Nouveau: comment arrêter le tabac en trois minutes seulement, par Santé Publique France

Bonjour

A la veille de #MoisSansTabac c’est un film officiel de trente secondes. Il est censé inciter les fumeurs à arrêter de fumer. On peut le découvrir ici :  « Découvrez votre 1er jour sans cigarette ! ».

Où il est montré que l’addiction au tabac n’est pas aussi difficile à vaincre que ce racontent à l’envi addicts et tabacologues : chez un fumeur en manque « l’envie de cigarette s’arrête au bout de trois minutes ».

Ainsi suffit-il au fumeur de patienter cent quatre-vingt secondes. Dès lors pourquoi diable faudrait-il s’inscrire sur tabac-info-service.fr ? Ou avoir recours à la cigarette électronique ?

A demain

 

Comment peut-on  laisser  Big Tobacco faire la publicité sanitaire de ses tabacs «chauffés» ?

Bonjour

Que se passe-t-il à Genève, au sein de la 8e édition du sommet anti-tabac de l’OMS (COP 8). Un sommet fermé à la presse et autres oreilles affûtées 1. Le sujet intéresse au plus haut point le site des buralistes français : « COP 8 / Sommet anti-tabac de l’OMS : les arguments de Philip Morris sur les produits de nouvelle génération … face à l’obstruction ».  A Genève on examine, dit-on, les résultats obtenus dans la lutte contre le tabagisme ainsi que … « les stratégies pour lutter contre l’émergence de nouveaux produits du tabac et l’ingérence de l’industrie du tabac dans les efforts de lutte anti-tabac(sic)».

Moira Gilchrist est la vice-présidente de la communication scientifique de Philip Morris International. Elle voit dans la réunion de Genève une rencontre « historique ». « Pour la première fois toute la gamme des nouveaux produits sans fumée, développés depuis trois ans, peut être évaluée, dit-elle. Nous pensons que nos produits réduisent de manière drastique les risques pour la santé par rapport aux cigarettes traditionnelles ».

 Invraisemblable

Et la scientifique Gilchrist de demander tout simplement à débattre de ce sujet. Et de rappeler que d’après diverses estimations, le seul vapotage concernerait aujourd’hui de 10 à 20 % des fumeurs réguliers en France, en Grande-Bretagne et aux États-Unis notamment. Les chiffres de Philip Morris International confirment cette tendance. En 2017, ses nouveaux produits à « tabac chauffé » représentaient 13 % des ventes du géant mondial – et ils vont compter à hauteur de 16 % cette année.

 « Il n’y a que 2,5% des fumeurs qui arrêtent de fumer chaque année » explique encore la responsable de Philip Morris International. Elle a plus ou moins compté : à ce rythme, il faudrait au moins un siècle pour l’éradication tabagique. « Dès lors, il est effectivement utile de trouver des moyens de substitution pour accélérer la démarche de ceux qui veulent sortir de l’addiction à la cigarette, ose le site des buralistes français. Un argument qui va bien finir par prendre toute sa place, malgré les polémiques auxquelles sont contraints de se livrer les tenants du discours dominant en la matière. »

Que de confusions savamment entretenues. Faudrait-il ici encore rappeler que les nouveaux produits à  « tabac chauffé » ne sont en rien comparable à la cigarette électronique ? Qu’ils n’ont nullement fait la preuve de leur intérêt en termes de réduction des risques ? Que les meilleurs experts soutienne une opinion contraire ? Et que, de manière invraisemblable les autorités sanitaires françaises se désintéressent radicalement du sujet – laissant ainsi le champ libre à toutes la approximations-manipulations des puissants marchands de tabac.

A demain

1 Sur ce sujet lire le délicieux compte-rendu de Philippe Poirson : « #COP8FCTC Premier jour, première boulette: Anne Bucher, nouvelle DG santé Européenne, croit que la vape est du tabac ». Où l’on découvre, sur ce sujet, les compétences et étranges convictions de Mme Anne Bucher, nouvellement nommée à la tête de la direction générale de la santé et de la sécurité alimentaire (DG SANTE) de la Commission européenne.

