Un spectaculaire suicide manqué associé à l’humour d’un spécialiste du saut à l’élastique

Bonjour

22/07/2020. Le permanencier rangera, au choix, cette dépêche AFP dans la rubrique « insolite » ou « faits divers ». Nous sommes ici aux frontières modernes du hasard et de la nécessité, du miracle et de la publicité. C’est dire l’intérêt que les lecteurs porteront au sujet. Les faits. Nous sommes le mardi 20 juillet dans le beau département de la Loire. Un homme de 64 ans tente de mettre fin à ses jours en sautant d’un viaduc haut d’une cinquantaine de mètres. Les pompiers sont alertés vers 08H30, selon le quotidien régional Le Progrès, par une habitante des environs du viaduc de Pélussin, entre Lyon et Saint-Étienne.

Vieux de plus d’un siècle ce pont en arc franchit la rivière Régrillon sur le territoire de la commune dont il porte le nom.  Anciennement destiné à accueillir un train appelé localement « La Galoche » ou « Le Tacot », il est désormais réservé aux piétons. Le 20 juillet, de sa terrasse où elle prenait le petit-déjeuner, « l’habitante » voit l’homme arriver en vélo avant de se jeter dans le vide.

Une équipe de pompiers du Groupe de reconnaissance et d’intervention en milieu périlleux, appuyée par l’hélicoptère du Samu 42, se rend alors aussitôt dans la zone escarpée à l’aplomb du point de chute, 56 mètres en contrebas du parapet. Les sauveteurs sont alors été assez surpris de découvrir que le sexagénaire est toujours en vie. En vie et conscient «car il a pu décliner son identité», précisent-ils à l’AFP. Hélitreuillé, puis héliporté jusqu’au CHU de Saint-Étienne, la victime souffre, pour l’essentiel, d’une fracture à un coude. Une prise en charge psychologique sera peut-être conseillée. Peut-être même a-t-elle déjà débuté.

Comment comprendre ? Selon les premières constatations, la chute du suicidant a été amortie par une terrasse en bois souple – une terrasse construite pour réceptionner en sécurité les adeptes du saut à l’élastique qui, chaque samedi que Dieu fait se lancent du haut du viaduc vers le vide.

Bernard Escoubet, gérant de la société «Elastic Crocodil Bungee», l’exploitant de cette activité à sensations fortes, a de fait constaté que le plancher de son installation avait été «défoncé» par l’atterrissage du sexagénaire. «On lui offrira volontiers un vrai saut à l’élastique lorsqu’il sera remis sur pied», a réagi le gérant, sans rancune et non dénué d’un humour discutable. Si l’homme accepte il appréciera le slogan publicitaire de cette entreprise qui vit du vertige et du caoutchouc : « Osez l’inoubliable ! ».

A demain @jynau

Futurs vaccins contre la Covid-19 : communiquer à tout prix, faute de pouvoir encore démontrer

Bonjour

20/07/2020. Où situer ces informations dans la hiérarchie des avancées médicales ? Deux « projets de vaccins » contre la Covid-19 – l’un britannique, l’autre chinois – auraient produit une « réponse immunitaire importante » et démontré dans le même temps « leur sûreté pour les patients ». Ce sont les conclusions de deux essais cliniques distincts, publiés lundi 20 juillet en fanfare médiatique dans The Lancet.

« Le vaccin d’Oxford comme celui de CanSino sont constitués d’un adénovirus modifié, qui ne se réplique plus, ce qui les rend plus sûrs, notamment pour les patients fragiles, rapporte l’AFP reprise par de nombreux médias. Aucun des deux essais n’a enregistré d’effet indésirable grave. Les effets secondaires les plus observés ont été de la fièvre, de la fatigue et une douleur ressentie au point d’injection du vaccin. »

Grande publicité mais forte prudence : ces essais cliniques se situent encore dans une phase préliminaire (phase 1/2 et phase 2), et leur efficacité devra être établie dans un essai de phase 3, sur un nombre de participants plus important, avant que soit envisagée leur commercialisation à grande échelle. « Si notre vaccin s’avère efficace, c’est une option prometteuse, car ce type de vaccin peut être fabriqué facilement à grande échelle », a commenté Sarah Gilbert, chercheuse à l’université d’Oxford et cosignataire de la publication. Comment pourrait-elle dire le contraire ?

« Dans la foulée de la publication des résultats de son essai de phase 1 pour un vaccin contre le Covid-19, la société américaine de biotechnologies Moderna a annoncé le lancement d’un essai de phase 3. L’étude doit débuter dès le 27 juillet avec 30 000 patients aux États-Unis, alors que les conclusions de la phase 2, menée sur 600 personnes depuis mai, sont encore attendues » précisait d’autre part, il y quelques jours, Le Quotidien du Médecin (Elsa Bellanger).

