Mais qui a décidé de faire une telle publicité pour inciter le citoyen à se faire vacciner ?  

Bonjour

Couvercle sur les vertus du colloque singulier. Et place à la publicité financée par nos deniers ! Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé, vient de donner le coup d’envoi national de la 14ème  Semaine Européenne de la Vaccination (SEV) – du 24 au 30 avril. C’est là une vaste opération onusienne centralisée. Elle vise à rappeler à la population l’importance de se faire vacciner – et de mettre à jour ses vaccinations. Message officiel :

« Dans la continuité des actions en faveur des vaccinations, le ministère des Solidarités de la Santé et Santé publique France lancent pour la première fois en France une grande campagne de promotion de la vaccination. Sur un ton positif et mobilisateur, le thème ‘’La meilleure protection c’est la vaccination’’ rappelle qu’il s’agit du moyen de prévention le plus efficace et le plus sûr contre de nombreuses maladies infectieuses potentiellement graves telles que les méningites, la rougeole, la coqueluche ou encore le tétanos.

«La campagne a pour objectif de réaffirmer les bénéfices de la vaccination en vue de renforcer la confiance. Elle s’adresse à toute la population, en particulier aux parents de jeunes enfants. Elle sera diffusée à la télévision du 21 avril au 11 mai et visible sur le web, les réseaux sociaux et dans la presse. »

 Où l’on comprend que seule une telle publicité, « positive et mobilisatrice », permet de « renforcer la confiance » dans les vertus collectives de l’immunisation. Et cette publicité serait, nous dit-on « une première en France ». Qui l’a commandée , imaginée, élaborée ? Combien a-t-elle coûté ? Le citoyen l’ignore. Quel impact aura-t-elle sur ceux et celles qui, assez nombreux dans la population générale, doutent de l’efficacité et de l’innocuité vaccinales ? Une réflexion est-elle en cours sur ce thème ? Nul, dans la population, ne sait.

« Adhésions aux perceptions positives »

 Faute de disposer de ces données le citoyen méditera celles que vient de lui révéler l’exécutif sanitaire : « les premiers résultats encourageants de la mise en œuvre des 11 vaccinations obligatoires du petit enfant ». Pitch officiel : « La couverture vaccinale des nouveau-nés progresse, de même que les perceptions positives de leurs parents sur la vaccination »:

« Santé publique France a comparé les couvertures vaccinales à 7 mois des nourrissons nés entre janvier et mai 2018, avec celles des nourrissons nés entre janvier et mai 2017, pour les vaccinations contre la coqueluche, l’haemophilus influenzae de type b, l’hépatite B, le pneumocoque et le méningocoque C. La couverture vaccinale contre ces maladies infectieuses a connu une nette amélioration avec : +36,4 points de couverture vaccinale de la 1ère dose du vaccin contre le méningocoque C ; +5,5 points pour l’utilisation du vaccin hexavalent (diphtérie, tétanos, poliomyélite, coqueluche, hépatite B et infections à haemophilus influenzae de type b);  +1,4 point de couverture vaccinale de la 1ère dose du vaccin contre le pneumocoque. »

Mieux encore : les couvertures vaccinales « s’améliorent également chez les enfants non soumis à l’obligation » : celle de la première dose du vaccin contre la rougeole, les oreillons et la rubéole (ROR) chez les enfants ayant eu 12 mois en 2018 est de 87,2% (elle était de 85,0% chez ceux ayant eu 12 mois en 2017) ; de la première dose du vaccin HPV (recommandé) chez les jeunes filles de 15 ans nées en 2003 est de 29,1%, alors qu’elle était de 26,2% chez les jeunes filles nées l’année précédente).

 Et désormais « les parents reconnaissent l’importance des vaccinations ». Trois quarts d’entre eux « adhèrent à l’idée » que les nouvelles obligations vaccinales vont permettre de réduire les épidémies (77%). L’obligation vaccinale est majoritairement bien acceptée par les parents d’enfants nés en 2017 et en 2018, puisque deux tiers d’entre eux (67%) déclarent y être favorables.

Qu’en est-il du tiers restant de ces parents ? Seront-ils convaincus par la prochaine « publicité télévision- web-réseaux sociaux-presse » ? Faut-il redouter l’inverse ? Pourquoi ne pas s’en tenir aux vertus collectives du colloque singulier ?