 

Téléconsultations remboursées : quand le patron de l’assurance maladie nous dira-t-il la vérité ?

Bonjour

Effet d’aubaine et duplicité de la publicité. « Un cadre stable, des tarifs nationaux, un remboursement Sécu et une pléiade d’opérateurs : depuis samedi 15 septembre la téléconsultation (un des champs principaux de la télémédecine) a pris des quartiers dans l’exercice médical » explique Le Quotidien du Médecin (Sophie Martos).

Et, depuis le 15 septembre, on y voit de moins en moins clair dans la jungle capitaliste et publicitaire. Ainsi, dans le Journal du Dimanche du 16 septembre, en page 15, cette page qqui ne manque pas d’air : « Téléconsultations médicales. Satisfaits et remboursés ». Une page achetée par Qare.

« Consultez un médecin en vidéo. Bénéficiez, depuis le 15 septembre 2018, des mêmes conditions de prise en charge et de remboursement que celles qui s’appliquent aux consultations en cabinet. Parlez en vidéo à un praticien en moins de 5 minutes, 7j/7 depuis votre ordinateur ou votre smartphone. Obtenez, si nécessaire, des ordonnances valables en France et dans toute l’Union Européenne. Vos données personnelles de santé sont stockées chez un Hébergeur Agréé de Données de Santé (HADS) et l’ensemble du service respecte le secret médical. »

Mieux encore :

« Nos médecins et professionnels de santé. Tous les médecins et les professionnels de santé Qare exercent en France. Ils sont recrutés et formés spécialement pour la pratique de la vidéo consultation. Les équipes médicales Qare sont disponibles pour vous livrer un diagnostic, vous donner un conseil ou tout simplement pour vous accompagner et vous rassurer. »

Et toujours plus fort :

« Les Offres Qare. Choisissez la formule qui vous convient le mieux. Nos Offres sont sans engagement et résiliables en ligne à tout moment Nos offres incluent toutes vos consultations vidéo avec des médecins et des professionnels de santé francais (en illimité et sans coût supplémentaire) ainsi que la délivrance, si nécessaire, d’ordonnances en ligne valables en France et dans toute l’Europe, un carnet de santé sécurisé mais aussi des services de prévention et de suivi personalisés.  Voir les spécialités proposées par Qare »

Douleurs et publicités

« Qare » ? Une jeune pousse qui montait avant de vouloir, soudain, grimper. « Enfant malade, douleur lancinante… Qui n’a jamais rêvé de pouvoir consulter un médecin sur-le-champ, quel que soit l’endroit ou l’heure ? C’est désormais possible avec Qare, un service de télémédecine qui s’est lancé en France en novembre dernier. Ce site permet, moyennant un abonnement mensuel sans engagement, de réaliser des consultations illimitées en vidéo avec des médecins, 7 jours sur 7 (précisions données en février dernier par Capital).  Son gros point fort : la possibilité de décrocher une consultation avec un généraliste en un temps record, de 9h à 23h du lundi au samedi et de 11h à 19h le dimanche. »

Nicolas Wolikow, fondateur et patron de Qare expliquait que cette « solution innovante » avait un « coût ». « Compter 29 euros par mois pour une seule personne, 49 euros pour toute la famille (conjoint et enfants), sachant que les 30 premiers jours sont gratuits. Pas négligeable, mais il est ensuite possible de solliciter autant de consultation que l’on souhaite, sans frais supplémentaire. » En février aucune prise en charge par une mutuelle ou la Sécurité sociale n’était possible. « Mais nous nous battons pour cela et suivons de près les discussions entre l’assurance maladie et les professionnels de santé qui viennent de s’ouvrir sur le sujet » confiait Nicolas Wolikow.