Connu sous le nom de mARN-1273, le candidat vaccin, constitués des ARN messagers, a induit une réponse immunitaire chez tous les participants du premier essai. L’étude, publiée le 14 juillet dans le « New England Journal of Medicine », a porté sur 45 patients (de 18 à 55 ans), répartis en trois bras (doses de 25 μg, 100 μg et 250 μg). Les participants ont reçu deux injections à 28 jours d’intervalle et tous ont déclenché des anticorps.

Ces résultats ont été qualifiés d’« encourageants » par l’immunologiste Anthony Fauci, du National Institute of Allergy and Infectious Diseases et conseiller du président américain – qui n’a pas participé à ce travail. La phase 2, menée sur 600 patients, a débuté en mai. Les résultats n’ont pas encore été publiés. Ils ne sauraient, désormais, tarder.

A demain @jynau

Emmanuel Macron, de Villiers et le déconfinement: qui dit le faux, qui prêche le vrai ?

Bonjour

10/06/2020. Que cherche-t-il ? Après avoir attaqué le Pr Jean-François Delfraissy accusé d’avoir pris le pouvoir politique, l’ancien ministre, comte et fondateur du parc du Puy-du-Fou Philippe de Villiers a fait état un désaccord entre Emmanuel Macron et Edouard Philippe. Désaccord au sommet quant au  rythme du déconfinement. Selon lui chef de l’Etat estimait que son Premier ministre était plus prudent car il devait «gérer son risque pénal».

«Le 17 mai, j’ai eu une conversation avec Emmanuel Macron et je lui ai dit: ‘’pourquoi il fait ça, Philippe, pourquoi on ne déconfine pas plus vite ?’’» Il m’a dit, ‘’Philippe, il gère son risque pénal’’», a affirmé sur BFMTV  l’ancien président du parti souverainiste Mouvement pour la France.

«Il y avait un désaccord entre eux, sur le rythme du déconfinement, a poursuivi le célèbre souverainiste. Et Macron est assez amer de voir qu’Edouard Philippe est plus populaire que lui, parce que, en fait, il [Emmanuel Macron] voulait déconfiner plus vite. C’est ce qu’il m’a dit. Il m’a dit: ‘’sinon, le pays va crever’’».

L’AFP nous rappelle qu’Emmanuel Macron avait personnellement  décidé de débuter le déconfinement dès le 11 mai – plus tôt que ce que préconisait son Conseil scientifique et une partie de son entourage. Le chef de l’Etat a ensuite autorisé la réouverture du Puy-du-Fou dès le 11 juin. Une décision qu’il avait communiquée à Philippe de Villiers par un SMS ; document que le souverainiste a rendu public dans lequel il lui écrivait, parfois en majuscules: «DÉCISION prise ce matin en conseil de DÉFENSE: on commence dès aujourd’hui le travail en vue de la réouverture objectif 2 juin. Mandat est donné au préfet de commencer le travail dès aujourd’hui.»

Pourquoi des majuscules ? Que cherche Philippe de Villiers ?  Peut-être la promotion de son dernier livre dans lequel il dit exprimer sa tendresse et de son amitié pour Emmanuel Macron.

A demain @jynau

Philippe de Villiers accuse le Pr Jean-François Delfraissy d’avoir pris le pouvoir politique

Bonjour

09/06/2020. Le déconfinement autorise toutes les surprises. Ainsi, ce matin, sur RTL le vicomte ancien ministre Philippe de Villiers nous parlant de sa tendresse et de son amitié pour Emmanuel Macron – tendresse et amitié qu’il exprime dans son dernier livre traitant des « Gaulois réfractaires » qui « demanderaient des comptes au Nouveau Monde » (Editions Fayard).   

« De tendresse et d’amitié oui. Parce que en réalité, Emmanuel Macron est venu au Puy du Fou en août 2016, il a découvert le Puy du Fou, […] et depuis il n’a cessé de manifester des intentions pour cette œuvre qu’il considère comme un fleuron français. 

« C’est une amitié dans la vérité, je vais être très précis. […] En même temps je lui demande de sauver le Puy du Fou, en même temps je lui demande de sauver la France. Ça va bien pour la première chose mais pas pour la seconde. »

On se souvient peut-être que « Gaulois réfractaires » est un concept forgé par Emmanuel Macon et présenté en août 2018 à Copenhague pour évoquer le peuple français 1. Emmanuel Macron, à la hauteur de la crise ?

