la réforme des retraites ; abandon définitif de sa candidature à la mairie de Paris sur la liste de Benjamin Griveaux (dont on apprend pendant l’émission que ce dernier abandonne le combat)… La ministre des Solidarités est interrogée sur la profonde crise de l’hôpital public français.

Elle reprend une nouvelle fois la liste des mesures prises et qui n’ont toujours rien résolu. Elle s’attachera, désormais, à voir la situation dans chaque hôpital français , avec des problèmes différents pour chacun, problèmes de charges, de locaux vétustes, ou de recrutement. Le temps presse. Cet après-midi la ministre sera à Carry-le-Rouet (Bouches-du-Rhône) pour saluer la fin de la mise en quarantaine des premiers rapatriés de Chine suspectés d’être infectés par le Covid-19. C’était, ici, une fausse alerte.

A demain @jynau

Stress post-traumatique: nouvelles lumières cérébrales sur les «résurgences intempestives»

Bonjour

Voici, plus de cinq ans après les « attentats de Paris et Saint-Denis », une publication de Science . Un travail dirigé par Francis Eustache et Pierre Gagnepain (université de Caen/Normandie, CHU de Caen, GIP Cyceron, Neuropsychologie et Imagerie de la Mémoire Humaine). Une recherche dont les fruits ne seront pas simples à vulgariser par les médias généralistes – en dépit du travail effectué par le service de presse de l’Inserm.

Ce dernier nous rappelle que les attentats du 13 novembre 2015 « ont laissé des marques durables, non seulement sur les survivants et leurs proches, mais aussi sur la société française dans son ensemble ».  Fut alors mis en place le « Projet 13-Novembre » : un programme de recherche transdisciplinaire porté par HESAM Université, le CNRS et l’Inserm. Co-direction assurée par le neuropsychologue Francis Eustache et l’historien Denis Peschanski, directeur de recherche au CNRS.

Objectif : étudier la construction et l’évolution de la mémoire après les attentats du 13 novembre 2015, et en particulier l’articulation entre mémoire individuelle et mémoire collective de ces événements traumatiques – et plus généralement mieux comprendre les facteurs protégeant les individus du stress post-traumatique.

Dans ce cadre, une étude d’imagerie cérébrale intitulée « Remember » s’intéresse aux réseaux cérébraux impliqués dans le Trouble de stress post-traumatique. Ce sot ces travaux qui donnent lieu aujourd’hui à une publication dans la revue Science, le 14 février 2020. Les auteurs se sont penchés sur le phénomène de la résurgence intempestive des images et pensées intrusives chez les patients atteints de stress post-traumatique. Cette résurgence est généralement attribuée à une « défaillance de la mémoire ». Selon les chercheurs français elle serait également liée à un « dysfonctionnement des réseaux cérébraux qui la contrôlent ».

Eclairer en amont, se rapprocher au plus près de la réalité cellulaire sinon moléculaire. De manière, en suivant cette piste à mieux comprendre le substrat de certaines souffrances. Et espérer identifier ainsi de nouvelles pistes de traitement. Plus de cinq ans après l’horreur du 13 novembre.

A demain @jynau

1 Mary A, Dayan J, Leonne G et al, Resilience after trauma: the role of memory suppression, Science, 14 février 2020

Covid-19 et suicide. Que se passerait-il si le virus pénétrait dans le sous-continent indien ?

Bonjour

Persuadé à tort d’être infecté par le nouveau coronavirus, un Indien s’est donné la mort, ont indiqué jeudi 13 février à l’AFP les autorités locales. Père de trois enfants, âgé de 50 ans, il s’était rendu dans un hôpital local du sud de l’Inde pour réaliser des tests sanguins après avoir regardé des vidéos sur le Covid-19. «Tous ses examens étaient normaux, à l’exception d’une infection urinaire pour lequel un traitement lui a été recommandé», a déclaré à l’AFP M. Penchalaiah, un responsable de santé du district de Chittoor dans l’État d’Andhra Pradesh. Mais il a paniqué et a déchiré les rapports de résultats. Il s’est ensuite suicidé. » Rien ne nous est dit quant à d’éventuels antécédents psychiatriques.

La presse locale a rapporté que l’intéressé interdisait à sa famille de l’approcher. « Il nous a dit, ainsi qu’à nos proches, qu’il craignait que le virus mortel ne nous contamine si nous venions près de lui , a raconté son fils au quotidien Times of India. Lorsque quiconque essayait (de l’approcher), il nous jetait des pierres.». Des articles et vidéos erronés sur le coronavirus circulent abondamment sur les réseaux sociaux en Inde. Certains affirment notamment que la viande de poulet contient le Covid-19, d’autres encore donnent des conseils de nourritures à éviter.

