Par décision ministérielle, les ivresses sont interdites durant tout le temps de la grossesse

 

Bonjour

Les mêmes causes alcooliques produisent les mêmes effets délétères et les mêmes réactions des autorités sanitaires. La France boit et le ministère de la Santé et Santé publique France viennent de lancer une campagne nationale d’information (presse et web) à l’adresse du grand public et des professionnels de santé. Un message sur une affiche : « Vous buvez un peu d’alcool, il boit beaucoup ». Objectif : promouvoir, sinon obtenir, l’abstinence totale pendant la grossesse (numéro d’alcool Info services : 0 980 980 930 7jours sur 7, de 8h à 2h).

Où l’on reparle de l’alcool, première cause non génétique de handicap mental à la naissance chez l’enfant. En France, 500 000 personnes souffriraient des conséquences d’une alcoolisation fœtale et un nouveau-né sur mille (entre 600 et 800 enfants chaque année) présente une forme complète de syndrome d’alcoolisation fœtale (SAF); un syndrome identifié pour la première fois en France, par le pédiatre Paul Lemoine (1917-2006) qui mena, à partir de 1958 dans la région nantaise, une étude sur les enfants nés de femmes malades de l’alcool, à partir de laquelle il sera le premier, en 1968, à décrire de façon exhaustive le tableau clinique 1.

Un demi-siècle après

Nous sommes une demi-siècle plus tard.  « Peu de personnes ont conscience du sujet des troubles causés par l’alcoolisation fœtale » fait valoir la ministre de la Santé Agnès Buzyn qui, après tant d’autres, affiche sa détermination à lutter contre ce fléau de santé publique qu’est la malade alcoolique. Des chiffres concernant les futures mères ? Entre 18 et 25 ans, plus d’une femme sur quatre a connu plusieurs épisodes d’ivresse dans l’année – et une sur dix dans le mois. Et près du tiers des femmes enceintes consomment occasionnellement de l’alcool.

Renforcer « l’information au quotidien » ?  La ministre a annoncé l’évolution prochaine du microscopique « pictogramme »présent sur toutes les étiquettes et tenu pour alerter sur les dangers de la consommation d’alcool pendant la grossesse – un pictogramme obligatoire depuis dix ans et que personne ou presque n’a remarqué.  « Sa lisibilité et sa visibilité restent insuffisantes ou hétérogènes » avoue la ministre. Un euphémisme.

A celles et ceux qui ne le savent pas encore, précisons qu’un arrêté du 2 octobre 2006 (signé de Xavier Bertrand) impose la présence sur toutes les bouteilles d’alcool d’un pictogramme représentant une femme enceinte, un verre à la main, barrée d’un trait rouge, ou d’un message ainsi rédigé: «La consommation de boissons alcoolisées pendant la grossesse, même en faible quantité, peut avoir des conséquences graves sur la santé de l’enfant.» Des dispositions ignorées du plus grand nombre – à commencer par les premières intéressées.

Dérangeante étude britannique

Et puis, hasard ou fatalité voici qu’une publication britannique du BMJ pourrait, pour partie, ruiner la campagne de santé publique française : « Low alcohol consumption and pregnancy and childhood outcomes: time to change guidelines indicating apparently ‘safe’ levels of alcohol during pregnancy? A systematic review and meta-analyses ».

Les auteurs (des épidémiologistes) ont réalisé une méta-analyse incluant vingt-quatre cohortes et deux études quasi expérimentales. Conclusion : les données scientifiques actuelles sont insuffisantes pour tirer des conclusions définitives quant aux effets sur l’enfant à naître d’une consommation faible à modérée d’alcool pendant la grossesse (consommation hebdomadaire inférieure ou égale à 32 grammes d’alcool pur, soit trois à quatre verres de vin).