« Ce n’est pas une question de personne, c’est plus grave que ça, ça remonte à plus loin. Quand la mort revient, la mort de masse, ou la guerre, alors les peuples se tournent vers les états, vers les nations, vers la souveraineté. »

« L’impréparation c’est simple. Depuis Maastricht, quand vous décidez de brader votre souveraineté, que vous n’êtes plus souverain […] vous n’avez plus de notion de prévoyance. C’est l’affaire des masques, c’est l’affaire des tests. »

L’articulation entre le savoir scientifique et le pouvoir politique

Et c’est ici que l’on en vient  au Pr Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique du gouvernement – structure voulue par Emmanuel Macron et créée dans le secret le plus complet. Jean- François Delfraissy convoqué sur le pré par Philippe de Villiers :

« On a eu un confinement qui était une erreur et on a un déconfinement trop lent. Il fallait faire un confinement ciblé, comme on fait beaucoup de pays. […] Si on avait fait ça […] on aurait épargné ce qu’on va vivre maintenant : c’est la deuxième vague. Et la deuxième vague elle n’est pas sanitaire, elle est économique.  Quand le masque s’avérait nécessaire on nous a interdit d’en porter, et voilà que maintenant on nous oblige à en porter quand ce n’est plus nécessaire. C’est absurde. »

Concernant  Jean-François Delfraissy et le Conseil scientifique, ce message au président de la République et aux responsables politiques :

« On ne doit pas donner le pouvoir quand on l’a, à d’autres.  Si vous donnez le pouvoir à des médecins, à des scientifiques, ils prennent le pouvoir. Jean-François Delfraissy en fait, il a pris le pouvoir et on a vu que les scientifiques se trompaient largement autant que les hommes politiques.  C’est le conseil scientifique qui a poussé le gouvernement à décider le confinement. »

C’est là une nouvelle pièce à transmettre aux commissions d’enquête du Sénat et de l’Assemblée nationale. Un occasion, aussi, de dire toute l’importance qu’il faut ici accorder à la nature exacte de l’articulation entre le savoir scientifique et le pouvoir politique. Jean-François Delfraissy a-t-il, ici, un instant, « pris le pouvoir » ? Si oui l’a-t-il, déjà, rendu ?

A demain @jynau

1 Devant la reine de Danemark, Margrethe II, Emmanuel Macron s’était amusé, mercredi 29 août 2018, à comparer les Danois, « peuple luthérien » ouvert aux transformations, aux Français, des « Gaulois réfractaires au changement ». Evoquant son admiration pour le modèle danois de « flexisécurité », il avait alors admis que les différences culturelles entre les deux nations ne permettaient pas de le répliquer à l’identique.

Face aux nombreuses réactions critiques, le chef de l’Etat avait expliqué le lendemain au cours d’une conférence de presse en Finlande, que ces propos étaient « un trait d’humour » : « Il faut prendre un peu de distance avec la polémique et les réseaux sociaux. J’aime la France et les Français, n’en déplaise, et je l’aime dans toutes ses composantes. Je les aime, ces tribus gauloises, j’aime ce que nous sommes. »

Syndrome d’alcoolisation fœtale: Olivier Véran fera-t-il beaucoup mieux qu’Agnès Buzyn ?

Bonjour

07/06/2020 Qui, au sein du gouvernement, s’intéresse encore au syndrome d’alcoolisation fœtale ? La précieuse revue Prescrire s’intéresse à ce sujet éminemment politique qui ne passionne plus guère les médias généralistes 1. « Une étude portant sur les 28 premiers jours de vie a montré que chaque année en France, des centaines d’enfants naissent avec des troubles graves liés à la consommation d’alcool par leur mère durant la grossesse » résume Prescrire..

Contrairement à ce que certains peuvent tenir pour acquis, tout le monde ne sait pas qu’une femme enceinte qui boit de l’alcool expose son enfant à naître à des conséquences  dont la gravité augmente avec le degré d’exposition. Dans les cas les plus graves, les enfants naissent avec un syndrome spécifique :  dysmorphie faciale et  troubles neuropsychiques peu spécifiques : troubles du comportement, troubles intellectuels et de la mémoire, troubles de l’attention, difficultés d’apprentissage, difficultés scolaires ou sociales, etc.

Il existe aussi des formes dites incomplètes, sans dysmorphie faciale, mais caractérisées par des troubles d’apprentissage et d’adaptation sociale – souvent mis en évidence lors de la scolarisation. Ces formes avec troubles du développement sans dysmorphie faciale seraient dix fois plus fréquentes que les formes complètes.

Femme enceinte, cercle barré : logo souvent inconnu, toujours illisible

Contrairement à ce que certains peuvent tenir pour acquis, tout le monde ne sait pas qu’une femme enceinte qui boit de l’alcool expose son enfant à naître à des conséquences  dont la gravité augmente avec le degré d’exposition. Dans les cas les plus graves, les enfants naissent avec un syndrome spécifique :  dysmorphie faciale et  troubles neuropsychiques peu spécifiques : troubles du comportement, troubles intellectuels et de la mémoire, troubles de l’attention, difficultés d’apprentissage, difficultés scolaires ou sociales, etc.

Il existe aussi des formes dites incomplètes, sans dysmorphie faciale, mais caractérisées par des troubles d’apprentissage et d’adaptation sociale – souvent mis en évidence lors de la scolarisation. Ces formes avec troubles du développement sans dysmorphie faciale seraient dix fois plus fréquentes que les formes complètes.