 A demain

@jynau

Evaluer, flatter, dénigrer publiquement son médecin… : le Conseil de l’Ordre ne dit rien  

Bonjour

Vie moderne. Ce serait un nouveau droit offert aux patients : donner « gratuitement » son avis d’ « utilisateur » sur les compétences, les insuffisances, de ceux qui les écoutent, les auscultent, les soignent. « Noter » son médecin au moyen de « cœurs ». Sous pseudonyme. Ce serait la dernière innovation en date de ce qui jadis, fut baptisé « démocratie sanitaire » : l’entrée en scène du site MediEval4i « Vous avez le droit de savoir qui vous soigne ! Trouvez, évaluez votre médecin ! »

« MEDIEVAL4i est une plateforme accessible à l’adresse www.medieval4i.com (ci-après la « Plateforme ») proposant aux Internautes et aux « Utilisateur »s plusieurs types de services (ci-après les « Services ») : l’accès à l’évaluation des professionnels de santé partagée par d’autres Utilisateurs suite à leur propre expérience médicale ; le partage par l’Utilisateur de sa propre expérience médicale avec un professionnel de santé à travers l’évaluation de ce dernier ;  l’accès à des informations concernant le professionnel de santé consulté telles que le délai moyen d’attente pour obtenir un rendez-vous, les plateformes de prise de rendez-vous en ligne sur lequel il est présent, l’acceptation ou le rejet des nouveaux patients ou des bénéficiaires de la CMU-C.

 « L’Editeur est MEDICINE4i, société par actions simplifiées au capital de 200.000 euros, Immatriculée au Registre de Commerce et des Sociétés de Paris sous le numéro 789 046 315, domiciliée au 4, rue de Castellane – 75008 Paris. »

« Communauté de partage »

Ce site explique encore avoir « pour vocation de bâtir une communauté de partage des expériences médicales de chaque patient à travers l’évaluation des professionnels de santé consultés afin que chacun puisse trouver le médecin qui lui correspond ». Et cette communauté « se nourrit de l’expérience médicale de chacun ». L’Internaute qui « vient rechercher de l’information au sujet de professionnels de santé » (à travers une recherche nominative ou par spécialité) peut consulter les évaluations laissées par la communauté d’Utilisateurs. Et une fois la création de son « Compte Utilisateur » confirmée, il a la possibilité de partager son expérience médicale soit au travers de l’évaluation du professionnel de santé consulté soit en rapportant à la Plateforme les raisons pour lesquelles il n’a pas été en mesure de consulter ce professionnel de santé.

Quant à l’évaluation du médecin, elle consiste en l’attribution d’une note (« L’Utilisateur attribue au professionnel de santé une note allant de 1 à 5 pour chacun des cinq critères objectifs d’évaluation retenus. La moyenne arithmétique de ces cinq critères permet d’établir la note affectée à l’évaluation. Cette moyenne viendra par la suite contribuer à former la note globale du professionnel de santé ») ; la rédaction d’un avis (« L’Utilisateur formule un avis personnel relatant, de la manière la plus objective possible, son expérience médicale avec le professionnel de santé consulté. L’Utilisateur doit résumer son expérience en quelques caractères dans un titre » ;  la fourniture des informations suivantes: le délai d’attente pour obtenir ce rendez-vous, le mois et l’année de la consultation et la plateforme de prise de rendez-vous utilisée si le rendez-vous a été pris par internet.

Chaque Utilisateur est identifié publiquement par son pseudonyme et chaque évaluation (notation et avis) est accessible publiquement à tous les Internautes et Utilisateurs. La pseudonymisation (sic) ne permet pas d’identifier l’Utilisateur sans avoir recours à des informations supplémentaires. Dans une logique de transparence et d’indépendance, l’utilisation des Services est gratuite pour chaque Internaute et Utilisateur ainsi que pour les professionnels de santé référencés sur la Plateforme.