Selon les auteurs on ne disposerait pas de preuves indiscutables permettant de définir un effet toxique ou de fixer une limite sûre à la consommation d’alcool, même si plusieurs études relatent un risque supérieur (de 10 %) d’accoucher avant terme, et de bébé de petit poids.

Se faire entendre

En Grande-Bretagne, jusqu’en 2008, les recommandations du National Institute for Health and Clinical Excellence (NICE) préconisaient aux femmes d’éviter toute consommation d’alcool lors du projet de grossesse et du premier trimestre – puis elles indiquaient que leur consommation devait être réduite à deux unités, une à deux fois par semaine (32 gr). Depuis le Royaume-Uni a renforcé ses recommandations début 2016 et les autorités conseillent désormais aux femmes enceintes de s’abstenir de toute consommation alcoolique.

Faut-il, comme le demandent les auteurs, mener de nouvelles recherches sur cet enjeu majeur de santé publique ? S’intéresser, par exemple, aux différences des effets de l’alcool selon les étapes de la gestation ? Ou faut-il, ici, se contenter des preuves concernant les effets tératogènes de l’alcool, les troubles causés par l’alcoolisation fœtale (TCAF) et le SAF. Tolérer les petits écarts désinhibants ou user du principe maximal de précaution en prenant le risque de n’être ni toujours entendu ni toujours compris ?

A demain.

1 Lemoine P, HarousseauH, Borteyru JP, MenuetJC.  « Les  enfants des parents alcooliques: anomalies observées à  propos de 127 cas ». Ouest Médical. 1968;21:476-82.

 

L’alcool et la mer à boire : l’absurdité radicale d’une publicité gouvernementale

Bonjour

Septembre et ses vendanges. Les gazettes font écho à ce nouveau rituel marchand de la grande distribution que sont les « foires au vin ». Le Journal du Dimanche n’échappe pas à la règle. Avec, page 11, une pleine page d’une publicité aujourd’hui incongrue. Elle est financée par le ministère des Solidarités et de la Santé.

Slogan : « Réduire sa consommation d’alcool (…) Franchement, c’est pas la mer à boire ».

« La mer à boire » 1 … Faudrait-il, ici, rire ? Les personnes souffrant d’une dépendance à l’alcool – de même que les médecins et soignants les prenant en charge – apprécieront les affiches montrant ce tour de force publicitaire anonyme. Ceux qui connaissent les supplices du sevrage goûteront tout particulièrement le recours au franchement. Quant aux vignerons, ils dénoncent déjà la présence du tire-bouchon qui orne cette publicité gouvernementale. Comme si le vin était la seule boisson concernée par la dépendance alcoolique.

Les publicitaires et le ministère ne font aucun commentaire. S’ils devaient sortir de leur silence sans doute invoqueraient-ils la dimension symbolique de cet ustensile. Et sans doutent évoqueraient-ils le nécessaire humour qui peut pimenter la publicité. Encore faut-il savoir doser pour ne pas devenir immangeable. Comme avec cette autre affiche gouvernementale qui parle de la « fin des haricots » pour inciter à manger « plus de légumes et de céréales complètes ».

A demain

1 La « mer à boire » ? On en trouverait la première trace chez La Fontaine dans sa fable « Les deux chiens et l’âne mort » :

« (…) L’homme est ainsi bâti : quand un sujet l’enflamme,
L’impossibilité disparaît à son âme.
Combien fait-il de vœux, combien perd-il de pas,
S’outrant pour acquérir des biens ou de la gloire !
Si j’arrondissais mes états !
Si je pouvais remplir mes coffres de ducats !
Si j’apprenais l’hébreu, les sciences, l’histoire !
Tout cela, c’est la mer à boire ;
Mais rien à l’homme ne suffit. (…)»

Travail et liberté : voici comment booster la fluidité des workflows dans les CHU français

 

Bonjour

Droit du travail et ordonnances. C’est un mail publicitaire mandé par Maincare Solutions (Espace France – Bât. E-F. 4 voie Romaine – Canéjan, 33612 Cestas Cedex). Il est signé de la « Responsable Marketing Communication » (Direction Marketing Produits). Lisons :

« Après un déploiement progressif de M-RH Chronotime dans différents services pilotes, le CHU de Tours a généralisé la solution dans l’ensemble de l’établissement au 1er janvier 2017. Il s’agit d’une première mise en production de M-RH Chronotime dans un CHU français.