Femme enceinte, cercle barré : logo souvent inconnu, toujours illisible

Et Prescrire de nous apprendre qu’une étude réalisée en France à partir de dossiers hospitaliers a retrouvé des troubles graves liés à une exposition fœtale à l’alcool chez cinq nouveau-nés hospitalisés au cours des 28 premiers jours de vie pour 10 000 naissances. « Cela représente des centaines de nouveau-nés chaque année, ajoute-t-elle. Ce type d’étude, limitée aux 28 premiers jours de vie, conduit à sous-estimer l’ampleur réelle des conséquences de l’exposition in utero à l’alcool car elle ne permet pas de recenser les enfants dont les troubles du développement sont décelés plus tard, en particulier à l’âge scolaire. »

Où l’on se souvient d’un « scoop » d’Agnès Buzyn. Nous étions en juillet 2018, une éternité. C’était sur franceinfo,  : « Un logo zéro alcool pendant la grossesse sur toutes les bouteilles ». Pour quand ? « C’est pour… je dirais … la fin de l’année … on est en train de négocier’’ ».  Agnès Buzyn précisait alors avoir « obtenu des alcooliers » qu’ils ne s’opposent pas à sa volonté : la mise en place d’un logo « qui explique bien qu’on ne doit boire aucun alcool pendant la grossesse ».

La ministre des Solidarités et de la Santé n’avait pas, alors, rappelé que cette mesure était déjà en vigueur « sur toutes les bouteilles » et ce depuis 2006 – une  décision prise par Xavier Bertrand, alors ministre de… la Santé et des Solidarités 2. Il s’agit depuis douze ans, sur tous les contenants de boissons alcooliques, d’une image minuscule tentant de montrer un profil de femme enceinte associé à un cercle barré. Un logo ou une « phrase d’information » : « La consommation de boissons alcoolisées pendant la grossesse, même en faible quantité, peut avoir des conséquences graves sur la santé de l’enfant ».

A l’évidence ce logo n’avait pas permis que chaque année des centaines d’enfants naissent victimes d’une exposition in utero à l’alcool. Selon les données du « baromètre santé 2017 » présentées par Santé publique France en 2018 quatre femmes sur dix disaient ne pas avoir été informées des risques de la consommation d’alcool (ou de tabac) pendant leur grossesse. Et Santé Publique France d’annoncer, alors, une nouvelle « campagne nationale auprès du public et des professionnels de santé. »

Et Agnès Buzyn d’expliquer, alors, qu’elle s’était emparée du dossier du logo ; un logo qui depuis deux ans n’a pas bougé – souvent inconnu, toujours illisible. Certains évoquent la puissance du « lobby alcoolier », ses relais dans les coulisses de l’Elysée. D’autres accusent un exécutif impuissant. On attend, ici, le ministre Olivier Véran.

 A demain

1 « Syndrome d’alcoolisation fœtale : des données françaises » Rev Prescrire 2020 ; 40 (440) : 433-434. Réservé aux abonnés. ©Prescrire 1er juin 2020

2 « ‘’Alcool zéro’’ pendant la grossesse, un nouveau logo qui existe déjà » Slate.fr 30 juin 2018.

Anakinra: après l’hydroxychloroquine, ses espoirs thérapeutiques vont-ils faire polémique ?

Bonjour

30/05/2020. Déjà, l’ouverture de France Info. Un médicament, l’anakinra (commercialisé sous la marque Kineret par la firme SWEDISH ORPHAN BIOVITRUM) initialement destiné à des maladies rhumatismales, donne des résultats « encourageants » dans les formes graves de Covid-19-  en réduisant le risque de décès et le besoin d’être mis sous respirateur en réanimation.

Jadis on se serait borné, dans les médias spécialisés, à expliquer que c’était la conclusion d’une étude française, parisienne, qui vient d’être publiée dans The Lancet Rheumatology : « Anakinra for severe forms of COVID-19: a cohort study » 1. On aurait expliqué de quoi il s’agissait. « L’anakinra neutralise l’activité biologique de l’interleukine-1alpha (IL-1alpha) et de l’interleukine-1ß (IL-1ß) par inhibition compétitive de la liaison de l’IL-1 à son récepteur de type I (IL-1RI), résume le Vidal. L’anakinra est utilisé dans la prise en charge de polyarthrites rhumatoïdes. »

Puis on aurait poursuivi. Expliquait que l’objectif, ici, était de contrer l’ « orage cytokinique », cette violente réaction inflammatoire incontrôlée observée dans les formes graves de pneumonie de la Covid-19 – phénomène qui évolue généralement vers un syndrome de détresse respiratoire aiguë (SDRA) imposant l’assistance d’une ventilation artificielle avec l’utilisation de respirateur. Que ce travail a été mené via l’administration par injection sous-cutanée pendant dix jours d’anakinra à 52 patients atteints d’une forme grave de COVID-19 a permis une « réduction statistiquement significative du risque de décès et de passage en réanimation pour assistance respiratoire par ventilation mécanique ».