Défouloir numérisé

Cette initiative vient d’être détaillée dans Le Parisien (Daniel Rosenweg) : « MediEval4i, le site Internet qui veut noter les médecins ». « ‘’On n’évaluera pas la compétence médicale du professionnel de santé, précise, Mathias Matallah, président fondateur de Medicine4i, maison mère de MediEval4i. Nous ne sommes pas médecins.’’Un dispositif de « modération très stricte des avis, contre le dénigrement, la diffamation, la misogynie… a été mis en place, ainsi qu’un droit de réponse du médecin. Conscient qu’il arrive ‘’en terrain miné’’ et là où d’autres acteurs avant lui se sont cassé les dents, il prévient : ‘’Je suis prêt à me défendre, si les médecins se hasardent sur le terrain glissant de la polémique, ils vont se discréditer’’

Interrogé par Le Parisien le Conseil de l’Ordre des médecins n’a pas souhaité réagir « avant d’avoir vu le site ». De son côté, le président de MG-France, premier syndicat de généralistes, Jacques Battistoni, exprime ‘’ la réticence des médecins à ces notations’’. Il estime que ‘’cela va accroître la pression sur eux dans une période déjà difficile où, pénurie de médecins oblige, ils doivent répondre à une forte demande.’’ » D’autres redoutent, loin de la « communauté de partage », la mise en place d’un gigantesque défouloir numérique.

Le fondateur de MediEval4i qui a travaillé « dans tous les milieux de la santé pendant 25 ans » juge quant à lui  que « rien n’a bougé, le système n’a cessé de se dégrader, nous sommes à un moment de fracture entre médecins et patients (…)  Il est temps de faire évoluer les comportements. À chacun son boulot, le nôtre c’est de défendre le patient. »

Les réponses sont moins précises pour ce qui est du financement à venir de l’entreprise. « D’autres sites se sont essayés sur ce créneau particulier. Ils s’appelaient Notetondoc, note2bib.com, demica.com… et tous se sont cassé les dents, rappelle Le Parisien. Dernier né, créé en mars 2015, quiconnaitunbon.com misait sur un partenariat avec les professionnels de santé invités à s’inscrire sur le site pour y être évalués. Il a été radié du registre du commerce en décembre 2017. »

On peut comprendre l’embarras du Conseil national de l’Ordre des Médecins pour s’exprimer sur un tel sujet. Il semblerait toutefois opportun, dans l’intérêt de tous, qu’il donne de la voix.

A demain

@jynau

 

Greffe d’utérus en France : mais pourquoi tant de précipitation dans la communication ?

Bonjour

Mail classé « Important » adressé, en fin de matinée, aux journalistes spécialisés: « Bonjour, Pour toute demande concernant la greffe de l’utérus réalisée au sein de l’hôpital Foch, merci de contacter l’agence presse Dentsu Consulting  (‘’Il faut vingt ans pour construire une réputation et cinq minutes pour la détruire’’)». Et peu auparavant une dépêche sur le fil de l’AFP  – le tout avant les premières reprises dans les journaux de la mi-journée.

Résumons l’événement. Pour la première fois en France une greffe d’utérus a été pratiquée (le 31 mars dernier) chez une femme de 34 ans. Greffe pratiquée à l’hôpital Foch de Suresnes (Hauts-de-Seine) par l’équipe du Pr Jean-Marc Ayoubi, chef de service de gynécologie obstétrique et médecine de la reproduction. La donneuse, 57 ans, est la mère de la patiente greffée.

Cette dernière est atteinte du syndrome  de Mayer-Rokitansky-Küster-Hauser : aplasie congénitale de l’utérus et de la partie supérieure (les 2/3) du vagin, chez des femmes ayant un développement normal des caractères sexuels secondaires et un caryotype 46,XX normal. Ce syndrome affecte au moins une femme sur 4500.

Alternative à la mère porteuse

Ce type de greffe est loin d’être une première. Une naissance avait pu être ainsi obtenue après en Suède, un an après la transplantation, en 2014, pratiquée par  l’équipe du Pr Mats Brännström (Université de Göteborg), grand pionnier dans ce domaine. La donneuse vivante avait 61 ans. Le Pr Brännström a expliqué à l’AFP que quinze naissances ont d’ores et déjà été obtenues dans le monde après greffe utérine : « neuf en Suède dont la dernière il y a quatre jours, deux aux Etats-Unis, une au Brésil, en Serbie, en Chine et en Inde ».

Parmi les treize pays (avant la France) ont pratiqué cette greffe figurent aussi selon cet expert le Mexique, le Liban, l’Arabie saoudite, l’Allemagne, la République tchèque et la Belgique. Et en décembre dernier on apprenait la première naissance obtenue (au Brésil) après greffe d’un utérus prélevé chez une donneuse décédée. Annonce alors faite dans les colonnes du Lancet.