Du grain et de l’ivraie

Gagné, donc, pour cette start-up soutenue par Kamet Ventures, un fonds d’investissement appartenant à l’assureur Axa et qui avait levé 8,5 millions d’euros en 2017. Gagné ? Nicolas Revel, patron de l’assurance maladie vient de déclarer via Le Quotidien (Marie Foult) :  

« Il est formidable de voir que des publicités fleurissent sur des plateformes de téléconsultations commerciales en ligne, faisant croire que cela va être remboursé par l’assurance-maladie, alors que cela n’est pas le cas ! Nous allons continuer à communiquer pour dire que la télémédecine c’est entre un médecin et un patient qui se connaissent et se voient régulièrement (…) sinon pour moi c’est de la mauvaise médecine ».

Où l’on voit que M. Revel sait faire la part entre la bonne et la mauvaise médecine. Mais aussi et bien curieusement qu’il n’a pas su, en amont séparer le vrai bon grain de la méchante ivraie. Pourquoi ? Qui, désormais, s’y attelera ? De quel poids pèse et pèsera, ici, le géant Axa ?

A demain

Alcool – grossesse : 50 ans après, rien n’a changé. Agnès Buzyn, réflexe zéro et l’invisible logo

Bonjour

Chaque jour, en France, un enfant naîtrait avec (au moins) une conséquence due à la consommation d’alcool préalable par sa mère. (Santé publique France). Un message pour médias intéressés proposé à  quelques jours de la « Journée mondiale de sensibilisation au Syndrome d’Alcoolistion Fœtale » (SAF) du 9 septembre. Ce serait-là (sic) une donnée officielle (sic) « très sous-estimée ».

Tout ou presque a, sur le sujet, été écrit depuis un demi-siècle. Et depuis des années on tourne sans fin autour de la principale question pratique : existe-t-il un  seuil de consommation en dessous duquel il n’y aurait aucun risque pour l’enfant. Et les autorités sanitaires de tambouriner les vertus du principe de précaution :  « zéro alcool pendant la grossesse ».

Des chiffres quant aux consommations d’alcool pendant la grossesse ? Elles sont « loin d’être négligeables », selon les données du baromètre santé 2017 présentées par Santé publique France. Une femme enceinte sur dix a consommé, serait-ce occasionnellement, de l’alcool pendant sa grossesse. Et quatre sur dix disent ne pas avoir été informées des risques de la consommation d’alcool (ou de tabac) par le médecin ou la sage-femme qui les suit ou les a suivies pendant leur grossesse.

Botter en touche

Et Santé Publique France d’annoncer une nouvelle « campagne nationale auprès du public et des professionnels de santé. » « Les deux précédentes campagnes ont fait évoluer les ­connaissances du public sur ces questions, mais il faut poursuivre l’effort, insiste François Bourdillon, directeur général de Santé publique France. Le zéro alcool doit devenir un réflexe pendant la grossesse, mais aussi dès qu’une femme veut un enfant. »

« Zéro-alcool réflexe » ? La belle et complexe affaire..  Restons modestes : quid du logo spécifique sur les bouteilles , instauré depuis dix ans mais souvent inconnu et toujours illisible – un sujet d’ont s’est emparé Agnès Buzyn. « Si les alcooliers veulent faire de la prévention, qu’ils fassent leurs preuves. Afficher cette information sur leurs ­produits est de leur responsabilité », estime M. Bourdillon, cité par Le Monde (Sandine Cabut).

Où l’on perçoit, plus clairement que jamais, les étroites limites politiques de l’exécutif sanitaire français dans ce champ de la santé publique. Un réflexe ? Mais où est donc, ici,  François Bourdillon, directeur général de Santé publique France ?