Brigades vérificatrices

On aurait ajouté qu’un quart des patients traités avec l’anakinra ont été transférés en réanimation ou sont décédés, contre près de 73% de ceux n’ayant pas eu cette thérapie. Que le groupe témoin avait été constitué formé de 44 patients qui avaient été auparavant pris en charge dans la même institution. Et que dans le groupe recevant l’anakinra, une diminution rapide des besoins en oxygène a été également observée au bout de 7 jours de traitement.

On aurait cité, avec l’AFP, le Pr Jean-Jacques Mourad, (service de médecine interne, Hôpital Paris Saint-Joseph, Paris) co-signataire de l’étude :  « En l’absence d’accès à des essais thérapeutiques incluant des médicaments immunomodulateurs pour nos patients, la décision (…) prise de proposer l’anakinra, selon des critères de gravité décidés de manière consensuelle et a priori, a rapidement changé le visage de la maladie en salle. Le bénéfice était palpable au quotidien. » Et ajouté qu’une douzaine d’essais cliniques explorant le blocage de la cytokine IL-1 associée au syndrome de tempête inflammatoire sont actuellement menés.

Avec cette conclusion, tirée d’un commentaire du The Lancet Rheumatology 2 : « Cette étude apporte la preuve la plus probante à ce jour que l’anakinra peut bénéficier aux patients souffrant du syndrome de tempête de cytokines associé à la Covid-19. Dans l’attente de résultats d’essais contrôlés, l’anakinra donne de l’espoir pour ceux qui sont gravement touchés par la Covid-19 ».

Mais il faut désormais compter avec les accusations du Pr Didier Raoult quant à la compromission des plus grandes revues médicales internationales, à commencer par The Lancet. Attendre, donc, l’éventuelle polémique quant à la réalité des effets annoncés de l’anakinara. Ne pas croire qu’il y a là un travail honnête et une vérité qui permet de nourrir une espérance thérapeutique. Attendre, désormais, le verdict des brigades vérificatrices.

A demain @jynau

1 « Anakinra for severe forms of COVID-19: a cohort study » Thomas Huet, Hélène Beaussier, Olivier Voisin, Stéphane Jouveshomme, Gaëlle Dauriat, Isabelle Lazareth, Emmanuelle Sacco, Jean-Marc Naccache, Yvonnick Bézie, Sophie Laplanche, Alice Le Berre, Jérôme Le Pavec, Sergio Salmeron, Joseph Emmerich, Jean-Jacques Mourad, Gilles Chatellier, Gilles Hayem (Hôpital Paris Saint-Joseph, Paris, Hôpital Marie Lannelongue, Université de Paris, INSERM, Hôpital Européen Georges-Pompidou)

2 « Coronavirus is the trigger, but the immune response is deadly ». Commentaire signé  Randy Q Cron Children’s of Alabama, Division of Rheumatology, University of Alabama at Birmingham).

Hydroxychloroquine : premières surprises chiffrées de sa consommation post-médiatisation

Bonjour

06/05/2020. Revenons sur cette étude originale de pharmaco-épidémiologie  1 menée conjointement par l’Agence nationale française de sécurité du médicament (ANSM) et par la Caisse nationale française d’Assurance maladie. Nous avons vu qu’elle portait sur la dispensation de médicaments remboursés sur ordonnance en pharmacie d’officine depuis le début de l’épidémie de Covid-19 en France. Réalisée à partir des données nationales de remboursement de l’Assurance Maladie elle avait notamment pour objectif de caractériser les comportements de consommation des Français vis-à-vis des médicaments prescrits – que ces médicaments soient en lien ou non avec le Covid-19 –  dans le contexte particulier du confinement décidé et imposé par le gouvernement français.

Il n’est pas inintéressant, dans ce contexte, de se pencher sur le chapitre « Chloroquine/Hydroxychloroquine ». Voici des extraits de ce document dont les auteurs disent observer « une augmentation du nombre de personnes avec délivrance sur ordonnance de Chloroquine/Hydroxychloroquine : à partir de fin février pour la chloroquine et à partir de la semaine 10 pour l’hydroxychloroquine.

« Cette augmentation était de 21% en semaine 10 pour atteindre 62% et 145% en semaine 12 et 13. La délivrance de chloroquine était marquée par un pic autour du 25 au 28 février en passant de moins de 50 personnes par jour à plus de 450. Cela faisait suite à la médiatisation de ce traitement potentiel.