Une autre équipe française, du CHU de Limoges, avait reçu en 2015 l’autorisation de l’Agence de la biomédecine et de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) de conduire un essai clinique à partir de donneuses en état de mort cérébrale. Finalement c’est donc Foch, avec donneuse vivante, qui obtient le premier résultat et qui choisit de l’annoncer en extrême urgence.

On rappellera que cette greffe pourra aussi être une  alternative expérimentale à la gestation pour autrui, interdite en France. Voire à l’adoption. Prochaine étape : la première naissance mondiale obtenue à partir d’un utérus artificiel.

A demain

@jynau

 

Médicaments, supermarchés et concurrence : Agnès Buzyn confrontée à ses incohérences

Bonjour

Jadis la pilule en vente dans les Monoprix. Demain les médicaments sans ordonnance dans les Grandes Surfaces ? C’est une polémique débutante. Agnès Buzyn, s’est dite opposée, vendredi 5 avril, à l’autorisation donnée à la grande distribution de vendre ces médicaments disponibles en vente libre dans les pharmacies. Or cette autorisation est désormais ouvertement prônée par l’Autorité de la concurrence .

Hier cette dernière a recommandé d’élargir la vente de ces médicaments aux parapharmacies et à la grande distribution. Une telle évolution devrait avoir pour cadre des espaces dédiés au sein des supermarchés, avec la présence « obligatoire et continue d’un pharmacien »responsable, selon l’Autorité. Mais elle a aussi souligné que l’installation de ces nouveaux lieux de dispensation devrait être encadrée par les autorités pour ne pas affaiblir le maillage territorial des pharmacies – « l’une des craintes majeures des syndicats du secteur » rappelle l’AFP.

Le conseil national de l’Ordre national des pharmaciens ? Aucune surprise. Ce serait « casser un modèle qui garantit la sécurité sanitaire des patients ». Selon Carine Wolf-Thal, sa présidente, le système actuel permet à la population de « bénéficier, en tout point du territoire, d’un accès, dans un lieu de santé, à des médicaments et des actes de biologie médicale sûrs et de qualité. Veillons à ne pas mettre en péril une organisation qui a toujours su s’adapter et répondre aux attentes de la population ! Elle garantit une proximité dont les Français ont plus que jamais besoin pour répondre aux difficultés d’accès à l’offre de soins ».

Le concept sacralisé de la concurrence

Ce matin la ministre des Solidarités était invitée à s’exprimer au micro d’Europe 1 :

« Quand on parle de la désertification médicale, de l’abandon des territoires, fragiliser les petites pharmacies en zone rurale qui sont souvent le premier recours pour les personnes malades, je pense que ça serait une très mauvaise idée et un très mauvais signal (…) considérer que les médicaments, ça s’achète comme n’importe quel produit de consommation alimentaire, je trouve ça problématique (…) Il y a toujours des effets secondaires quand on prend des médicaments, ça nécessite toujours un conseil et les pharmaciens sont là pour donner des conseils, orienter les gens. »

Ce sont là des arguments que l’on peut entendre, même si l’expérience montre quotidiennement que les officines (avec leurs espaces dévorants dévolus à la publicité, à la cosmétologie et à la parapharmacie) sont loin de toujours « conseiller » et « orienter les gens ».

Mais la polémique ne se borne pas là. Dans son avis, l’Autorité de la concurrence a également recommandé d’assouplir les modalités de vente sur Internet de ces fameux médicaments sans ordonnance.  Agnès Buzyn :

« Nous y travaillons, parce qu’il y a une demande, un besoin, nous avons un groupe de travail qui se réunit avec les pharmaciens.Mais là encore, pour moi, l’enjeu, c’est la sécurité (…) Il  faut que les pharmaciens, notamment de proximité, puissent bénéficier de cette vente en ligne et que ça ne soit pas au détriment de ce maillage territorial extraordinaire et du travail que font les pharmaciens au quotidien pour la santé publique ».

Des « pharmaciens de proximité » bénéficiant des ventes en ligne sur la Toile ? Internet facilitant le maillage territorial…. On bute ici sur les limites du célèbre « en même temps ». Comment, idéologiquement, défendre avec la Macronie, le concept sacralisé de concurrence et, politiquement, maintenir le privilège commercial de la pharmacie d’officine ? Moins qu’un paradoxe c’est une incohérence.