A demain

 

La trop dérangeante autopromotion d’Abivax pour son médicament candidat contre la RCH

Bonjour

4 septembre 2018. C’est une impressionnante « information RTL » :

« Un espoir pour les 150.000 malades souffrant de rectocolite hémorragique (RCH) (…) Abivax, une société de biotechnologie innovante, a mis au point un traitement par voie orale. Elle annonce des résultats « impressionnants » de son essai clinique (phase 2) portant sur 30 patients répartis en Europe (…) Un essai très prometteur d’abord pour la simplicité du traitement : un seul comprimé à avaler au quotidien alors que ces malades doivent endurer, avec les médicaments existants, des injections deux fois par mois. À noter également : des effets très rapides au bout de seulement 8 semaines. »

 Pour en savoir plus les auditeurs de la « première radio de France » pourront aller sur le site de la société Abivax 1 : « Abivax annonce des résultats impressionnants de son essai clinique de Phase 2a avec ABX464 en traitement par voie orale de la rectocolite hémorragique ».

Il y apprendront que cette cette maladie grave et chronique touche plus de 2,7 millions de patients dans le monde ; que cet  essai clinique montre une « efficacité statistiquement significative basée sur des critères cliniques et endoscopiques » ; « une  amélioration du taux de rémission clinique de 3,2 fois supérieure et une cicatrisation de la muqueuse de 4,5 fois supérieure au placebo » ;  qu’une prise quotidienne de 50 mg d’ABX464 pendant deux mois « s’est avérée sûre et bien tolérée ».   Mais aussi qu’il s’agit ici d’un mécanisme d’action « first-in-class » « qui induit une expression amplifiée de miR124, un puissant microARN anti-inflammatoire naturel ».

Six pays et vingt-neuf malades

La firme précise qu’il s’agissait ici d’une étude de phase 2a randomisée, en double aveugle et contrôlée par placebo. Elle visait à évaluer l’innocuité et l’efficacité de 50 mg d’ABX464 administré quotidiennement par voie orale sur une période de deux mois chez des patients atteints de rectocolite hémorragique modérée à sévère réfractaires aux immunomodulateurs, aux anti-TNFα, au vedolizumab et / ou aux corticostéroïdes.

L’étude clinique a été menée dans quinze centres de six pays européens : France, Belgique, Allemagne, Autriche, Hongrie et Pologne. Vingt-neuf des trente-deux patients recrutés et randomisés ont terminé l’étude.  « Dans quatre pays, les patients ayant terminé l’étude avaient la possibilité de passer à une étude de suivi de 12 mois. Parmi eux vingt-deux ont été inclus dans cette étude de maintenance au long cours » indique la firme.

Nous sommes là, fort étrangement, bien en amont d’une communication scientifique habituelle. Pairs et spécialistes devront attendre. « Les données complètes de l’essai clinique seront présentées lors des prochaines conférences scientifiques internationales et soumises pour publication dans une grande revue scientifique médicale » précise Abivax qui développe par ailleurs, dans son communiqué, toutes les perspectives financières du marché potentiel à venir.

RTL :  « Il est encore beaucoup trop tôt pour parler de guérison. D’autres essais avec davantage de patients vont être menés avant la mise sur le marché, dans 5 à 10 ans, si tout va bien, de ce médicament aux vertus anti-inflammatoires très puissantes. Des essais concerneront également la maladie de Crohn et la polyarthrite rhumatoïde. »

A demain

1 Cette société se présente ainsi : « ABIVAX (Euronext Paris : FR0012333284 – ABVX), société de biotechnologie innovante ciblant le système immunitaire pour développer un traitement fonctionnel contre le VIH, contre les maladies inflammatoires et auto-immunes ainsi que certains cancers ».

Le spritz de Campari : comment faire un succès alcoolisé à partir d’une tache d’huile d’Italie ?

Bonjour

Loi Evin ou pas, avez-vous observé le nombre des publicités agressives réclamant de consommer au plus vite des boissons alcooliques anisées d’origine industrielle ? C’est là une convergence publicitaire qui fait suite à celle incitant à la consommation intensive de bières durant la Coupe du monde de football. Autre sujet d’actualité, dans l’ombre du mojito, le « spritz », raconté par l’AFP et repris dans les pages d’été de nombre de quotidiens.