« Les délivrances d’hydroxychloroquine ont été tardives mais plus massives que celles de chloroquine. Ainsi le pic de délivrance sur ordonnance était le 18 mars avec près de 5 000 personnes avec délivrance le même jour pour le seul régime général. Ce pic concernait surtout des personnes déjà traitées par hydroxychloroquine pour des pathologies de type lupus ou polyarthrite rhumatoïde (stockage par peur de manquer après les annonces médiatiques d’un potentiel effet de l’hydroxychloroquine mais aussi des traitements débutés en lien avec le Covid-19).

Sociologie et pharmacie, médecine et médiatisation.

« Nous estimons à environ 41 000 le nombre de personnes supplémentaires ayant acquis sur ordonnance un traitement d‘hydroxychloroquine (ou plus rarement de chloroquine) sur les semaines 12 à 16 de 2020, écrivent les auteurs. La population nouvellement sous hydroxychloroquine (population incidente) était relativement jeune, 62% de moins de 60 ans avec 57% de femmes et globalement plus favorisée socialement avec plus de 30% des personnes résidant dans les 20% des communes les plus favorisées. »

 Il existait de fortes disparités géographiques ; c’est à La Réunion que la chloroquine était la plus prescrite (en instauration 46,0 pour 100 000) par habitant (vs 9,4 en Provence-Alpes-Côte d’Azur et 7,3 pour l’Îlede-France). En terme de prescription d’hydroxychloroquine la région Provence-Alpes-Côte d’Azur (47,1 pour 100 000) était la première devant la région Île-de-France (35,8 pour 100 000). Le Grand Est, particulièrement atteint par l’épidémie, se situait juste dans la moyenne pour les prescriptions d’hydroxychloroquine (24,9 pour 100 000).

À l’échelle départementale les dix départements ayant le taux de délivrance d’hydroxychloroquine le plus élevé étaient Paris (64,2 pour 100 000), les Bouches-du-Rhône (57,5 pour 100 000), le Var (41,4 pour 100 000), les Hauts-de-Seine (41,2 pour 100 000),le Territoire de Belfort (40,7 pour 100 000), la Corse-du-Sud (39,4 pour 100 000), le Val-de-Marne (36,1 pour 100 000), les Pyrénées-Orientales (35,1 pour 100 000), le Cantal (33,6 pour 100 000) et la Martinique (32,9 pour 100 000).

Les départements ayant les taux de délivrance d’hydroxychloroquine les plus faibles (moins de 15 pour 100 000) se situaient dans départements ruraux peu denses plutôt dans l’Ouest de la métropole, et en Guyane. Il s’agissait de la Mayenne (10,5 pour 100 000), la Guyane (12,4 pour 100 000), Manche (12,6 pour 100 000), la Vienne (12,6 pour 100 000), l’Ille-et-Vilaine (12,8 pour 100 000), les Deux-Sèvres (12,9 pour 100 000), la Loire-Atlantique (13,7 pour 100 000), le Lot (13,9 pour 100 000), les Côtes-d’Armor (14,1 pour 100 000) et l’Indre (14,7 pour 100 000).

Voilà un précieux matériel pour qui s’intéresse à la sociologie et à la pharmacie, à la médecine et à la médiatisation. Il sera aussi du plus grand intérêt, d’observer l’évolution de ces données chiffrées au lendemain des premiers résultats des études cliniques contrôlées.

A demain @jynau

1 « Usage des médicaments de ville en France durant l’épidémie de Covid-19 – point de situation après 5 semaines de confinement (jusqu’au 19 avril 2020). Etude pharmaco-épidémiologique à partir des données de remboursement du SNDS » Dr Alain Weill , Jérôme Drouin, David Desplas, Francois Cuenot, Dr Rosemary Dray-Spira, Pr Mahmoud Zureik

Covid-19 : pourquoi se précipiter pour vanter les possibles effets du tocilizumab de Roche ?

Bonjour

28/04/2020. En d’autres temps la foudre serait tombée sur les responsables d’une communication à ce point prématurée – en amont d’une véritable « publication » . Aujourd’hui, comme le démontre l’hydroxychloroquine, tout semble être dans un nouvel ordre, épidémique, des choses. Parfois au nom de l’éthique. Cela peut donner une médiatisation quelque peu outrancière à partir d’un simple communiqué de presse de l’AP-HP : «  Le tocilizumab améliore significativement le pronostic des patients avec pneumonie COVID moyenne ou sévère ».

Résumons. On postule depuis peu que chez les patients avec pneumonie Covid-19, un « orage cytokinique » d’origine immunologique conduit à l’insuffisance respiratoire aigüe et au décès. Face à ce phénomène une « plateforme » (CORIMUNO-19) a été conçue. Objectif : tester l’efficacité et la tolérance de divers médicaments immuno-modulateurs (et d’autres traitements chez les patients adultes avec infection Covid-19 sévère. Et ce « grâce à une série d’essais randomisés contrôlés multicentriques, qui ont débuté le 27 mars 2020 ».