A demain

@jynau

 

Pour votre addiction tabac : voici les pastilles de nicotine – zéro goudron, mais trois saveurs

Bonjour

Coûte que coûte faire de l’argent avec les addictions. Attention, publicité : « il ne s’agit pas de bonbons pour arrêter de fumer mais bien d’une nouvelle façon de consommer le tabac ». Le géant cigarettier Reynolds (groupe BAT) vient d’annoncer le lancement sur les marchés de Revel® : des pastilles à la nicotine (sans tabac, ni goudron) qui se dissolvent dans la bouche – vendues en trois saveurs.

C’est le premier nouveau produit lancé par l’entreprise, à une large échelle commerciale, depuis l’e-cigarette Vuse® en 2013 précise le site des buralistes français. Publicité : « Des petites pastilles en forme de losange qui se dissolvent sur la langue. Commercialisée sous la marque Revel®, les pastilles sont aromatisées à la menthe, aux fruits rouges ou à la crème. Oui, comme des bonbons. Mais à la nicotine. »

« Produit de cessation »

 « Nous ne positionnons pas cela comme un produit de cessation. C’est simplement un moyen simple pour les adultes de consommer la nicotine dans un format différent », a déclaré le  vice-president consumer marketing  de la firme. « Les pastilles s’adressent exclusivement aux adultes qui fument déjà » explique encore le site des buralistes français. Reynolds ferait ici un pari : qu’un grand nombre de ces clients recherchent « une manière plus simple et plus discrète d’utiliser la nicotine, en dehors des cigarettes traditionnelles et des e-cigarettes ».

Que diront, ici, les addictologues? Et  les producteurs de substituts nicotiniques vendus en pharmacie ? Et les militants radicaux de l’anti-tabac qui ne voient d’issue que dans le sevrage ?

Afin anticiper toute critique d’« appel aux jeunes », les pastilles Revel® seront vendues « hors linéaire apparent » et « conditionnées dans des emballages protégés ». Et les ventes en ligne ? Elles seront limitées à deux commandes par client, à la fois, et avec vérification de l’âge (21 ans) par un logiciel (sic). « Le marketing responsable est au cœur de la manière dont nous voulons rendre disponibles ces produits » a précisé le vice-president consumer marketing. Attention, ceci était une publicité.

A demain

@jynau

Agnès Buzyn : comment espère-t-elle pouvoir déminer la fermeture des petites maternités ?

Bonjour

Pro domo. Qui mieux que soi pour défendre son bilan et, en même temps, son avenir ? Dans une tribune publiée ce 31 mars sur le JDD.fr (et non sur le JDD papier) – tribune qui doit paraître aussi dans la presse quotidienne régionale –  Agnès Buzyn « défend sa réforme de la santé, actuellement débattue au Parlement, face aux vives oppositions locales qu’elle soulève ». Le JDD explique que la ministre des Solidarités et de la Santé « cherche notamment à déminer le sujet sensible de la fermeture des petites maternités qu’elle assortit d’une série de garanties, notamment un renforcement des prises en charge et une permanence de sages-femmes « dans tous les territoires éloignés »».

Extraits choisis :

« Ces derniers mois, la question du maintien des petites maternités est devenue un emblème de l’accès aux services publics dans les territoires. Je veux être très claire : aucun service d’accouchement n’est fermé pour des raisons financières, nulle part en France. 

Chaque femme doit être assurée de la qualité des soins lors de son accouchement. Partout où la présence suffisante de pédiatres, gynécologue-obstétriciens, sages-femmes et anesthésistes permet de garantir la sécurité des mères et des enfants, nous maintenons les accouchements dans les maternités locales. Quand ce n’est pas le cas, elles sont transformées en centres de périnatalité, dans lesquels les femmes continuent de bénéficier des soins de suivi de la grossesse jusqu’à l’accouchement et juste après. 

Cette transformation est toujours au bénéfice des habitants. Maintenir localement une maternité sans médecins pour la faire tourner n’est ni un service à leur rendre ni l’idée que je me fais du service public. Mais je suis également consciente qu’accoucher un peu plus loin de chez soi peut être source d’angoisse, et que nous devons y répondre.