Le fils du défunt a appelé le gouvernement indien à «mener une campagne de sensibilisation sur le coronavirus pour que personne au-delà de mon père ne meure en raison de son ignorance».

Tous les responsables sanitaires redoutent que le Covid-19 ne pénètre massivement en Inde (environ 1,4 milliard d’habitants) – si tel était le cas le paysage épidémiologique international serait bouleversé et des phénomènes de panique pourraient être rapidement à redouter. Pour l’heure seuls trois cas y ont été détectés: dans l’État du Kerala (34 millions d’habitants sur 38 000 km2), chez des étudiants revenus de la ville chinoise de Wuhan, épicentre du Covid-19. L’un des patients est sorti de l’hôpital et les deux autres sont aujourd’hui guéris.

En dehors du pays, le Covid-19 n’avait entraîné la mort que d’une personne, un Chinois, aux Philippines. Jusqu’à ce que le ministre japonais de la Santé annonce, le 13 février un premier cas de décès au Japon d’une personne porteuse du nouveau coronavirus : une femme âgée de 80 ans.

A demain

Perversité ou pas, le pédophile tourangeau restera emprisonné loin des Philippines

Bonjour

Loin du Flore et de la littérature, c’est une scène de la justice ordinaire. Mandé depuis la chambre de l’instruction de la cour d’appel d’Orléans le papier est publié dans La Nouvelle République du Centre Ouest (Vincent Baranger). « Il avait filmé ses « ébats » avec une philippine de 9 ans » Pied de page 4, édition d’Indre-et-Loire.

L’affaire trouve ses racines antipodiques dans une cyber-enquête de la police australienne qui, en 2017 avait permis de remonter à deux hôtels ayant servi de lieu de tournage à des scènes de viol sur mineur. Sur une vidéo filmée avec un portable, les enquêteurs sont parvenus à identifier « un quadragénaire tourangeau ayant des relations sexuelles avec une fillette des Philippines, âgée de 9 ans ».

« Aujourd’hui âgé de 48 ans, l’homme soutient avoir accepté cette proposition d’exploitation sexuelle d’une mineure… par un souteneur, qui serait l’oncle de la victime, moyennant de l’argent ‘’pour subvenir aux besoins de la famille’’, rapporte le quotidien régional. Il ne conteste pas les faits mais les relativise :‘’J’étais attaché à cette jeune fille.’’ » On peut voir là un grand classique du déni.

Jusqu’ici jamais condamné, l’homme a subi deux expertises psychiatriques. On apprend que la première le présente comme « un déviant, un pervers », qui exploite sexuellement des mineurs vulnérables car défavorisés.  Quant à la seconde, plus nuancée, elle observe  « des tendances pédophiles mais pas de dangerosité psychiatrique ». Là encore, un grand classique pour qui s’intéresse à la définition de la perversité 1 et aux divergences idéologiques des experts de la psychiatrie médico-légale.

Pour la défense :  Me Louise Thome, assure que son client « a un sentiment de honte » et souligne que « l’incarcération actuelle n’est pas le seul moyen de réinsérer son client ». Et d’insister sur la nécessité de « soins plus poussés » en contrôle judiciaire. Il faut aussi tenir compte de son projet de sortie :un hébergement à La Riche (Indre-et-Loire), chez sa nouvelle compagne ; une promesse d’embauche. Ajoutons une caution de 30.000 € est proposée pour appuyer ses garanties de représentation et la remise de son passeport. 

Pour la partie civile : Me Emmanuelle Descot, conseil de la partie civile administrateur ad hoc « France Victimes 37 » craint une reprise de contact du suspect avec Internet « qu’il maîtrise ».

Pour l’avocat général : Alexandra Pethieu, s’oppose à la libération. Il entend prévenir « un renouvellement de l’infraction ». Il évoque une déviance pédophile « ancienne » (admise par le Tourangeau et par les deux experts psychiatriques) « déviance » qui s’est accentuée au fil du temps. Quant à la caution proposée, la magistrate aimerait détenir des garanties sur la situation financière. De plus, dans cette belle région de « tourisme sexuel » des Philippines, la dimension internationale de trouble à l’ordre public subsiste : « L’inconcevable a été réalisé ! » Elle requiert une confirmation de l’ordonnance de refus de liberté.