Le communiqué de l’AP-HP concerne un essai randomisé contrôlé ouvert multicentrique du tocilizumab (RoActemra, Laboratoire Roche). Il s’agit d’un anticorps monoclonal qui bloque le récepteur de la cytokine interleukine-6, et qui est utilisé notamment dans le traitement de la polyarthrite rhumatoïde.

« Les patients ont été sélectionnés sur la base d’une hospitalisation pour pneumonie Covid-19 moyenne ou sévère, mais ne nécessitant pas de réanimation au moment de l’admission, explique l’AP-HP. Le critère de jugement primaire était la combinaison du besoin de ventilation (mécanique ou non invasive) ou du décès à J 14. » L’AP-HP ajoute :

« Au total, 129 patients ont été randomisés : 65 pour traitement habituel + tocilizumab et 64 pour le traitement habituel. Le critère de jugement principal a été atteint chez une proportion significativement plus faible de patients dans le bras tocilizumab. »

 Se sentir obligé d’un point de vue éthique »

Mais encore ? Rien de plus. Et maintenant ? « Les résultats de cet essai vont être soumis pour publication dans un journal à comité de lecture. Ces résultats devraient être confirmés de manière indépendante par des essais supplémentaires. » Pourquoi, dès lors, avoir ainsi communiqué dans la plus extrême précipitation ? Réponse officielle :

« Compte tenu du contexte de la pandémie, les chercheurs et le promoteur se sont sentis obligés, d’un point de vue éthique, de communiquer ces informations, en attendant l’examen par les pairs tout en continuant le suivi plus long de ces patients. » « Se sentir obligé d’un point de vue éthique » : voilà un beau sujet qui méritera, le moment venu d’être développé. Pour l’heure Les Echos (Catherine Ducruet) observent que « l’Actemra de Roche a marqué un point contre le Covid-19 ».

Précision importante de l’AP-HP : le tocilizumab ainsi que 4 000 kits de dosage Elecsys d’interleukine 6 « ont été fournis sans conditions par le laboratoire Roche, qui n’a été impliqué ni dans la conception de l’essai, la collection des données, l’analyse, l’interprétation, l’écriture du manuscrit ni dans la gouvernance de l’essai ».

A demain @jynau

Coronavirus : le gouvernement se doit de mieux nous expliquer ce que sera le «stade 3 »

Bonjour

07/03/2020. Dix semaines plus tard, symboliquement médiatique, le « cap » des 100.000 cas a été officiellement franchi. Près de  3 500 morts, mais combien de « totalement guéris » ?  Près de 60 000 nous répond aujourd’hui la Johns Hopkins. Combien de malades souffrant de pneumonie sévère en réanimation ? Nul ne semble le savoir avec précision.

Et demain ? Et en France ? « Coronavirus : On ferme tout ? » demande, en Une, Le Parisien (Florence Meréo) qui poursuit, jour après jours assez remarquablement, son travail d’information. Et le quotidien de tenter de répondre à la question que chacun se pose sans jamais pouvoir répondre : « Epidémie de coronavirus : ce que le stade 3 va changer pour nous ».

Le gouvernement ? Bien mal conseillée sa porte-parole, Sibeth Ndiaye, invitée du « Grand entretien » de France Inter (Salamé Léa, Demorand Nicolas)  avait eu ce mot, le 4 mars : « en stade 3 les métros continueront à circuler jusqu’à nouvel ordre, les transports en commun continueront à circuler jusqu’à nouvel ordre… la vie du pays ne s’arrêtera pas à cause du coronavirus ».

Le citoyen appréciera ce « nouvel ordre ».  Qui le donnerait ? Et quand ? Faut-il attendre l’avis du Comité national d’éthique et de son président, le Pr Jean-François Delfraissy ? Pour l’heure l’exécutif n’a fort malheureusement rien inventé en termes de communication destinée au plus grand nombre. Outre l’indispensable « numéro vert » c’est le retour aux messages publicitaires incitant mécaniquement, à user du « gel hydro-alcoolique » et à respecter les mêmes « gestes barrières » que ceux contre les « virus de l’hiver » (voir ici la vidéo gentiment scénarisée de l’assurance-maladie ».

Winston Churchill, 13 mai 1940

Pour autant rien sur le passage, devenu « inexorable » au « stade 3 ». Aucun message innovant, aucune utilisation gouvernementale des réseaux sociaux à des fins de pédagogie et de solidarité citoyenne, aucune émission télévisée de très grande écoute exposant, calmement, sans polémique, sans catastrophisme ni publicité hydro-alcoolique, le pourquoi et le comment du passage au stade 3. Pourquoi la menace sanitaire le réclame et comment nous allons, collectivement, y faire face. Comment agir au mieux et autant que faire se peut contre les rumeurs qui prolifèrent 1. Comment vulgariser ce qu’explique aux spécialistes le ministère de la Santé dans son guide de préparation au risque épidémique, inspiré du plan national « Pandémie grippale » de 2011 ?