Je généraliserai cette année le pack de services ‘Engagement maternité’ garanti pour chaque femme dont le domicile se trouve à plus de 30 minutes d’une maternité. Il comprend le remboursement par l’Assurance maladie du transport sécurisé vers la maternité en urgence ou pas, de l’hébergement des femmes et de leur famille en hôtel près de la maternité quelques jours avant le terme de la grossesse si elles le souhaitent, et de toutes les consultations de la grossesse à domicile ou non suivant les besoins de chacune. »

Les pharmaciens d’officine ne sont pas oubliés :

« Nous allons aussi confier à des professionnels de santé bien répartis dans les territoires des tâches simples qu’ils n’ont pas le droit de faire aujourd’hui. Des infirmières pourront bientôt suivre des patients confiés par un médecin pour une maladie chronique, comme le diabète, en adaptant les traitements suivant leurs besoins. Autre exemple, les pharmaciens vaccineront contre la grippe partout en France dès cet automne. » 

Haute voltige :

Agnès Buzyn rappelle encore à ceux qui l’ignoreraient « qu’elle a lancé une stratégie de transformation complète et nécessaire de notre système de santé, baptisée ‘Ma Santé 2022’ ». « La santé est au cœur de notre pacte social, conclut-elle. Facteur de qualité de vie pour les femmes et les hommes, elle améliore la vie en société et consolide les liens qui nous unissent. Elle est un bien commun auquel chacun doit avoir accès, où que l’on habite en France. Le Président de la République s’y est engagé, le système de santé doit tenir cette promesse pour devenir l’un des piliers de notre Etat-providence du 21e siècle. Je m’y engage à ses côtés et avec les soignants, qui savent mieux que quiconque qu’un pays qui soigne bien est un pays qui peut guérir. » »

Comment interpréter cette dernière image ? Est-ce la France qui est malade ? Une certitude : la ministre est à la fois aux côtés du président de la République et, en même temps, avec les soignants. On peut voir là un exercice de très haute voltige politique.

A demain

@jynau

 

Crise d’ hémorroïdes et usage du Daflon® : quand Prescrire dégonfle une publicité flon-flon

Bonjour

A l’image de feu Hara-Kiri du Pr Choron, le mensuel Prescrire se fait un devoir de décrypter les publicités. Dans la livraison d’avril on découvrira celle concernant les hémorroïdes et la spécialité Daflon®. On connaît les premières, et point n’est besoin de présenter le second commercialisé depuis près d’un demi-siècle – Daflon®  qui dispose d’un site dédié « où tout commence par des oranges » et finit par « une légéreté dont vos jambes rêvaient ».

Daflon® des laboratoires Servier. Non remboursé, prix libre en pharmacie. Un extrait de sa publicité :

« Daflon® 5oo mg est un médicament indiqué en cas dejambes lourdes ou douloureuses

Daflon® 500 mg est un médicament disponible en France depuis 30 ans pour traiter les jambes lourdes. Daflon® 500 mg est un médicament indiqué dans le traitement des symptômes liés à la mauvaise circulation veineuse, également appelée insuffisance veineuse. Ces symptômes regroupent les jambes lourdes, douloureuses et les impatiences. Pour en savoir plus sur l’insuffisance veineuse et recevoir des conseils, consultez notre page sur les jambes lourdes et sur l’insuffisance veineuse. »

Prescrire s’intéresse à une autre incitation publicitaire, celle de Daflon® concernant la « crise hémorroïdaire ».

« Ils sont 3 millions à souhaiter en parler …  dit la publicité. 1000 mg contre la crise hémorroïdaire. Traitement des signes fonctionnels lis à la crise hémorroïdaire. En complément des mesures hygéno-diététiques »

Et le mensuel-indépendant-de-l’industrie-pharmaceutique de répliquer :

« Parler des crises hémorroïdaires, pour faire le meilleur choix avec les patients ? Oui, bien sûr. Parler de Daflon® ? Non pas la peine. » Dans le traitement des crises hémorroïdaires, les veinotoniques tels que les flavonoïdes (dans Daflon® ou autre) n’ont pas d’efficacité démontrée au-delà d’un effet placebo. Mais ils exposent, entre autres, à des diarrhées chroniques et à des réactions d’hypersensibilité. Il y a mieux pour les patients – Hémorroïdes -Premiers choix Prescrire et Daflon® 1000 mg n° 413 p. 185 dans l’Application Prescrire.»

Sans doute est-ce moins violent que du temps d’Hara-Kiri. Mais rien n’interdit de fermer les yeux et de voyager. Qu’aurait imaginé, sur Daflon® et Servier, le Pr Choron (1929-2005) alias Georges Bernier ?

A demain

@jynau