Cette mise en œuvre a été réalisée en étroite collaboration entre les équipes projet du CHU de Tours et celles de l’éditeur Maincare Solutions. Aujourd’hui, l’ensemble du personnel hospitalier gère ses temps à l’aide du module M-RH Chronotime de la suite M-RH. Il fluidifie les workflows et augmente l’efficacité de gestion. »

Que donnerait ce communiqué écrit en français ?

A demain

Monoprix Gourmet : se régaler sans arrière-pensées de ses gâteaux glacés nanoparticulés ?

Bonjour

Œufs contaminés : le ministère français de l’Agriculture fait presque peine à voir qui retire mécaniquement, chaque jour, des gondoles de nouveaux produits – des aliments tenus pour, peut-être, ne pas être sans danger.

C’est dans ce contexte que 60 Millions de consommateurs dénonce un autre risque (invisible et potentiel) de toxicité alimentaire ; un risque aux frontières du quantifiable : celui des « nanoparticules ». Cible privilégiée du magazine : l’additif E171 – ou dioxyde de titane. Cette substance est utilisée par les industries agroalimentaires et cosmétiques (sous sa forme « nano ») pour blanchir et intensifier la brillance des confiseries, des plats préparés et jusqu’à certains dentifrices.

Dangereux pour la santé ? C’est un dossier d’une très grande complexité où les interrogations sans réponse renvoient à toutes les formes de convictions, à toutes les assurances superficielles, à toutes les dénonciations sans preuves. « On sait que les nanoparticules (…) peuvent passer la barrière intestinale et se retrouver dans différents organes, comme le foie, le cœur, les poumons, et on ne sait pas encore ce qu’elles peuvent devenir » précise Patricia Chairopoulos, coauteure du dossier de 60 Millions de consommateurs.

Rigueur et vigilance absentes

Elle reproche notamment aux industriels concernés de faire preuve de « manque de vigilance » et de « manque de rigueur ». « On ne sait pas grand-chose sur cette forme nano. C’est ça qui nous pose problème. D’autant plus qu’une étude récente de l’INRA est parue en janvier 2017, qui entraîne un peu de suspicion », ajoute Mme Chairopoulos.

Cette étude de l’Institut national de la recherche agronomique concluait que l’exposition chronique au E171 était de nature à favoriser la croissance de lésions précancéreuses chez le rat. L’Agence nationale de sécurité sanitaire alimentation, environnement, travail (ANSES) avait alors été saisie par le gouvernement pour déterminer si la substance E171 présente dans les produits alimentaires  « présente un éventuel danger pour les consommateurs. ». Aucune conclusion n’est toutefois établie pour l’homme sur ce potentiel effet « promoteur » de la cancérogenèse.

L’incertitude règne ce qui a conduit huit associations a adressé, le 17 juillet dernier, une lettre ouverte au gouvernement français demandant « la mise en place urgente de mesures de précaution », avec notamment l’interdiction temporaire des nanoparticules présentes dans le colorant E171. « Agir pour l’environnement » avait déjà alerté en juin 2016 sur cette question et juge « la persistance de cette contamination comme un véritable scandale qui engage la responsabilité du gouvernement, des industriels et des distributeurs ».