Dépassons ce stade puisqu’il s’agit bien, ici, désormais, d’une course-poursuite. Où est, toute proportion gardée, le Churchill évoquant, il y aura bientôt quatre-vingts ans, le sang, le labeur, les larmes et la sueur (on oublie généralement de citer le labeur) ? Rien d’«inexorable », alors. Et très précisément le contraire. Un Churchill qui saurait galvaniser contre un ennemi pathogène émergent, insidieux et qui, bien au-delà du strict sanitaire, commence à mettre à mal l’ensemble de l’économie capitalistique mondiale.

Un simple virus qui justifie, contre l’évidence et les menaces populistes, un combat ne respectant pas les frontières nationales. Ni les autorités gouvernementales ni les organisations internationales continentales ou onusiennes ne sont, aujourd’hui, en situation de porter cette voix. Entendra-t-on, prochainement, Emmanuel Macron prendre la parole sein du conseil de sécurité des Nations unies ?

A demain @jynau

1 « Le coronavirus réveille les peurs, le racisme et l’antisémitisme » Crif, 5 mars 2020

Pour lutter contre le coronavirus, lavez-vous les mains et, surtout, défacebookez-vous !

Bonjour

Comment s’en étonner à une époque, la nôtre, plus virale que jamais ? D’innombrables messages, publicitaires ou non, évoquent le coronavirus sur Facebook. Fausses informations et théories du complot y circulent malgré les dispositions annoncées par ce tentaculaire « réseau social ».

Dans un communiqué adressé mercredi 26 février au site d’information américain Business Insider, Facebook annonce resserrer la vis sur la modération des publicités liées au coronavirus. « Nous avons récemment mis en place une politique interdisant les publicités faisant référence au coronavirus et créant un sentiment d’urgence, qui laissent, par exemple, entendre que les stocks sont limités, ou qui promettent un remède ou un traitement préventif », explique le réseau social.

« Des règles qui semblent spécifiques à cette maladie, et qui sont communiquées alors que la propagation du virus s’étend en dehors de Chine observe Le Monde (Pixels, anonyme). Mais elles sont en réalité assez conformes aux règles qui étaient déjà en vigueur chez Facebook, lequel interdit par exemple « les allégations trompeuses » dans les publicités, « comme celles qui ont trait à l’efficacité ou aux caractéristiques d’un produit ».

Depuis le début de l’épidémie, Facebook est littéralement inondé de messages relatifs au coronavirus, qu’il s’agisse ou non de publicités. Des groupes consacrés à cette maladie accueillent parfois des dizaines de milliers de membres, raconte par exemple Le Parisien (Paméla Rougerie avec Damien Licata). Ils y publient de nombreux messages, où se mêlent articles de presse, questions, réflexions personnelles, fausses informations et théories du complot.

« Quand je regarde mon fil Facebook, j’ai du mal à croire que les gens parlent de trucs normaux et de politique. Je ne pense qu’au coronavirus, 24h/24, sept jours sur sept, haha », confiait il y a deux jours Liz sur son compte en ligne. En réponse, plus de 200 « j’aime » approbateurs, et presque autant de commentaires.

Le renard en liberté dans le poulailler

Raison garder ? Fin janvier, le réseau social avait déjà annoncé des mesures pour lutter contre les infox relatives au coronavirus. Notamment la suppression des fausses informations et théories conspirationnistes « signalées par de grandes organisations mondiales de santé et les autorités locales de santé comme pouvant être dangereuses pour les personnes qui y croient ». Parmi les autres mesures, visibles en France, par exemple, Facebook fait apparaître régulièrement sur le fil de ses utilisateurs français un message incitant à consulter les informations disponibles sur le site du gouvernement au sujet du coronavirus. Une initiative similaire a été prise par Google, qui à la recherche du mot « coronavirus » propose immédiatement, dans des encadrés spécifiques, des informations et des conseils issus de l’OMS – de même que YouTube, propriété de Google.

Le deuxième résultat, au moment où Le Monde effectuait cette recherche (le 26/02/2020), était la page d’un événement nommé « Coronavirus », dont la description incite les internautes à prendre « DES MESURES PREVENTIVES URGENTES ! », et où le premier message publié désigne, à tort, une plante comme remède contre le sida et potentiellement contre le coronavirus. Le message est toutefois accompagné d’un signalement « fausse information » apposé par Facebook, après vérification par ses partenaires médias (dont Le Monde fait partie). Le troisième message publié sur cette page événement affirme que le coronavirus peut être soigné avec de l’herbe, et son premier commentaire que « les Etats-Unis ont envoyé le coronavirus en Chine ».

La liberté du renard fake news s’ébattant dans l’immense poulailler de notre viralité.

A demain @jynau