Le détenu : il clame sa volonté de rester en France et de ne pas récidiver, indiquant qu’« aux Philippines, c’est un contexte de prostitution ».

Loin des Philippines, du Flore, des médias nationaux et de toute forme de littérature la cour d’appel d’Orléans a rejeté la demande de mise en liberté.

A demain @jynau

1 Perversité(psychopathologie) : « Anormalité de la conduite générale et spécialement des comportements à l’égard d’autrui et de la Société conduisant à des actes asociaux et inhumains accomplis avec indifférence affective à l’égard de la souffrance d’autrui, absence complète de culpabilité et satisfaction personnelle » (Mucch. Psychol. 1969). « Il n’y a perversité véritable que dans une indifférence morale rebelle prolongée: il ne faut donc pas confondre avec les pervers, les impulsifs ou les nonchalants moraux » (Mounier, Traité caract.,1946, p.728).

− P. méton., rare. Action, pratique immorale ou contre nature d’une telle personne. « L’une des perversités (…) en usage au commencement de ce siècle, était le luxe des rats. Un rat, mot déjà vieilli, s’appliquait à un enfant de dix à onze ans, comparse à quelque théâtre, (…) que les débauchés formaient pour le vice et l’infamie » (Balzac, Splend. et mis., 1844, p.18).

Coronavirus : faudrait-il, désormais, l’espérer chez tous les Français âgés de plus de 70 ans ?

Bonjour

Il est d’ores et déjà présent dans les inconscients ; que ces derniers soient ou non structurés comme le langage. Et il émerge là où il ne le devrait pas. « Un député LRM a-t-il souhaité « un coronavirus chez les plus de 70 ans » ? » titrent Les Décodeurs du Monde.

Où l’on découvre un extrait vidéo d’un débat sur BFM-TV qui a suscité de nombreux commentaires sur les réseaux sociaux. Le député La République en marche (LRM, Val -d’Oise) Dominique Da Silva y déclare :« Il faudrait espérer un coronavirus qui viendrait atteindre les plus de 70 ans » (la vidéo est visible ici).

« Pour bon nombre de commentateurs, résume Le Monde, l’affaire est entendue : le parlementaire verrait d’un bon œil une hausse de la mortalité des plus âgés, solution radicale pour équilibrer le système des retraites. C’est par exemple ce que sous-entend ce message d’un militant insoumis sur Twitter : Jean Hugon@JeanHugon3.Plusieurs sites Internet peu scrupuleux ont mis en exergue une partie de ses propos en ce sens, et des photomontages le martèlent également.

« C’est joli, les Français vont apprécier…»

Accuser Dominique Da Silva de souhaiter qu’une maladie engendre une disparition massive de seniors français ? Les choses sont en réalité plus claires lorsqu’on resitue son intervention dans son contexte.

Dominique Da Silva était l’invité de BFM-TV samedi 24 janvier à 12 h 10 pour un débat sur la réforme des retraites, face au délégué national du Rassemblement national (RN) Jean-Lin Lacapelle. Ce dernier y a longuement critiqué le projet du gouvernement, l’accusant de vouloir faire « travailler plus pour gagner moins » à la retraite. C’est pour défendre le projet de la majorité à laquelle il appartient que Dominique Da Silva a tenu ces propos. Voici précisément sa réponse au délégué général du RN :

« Ecoutez, si l’espérance de vie s’allonge, croyez-moi que votre projet de prendre sa retraite à taux plein à 60 ans, personne n’y croit. C’est moins que la réforme des socialistes… Je ne pense pas que les Français puissent croire un seul instant qu’avec un allongement [de l’espérance de vie], ou alors il faudrait espérer un coronavirus qui viendrait atteindre les plus de 70 ans car je ne vois pas comment on pourrait équilibrer. Ce que vous proposez, cela ne tient pas la route. » 

« Son intention était donc, sous couvert d’ironie, de dénoncer le supposé manque de réalisme de la position du RN sur les retraites – et non d’espérer un pic de mortalité de personnes âgées, conclut Le Monde. Reste que sur le fond, l’intervention de M. Da Silva peut sembler confuse et maladroite. Ce que son interlocuteur, Jean-Lin Lacapalle, n’a pas manqué de souligner : « C’est joli, c’est bien comme argument, les Français vont apprécier… »

De la difficulté, en somme, de manier (au sujet des retraites) ce bien joli verbe : espérer.

« À la longue, ils eussent pu prononcer avec Guillaume d’Orange qu’« il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer ». Ambrière, Gdes vac.,1946, p. 220.

A demain @jynau