Prosecco, de l’eau de Seltz et association alcoolisée plus ou moins amère : Campari (Spritz bitter) ou Aperol,(Spritz dolce ou Aperol Spritz). Sans oublier une rondelle de citron, d’orange ou d’orange sanguine ainsi – le cas échéant – qu’une olive.

A chaque marque il faut une histoire. Elle commencerait, ici, à l’occupation autrichienne dans le nord-est de l’Italie, au XIXe siècle. Quand un vin n’était pas très bon (ou qu’il faisait chaud) les soldats, dit-on, l’allongeaient avec de l’eau pétillante. Puis vient l’Aperol® , en 1919, à Padoue : alcool, oranges amères, gentiane et rhubarbe remplacent le vin : l’ancêtre du Spritz est né. Puis, en 2003, le puissant groupe milanais Campari s’empare de la marque Aperol®, alors inconnue en dehors du nord-est de l’Italie.

« Quand nous l’avons achetée, cette marque vendait quelques millions de litres dans trois villes du nord-est de l’Italie : Venise, Padoue et Trévise, où en moyenne chaque habitant buvait cinq spritz par jour », explique Bob Kunze-Concewitz, le patron de Campari – qui compte dans son large portefeuille de spiritueux la marque du même nom, mais aussi des vodkas ou des whiskys.

« ‘’Nous nous sommes rendu compte de son vrai potentiel et nous avons conçu grâce à l’Italie, notre laboratoire, un modèle de développement très précis’’. A chaque fois, le groupe entre dans un quartier d’une ville (choisie pour son potentiel) et collabore avec deux ou trois bars, en offrant une formation intense aux barmen et des événements pour faire déguster le breuvage. Petit à petit, selon une ‘’stratégie de tache d’huile’’, le spritz séduit des consommateurs. »

Puis Campari s’est ensuite attaqué à l’immense secteur international de la grande distribution. « Le groupe a mis le paquet sur la publicité pour casser cette image de boisson juste pour la période estivale. Ensuite, les internautes ont pris le relais. Sur les réseaux sociaux, #Spritz compte plus d’un million de publications Instagram, rapporte l’AFP. Aperol est désormais la marque la plus importante du groupe (13 % des ventes). Elle a connu une croissance de 19,5 % en 2017, avec des hausses de 27 % en France ou 51 % aux États-Unis, et même supérieure à 100 % dans de nouveaux marchés comme la Russie, le Mexique ou le Brésil. Au premier semestre 2018, les ventes ont encore progressé de 24,7 %. Aperol vise une croissance encore à deux chiffres dans les prochaines années. »

Face à Instagram et à la « stratégie de la tache d’huile » que reste-t-il, aujourd’hui, de la loi Evin ?

A demain

Homosexualité : en Suisse un médecin français estime pouvoir la traiter par homéopathie 

Bonjour

L’étrange est aussi à nos frontières. Aujourd’hui dans la cité de Calvin, à la Une du quotidien Le Courrier (Rachad Armanios): « ‘’Remèdes contre l’homosexualité’’ : Le chef de la Santé à Genève, choqué par les propos d’un médecin sur l’homosexualité, a saisi la commission de surveillance des professions de la santé et des droits des patients.

Où l’on apprend que les autorités suisses ont, mercredi 15 août, ouvert une enquête concernant un médecin français – un docteur en médecine qui qualifie l’homosexualité  de « symptôme » pouvant faire l’objet d’un traitement homéopathique.

Ce médecin généraliste et naturopathe exerce depuis 2004 à Genève et Lausanne. Il a également créé un télé-enseignement payant sur Internet consacré aux « médecines alternatives ». Sur son site :

« Jean-Yves HENRY est un médecin généraliste, homéopathe et acupuncteur. Il développe depuis 1988 des bases de données biologiques et des systèmes-experts d’aide au diagnostic et au choix thérapeutique 