Absences et présences

Que font les policiers ? Contactés par l’AFP, les services de la répression des fraudes ont expliqué effectuer des contrôles depuis 2015 et avoir déjà relevé en 2016 l’absence de nanoparticules dans 54 produits contrôlés. La synthèse de ces contrôles est encore en cours de finalisation. En revanche, en 2017, des analyses en laboratoire toujours en cours ont déjà mis en évidence la possible présence de « nano-ingrédients » dans quatre aliments sur les cinq déjà analysés.

Qui ment et qui dit le vrai ? L’Association des fabricants de dioxyde de titane affirmait en effet en mars que le E171 n’était « pas utilisé comme nanoparticule dans les aliments ». Pourtant, sur dix-huit produits sucrés testés par 60 Millions de consommateurs, des nanoparticules de dioxyde de titane ont été retrouvées systématiquement, dans des proportions variées. Elles représentaient ainsi entre 10 % et 100 % de l’additif présent dans différentes sucreries, parfois célèbres, des biscuits Napolitain de Lu (12 %) jusqu’aux aux gâteaux glacés Monoprix Gourmet (100 %), en passant par les M&M’s (20 %).

D’une manière générale, la présence d’E171 figure clairement sur les étiquettes des sucreries concernées, à la différence de celle « nanoparticules » que l’on ne trouve jamais. Cette pratique n’est pas nouvelle. Et elle a un nom : c’est mentir par omission.

A demain

 

Levothyrox : l’Agence du médicament confrontée à l’emballement d’une étrange affaire  

Bonjour

Comment comprendre ? Tout a commencé en mars dernier lorsque le géant pharmaceutique américain Merck a commencé à modifier la formule de son célébrissime Levothyrox (trois millions de consommateurs en France). Et ce « afin de garantir une stabilité plus importante de la teneur en substance active (lévothyroxine) tout le long de la durée de conservation du médicament ».

« La substance active reste identique, assurait alors l’Agence nationale du médicament (ANSM). Cette nouvelle formule sera mise à disposition dans les pharmacies à compter de la fin du mois de mars 2017.Ces modifications ne changent ni l’efficacité ni le profil de tolérance du médicament. Aucun changement lié à la modification de formule n’est attendu pour les patients. Toutefois, la lévothyroxine étant une hormone thyroïdienne de synthèse à marge thérapeutique étroite, l’équilibre thyroïdien du patient peut être sensible à de très faibles variations de dose. »

Six mois plus tard, affolement dans les médias. « On est face à une crise majeure », a déclaré Chantal L’Hoir, fondatrice de l’Association française des malades de la thyroïde (AFMT), mercredi 23 août sur France info. Certains vont jusqu’à décrire « un enfer » depuis plusieurs mois : vertiges, pertes de mémoire, crampes…

Calmer la polémique

Et plus de 80 000 personnes ont signé une pétition pour alerter sur les effets de la nouvelle formule. L’AFMT a saisi l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) pour qu’elle fasse « cesser, sans attendre, l’utilisation de la nouvelle formule du Levothyrox », a expliqué Nell Gaudry, coprésidente de l’association, dans une interview au Parisien. Jusqu’au sénateur (LR, Haute-Savoie) Jean Claude Carle qui  a interrogé la ministre de la santé à ce sujet.

Comment comprendre ? Généralement médecins, pharmaciens et autorités sanitaires se veulent rassurants. « Il peut y avoir des effets sur certains patients, mais il faut calmer la polémique car la majorité d’entre eux ne sont que temporaires » explique le Pr Jean-Christophe Lifante, spécialiste d’endocrinologie à l’hôpital Lyon-Sud, dans Le Parisien.

L’ANSM assure de son côté  que seuls les excipients ont été modifiés. Mais elle souligne toutefois que « l’équilibre thyroïdien [des] patient[s] peut être sensible à de très faibles variations de dose ». Quant au ministère de la santé, interrogé par Le Parisienil certifie que « les études de pharmacovigilance […] ne permettent pas, en l’état actuel des choses, de remettre en cause la nouvelle formule du Levothyrox, à bien des égards meilleure que l’ancienne ».

Or c’est là un argument largement insuffisant aux yeux des plaignants. « C’est lamentable », commente Chantal L’Hoir sur France info. Au-delà des conséquences sur leur santé, les patients dénoncent l’absence de communication des autorités sanitaires et du géant Merck. Et face au nombre croissant de signalements, l’ANSM vient de mettre en place un numéro vert « concernant le changement de formule et de couleur des boîtes de Levothyrox ». Peut-être eût-il été judicieux de commencer par s’occuper de la communication avec celles et ceux qui, aujourd’hui, sont inquiets et entendent le faire savoir. Où l’on voit aujourd’hui, après la dernière affaire du baclofène, une ANSM souvent en difficulté 1 confrontée à un nouvel abcès.

A demain

1 Le Quotidien du Médecin nous apprend que Dominique Martin, directeur général de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), a été reconduit dans ses fonctions par décret du président de la République le 7 août. Spécialiste de psychiatrie, Dominique Martin a notamment été directeur des programmes à Médecins sans frontières (MSF) et conseiller social auprès du préfet de Paris. De 2001 à 2002, il est nommé conseiller technique au cabinet de Bernard Kouchner, ministre de la Santé. De 2002 à 2011, il est directeur de l’Office national d’indemnisation des accidents médicaux (ONIAM), puis, en 2011, il prend la tête de la branche des risques professionnels à la Caisse nationale d’assurance-maladie. Il a été nommé en 2014 à la tête de l’ANSM.

 

 

Quand l’Agence nationale du médicament ne corrige pas une fort désagréable consonance 

 

Bonjour

Cela pourrait n’être qu’une mauvaise plaisanterie. C’est une alerte officielle de l’ANSM : « Attention aux confusions entre le médicament Lytos (clodronate de sodium tétrahydraté) et le complément alimentaire Lithos (citrate de potassium et de magnésium) » .

On nous explique qu’un risque de confusion entre le médicament Lytos et le complément alimentaire Lithos a été signalé lors de la délivrance de ces produits en pharmacie. Combien de signalements ? Combien d’incidents ou d’accidents ? On ne le saura pas. Reste que deux agences nationales de sécurité (du médicament et de l’alimentation) ont « souhaité alerter les professionnels de santé et les patients sur ce risque d’erreur ». Rappel aux intéressés :

« Le médicament Lytos du laboratoire Riemser Pharma GmbH est un biphosphonate indiqué dans certains cas graves d’hypercalcémie (augmentation du taux de calcium dans le sang) en relais de la forme injectable et dans certaines destructions du tissu osseux accompagnées ou non d’hypercalcémie

« Le complément alimentaire Lithos commercialisé par Biohealth Italia est utilisé en cas de forte perte de liquide liée à une transpiration excessive, une forte diurèse ou une diarrhée. »

Où l’on entend que les prononciations de ces deux produits sont identiques et « leurs écritures » (sic) très proches ; d’où le fait qu’une confusion et des « erreurs médicamenteuses » peuvent aisément survenir.

Situations confuses

Que faire dans une telle situation ? C’est assez simple. Afin de « limiter ce risque » (sic) les deux agences nationales formulent une série de recommandations. Aux prescripteurs : prescrire systématiquement le médicament Lytos en dénomination commune internationale (DCI) en plus de son nom commercial ; pour le complément alimentaire Lithos : ajouter le statut du produit (complément alimentaire), le séparer des médicaments et ajouter (si possible) la mention « à titre de conseil » sur les prescriptions.

Aux pharmaciens : en cas d’écriture peu lisible ou de doute, vérifier auprès du prescripteur le produit prescrit en se faisant préciser son statut et la substance active, et le cas échéant, l’indication ; vérifier qu’il s’agit du produit souhaité, lors de la commande orale ou informatique du produit au grossiste répartiteur, lors de la réception de la commande ainsi que lors de la délivrance aux patients, notamment en vérifiant la substance active du produit prescrit.