« Installé en Suisse, il coordonne l’enseignement de la FFMI ( www.medecine-integree.com ). Publication d’une dizaine d’ouvrages médicaux, dont : une « Matière Médicale diathésique » et un « Répertoire de Médecine intégrée », qui organisent la pathologie et la thérapeutique, mettant en lumière sur les liens existants entre l’homéopathie, la MTC, la psychologie et la biologie sérique. » 

Conseiller d’Etat du canton de Genève, et alerté via les réseaux sociaux, Mauro Poggia, a demandé l’ouverture d’une enquête. Il estime que le fait que le médecin semble penser que l’homosexualité soit une maladie à guérir est « un élément suffisant pour ouvrir une enquête ». Pour sa part le président de l’Association des médecins genevois, Michel Matter, cité par la RTS, parle de « charlatanisme »Des associations de personnes homosexuelles envisagent pour leur part de saisir la justice.

Joint par téléphone par la télévision publique RTS, le Dr Jean-Yves Henry (né en 1947 et diplômé de l’université de Bordeaux) affirme ne pas comprendre l’effervescence provoquée par son article publié en 2009 sur son site.

Choix de vie « respectable »

Sur son site, le médecin écrit que « l’homosexualité n’est pas une pathologie, mais un symptôme particulier (choix de vie respectable) de patients “border-line” ». Et ajoute:

« Il se trouve que la Matière médicale homéopathique comporte des remèdes présentant ce symptôme (attirance pour une personne d’un même sexe) … parmi beaucoup d’autres.

« Garçons : Argentum nitricum … Don Juanisme (n’a pas pu choisir son sexe !), multiplication des expériences amoureuses par peur de rater quelque chose (et donc infidélité chronique ++) ; Pulsatilla (si) …  immaturité et demande de dépendance : « aimes-moi deux fois moi, puisque moi et l’autre c’est pareil …» ; Platina (au) … problématique de séduction et de domination, NB. si travesti  (cf. les “drag queens”) : aspect hystérique surajouté.

« Filles : Lachesis (ge) … dominatrice et jalouse, revanches à prendre ; Sepia (mg) … par difficulté à « rencontrer » l’altérité et à accepter sa féminité. Souvent dans un parcours de “non-détachement paternel” = sorte d’Amazone au “Sur-moi” très fort, qui ne vit que dans un auto-contrôle strict ; Natrum muriaticum … situation de deuil et mélancolie –> régression : patiente anxieuse, agitée, déteste qu’on la touche. Dysmorphophobie (cellulite ++), désir de “faire comme les autres filles“, mais ne peut pas se décider. »

Réfléchir/Rembourser

Dans une note en bas de la page, le Dr Henry apporte quelques précisions :

« Ce bref article professionnel spécialisé à  ‘’bénéficié’’ d’un traitement médiatique particulier de la part d’une journaliste de la revue « Au féminin », rapidement relayé par certains média qui a fait bondir la fréquentation de notre site ! Le médecin qui guéri l’homosexualité avec l’homéopathie” ! Ce titre accrocheur, destiné à faire le buz sur la toile, est bien éloigné de la réalité.

Nous regrettons bien sûr que cette personne ne nous ai pas d’abord contacté pour se faire expliquer l’approche particulière que constituait l’homéopathie : le symptôme « homosexualité » n’étant pour ces praticiens qu’un des 64 000 symptômes des bases de données sur lesquelles nous travaillons quotidiennement.

Cet article, vieux de dix ans qui n’avait jamais fait polémique au niveau professionnel, était avant tout destiné à faire réfléchir nos étudiants aux rapports entre les remèdes de la matière médicale et les symptômes comportementaux. L’homéopathe attentif recoupera ce symptôme avec d’autres présentés par le patient, dans le but de trouver le remède susceptible de corriger les régulations défaillantes de tous ordres qui peuvent être motifs de consultation (maux de tête, troubles digestifs, etc …). »

L’étrange ? En France la question est de savoir si les prescriptions homéopathiques doivent, ou non, être prise en charge par l’assurance maladie. C’est une très vieille question politique à laquelle n’a toujours pas répondu l’actuelle ministre Agnès Buzyn.

A demain