Suivent encore des recommandations aux grossistes répartiteurs et aux patients (en cas de doute, interroger son pharmacien ou son médecin). On pourrait aussi imaginer que les responsables des deux agences nationales de sécurité demandent à l’un des deux fabricants de modifier le nom de sa spécialité. Mais ce serait peut-être trop demander

A demain

 

A tout hasard, connaissez-vous le vrai goût de l’acide désoxyribonucléique de Ricard® ?

Bonjour

Soleil estival d’un matin dominical à la terrasse du Celtic. Pour le JDD c’est déjà la rentrée : Jean-Michel Blanquer, ministre macronien de l’Education nationale, nous dit « ce qui va changer ». Et le descendant de Jules Ferry de désigner notre nouvel ennemi : sus à « l’égalitarisme » !

Page 10 du JDD : une interview-fleuve du PDG, depuis deux ans, d’un géant : Alexandre Ricard. L’homme garde la tête froide alors même que George Clooney vient d’agiter le monde des spiritueux : il vient de vendre sa marque de tequila pour un milliard de dollars à Diageo, le « numéro un mondial »…

Orangina, Pampryl et Banga

Il y a vingt ans Alexandre Ricard avait 25 ans. Et Pernod Ricard venait de perdre sa place dans le CAC 40 : le groupe s’était diversifié dans des boissons sans alcool avec Orangina, Pampryl et Banga… Puis le groupe s’est recentré sur les spiritueux. A l’époque c’était audacieux. Mais depuis, tout va mieux. « En dix ans, après avoir investi vingt milliards d’euros en acquisitions, nous sommes passés de sixième à numéro deux mondial » dit Alexandre. Autre confidence :

« Hier le consommateur avait une fidélité absolue à une marque. Si le bar du quartier ou le magasin du coin n’avait plus son Ricard ou son Chivas, il traversait la ville pour en trouver et pouvait même aller plus loin. [On raconte volontiers la même histoire pour Le Monde] Aujourd’hui, le consommateur est toujours fidèle… mais à trois, quatre, cinq et jusqu’à six marques (…). »

Perrier-Jouët®

Que pourraient, sur ce sujet, nous dire les spécialistes affûtés de sociologie-addictologie ? De même, quelle lecture médicale faire de cette autre fine observation ricardienne : « l’apéritif reste, en France, le plus grand moment de consommation avec 60% de la valeur du marché des spiritueux ». Suivie de cette autre confidence :

« Là encore, les habitudes ont évolué entre le verre en terrasse à midi, l’apéro chic au champagne ou le mojito. Il reste une priorité pour nous car c’est l’ADN du groupe. Quand mon grand-père a fondé Ricard en 1932, c’était pour partir à la conquête de l’apéritif. »

Jameson®

On lira la suite, passionnante, des opérations marchandes et planétaires visant à séduire « la génération des 25-35 ans ». « Je souhaite qu’une de nos marques soit présente à chaque moment de consommation » dit Alexandre. La décalque de ce souverain sur l’empire duquel le soleil ne se couchait jamais ? « Si à tous les mariages dans le monde on boit du Perrier-Jouët, elle deviendra de facto la première marque de champagne » dit l’empereur des spiritueux et des bulles. Mais y-a-t-il assez de Perrier-Jouët en caves pour réjouir tous les mariées et tous les mariages du monde ?

Quant à la plus grande satisfaction d’Alexandre, au-delà des ADN anisés, elle vient d’Irlande : Jameson®. Une centaine d’ambassadeurs, jeunes diplômés sont envoyés par Alexandre aux quatre coins de la planète. Mission diplomatique :  séduire et faire boire au plus grand nombre, mariage ou pas, cette gloire à peine tourbée. C’est écrit et chiffré : sur cet empire, le soleil ne se couche jamais.

A demain